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Full text of "Histoire des ducs et des comtes de Champagne .."

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K     ;  V...      - 


\ 


fvt-^H  H',  v.f  ^J- 

hUSTÔIRE- 


DES  DICS 


.OMTES  DE  CHAMPAGNE 


1152- MSI 


n.  b'AilBOlS  DE  JUIlillV'VlUE. 


PARIS 


• 


HISTOIRE 


DES  DUCS 


DES  COMTES  DE  CHAMPAGNE. 


V 


HISTOIRE 


DES  DUCS 


DES  COMTES  DE  CHAMPAGNE. 


HISTOIRE 


DES  DUCS 


ET 


DES  COMTES  DE  CHAMPAGNE 


TOME  III 


^^52-^^8^ 


PAB 


H.  D'ARBOIS  DE  JUBAINVILLE. 


PARIS 


ADG.  DUBAND,  LIBRAIRB,  7,  BUE  DES  GHÉS. 


a  l>  CGC  LXI. 


AL 

V.3 


PRÉFACE. 


Le  volume  que  nous  livrons  au  public  comprend 
d'abord  Thistoire  du  grand  comte  Henri  P'  dit  le 
Libéral,  et  un  tableau  de  Fadministralion  de  la 
Champagne  sous  son  règne.  Nous  avons  placé 
ensuite  un  catalogue  chronologique  d'actes  éma- 
nés de  ce  prince,  de  Marie  de  France,  sa  femme, 
d'Henri  H,  son  fils  aine,  catalogue  où  sont  in- 
sérés quelques  actes  concernant  l'administration 
d'Henri  I*',  de  Marie  et  d'Henri  H,  mais  émanés 
d'autres  persf^nnes.  Vient  en  dernier  lieu  le  texte 
des  chartes  qui  servent  de  pièces  justificatives  tant 
à  notre  second  volume  qu'à  celui-ci.  Ces  chartes 
sont  presque  toutes  complètement  inédites.  Quel- 
ques-unes seulement  ont  été  avant  nous  publiées 


—  6  — 

par  extrait.  Plus  nous  nous  rapprochons  des  temps 
modernes,  plus  le  nombre  des  documents  inédits 
que  renferment  nos  bibliothèques  et  nos  archives 
va  croissant;  peu  à  peu  même,  la  richesse  de  ces 
collections  devient  telle,  qu'au  premier  abord  elle 
semble  presque  aussi  enibarrassante  que  la  pénu- 
rie des  premiers  siècles. 

Notre  Catalogue  des  actes  d'Henri  le  Libéral 
donne  en  quelque  sorte  le  bilan  de  ce  que  nous 
devons  pour  le  régne  de  ce  prince  aux  différents 
dépôts  que  nous  avons  consultés.  Nous  sommes 
heureux  d'associer  dans  notre  souvenir  aux  noms 
des  villes  et  des  départements  les  noms  des  per- 
:  sonnes  dont  le  bienveillant  accueil  a  facilité  nos 
recherches  :  à  la  Bibliothèque  Impériale,  MM.  de 
Wailly,  Delisle  et  Michelant;  aux  Archives  de 
l'Empire,  *MM.  Boutaric  et  Jules  Tardif;  à  Pro- 
vins, MM.  de  Boulogne,  Bourquelot,  Lefévre, 
M.  Michelin,  dont  l'inépuisable  cabinet  a  été  pour 
nous  une  mine  si  précieuse  ;  à  Meaux,  MM.  de 
Vendeuvre  et  Garro  ;  à  Châlons,  pour  les  archives 
de  la  Marne,  M.  Hatat;  à  Dijon,  pour  les  archives 
de  la  Côle^d'Or,  M.  Rossignol  ;  à  Chaumont,  pour 
celles  de  la  Haute-Marne,  MM.  Baudouin,  Gautier, 
Robert! ;  à  Bar-sur-Âube,  M.  Gabroy;'à  Troyes, 
M.  Argence,  maire  de  la  ville,  M.  Harmand,  bi- 
bliothécaire, et  M.  le  docteur  Garteron^Cortier  ; 


—  7  — 

h  Rciims»  }lk-  Loriquet.  Nous  boi^  f^n.Qvi/S;  w  r% 
pxoche  de  ne  pas  rappeler  ce  que,,  pour  nos  rar 
chetchiss  sm,  arahl^^s  de  l'Aube,  uqu^  d^voASiai)^ 
travaux  de  MM.  Yallet  de  Vimille  et  Guign^vdi,  oq» 
prédécesseurs. 

Parmi  les  ouvrages  modemesi,  ceux  qui  iious 
ont.  été  le  plus  utU^es  sont  le  CartuAain^  de  TFonne 
de  M-.  Quanlin,  VHist(we  de  Provins^  de  M.  Bo^^ 
quelot»  le  CarPkiiaire  de  la  liéprçserie  de  Tvoye$t, 
publié  par  M^  Harmand  dans  les  Mmoir^s  dfi 
la  Sodéié  d'AgricullMre  de  l'Aube.  Il  y  a  un 
livre  diont  nous  avons  également  tiré,  bon  p^ti, 
mais  qui  nous  aurait  r^da  plus  de  services  9'il 
eût  paru  quelques  mois  plus  tôt.,  c'es^  le  Diocè^ 
ancien  de  Châlons-sur-Marne,  par  M.  E.  de  Bar- 
thélémy :  nous  y  puiserons  pour  notre  prochain 
volume  une  foule  de  renseignements  précieux; 
mais  l'impression  de  celui-ci  était  déjà  très-avan- 
cée quand  est  parvenu  entre  nos  mains  l'ouvrage 
de  M.  E.  de  Barthélémy. 

Nous  devons  d'importantes  communications  à 
MM.  L.  Delisle  et  A.  de  Barthélémy. 

Mais  notre  principal  créancier,  celui  envers  le- 
quel surtout,  quoi  que  nous*  fassions,  quoi  qu'il 
arrive,  notre  dette,  nous  en  sommes  certain,  ne 
sera  jamais  acquittée,  c'est  M.  L.  Pigeotte.  Nous 
devons  à  sa  collaboration,  signée  ou  anonyme, 


—  8  — 

notre  ouvrage  sur  les  Abbayes  cisterciennes,  notre 
Histoire  de  Bar-sur-Aube,  noire  Répertoire  archéo- 
logique, les  trois  volumes  parus  de  notre  Histoire 
des  Ducs  et  des  Comtes  de  Champagne.  C'est  Tap- 
pui  de  sa  persévérance  qui,  dans  notre  solitaire 
labeur,  a  été  notre  force  contre  le  découragement; 
c'est  son  concours  qui  a  fait  depuis  cinq  ans  notre 
apparente  activité.  Nous  lui  en  devons  surtout  de 
la  reconnaissance  depuis  que,  privé  de  ses  loisirs 
par  les  occupations  si  graves  dont  l'a  chargé  la 
confiance  de  ses  concitoyens,  il  se  refuse  le  repos 
demandé  par  des  fatigues  nouvelles,  et,  quand  le 
temps  manquerait  à  tout  autre,  ne  cesse  de  trouver 
du  temps  pour  nos  communs  travaux. 


LIVRE  VI. 


HISTOIRE  D'HENRI  I"  LE  LIBÉRAL 

Diras  SA  IIAIS8ARCS  JCSQu'a  SON  AJÈKOlSin  AU  COMTÉ 

DK  CHAIIPAGRK. 


CHAPITRE  I. 


%9m  wnnmÊÊèrem  nméen  CHearl^  —  «a  première  erelsade. 

Henri  le  Libéral,  fils  aîné  de  Thibaut  II  et  de 
Mathilde  de  Garinthie,  naquit  en  1127  (1).  II  est 
question  de  lui  pour  la  première  fois  en  1132,  dans 
une  charte  donnée  par  son  père  au  prieuré  de  Sainte- 
Foy  de  Coulommiers  (2).  Le  rédacteur  de  cette  pièce 

(1)  Cette  date  est  donnée  par  son  épitaphe  : 

Annos  millenos  eentenos  terque  novenos 
ImpleraSf  Christe^  quando  datus  est  dator  iste, 
(Camuzat,  Promptuariuint  f^  329  V*.)  Cette  date  s'accorde  bien 
avec  celle  où  il  fut  armé  chevalier,  ce  qui  eut  lieu  dans  les  derniers 
mois  de  Tannée  1147,  Henri  ayant  par  conséquent  de  vingt  à  vingt 
et  un  ans. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  307. 


—    10   [1132-1143.] 

termiDe  en  constatant  l'approbation  donnée  par 
Henri  en  présence  d'Etienne  ^  son  précepteur  (1). 
En  1134,  se  trouvant  à  Troyes,  Henri  assiste  à  un 
jugement  rendu  par  son  père,  et  en  signe  de  consen- 
tement fait  de  sa  main  une  croix  sur  la  charte,  qui 
existe  encore  en  original  aux  archives  de  TAube  (2). 
En  1139  DOttS  le  rencontrons  à  Isle-Anmont,  et  une 
charte  de  Thibaut  H,  datée  de  ce  lieu,  se  termine 
par  ces  mots  :  Signum  Henricij  a  seing  d'Henri,  » 
suivis  d'une  croix  que  la  main  du  jeune  prince  a 
tracée  comme  précédemment.  La  pièce  originale  se 
trouve  aux  archives  de  la  Hante-Marne  (3).  Henri 
est  à  Troyes  en  11 40,  et  approuve  les  libéralités  de 
son  père  en  faveur  de  Tabbaye  de  Montiéramey  (4). 
A  Sézanne,  en  1142,  il  approuve  une  donation  de 
Thibaut  à  l'abbaye  du  Val-Chrétien  (5).  L'année  sui- 
vante, une  charte  de  Thibaut,  donnée  à  Bar-sur- 
Aube  en  faveur  de  l'abbaye  de  Clairvaux,  est  munie 
de  la  croix  du  jeune  Henri  ;  on  peut  encore  la  voir 
aux  archives  de  l'Aube. 


(i)  Champollion-Figeac,  Documents  historiques  inédits  tirés  de 
la  Bibliothèque  Royale,  II,  i*  partie,  p.  17. 

(2)  Fonds  de  Saint-Martin-ès-Aires.  Cette  pièce  a  été  publiée  par 
M.  Vallet  de  Viriville  (Archives  historiques  de  l'Auhe,  p.  595-396). 
Voir  notre  Tome  II,  p.  311. 

(3)  Fonds  de  Monlier-en-Der.  Une  copie  de  cette  pièce ,  par 
Lévesque  de  La  Ravallière,  se  trouve  dans  la  Collection  de  Cham- 
pagne, tome  136,  p.  194H5.  Elle  y  a  été,  par  erreur,  datée  de 
1138. 

(4)  Original,  Archives  de  l'Aube,  fonds  de  Montiéramey;  Collec- 
tion de  Champagne,  t.  136,  p.  194.  (Voir  notre  Tome  II,  p.338- 
339.) 

(5)  Ann,  Prxm.,  Il,  dcxxviu.  (Voir  notre  Tome  II,  p.  383.) 


IU45-U40.)  —   H   — 

C'est  en  iiâ6  qye  nous  loi  trouvons  un  sceau 
pour  la  première  fois  :  Anselme  de  Trainel,  s'étant 
désisté  d'pne  plainte  formée  contre  l'abbaye  de 
Saint-Loup,  fait  dreiiser  un  acte  de  ce  désisten^enti 
et  obtieqt  que  «  le  comte  Thibaut,  homme  de  bonne 
»  renommée,  et  que  son  fils,  le  seigneur  Henri,  en- 
j»  core  jeune  alors,  le  confirment  de  leurs  sceaux  (1).  » 
léSi  plus  ancienne  charte  qui  à  notre  connaissance 
soit  émanée  d'Henri  date  de  cette  année.  Le  jeune 
prince  y  remercie  les  moines  de  Montier-la-Celle 
d'avoir  consenti  au  mariage  d'un  de  leurs  serfs  avec 
la  sœur  de  Gobaud,  son  sergent  ;  et,  de  l'aveu  du 
comte  Tbibaut,  il  consent  à  ce  que  la  moitié  des 
enfiants  à  naître  appartienne  à  l'abbaye  (2).  La  mêipe 
année,  se  trouvant  à  Laferlé-sur-Aube,  il  approuve 
une  donation  de  son  père  à  l'abbaye  de  Clairvaux  (3); 
l'année  suivante,  llAG,  il  est  témoin  dans  une  charte 
de  Thibaut  pour  l'abbaye  du  Paraclet  (h). 

Nqiis  avons  ()éjà  parlé  du  mariage  qui  fut  projeté 
en  liiiS  entre  Henri  et  Lauréte,  fille  de  Thierry 


(1)  Cartul.  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  Laporte  de 
Bérulles,  f  41. 

(2)  Archives  de  VAuhe,  Inventaire  de  Montier-la-Celle,  f*  65  v*. 
Cette  charte  était,  comme  la  précédente,  scellée  du  sceau  d'Henri, 
^'on  admettait  qu'il  n'eût  commencé  à  avoir  de  sceau  qu'à  vingt 
eton  ans  (Du  Gange,  au  mot  Sigillum,  éd.  Henschel,  t.VI,  p.  243, 
coi.  3),  on  en  concluerait  qu'il  a  dû  naître  en  1124,  et  non  en  1127, 
comme  il  est  généralement  admis.  On  se  rappelle  que  son  père  et 
sa  mère  étaient  déjà  mariés  en  1123.  (Voir  notre  Tome  II,  p.  264.) 

(3)  Cart.  de  Clairvaux,  Comiium  Campante  V. 

(4)  Bibliothèque  de  Troyes,  ms.  n»  2284  (Cartul.  du  Paraclet), 
charte  n^  141. 


18   [ii45-li47.J 

d'Alsace,  comte  de  Flandre  (1).  Ce  projet  ne  fut 
pas  réalisé,  soit  qu'une  des  conditions  de  la  paiî 
conclue  entre  Louis  VII  et  Thibaut  II  eût  été  la  re- 
nonciation d'Henri  à  cette  alliance,  soit  que,  confor- 
mément aux  prétentions  du  roi,  ce  mariage  eût  été 
défendu  par  le  pape  pour  cause  de  parenté  (2). 

Au  lieu  de  cette  alliance,  Henri  en  forma  une  qui 
semblait  devoir  être  fort  brillante  :  il  s'agissait  de 
Marie  de  France,  fille  aînée  de  Louis  VII  et  d'Eléo- 
nore  de  Guienne.  Eléonore,  alors  mariée  depuis  neuf 
ans,  n'ayant  pas  d'enfant  mâle,  Marie  était  héritière 
présomptive  de  la  Guienne  et  du  Poitou  :  aussi  était* 
elle  fort  recherchée.  II  avait  été  tout  récemment  ques- 
tion de  la  fiancer  à  Henri  Plantagenet,  fils  de  Geof- 
froy V,  comte  d'Anjou,  et  de  Mathilde  d'Angleterre, 
duchesse  de  Normandie  ;  mais  saint  Bernard  s'était 
opposé  à  ce  projet,  à  la  réalisation  duquel  un  em- 
pdchement  de  consanguinité  faisait  obstacle  (3),  et 
que  Louis  VII  abandonna.  Marie  fut  fiancée  à  Henri 


(1)  V(.ir  notre  Tome  II,  p.  361.  376  et  377. 

(8)  La  fiancde  d'Henri  épousa  Ivain ,  comte  d'Alost ,  Raoul  le 
Vaillant,  comte  de  Vermandois  (Art  de  vérifier  les  dates,  III,  10), 
Henri  II,  duc  de  Limbourg  (Art  de  vérifier  les  dates,  III,  lU), 
et  llouri  II,  l'Aveugle,  comte  de  Namur  et  de  Luxembourg  (Art  de 
vérifier  les  dates,  III,  116;  Cf.  II,  706-707).  Louis  Vil  disait 
qu'elle  était  parente  de  notre  comte  Henri  au  troisième  degré  (Hui- 
mannus  Tornaccnsis ,  Historia  restauratœ  s.  Martini  ecclesiœ, 
ap.  [).  Douquct,  Xlll,  400-401). 

(3)  N.  Bernardi  epistola  371,  ap.  Mabill.,  S.  Bernardi  opéra, 
édition  (îaume,  l,  672-673.  Cette  lettre  fut  écrite  en  1147,  ou, 
plua  exactement,  apK^s  que  Louis  VII  eut  pris  la  croix  et  avant  son 
départ  pour  la  croisade,  comme  le  prouve  une  note  de  Mabillon  sur 
cette  lettre. 


[1146-1147.]  —    13   —  • 

le  Libéral,  qui  ne  devait  l'épouser  que  beaucoup 
plus  tard  (1). 

En  attendant,  Henri  partit  pour  la  Palestine. 
Edesse,  une  des  conquêtes  de  la  première  croisade, 
un  des  boulevards  du  petit  royaume  de  Jérusalem, 
venait  de  tomber  entre  les  mains  des  Musulmans  : 
désastre  immense,  menace  plus  grande  encore.  La 
chrétienté  émue  se  leva  à  la  voix  de  saint  Bernard  ; 
les  archevêques,  les  évêques,  les  abbés,  les  barons 
du  royaume  de  France,  convoqués  par  le  roi,  se 
réunirent  en  grand  nombre  à  Vézelay  pour  la  fête 
de  Pâques,  31  mars  llii6.  L'éloquence  de  Bernard, 
celle  des  évêques  qui  joignirent  leurs  prédications 
aux  siennes,  enflammèrent  les  courages  ;  Louis  prit 


(1)  Les  fiançailles  d'Henri  et  de  Marie  sont  antérieures  au  départ 
d'Henri  pour  la  croisade  ;  ce  fait  est  prouvé  par  un  passage  du 
Gesta  Ludovici  VU  régis,  chap.  18,  ap.  Duchesne,  IV»  403-404. 
L'auteur  énumère  les  personnes  présentes  à  la  cour  plénière  tenue 
en  Palestine  le  20  mai  1148.  Parmi  elles  il  signale  <  Henricus, 
>  filiusTheohaldi  veteris,  comHisCampaniœ,  homojuvenis,  largus 
9  et  sapiens,  corde  magnanimus.  Hic  desponsaverat  filiam  régis 
•  Franct^nomin^J/anam.»  Guillaume  de  Tyr,ap.Bongars,p.910, 
va  plus  loin,  et  à  la  même  date  qualifie  Henri  de  gendre  du  roi. 
Cependant  il  était  impossible  que  le  mariage  d'Henri  et  de  Marie 
fût  consommé  à  cette  date  :  celui  de  Louis  VII  et  d'Eléonore  ayant 
eu  lieu  vers  le  commencement  d'août  1137  (voir  notre  Tome  II, 
p.  331  ;  Cf.  Chronicon  Gaufredi  Vosiensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
435B),  Marie  avait  dû  naître  au  plus  tôt  vers  la  fin  d'avril  ou 
au  commencement  de  mai  1138,  elle  avait  par  conséquent  dix  ans 
au  plus  le  20  mai  1148.  D'ailleurs,  une  charte  d'Henri  le  Libéral 
pour  l'abbaye  de  Coincy,  donnée  en  1153,  établit  qu'à  l'époque  où 
elle  fut  rédigée  Henri  n'était  encore  que  fiancé  à  Marie.  (Sur  cette 
charte,  voir  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  p.  620;  Gall.  Christ., 
IX,  391 B.) 


^  —    14    [1146-1147.] 

Ifl  nrtwier  la  croix  ;  Eléonore,  sa  femme,  Timita,  et 
cet  exemple  fut  suivi  par  une  grande  partie  des  as- 
«ûiMls,  entre  autres  par  le  fils  de  Thibaut,  par  Go- 
dékûi%  évéque  de  Langres,  par  Anseau  et  Garnier 
de  TrailtcJ^  deux  des  principaux  vassaux  du  comté 
de  l'^lMmP^S''^  (^)'  ^^^  préparatifs  durèrent  plus 
J'ttM  mi^9  Louis  VII  ne  sortit  de  Paris  qbe  la  se- 
iMmodo  la  Pentecôte  li&7;  cette  fôte  avait  eu  lieu 

Honri  n'avait  point  encore  été  armé  chevalier  :  il 
^4^1  Mturcl  que  cette  cérémonie  précédât  son  pre- 
^^^1^  ivmbat  avec  les  Sarrasins.  Quelle  main  illustre 
nirvAÎI  éteindre  Tépée  au  fils  du  comte  de  Cham- 
l^no  ot  rélever  ainsi  au  premier  grade  de  l'armée 
Ij^hUIo?  Les  circonstances  firent  songer  à  Tempe- 
v^ir  de  Gonstantinople,  qui  était  alors  Manuel  Com- 

n^io  (2). 

Henri  partit  avec  une  lettre,  adressée  par  saint 
Rornard  au  monarque  bysantin  pour  le  prier  de 
it^idro  ce  service  au  jeune  prince  champenois. 

«  Au  sublime  et  glorieux  Manuel,  empereur  de 
a  Oonstantinople,  frère  Bernard,  dit  abbé  de  Clair- 
D  vaux,  offre  ses  salutations  et  ses  prières.  » 

(f  Si  j'ose  écrire  à  une  si  grande  majesté,  ce  n'est 
0  pas  l'insolence  de  la  témérité  qui  me  conduit, 
»  mais  la  confiance  de  la  charité.  Qui  suis-je  en  effet, 
n  on  quelle  est  la  maison  de  mon  père  en  Israël, 
»  pour  me  permettre  d'adresser  de  mon  chef  cette 


(1)  Hist,  glorioii  régis  Ludovici  VII,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
126 âC  ;  Chronicon  Maurinia^eme,  ibid.,  88  CD. 

(2)  11  régna  de  1143  à  1180. 


[H4T.]  —    16    — 

»  lettre  à  un  empereur  d'aussi  grand  renom,  moi 
0  pauvre  et  sans  noblesse,  moi  qu'un  si  long  espace 
»  de  terre  et  qu'une  mer  -encore  plus  yaste  sépare 
9  de  la  présence  de  votre  sublimité  ?  Quel  rapport 
»  donc  entre  une  dignité  si  haute  et  mon  humble 
»  personne,  si  je  ne  mettais  ma  confiance  en  l'hu- 
9  milité  du  Christ  qui  est  la  gloire  des  princes  et  des 
yi  juges,  des  rois  de  la  terre  et  de  tous  les  peuples? 
9  Car  elle  est  parvenue  jusqu'à  nous  celte  magnifia 
0  cence  glorieuse  de  votre  nom  qui  s'est  répandue 
»  au  loin  sur  la  terre  :  aussi,  je  fléchis  le  genou  de- 
9  vaut  le  père  des  esprits,  qui  a  donné  son  nom  à 
9  toute  paternité  au  ciel  et  sur  la  terre,  et  je  le  sup- 
»  plie  de  daigner  vous  transférer  de  votre  royaume 
9  au  sien,  à  ce  royaume  qui  est  celui  de  tous  les 
9  siècles.  9 

(c  C'est  donc  sans  pouvoir  m'autoriser  d'aucun 
9  mérite  personnel  que  j'ose  envoyer  aux  pieds  du 
9  trône  de  votre  gloire  le  porteur  des  présentes, 
»  jeune  homme  de  grande  noblesse,  en  vous  priant 
9  de  lui  faire  prêter  le  serment  de  chevalier  et  de 
9  lui  ceindre  l'épée  contre  les  ennemis  de  la  croix 
9  qui  ont  levé  la  tête  pour  menacer  le  Christ.  De 
9  nobles  palais  étaient  ouverts  à  ce  jeune  prince  ; 
9  mais,  élevant  nos  pensées  plus  haut,  nous  l'adres- 
9  sons  à  la  gloire  unique  de  votre  empire,  afin  que 
9  tous  les  jours  de  sa  vie  il  se  rappelle  qui  l'aura 
9  élevé  à  la  dignité  et  soumis  aux  devoirs  de  la  che- 
9  Valérie.  Jamais  je  ne  vous  aurais  fait  cette  prière, 
9  si  le  Christ  n'était  en  cause,  le  Christ  pour  lequel 
9  il  a  entrepris  un  voyage  si  long  et  si  laborieux. 
9  Vous  pourrez  considérer  comme  rendu  à  moi 
9  tout  service  qu'il  aura  reçu  de  vous.  9 


"-"**—  [1147.] 

«  Da  reste,  Empereur  très-glorieux,  voici  le  mo- 
ment de  montrer  et  de  développer  les  trésors  de 
Totre  cœur.  La  terre  s'est  émue  et  a  tremblé  parce 
que  le  roi  do  ciel  a  perdu  son  domaine  et  le  sol 
qu'ont  fonlé  ses  pieds.  Bientôt  les  ennemis  du 
Seigneur  vont  se  précipiter  sur  sa  cité^  et  même 
snr  ce  glorieux  sépulcre  où  la  fleur  sortie  du  sein 
virginal  de  Marie  fut  embaumée  avec  des  parfums 
dans  un  Imceul,  et  d'où  se  leva,  revenue  à  la  vie, 
cette  fleur,  la  première  et  la  plus  grande  de  toutes 
celles  qui  apparurent  dans  notre  monde.  Aussi,  à 
Tordre  du  seigneur  pape  et  d'après  nos  humbles 
exhortations,  le  roi  des  Français  et  une  multitude 
innombrable  de  princes,  de  chevaliers,  de  gens  du 
peuple,  vont  traverser  votre  empire  pour  gagner 
la  cité  du  Dieu  vivant.  Vous  saurez  les  recevoir 
avec  honneur  et  agir  à  leur  égard  d'une  manière 
qui  réponde  aux  fonctions  que  vous  occupez,  à  la 
puissance  que  vous  avez  reçue,  à  la  dignité  où 
vous  Ctes  élevé,  aux  richesses  dont  vous  abondez. 
Vous  ferez  ce  que  demande  la  majesté  impériale, 
l'honneur  de  votre  personne,  le  salut  de  votre 
àmo,  dans  l'éternité  et  dans  les  siècles  des  siècles.» 
«  Parmi  ces  guerriers,  nous  vous  recommandons, 
avant  tous  et  avec  une  sollicitude  toute  spéciale, 
lo  fils  de  très-illustre  prince  le  comte  Thibaut  :  il 
OBt  jeune,  il  est  noble;  c'est  une  bonne  nature;  ce 
n'est  pas  au  mal,  mais  à  la  justice  qu'il  a  consacré 
ses  débuts  dans  la  carrière  des  armes;  il  est  fils 
d'un  homme  que  son  amour  de  la  vérité,  sa  dou- 
ct^ur  et  sa  droiture  font  aimer  et  honorer  parmi  les 
princes  do  la  terre.  » 
0  Reconnaissant  par  avance  de  vos  bienfaits,  nous 


[1147.]  17   

»  TOUS  faisons  participer  aax  avantages  des  actes 

»  méritoires  qui  ont  eu  ou  qui  auront  lieu  dans  notre 

»  maison,  afin  que  Tépoux  de  l'Eglise,  le  fils  de  Ma- 

x>  rie,  le  seigneur  notre  Dieu  vous  donne  la  vic- 

D  toire  sur  la  terre,  et  la  gloire  dans  les  cieux  (1).  » 

Les  croisés  prirent  la  route  de  terre  par  TAlle- 
magne.  Le  rendez-vous  de  l'armée  française  était  à 
Metz  :  elle  traversa  le  diocèse  de  Trêves  ;  et,  recon- 
naissant de  Taccueil  qu'il  avait  reçu  de  Louis  VII  et 
de  Thibaut  II,  dans  un  voyage  à  Paris,  peu  de  temps 
auparavant,  l'archevêque  Âdalbéron  envoya  au  roi 
de  France  et  au  fils  de  Thibaut  de  magnifiques  pré- 
sents (2). 

Les  deux  princes  étaient  précédés  par  l'empereur 
d'Allemagne,  qui  gagna  le  premier  Constantinople 
et  l'Asie-Mineure,  où  son  armée  périt  presque  toute 
entière.  Manuel  les  accueillit  parfaitement,  et,  mal- 
gré le  silence  des  historiens,  on  doit  admettre  qu'il 
n'hésita  pas  à  armer  chevalier  le  jeune  Henri.  Le 
Bosphore  passé,  les  croisés  français  résolurent  de  se 
rendre  en  Palestine  en  suivant  les  côtes.  Ce  fut  sur 
les  bords  du  Méandre  qu'ils  rencontrèrent  les  Turcs 
pour  la  première  fois.  Enhardis  par  leurs  victoires 
sur  les  Allemands,  les  ennemis  du  nom  chrétien 
étaient  assemblés  sur  la  rive  opposée  du  fleuve,  prêts 
à  en  disputer  le  passage.  Mais  les  chevaliers  se  pré- 
cipitèrent dans  l'eau,  qu'ils  traversèrent  sous  une 


(1)  S.Bemardi  epUtola  424;  ap.  D.  Bouquet,  XV,  G07-G08. 

(2)  Vita  AdaWeronis  Trevirensis  archiepiicopi,  ap.  D.  Bouquet, 
XIV,  357  E.  (Voir  notre  Tome  II,  p.  394.) 


—   18   —  [1147^148.] 

pluie  de  flèches;  et  par  leur  choc,  impétueux 
«  comme  la  tempête,  »  dit  un  contemporain,  mi- 
rent les  Turcs  en  fuite.  On  remarqua  au  premier 
rang  Henri,  fils  du  comte  Thibaut  ;  Thierry,  comte 
de  Flandre,  et  Guillaume^  comte  de  Màcon  (i). 

La  suite  de  la  campagne  ne  répondit  pas  aux  dé- 
buts :  sur  la  route  de  la  Palestine,  Louis  vit  périr  ou 
abandonna  une  grande  partie  de  son  armée  ;  arrivé 
à  Ântioche,  il  perdit  dans  les  plaisirs  un  temps  pré- 
cieux. Enfin  cependant  il  se  rendit  à  Jérusalem.  Mais 
ce  fut  le  vingt  mai  seulement,  c'est-à-dire  près  d'un 
an  après  son  départ  de  Paris,  que  put  s'ouvrir  le 
conseil  de  guerre  où  l'on  discuta  le  plan  de  la  cam- 
pagne projetée  pour  la  défense  de  la  Terre-Sainte. 
Ce  conseil  se  tint  à  Acre.  On  y  vit  l'empereur  Con- 
rad, les  rois  de  France,  de  Jérusalem,  et  un  grand 
nombre  de  barons  et  de  prélats  allemands,  français 
et  orientaux,  et  parmi  eux  «  Henri,  fils  de  Thibaut 
»  le  Vieux,  comte  de  Champagne,  homme  jeune, 
..  0  libéral ,  sage  et  au  cœur  magnanime  (2).  »  Le 
siège  de  Damas  y  fut  résolu  ;  mais  l'entreprise 
échoua  ;  Henri  n'en  rapporta  que  de  la  gloire  et 
l'estime  du  roi  comme  nous  l'apprend  une  lettre 
de  ce  dernier  à  Thibaut,  pubUée  dans  notre  pré- 


(1)  Eudes  de  Deuil,  De  Ludovici  VII  Francorum  régis  profec- 
Hone  in  Orientem,  lib.  VI,  ap.  Chiinel,  S.  Bernardi  genus  illustre 
aiserium,  p.  60;  et  D.  Bouquet,  XV,  502 n.  Oo  remarquera 
qu'Eudes  de  Deuil  faisait  partie  de  cette  expédition. 

(2)  Gesia  Ludovici  VII  régis,  cap.  18,  ap.  Duchesne,  IV,  403- 
404;  Cf.  Guillaume  de  Tyr,  lib.  XVII,  cap.  1-2,  ap.  Bon^rs,  I, 
910;  Historiens  occideniaux  des  croisades,  II,  759. 


[lf4ê*H49.]  —    ifif   — • 

cèdent  volame  (1).  Henri  rentra  en  France  quel- 
ques mois  avant  Louis  VII,  c'est-à-dire,  dans  les 
derniers  Biois  de  Tannée  1148,  ou  au  commence- 
ment de  l'année  llii9  (2).| 

Au  milieu  des  dangers  de  ce  périlleux  voyage  «  la 
crainte  de  la  mort  »  lui  avait  fait  faire  un  vœu,  il 
avait  promis  à  Dieu  et  à  saint  Nicolas  d'établir  trois 
chanoines  dans  Féglise  de  Pougy  (3).  Une  charte  de 
l'évoque  de  Troyes  nous  apprend  que,  cinq  ans  plus 
tard,  cet  engagement  était  réalisé  :  une  rente  de 
quinze  livres  d'argent  et  de  trois  muids  de  grain 
était  affectée  à  l'entretien  des  chanoines  ;  les  seigneurs 
de  Pougy  avaient  doté  deux  autres  chanoines  ;  en 
sorte  que  le  chapitre  se  composait  de  cinq  mem- 
bres (4). 

A  son  retourj'tlenri,  en  qualité  de  chevalier,  re- 
çut de  son  père  une  part  d'héritage  (5),  la  seigneurie 


(1)  P.  390-391. 

(2)  Henri  revint  avant  Louis  VII.  Cela  résulte  d'une  lettre  de 
saint  Benaard  (Epist,  376)  qui  sera  reproduite  plus  loin,  et  que 
saint  Bernard  écrivit  i  Suger,  encore  régent  du  royaume,  pour  le 
prier  d'empêcher  un  tournois  projeté  par  Henri  et  par  Robert, 
frère  du  roi.  Ce  tournois  devait  avoir  lieu  après  la  fête  de  Pâques, 
c esi-à-dire  après  le  3  avril  1149  (D.  Bouquet,  XV,  612  C). 

(3)  Pougy,  Aube,  arrondissement  d'Ârcis-sur-Aube,  canton  de 
Ramerupt. 

(4)  La  charte  est  imprimée  dans  Camuzat,  Promptuorium , 
?30v«,  3iro. 

(5)  On  lit  dans  les  Etablissements  de  saint  Louis,  Itv.  I,  c.  19  : 
•  Se  gentils  faons  marie  son  fils ,  il  H  doit  donner  le  tiers  de  sa 
■  tecre»  et  siui  quand  il  est  chefriiersi  • 


—   20    —  fli49.] 

de  Bar-sur-Âube  (1),  et  probablement  aussi  celle  de 
Vitry  (2). 

Un  de  ses  premiers  actes  fut  de  confirmer  les 
moines  de  Saint-Claude  dans  la  possession  de  leurs 
prieurés  deSermaize,  Bar-sur-Aube,  Gunfin,  LaFerté- 
sur-Aube,  Silvarouvre  et  des  dépendances  de  ces 
prieurés  (3).  La  charte,  accordée  sur  la  demande  de 
saint  Bernard,  est  datée  de  Vitry,  ii/i9  (6).  La  même 


(1)  Une  charte  d'Henri,  en  1150,  se  termine  ainsi  :  Cum  jam 
tenerem  dominium  Barri  et  totius  terre  Barrensis  traditum  tnichi 
a  pâtre  mtRO,  (Original,  Archives  de  VAuhe,  fonds  de  Clairvaux.) 

(2)  Il  existe  aux  archives  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines, 
une  charte  par  laquelle  Henri  confirme  aux  moines  de  ce  lieu  la 
propriété  de  tout  ce  qu'ils  possèdent  dans  son  fief,  in  feodo  meo, 
notamment  l'abbaye  de  Trois-Fontaines  et  la  grange  qui  en  dépend. 
Nous  avons  vu  plus  haut  que  l'abbaye  de  Trois-Fontaines  faisait 
partie  du  comté  de  Vitry.  (Voir  notre  Tome  II,  p.  120,  156, 163, 
165.) 

Le  Chronicon  Mauriniacense,  en  énumérant  les  noms  de  ceux 
qui  se  croisèrent  à  Vézelay  en  1146,  donne  par  anticipation  à 
Henri  le  nom  de  comte  de  Meaux,  Meldensis  cornes  Henrictis 
(Duchesne,  IV,  389 Â;  D.  Bouquet,  XII,  88 D),  on  en  a  conclu 
qu'Henri  était  comte  de  Meaux  dès  cette  époque  (Art  de  vérifier  les 
dates,  II,  618,  col.  1).  Mais  c'est  inadmissible  :  d'une  part,  Henri 
ne  prend  le  titre  de  comte  dans  aucun  document  diplomatique 
antérieur  à  la  mort  de  son  père;  de  l'autre,  nous  ne  voyons  pas 
qu'avant  la  mort  de  son  père  il  ait  exercé  aucun  acte  d'autorité 
dans  le  comté  de  Meaux. 

(3)  Sermaize,  Marne,  arr.  de  Vitry,  canton  de  Thiéblemont; 
Cunfin,  Aube,  arr.  de  Bar-sur-Seine,  cant.  d'Essoyes  ;  La  Ferté- 
8ur-Âube,  Haute-Marne,  arr.  de  Chaumont,  cant.  de  Châteauvil- 
lain  ;  Silvarouvre,  ibid. 

(4)  Archives  de  la  Haute-Marne,  fonds  du  prieuré  de  La  Ferté- 
8ur- Aube  ;  Archives  de  l'Aube,  fonds  des  prieurés  de  Bar-sur-Aube  ; 
Habiilon,  Ann.Bened.^Vl,  723;  Blampignon,  Histoire  de  sainte 


rU49.]  21    — 

année,  nous  le  trouvons  à  Saint-Florentin,  où  il  ap- 
prouve une  charte  de  son  père  (1). 

Mais  son  activité  belliqueuse,  que  les  guerres  de 
TAsie-Mineure  et  de  la  Palestine  n'avaient  point  sa- 
tisfaite^  restait  sans  objet  au  milieu  de  ces  occupa- 
tions pacifiques.  Alors,  dans  les  temps  de  paix,  ces 
combats  simulés,  qu'on  appelait  tournois,  étaient  le 
passe-temps  et  l'exercice  des  jeunes  membres  de  l'a- 
ristocratie féodale  :  jeux  redoutables  où  plus  d'une 
fois  un  homme  paya  le  plaisir  au  prix  de  la  vie;  on 
sait  que  plus  tard  ils  devaient  compter  un  roi  de 
France  parmi  leurs  victimes.  Aussi  l'Eglise  les  avait- 
elle  condamnés.  En  1131,  un  concile,  tenu  à  Reims 
par  le  pape  Innocent  II,  avait  promulgué  le  canon 
suivant  : 

«  Ces  détestables  fêtes  ou  foires  où  les  chevaliers 
»  ont  coutume  de  se  donner  rendez-vous^  et  livrent 
»  des  batailles  pour  faire  montre  de  leur  force  et  de 
»  leur  audace  téméraire,  d'où  il  se  suit  souvent  mort 
»  des  hommes  et  péril  des  âmes,  sont  par  nous  for- 
»  mellement  interdites.  Si  quelqu'un  y  meure,  on 
»  pourra,  sur  sa  demande,  l'admettre  à  la  pénitence 
D  et  lui  donner  le  viatique;  mais  la  sépulture  ecclé- 
»  siastique  lui  sera  refusée  (2).  » 

Ce  canon  avait  été  renouvelé  en  1139,  au  deu- 
xième concile  général  de  Latran  (3). 


Germaine,  203;  Cf.  Jolibois,  la  Haute-Marne,  p.  13, 150.  289; 
Carnandet,  Géographie  de  la  Haute-Marne,  p.  348. 

(1)  Quantin,  Cartulaire  de  l'Yonne,  I,  447. 

(2)  Canon  XII,  ap.  Labbe,  ConciL,  X.  985-986. 

(3)  Canon  XIV,  ap.  Concïl,  X,  1006. 


-A 


—  88  —  [u^.] 

Un  projet  de  tournois  était  donc  an  projet  de  ré- 
volte contre  l'Egli^ç.  Saint  Bernard  vit,  avec  indi- 
gnation, qu'à  peine  revenu  de  la  guerre  sainte  le 
fils  de  son  bien-aimé  Thibaut  allait,  pour  ainsi  dire, 
lever  contre  la  loi  de  Dieu  une  épée  qui  venait  de 
combattre  pour  la  défense  de  la  chrétienté  et  du 
tombeau  de  Jésus-Christ.  Affligées  des  malheurs  de 
la  croisade,  les  populations  s'étaient  répandues  en 
plaintes  et  en  reproches  contre  Péloquent  promo- 
teur de  cette  expédition  désastreuse.  Mais  si  la  ma- 
'  lédiction  de  Dieu  s'était  appesantie  sur  l'armée  de 
la  croix,  la  cause  n'en  était-elle  pa$  dans  les  dispo- 
sitions indignes  où  se  trouvaient  à  leur  départ  et 
où  restaient  à  leur  retour  les  princes  et  les  soldats? 
Saint  Bernard,  voulant  prévenir  le  mal  quand  il 
était  encore  temps,  s'adressa  au  régent  du  royaume, 
au  célèbre  Suger  : 

(c  A  vénérable  père  et  seigneur,  Suger,  par  la 
0  grâce  de  Dieu,  abbé  de  Saint-Denis.  Frère  Ber- 
»  nard,  dit  abbé  de  Clairvaux,  le  salue  et  prie  pour 
»  lui.  » 

«  Il  est  à  propos,  il  est  même  nécessaire  que  vous 
»  saisissiez  le  glaive  de  l'esprit,  qui  est  la  parole  de 
»  Dieu,  et  que  vous  vous  en  armiez  contre  les  fîc- 
»  tions  diaboliques  qui  de  nouveau  s'efforcent  de  jeter 
»  leurs  germes  au  milieu  de  nous.  Car  ces  hommes 
0  qui  sont  revenus  ont  fixé  leur  réunion  maudite 
»  après  les  fêtes  de  Pâques  (1).  Le  seigneur  Henri, 
0  fils  du  comte,  et  le  seigneur  Robert,  frère  du  roi, 
»  ont  décidé  que,  laissant  flotter  les  rênes  sur  le 


(1)  3  avril  1149. 


[UéB,l  —  «3  — 

»  cou  de  Jenrs  dievaux,  ils  se  précipiteront  Tun 
»  contre  l'autre  et  se  tueront.  Voyez  dans  quelles 
»  dispositions  ont  entrepris  le  voyage  de  Jérusalem 
»  des  gens  qui  en  rapportent  ces  belles  intentions  ! 
»  Cooune  on  peut  bien  dire  en  parlant  d'eux  :  Nos 
»  soinê  donnés  à  Babylone  ne  Vont  pas  guérie;  ils  ont 
»  été  frappéSy  mais  ils  ne  se  soni  pas  repentis  ;  ils  ont 
x>  été  meurtrisy  et  ils  ont  refusé  de  se  soumettre  :  et  cela 
o  après  tant  de  travaux,  après  tant  de  dangers  où 
»  ils  ont  été  tourmentés  par  le  fléau  des  méchants 
»  et  par  la  douleur  !  « 

a  Le  royaume  est  en  paix  ;  mais  le  seigneur  roi 
»  est  absent,  et  ces  deux  hommes  peuvent  agii^ 
»  énormément  et  même  troubler  le  pays.  Puisque 
»  vous  êtes  le  premier  des  princes  du  royaume,  je 
»  vous  supplie  et  je  conseille  à  votre  sublimité  de 
»  vous  opposer  de  toute  votre  puissance,  soit  par 
»  vos  bons  avis,  soit  par  la  force,  à  l'exécution  de  ce 
o  projet.  C'est  ce  que  demandent  l'honneur  de  votre 
»  personne,  de  notre  pays,  et  l'intérêt  de  l'Eglise  de 
»  Dieu.  Ce  que  j'appelle  force,  c'est  l'action  de  la 
»  discipline  ecclésiastique.  y> 

«  J'écris  dans  le  même  sens  au  seigneur  de  Reims, 
»  au  seigneur  de  Sens^  au  seigneur  de  Soissons,  au 
x>  seigneur  d'Âuxerre  (1),  au  comte  Thibaut^  au 
»  comte  Raoul.  Opposez-vous  à  de  si  grands  maux, 
»  et  à  cause  du  seigneur  roi  et  à  cause  du  seigneur 
»  pape,  à  quiappartient  la  garde  du  royaume  (3).  » 

(1)  Par  seigneur,  saint  Bernard  entend  les  archevêques  et  les 
évoques. 

(2)  S.  Bernardi  episL  ai6,  ap.  D.  Bouquet,  XV,  612-^13. 
Les  derniers  mots  de  cette  letU;^  {ont  allusion  au  privil^  par  le- 


—  24  —  [ii4»-ii5i.] 

Les  efforts  de  saint  Bernard  furent  inutiles  :  le 
tonmois  eut  lieu  ;  ni  Henri  ni  Robert  n*y  furent  tués; 
mais  Anséric  de  Montréal,  vassal  du  comté  deCham- 
pa^e ,  y  fut  fait  prisonnier  par  Rainaud  de  Pom- 
ponne, vassal  de  Suger.  Nous  avons  encore  une 
lettre  qu'à  cette  occasion  Henri  écrivit  à  l'abbé  de 
Saint- Denis.  Voulant  négocier  la  mise  en  liberté 
d'Anséric,  il  recommande  à  Suger  de  ne  pas  man- 
quer à  un  rendez- vous  pris  à  Meaux  pour  cet  ob- 
jet (1). 

L'année  suivante,  1150,  nous  trouvons  Henri  à 
Rosnay,  où  il  approuve  une  donation  faite  à  l'abbaye 
de  Trois-Fontaines  par  Letard  de  Bar  (2). 

Nous  le  rencontrons  aussi  à  Perrecin  (3),  où  il  rend 
un  jugement  en  faveur  de  l'abbaye  de  Glairvaux 
contre  les  habitants  de  Longchamps  (&). 

En  1151,  Henri,  sa  mère  et  ses  frères,  mettent 
leur  seing  à  une  charte  de  Thibaut  H,  en  faveur  de 
l'abbaye  du  Val-Secret,  et  on  y  append  le  sceau 
d'Henri  (5)  qui,  à  Bar-sur-Aube,  en  présence  de  son 


quel  les  biens  des  croisés  étaient  placés  sous  la  protection  spéciale 
du  Saint-Siège.  Ce  privilège  est  donc  plus  ancien  que  les  décrets  du 
quatrième  concile  de  Latran  et  du  premier  concile  général  de  Lyon 
cités  par  Du  Gange,  au  mot  Crucis  privilegium,  édition  Henschel, 
II,  681,  col.  1. 

(1)  D.Bouquet,  XV,  511AB, 

(2)  Archives  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines,  charte 
originale. 

(3)  Perrecin,  village  détruit  entre  Bar-sur-Aube  et  Glairvaux. 

(4)  Gartulaire  de  Glairvaux,  Comitum  Campanie,  IX. 

(5)  Ann.  PrœmonsL,  II,  dcxliy. 


[4151.1  —  26   — 

père  et  de  saint  Bernard^  rend,  la  même  année,  un 
jugement  entre  le  prieuré  de  Sainte-Germaine  et  le 
maire  Belin  (1),  et  qui  à  Troyes  et  à  Saint-Florentin 
donne  son  approbation  à  des  chartes  de  son  père  (2). 
Peu  après,  la  mort  de  Thibaut  appela  Henri  au 
comté  de  Champagne. 


(1)  Blampignon,  Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  205. 

(2)  Arch,  de  fAube,  Cartulaire  de  Clairvaux,  Fenis,  III;  Car- 
tulaire  de  Larivour. 


—  26  —  [lUiMiar.] 


CHAPITRE  II. 


OhëerwtMmsm  «vr  les  dfptteies  d'nearl  le  i^béml,  mtérfoors 
à  0OB  •▼ènemeiit  an  eenité  de  Chamygme. 


Antérieurement  à  son  avènement  au  comté  de 
Champagne,  Henri  ne  prend  nulle  part  le  titre  de 
comte  :  il  se  dit  simplement  fils  du  comte  Thibaut, 
Ego  Henricus,  filius  comtUs  Teobaldù 

Dès  l'année  il/i9,  Henri  avait  un  chancelier 
nommé  Guillaume  (1),  probablement  le  môme  que 
celui  que  nous  lui  voyons  après  son  avènement  au 
comté  de  Champagne.  Une  des  fonctions  de  ce  chan- 
celier était  de  faire  remise  de  la  charte  aux  par- 
ties (2).  Henri  avait  aussi  un  maréchal  nommé  Geof- 
froi  (3),  sjins  doute  Geoffroi  de  Chartres,  que  nous 
retrouverons  plus  tard  et  qu'il  ne  faut  pas  confondre 


(1)  Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  205.  Dans  une  charte  de 
Tannée  1151 ,  ibid.,  206,  ce  chancelier  figure  encore. 

(2)  C'est  ce  qui  résulte  (Tune  des  formules  finales  de  trois  chartes 
d'Henri  :  1^  11^19,  data  Vitriaco  per  manum  Guillelmi  cancellarii 
(Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  205);  2°  1150,  hec  carta  per 
manum  Guillelmi^  cancellarii  domini  Henridt  Rosniaci  tradita  est 
(Archives  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines,  charte  originale); 
3^  1151,  signum  Guillelmi  cancellarii,  manu  cujus  tradita  est 
Barri  super  Albam  {Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  206). 

(3)  Charte  de  Tannée  1151,  Histoire  de  sainte  Germaine, 
p.  206. 


rii4Mi5Q.  —  27  — 

avec  Geoffroi  III  dit  le  Vieux  ou  le  Gro$,  sire  de  Join* 

ville,  sénéchal  de  Champagne  (1). 

Deux  prévôts  se  trouvaient  sous  les  ordres  d'Henri, 
celui  de  Vitry,  nommé  Pierre  (2),  et  celui  de  Bar- 
sur-Âube,  nommé  Eudes  (3).  Un  chapelain  était  at- 
taché à  sa  personne,  il  se  nommait  Martin,  et  l'avait 
accompagné  en  Terre-Sainte  (4). 

Parmi  les  chevaliers  qu'on  voit  se  grouper  au- 
tour d'Henri  dans  ses  diplômes  antérieurs  à  son  avè- 
nement, nous  remarquerons  Arnoul,  comte  de  Rey- 
nel  (5);  Hugues,  vicomte  ;  Eudes  de  Montaimé,  près 
de  Vertus  (6);  Hilduin  de  Vendeuvre;  Josbert  de  La 
Ferté  (7);  Pierre  Bursaud,  dont  il  sera  question 
plus  loin  (8);  Evrard  de  Bricon  (9)  ;  Rainaud  de 


(1)  Geoffiroi  de  Joinvilie  figure  parmi  les  témoins  d'une  charte 
SJBS  date  d'Henri ,  antérieure  à  son  avènement  et  conservée  en 
original  aux  archives  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines.  11  n'y 
est  pas  qualifié  de  sénéchal. 

(2)  Archives  de  la  Marne^  fonds  de  Trois-Fontaines,  charte  ori- 
ginale sans  date. 

(5)  HUloire  de  sainte  Germaine,  p.  206. 

(4)  Cart.  de  l'abbaye  de  Toussaints-en-HsIe,  p.  27-28  (Archives 
de  la  Marne);  Cf.  ColL  de  Champagne,  i,  135,  p.  61. 

(5)  Cartulaire  de  Clairvaux,  Comitum  Campanie,  IX. 

(6)  1149,  Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  205. 

(7)  1150,  Cartulaire  de  Clairvaux,  Comitum  Campanie,  IX. 

(8)  1151,  Histoire  de  sainte  Germaine,  p.  206. 

(9)  Signum  Evvrardi  deBrecun.  Bricqn,  Haute-Marne,  arr.  de 
Chaumont,  cant.  de  Châteauvillain. 


—  28   —  [ii45-li5«.] 

Poogy  (1);  Foulques  de  Doulevent  (3);  Robert  de 
Flammerécourt  (3)  et  Geoffroi  de  JoinviUe  que  nous 
avons  déjà  nommé  (à). 

Les  sceaux  d'Henri,  avant  son  avènement,  sont 
de  cire  blanche  un  peu  brunie  par  le  temps,  de 
forme  circulaire,  sans  contre-sceau;  diamètre  61  mil- 
limètres; dans  le  champ  un  cavalier  coiffé  du  heaume, 
tenant  de  la  main  gauche  un  écu  fort  allongé,  de  la 
droite  une  lance  ornée  d'une  flamme;  légende  :  Si- 
gillum  Henrici  filii  cotnilts  Teobdldi.  Ce  sceau  était  or- 
dinairement suspendu  par  une  courroie  de  cuir. 
Nous  en  connaissons  trois  exemplaires,  un,  détaché 
de  la  charte,  aux  archives  de  l'Aube,  deux  dans 
celles  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines.  De  ces 
trois  exemplaires,  le  seul  qui  ait  date  certaine  est 
appendu  à  une  charte  de  l'année  1150.  Mais  on  peut 
supposer  qu'Henri  se  servit  de  ce  sceau  depuis  l'an- 
née ll/i5,  date  des  premières  chartes  où,  à  notre 
connaissance,  on  trouve  l'annonce  de  son  sceau,  jus- 
qu'à l'année  1152,  où  devenu  comte  de  Champagne 
il  en  changea. 


(1)  Signum  Rainaudi  de  Poge.  Pougy,  Aube,  arr.  d'Arcis-sur- 
Aube,  cant.  de  Ramerupt. 

(2)  Signum  Palconis  de  Domlevenz.  Doulevent,  Haute-Marne, 
arr.  de  Wassy,  chef-lieu  de  canton. 

(3)  Signum  Roberti  de  Plammereycurt.  Flammerécourt,  Haute- 
Marne,  arr.  de  Vassy,  cant.  de  Doulevent. 

(4)  Voir  aux  Archives  de  la  Marne,  fonds  de  Trois-Fontaines, 
plusieurs  chartes,  sans  date,  d'Henri,  fils  de  Thibaut. 


[iiSt.] 


LIVRE  VIL 


fflSTOIRE  POLITIQUE  D'HENRI  V  LE  LIBÉRAL 

DEPUIS  soif   AYÈNBIRNT  AU   COMTÉ   DB   CHAMPAGNE 

jusqu'à  sa  mort. 


*—* 


CHAPITRE   I. 


Snerrec  de  I«oiil«  'Vn,  roi  de  Vranee,  contre  Hearl 
—  marUice  d'Ettenne  de  Mancerre.  —  AlTalre 
de  Wéméimj,  —  AaoemMée  f  e  flolMMUM* 

4452-4464. 

Un  des  premiers  actes  politiques  d'Henri  le  Libé- 
ral, fut  de  prendre  parti  pour  le  roi  Louis  VU  dans 
la  guerre  que  ce  prince  entreprit  en  1152  contre 
Henri  Plantagenet,  alors  comte  d'Anjou,  duc  de  Nor- 
mandie et  futur  roi  d'Angleterre.  Aux  vastes  posses- 
sions dont  Henri  Plantagenet  jouissait  déjà,  et  que  ses 
espérances  rendaient  plus  redoutables,  son  mariage 
avec  Eléonore,  épouse  répudiée  de  Louis  VII  (1)^ 


(1)  Ce  mariage  avait  été  annulé  pour  cause  de  consanguinité 
(voir  Histaria  Francorum,  ap.  D.  Bouquet,  XII»  117  Â).  Nous 


—    30    —  P152.] 

venait  de  joindre  le  Poitou  et  la  Guienne.  Cette 
union,  régulière  au  point  de  vue  canonique,  avait 
été  formée  en  violation  d'un  principe  du  droit  féo- 
dal suivant  lequel  la  femme,  propriétaire  d*un  Qef, 
devait,  à  peine  de  confiscation  de  ce  fief,  obtenir 
avant  de  se  marier  l'agrément  du  suzerain  ;  cet  agré- 
ment n'ayant  été  ni  demandé  ni  obtenu,  Louis  VU, 
suzerain  de  l'Aquitaine  et  du  Poitou,  était  fondé  à 
faire  déclarer,  par  sa  cour,  Henri  Plantagenet  et  sa 
femme  déchus  de  tous  droits  sur  l'Aquitaine  et  le 
Poitou.  II  fit  citer  le  jeune  duc  qui  refusa  de  se  pré- 
senter(l)  et  qui  fut  condamné  par  défaut  ;  la  sentence 
déclarait  confisqués  les  biens  qu'il  tenait  du  roi  de 
France, 

Dans  Louis  VU,  outre  le  suzerain,  le  père  était 
blessé  :  Marie ,  sa  fille,  héritière  présomptive  de  la 
Guienne  et  du  Poitou,  devait  perdre  tout  droit  à  cette 
succession  opulente,  si  du  nouveau  mariage  d'Eléo- 
nore  il  naissait  un  enfant  mâle  (2);  rien  donc  d'é- 
tonnant si  en  maintenant  les  droits  de  la  préroga- 
tive royale  il  témoigna  de  l'animosité  contre  le  duc 
de  Normandie. 

Dans  la  guerre  que  Louis  allait  entreprendre  pour 
faire  exécuter  la  décision  de  son  tribunal,  un  pre- 
mier allit^.  lui  était  assuré,  c'était  le  fiancé  de  sa  fille 
Marie,  c'était  notre  comte  de  Champagne.  Une  cir- 


avons  traduit  dans  notre  Tome  II,  p.  376,  me  lettre  de  saint 
Bernard  écrite  en  1143,  où  ce  vice  du  mariage  de  Louis  VII  est 
déjà  signalé. 

(1)  Gesta  Ludovici  VU,  ap.  D.  Bouquet.  XII,  127 n. 

(i)  Robertus  de  Mont0,  ap.  D.  Bouquet,  XIU,  293  D. 


[U»l  —  31  — 

constance  augm^itait  encore  l'intérêt  qu'Henri  le 
Libéral  devait  prendre  à  cette  guerre.  Nous  ne  vou- 
lons point  parler  d'une  des  lois  fondamentales  de  la 
féodalité  qui  obligeait  les  vassaux  membres  de  la 
cour  de  leur  suzerain  à  défendre  par  les  armes  les 
arrêts  de  cette  cour.  Mais  Henri  Plantagenet  avait 
fait  au  comte  de  Champagne  une  injure  presque 
personnelle  :  il  devait  pour  la  ville  de  Tours,  à  Thi- 
baut, comte  de  Blois,  frère  et  vassal  de  notre  comte, 
un  hommage  qu'il  avait  refusé  de  rendre  (i)  ;  de 
concert  avec  lui,  Sulpice  d'Âmboise,  son  vassal, 
mais  qui  tenait  en  même  temps  Chaumont-sur-Loire 
du  comte  de  Blois  (2),  avait  fait  au  comte  de  Blois 
le  même  refus,  c'est-à-dire  le  même  outrage  (3). 
Henri  le  Libéral  avait  donc  au  nom  de  son  frère  une 
double  injure  à  venger. 

A  Louis  et  au  comte  de  Champagne  se  joignirent 
l'ennemi  naturel  d'Henri  Plantagenet,  Eustache  IV, 
comte  de  Boulogne,  fils  d'Etienne,  roi  d'Angleterre  ; 
Robert,  frère  du  roi,  comte  de  Dreux,  et  alors  aussi 
comte  du  Perche  par  son  mariage  avec  Arvise,  veuve 
de  Ko  trou  H  (&);  enfin,  Geoffroi  d'Anjou,  frère  du 
duc  de  Normandie,  et  depuis  comte  de  Nantes,  mais 
alors  fort  mécontent  de  la  petite  part  qu'il  avait  eue 


(1)  Gesla  Ambanensium  dominorum,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
514  D.  Sur  cet  hommage,  voir  notre  Tome  I,  p.  368-371,  et  notre 
Tome  II,  p.  427. 

(2)  Voir  notre  Tome  I,  p.  382,  et  notre  Tome  II,  p.  427. 

(3)  Gesta  Ambariermum  dominorum,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
514  DE. 

(4)  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  670,  883. 


—   32   -^  [1451^154.] 

dans  la  succession  de  son  père  (1).  Ils  prirent  les 
armes  aussitôt  après  la  Saint-Jean,  1152;  ils  savaient 
qu'Henri  Plantagenet  allait  faire  un  voyage  en  An- 
gleterre, et  qu'il  était  à  Barfleur  sur  le  point  de  s'em- 
barquer; ils  comptaient  profiter  de  son  absence  pour 
le  dépouiller  de  tous  ses  états,  qu'ils  projetaient, 
dit-on,  de  partager  entre  eux  cinq;  ils  voulaient 
commencer  par  la  conquête  de  la  Normandie  et  de 
l'Anjou.  Geoffroi  se  chargea  de  cette  dernière  pro- 
vince ;  Louis  et  les  trois  autres  marchèrent  sur  la 
Normandie,  et  vinrent  mettre  le  siège  devant  Neuf- 
Marché  (2).  Mais  la  place  se  défendit  fort  bien  ;  le  duc 
de  Normandie,  prévenu  à  temps,  ajourna  son  em- 
barquement, et  se  mit  en  route  le  16  juillet  pour  ve- 
nir au  secours  des  assiégés.  Louis,  Eus  tache,  Ro- 
bert et  notre  comte,  qui  ne  s'étaient  pas  attendu  à 
une  résistance  aussi  sérieuse,  crurent  prudent  de 
se  retirer  après  avoir  accordé  une  trêve.  Vers  la  fin 
d'août,  le  duc  put  quitter  la  Normandie  pacifiée  et 
aller  en  Anjou  contraindre  son  frère  à  la  paix  (3). 

Louis  reprit  les  armes  l'année  suivante,  s'empara 
de  Vernon  et  de  Neuf-Marché,  puis  consentit  à  une 
paix  dont  une  condition  fut  la  restitution  de  ces 
deux  places  au  duc  de  Normandie.  Ce  traité  fut  con- 
clu en  115/i  :  la  même  année,  la  mort  d'Etienne  de 


(1)  Art  de  vérifier  les  daUs,  II,  854,  898. 

(2)  Neuf-Marché,  Seine-Inférieure,  arr.  de  Neuchâtel,  cant.  de 
Gournay. 

(3)  Robertusde  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  293 D -294 A; 
Cf.  Radulfus  de  Diceto,  Imaginée  hietoriarum^  ap.  D.  Bouquet, 
XIU,  184  B. 


[iija.]  —  33  — 

Boulogne  faisait  monter  Henri  Plantagenet  sur  le 
trône  d'Angleterre,  et  préparait  à  la  France  des 
siècles  d'innombrables  désastres. 

Aucun  texte  ne  nous  dit  qu'Henri  le  Libéral  ait 
pris  part  à  cette  seconde  campagne,  et  la  môme  an- 
née une  circonstance  imprévue  l'entraîna  dans  une 
autre  guerre.  Parmi  les  nombreux  barons  dont  les 
fie&  touchaient  les  siens,  se  trouvait  Geoffroi  HI, 
seigneur  de  Donzy,  Gien,  Cosne,  Saint-Aignan,  Chà- 
tel-Censoir,  et  d'une  partie  d'OuIchy  et  de  Neuilly- 
Saint*Front  (1).  Geoffroi  avait  une  fille  (2).  Grâce  à 


(1)  Voir  sur  ce  baron  VArt  de  vérifier  les  dates^  II,  585.  On  a 
pu  voir,  dans  notre  Tome  II,  qu'une  partie  de  ces  seigneuries, 
savoir  :  Saint-Aignan ,  Châtel-Censoir,  Oulchy  et  Neuilly-Saint- 
Front  relevaient  du  comté  de  Champagne. 

(2)  L'Art  de  vérifier  les  dates,  II,  407  et  585,  l'appelle  Herme- 
sende,  d'après  Lévesque  de  La  Ravaliière  ;  mais  c'est  le  résultat 
d'une  fausse  interprétation  de  la  déposition  de  Gui  Gasteblé,  dont 
il  sera  question  plus  loin.  Ce  nom  d'Hermesende,  en  latin  Hermen- 
sendis,  est  celui  que  Gui  donne  à  la  femme  d'Anseau  de  Traînel. 
Il  ne  faut  pas  confondre  Hermesende  avec  Hélisende,  femme  d'An- 
selme de  Traînel,  mère  d'Anseau,  de  Garnier,  seigneur  de  Marigny, 
et  de  Milon,  quatrième  abbé  de  Saint-Marien  d'Auxerre,  laquelle 
mourut  religieuse  de  Fontcvrault  (Chron.  S.  Mariani  Autissiod.^ 
ap.  D.  Bouquet,  XVIII,  268.  Voir  aussi  dans  le  Cartulaire  de  saint 
Loup,  appartenant  à  M.  de  La  Porte,  f*  41,  une  charte  de  l'année 
1145,  où  elle  figure  avec  son  mari  et  ses  fils  Anseau  et  Garnier).  Mais 
Hermesende  est  peut-être  la  même  qu'Isabelle  de  Bar-sur-Seine, 
fille  de  Gui,  comte  de  Bar-sur-Seine,  sœur  de  Milon  II  et  de  Ma- 
nassès,  successivement  comtes  de  Bar-sur-Seine  (Art  de  vérifier 
les  dates,  II,  590).  Isabelle,  veuve  d'Anseau,  épousa  en  secondes 
noces  Thibaut  I,  comte  de  Bar-le-Duc  (Albéric,  ap.  D.  Bouquet, 
XIII,  712  n).  Toutefois,  Isabelle  peut  avoir  été  la  seconde  femme 
d'Anseau,  et  Hermesende  la  première.  Dans  tous  les  cas,  ni  l'une 
ni  l'autre  n'a  jamais  épousé  Etienne  de  Sancerre. 


—  34  —  [uw.] 

rintervention  da  jeune  comte  de  Champagne^  il  la 
fiança  à  Anseau  de  Traînel,  que  nous  avons  vu  plus 
haut  accompagner  Henri  le  Libéral  à  la  croisade^ 
qui  fut  dès-lors  un  des  familiers  de  ce  prince,  son 
compagnon  habituel,  le  témoin  ordinaire  de  ses  di- 
plômes, et  qui  reçut  de  lui  la  charge  de  bouteillier. 
Les  fiançailles  se  célébrèrent  à  Donzy,  un  vendredi, 
en  1153,  à  ce  que  l'on  suppose.  Geoffroi  de  Donzy 
donna  en  mariage  à  sa  fille  le  château  de  Neuilly, 
les  autres  biens  qu'il  possédait  dans  cette  localité  et 
ce  qu'il  avait  à  Oulchy,  c'est-à-dire,  la  moitié  du 
bourg  et  de  lateeigneurie,  déduction  faite  du  château 
qui  appartenait  au  comte  de  Champagne.  Anseau,  en 
reconnaissance  de  cette  libéralité,  paya  à  Geofiroi 
'une  somme  considérable,  cinq  cents  livres  au  moins, 
dit-on  ;  et,  pour  assurer  l'exécution  de  cette  conven- 
tion, Henri  le  Libéral,  comme  suzerain,  la  ratifia. 
Mais  parce  que  sans  doute  la  fiancée  était  trop  jeune, 
ou  pour  toute  autre  raison,  la  consommation  du  ma- 
riage fut  renvoyée  à  une  époque  ultérieure,  et  An- 
seau  repartit  pour  Trainel.  Pendant  son  absence,  qui 
probablement  parut  un  peu  longue,  Etienne,  comte 
de  Sancerre,  frère  d'Henri  le  Libéral,  vint  deman- 
der la  main  de  la  jeune  fille.  Oubliant  les  engage- 
ments pris  avec  Anseau,  Geoffroi  l'accorda  et  donna 
en  mariage  à  sa  fille,  non  plus  cette  fois  des  proprié- 
tés éloignées  et  peu  importantes  comme  celles  qu'il 
avait  à  Neuilly  et  à  Oulchy,  mais  un  fief  beaucoup 
plus  considérable,  beaucoup  plus  rapproché  de  ses 
autres  possessions;  il  lui  donna  la  seigneurie  de 
Saint-Aignan  ;  d'autres  disent  celle  de  Gien,  c'est  à 
tort.  Par  là,  il  fit  deux  mécontents  :  Anseau  de  Trai- 
nel qui  se  voyait  enlever  sa  femme,  et  qui  était  me- 


[MM,]  —   d6  — 

nacé  d'en  perdre  la  dot^  alla  se  plaindre  au  comte 
Henri  ;  Hervé,  fils  atné  de  Geoffroi,  dont  ces  libé- 
ralités réduisaient  l'héritage  outre  mesure,  s'adressa 
au  roi  et  lui  demanda  justice  contre  un  père  dont  les 
largesses  outrepassaient  la  quotité  laissée  disponible 
par  les  lois  féodales.  Henri  le  Libéral ,  de  son  côté, 
était  personnellement  outragé  par  la  violation  d'une 
convention  dont  il  avait  lui-même  garanti  l'exécu- 
tion, et  son  affection  particulière  pour  Anseau  de 
Traînel  lui  rendait  cette  injure  plus  sensible.  Il  alla 
comme  Hervé,  demander  justice  au  roi,  qui  consen- 
tit à  se  joindre  à  eux.  Une  armée  commandée  par 
Louis  Vn^  et  où  se  trouvaient  réunis  le  comte  de 
Chaoïpagne  et  le  fils  du  seigneur  de  Donzy,  vint  as- 
siéger Saint-Aignan  et  s'en  empara.  Les  vainqueurs 
ne  consentirent  à  rendre  cette  place  qu'à  une  con- 
dition, c'est  que  Geoffroi  de  Donzy  renoncerait  à 
toute  prétention  sur  Neuilly  et  sur  Oulchy,  et  qu'il 
céderait  ses  droits  sur  ces  deux  seigneuries  à  Anseau 
de  Trainel,  comme  dommages  et  intérêts,  à  cause 
tant  de  la  somme  d'argent  versée  par  Anseau,  que 
de  l'insulte  qu'on  lui  avait  faite  en  lui  enlevant  sa 
fiancée. 

Ce  traité  fut  exécuté,  et  Anseau  de  Trainel  mis  en 
possessipn  des  biens  de  Geoffroi  de  Donzy  à  Neuilly- 
Saint-Front  et  à  Oulchy,  dont  il  jouit  quinze  ans  en- 
viron, après  lesquels  il  les  céda  au  comte  de  Cham- 
pagne en  échange  de  la  moitié  du  péage  de  Pont- 
sur-Seine  et  des  portes  de  Provins  (1). 

(1)  Sur  ces  faits,  on  peut  consulter  un  passage  de  YHistoria 
glorioti  régis  Ludovici  VII  (ap.  D.  Bouquet,  XII,  128  BC),  et 
surtout  la  déposition  de  Gui  Gasteblé,  reçue  en  1217  par  Eudes  III, 


—   36   —  [1153.] 

Nous  avons  encore  une  lettre  adressée  par  saint 
Bernard  à  Mathilde^  comtesse  de  Blois,  veuve  de  Thi- 
baut IV,  qui  est  notre  Thibaut  II,  comte  de  Cham- 
pagne. L'illustre  abbé  cherche  à  consoler  Mathilde 
des  chagrins  que  lui  cause  son  fils  ;  ce  61s  est  évidem- 
ment Etienne,  comte  de  Sancerre  (1),  et  les  torts 


duc  de  Bourgogne,  et  par  Gaucher  de  Châtillon,  comte  de  Saint- 
Pol  ;  elle  se  trouve  dans  le  Cartulaire  de  la  comtesse  Blanche , 
P  XXXVIII  r«  et  v».  D'après  le  Liber  prindpumf  P»  83  v**,  elle  a 
été  copiée  dans  les  500  de  Colbert ,  Registrum  principum ,  I , 
182  f*  V»;  dans  la  Collection  de  Champagne,  1. 136,  p.  168  ;  et 
imprimée  par  Duchesne,  Histoire  de  la  Maison  de  Vergy,  preuves, 
p.  101  ;  Martène,  Anecdota,  l,  864  ;  Lévesque  de  La  Ravallière, 
Mémoires  de  r Académie  des  Inscriptions ,  XXVI ,  695-699,  et 
D.  Bouquet,  XII,  128  n.  Il  y  a  d'assez  notables  dififérences  entre 
le  récit  de  Gui  Gasteblé,  dont  Lévesque  de  la  Ravallière  s'est  fait 
l'avocat  {Mémoires  de  VAcadémie  des  Inscriptions,  XXVI,  683- 
688),  et  celui  du  moine  auteur  de  VHistoria  gloriosi  régis  Ludo- 
vici  VU,  dont  les  Bénédictins  ont  pris  naturellement  la  défense 
(D.  Bouquet.  XII,  128  n;  Cf.  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  407, 
585).  L'autorité  de  Gui  Gasteblé,  témoin  oculaire  d'une  partie  des 
événements  dont  il  s'agit,  nous  a  semblé  supérieure  à  celle  d'un 
historien  qui  vivait  au  loin  et  renfermé  dans  un  monastère;  mais 
nous  avons  admis  comme  vrais  tous  les  faits,  rapportés  par  cet  his- 
torien, qui  nous  ont  semblé  conciliables  avec  la  narration  de  Gui 
Gasteblé. 

Les  modernes  s'accordent  pour  dater  cette  affaire  de  1153;  mais 
cette  date  est  approximative,  comme  on  peut  s'en  assurer  en  se 
reportant  au  texte  de  YHistoria  gloriosi  régis  Ludovid  VII. 

Lebeuf,  Mémoires  concernant  l'Histoire  civile  et  ecclésiastique 
i'Auxerre,  l'«  édition.  II,  85-86,  2«  édition,  III.  87-88,  suppose 
une  certaine  relation  entre  cette  affaire  et  les  démêlés  de  Geoffroi 
de  Donzy  avec  Guillaume  III,  comte  de  Nevers  (Cf.  Art  de  vérifier 
les  dates,  562-563).  Mais,  si  cette  relation  est  possible,  son  exis- 
tence nous  semble  purement  hypothétique. 

(1)  Lévesque  de  La  Ravallière,  Mémoire  cité  plus  haut. 


[ii5t-H53,]  —   37   — 

qu'Etienne  aurait  eus  envers  sa  mère  peuvent  avoir 
consisté  à  épouser,  malgré  ses  conseils,  la  fille  du 
seigneur  de  Donzy  (1). 

Une  afiaire  contemporaine  de  ce  mariage,  mais 
qui  de  nos  jours  a  eu  plus  de  retentissement,  ce 
sont  les  démêlés  des  habitants  de  Vézelay  avec  leur 
abbé  ;  elle  doit  cette  bonne  fortune  un  peu  à  la  por- 
tée historique  qu'elle  a  eu,  et  beaucoup  à  la  plume 
éloquente  du  grand  écrivain  qui  s'en  est  fait  l'his- 
torien (2);  Henri  le  Libéral  s'y  est  trouvé  indirecte- 
ment mêlé.  Au  début  de  l'insurrection  des  habitants 
contre  leur  abbé,  le  pape,  prenant  le  parti  de  ce  der- 
nier, frappa  des  censures  pontificales  les  bourgeois 
révoltés,  et  fit  appel  au  glaive  séculier  par  la  lettre 
suivante,  adressée  au  duc  de  Bourgogne,  au  comte 
de  Champagne  et  à  plusieurs  de  leurs  principaux 
vassaux. 

<x  Eugène,  évêque,  serviteur  des  serviteurs  de  Dieu, 
»  à  ses  très-chers  fils  les  nobles  hommes  Eudes,  duc 
A  de  Bourgogne  (8);  Henri,  comte  (6);Ârchambaud 


(1)  S.Bemardi  epistolaSOO,  ap.Mabillon,  S.Bernardi  opéra, 
édition  Gaume,  I,  582-583.  On  remarquera  que  dans  cette  lettre 
il  n'est  pas  question  de  Thibaut,  père  d'Etienne,  comte  de  San- 
cerre;  que,  par  conséquent,  elle  doit  être  postérieure  au  décès  de 

.Thibaut,  c'est-à-dire  au  10  janvier  1152.  D'autre  part,  saint  Ber- 
nard étant  mort  le  20  août  1153,  cette  lettre  a  été  écrite  au  plus 
tard  en  août  1153;  sa  date,  renfermée  dans  ces  limites,  peut 
être  postérieure  à  la  date  du  mariage  d'Etienne. 

(2)  Lettres  sur  XExzioire  de  France,  XXII,  XXIII,  XXIV, 

(3)  Eudes  II,  duc  de  Bourgogne,  1142-1162  {Art  de  vérifier 
le$  dates,  II,  501-502). 

(4)  Henri  le  Libéral. 


—  3S  —  [iuâw] 

x>  de  Bourbon  (i);  Guillaume,  comte  de  Chàlon- 
»  sur-Saône  (9);  Baimond,  frère  du  duc  (S);  Bai- 
»  naud,  comte  de  Joigny  (6);  Geoffroy  de  Donzy  (5); 
»  B.  de  Bougemont  (6);  Dalmace  de  Luzy  (7);  An- 
»  série  de  Montréal  (8);  Salon,  vicomte  de  Sens,  et 
x>  ses  fils  Gamier  et  Bouchard  (9);  G...,  vicomte  de 
»  Chàteau-Landon  ;  Gui  de  Vergy  ;  Eudes  de  Thil  ; 
0  Hugues  de  Mont-Saint-Jean,  salut  et  bénédiction 
»  apostolique.  » 

»  Nous  ne  croyons  pas  que  votre  noblesse  ignore 
»  la  présomption  immodérée  et  l'obstination  into- 
»  lérable  des  perfides  bourgeois  de  Vézelay  qui. 


u^ 


(1)  Ârchambaud  VII,  1137-1171  (Art  de  <vérifier  la  dates,  II, 
412),  vassal  d'Henri  le  Libéral  (Voir  notre  Tome  II,  p.  x,  art.  113). 

(%)  Guillaume  1, 1113-1168  (Art  de  vérifier  les  dates.  II,  529). 

(3)  Raimond,  fils  d'Hugues  II,  surnommé  Borel  elle  Pacifique, 
duc  de  Bourgogne,  et  de  Mathilde  de  Turenne,  époux  d'Agnès  de 
Thiern,  dame  de  Montpensier  (Art  de  vérifier  les  dates»  II,  SOI). 

(4)  Rainaud  IV,  1154-1179  (Art  de  véHfier  les  dates.  II,  596). 
11  était  vassal  du  comte  de  Champagne  (Voir  notre  Tome  II,  p.  ix, 
art.  98). 

(5)  Vassal  du  comte  de  Champagne,  comme  nous  l'avons  dit  plus 
haut,  p.  33. 

(6)  Au  commencement  du  xiu*  siècle,  Rougemont  était  un  fief  de 
Champagne  ;  seulement,  le  comte  de  Champagne  en  faisait  hom- 
mage au  duc  de  Bourgogne  (Voir  notre  Tome  II,  p.  xx,  art.  354). 

(7)  Luzy  était,  au  commencement  du  xui^  siècle,  un  fief  rele- 
vant du  comté  de  Champagne  (Voir  notre  Tome  II,  p.  xx,  art.  256). 

(8)  Le  seigneur  de  Montréal  était,  au  commencement  du  xni^ 
siècle,  vassal  du  comte  de  Champagne  pour  Isle-sur-le-Serein  et 
pour  Chablis  (Voir  notre  Tome  H,  p.  xv,  art.  217). 

(9)  Le  vicomte  de  Sens  était  vassal  d'Henri  le  Libéral  (Voir 
notre  Tome  II,  p.  vii,  art.  59). 


[il8HiS5.]  —    39  — 

»  oubliant  lear  devoir  de  vassaux  et  violant  ie  ser- 
»  ment  qu'ils  ont  fait  à  Tabbé  leur  seigneur,  pré- 
»  tendent,  par  une  criminelle  hardiesse ,  le  chasser 
»  de  son  monastère  et  (vains  efforts  I  )  nous  dépouil- 
»  1er  de  nos  droits  sur  ce  lieu  qui, dès  le  principe  de 
»  sa  fondation  et  jusqu'aujourd'hui,  a  notoirement 
»  fait  partie  du  patrimoine  de  Saint-Pierre.  Des 
»  hommes  puissants  et  nobles,  qui  sont  dévoués  au 
x>  prince  des  apôtres,  ne  doivent  pas  laisser  impunie 
o  une  si  présomptueuse  audace  :  aussi,  par  les  pré- 
»  sentes,  nous  invitons  votre  noblesse  à  interdire 
n  toutes  les  foires  de  votre  terre  aux  susdits  bour- 
n  geois  jusqu'à  ce  qu'ils  viennent  à  résipiscence  et 
»  fassent  une  digne  et  humble  satisfaction.  De  plus, 
»  veuillez  ordonner  d'arrêter  comme  parjures,  trai- 
»  très  et  excommuniés,  et  de  dépouiller  de  leurs  biens 
»  tous  ceux  de  ces  bourgeois  que  vos  hommes  ren- 
»  contreront.  » 

«  Donné  à  Saint-Pierre,  le  quatorze  des  kalendes 
»  de  janvier  (1).  » 

L'année  suivante,  Anastase  IV,  successeur  d'Eu- 
gène III,  adressa  aux  mêmes  destinataires  une  lettre 
dont  les  termes  seuls  différent  un  peu,  et  qui  con- 
tient les  mêmes  recommandations  (2). 

Il  ne  parait  pas  que  ces  deux  missives  aient  exercé 
à  Vézelay  une  grande  influence  sur  la  marche  de  la 
révolution  communale  qui  fut  arrêtée,  en  1155,  par 
une  sentence  de  la  cour  Louis  VII;  car,  pour  rétablir 


(1)  19  décembre  1152.  D.  Bouquet,  XV,  478 CD. 

(2)  D.  Bouquet,  XY,  658  D.  Cette  lettre  fut  écrite  en  1153. 


—    40   —  [1155.] 

raatorité  de  Tabbé,  it  ne  fallut  rien  moins  qae  l'in- 
tervention royale  (1). 

La  même  année,  le  10  juin,  il  se  tint  à  Soissons, 
sous  la  présidence  du  roi  Louis  VII,  une  grande  as- 
semblée ou  étaient  réunis  les  archevêques  de  Reims, 
de  Sens  et  leurs  suffragants,  Thierry  d'Alsace,  comte 
de  Flandre;  notre  comte  Henri;  Guillaume  II,  comte 
de  Nevers;  Eudes II,  duc  de  Bourgogne,  et  un  grand 
nombre  d*autres  membres  de  l'aristocratie  féodale. 
Dans  cette  assemblée,  le  roi  s' étant  préalablement 
assuré  du  consentement  des  évêques  et  des  barons 
présents,  rendit  une  ordonnance  importante.  Déjà 
depuis  plus  d'un  siècle  l'Eglise  faisait  de  grands 
efforts  pour  adoucir  les  effets  désastreux  du  droit  de 
guerre  privée,  elle  avait  apporté  à  ce  droit  des  res- 
trictions nombreuses  par  diverses  décisions,  d'où 
résultait  ce  qu'on  appelait  la  trêve  de  Dieu  (2).  A  ces 
efforts,  Louis  apporta  le  concours  de  son  autorité 
par  le  règlement  suivant  : 

«  Nous  avons  ordonné  que  de  Pâques  prochain, 
»  en  un  an,  les  églises  du  royaume  et  l'universalité 
x>  de  leurs  possessions,  les  agriculteurs  avec  leur 
»  grand  et  petit  bétail  aient  tous  paix  entière  et 
x>  pleine  sécurité,  tant  qu'ils  seront  prêts  à  ester  en 
»  justice  devant  les  juges  à  la  juridiction  desquels 
»  ils  sont  soumis  (3).  Sous  la  même  condition,  la 


(1)  HistoriaVi%eliacensis  manasterii»  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
326-327  ;  Cf.  Lettres  sur  l'Histoire  de  France,  XXIII,  XXIV. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  324,  note  2;  Ducange,  au  mot 
Treva  Dei.  et  D.  Bouquet,  XIV,  389-394. 

(3)  Le  concile  de  Clermont,  en  1095,  avait  déjà  décidé  la  même 


[4155]  —    41    — 

»  paix  est  assurée  à  tous  marchands  et  à  tous  hommes 
»  quelsconques,  sur  les  chemins  qui  sont  dans  la 
»  sauve-garde  du  roi  et  des  seigneurs  (1).  » 

«  En  présence  de  tous  les  prélats  et  de  tous  les 
»  seigneurs  venus  à  l'assemblée,  »  dit  un  acte  offi- 
ciel a  Louis  donna  sa  parole  de  roi,  qu'il  obser- 
»  verait  cette  paix,  et  que,  si  elle  était  violée,  il  fe- 
»  rait  selon  son  pouvoir  justice  des  infracteurs;  le 
»  même  engagement  fut  pris  sous  la  foi  du  serment 
»  par  le  duc  de  Bourgogne,  par  le  comte  Henri,  par 
9  le  comte  de  Nevers,  par  le  comte  de  Soissons  et 
o  par  les  autres  membres  du  baronnage  présents;  le 
o  clergé  les  incita,  et,  sous  les  yeux  de  l'assemblée, 
o  les  archevêques,  les  évêques,  les  abbés,  debout 
»  devant  des  reliques,  promirent  aussi  d'observer 
»  personnellement  cette  paix  de  toutes  leurs  forces  ; 
0  ils  promirent  de  venir  en  aide  au  roi  et  aux  barons 
»  suivant  leur  pouvoir  pour  le  châtiment  des  vio- 
0  lences  faites  au  mépris  de  cette  paix,  et  ils  décla- 
»  rérent  que  cette  promesse  serait  observée  avec 


chose,  comme  on  le  voit  dans  Orderic;  mais  la  décision  du  concile 
de  Clermont  n'avait  pour  sanction  que  des  peines  canoniques. 
L'ordonnance  de  Louis  Vil  est  un  de  ces  nombreux  actes  législa- 
tifs qui,  punissant  de  peines  civiles  des  actes  que  jusque-là  les  lois 
pénales  civiles  ne  prévoyaient  pas,  ont  si  largement  étendu  la  ju- 
ridiction des  tribunaux  laïcs. 

(1)  Nous  avons  cru  devoir  traduire  par  cette  périphrase  les  mots 
assecuriialis  caminm,  mot  à  mot  :  chemin  d'assurément.  Sur  la  pro- 
tection donnée  aux  marchands  qui  parcouraient  les  chemins  royaux, 
voir  notre  Tome  II,  p.  386-388.  Il  allait  de  soi  que  le  roi  et  les 
seigneurs  devaient  protection  aux  voyageurs  qui  avaient  acquitté 
les  droits  de  péage.  Ainsi,  sous  ce  point  de  vue,  l'ordonnance  de 
Soissons,  1155,  n'établit  aucun  droit  nouveau. 

4 


— *  42  —  [iiMj 

»  rinviolable  fermeté  4' une  bouche  consacrée  à 
»  Dieu  (1).  » 

Dans  la  même  assemblée,  notre  comte  fjfit  un  des 
arbitres  que  Louis  s'adjoignit  pour  juger  une  con- 
testation pendante  entre  Tévéque  et  le  chapitre  de 
Soissons.  Les  chanoines  prétendaient  que,  lorsqu'on 
refusait  de  leur  faire  justice,  ils  avaient  le  droit  de 
suspendre  la  célébration  du  service  divin  dans  la  ca- 
thédrale, et  qu'alors  l'exemple  donné  par  la  cathé- 
drale devait  être  suivi  par  le  reste  de  la  ville;  c'était 
la  coutume,  disaient-ils.  L'évéque  refusait  de  recon- 
naître  cette  coutume  ;  il  les  avait  cités  devant  son  tri- 
bunal, où  ils  avaient  perdu  leur  procès  au  posses- 
soire,  à  ce  qu'il  parait;  mais  eux  en  avaient  appelé  au 
pape.  Telle  était  la  situation  quand  Louis  était  arrivé 
à  Soissons.  Louis  s'efforça  de  concilier  les  parties  et 
obtint  que  les  chanoines,  se  désistant  de  leur  appel, 
s'en  rapporteraient  à  la  décision  d'un  tribunal  com- 
posé du  roi  et  des  arbitres  que  le  roi  choisirait. 
Henri  fut  du  nombre  des  arbitres  que  Louis  s'adjoi- 
gnit. La  sentence  mit  à  néant  le  jugement  rendu  par 
la  cour  épiscopale  ;  déclara  les  chanoines  en  posses- 
sion du  droit  contesté;  mais  décida  que  le  jugement 
de  la  cause  au  fond  appartiendrait  au  tribunal  de 
l'évoque,  que  les  chanoines  se  présenteraient  devant 
ce  tribunal  quand  ils  en  seraient  sommés,  et  ne  pour- 
raient appeler  de  la  sentence  rendue  par  lui  (2). 

A  partir  de  cette  époque,  cinq  années  s'écoulent 


(1)  Diplôme  de  Louis  VII,  ap.  D.  Bouquet,  XIV,  387-388. 

(2)  Lettre  du  roi  Louis  VU  aux  papes  Adrien  IV  et  Alexandre  111, 
ap.  D.  Bouquet,  XVI,  14,  XV,  876. 


[1457-1459.]  43   — 

sans  qu'on  voie  notre  comte  se  mêler  aux  affaires  gé- 
nérales de  la  France.  On  peut  supposer  qu'il  y  eut 
pendant  ce  temps  un  refroidissement  entre  lui  et  le 
roi  dont  il  n'épousait  toujours  pas  la  fille,  quoiqu'il 
en  fût  le  fiancé  depuis  il47.  Ce  qu'il  y  a  de  certain, 
c'est  que  durant  cet  espace  de  temps  il  se  fit  un 
rapprochement  entre  Thibaut  V  de  Blois,  frère  de 
notre  comte,  et  le  roi  d'Angleterre.  Au  mois  de  dé- 
cembre 1458,  il  se  conclut  entre  eux  un  traité  par 
lequel  Thibaut  cédait  au  monarque  anglais  Am- 
boise  et  Fréteval.  Ces  conventions  avaient  été  arrê- 
tées par  la  médiation  de  Louis  VH  (1),  momentané- 
ment réconcilié  avec  le- roi  d'Angleterre,  depuis  que 
le  31  août  1157,  dans  une  entrevue  sur  TEpte,  entre 
Gisors  et  Neuf-Marché,  il  avait  promis  de  faire  épou- 
ser sa  fille  Marguerite,  âgée  de  six  mois,  à  Henri,  dit 
plus  tard  CourtMantel,  fils  du  prince  anglais  et  alors 
âgé  de  trois  ans  (2);  mais  ce  bon  accord  des  deux 
souverains  ne  pouvait  durer.  En  1159,  le  roi  d'An- 
gleterre, reprenant  contre  Toulouse  Iç  projet  où 
Louis  VII  avait  échoué  en  1161  (3),  et  voulant,  en 
vertu  des  droits  fondés  ou  non  d'Eléonore  de 
Guienne,  dépouiller  à  son  profit  le  comte  Rai- 
mond  V,  fit  dés  la  mi-carême  sommer  ses  vassaux 

(1  )  Roberlus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIll,  301 C  ;  cf.  ibid., 
300  n. 

(2)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  300B  (cf- 
ibid.,  n);  Lambertus Waterlosius,  ibid.,  516A;  Elinandus,  ap. 
Albéric,  ibid.,  704 C;  Historia  gloriosi  régis  Ludovici  VU»  ap. 
D.  Bouquet,  XII,  128  AB;  Chronicon  Gaufredi  Vosiensis,  ibid., 
437  E;  Chronicon  Fiscanense,  ibid.,  778 C. 

(3)  Voir  notre  Tome  II,  p.  332-334. 


—   44  11159-1160.] 

de  se  trouver  en  armes,  l'été  suivant,  dans  la  ville 
d'Âgen  (1).  Thibaut,  comte  de  Blois,  prit  part  à 
>]  cette  expÀlition.  Or,  Louis  VII,  par  suite  d'un  se- 
cond mariage  de  Constance,  sa  sœur,  veuve  de 
Eustache  de  Boulogne,  était  beau-frère  de  Rai- 
mond  (2).  Après  avoir  fait  d'inutiles  efforts  pour 
dissuader  le  roi  d'Angleterre  de  mettre  à  exécution 
ses  projets,  il  alla  se  jeter  dans  les  murs  de  Toulouse. 
Le  prince  anglais  n'osa  faire  le  siège  d'une  place 
défendue  par  son  suzerain,  mais  s'empara  de  Ca- 
hors,  ravagea  toute  la  province  et  envoya  Thibaut 
attaquer  le  domaine  royal  (3). 

Le  comte  de  Blois  se  racommoda  bientôt  avec 
Louis,  car,  au  mois  de  mai  1160,  la  paix  se  fit  entre 
les  rois  de  France  et  d'Angleterre  (6).  Nous  avons 
encore  le  texte  du  traité  qui  ne  parle  pas  de  Thi- 
baut, mais  Henri  le  Libéral  est  un  des  témoins  (5). 
.  Il  est  évident  que  Thibaut  y  était  tacitement  com- 
pris (6),  et  bientôt  une  circonstance  imprévue  fit 
des  fils  de  Thibaud  II,  comte  de  Champagne,  les  al- 
liés naturels  de  Louis  VII.  La  reine  Constance  mou- 
rut le  4  octobre  1160  (7).  Louis  n'avait  pas  d'en- 


(1)  Chronicon  Ricardi  Pictaviensis,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
417  D;  Anofiymi  Chronicon,  ibid.,121ED  ;  Robertus  de  Monte, 
ap.  D.  Bouquet,  XIII.  303  Â. 

(2)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  303  C;  Cf.  Art  de 
vérifier  les  dates,  II,  297. 

(3)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet.  XIll.  303D-304A. 

(4)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet.  XIII,  305  A. 

(5)  D.  Bouquet.  XVI,  21-23. 

(6)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet.  XIII.  305  A. 

(7)  Lambertus  Waterlosius,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  517  E. 


[1160.J  —  45  — 

fants  màles,  le  désir  d'un  héritier  l'emporta  chez  lui 
sur  la  douleur,  et  peu  après,  quinze  jours  à  peine, 
dit-on  (1),  il  épousa  Adèle,  sœur  d'Henri,  comte  de 
Champagne,  et  de  Thibaut,  comte  de  Blois. 

Dans  l'intervalle  qui  avait  séparé  la  mort  de  Cons- 
tance de  ce  nouveau  mariage,  il  avait  renouvelé 
avec  le  roi  d'Angleterre  son  traité  du  mois  de  mai 
précédent,  et  avait  reçu  pour  la  Normandie  Thom- 
mage  de  son  futur  gendre,  du  fils  de  son  rival,  d'Henri 
Court-Mantel  (2).  Mais  le  monarque  Anglais,  effrayé 
des  redoutables  appuis  que  donnait  au  roi  de  France 
sa  nouvelle  union,  et  craignant  d'avoir  à  combattre  à 
la  fois  les  forces  combinées  du  roi,  de  notre  comte 
Henri  et  du  comte  de  Blois,  crut  devoir  prévenir  ce 
danger  par  un  acte  d'immédiate  agression.  Il  fit  cé- 
lébrer le  mariage  de  son  fils  Henri  alors  âgé  de  six 
ans  et  de  Marguerite  ,de  France  qui  en  avait  trois,  et 
se  mit  en  possession  de  la  dot  promise  qui,  d'après 
les  conventions,  ne  devait  lui  être  livrée  qu'au  mo- 
ment où  Marguerite  serait  nubile  (3).  C'était  une  dé- 
claration de  guerre. 

Louis,  Henri  le  Libéral,  et  ses  frères  Thibaut  et 
Etienne,  firent  des  préparatifs  d'attaque.  Pour  s'as- 
surer une  solide  base  d'opérations,  les  trois  comtes 
commencèrent  des  travaux  additionnels  de  fortifica- 


(1)  Radulfus  de  Diceto,  Imagines  historiarum,  ap.  D.  Bou- 
quet, XIII.  186 A;  Cf.  Robertus  de  Monte,  ibid.,  305C;  Rober- 
tus  Waterlosius,  ibid.,  51 7  E.  Voir  aussi  D.  Bouquet,  XII,  129  n. 

(2)  Robertus  de  Honte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  305  G. 

(3)  Guillelmus  Neubrigensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  111  G; 
Radulfus  de  Diceto,  ibid.,  186 A;  Rogerus  de  Hoveden,  ibid., 
206 G;  Robertus  de  Monte,  ibid.,  305 G. 


46   —  [1160-1161.] 

tion  au  château  de  Ghaumont-sur-Loire,  qui  relevait 
du  comté  de  Blois,  mais  qui  était  limitrophe  de  la 
Touraine,  et  qui,  par  conséquent,  pouvait  servir  de 
place  de  retraite  à  une  armée  employée  à  la  conquôte 
de  cette  province.  On  se  rappelle  que  Ghaumont- 
sur-Loire  appartenait  à  la  maison  d'Amboise,  vassale 
du  comté  d'Anjou  pour  Amboise.  Hugues  d*Am- 
boise,  chef  de  cette  maison,  était  dans  le  parti  du 
roi  d'Angleterre  qui,  prétextant  sans  doute  l'inten- 
tion de  remettre  Hugues  en  possession  de  Ghau- 
mont,  marcha  aussitôt  sur  cette  place.  Henri  le  Li- 
béral et  ses  frères  voulurent  éviter  une  bataille  et  se 
retirèrent,  laissant  une  garnison  de  trente-cinq  che- 
valiers et  quatre-vingts  sergents.  Le  roi  anglais  s'em- 
para de  la  place  en  quelques  jours,  fit  la  garnison 
prisonnière,  mit  Hugues  en  possession,  puis,  ayant 
par  précaution  laissé  des  munitions  et  des  soldats  à 
Amboise  et  à  Fréteval,  alla  passer  la  fête  de  Noël  au 
Mans. 

Ge  fut  seulement  après  Pâques  (16  avril  1161) 
que  le  roi  Louis  VH  commença  la  guerre,  mais  il  n'y 
eut  qu'une  suite  d'escarmouches  d'abord  en  Vexin, 
ensuite  en  Danois  ;  elle  se  termina  par  une  trêve, 
quelques  jours  après  la  Saint-Jean  (1). 


(1)  Robertusde  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  305-306;  cf. 
Guillelmus  Neubrigensis ,  ibid.,  108C  et  HIC;  Radulfus  de 
Diceto,  Imagines  histariarum,  ibid.,  186  AB;  Rogerus  de  Ho- 
veden,  ibid,  20dD  ;  Chronicon  Lobiense,  ibid.,  584Â. 


[4IW.]  —  47  — 


CHAPITRE  II. 


liirtte  #■  pApe  AlezMidre  m  e«iitre  renverem*  Frédérte 
BarberouMie*  —  Bdie  4u>  Jane  Henri  le  libéral. 

4459-4477. 

Louis  VII,  roi  de  France,  et  Henri  II,  roi  d'An- 
gleterre, devaient  être  en  lutte  toute  leur  vie;  mais 
leurs  guerres  n'ont  jamais  eu  beaucoup  d'impor- 
tance :  la  grande  affaire  alors  était  ecclésiastique. 
La  vieille  lutte  du  sacerdoce  et  de  l'Empire  conti- 
nuait sous  la  forme  que  nous  lui  avons  déjà  vu 
revêtir  :  autel  contre  autel,  schisme  allemand  op- 
posé au  pape  légitime  que  soutiennent  la  France  et 
l'Italie. 

Adrien  IV  était  mort  le  1*'  septembre  1159.  La 
majorité  des  cardinaux  (tous  à  l'exception  de  trois) 
lui  donna  pour  successeur,  le  7  du  même  mois,  Ro- 
land, cardinal  de  Saint-Marc,  chancelier  de  l'Eglise 
romaine,  qui  prit  le  nom  d'Alexandre  III.  Les  trois 
dissidents  lui  opposèrent  un  d'entre  eux,  Octavien, 
cardinal  de  Sainte-Cécile,  dit  Victor  IV,  parent 
d'Henri  le  Libéral  (1).  Victor,  soutenu  par  l'empe- 
reur, l'emporta  d'abord  et  contraignit  son  rival  à 


(1)  Hugo  Pictavinus,  Historia  Vizeliaeensis  monasterii,  ap. 
D.  Bouquet,  XII,  330  E.  L'antipape  Victor  était  sans  doute  parent 
d'Henri  par  Mathilde  de  Carintbie,  mère  de  ce  prince  (D.  Bou- 
quet, XVI,  26  n). 


—   48   [ii62.] 

chercher  un  asile  en  France.  Alexandre  débarqua  à 
Maguelone  le  mercredi  de  Pâques,  li  avril  1162  (i). 
Le  roi  Louis  VII  envoya  au-devant  de  lui  deux  am- 
bassadeurs, Thibaut,  abbé  de  Saint-Germain -des- 
Prés,  et  Gadurque,  un  des  clercs  attachés  à  sa  chan- 
cellerie. Mais,  par  une  raison  qui  nous  est  inconnue, 
le  pape  les  reçut  fort  mal  (2).  La  conduite  du  pon- 
tife mécontenta  le  roi,  que  l'empereur  sollicitait  très- 
vivement  de  se  mettre  du  côté  de  Victor  IV,  et  qui 
alors  se  demanda  s'il  ne  ferait  pas  bien  d'embrasser 
ce  parti  (3). 

Louis  chargea  Manassès,  évêque  d'Orléans,  d'al- 
ler trouver  de  sa  part  Henri  le  Libéral,  pour  le 
prier  de  négocier  une  entrevue  de  l'empereur  et  du 
roi  de  France.  Manassès, qui  comme  Henri  penchait 
pour  Victor,  fit  rédiger,  sceller  du  sceau  du  roi  et 
porta  au  comte  de  Ghampagne  une  lettre  où  Louis, 
témoignant  son  mécontentement  de  la  réception  faite 
par  le  pape  à  ses  envoyés,  invitait  Henri  à  se  rendre 
près  de  l'empereur  Frédéric,  et  à  traiter  de  la  réunion 
d'une  conférence  qui  jugerait  de  la  validité  des  élec- 


(1)  Aragonius,  Acta  pontificatus  Alexandri  papœ  IIL  ap.  D. 
Bouquet,  XIII,  665  D  ;  Cf.  Jaffé,  Regesta  pontificum  romanorum, 
685. 

(2)  Voir  à  ce  sujet  D.  Bouquet,  XII,  329,  note  b.  Nous  hasar- 
derons une  supposition.  Un  des  ambassadeurs  porte  le  même  nom 
que  le  concurrent  de  Pierre  de  La  Châtre  à  l'archevêché  de  Bourges 
en  1141  (Voir  notre  Tome  II,  p.  345).  L'ambassadeur  et  le  candi- 
dat à  l'évêché  sont-ils  le  même  homme?  ou  Alexandre  aura-t-il 
cru  que  c'était  le  même  hdmme?  telle  est  Thypothèse  que  nous 
livrons  au  lecteur. 

(3)  Histaria  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
329  CD. 


[1162.]  —  49    — 

tioDs  pontificales.  Dans  cette  dépêche  le  roi  don- 
nait au  comte  les  plus  amples  pouvoirs;  il  promet- 
tait de  ratifier  tous  les  arrangements  que  le  comte 
prendrait  (1).  Henri,  muni  de  cette  lettre,  alla  trou- 
ver l'empereur  qui  se  trouvait  en  Lombardie  (2). 
On  prétend  qu'il  avait  eu  préalablement  avec  lui  une 
entrevue  dans  laquelle  avait  été  préparé  le  rôle 
qu'il  voulait  jouer  au  profit  de  l'antipape  Victor,  en 
abusant  de  la  simplicité  du  roi  de  France,  «  homme 
pieux  et  d'une  simplicité  de  colombe,  »  dit  un  con- 
temporain (3). 

Henri,  agissant  donc  au  nom  du  roi,  convint 
qu'une  conférence  se  tiendrait  sur  la  limite  de  l'Em- 
pire et  de  la  France  à  Saint-Jean-de-Losne,  le  jour 
*  de  la  Décollation  de  SaintJean-Baptiste,  29  août 
\  1162  (4).  A  cette  conférence  se  trouveront,  disait  le 
traité,  les  deux  souverains,  les  évéques,  les  abbés  et 
les  grands  seigneurs  de  leur  royaume,  Alexandre  et 
Victor.  Des  arbitres  choisis  dans  le  clergé  et  dans  le 
baronnage,  tant  français  qu'allemands,  seront  juges 
de  la  validité  de  l'élection  des  deux  papes.  Si  l'élec- 
tion de  Roland  est  reconnue  valable,  celle  d'Opta- 
vien  sera  cassée,  et  l'empereur  tombera  aux  pieds 


(1)  Historia  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
330  D. 

(2]  Historia  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
329 D;  Jeta ponti/icatus  Alexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
667  B. 

*  (3)  Acta  parUificatus  Alexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
666  D. 

(4)  Lettre  de  Frédéric  à  Héraclius,  archevêque  de  Lyon,  ap. 
D.  Bouquet,  XVI,  690  E. 


—  BO  —  [!««.] 

de  Roland  ;  mais  si  c'est  l'élection  d'Octavien  qui  est 
déclarée  régulière,  celle  de  Roland  sera  annulée,  et 
le  roi  se  jettera  aux  pieds  d'Octavien.  Si  Octavien 
fait  défaut,  Tempereur  l'abandonnera  et  fera  sa  sou- 
mission à  Roland;  mais,  si  au  contraire  c'est  Ro- 
land qui  fait  défaut,  il  perdra  son  procès  et  le  roi 
embrassera  le  parti  d'Octavien.  Ces  conventions  ne 
seront  obligatoires  pour  le  roi  que  s'il  les  ratifie; 
mais  le  comte  Henri  se  porte  caution  de  cette  ratifi- 
cation ;  si  le  roi  refuse  de  l'accorder  ou  de  se  sou- 
mettre au  jugement  des  arbitres,  le  comte  Henri  de- 
vra se  livrer  personnellement  comme  otage  à  l'empe- 
reur; et  dans  le  cas  où  le  roi  ne  voudrait  définitive- 
ment pas  céder,  Tempereur  pourrait  garder  le  comte 
prisonnier  jusqu'au  moment  où  ce  dernier  lui  ferait 
hommage  des  fiefs  qu'il  tient  du  roi  de  France. 
Henri  s'engagea  sous  la  foi  du  serment  à  observer 
ces  dernières  clauses  (1). 

Ce  traité  fut  conclu  à  la  fin  de  mai  1162. 

Aussitôt  Henri  partit  pour  la  France,  et  se  rendit 
auprès  du  roi  Louis  VH.  Il  était  porteur  de  la  lettre 
suivante  : 

((  Frédéric,  par  la  grâce  de  Dieu,  empereur  des 
»  Romains  et  toujours  auguste,  à  son  cher  cousin 
o  Louis,  roi  illustre  des  Francs,  salut  et  sincère  af- 
»  fection.  d 

0  Nous  avons  reçu  avec  la  joie  que  nous*  devions 
»  les  lettres  et  l'envoyé  de  ta  noblesse,  et  nous 


(1)  Historia  Vizeliacensis  monasierii,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
330  RC,  331  A.  Il  faut  comparer  à  ce  texte  la  déposition  de  Girard 
l'Eventé,  ibid.,  331  n,  et  dans  notre  Tome  II,  p.  xvii,  art.  233  bis, 
où  nous  avons  donné  un  texte  meilleur. 


[iiflî.]  —  51  — 

n  avons  ouvert  avec  bonté  nos  oreilles  impériales 
»  aox  propositions  que  nous  adressait  ta  sincérité. 
»  Il  plait  donc  à  notre  sublimité  qu'entre  nous, 
»  comme  cousins,  et  entre  nos  royaumes  pour  ainsi 
9  dire  parents,  tout  nuage  de  rancune  étant  balayé, 
»  on  voie  briller  la  splendeur  d'une  amitié  sincère, 
»  et  qu'un  traité  d'amitié,  faisant  en  quelque  sorte 
»  de  nos  deux  états  un  seul,  conserve  à  jamais  un 
»  indissoluble  amour.  Avec  notre  cher  cousin  ton 
»  vassal  Henri,  comte  de  Troyes,  nous  avons  amica- 
D  lement  et  complètement  réglé  tout  ce  qui  est  né- 
»  cessaire  pour  conserver  entre  nous  l'intégrité  d'un 
»  attachement  réciproque,  et  nous  aurons  soin  d'in- 
»  violablement  observer  nos  engagements.  » 

«  Donné  à  Pavie,  après  la  destruction  de  Milan,  le 
»  deux  des  kalendes  de  juin  (i).  » 

Henri  remit  au  roi  cette  lettre  et  un  exemplaire  du 
traité.  Mais  cet  exemplaire  ne  contenait  pas  les 
clauses  finales  :  il  n'y  était  question  ni  de  la  garantie 
promise  par  le  comte,  ni  du  serment  qu'il  avait  fait, 
ni  enfin  de  l'hommage  qu'il  avait  conditionnelle- 
ment  promis  (2).  Louis  annonça  donc  le  projet  de  se 
rendre  à  Saint-Jean-de-Losne  le  jour  convenu  :  le 
bruit  s'en  répandit  aussitôt  en  Italie  et  en  France, 
et  l'inquiétude  agita  tous  les  esprits  (3).  L'antipape 
Victor  écrivit  aux  consuls  romains  que  le  roi  de 


(1)  D.  Bouquet,  XVI,  30  A  B. 

(2)  Nous  induisons  ceci  de  la  surprise  témoignée  plus  tard  par  le 
roi  quand  plus  tard  il  fut  informé  de  ces  clauses  {Historia  Vizelia- 
eensis  monaslerii,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  330 C). 

(3)  Acta  ponUficatus  Alexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
667  B. 


—  B2  —  [iiw.] 

France  était  entré  dans  son  parti,  et  que  le  comte 
Henri  l'avait  assuré  à  l'empereur  sous  la  foi  du  ser- 
ment (1).  Au  môme  moment,  l'empereur  adressait  à 
l'archevêque  de  Reims  une  lettre  où  l'audace  le  dis- 
pute à  l'hypocrisie. 

a  Bien  des  tempêtes  et  des  orages  redoutables  ont 
»  depuis  longtemps  agité  le  navire  du  bienheureux 
»  Pierre;  bien  des  persécutions  diverses  ont  affligé 
»  et  tourmenté  la  sainte  Eglise  de  Dieu.  Mais  enfin 
»  le  vrai  médiateur  de  Dieu  et  des  hommes,  Jésus, 
»  homme  et  Christ  en  môme  temps,  qui,  faisant  de 
»  l'Eglise  son  unique  épouse,  l'a  marquée  du  glo- 
»  rieux  caractère  de  son  sang  précieux,  et  qui  par  ce 
»  sang  l'a  rachetée,  lui  a  donné  cette  grâce  de  la  con- 
»  solation  que,  montant  au  ciel,  il  a  promis  à  ses 
»  fidèles  lorsqu'il  leur  disait  :  Je  ne  vous  laisserai 
»  pas  orphelins,  et  je  suis  avec  vous  tous  les  jours  jus- 
»  qu'ocla  consommation  du  siècle.  Il  le  manifeste  au- 
»  jourd'hui  par  des  signes  évidents.  Lui-même,  en 
»  effet,  semblable  à  l'étoile  du  matin  qui  surgit 
»  à  l'horizon  au  milieu  d'un  nuage,  il  a,  toujours 
»  plein  de  bonté  pour  son  Eglise,  jeté  les  yeux  sur 
»  elle  dans  la  Iribulation  :  il  s'est  levé,  il  a  commandé 
0  aux  vents  et  à  la  mer,  et  alors  un  grand  calme  s'est 
»  fait.  » 

«  Il  y  avait  depuis  longtemps  dissentiment  entre 
»  nous  et  le  roi  des  Francs  au  sujet  du  schisme  de 
0  l'Eglise  romaine,  quand  a  soufflé  sur  nous  cette 
»  grâce  de  l'Esprit-Saint,  qui  fait  habiter  la  concorde 
»  dans  la  maison  de  Dieu  ;  et  par  la  médiation  d'am- 

(1)  Ramanorum  consulum  ad  Ludovicum  epistola,  ap.  D. 
Bouquet,  XVI.  33  Â. 


[ii6i.]  '  —  53  — • 

»  bassadeurs  envoyés  de  Tune  et  de  l'autre  part, 
i>  unis  enfin  dans  la  môme  volonté,  et  d'un  consen- 
»  tement  unanime,  nous  sommes  convenus  qu'avec 
o  les  archevêques,  évêques,  abbés  orthodoxes,  reli- 
»  gieux,  barons  et  tous  lés  princes  des  deux  royau- 
»  mes,  nous  tiendrions  une  assemblée  générale  et 
jo  solennelle  le  quatre  des  kalendes  de  septembre, 
»  jour  de  la  Décollation  de  saint  Jean-Baptiste,  sur 
»  la  rivière  de  Saône^  dans  le  diocèse  de  Besançon. 
»  Dans  cette  assemblée,  le  roi  des  Francs,  notre 
»  cher  cousin,  avec  tous  ses  archevêques  et  évèques, 
»  avec  tous  les  princes  de  son  royaume  et  toute 
»  TEglise  gallicane,  recevra  pour  successeur  de  l'a- 
»  pôtre  et  pour  pontife  de  l'universelle  et  sainte 
0  Eglise  de  Dieu,  comme  il  a  été  réglé  d'avance  et 
»  garanti  par  des  serments  et  de  sûres  cautions, 
»  notre  révérend  père  et  notre  seigneur  le  pape  au- 
»  quel  il  donnera  les  marques  du  respect  qu'il  lui 
»  doit.  Mais  une  affaire  aussi  ardue,  aussi  utile,  aussi 
»  nécessaire,  puisqu'il  s'agit  de  la  réconciliation  de  la 
tt  sainte  Eglise  et  du  salut  commun  de  toute  la  chré- 
»  tienté,  ne  doit  ni  ne  peut  se  consommer  sans  la 
»  présence  de  ta  discrétion,  sans  celle  des  autres 
»  princes  et  des  fidèles  du  Christ.  Ainsi,  arj^nom  de 
»  la  fidélité  que  tu  dois  à  VEmpire^  à  la  sainte  Eglise 
»  de  Dieu  et  aux  intérêts  de  ton  àme,  nous  te  prions 
A  et  te  requérons  de  te  rendre  à  Besançon,  quatre 
0  jours  avant  le  terme  indiqué,  accompagné  de  per- 
A  sonnes  sages,  des  plus  capables  et  des  plus  lettrées 
»  de  ton  diocèse,  sans  prétexter  aucun  empêche- 
»  ment.  Après  être  venu  au-devant  de  nous,  comme 
0  un  des  conseillers  qui  composeront  notre  cour, 
»  tu  te  rendras  avec  nous  à  l'assemblée;  c'est  là  que, 


—  54  —  £iie*.] 

0  par  la  grâce  de  Dieu,  toute  l'affaire  du  pape  Victor 
»  se  terminera  honorablement  pour  la  gloire  de 
»  Dieu,  pour  la  paix  et  l'unité  de  la  sainte  Eglise,  et 
»  sans  préjudice  pour  la  dignité  de  l'Empire  (i).  » 

Vainqueur  de  Milan,  Frédéric  se  croyait  maître 
du  monde  et  en  droit  de  régenter  partout  avec  un 
égal  despotisme  les  personnes  et  les  consciences. 
Hais  la  principale  impression  que  cette  lettre  produi- 
sit sur  le  destinataire  fut  l'étonnement.  L'arche- 
vêque de  Reims  se  serait  sans  doute  borné  à  en  rire, 
s'il  n'eût  craint  que  le  roi  de  France  ne  se  fût  laissé 
entraîner  dans  le  parti  de  l'antipape  comme  l'empe- 
reur le  semblait  dire.  Il  envoya  à  Louis  copie  de  la 
dépêche  impériale  en  lui  demandant  s'il  était  \rai 
que,  comme  le  bruit  s'en  répandait,  le  comte  Henri, 
agissant  au  nom  du  roi,  eût  sous  la  foi  du  serment 
et  en  donnant  d'autres  sûretés,  promis  à  l'empereur 
que  le  roi  et  l'Eglise  gallicane,  reconnaîtraient  Octa- 
vien  pour  pape.  «  Dans  de  si  grandes  difficultés,  o 
ajoutait-il,  «  soyez  prudent  et  circonspect,  car  je 
)>  crains  que  les  fils  des  ténèbres  ne  fassent  subir  à 
»  votre  innocence  l'épouvantable  naufrage  de  Tàme 
»  et  du  corps  (2).  » 

Les  consuls  romains  envoyèrent  aussi  une  lettre  à 
Louis  pour  le  prévenir  de  ce  que  leur  avait  écrit 
Octavien,  «  ce  serpent  tortueux.  »  Dans  cette  lettre, 
ils  l'assurent  de  leur  dévouement  à  Alexandre,  et  lui 
demandent  une  réponse  qui  calme  les  inquiétudes 
que  la  dépêche  d'Octavien  leur  a  fait  concevoir  (3). 

(1)  D.  Bouquel,  XVI.  30-31. 

(2)  D.  Bouquet.  XVI.  31  C. 

(3)  D.  Bouquet.  XVI,  32-33. 


y 


fl46f.]  —    55   — 

Cependant  le  29  août  approchait  ;  Louis  se  mit  en 
route,  alla  trouver  Alexandre  à  Souvigny  (i),  et  le 
pria  de  Tacconoipagner  à  l'assemblée.  Il  s'en  entre- 
tint avec  lui  pendant  deux  jours.  Alexandre  avait 
deux  motifs  de  ne  pas  se  rendre  :  l'un  était  la  crainte 
de  tomber  entre  les  mains  de  l'empereur,  l'autre 
l'inconvenance  de  soumettre  à  un  jugement,  et  au 
jugement  d'un  tribunal  ainsi  composé,  une  élection 
dont  la  validité  canonique  était  si  évidente.  A  la  se- 
conde de  ces  raisons  on  ne  pouvait  répondre  ;  mais 
Louis  parait  s'y  être  peu  arrêté  :  il  se  préoccupait 
surtout  des  dangers  qu'aurait  pu  courir  la  personne 
du  pape.  «  Si  vous  n'osez  aller  jusqu'à  Saint-Jean- 
de-Losne,  »  lui  disait-il,  «  accompagnez-moi  au  moins 
x>  jusqu'à  Vergy,  où  vous  pourrez  m'attendre  en 
9  sûreté  :  c'est  un  château  inexpugnable.  »  Alexandre 
rejeta  cette  offre.  «  Je  prendrai,  »  dit  le  roi,  «  pour 
»  votre  sûreté  et  pour  celle  de  votre  cortège,  les 
»  mêmes  précautions  et  les  mêmes  garanties  que 
»  pour  moi-même,  je  vous  en  donne  ma  parole,  d 
Alexandre  le  remercia.  «  Je  m'étonne,  «  répondit 
Louis,  «  qu'ayant  la  conscience  de  votre  bon  droit, 
»  vous  évitiez  l'occasion  d'établir  ce  droit  par  le 
»  témoignage  et  par  l'exposé  public  de  votre  cause.» 
Et  il  partit  (2).  Il  était  accompagné  de  quatre  cardi- 
naux envoyés  par  Alexandre  pour  soutenir  officieuse- 


(i)  Souvigny,  prieuré  de  l'ordre  de  Cluny,  aujourd'hui  dans  le 
département  de  rAIIler,  arrondissement  de  Moulins»  chef-lieu  de 
canton. 

(2)  Historia  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
33 Â;  Acta  pontificatus  Alexandti  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
667  BC. 


—  66  —  [1161] 

ment  ses  intérêts,  mais  sans  pouvoirs  pour  accepter 
un  jugement;  en  môme  temps,  Alexandre  se  retirait 
à  Déols  (1).  Le  roi  arriva  à  Dijon  (2).  Le  comte  de 
Champagne  y  vint  à  sa  rencontre,  et  remarquant 
l'absence  d'Alexandre  signala  pour  la  première  fois 
les  conséquences  qui  devaient  se  suivre  de  cette  ab- 
sence, d'après  les  clauses  finales  du  traité  conclu 
entre  l'empereur  et  le  roi. 

En  s'en  tenant  aux  termes  de  l'exemplaire  in- 
complet remis  à  Louis  par  notre  comte,  le  monarque 
français  n'avait  contracté  aucunement  l'obligation 
de  se  soumettre  au  jugement  de  la  conférence  qui 
allait  se  réunir.  Dans  cet  exemplaire  il  n'était  pas 
question  du  serment  fait  par  Henri  de  porter  son 
hommage  à  l'empereur,  si  Louis  ne  se  soumettait  pas 
à  la  décision  de  l'assemblée.  Or,  Alexandre  faisant  dé- 
faut, il  résultait  des  termes  même  du  traité  que  cette 
décision  serait  rendue  en  faveur  de  l'antipape. 

a  D'après  les  conventions  arrêtées,  »  dit  Henri 
au  roi,  «  tu  dois,  puisqu' Alexandre  est  défaillant^  te 
»  tourner  du  côté  d'Octavien.  Si  ta  majesté  ne  veut 
»  pas  se  conformer  à  cette  convention,  je  suis  lié  par 
»  un  serment  qui  m'oblige  à  me  mettre  du  côté  de 


(1)  Déols,  ou  Bourg-Dieu,  Indre,  arr.  et  cant.  de  Châteauroux. 
11  s'y  trouvait  une  abbaye  de  Tordre  de  Saint-Benoît,  nommée  en 
latin  Dolum.  C'est  par  une  faute  d'impression  que  M.  de  Cherrier, 
dans  son  Histoire  de  la  lutte  des  papes  et  des  empereurs,  2*  édi- 
tion, I.  145,  traduit  Dôle.  Dôle  (Jura,  chef-lieu  d'arrondissement) 
dépendait  de  l'empire,  était  même  une  résidence  impériale ,  et 
Alexandre  n'y  aurait  pas  élé  en  sûrelé. 

(2)  Acta  pontificattis  àlexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
6670. 


[iêm.1  —  B7  — 

»  Frédérie  ;  et^  liYranl  à  l'empereur  tous  les  fiefs 
o  que  je  tieas  du  roi^  c'est  de  l'empereur  que  dé- 
»  tonnais  je  les  tiendrai,  o    Louis  fut  stupéfait, 
a  D'où  te  viens,  »  dit*il,  «  tant  de  confiance  en  toî^ 
9  mémpe,  qu'à  mon  insçu  et  sans  me  consulter,  tu 
1»  aies  fait  «n  pareil  traité  ?»  «  Roi,  »  répondit  le 
comte,  «  c'est  toi-même  qui  m'as  adressé  mes  pou- 
9  TOfri  par  l'entremise  de  Manassés,  évéque  d'Or- 
9  léans.  ))  L'érêque  se  trouyait  là;  Louis  lui  de- 
manda des  eiplications,  et  Manassés,  embarrassé,don- 
natl  une  réponse  évasive,  qvand  Henri  présenta  au 
roi  la  lettre  qu'il  avait  reçue  et  qui  lui  conférait  des 
poavoirsilliimtés;  il  ajouta  que  s'il  n'avait  pas  fait 
plos  tôt  comiattre  au  roi  les  dernières  clauses  du 
traité,  c'est  que  l'empereur  l'avait  forcé  à  jurer 
d'en  garder  le  secret  jusqu'au  jour  de  la  conférence. 
Cependant  le  39  août  était  arrivé;  l'empereur  et 
rantipaf)e  se  présentèrem  avant  le  jour  sur  le  pont 
de  Saint-Jean-de*Losne,  el,  n'ayant  trouvé  personne, 
86  felirérent  aussitôt  comme  s'ils  eussent  satisfait  à 
leur»  engagements.  De  son  côté,  Louis  s'approcha 
dfii  bourg  en  équipage  de  chasse,  et,  se  tenant  à  quel- 
que distance,  envoya  fur  le  pont  l'archevêque  de 
Tours,  révéque  de  Paris,  l'abbé  de  Vézelay  et  quel- 
ques «litres  grands  personnages  de  son  royaume, 
entre  autres  le  comte  Henri.  Ils  y  trouvèrent  les  en- 
voyés de  l'empereur.  Le  comte  Henri,   chargé  de 
porter  la  parole,  demanda  un  délai  au  nom  du  mo- 
narque français  :  a  Le  roi,  »  dit-il,  «  ne  peut  prendre 
»  part  à  une  conférence  dont  it  n'a  pas  connu  à  l'a- 
»  vance  les  préliminaires.  Il  est  très-grave  qu'il  n'ait 
»  pas  élé  instruit  plus  tôt  du  serment  prêté  ;  et  quand 
»  Ù  s'agit  (f  une  affaire  aussi  sérieuse,  il  n'est  pas  con- 

5 


—  B8  —  [1162.] 

x>  venable  de  prendre  une  décision  si  précipitée.  »  Les 
envoyés  impériaux  répondirent  qu'ils  ne  pouvaient 
accorder  aucun  délai.  Alors  Louis  se  retira  à  Dijon, 
où  il  alla  loger  au  palais  ducal  ;  les  cardinaux  qui, 
sur  Tordre  d'Alexandre,  s'étaient  joints  au  cortège 
royal,  prirent  la  route  de  Vézelay  :  tout  semblait 
terminé. 

Hais  le  comte  Henri  était  allé  trouver  Frédéric  au 
palais  impérial  de  Dôle;  le  lendemain,  de  très-bon 
matin,  il  arrivait  à  Dijon  dans  le  palais  du  duc  de 
Bourgogne,  et  s'adressant  au  roi  :  «  Tu  n'es  pas  libre 
»  de  tes  engagements,  »  lui  dit-il,  «  et  si  tu  t'en  tiens 
»  là,  je  serai  obligé,  comme  je  l'ai  promis,  de  me  re- 
»  tirer  de  toi,  de  me  livrer  à  l'empereur,  bientôt 
))  môme  de  lui  livrer  ma  terre  pour  recevoir  de  lui 
»  l'investiture  des  fiefs  que  j'ai  tenus  de  toi  jusqu'ici 
»  et  pour  lui  en  faire  hommage.  Cependant,  o  ajou- 
ta-t-il,  «  pour  t'ôtre  agréable,  j'ai  obtenu  de  l'em- 
»  pereur  un  délai  de  trois  semaines.  Mais  voici, 
»  ô  roi,  les  conditions,  et  tu  donneras  des  cautions 
»  de  leur  exécution  :  tu  promettras  à  l'empereur  de 
»  te  rendre  à  Saint-Jean-de-Losne  au  jour  qui  se 
»  trouvera  ainsi  fixé,  tu  amèneras  Alexandre  avec 
»  toi,  tu  entendras  plaider  la  cause  des  deux  préten- 
»  dants  à  la  papauté,  et  tu  te  soumettras  au  jugement 
»  des  hommes  sages  de  l'empire  et  de  ton  royaume, 
0  sinon  tu  te  livreras  toi-même  prisonnier  entre  les 
»  mains  de  l'empereur  à  Besançon.  »  Louis  VII  ac- 
cepta ces  propositions  et  donna  pour  caution  le  duc 
de  Bourgogne,  le  comte  de  Flandres  et  le  comte  de 
Ne  vers  (1). 

(1)  HistoriaVixeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  Xll, 


[nw.)  —  B9  — 

On  comprend  la  désolation  du  clergé  français. 
Loais  VII   envoya   aussitôt  des    ambassadeurs  à 
Alexandre  pour  lui  faire  connaître  le  traité  conclu 
et  pour  l'inviter  à  venir  immédiatement  prés  de 
loi.  Le  pape  et  ses  conseillers  tombèrent  dans  une 
inquiétude  mortelle  :  soumettre  la  cause  pontifi- 
cale au  tribunal  formé  par  l'empereur,  c'était  sa- 
crifier la  liberté  de  l'Eglise  ;  refuser  de  se  rendre  à 
Saint-Jean-de-Losne,  c'était  réduire  à  la  dernière 
extrémité  le  roi  de  France  qui  allait,  lui,  le  presque 
unique  soutien  du  siège  de  Saint-Pierre,  se  trouver 
captif  et  à  la  merci  de  Frédéric.  Tout  bien  considé- 
ré, Alexandre  refusa  de  quitter  Déols  (1).  D'une 
part,  ses  devoirs  de  pontife  devaient  l'emporter  sur 
toute  autre  considération  ;  de  l'autre,  on  prévoyait 
que  la  mauvaise  foi  de  l'empereur  fournirait  à  Louis 
un  suflSsant  motif  de  guerre,  et  que  de  cette  guerre 
le  prince   français  sortirait  heureux  comme  son 
père  (2).  Alexandre  l'espérait  d'autant  plus  qu'il 
comptait  donner  au  roi  de  France  le  roi  d'Angleterre 
pour  allié  (â). 


330-331;  Actapontificatus  Alexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
667  DE. 

(1)  Il  resta  à  Déols  jusqu'au  24  septembre  (JaiTé,  Regestapon- 
tificum  romanorum.  p.  687-688).  Or,  la  seconde  assemblée  de 
Saint-Jean-de-Losne  semble  avoir  été  fixée  au  22  du  même  mois  ; 
c'est  en  effet  le  30  août  qu'il  fut  convenu  qu'elle  aurait  lieu  dans 
UQ  délai  de  trois  semaines,  et  pour  ces  trois  semaines  nous  comp- 
tons vingt  et  un  jours  francs. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  134,  266-267. 

(3)  Acta  pontificaius  Alexandri  III,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
668 B.  Lettre  d'Alexandre  III  à  Louis  VII,  ap.  D.  Bouquet,  XV, 
784. 


—  60  —  (itat.] 

C9peiidant  Frédériq  était  fort  embarrassé,  il  n'a- 
vait pas  d'approvisionnements,  et  l'armée  nombreuse 
qa'U  avait  amenée  eut  bientôt  épuisé  tout  ce  que 
Ton  pouvait  se  procurer  de  vivres  aux  environs  de 
Saintrlean-de-Losne;  il  craignit  que  si  la  conférence 
traînait  en  langueur,  ses  soldats  ne  se  débandassent 
en  le  laissant  presque  seul  en  face  des  troupes  con- 
sidérables qu'avait  réunies  le  roi  de  France.  Il  voulut 
se  tirer  d'affaire  par  un  acte  d'autorité. 

Louis  arriva  sur  le  pont  de  Saint-Jean-de-Losne 
le  jour  convenu,  c'est4i-dire  le  32  septembre,  à  neuf 
bQur^  du  naatin,et  attendit  à  cheval  jusqu'à  midi  (l)j 
mais  l'empereur  ne  vint  pas  seul,  son  chancelier  Be« 
naud,  archevêque  de  Cologne,  se  présenta.  Louis 
lui  rappela  les  termes  du  traité  conclu  en  dernier 
lieu  par  l'intervention  du  comte  Henri;  Renaud  ré- 
pondit que  les  paroles  de  son  souverain  n'avaient  pas 
été  bien  rendues,  u  Voici,  i>  dit-il,  «  ce  que  yous 
m  piande  le  seigneur  Frédéric,  empereur  des  Romain^ 
)>  et  spécial  avoué  de  l'Eglise  romaine  :  les  prélats 
»  soumis  à  l'empire  romain  ont  seuls  qualité  pour 
»  être  juges  de  la  validité  de  Télection  du  pape;  la 
>)  raison  et  la  justice  veulent  doac  quç  vou^^  ^e» 
»  évêques  et  votre  clergé,  vous  vous  présentiez  ici  à 
»  tiUe  seulement  d'amis  et  d'alliés  pour  entendre  la 
«  sentence  que  l'on  prononcera.  » 

A  ces  mots,  un  léger  sourire  égaya  les  lèvres  du 
roi.  «  Pour  un  homme  sage,  »  répondit-il,  a  votre 


(1)  Ces  indications  d'heure  sont  données  par  Helmoldus  (D. 
Bouquet,  XII,  331  n],  qui  les  applique  à  la  conférence  du  29  août; 
mais  les  détails  qu'il  donne,  rapprochés  du  texte  de  YHistoria 
liacensis  monasierii,  prouvent  qu'il  s'agit  du  22  septembre. 


[i4W.l  —  61   — 

D  maiire  ne  s'accorde  guère  avec  loi-même  et  aveb 
D  la  véritéé  Ne  sait-il  pas  que  notre  seigtieur  Jésûs- 
9  Christ,  quand  il  était  sur  la  terre,  a  confié  ses  bre- 
»  bis  à  paître  à  saint  Pierre  et  à  ses  successeurs  ?  Si 
»  tu  nCaimes^  Pierre,  disait-il,  pais  mes  brebis.  Dans 
»  ce  texte,  Jésus-Christ  a-t~il  excepté  les  ^ois  de 
)i  France  et  les  évéques  de  mon  royaume  (i)  ?  »  Et 
se  tournant  vers  le  comte  Henri  :  a  Répète-moi,  » 
lui  dit-il,  «  les  clauses  de  la  convention  qu*en  der- 
x>  nier  lieu  j'ai,  sur  ta  proposition,  conclue  avec  l'em- 
D  pereur.  »  Henri  fit  ce  que  lui  demandait  le  i^oi. 
«  Eh  bienl  »  reprit  Louis,  «  l'empereur  qui,  comme 
»  ta  le  diS)  devait  se  trouver  ici  est  absent,  et  ses  en-» 
»  voyés  modifient  les  termes  du  traité  ;  tu  es  pré- 
x>  sent,  tu  en  es  témoin.  »  (4  C'est  vrai,  »  dit  le  comte. 
«  Ne  suis-je  donc  pas  à  celte  heure  libre  de  tout  en- 
»  gagement  ?  a  s'écria  le  roi.  «  Oui,  »  répondit  Hehri. 
Louis  s'adressa  aux  grands  du  royaume,  aux  évê- 
queS)  aux  abbés  présents  :  «  Vous  avez  entendu  et 
9  vu  tous  comment,  sans  rien  obtenir  de  l'empe- 
»  reur^  j'ai  accompli  tout  ce  que  j'avais  à  faire; 
»  dites,  s'il  Vous  semble  que  je  sois  encore  lié  pai* 
n  le  traité.  »  Tous  répondirent  :'«  Vous  avez  dé- 
9  gagé  votre  parole.  »  Alors  le  roi,  jetant  aux  en- 
voyés impériaux  un  regard  de  mépris,  fait  faire 
volte-face  à  son  cheval  et  reprend  la  routé  de  Dijon. 
Les  Allemands  confus  le  suivent  en  le  suppliant 
de  revenir,  promettant  que  l'empereur  se  conforme- 
ra aux  conditions  du  traité  ^  telle»  que  le  comte 


(1)  Act9  pontificafàs  Atexmiri  III,  sip.  D.  Bouqoel,  Xtll, 
666  B& 


—  62  —  fiiet.] 

Henri  les  avait  énoncées.  Leurs  efforts  restèrent 
inutiles.  «  J'ai  fait  ce  que  je  devais  faire,  »  répondit 
Louis,  et  il  repoussa  leurs  avances  (1). 

On  pouvait  reprocher  à  Louis  un  peu  de  précipi- 
tation. Avant  de  dire  que  l'empereur  avait  manqué 
au  rendez-vous,  il  eût  été  à  propos  d'attendre  la  fin 
de  la  journée.  Toutefois,  il  y  a  tout  lieu  de  penser 
qu'on  l'aurait  inutilement  attendu,  et  d'autre  part 
on  comprend  que  le  monarque  français  n'ait  pas 
cru  de  sa  dignité  de  faire,  comme  on  dit  vulgaire- 
ment, pied  de  grue,  pendant  plus  de  trois  heures. 

Quand  le  soir  fut  venu,  l'empereur  arriva,  et,  ne 
trouvant  plus  le  roi  sur  le  pont,  envoya  des  ambas- 
sadeurs le  chercher  à  Dijon.  Louis  ne  voulut  pas  les 
écouter  (2).  Alors  Frédéric,  déclarant  ses  engage- 
ments remplis  et  ceux  du  roi  violés,  fit  des  menaces 
de  guerre  et  somma  le  comte  Henri  de  tenir  le  ser- 
ment qu'il  avait  fait  en  Lombardie.  Les  menaces  de 
guerre  n'eurent  pas  de  résultats,  mais  le  comte 
Henri,  se  croyant  lié  et  conservant  peut-être  au  fond 
du  cœur  un  secret  attachement  pour  la  cause  de  l'an- 
tipape, alla,  comme  il  était  convenu,  se  livrer  pri- 
sonnier à  l'empereur.  Captif,  il  fit  sommer  Louis  de 
mettre  à  exécution  le  traité,  et,  sur  le  refus  du  mo- 
narque français,  il  fit  à  Frédéric  hommage  de  neuf 
châteaux  mouvant  du  comté  de  Champagne,  savoir  : 
Bourmont(3),  Dampierre-le-Chàteau,  Possesse,  Rey- 

(1)  Hist.  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  331. 

(2)  Helmoldus,  Chronieon  Slavcrum,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
331n.  etXIU,  740B. 

(3)  Dans  notre  Tome  11,  p.  xvn,  art.  233  biê,  nous  avons  la 
Bourlémont  ;  nous  croyons  avoir  fait  erreur,  c'est  avec  raison  que 


[u«.]  —  63  — 

nel,  La  Fauche,  Gondrecourt,  Cernay-en-Dormois, 
Baucourt  et  Belrain  (1).  Puis  il  obtint  sa  liberté;  nous 
ne  croyons  pas  que  sa  captivité  eût  duré  longtemps, 
car  plusieurs  documents  nous  le  montrent  dans  dif- 
férentes villes  de  France,  notamment  dans  ses  états 
en  1163. 

Son  hommage  à  Tempereur  ne  parait  pas  avoir 
causé  de  mésintelligence  grave  entre  Louis  VII  et 
lui;  en  1163  nous  les  trouvons  ensemble  à  Ghà- 
Ions*sur-Marne  (2).  Vers  la  même  époque  Henri 
sert  d'intermédiaire  entre  Frédéric  et  Louis  dans 
Taffaire  du  duché  de  Bourgogne. 

Eudes  II,  duc  de  Bourgogne,  était  mort  au  mois 
de  septembre  1162,  laissant  sous  la  tutelle  de  Marie, 
sa  femme,  sœur  d'Henri  le  Libéral,  Hugues  III,  son 
fils  alors  mineur  (3).  Devenu  majeur,  Hugues  III 
prit  possession  de  son  duchés  et  môme  du  douaire 
de  Marie  qui  demanda  justice  au  roi  de  France  : 


le  texte  original  porte  Burmont,  Bourmont.  Cette  petite  ville  rele- 
vait de  la  Champagne  sous  Hugues  (Voir  notre  Tome  II,  p.  158); 
et  si  l'histoire  moderne  nous  présente  Bourmont  comme  une  dépen- 
dance du  duché  de  Lorraine,  si  les  appels  de  Bourmont  ne  se  por- 
taient pas  au  parlement  de  Paris,  les  faits  dont  il  vient  d*étre 
question  sont  la  cause  de  ce  changement. 

(1)  Ce  fait  est  porté  à  notre  connaissance  par  le  second  registre 
du  Peada  Campaniœ  (Voir  notre  Tome  II,  p.  xvii,  art.  233  et 
233  bit:  D.  Bouquet,  XII,  331  n). 

(2)  Note  sur  le  passage  de  Louis  VU  à  Châlons,  par  H .  Edouard 
de  Barthélémy,  publiée  par  la  Société  d'Agriculture,  du  Commerce, 
Sciences  et  Arts  du  département  de  la  Marne,  Travaux  divers  de 
1855,  et  citée  dans  la  Bibliothèque  de  Vécole  des  Chartes,  i^ 
série,  t.  III,  p.  91. 

(3)  Art  de  vérifier  les  daUs,  II,  502. 


—   6*   —  [416S.J 

«  On  m'a  chassée,  et  je  suis  en  exil,  ^  disait-elie. 
«  Autrefois  ricbe,  maintenant  presque  mendiante; 
D  autrefois  duchesse,  et  maintenant  conservant  à 
»  peine  un  débris  de  pouvoir,  je  me  prosterne  sup- 
»  pliante  et  humiliée  aux  pieds  de  Votre  royale  Ma- 
»  jesté;  plongée  dans  le  malheur  et  les  larmes,  je 
)>  vous  supplie  d'avoir  pitié  de  moi  (1).  » 

Hugues,  menacé  de  guerre  par  Louis  VII,  recou- 
rut à  l'allianee  de  l'empereur.  Frédéric  pria  Henri  le 
Libéral  d'intervenir  comme  médiateur  auprès  du 
roi.  Voici  la  lettre  de  Frédéric,  remarquable  par  le 
ton  d'autorité  qui  s'y  produit  à  l'endroit  de  la 
France  : 

((  Frédéric,  par  la  grâce  de  Dieu,  empereur  des 
0  Romains  et  toujours  auguste,  à  son  cher  vassal 
))  Henri,  comte  illustre  de  Troyes,  qu'il  assure  de 
»  ses  bonnes  grâces  et  auquel  il  souhaite  toute 
»  sorte  de  prospérité.  » 

(c  Nous  avons  entendu  dire,  avec  beaucoup  de 
»  peine  et  de  regret,  que  le  roi  de  France  compte  à 
»  la  Saint-Jean  prochaine  entrer  en  ennemi  et  por- 
»  ter  la  destruction  dans  la  terre  du  duc  de  Dijon, 
»  notre  ami  et  notre  allié.  Or,  nous  ne  pouvons 
»  ni  ne  devons  le  souffrir  pour  aucun  motif.  Met- 
»  tant  pleine  confiance  dans  ton  amitié,  nous  te  sol- 
»  licitons  affectueusement  et  nous  te  prions  vive- 
»  ment  de  t'interposer  par  amour  pour  nous  auprès 
»  du  roi,  pour  le  faire  renoncer  à  ce  projet.  Fais  en 
»  sorte  de  ne  causer,  ni  par  toi  ni  par  les  tiens,  au- 
)»  cun  préjudice  au  duc,  et  plutôt  que  de  nuire  au 

(1)  D.  Bouquet,  XVI,  68  a 


[iâ«MiM.)  —  65  — 

x>  duc,  retire  aa  roi  ton  conseil  et  ton  aide.  Si  le  roi 
ù  ne  Teut  pas  renoncer  à  ses  intentions  hostiles,  ou 
n  surseoir  à  leur  réalisation,  sache  et  tiens  pour  cer- 
n  tain  que  nous  ne  le  souffrirons  pas  ni  ne  le  sup- 
»  porterons;  et  pour  lui  résister,  pour  soutenir  et 
»  défendre  notre  ami  le  duc,  nous  ferons  agir  toutes 
»  les  forces  de  notre  empire.  En  effet,  si  entre  le  duc 
»  et  sa  mère  il  s'est  présenté  ou  se  présente  à  l'ave- 
n  nir  quelque  sujet  de  discorde,  nous  suffisons  par- 
))  faitement  et  au-delà ,  nous  et  toi ,  pour  arranger 
»  l'affaire  (1).  » 

Nous  ne  supposons  pas  que  les  menaces  de  Fré- 
déric aient  produit  grand  effet,  mais  il  parait  que 
Hugues  III  et  sa  mère  se  raccommodèrent,  et  ren- 
dirent par  conséquent  inutile  Tintervention  armée 
do  roi. 

Ces  événements  se  passaient  vers  Tannée  1163  (3). 

En  bons  termes  avec  le  roi,  Henri  n'était  pas  de- 
venu pour  cela  partisan  d'Alexandre.  Alexandre  était 
alors  son  voisin  :  il  habita  Sens  du  30  octobre  1163 
au  à  avril  1165  (3)  :  Henri  refusa  de  l'aller  voir  (A). 
Cependant,  à  cette  époque,  les  raisons  de  famille  qui 
attachaient  le  comte  de  Champagne  au  parti  d'Octa- 
vien  durent  cesser  d'influer  sur  sa  conduite.  Octavien 
mourut  le  22  avril  116&.  Mais  Henri  se  crut  sans 


(1)  D.  Bouquet,  XVI,  691 D-692  A. 

(2)  Vdr  les  notes  de  Brial,  ap.  D.  Boaqiiet,  XVI,  68. 

(3)  JafTé,  Regesta  pontificum  romanarum,  695-703. 

(4)  Lettre  adressée  à  Thomas,  archevêque  de  Contorbéry,  par 
un  anonyme  quo  ce  prélat  avait  eavoyé  en  missioa  pré»  du  pipe 
(ap.  D.  Bouquet,  XVI,  218  B). 


—    66   —  [ii0i^i65.] 

doute  trop  avancé  pour  reculer,  et  il  parait  avoir 
compté  parmi  les  adhérents  de  Gui  de  Crème,  donné 
pour  successeur  à  Octavien ,  sous  le  nom  de  Pas- 
cal III.  Ses  relations  avec  l'empereur  continuèrent  : 
nous  voyons  Frédéric,  probablement  vers  la  fin  de 
l'année  ii6/i,  lui  demander  un  entretien,  voulant 
sans  doute  reprendre,  sur  de  nouvelles  bases,  la 
négociation  qui  avait  échoué  à  Saint-Jean-de-Losne. 
Henri  fît  le  voyage  de  Paris  pour  en  conférer  avec  le 
roi.  On  ne  nous  a  pas  conservé  la  réponse  de  Louis, 
mais  il  ne  parait  pas  qu'elle  ait  été  favorable  à  la 
cause  du  schisme  (1).  Frédéric  dut  renoncer  à  l'es- 
pérance d'entraîner  le  monarque  et  le  clergé  français 
dans  le  parti  du  nouvel  antipape,  qu'il  aurait  voulu 
faire  reconnaitre  solennellement  par  toute  la  chré- 
tienté. ((  Voyant,  »  disait-il,  «  le  roi  de  France  as- 
»  socié  avec  Roland,  ennemi  public  de  notre  empire, 
»  et  avec  ses  sectateurs  pour  nous  enlever  notre 
»  honneur  impérial ,  lui  ayant  adressé  beaucoup 
»  d'admonitions  inutiles,  et  comprenant  que  sa 
0  détermination  était  irrévocable,  »  Frédéric  se 
contenta  de  faire  proclamer,  dans  un  concile  alle- 
mand, la  validité  de  l'élection  de  son  antipape.  Ce 
concile  se  tint  à  Wurtzbourg,  la  semaine  qui  précéda 
la  Pentecôte,  23  mai  1165.  Après  avoir  invoqué 
TEsprit-Saint,  l'empereur  jura,  la  main  sur  des  re- 
liques, que  jamais  il  ne  reconnaîtrait  pour  pape  le 
schismatique  Roland  ni  le  successeur  que  son  parti 
lui  donnerait;  il  jura  qu'il  soutiendrait  toujours  le 


(1)  Lettre  d'un  anonyme  à  Thomas  de  Cantorbéry,  ap.  D.  Bou- 
quet, XVI,  221 C. 


[H65.]  —   67  — 

seigneur  Pascal,  P^P^^  ^^  ^u'îl  lui  donnerait  toujours 
les  marques  d'obéissance,  d'honneur  et  de  respect 
dus  au  père  de  la  catholicité  et  au  pontife  universel; 
qu'enfin  il  ne  quitterait  son  parti  qu'avec  la  vie. 
Après  lui,  les  archevêques  et  les  évêques,  la  main 
sur  l'Evangile,  prêtèrent  le  même  serment.  Ensuite 
vinrent  les  barons  de  l'empire,  le  duc  de  Saxe  en 
tête,  qui  jurèrent,  la  main  sur  des  reliques.  Puis  le 
samedi  des  Quatre-Temps  (22  mai),  Frédéric  fit  sa- 
crer tous  les  évéques  élus  qui  n'avaient  pas  encore 
reçu  l'onction  sainte.  Peu  après  arrivèrent  à  Wurtz- 
bourg  des  ambassadeurs  du  roi  d'Angleterre,  alors  en 
lutte  avec  Thomas  Becket,  archevêque  de  Cantor- 
béry,  et  mécontent  d'Alexandre,  qui  soutenait  Tho- 
mas. Ces  ambassadeurs ,  agissant  au  nom  de  leur 
souverain,  prêtèrent  le  même  serment  que  l'empe- 
reur et  ses  barons.  Nous  avons  encore  la  lettre  par 
laquelle  Frédéric  notifie  tous  ces  faits  à  son  cher 
vassal  et  cousin  Henri,  comte  de  Troyes  ;  elle  est 
datée  de  Wurtzbourg  et  du  i*  juillet  (i).  Ce  docu- 
ment fit  grand  bruit;  on  en  répandit  des  copies. 
Jean  de  Salisbury,  depuis  évêque  de  Chartres,  en 
reçut  une,  dont  il  parle  dans  une  lettre  adressée  à 
Jean,  évêque  de  Poitiers;  il  s'excuse  de  ne  pas  lui 
envoyer  cette  pièce  qu'il  avait  fait  passer  à  l'arche- 
vêque de  Cantorbéry  (2). 

Mais,  à  part  l'inquiétude  causée  par  l'alliance  du 
roi  d'Angleterre  et  de  l'empereur,  la  dépêche  impé- 
riale ne  semble  pas  avoir  produit  en  France  l'effet 


(1)  D.  Bouquet,  XVI.  692-693. 

(2)  D.  Bouquet,  XVI,  524  A. 


—  68  —  [H«6.] 

que  Frédéric  avait  sans  doute  en  vue*  Nous  ne  sa- 
chons pas  qu'elle  ait  donné  à  Tantipape  un  seul  par- 
tisan de  plus.  Au  contraire,  Henri  le  Libéral  paraît 
avoir  à  cette  époque  reconnu  la  légitimité  du  pape 
Alexandre  IlL 

Dans  sa  fureur  contre  le  saint  archevêque  de  Can^ 
torbéry  qui  alors  habitait  l'abbaye  cistercienne  de 
Pontigny,  le  roi  d'Angleterre  menaça  de  saisir  tous 
les  biens  de  l'ordre  de  Citeaux  en  Angleterre,  en 
Normandie,  en  Anjou,  en  Poitou  et  en  Guienne,  si 
Thomas  n'était  pas  expulsé  de  son  asile.  Les  lettres 
du  monarque  anglais  furent  lues  à  Citeaux,  dans  une 
séance  du  chapitre  général  qui  s'ouvrit  le  13  sep- 
tembre 1166,  et  Thomas  fut  obligé  de  se  retirer  à 
l'abbaye  de  Sainte-Colombe  de  Sens,  le  11  novem- 
bre suivant  (1). 

Le  roi  de  France  témoigna  dans  cette  circonstance 
une  très- vive  sympathie  à  l'archevêque  exilé  ;  notre 
comte  paraît  avoir  agi  de  même,  et  à  cette  occasion 
il  reçut  d'Alexandre  III  la  lettre  que  voici  : 

«  Parmi  les  actes  où  se  manifeste  l'opération  di- 
9  vine,  il  en  est  un  que  nous  considérons  comme 
»  trés-agréable  à  Dieu  et  à  nous,  c'est  que,  dans  les 
»  angoisses  et  les  anxiétés  de  notre  vénérable  frère 
»  l'archevêque  de  Cantorbéry,  vous  l'avez  regardé 
»  avec  un  visage  serein,  et  qu'avec  votre  bonté  or- 
»  dinaire  vous  lui  avez  donné  les  consolations  de 


(1)  Gervasius  Dorobernensis,  Chronicon  de  regibus  Anglicœ, 
ap.  D.  Bouquet,  XIII,  129-130;  Radulfus  de  Dicoto,  Imagines 
historiarum,  ibid.,  187  C;  Rogerus  de  Hoveden,  Annales,  ibid., 
208AB. 


[«i66>4168.]    '  —   69   — 

»  Tos  bonnes  gr&ces  et  de  votre  faveur.  Maintenant, 
»  surtout ,  il  a  besoin  de  secours  et  de  conseils. 
»  Aussi,  nous  adressons  à  votre  magnificence,  par 
»  ces  lettres  apostoliques,  une  prière,  un  avertisse- 
»  ment  et  une  exhortation  dans  le  Seigneur  :  Pour 
»  la  rémission  de  vos  péchés,  nous  vous  enjoignons 
»  de  donner  à  lui  et  aux  siens  des  marques  d'hon- 
»  neur  et  d'affection  par  amour  pour  Dieu,  par  res- 
»  pect  pour  saint  Pierre  et  pour  nous,  et  en  consi- 
»  dération  de  la  piété  et  du  caractère  de  ce  prélat. 
»  Accordez-leur  dans  leurs  adversités  le  soulage- 
»  ment  de  votre  appui,  et  vous  obtiendrez  du  Dieu 
o  tout-puissant  une  récompense  éternelle.  Quant  à 
x>  nous,  considérant  vos  bienfaits  comme  reçus  par 
»  nous-même,  nous  devrons  à  Votre  Grandeur  des 
»  grâces  abondantes  (i).  » 

Cependant  Henri  n'avait  pas  rompu  avec  l'empe- 
reur. L'année  suivante,  c'est-à-dire  pendant  l'hiver 
1167-1168,  Frédéric,  après  s'être  emparé  de  Rome 
et  avoir  été  obligé  par  la  maladie  et  la  désertion  à 
battre  en  retraite  vers  le  nord  de  l'Italie,  se  trouva 
presque  sans  soldats  en  face  d'une  armée  de  20,000 
Lombards,  qui  faillit  le  faire  prisonnier  et  l'obligea 
de  regagner  l'Allemagne.  Il  avait  avec  lui,  dans  ce 
moment  de  détresse,  des  ambassadeurs  du  comte 
Henri  fS).  Ces  ambassadeurs  avaient  été  envoyés,  à 
ce  qu'il  semble,  pour  négocier  le  mariage  du  jeune 
fils  de  Louis,  c'est-à-dire  de  Philippe-Auguste,  alors 


(1)  D.  Bouquet,  XVI,  37(>DE. 

(2)  Epistola  Joahnis  Saresberiensis  ad  Baldevvirium  Exo* 
niensem  archidiaconum,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  582  D. 


—   70   —  [1168.] 

âgé  d'un  peu  plus  de  deux  ans  (1),  avec  Sophie,  fille 
de  Frédéric.  Henri  prenait  fort  à  cœur  la  réalisation 
de  ce  projet  que  les  hommes  dévoués  aux  intérêts  de 
l'Eglise  voyaient  avec  une  vive  inquiétude  et  dont  ils 
redoutèrent  un  instant  le  succès.  Jean  de  Salisbury 
l'écrivait  à  maitre  Lombard,  un  des  compagnons  de 
Thomas  Becket  :  «  Je  crains,  »  dit-il,  «  que  le  roi 
»  très-chrétien  n'ait  pris  la  résolution  irrévocable  de 
»  se  rendre  aux  prières  de  l'empereur  et  qu'un  ma- 
0  riage  ne  se  conclue  entre  les  enfants  des  deux  sou* 
»  verains;  c'est  le  comte  Henri  qui  négocie  cette 
»  union  et  il  espère  en  venir  à  ses  fins  (2).  »  Nous 
avons  encore  une  lettre  adressée  par  notre  comte  à 
Louis  Vn  et  qui  est,  ce  nous  semble,  relative  à  cette 
affaire.  Il  parle  au  roi  d'ambassadeurs  et  d'une  dé- 
pêche qu'il  a  reçue  de  l'empereur,  et  lui  annonce 
l'envoi  de  cette  dépêche  (3).  Les  espérances  d'Henri 


(1)  Il  était  né  le  22  août  1165. 

(2)  D.  Bouquet,  XVI,  592  C. 

(3)  D.  Bouquet,  XVI,  68  C.  Cette  lettre  est  la  215<'  du  registre 
de  Louis  VII;  Téditeur  la  date  de  1163,  mais  de  la  note  d  il  ré- 
sulte qu'on  peut  la  dater  aussi  de  1168.  En  effet,  il  est  dans  cette 
lettre  question  d  une  expédition  lointaine  qu'allait  entreprendre 
Guillaume  IV,  comte  de  Nevers.  Ces  expressions  peuvent  s'appli- 
quer soit  au  pèlerinage  que  Guillaume  fit  à  Notre-Dame-du-Puy 
en  1163,  soit  à  son  voyage  en  Terre-Sainte  qui  date  de  1168. 
Nous  rejetons  la  première  hypothèse  pour  deux  raisons  :  la  pre- 
mière, c'est  que  dans  la  suscription  de  cette  lettre  le  comte  Henri 
traite  Louis  VII  de  père;  or,  il  ne  devint  que  l'année  suivante 
gendre  de  ce  prince;  la  seconde  raison  est  que  les  termes  employés 
dans  le  texte,  expeditionem  longinquam,  nous  paraissent  beaucoup 
plus  appliquâmes  à  un  voyage  en  Terre-Sainte  qu'à  une  promenade 
au  Puy. 


[1171-4177.]  —    71    — 

forent  trompées,  et  ce  projet,  repris  cinq  ans  pins 
tard,  échoua  définitivement  (i). 

Nous  ne  savons  pas  si  Henri  fut  pour  quelque 
chose  dans  ces  dernières  négociations.  La  dernière 
fois  que  nous  le  voyons  en  rapport  avec  l'empereur, 
c'est  en  1171  ou  1172,  lors  d'une  entrevue  que  Fré- 
déric eut  avec  le  roi  de  France,  entre  Toul  et  Vau- 
couleurs.  Les  deux  monarques  prirent  l'engagement 
de  chasser  de  leurs  terres  et  des  terres  de  leurs  ba- 
rons, situées  entre  le  Rhin,  les  Alpes  et  la  ville  de 
Paris,  tous  les  soldats  mercenaires  connus  sous  le 
nom  de  brabançons  ou  coteraux.  Ils  exceptèrent 
seulement  ceux  qui  s'étaient  mariés  dans  le  pays  ou 
qui  avaient,  préalablement  au  traité,  contracté  avec 
un  baron  un  engagement  à  vie.  Parmi  les  nom- 
breux seigneurs  présents,  ce  fut  le  comte  Henri  que 
le  roi  choisit  pour  jurer  en  son  nom  l'observation 
du  traité  (2).  Frédéric  était  encore  séparé  de  la  com- 
munion du  pape  Alexandre,  où  il  n'entra  qu'en 
1177  (3). 


(1)  Episiola  Alexandri  III,  papx,  ad  Henricwn  Remensem 
archiepiscopum,  ap.  D.  Bouquet,  XV,  938  ÂBC. 

(2)  D.Bouqoet,  XVI.  697D. 

(3)  Sur  la  lutte  d'Alexandre  et  de  Frédéric,  voir  M.  de  Cherrier  : 
Histoire  de  la  luUe  des  papes  et  des  empereurs,  2*  édition,  t.  I, 
p.  134-178. 


"ïi  —  t4i«t-ltê».J 


CHAPITRE  m. 


■.«ne  émoÊM*  le  libérât  *Tée  hCytoeofUt  cl 

4462-4472. 

Les  tendances  hostiles  de  notre  comte  eâters  le 
pontife  qne  fe  clergé  français  toat  entier  recon- 
naissait comme  chef  suprême  de  TEgfise  eurent  utt 
contre-coup  fâcheux  dans  les  relations  de  ce  prince 
avec  les  évoques  de  ses  états  et  les  évêques  voisins. 
Il  était  mal  vu  d'eux  ;  à  son  tour  H  avait  pour  en 
peu  de  sympathie. 

Il  attaquait,  comme  irréguliére^  l'élection  du 
pape  légitime  Alexandre;  il  attaqua  celle  de  Gui  de 
Dampierre,  élu  en  1162  à  Tévéché  de  Châlons-sur- 
Marne,  et  qui  mourut  l'année  suivante,  safts  aVdir 
pu  être  sacré  (1). 

Il  eut  des  contestations  d'intérêt  avec  Godefroy, 
évêque  de  Langres,  et  avec  Gautier,  successeur  de 
Godefroy.  Gautier  porta  plainte  au  roi  Louis  VII. 

«  Tout  le  monde  dans  nos  environs,  »  écrivait-il, 
«  sait  comment  du  temps  de  notre  prédécesseur 
D  le  comte  Henri  s'est  conduit  envers  l'Eglise  de 
x>  Langres,  et  nous  croyons  que  vous  avez  dû  en 
x>  être  informé.  Aujourd'hui  ses  sentiments  sont 
0  les  mêmes  :  il  ne  cesse  d'inquiéter  nous  et  notre 

(1)  GdUw  Chrisliana.  IX,  88  E.  89  A,  882  CD. 


[1165.]  —  T3  — 

)>  Eglise,  usurpant  avec  violence  nos  terres  et  nos 
»  possessions.  Il  vient  de  piller  notre  village  de  Ge- 
»  vrolles(l),  et  il  a  reçu  pour  unfiefrelevantdenotre 
»  évêché,  pour  le  village  de  Condes  (2),  Thommage 
»  de  Rainaud  de  Monlsaugeon  (3).  Votre  discrétion 
»  comprend,  sans  peine,  combien  cet  acte  est  peu 
»  honnête  de  sa  part  et  préjudiciable  à  notre  Eglise. 
«  Nous  avons  entendu  dire  que  le  susdit  comte 
»  irait  vous  trouver  avec  les  envoyés  de  ce  perfide 
»  Rainaud.  Craignant  que  leurs  fausses  suggestions 
»  ne  préviennent  contre  nous  votre  Majesté,  nous 
»  avons  chargé  le  porteur  de  cette  lettre  ^e  prému- 
»  nir  votre  sagesse  contre  des  assertions  erronées. 
)>  Sachez  que  les  choses  sont  comme  nous  le  disons, 
»  et  s'ils  prétendent  le  contraire,  tenez-les  pour  de 
I)  perfides  menteurs  et  ne  les  croyez  point.  Vous 
»  pourrez  donner  pleine  confiance  au  porteur  des 
»  présentes,  qui  vous  fera  un  complet  exposé  de 
»  notre  affaire  (û).  » 

Louis  allait  avoir  avec  le  roi  d'Angleterre  une  con- 
férence qui  devait  se  tenir  à  Gisors,  et  commencer  le 
dimanche  de  Quasimodo  11  avril  11G5.  Un  nombre 
considérable  de  barons  devait  s'y  trouver.  Louis 
pensa  que  l'occasion  serait  favorable  pour  rendre  un 
jugement  solennel  entre  le  comte  de  Champagne  et 


(1)  Govroîl(^s,  CôtiMl'Or,  air.  de  Chiltillon-siir-Seino,  canton  de 
Monlignysnr-Aube. 

(2)  Cil.  (lo,  Haute--y]anie,  arr.  et  canton  de  Chaumonten  Bassi- 

gny. 

(3)  Woulsaiig'on,  Hante-Marne,  arr.  de  Langres,  cant.  de  Prau- 
tlioy. 

(4)  D.  Bouquet,  XVI.  119  CD. 

6 


—   74   —  [4166.] 

l'évéque  de  Langres,  et  il  fît  sommer  les  deux  par- 
ties d'y  comparaître.  Voici  la  réponse  d'Henri  : 

((  A  Louis,  par  la  grâce  de  Dieu,  roi  des  Francs, 
»  son  Seigneur  et  son  père  très-chéri,  Henri,  comte 
x>  de  Troyes,  salut  : 

«  Vous  m'avez  signifié  que  je  devais  venir  à  votre 
»  conférence  de  Gisors.  Mais  je  considère  l'affaire 
»  qui  y  sera  traitée  comme  assez  importante  pour 
D  croire  indispensable  de  prendre  l'avis  de  mes  ba- 
»  rons  avant  de  vous  répondre.  Or,  quand  j'ai  reçu 
D  votre  sommation,  mes  barons  étaient  absents  :  je 
»  leur  ai  mandé  de  venir  me  trouver  à  Pâques  pro- 
0  chain.  A  cette  date,  je  les  consulterai  sur  la  ques- 
»  tion  de  savoir  si  je  dois  ou  non  me  rendre  à  la 
»  conférence  dont  il  s'agit,  et  le  jeudi  de  Pâques,  un 
»  ambassadeur  envoyé  par  moi  vous  fera  connaître 
0  la  résolution  à  laquelle  je  me  serai  arrêté. 

»  Portez-vous  bien  (1).  » 

Nous  ne  savons  pas  comment  fut  vidée  la  ques- 
tion. 

A  la  même  époque,  Henri  eut  une  contestation 
avec  l'évéque  de  Meaux  :  nous  ignorons  à  quel  pro- 
pos. Et  pour  porter  préjudice  à  cet  évoque  contre 
lequel  il  était  fort  irrité^  il  fit  fabriquer  en  métal  de 
bas  aloi  des  deniers  semblables  à  ceux  de  la  ville 
de  Meaux,  où  le  droit  de  frapper  monnaie  apparte- 
nait au  prélat.  Grâce  à  la  différence  de  prix  qui  exis- 


(1)  Les  deux  lettres  sont  imprimées  dans  D.  Bouquet,  XVI,  119. 
Dans  la  collection  des  lettres  de  Louis  VII  elles  portent  les  n"365, 
366.  Le  texte  que  nous  y  avons  joint  est  un  commentaire  en  partie 
justifié  par  un  passage  de  Robert  du  Mont,  qui  est  cité  en  note  à 
la  même  page  de  D.  Bouquet, 


tii65.]  —  75   —• 

tait  entre  l'argent  en  lingot  et  l'argent  monnayé;  il 
était  de  règle,  au  moyen  âge,  que  le  droit  de  frapper 
monnaie  fût  pour  les  hauts  barons  une  source  im- 
portante de  revenu.  La  fabrication  des  monnaies  était 
donc  une  des  branches  de  recette  de  l'évoque  de 
Meaux;  mais  quand  les  deniers*  faux  frappés  par 
ordre  du  comte  de  Champagne  se  furent  répandus, 
et  que  leur  existence  fut  de  notoriété  publique, 
toutes  les  personnes  auxquelles  on  offrait  des  de- 
niers de  Meaux,  soit  que  ces  deniers  eussent  été 
frappés  par  les  officiers  de  l'évêque  ou  par  ceux  du 
comte,  craignirent  de  recevoir  des  pièces  de  mon- 
naie sans  valeur,  et  refusèrent  de  les  accepter,  ou 
ne  les  acceptèrent  qu'à  un  cours  inférieur  au  cours 
primitif.  Cependant  l'illustre  faux  monnayeur  re- 
connut ses  torts,  et,  la  main  sur  les  reliques,  il  jura 
de  respecter  à  l'avenir  les  droits  de  l'évoque. 

a  A  l'avenir,  »  dit-il,  «  je  ne  ferai  faire,  ni  laisse- 
D  rai  faire  par  mes  sujets,  ni  bonne,  ni  fausse  mon- 
»  naie  de  Meaux  ;  je  ne  me  permettrai,  ni  ne  per- 
»  mettrai  à  personne,  autant  qu'il  sera  en  moi, 
ô  aucun  acte  qui  puisse  la  déprécier,  et  autant  que 
»  j'en  aurai  le  pouvoir,  elle  aura  le  même  cours  que 
»  les  monnaies  de  Provins  et  de  Troyes.  Si  quel- 
»  qu'un  imite  la  monnaie  de  Meaux,  en  bon  ou  en 
»  mauvais  métal,  ou  altère  celle  qui  est  déjà  frap- 
»  pée,  j'en  ferai  justice  comme  s'il  s'agissait  des 
}}  monnaies  de  Troyes  ou  de  Provins.  Il  y  a  deux 
o  choses  surtout  que  je  tiens  à  rendre  manifestes  : 
»  c'est  que  je  ne  puis  pas  changer  la  monnaie  de 
))  Meaux  ni  la  rendre  plus  légère,  et  c'est  que  je 
»  dois  faire  en  sorte  (selon  mon  pouvoir  s'entend), 
x>  que,  dans  le  comté  de  Provins  et  de  Troyes,  elle 


—    76   —  [f  165-1 167.] 

»  ail  cours  comme  étant  de  même  aloi  et  de  même 
n  poids  que  mes  monnaies  susdites,  et  qu'elle  y  soit 
»  acceptée  sans  change.  » 

Sur  l'ordre  d'Henri,  trois  de  ses  barons  confir- 
mèrent ce  serment  par  un  autre;  ces  barons  étaient 
Anseau  de  Trainel,  bouteillier;  Hugues  de  Plancy, 
et  Eudes  de  Pougy,  connétable.  Ils  jurèrent  que  rien 
de  contraire  aux  engagements  pris  par  le  comte  ne 
se  ferait  avec  leur  consentement,  a  si  même,  »  ajou- 
taient-ils, «  nous  pressentions  qu'il  eût  le  projet  de 
»  violer  sa  promesse,  nous  ne  négligerions  ni  les 
»  exhortations  ni  les  prières  les  plus  vives  pour 
))  l'en  empêcher  (4).  » 

Ce  fut  surtout  avec  l'archevêque  de  Reims  que 
notre  comte  eut  une  lutte  ardente.  L'archevêque  de 
Reims  était  alors  Henri  de  France,  ancien  moine  de 
Clairvaux,  et  comme  tel  un  des  partisans  les  plus  ar- 
dents du  pape  légitime;  frère  du  roi  Louis  VH,  il 
avait  exercé  dans  le  conseil  de  ce  prince  une  in- 
fluence visible  en  faveur  d'Alexandre.  Le  comte  et 
l'archevêque  se  voyaient  donc  d'assez  mauvais  œil, 
quand  les  habitants  de  Reims,  mécontents  d'une 
taxe  nouvelle  que  le  prélat  venait  d'établir,  se  sou- 
levèrent contre  lui,  s'emparèrent  de  toutes  les  posi- 
tions fortifiées  qui  se  trouvaient  dans  la  ville,  et  je* 
tèrent  hors  des  murs  les  officiers  et  les  amis  de  l'ar- 
chevêque. Celui-ci  s'adressa  à  son  frère,  qui  se  mon- 
tra tout  disposé  à  lui  venir  en  aide.  Alors,  après  des 


(1)  Cartulaire  de  l'église  de  Meaux.  ^  \\  (Bibliotht>(]ue  impé- 
riale, ms.  ancien  fonds  lalin,  5185  F);  Marlt^ne,  AmpUssima 
collectio,  I,  873;  Brnssel,  p.  193;  D.  Bouquet,  XVI,  702 B CD; 
Cf.  Ducange,  au  mot  Alleviare,  édition  Henschel,  1, 188. 


[1167-1172.]  —    77    — 

démarchés  inutiles  pour  calmer  la  colore  du  pon- 
tife, les  chefs  des  rebelles  se  réfugièrent  auprès  du 
comte  Henri,  dont  probablement  ils  espéraient  le 
concours  armé.  Ils  durent  sans  doute  lui  proposer 
de  lui  livrer  leur  ville  qu'autrefois  le  comte  Eudes  I 
avait  possédée  un  instant  (1).  Mais  Henri  crut  pru- 
dent de  ne  pas  écouter  leurs  offres,  et  il  leur  donna 
le  conseil  de  se  rendre  à  discrétion  au  roi  qui,  entrant 
à  Reims,  fit  par  manière  de  châtiment  abattre  cin- 
quante maisons  (3).  Ces  événements  se  passaient  en 
li67. 

Quelques  années  plus  tard,  notre  comte  se  crut 
tenu  à  moins  de  réserve.  L'archevêque  s'occupait 
beaucoup  de  l'administration  temporelle  de  son  dio- 
cèse, et  notamment  de  la  police  des  grands  chemins, 
qui  était  alors  fort  négligée  en  France.  La  route  de 
Reims  à  Chàlons,  surtout,  était  infestée  par  des  bri- 
gands qui  avaient  leur  retraite  dans  la  forteresse  de 
Sempigny.  L'archevêque  fit  marcher  une  armée 
contre  cette  forteresse,  qui  fut  prise  et  détruite;  et 
pour  assurer  à  l'avenir  la  circulation  sur  la  route,  il 
éleva  une  citadelle  non  loin  de  là ,  dans  le  village 
de  Sept-Saulx  (3).  Le  village  de  Sept-Saulx  dépen- 
dait de  l'abbaye  de  Saint-Remi  de  Reims.  Pierre  de 
Celles,  abbé  de  Saint-Remi,  donna  son  consentement 
à  l'établissement  de  la  citadelle  archiépiscopale  (à); 

(1)  Voir  notre  Tome  I,  p.  249. 

(2)  Epistola  Joannis  Saresberiensis  ad  Joannem  Pictaven" 
êem  episcapum,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  568 G. 

(3)  Sept-Saulx,  Marne,  arr.  de  Reims,  cant.  de  Verzy. 

(4)  Charte  de  Pierre  de  Celle,  in2(Ga//fa  ChrisUana.  IX, 
Inslr.,  col.  47);  Cf.  D.  Bouquet,  XVI,  195»,  et  XV,  910». 


—  78  —  [iiTj., 

mais  notre  comte  prétendit  que  rarchevêqoe  n'avait 
pas  le  droit  d'élever  une  construction  militaire  si 
prés  des  domaines  et  des  fiefs  du  comté  de  Cham- 
pagne. Au  même  moment,  Tarchevêque,  pour  une 
raison  qui  nous  est  inconnue,  menaça  de  guerre  un 
des  vassaux  d'Henri,  Guermond  de  Chàtillon-sur- 
Marne. 

Il  y  eut  alors  entre  notre  comte  et  l'archevêque 
des  négociations  :  on  ne  nous  a  conservé  qu'une 
pièce  de  la  correspondance  échangée  entre  les  par- 
ties. 

«  Â  son  seigneur  et  ami  très-cher  Henri,  par  la 
»  grâce  de  Dieu  vénérable  archevêque  de  Reims, 
»  Henri,  comte  de  Troyes,  salut. 

«  J'ai  appris  que  vous  avez  détruit  Sempigny  : 
))  j'en  suis  très-content.  On  m'a  aussi  rapporté  que 
»  vous  voulez  faire  du  mal  à  Guermond  de  Châtillon  ; 
»  mais  il  est  avec  moi,  et  je  ne  pense  ni  ne  crois  qu'il 
»  ait  eu-  aucun  tort  envers  vous  :  dans  le  cas  con- 
»  traire,  je  vous  ferai  faire  réparation  à  votre  bon 
»  plaisir.  Veuillez  donc,  je  vous  prie,  observer  la 
»  paix  à  l'égard  de  ses  biens.  Portez-vous  bien  (i).» 
Cette  dépêche  fut  inutile,  à  ce  qu'il  semble,  car 
aussitôt  nous  voyons  la  guerre  commencée.  Nous 
ignorons  de  quel  côté  était  partie  la  provocation. 
Le  comte  fit  plus  tard  soutenir  devant  le  pape  que 
les  hommes  de  l'archevêque  avaient  les  premiers 
franchi  la  frontière,  et  que  si  les  siens  avaient  envahi 
la  terre  de  l'archevêque,  c'était  en  poursuivant  l'ar- 
mée du  prélat,  vaincue  et  mise  en  fuite  après  avoir, 

(1)  D.  Bouquet,  XVI,  195  C. 


£1171]  —  79   — 

la  première,  donné  l'exemple  de  l'agression.  Ce  qu'il 
y  a  de  certain ,  c'est  que  des  chevaliers  et  des  pré- 
vôts du  comte,  accompagnés  de  ces  soldats  merce- 
naires que  l'on  appelait  cotereaux,  pénétrèrent  dans 
les  domaines  de  l'archevêché,  les  livrèrent  au  pil- 
lage, tuant  les  hommes  et  les  femmes,  ou  les  faisant 
prisonniers  pour  ne  les  mettre  en  liberté  que  moyen- 
nant rançon.  Une  église  fut  brûlée  avec  trente-six 
malheureux  qui  s'y  étaient  renfermés. 

L'archevêque  répondit  à  ces  excès  par  une  sen- 
tence d'excommunication  qu'il  lança  contre  le  comte; 
mais  il  ne  la  fît  pas  publier.  Alors  le  comte  proposa 
une  trêve  que  l'archevêque  accepta  à  trois  condi- 
tions :  1®  qu'elle  n'entraînerait  pas  la  levée  de 
l'excommunication,  2^  que  le  statu  quo  serait  main- 
tenu, â^  que  le  butin  enlevé  serait  rendu.  La  trêve 
expirée,  le  butin  n'avait  pas  encore  été  restitué.  Le 
prélat  irrité  fît  publier  l'excommunication  dans  toutes 
les  églises  de  l'archevêché,  et  invita  ses  suffragans  à 
faire  exécuter  dans  les  églises  de  leurs  diocèses  cette 
lugubre  cérémonie  (i).  Le  comte  s'adressa  au  pape 
et  lui  demanda  la  réformation  de  la  décision  archié- 
piscopale :  il  envoya  en  Italie  deux  ambassadeurs 
pour  défendre  ses  intérêts.  Ses  ambassadeurs  sou- 
tinrent que  l'excommunication  était  nulle,  parce  que 
préalablement  à  sa  prononciation,  le  comte  avait 
notifié,  disait-il,  son  intention  d'en  appeler  au  pape. 
Les  envoyés  de  l'archevêque  reconnurent  que  la  sen- 
tence attaquée  avait  été  précédée  de  la  notification 


(1)  Nous  avons  la  lettre  d'Henri  à  ses  suffragants  (D.  Bouquet, 
XVI,  194-195). 


80   [ii78.] 

d'appel  ;  mais  ils  prétendirent  que  cette  notification 
d'appel  était  nulle,  parce  que  le  comte  avait  fait 
postérieurement  acte  d'hostilité.  Ils  parlèrent  de  l'é- 
glise brûlée,  des  hommes  tués,  des  prisonniers  faits, 
et  reprochèrent  surtout  au  comte  d'avoir  refusé  de 
mettre  ces  derniers  en  liberté  sans  rançon,  quoique 
l'archevêque  les  réclamât.  Les  ambassadeurs  du 
comte  répliquèrent  que  l'invasion  faite  sur  les  terres 
de  l'archevêché  avait  eu  lieu  à  l'insu  du  comte,  que 
du  reste  cet  acte  d'hostilité  était  justifié  par  une 
provocation,  qu'enfin  il  était  faux  que  l'archevêque 
eût  réclamé  les  prisonniers. 

Le  pape,  voyant  les  parties  en  désaccord  sur  les 
faits,  chargea  l'archevêque  de  Tours  et  l'évêque 
d'Autun  de  faire  une  enquête  et  de  ;  '  '  l'af- 
faire (1);  et  comme  elle  se  compliquait  »•  ques- 
tion féodale,  savoir,  si  l'archevêque  avait  jiô  dans 
son  droit  en  construisant  le  château  de  Sept-Saulx, 
Alexandre  pria  le  roi  de  France  de  juger  ou  de  faire 
juger  cette  question  (2).  Enfin,  il  écrivit  à  l'arche- 
vêque de  Reims  pour  l'inviter  à  s'en  rapporter  à  la 
médiation  amicale  du  roi,  ou  à  se  soumettre  à  la  sen- 
tence que  le  roi  ou  les  juges  désignés  par  le  roi  pro- 
nonceraient (3).  Nous  n'avons  aucun  renseignement 
ultérieur  sur  cette  affaire  qui  sans  doute  se  termina 
par  l'intervention  de  Louis  VII,  de  l'archevêque  de 


(1)  Sa  lettre  est  dans  D.  Bouquet,  XV.  909-910. 

(2)  La  lettre  d'Alexandre  à  Louis  se  trouve  dans  D.  Bouquet, 
XV.  910. 

(3)  La  lettre  d'Alexandre  à  l'archevêque  se  trouve  dans  D.  Bou- 
quet, XV,  906-907. 


[1172.]  81    

Tours  et  de  Tévêque  d'Âutun,  comme  le  désirait 
Alexandre.  On  était  alors  en  1171  ou  1172. 

Notre  comte  n'était  pas  en  meilleure  intelligence 
avec  Mathieu,  évoque  de  Troyes  (1).  La  conduite 
d'Henri  à  Tégard  de  cet  évéque  soulève  Tindigna- 
lion  d'un  chroniqueur.  Cet  écrivain  commence  par 
faire  du  prince  champenois  un  magnifique  éloge, 
tt  Alors,  »  dit-il,  «  florissait  en  France  Henri,  comte 
0  palatin  de  Champagne,  ou,  pour  mieux  dire,  la 
»  France  florissait  par  lui,  et  on  peut  se  demander 
o  lequel  des  deux  chez  lui  était  le  plus  noble,  ou  la 
»  naissance  ou  le  cœur...,  mais  la  douleur  nous  ar- 
»  rache  un  cri.  Comment  ajouter  que  la  gloire  si 
»  grande  de  ce  prince  fut  ternie  dans  l'opinion  pu- 
»  blique  par  un  fléau  importun  et  empesté  donl  le 
»  bruit  sonne  encore  à  nos  oreilles  ?  Il  est  vrai  qu'il  a 
»  fait  pénitence;  mais  sa  pénitence  n'a  pas  été  imitée 
»  par  beaucoup  d'hommes  que  son  exemple  et  ses 
»  actes  avaient  détourné  de  la  voie  droite  :  témoin 
»  le  procès  que  Mathieu,  évoque  de  Troyes,  soutint 
ù  contre  ce  prince  devant  le  pape  (2).  >>  Nous  igno- 
rons quel  fut  le  sujet  de  cette  contestation  qui  com- 
plète le  tableau  des  mauvais  rapports  qu'Henri  eut 
avec  le  haut  clergé,  à  commencer  par  le  pape  et 
pour  continuer  par  l'archevêque  de  Reims,  les  évo- 
ques de  Chàlons,  de  Langres,  de  Meaux  et  de 
Troyes. 

(1)  Elu  en  H69,  mort  en  tl80(ea//ta  Christiana.  XII,  501- 
502). 

(2)  Albéric,  an.  ii63,  édition  Leibnitz,  II,  340-341. 


—  82  — 


[ilM.j 


CHAPITRE  IV. 


Blmnase  d'Henri  le  libéral.  »  Seeonde  Aftolre  de  Yémelay.  — 
Monvelle*  t|u<Mrrca  entre  le  rel  de  Vrnnee  et  le  roi  d^jLngle- 
ierre. 

4 4 64-4 4 7S. 

Au  milieu  de  toutes  ces  luttes,  Henri  s'était  enâu 

marié;  il  s'était  uni,  en  il6&,  à  Marie  de  France, 

fille  de  Louis  VII,  à  laquelle  il  était  fiancé  depuis  si 

longtemps  (i);  son  frère  Thibaut  V,  comte  de  Blois, 

'^i,  avait  presqu'en  même  temps  épousé  Alix,  sœur  de 

Marie  (2).  Nous  n'avons  aucun  détail  sur  la  manière 
dont  furent  célébrés  ces  deux  mariages  ;  ce  que  nous 
savons,  c'est  qu'Henri  n^assista  pas  à  celui  de  son 
frère  (3).  Nous  avons  trois  lettres  adressées  par  notre 
comte  à  Louis  VII  depuis  cette  époque,  et  le  roi  y 
reçoit  d'Henri  le  titre  de  père  (U)  ;  la  suivante  a  été 

(1)  II  paraît  lui  avoir  donné  en  douaire  les  châtellenies  de  Jouy 
et  de  Coulommiers.  Voir  les  chartes  cotées  174,  210,  211,  dans 
nuti'e  Catahgue  des  Actes  d'Henri, 

(2)  Voir  à  la  fin  du  chapitre,  p.  96,  la  note  A. 

(3)  Lettre  de  Thibaut  V  à  Louis  VII,  qui  est  la  378«  du  re- 
gistre de  ce  dernier  (D.  Bouquet,  XVI,  103  D). 

(4)  Nous  avons  donné  plus  haut,  p.  74,  la  traduction  d'une  de 
C68  lettres  qui  paraît  se  rapporter  à  l'année  1165  (D.  Bouquet,  XVI, 
119BC).  Nous  en  avons  cité,  p.  70,  une  autre  que  D.  Bouquet, 
ibid.,  68C,  date  à  tort,  suivant  nous,  de  l'année  1163,  et  qui  serait 
en  réalité  de  l'année  1168.  Nous  ne  saurions  quelle  date  donner 
à  la  troisième  qui  se  trouve  dans  D.  Bouquet,  ibid.,  115  AB. 


[iie4.]  —  83  — 

écrite  pour  recommander  un  homme  coupable  d'un 
délit  qui  n^est  pas  spécifié. 

«  A  Louis,  par  la  grâce  de  Dieu^  roi  des  Francs, 
»  son  très-cher  seigneur  et  père,  Henri,  comte  de 
»  Troyes,  salut  et  amour.  » 

«  Hugues  de  Sens,  mon  hôte  (i),  m'a  servi  long- 
»  temps  et  avec  beaucoup  de  zèle  par  respect  pour 
»  vous  et  pour  vous  faire  honneur.  Maintenant  je 
»  supplie  avec  ardeur  votre  paternelle  bonté  de 
D  consentir  par  amour  pour  Dieu  et  pour  moi  à  cal- 
»  mer  votre  colère  envers  lui,  et  à  lui  pardonner  à 
o  cause  de  nous  la  faute  dont  vous  exigez  la  répara- 
»  tion.  Si  vous  me  l'accordez,  j'en  rendrai  grâce  à 
»  votre  Majesté,  quand  je  me  trouverai  en  sa  pré- 
o  sence.  Dans  le  cas  où  il  ne  vous  plairait  pas  de 
»  faire  immédiatement  ce  que  je  vous  demande, 
o  veuillez,  avant  de  prendre  une  décision,  attendre 
»  que  nous  ayons  eu  un  entretien  à  ce  sujet  (2).  » 

La  môme  requête  était  adressée  en  môme  temps  à 
Louis  VII,  par  sa  fille  la  comtesse  Marie,  dont  la 
lettre  nous  a  été  également  conservée  (3). 

Quelque  temps  après  son  mariage,  Henri  dut  s'oc- 
cuper de  nouveau  de  la  lutte  de  l'abbaye  de  Vézelay 
avec  le  comte  de  Nevers.  Le  comte  n'éts^^  plus 
celui  qu'on  avait  vu,  en  li5/i,  venir  en  aide  aux 
bourgeois  de  Vézelay  révoltés  :  Guillaume  III  était 


(1)  On  appelait  ainsi  certains  vassaux  roturiers  qui  n'étaient  point 
serfis,  et  qui  payaient  des  redevances,  non  pour  leur  corps,  mais 
pour  leurs  propriétés. 

(2)  D.  Bouquet.  XVI.  115  AB. 

(3)  D,  Bouquet,  XVI,  115  BC. 


84   [1165.] 

mort  (1),  laissant  pour  successeur  un  fils  de  même 
nom;  et  un  nouvel  abbé,  Guillaume  de  Mello,  avait 
succédé  à  celui  qui  avait  si  énergiquement  tenu  tête 
à  Guillaume  III  (2).  Mais  les  hommes  avaient  beau 
changer,  les  passions  et  les  causes  do  rivalité  subsis» 
taient.  Les  violences  exercées  à  plusieurs  reprises 
contre  l'abbaye  par  Guillaume  IV,  avec  le  concours 
d'Ida,  sa  mère,  firent  lancer  contre  le  comte  et  la 
comtesse  une  sentence  d'excommunication.  Ils  vou- 
lurent se  venger  :  le  jeudi  25  novembre  1165  (3), 
prétextant  un  droit  de  procuration,  c'est-à-dire,  le 
droit  de  se  faire  gratuitement  loger  et  nourrir  dans 
le  monastère,  ils  entrèrent  à  Vézelay,  à  la  tête  d*une 
armée,  et  saisirent  les  biens  et  les  revenus  de  l'ab- 
baye. Les  moines,  effrayés  et  dépouillés  de  tout, 
sortirent  de  leur  monastère  au  nombre  de  près  de 
soixante,  et  envoyèrent  en  avant  à  Paris  leur  prieur, 
qui  fit  prévenir  le  roi  par  Hugues  VI,  abbé  de  Saint- 
Germaindes-Prés.  Us  arrivèrent  eux-mêmes  à  Paris 
dans  la  soirée  du  second  dimanche  de  l'Avent,  c'est- 
à-dire,  le  5  décembre  suivant.  Toute  la  ville  se  mil 
en  mouvement,  il  y  avait  une  foule  immense  dans 
les  rues  pour  les  voir  passer;  ils  se  rendirent  d'abord 


(1)  En  1161 ,  le  21  novembre  (Art  de  vérifier  les  dates,  II, 
563). 

(2)  GalL  Christ,  nova,  IV,  471.  Ponce  de  iMontboissier  était 
mort  le  14  octobre  1161. 

(3)  Le  texte  de  Yllistoria  Vizeliacensis  monasterii,  ap.  D. 
Bouquet,  XII.  236  A,  porte  que  cet  événement  eut  lieu  le  26  no- 
vembre; mais  il  va  évidemment  là  une  faute  du  copiste  :  on  aurait 
dû  écrire  25,  puisque  l'auteur  ajouteque  c'était  le  jeudi.  En  1165,  le 
26  novembre  était  un  vendredi. 


[1165.]  —  8B   — 

à  la  cathédrale,  et  de  là  au  palais.  Louis  VII  vint  au- 
devant  d'eux  jusqu'en  haut  de  l'escalier.  Les  voyant 
se  jeter  à  ses  pieds  tout  en  larmes,  il  se  prosterna 
lui-même,  et  ne  consentit  à  se  relever  qu'à  la  condi- 
tion qu'ils  se  relèveraient  en  même  temps.  Alors  ils 
firent  leur  plainte.  «  Sachez,  »  répondit  Louis  VII, 
«  que  si,  outre  sa  terre,  le  comte  en  possédait  autant 
»  que  le  roi  anglais,  cela  ne  m'empêcherait  pas 
»  d'en  tirer  vengeance.  »  Après  l'avoir  remercié, 
les  moines  sortirent  du  palais,  prirent  la  route  de 
Saint-Germain-des-Prés,  et  reçus  à  la  porte  par  les 
religieux,  entrèrent  deux  à  deux  dans  l'église,  où  ils 
firent  leur  prière.  De  là,  ils  passèrent  dans  la  maison 
de  l'abbé,  où  ils  se  mirent  à  table.  Ils  devaient  res- 
ter trois  jours  dans  le  monastère.  Le  lendemain  de 
leur  arrivée,  l'abbé  de  Vézelay,  accompagné  de  celui 
de  Saint-Germain-des-Prés,  se  rendit  au  palais  avec 
quelques-uns  de  ses  moines.  Le  roi  était  assis  avec 
ses  frères,  Henri,  archevêque  de  Reims;  Robert, 
comte  de  Dreux,  et  Pierre  de  Courtenay  ;  près  d'eux, 
siégeaient  d'autres  barons,  conseillers  ordinaires  de 
la  couronne.  Un  des  moines  prit  la  parole  et  exposa 
les  faits  ;  il  y  avait  là  un  représentant  du  comte  de 
Nevers  qui  soutint  que  le  comte  avait  exercé  à  Vé- 
zelay un  droit  qui  lui  appartenait,  que  de  plus  le 
comte  n'avait  pas  chassé  les  moines,  mais  qu'eux 
s'étaient  retirés  de  leur  plein  gré  pour  lui  faire  in- 
sulte. Les  moines  répliquèrent  que  tous  leurs  biens 
étant  saisis  par  suite  de  l'occupation  à  main  armée 
faite  par  le  comte,  il  leur  était  impossible  de  vivre 
dans  leur  abbaye.  Le  jugment  de  la  cour  leur  fut  fa- 
vorable, et  ils  se  retirèrent  à  Moret  pour  attendre 
l'exécution  de  cette  décision. 


—   86  —  11165-1166.] 

Louis  VII  envoya  des  sergents  au  comte  de  Ne- 
vers,  pour  l'inviter  à  se  soumettre  à  la  sentence.  Ils 
n'obtinrent  de  Guillaume  que  des  injures  et  des  me- 
naces; ils  fallait  donc  recourir  à  la  force.  Louis  fit 
rédiger  par  ses  notaires  et  expédier  des  lettres  par 
lesquelles  il  sommait  ses  vassaux  de  se  trouver  réu- 
nis en  armes  le  vingtième  jour  après  Noël,  c'est-à- 
dire,  le  iU  janvier  1166. 

Les  affaires  en  étaient  là,  lorsque  le  comte  Henri 
et  son  frère  Thibaut  voulurent  intervenir  comme 
médiateurs.  Après  avoir  obtenu  avec  beaucoup  de 
peine  l'aveu  du  roi,  ils  allèrent  trouver  le  comte  de 
Nevers,  lui  reprochèrent  ses  torts,  lui  firent  pro- 
mettre de  se  soumettre  à  la  sentence  que  rendrait  le 
roi  après  un  nouvel  examen,  et  le  conduisirent  à 
Sens,  où  se  trouvait  Louis.  On  était  alors  au  com- 
mencement de  janvier.  A  ce  moment  môme,  l'abbé 
de  Vézelay  se  trouvait  à  Sens.  L'archevêque  de  cette 
ville  et  l'évéque  de  Meaux  cherchaient,  mais  en 
vain,  à  conclure  un  arrangement  entre  la  comtesse 
de  Nevers  et  lui.  L'abbé  avait  fixé  son  départ  au  jour 
suivant,  quand  lui  arriva,  le  soir,  un  envoyé  du 
comte  Thibaut  qui  demandait  un  entretien  pour  le  len- 
demain. L'abbé  resta  donc,  et  le  lendemain,  comme 
il  se  rendait  au  palais,  le  comte  Henri  et  le  comte 
Thibaut  vinrent  au-devant  de  lui.  Ils  lui  deman- 
dèrent de  faire  avec  son  adversaire  une  transaction  ; 
mais  l'abbé  refusa.  «  J'ai  mis,  »  dit-il,  «  ma  cause 
»  entre  les  mains  du  seigneur  pape  et  du  seigneur 
»  roi^  et  aucune  concession  ne  m'est  possible  sans 
»  leur  consentement.  »  Puis  les  deux  comtes  en- 
trant seuls  dans  la  pièce  où  était  le  roi,  lui  exposèrent 
leur  projet  de  transaction  en  le  priant  de  l'adopter. 


[1166.]  —  87  — 

Louis  les  écouta  et  fit  appeler  l'abbé.  Celui-ci,  à 
peine  entré,  entendit  plusieurs  des  assistants  lui  par- 
ler dans  le  même  sens  qu'Henri  et  que  Thibaut,  et, 
voyant  que  le  roi  seul  lui  témoignait  une  bienveil- 
lance entière,  que  du  reste  sans  l'appui  du  roi  il 
n'arriverait  à  rien,  il  fit  acte  de  diplomate  achevé. 
«  Je  confie,  x>  lui  dit-il,  «  tous  mes  intérêts  à  votre 
»  prudence,  je  me  soumettrai  à  votre  décision ,  quelle 
»  qu'elle  soit,  et  ainsi  je  dégagerai  complètement  ma 
»  responsabilité.  »  Le  comte  de  Nevers  n'était  pas 
présent  :  Louis,  indigné  de  sa  conduite,  ne  voulait 
ni  lui  parler,  ni  même  le  voir;  mais  il  était  repré- 
senté par  des  avocats.  «  Le  comte  veut -il,  comme 
»  l'abbé,  s'en  rapporter  à  ma  décision  ?  »  leur  de- 
manda le  roi.  Ils  répondirent  que  non.  «  Comment 
»  donc,  »  s'écria  le  roi  irrité,  «  l'abbé  auquel  on  a 
0  fait  tort  et  qui  n'est  mon  sujet  qu'à  demi,  se  livre 
»  entièrement  à  ma  discrétion,  et  le  comte  qui  a  tous 
»  les  torts,  qui  m'a  fait  hommage  comme  vassal, 
»  qui  ne  peut  contester  mon  droit  de  justice,  refuse 
»)  de  se  soumettre  à  ma  décision  et  à  celle  de  ma 
0  cour?  Que  l'abbé  ne  se  laisse  pas  tromper  par  les 
»  conseils  qu'on  lui  donne  !  jamais  mon  aide  ne  lui 

9  fera  défaut.  » 

On  discuta  longtemps.  Enfin,  on  convint  des 
termes  d'un  arrangement.  Le  roi  fit  appeler  le  comte 
de  Nevers  qui,  la  main  dans  celle  du  monarque, 
promit  de  remettre  les  moines  en  possession  de  tous 
les  biens  dont  ils  étaient  en  jouissance  avant  leur 
départ,  et  de  les  indemniser  du  tort  qu'il  venait  de 
leur  faire  en  les  dépossédant.  Mais  le  montant  de 
l'indemnité  devait  être  ultérieurement  fixé,  sur  les 
preuves  que  les  moines  fourniraient  ;  pour  en  assu- 


—   88   —  [1166.] 

rer  le  paiement,  le  comte  donna  quatre  cautions, 
entre  autres,  Ânseau  et  Garnier  de  Traîne!  ;  ces 
quatre  cautions,  mettant  la  main  dans  celle  du 
comte  de  Blois,  déclarèrent  que,  si  quarante  jours 
après  les  preuves  faites,  le  comte  de  Nevers  refusait 
de  payer  Tindemnilé,  Tabbé  de  Vézelay  serait  en 
droit  de  leur  adresser  une  sommation,  et  que,  dans 
les  quinze  jours  de  la  sommation,  ils  se  rendraient  à 
Sens,  d'où  ils  ne  sortiraient  pas  avant  que  satisfaction 
n'eût  été  donnée  à  l'abbé,  soit  par  le  comte  de  Ne- 
vers,  soit  par  eux-mêmes. 

Aussitôt  cette  convention  conclue,  Tabbé,  accom- 
pagné du  roi,  prit  la  roule  de  Vézelay,  où  il  arriva 
assez  tôt  pour  célébrer  la  fête  de  T Epiphanie.  Mais  sa 
querelle  avec  le  comte  de  Nevers  n'était  point  en- 
core terminée,  puisque  le  trailé  ne  tranchait  pas  la 
question  de  droit  soulevée  par  les  faits  :  à  savoir  en 
quoi  consistait  le  droit  de  procuration  prétendu  par 
le  comte  de  Nevers.  Le  comte  de  Champagne,  le 
comte  de  Blois  et  Anseau  de  Traînel,  se  proposèrent 
pour  médiateurs, et  eurent  une  conférence  avec  le 
comte  de  Nevers  et  Tabbé  de  Vézelay  à  Auxerre,  un 
jour  du  carême  de  Tannée  1166.  On  s'entendait  sur 
un  point,  c'est  qu'il  était  dû  au  comte  de  Nevers 
deux  procurations  par  an;  les  trois  médiateurs  pro- 
posèrent que  chaque  fois  les  prostations  en  nature 
fussent  remplacées  par  une  somme  fixe  de  soixante 
livres,  qui  ne  serait  payée  au  comte  que  lorsqu'il  se 
présenterait  en  personne.  Ils  ajoutèrent  que,  pour 
obtenir  cette  transformation  de  sa  dette,  l'abbé 
verserait  une  somme  de  700  livres  ;  mais  ce  dernier 
offrait  seulement  50  livres  par  procuration  et  600 
une  fois  payées.  Le  comte  de  Nevers,  de  son  côté, 


[1186.]  —   89  — 

demandait  80  livres  par  procuration  et  iOOO  livres 
une  fois  payées  ;  en  sorte  que,  le  soir  venu,  on  se  sé- 
para sans  avoir  rien  fait. 

L'abbé  prévint  le  roi  de  ce  qui  s'était  passé;  et, 
sur  sa  demande,  Louis  adressa  au  comte  Henri  des 
félicitations,  le  priant  de  ne  pas  se  décourager  e^  de 
faire  de  nouveaux  efforts  pour  concilier  les  deux 
parties.  Au  reçu  de  cette  lettre,  le  comte  Henri 
donna  à  l'abbé  rendez-vous  à  Troyes  le  Lundi- 
Saint  18  avril  ;  en  môme  temps,  il  envoya  un  mes- 
sager au  comte  de  Nevers,  et  lui  fit  dire  que,  comme 
parent,  il  le  priait  de  vouloir  bien  se  rendre  à  Troyes 
le  même  jour  pour  s'arranger  avec  l'abbé.  «  Si  vous 
avez  à  me  parler,  venez  vous-même  à  Âuxerre,  »  lui 
fit  répondre  le  comte  de  Nevers  qui,  étant  aussi 
comte  d'Âuxerre,  avait  dans  cette  ville  un  palais. 
Cette  (iére  parole  blessa  fort  le  comte  Henri  qui  en 
écrivit  au  roi  et  à  l'abbé.  Ce  dernier  voyait  trom- 
pées les  espérances  que  lui  avait  données  la  bonne 
volonté  du  comte  de  Champagne  ;  il  résolut  de  faire 
on  nouvel  appel  à  la  justice  du  roi,  et  se  mit  en  route 
pour  l'aller  trouver.  Ce  prince  était  à  Orléans;  l'abbé 
y  arriva  le  Jeudi-Saint,  21  avril,  et  fit  sa  plainte 
à  laquelle  le  roi  répondit  en  envoyant  au  comte  de 
Nevers  l'ordre  de  comparaître  devant  lui  à  Moret, 
le  mercredi  de  Pâques  27  avril.  Au  jour  dit,  le  roi, 
le  comte  et  l'abbé,  accompagnés  chacun  de  leurs 
gens,  se  rencontrèrent  dans  la  forêt  qui  dominait  la 
ville  de  Moret.  Cette  entrevue  ne  produisit  aucun  ré- 
sultat ;  une  seconde,  le  lendemain,  fut  également  inu- 
tile, et  pendant  ce  temps  les  hommes  du  comte,  en- 
trant dans  les  terres  de  l'abbaye,  y  enlevaient  une 
quantité  considérable  de  butin.  Ce  nouvel  excès 


—  90  —  [iM.] 

comblait  la  mesure.  Le  roi,  irrité,  fit  convoquer  son 
armée  k  Sens  pour  le  dimanche  17  j^iillet,  et  k 
comte,  effrayé,  lui  envoya  Guillaume  I*  de  Dann* 
pierre,  connétable  de  Champagne,  par  lequel  il  lui 
fît  promettre  qu'il  se  soumettrait  à  sa  décision.  Une 
nouvelle  conférence  se  tint  à  Morel,  et  le  roi,  après 
avoir  entendu  les  deux  parties^  nomma  pour  les  ju- 
ger deux  arbitres  :  Henri,  archevêque  de  Reims, 
son  frère,  et  Henri,  comte  de  Champagne.  Le  comte 
de  Nevers,  mettant  la  main  dans  celle  de  Pierre, 
comte  de  Dreux,  autre  frère  du  roi,  jura  qu'il  se 
soumettrait  à  la  sentence,  et  l'abbé  donna  sa  parole 
qu'il  ferait  de  môme.  Le  roi  se  réservait  de  fixer  le 
jour  où  les  arbitres  entendraient  et  jugeraient;  mais  il 
annonça  que  ce  serait  aux  environs  de  la  Saint-Denis, 
9  octobre.  Dans  l'intervalle,  le  roi  voulait  faire  une 
expédition  contre  le  comte  de  Chalon-sur-Saône. 
Aussitôt,  l'abbé  se  rendit  à  Troyes  pour  y  voir  le 
comte  Henri  ;  mais  il  ne  parait  pas  qu'en  définitive 
on  ait  eu  recours  au  ministère  du  prince  champenois. 
Différentes  circonstances  avaient  fait  remettre  le  ju- 
gement au  il  novembre,  quand  la  veille  l'abbé  de 
Vézelay  et  le  comte,  de  Nevers,  réunis  à  Paris  en 
présence  du  roi,  terminèrent  leur  longue  querelle 
par  un  traité  qui  d'ennemis  acharnés  les  fit,  dit-on, 
intimes  amis  (i). 

L'année  suivante,  une  lutte  armée  recommença 
entre  le  roi  de  France  et  celui  d'Angleterre  ;  les  deux 
princes  se  brûlèrent  réciproquement  plusieurs  places. 


(1)  HUlùrié  ViMeliacenris  numasterii,  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
336-342. 


[1197*1188.]  —    91    — 

Cetteguerrc  avait  diverses  causes,  notamment  les  pré- 
tentions du  roi  d'Angleterre  sur  l'Auvergne^  la  ques- 
tion de  savoir  par  les  envoyés  duquel  des  deux 
princes  devait  être  porté  à  Jérusalem  le  produit 
d'une  quête  faite  à  Tours  (i),  et  enfin  l'appui  donné 
par  Louis  à  l'archevêque  de  Gantorbéry  toujours 
exilé  en  France  (2).  Une  trêve  fut  conclue  au  mois 
d'août,  elle  devait  durer  jusqu'à  Pâques  suivant  (3). 
Pendant  cette  trêve,  le  comte  Henri  fit  des  efforts 
multipliés  pour  négocier  entre  son  beau-pére  et  le 
monarque  anglais  une  paix  définitive.  Mais  comme 
notre  comte  et  le  prince  anglais  cherchaient,  disait- 
on,  à  se  surpasser  l'un  et  l'autre  en  astuce  (/i),  notre 
comte  se  donna  longtemps  une  peine  inutile. 

Ce  dernier  et  le  roi  d'Angleterre  s'envoyaient 
courriers  sur  courriers  (5).  Enfin,  le  roi  d'Angle- 
terre consentit  à  proposer  au  roi  de  France  un  pro- 
jet de  traité  dont  l'analyse  nous  a  été  conservée  : 
il  devait  rentrer  dans  l'hommage  du  roi  de  France, 
et  jurer  qu'il  lui  ferait  à  l'avenir  le  service  auquel 
il  était  obligé  comme  duc  dé  Normandie.  Quant 
aux  comtés  d'Anjou  et  du  Maine,  il  consentait  à 
les  céder  à  son  fils  Henri  Court-Mantel,  qui  devait 
en  £aire  hommage  au  roi  de  France,  en  lui  pro- 


(1)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  312  G. 

(2)  Gervasius  Dorobernensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  130  B. 

(3)  Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  310  E. 

(4)  Johannis  Saresberiensis  episiolaSS,  ap.  D.Bouquet,XVI, 
577  G.  Gette  lettre  date  du  mois  de  décembre  1167. 

(5)  Johannis  Saresberiensis  epistola  75,  ap.  D.  Bouquet,  XVI, 
587  D.  Gette  lettre  fut  écrite  en  1168. 


92   [ii68-4i69.] 

mettant  fidélité  contre  tous,  môme  contre  son  père. 
Le  duché  d'Aquitaine  passait  aux  mêmes  conditions 
à  Richard,  frère  puiné  d'Henri  Gourt-Mantel,  et  Ri- 
chard épousait,  comme  son  frère,  une  fille  du  roi  de 
France.  Une  dernière  clause  prescrivait  des  deux  cô- 
tés la  mise  en  liberté  des  prisonniers. 

Henri  le  Libéral,  comte  de  Champagne,  et  Phi- 
lippe, comte  de  Flandre,  qui  s'était  associé  à  lui 
dans  cette  circonstance,  présentèrent  ce  projet  au 
roi  français  dans  une  assemblée  tenue  à  Soissons 
en  1168,  un  peu  avant  Pâques.  Louis  l'accepta. 
Pour  rendre  le  traité  définitif,  une  seule  formalité 
était  nécessaire,  c'était  la  ratification  du  roi  d'An- 
gleterre. Le  comte  Henri  se  mit  en  route  pour  aller 
chercher  cette  ratification;  mais  le  roi  d'Angleterre 
lui  fit  dire  de  ne  pas  se  déranger,  qu'il  partait  pour 
une  expédition  dans  le  Poitou,  et  il  chargea  trois  am- 
bassadeurs de  continuer  les  négociations.  A  cette 
nouvelle,  le  roi  de  France  furieux  et  se  croyant 
joué,  déclara  que  rien  n'était  fait  et  reprit  ses  pro- 
jets de  guerre  (1).  L'année  se  passa  en  négociations 
et  en  escarmouches  ;  ce  fut  seulement  à  Noël  que  les 
comtes  de  Champagne  et  de  Flandre  parvinrent  à 
obtenir  le  résultat  qu'ils  désiraient  :  les  préliminaires 
de  la  paix  furent  arrêtés.  Peu  après,  le  jour  de  l'Epi- 
phanie 1169,  les  deux  rois  de  France  et  d'Angle- 
terre eurent  à  Montmirail  une  entrevue  où  ils  se  ré- 
concilièrent, et  où  tout  fut  réglé  conformément  au 


(1)  Johannis  Saresheriensis  epistola  74,  ap.  D.  Bouquet,  XVI, 
585AB. 


[1169-1173.]  —   93    

projet  présenté  par  les  deux  comtes  à  l'assemblée  de 
SoissoDs  (i). 

Cette  paix  ne  devait  pas  durer  longtemps.  Dés  la 
Saint-Jean  de  Tannée  suivante,  Louis  entrait  en  enne- 
mi sur  les  terres  de  son  rival  (2),  et  les  deux  rois  se 
trouvèrent  de  nouveau  complètement  brouillés  en 
il73. 

Henri  Gourt-Mantel  et  sa  femme  Marguerite,  fille  du 
roi  de  France,  avaient  été  successivement  couronnés 
comme  roi  et  comme  reine  d'Angleterre  (3).  Louis 
suggéra  à  son  gendre  de  demander  à  son  père  l'An- 
gleterre ou  la  Normandie,  prétextant  qu'un  roi  ne 
pouvait  se  contenter  d'un  aussi  petit  fief  que  le 
Maine  et  l'Anjou.  Le  jeune  prince,  mal  reçu  par  son 
père,  se  réfugia  auprès  du  roi  de  France,  qui  réunit 
les  barons  et  les  prélats  français  en  assemblée  solen- 
nelle à  Paris.  Le  roi  y  jura,  la  main  sur  l'Evangile, 
qu'il  aiderait  de  tout  son  pouvoir  le  jeune  prince  à 
faire  la  guerre  à  son  père  et  à  s'emparer  du  royaume 
d'Angleterre.  11  fit  prêter  le  même  serment  aux  ba- 
rons présents,  parmi  lesquels  notre  comte  se  trou- 
vait (À).  Cette  assemblée  se  tint  aux  fêtes  de  Pâques 
1173  (5). 


(1)  Gervasius  Dorobernensis ,  Chronicon  de  regibus  Anglix, 
ap.  D.  Bouquet,  XIII,  131  DE,  132  A.« 

(2)  Benedictus  Petroburgensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIU,  183 B; 
Hovedenus,  ibid.,  n. 

(3)  Henri,  le  14  juin  1170;  Marguerite,  le  28  août  1172. 

(4)  Benedictus  Petroburgensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  150  E, 
151  A. 

(5)  Gervasius  Dorobernensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  137  B. 


—   94   —  [1173.1 

Trois  mois  après^  c'est-à-dire  à  l'octave  de  la 
Saint-Pierre  et  de  la  Saint-Paul,  Tarmée  française 
était  réunie  et  marchait  à  la  coaquéte  de  la  Norman- 
die. Notre  comte  et  son  frère  Thibaut  faisaient  par- 
tie de  l'expédition.  On  commença  par  le  siège  de 
Verneuil.  Les  bourgeois  résistèrent  courageusement 
pendant  plus  de  trois  semaines  aux  assaillants  et  à 
leurs  machines  de  guerre;  puis,  voyant  que  les 
vivres  manquaient,  ils  demandèrent  un  armistice  de 
trois  jours  pour  aller  solliciter  le  secours  du  roi 
d'Angleterre.  Ils  promettaient  que,  si  le  secours  ne 
venait  pas  dans  les  trois  jours  qui  suivraient  l'expi- 
ration de  l'armistice,  ils  rendraient  la  place.  Le  roi 
de  France  accepta  leurs  propositions  ;  ils  lui  don- 
nèrent des  otages,  et  lui,  en  les  recevant,  jura  que  ^ 
si  Verneuil  était  livré  au  jour  convenu ,  les  otages 
seraient  restitués,  et  la  ville  ne  subirait  aucun  dom- 
mage. Robert,  comte  de  Dreux  ;  Henri,  comte  de 
Champagne;  Thibaut,  comte  de  Blois;  Guillaume, 
archevêque  de  Sens,  donnèrent  leur  parole  que  cette 
convention  serait  observée  :  on  était  alors  au  com- 
mencement d'août.  Le  jour  fixé  pour  la  reddition  de 
la  place  était  le  9  de  ce  mois  :  le  roi  d'Angleterre 
arriva  le  8,  se  laissa  amuser  par  des  négociations 
fallacieuses,  vit  prendre  et  brûler  Verneuil  devant 
lui,  mais  contraignit  son  adversaire  à  une  retraite 
précipitée  (1).         t 

L'année  suivante,  notre  comte  prit  part  à  une 

(1)  Benedictus  Petroburgensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  135-155; 
^dvMwsdeTiiceio,  Imagines  historiarum.\h\d.,l9iE,  193  ABC. 
Si  le  premier  de  ces  auteurs  dit  que  la  résistance  de  Verneuil  dura 
un  mofi^  c'est  qu'il  y  comprend  les  six  jours  qui  ont  suivi  la  conclu- 


[«74-li75.]  95    — 

nouvelle  tentative  du  roi  de  France  en  Normandie. 
Le  roi  d'Angleterre  était  absent.  L'armée  française 
arriva  sous  les  murs  de  Rouen  le  22  juillet,  et  en  fît 
le  siège  jusqu'au  14  août,  jour  où  l'approche  du  roi 
d'Angleterre  et  le  défaut  de  vivres  la  contraignit  à 
se  retirer  (1).  Soit  à  l'aller,  soit  au  retour,  Henri  le 
Libéral,  passant  à  Pontoise,  data  de  cette  ville  une 
charte  donnée  à  Mathieu  de  Beaumont  (2). 

Cette  déplorable  guerre,  où  un  fils  armé  contre 
son  père  était  soutenu  par  le  roi  et  par  les  barons 
français,  finit  la  même  année.  Quelques  mois  après, 
le  1^  avril  1175,  Henri  Court-Mantel,  se  jetant  tout 
en  larmes  aux  pieds  de  son  père,  lui  faisait  hom- 
mage, lui  jurait  fidélité,  donnait  pour  garants  de  sa 
conduite  à  venir  plusieurs  évêques  et  barons  pré- 
sents, et  promettait  en  outre  le  cautionnement  du  roi 
de  France  et  de  divers  barons  français,  entre  autres 
du  comte  Henri  (3).  Sept  ans  plus  tard,  le  jeune 
prince,  oubliant  son  serment,  se  révoltait  de  nouveau, 
et  bientôt  après  il  mourait  rebelle  ;  mais  le  roi  de 
France  et  notre  comte  n'en  furent  pas  témoins,  ils 
étaient  déjà  l'un  et  l'autre  descendus  dans  le  tom- 
beau. 


8Îon  de  l'armistice  ;  autrement,  le  siège  aurait  duré  trente-six  jours, 
ce  qui  est  impossible  puisqu'il  fut  levé  le  9  août,  et  que  la  cam- 
pagne n'avait  commencé  que  le  6  juillet. 

(1)  Chroniean  Rothomagense,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  786  B; 
Guillelmus  Neubrigensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  116-117;  Radul- 
ftis  de  Diceto,  Imagines  hisiorianim,  ibid.,  195-196. 

{%)  Cari,  de  la  e(mtesse  Blanche,  f^  vi^n  r. 

(3)  Henrici  //,  Angliœ  régis,  episiola  63,  ap.  D.  Bouquet, 
XVI,  652  D  ;  Bened.  Petroburgensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  162  C  ; 
BadoUus  de  Diceto,  Imagines  histariamm^  ibid.,  198  B. 


—  96  —  [iist.) 


IVete  A  (voir  plus  haut,  p.  82). 

(1)  Ce  double  mariage  est  signalé  par  une  fouie  d'auteurs  [Gesta 
Ltèdovici  VII  régis,  ap.  Duchesne,  IV,  411;  Historia  Ludovid 
VIL  ap.  D.  Bouquet,  XII,  128  A  ;  Grandes  Chroniques  de  France, 
ibid.,  202 C;  Abrégé  de  l'Histoire  des  rois  de  France,  ibid., 
229  B;  Bernardus  Guide,  De  Origine  regum  Francorum,  ibid., 
231 B  ;  Fragmentum  Historicum,  ibid,  286  B  ;  Chronicon  CofniL 
Pictav.,  ibid.,  410 C;  Chronicon  Turonense,  ibid,  471  D;  Guil- 
lelmus  Neubrigensis,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  102 A;  Radulfus 
Coggeshale,  ibid.,  218 D;  Andraeas  Marcianensis,  ibid.,420D). 
Mais  un  seul  auteur  nous  donne  une  date,  c'est  Robert  du  Mont 
(ap.  D.  Bouquet,  XIII,  308-309)  qui,  sous  l'année  1164,  s'exprime 
en  ces  termes  :  Cornes  Camotensis  Theohaldus  despondit  filiam 
Ludovid  régis  Frafwiœ  ;  et  rex  ei  concessit  dapiferatum  Fran- 
cix,  quem  cornes  Andegavensis  antiquitus  habebat  :  unde  etiam 
nostris  temporibus  pro  eo  serviebat,  et,  inde  homagium  ei  fa- 
ciens,  ut  dominum  fwtwrabat.  Henricus  autem  frater  ejus  pri" 
mogenitus,  cornes  Trecensis,  iterum  assumpsit  filiam  Ludovid 
régis,  quam  prius  dimiserat. 

Ce  texte  renferme  deux  erreurs  :  la  première  est  de  fixer  à  l'année 
1164  l'élévation  de  Thibaut  V,  comte  de  Blois  et  de  Chartres,  à  la 
dignité  de  grand  sénéchal,  ou  dapifer.  Cette  erreur,  reproduite 
par  Y  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  620,  col.  2,  mais  qu'ont  évité 
Anselme  (Histoire  généalogique,  II.  845)  et  Mabiilon  {De  re  di- 
plomatica,  122  DE),  nous  a  semblé  mériter  une  démonstration 
qui  complétera  les  renseignements  réunis  sur  le^  sénéchaux  de 
France  au  xii«  siècle  dans  notre  Tome  II,  p.  270-275,  et  287- 
289  notes. 

Un  relevé  fait  par  nous  des  diplômes  du  roi  Louis  VII,  de  1152 
à  1 163,  nous  a  donné  les  résultats  suivants  : 

\\   1152,  Ampliss.  colL  I.  823.  S.  Radulfi,Viromandorum 
comitis,  dapiferi  nostri. 

2».   1152,  Regni  XVL  GalL  Christ.,  VII.  511.   Signum 
régis  loco  dapiferi,  qui  tune  nuUus  in  palaUo. 


1  . 


[li5S-1163.]  97   

Z\  1153,  Gall.  Christ..  VII,  Instr,  335.  Sine  dapifero  tune 
eramus. 

4«.  1153,  Ordonnances,  XI,  199.  Sine  dapifero  tune  erat 
domus  nostra. 

5®.  1153,  Histoire  de  la  Maison  de  Dretuo,  p.  234.  Il  n'est 
pas  question  de  dapifer,  les  autres  grands  offi- 
ciers sont  nommés. 

6\  1153,  D'Achery,  XI,  335-338.  Môme  observation  que 

pour  la  charte  précédente. 
1^.  1153,  Félibien.  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis, 

p.  109.  Domus  nostra  sine  dapifero  tune  erat. 

S\  1154,  Ann. Bened..\l  725.  S.  Theohaldi.  eomitis  Ble- 
sensis,  dapiferi  nostri. 

9^  1155,  Ann.  Bened.,  VI,  552.  S.  eomitis  Theobaldi.  dor 
piferi  nostri. 

10<».   1 155.  Gall.  Chnst..  X,  123.  Signum  eomitis  Theobaldi. 

dapiferi  nostri. 

11».   1155,  Ordonn.,  XI,  200.  Comitis  Theobaudi.  dapiferi 

nostri. 

12^   1156,  Gall.  Christ..  XII,  41-42.  S.  Blesensis  comitis 

Theobaudi,  dapiferi  nostri. 

13^   1156.  Gall.  Christ.,  VI.  299.  S.  comitis  Blesensium 

Theobaldi,  dapiferi  nostri. 

U\   1157.  Gall.  Christ.,  VI,  42-43.  S.  comitis  Blesensium 

Theobaudi,  dapiferi  nostri. 

15^  1158,  Ordonn..  III.  303.  S.  Comitis  Theobaldi,  dapi- 
feri nostri. 

160.   1159^  Gall.  Christ.,  VII,  69-79.  S.  comitis  Theobaldi 

dapiferi. 

1 7®.   1159,  Ordonn.,  XI,  204. 11  n'est  pas  question  de  dapifer, 

les  autres  grands  officiers  sont  nommés. 

18®.   1160.  ]'rhibaut,  comte  de  Blois.  continue  à  remplir  les 
-     /    mômes  fonctions.  (Voir  les  autorités  citées  par 
19*>.   llbl.  >     ^  De\[^\Q^  Catalogue  des  actes  de  Philippe- 
20®.   1162.  )     Auguste,  p.  4,  n.  4.) 
SI*».   1163,  Eludes  sur  les  abbayes  cisterciennes,  382-384. 

S.  comitis  Theobaldi,  dapiferi  nostri. 


—  98  —  [iin-iiei.] 

La  charte  i)"*  1  établit  que  Raoai  I ,  comte  de  Vermandois,  dit 
ailleurs  Kaoul  de  Péronne,  était  encore  sénéehal  au  commencemeot 
de  l'année  1152,  c'est-à-dire  au  momeot  de  sa  Biort  {Ari  de  Wrt- 
fier  les  dates,  II,  706,  les  savants  auteurs  ont  tort  d'hésiter, 
pour  la  date  de  cet  événement,  entre  l'année  1151  et  l'année  1152). 
Après  la  mort  de  Raoul,  la  charge  de  sénéchal  fut  vacante  pen- 
dant dix-huit  mois  ou  deux  ans.  Ce  fait  est  établi  par  les  chartes 
n"  2,  3,  4,  5,  6.  7.  En  1154,  Thibaut  V,  comte  de  Blois,  en  fut 
investi  (charte  n*8).  En  1159»  ayant  quitté  le  parti  du  roi  de  France 
et  fait  hommage  au  roi  d'Angleterre  (Robertus  de  Monte,  ap.  D. 
Bouquet,  XIII,  302  n,  2*  col.),  comme  nous  l'avons  vu  plus  haut, 
il  fut  momentanément  dépouillé  de  ses  fonctions  qui  ne  furent  don- 
nées h  personne  (charte  n?  17);  il  les  reprit  les  années  suivantes 
(n°*  18, 19,  20  et  21).  On  peut  supposer  que  Thibaut,  comme  ses 
prédécesseurs  (Hugo  de  Cleeriis,  De  majoratuetsenescalcia  Frat^ 
ciœ,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  494  A),  a  tenu  la  sénéchaussée  de  France 
en  fief  du  comte  d'Anjou  qui,  à  cette  époque,  était  le  même  homme 
que  le  roi  d'Angleterre.  Aussi  voyons-nous,  en  1158,  le  roi  d'An- 
gleterre exercer  les  fonctions  de  sénéchal  de  France  (Gervasius 
Dorobernensis ,  Chronicon  de  regibus  Anglisp,  ap.  D.  Bouquet, 
XIII,  126  E);  et  plus  tard,  en  1169,  Thibaut  conservant  la  charge 
de  sénéchal,  Henri  Court-Mantal,  fils  du  roi  d'Angleterre,  faire 
hommage  au  roi  de  France  de  la  sénéchaussée  de  France,  en  même 
temps  que  du  comté  d'Anjou  (Robertus  de  Monte,  ap.  D.  Bouquet, 
XIII.  312  E). 

Quoiqu'il  en  soit,  si  nous  revenons  au  texte  de  Robert  du  Mont, 
qui  nous  a  servi  de  point  de  départ,  nous  trouvons  que  Thibaut, 
comte  de  Blois  et  de  Chartres,  était,  nonobstant  ce  texte,  sénéchal 
de  France  dix  ans  avant  l'année  1164.  Mais  on  peut  entendre  ce 
texte  en  ce  sens  que  Thibaut  aura  été  fiancé  à  Alix  de  France  en 
1154,  qu'il  aura  été  fait  sénéchal  en  conséquence,  et  que  le  ma^ 
riage  aura  eu  lieu  dix  ans  plus  tard. 

La  seconde  erreur  de  Robert  du  Mont  se  trouve  dans  les  dernières 
lignes  du  texte  cité,  où  il  nous  fait  entendre  qu'après  avoir  épousé 
Marie  de  France  et  s'être  séparé  d'elle,  le  comte  Henri  l'aurait  re- 
prise  en  1164.  Suivant  nous,  Robert  du  Mont  a  pris  pour  un  ma- 
riage les  fiançailles  célébrées  en  1147,  et  pour  une  réconciliation 
entre  époux  le  mariage  d'Henri  réalisé  enfin,  en  1164,  avec  une 
fiancée  longtemps  négligée.  Il  nous  paraît  difficilement  admissible 


tii«4.3  —  99  — 

qu'une  séparation  de  corps  ait  pu  avoir  lieu  entre  Henri  et  sa 
femme,  sans  qu'il  nous  soit  resté  trace  de  la  procédure  ecclésias- 
tique à  laquelle  une  si  grande  affaire  aurait  donné  lieu.  D'ailleurs, 
aucune  des  lettres  où  Henri  donne  à  Louis  VII  le  titre  de  père  n'est 
antérieure  à  Tannée  1164.  Nous  avons  démontré  plus  haut  (p.  70] 
l'erreur  des  continuateurs  de  D.  Bouquet  (XVI,  68  C]  sur  la  date  de  la 
lettre  215*  du  registre  de  Louis  VU;  enfin,  c'est  en  1165  ou  1166 
qu'a  dû  naître  le  fils  aîné  d'Henri  le  Libéral  et  de  Marie,  Henri  II, 
comte  de  Champagne,  qui  devint  majeur  en  1186  ou  1187. 


—  100  —  [im] 


CHAPITRE  V. 


I«éseiiile  d^Anne  Miuiiiler.  —  Secomle  erolMide  el  mort  d'Henri. 

4475-4  481. 

L'année  1175  est  la  date  probable  d'un  événe- 
ment dont  les  chroniqueurs  ne  parlent  pas,  mais 
dont  le  souvenir  nous  a  été  conservé  par  la  tradi- 
tion et  par  un  espèce  de  chant  de  triomphe  de  date 
incertaine  que  nous  allons  reproduire  en  l'abré- 
geant. 

Trois  chevaliers  mécontents  se  révoltèrent  contre 
leur  seigneur  et  voulurent  le  tuer,  mais  alors  vivait 
une  femme  nommée  Anne,  qui  savait  gouverner  sa 
famille  et  mener  sa  maison.  Anne  comprit  la  pensée 
des  traîtres  ;  elle  vit  qu'il  s'agissait  de  porter  la  main 
sur  le  comte  Henri,  et  qu'une  mort  certaine  lui  était 
réservée.  Entrée  dans  son  oratoire,  elle  se  prosterna 
contre  terre,  et  se  mit  à  prier  Dieu  qu'il  dirigeât  ses 
pas  et  qu'il  l'aidât  à  délivrer  le  prince.  Lorsqu'elle 
eut  cessé  de  crier  au  Seigneur,  elle  se  leva,  et  cei- 
gnant un  glaive,  elle  partit  pour  le  lieu  où  se  trou- 
vaient les  traîtres.  Or,  ils  étaient  à  table,  buvant  et 
mangeant  comme  un  jour  de  fête.  Anne  dit  au  chef 
des  conjurés  :  J'ai  à  te  parler  en  secret.  Il  se  leva 
aussitôt  et  sortit  avec  elle,  laissant  tous  ceux  qui 
l'entouraient.  Alors  elle  étendit  la  main,  et,  tirant  son 
poignard  de  sa  cuisse,  elle  l'enfonça  dans  le  ventre 
du  conspirateur  avec  tant  de  force  que  le  fer  entra 


[H75].  101    

dans  la  plaie  jusqu'à  la  garde  :  lui,  frappé  à  mort, 
tomba  et  expira;  il  était  étendu  aux  pieds  d'Anne. 
Lorsque  les  conjurés  virent  leur  chef  baigné  dans  le 
sang,  la  crainte  descendit  sur  eux,  ils  perdirent  l'es- 
prit et  le  conseil.  Et  il  s'éleva  une  clameur  incom- 
parable au  sein  de  la  cité  :  chaque  homme  saisit  ses 
armes;  ils  sortirent  avec  un  grand  bruit  et  des  cris 
effrayants;  ils  coururent  vers  Anne,  depuis  le  plus 
petit  jusqu'au  plus  grand;  ils  ne  laissèrent  passer 
personne,  aucun  des  conjurés  ne  put  s'évader.  Anne 
leur  raconta  le  complot  des  conjurés  :  ils  se  saisirent 
d'eux,  les  chargèrent  de  chaînes,  et  mirent  à  leur 
complices  des  menottes  de  fer.  Les  coupables,  après 
avoir  subi  la  torture  (1),  avouèrent  leur  crime;  le 
comte  Henri  les  fît  conduire  à  la  mort,  et  chacun 
d'eux  fut  suspendu  au  gibet.  Henri  dit  à  Anne  :  «  On 
A  t'appellera  la  noble  femme  forte,  que  ton  mari  soit 
o  noble  aussi  au  milieu  des  cours,  qu'il  prenne  rang 
»  parmi  les  grands  de  la  terre.  Rédigez-donc  les 
»  lettres  sous  telle  forme  qu'il  vous  plaira,  voici 
0  mon  anneau  pour  les  signer  (2).  »  La  gloire  du  nom 
d'Anne  croissait  chaque  jour  de  bouche  en  bouche. 
De  ce  jour-là  son  mari  devint  pour  jamais  grand 
devant  le  peuple,  car  il  était  convive  du  prince  et 
honoré  par  dessus  tous  ses  amis  (3). 


(1)  La  torture  est  un  moyen  d'information  relativement  moderne 
subtitué  au  duel  judiciaire  par  une  procédure  plus  savante  que  celle 
du  xn*  siècle.  Il  y  a  donc  là  un  anachronisme. 

(2)  Il  y  a  encore  là  un  autre  anachronisme,  Henri  ne  scellait  pas 
avec  son  anneau. 

(3)  Bourquelot,  ap.  BibL  de  V école  des  Chartes,  \^  série,  I, 
293-504. 


—  102  —  [liTij 

Cette  pièce  est  imitée  do  Uvre  de  Judith. 

La  tradition  de  Troyes,  telle  qu'elle  eit  rapportée 
par  Courtalon  à  la  fin  du  siècle  dernier,  fait  d'Amie 
Musnter  une  héroïne  beaucoup  moins  biblique^ 
Dans  sa  Topographie  à  l'article  des  Noëi  (1),  il  s'es- 
prime  en  ces  termes  : 

0  Ce  village  a  donné  naissance  à  Anne  Husmery 
»  qui,  étant  la  plus  belle  femme  de  son  temps,  de- 
0  vîtft  fnaflrèsse  d'Henri  P%  comte  de  Champagne. 
»  Ce  prince  lui  dut  la  conservation  de  ses  jours, 
o  Trois  scélérats,  ayant  projeté  d'attenter  à  sa  vie, 
0  s'introduisirent  dans  son  palais,  armés  de  pd- 
)>  gnards  cachés  sur  leur  manteaux.  Anne  Musnier 
x>  s'en  aperçut,  se  jeta  sur  l'un  de  ces  assassins,  le 
»  tua,  désarma  les  deux  autres,  appela  du  secours; 
x>  ils  forent  arrêtés  et  peu  de  temps  après  tirés  à 
»  quatre  chevaux.  Pour  la  récompenser  d'un  si 
»  grand  service,  Henri  lui  accorda  la  noblesse  poor 
»  elle,  pour  ses  père  et  mère,  son  mari  et  toute  leur 
0  postérité,  même  faisant  métier  et  profession  de 
»  dérogeance. »  -         ^ 

Il  est  faux  qu'Henri  ait  annobli  Anne  et  sa  famille, 
il  ne  lui  accorda  que  des  privilèges  roturiers  ;  mais 
si  le  fait  de  la  concession  de  ce  privilège  est  cer- 
tain (2),  on  doit  considérer  comme  douteux  la  cause 
donnée  à  cette  concession  et  les  détails  dont  cette 
histoire  a  été  embellie  (3). 

(1)  Tome  III,  p.  11. 

(2)  Voir  plus  bas»  Caêaloffue  des  actes  d'Henri  h  Libéral, 
no  248. 

(3)  Le  but  das  inventeurs  de  cette  iégende  a  été  de  motiver  le 
privilège  excessif  auquel  prétendaient  les  descendants  d'Anne 


[Iâ69-4n7.]  —   103  

Peu  après  Henri  se  croisa  pour  la  seconde  fois.  La 
siluation  du  royaume  de  Jérusalem,  toujours  pré- 
caire, le  devenait  de  plus  en  plus.  Déjà,  en  1169, 
les  barons  orientaux,  redoutant  de  prochains  et 
terribles  dangers,  avaient  envoyé  en  Europe  une 
ambassade  avec  des  lettres  adressées  à  différents 
princes  d'occident,  entre  autres  à  notre  comte.  Mais 
cette  tentative  était  restée  inutile  (1).  Le  pape 
Alexandre  III  la  renouvela.  Nous  avons  encore  une 
lettre  que,  le  29  janvier  1176,  il  adressait  à  son  légat 
en  France,  Pierre,  cardinal-prêtre  du  titre  de  Saint- 
Chrysogone  :  il  le  charge  d'inviter  le  roi,  les  barons 
et  le  reste  des  fidèles  de  France,  à  prendre  part  à 
une  croisade  que  l'empereur  avait  promis  d'entre- 
prendre (3).  Pour  obtenir  ce  résultat,  il  fallait  au 
préalable  triompher  d'un  grand  obstacle  :  la  guerre 
avait  recommencé  entre  les  rois  de  France  et  d'An- 
gleterre, il  fallait  faire  conclure  la  paix.  Les  dé- 
marches du  légat  dans  ce  but  ne  demeurèrent  pas 
inutiles;  ie  25  septembre  1177,  les  deux  rois  eurent 
une  conférence  où  ils  se  promirent  une  mutuelle  ami- 
tié. Le  traité  qui  fut  rédigé  en  déclarait  le  motif. 
«  Hoi  Louis,  roi  des  Francs,  et  moi  Henri,  roi 
»  d'Angleterre,  voulons  faire  connaître  à  tous,  qu'à 
»  l'inspiration  de  Dieu,  nous  avons  promis  et  juré 

Musnier:  Nous  voulons  parler  do  cette  noblesse  utérine  dont 
M.  A.  de  Barthélémy»  dans  un  récent  numéro  de  la  Bibliothèque 
de  l'école  des  chartes,  a  si  bien  démontré  Tabsurdité. 

(t)  Goillaume  de  Tyr,  livre  XX,  chap.  13,  ap^  Bongars,  981- 
982;  Historiens  occidentaux  des  croisades,  t.  II,  p.  960;  D, 
Bouquet.  XV,  819  n. 

(2)  D.  Bouquet,  XV,  952-953. 


—    104    —  [U77-4I78.J 

»  que  nous  irons  ensemble  au  service  de  la  cbré- 
»  tienté,  et  que  nous  prendrons  la  croix  pour  nous 
»  rendre  à  Jérusalem  (1).  »  Mais  ni  Tun  ni  l'autre 
n'exécuta  ce  projet.  Quelques  barons  seulement  le 
réalisèrent.  Philippe,  comte  de  Flandre,  était  parti 
pour  la  Palestine  quelques  mois  auparavant  (2). 
Les  exhortations  de  Tabbé  de  Clairvaux,  chargé  par 
le  pape  de  prêcher  la  croisade,  entraînèrent  Henri  à 
imiter  cet  exemple. 

Nous  ne  savons  pas  exactement  à  quelle  date  notre 
comte  forma  cette  grande  résolution;  ce  fut  en  1177 
ou  en  1178  (3).  Il  prit  la  croix  dans  une  assem- 
blée solennelle  tenue  à  cet  effet,  et  à  laquelle  l'abbé 
de  Clairvaux  était  invité.  Ce  devait  être  pourPabbé 
un  grand  triomphe,  et  cependant,  craignant  qu'au 
dernier  moment  le  comte  ne  reculât,  il  n'osa  pas  s'y 
rendre,  et  ainsi  ne  put  jouir  du  spectacle  de  son  suc- 
cès (&).  Mais  quand  il  en  eut  la  nouvelle,  il  écrivit 
au  pape  la  lettre  suivante  : 

(f  Vous  moissonnerez  dans  la  joie  et  l'allégresse, 
»  Père  saint,  le  grain  que  votre  pieuse  sollicitude  a 


(1)  Un  texte  de  ce  traité  se  trouve  dans  D.  Bouquet,  XIII,  171  n, 
et  une  rédaction  plus  abrégée,  ibid.,  XV,  953  n. 

(2)  Atuitarium  Aquicinctinum,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  281 B. 

(3)  La  date  1177  est  donnée  par  YAuctarium  Aquicinctinum, 
ap.  D.  Bouquet,  XIII,  282  A,  et  celle  de  1178  par  Âlbéric,  ap.  D. 
Bouquet,  XIII,  713C.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  qu'en  1178 
Henri  était  croisé  ;  il  nous  le  dit  lui-même  dans  une  charte  de 
cette  année.  (Voir  notre  Catalogue  des  actes  d'Henri  le  Libéral, 
no  281. 

(4)  Lettre  d'Henri,  abbé  de  Clairvaux,  à  Louis  VII,  dans  les 
Epistolœ  régis  Ludovici  VII,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  166  A. 


rii78.]  —  105  — 

o  semé.  Car,  sachez-le,  la  mission  que  nous  a  confié 
»  votre  autorité  apostolique  a,  par  le  mérite  de 
»  votre  foi,  donné  naissance  à  quelques  fruits  suaves 
)»  et  agréables  à  Dieu.  Aussi,  nous  nous  réjouissons 
»  de  voir  une  bonne  œuvre  accomplie,  et  vous  ne 
»  devez  pas  regretter  une  décision  qui  a  produit  de 
»>  si  utiles  et  si  salutaires  résultats.  En  effet,  l'illustre 
»  comte  Henri,  le  prince  auquel  nous  sommes  spé- 
>3  cialement  soumis,  le  seigneur  de  la  terre  de  notre 
o  pèlerinage,  touché  et  inspiré  par  Dieu,  a  le  pre- 
»  mier  saisi  le  signe  du  salut,  et,  offrant  au  Trés- 
»  Haut  le  digne  sacrifice  d*une  oblation  spontanée, 
D  il  a  donné  l'exemple  du  zèle,  et  s'est  offert  pour 
»  chef  de  cette  pieuse  entreprise.  Déjà,  dans  le  jardin 
»  de  son  cœur,  les  germes  joyeux  se  multiplient, 
»  déjà  de  verts  rameaux  annoncent  le  bonheur  de 
»  sa  future  fertilité.  Sentant  en  lui  la  bonne  odeur 
»  de  l'espérance,  nous  tressaillons  d'allégresse  en 
')  lui.  C'est  un  peu  avant  Noël  dernier  qu'avec  une 
»  pieuse  dévotion,  recevant  de  la  main  de  votre  légat 
»  le  signe  vivifiant  de  la  croix,  il  a  prévenu  par  la 
»  fête  inopinée  de  cet  heureux  événement  l'univer- 
»  selle  joie  de  la  solennité  sainte.  Aussi  avait-on  deux 
0  justes  motifs  à  la  fois  pour  chanter  :  Gloire  à  Dieu 
o  au  plus  haut  des  deux,  et  paix  sur  la  terre  aux  hom- 
a  mes  de  bonne  volonté.  » 

«  Aujourd'hui,  humblement  prosternés  à  vos  pieds 
D  et  unissant  à  votre  égard  le  dévouement  à  Taffec- 
D  tion  la  plus  profonde,  nous  vous  adressons  une 
o  prière  en  son  nom.  Il  a,  avec  une  confiance  sans 
»  limites,  confié  sa  terre  à  votre  patronage.  N'ou- 
«>  bliez  pas,  nous  vous  en  supplions,  de  la  protéger 
»  comme  il  convient  par  le  rempart  de  votre  auto- 

8 


—    106    —  [1178^171] 

»  rite  apostolique;  et  ainsi  quiconque  oserait,en  l'ab- 
»  sence  du  prince,  machiner  quelqu* entreprise  dan- 
»  gereuse,  ne  pourra  douter  qu'il  n'encourre  votre 
m  indignation.  Car, si  la  bienveillance  de  votre  aspcfs- 
»  tolat  sacré  est  assuré  à  quelqu'un,  n'est-ce  pai 
0  d'abord  à  celui  qui,  prenant  la  croix,  et  ne  se  his* 
»  sant  pas  arrêter  par  tant  de  dangers  sur  mer  et  sur 
»)  terre,  imite  le  Seigneur  crucifié  (i)?  » 

Henri  était  encore  à  Troyes  le  dimanche  âpres 
l'Ascension,  13  mai  il79.  Il  y  eut  une  entrevue  avec 
Baudouin  V,  dit  le  Courageux,  comte  de  Hainaut  et 
depuis  comte  de  Flandre  (2).  Baudouin  avait  épousé 
Marguerite,  sœur  et  plus  tard  héritière  de  Philippe 
d'Alsace,  comte  de  Flandre.  Dés  Tannée  ii7i,  Phi- 
lippe, dans  une  conférence  avec  notre  comte,  était 
convenu  que  le  fils  atné  de  ce  dernier  épouserait 
Elisabeth,  fille  de  Baudouin  et  de  Marguerite,  et  que 
le  fils  de  Baudouin  et  de  Marguerite  épouserait  Marie, 
fille  de  notre  comte  (3).  Le  fils  aine  d'Henri  avait,  en 
1171,  cinq  à  six  ans  (Â);  les  enfants  de  Baudouin  et 
de  Marguerite  étaient  âgés,  l'un  d'un  an,  et  l'autre 
de  deux  (5) . 

(i)  D.  Bouquet.  XV,  966-967. 

(2)  Art  de  vérifier  les  dates,  III,  15-14.  30-32. 

(3)  Gisleherti  Montensis  Hannoniœ  Chronicon,  ap.  D.  Bou- 
quet, XIII,  571  D. 

(4)  Henri  II,  fils  aîné  d'Henri  le  Libéral,  naquit,  à  ce  que  nous 
pensons,  vers  la  lin  de  l'année  1165  ou  au  commencement  de 
l'année  1166,  car  il  devint  majeur  vers  la  On  de  l'année  1186  ou 
au  œmmencement  de  l'année  1187. 

^5)  Baudouin  V,  comte  de  Hainaut,  avait  épousé  on  1169  Mar- 
guerite, sœur  de  Philippe  d'Alsace. 


im.]  —  107  — 

Le  comte  Hainaut,  se  rendant  à  Troyes  en  ii79, 
ivait  pour  but  de  confirmer  les  arrangements  faits 
»tFe  le  comte  de  Flandre  et  le  comte  de  Cham- 
Mgne.  Il  jura  que  sa  fille  Elisabeth  épouserait 
Senri  II,  fils  de  notre  comte,  et  que  de  même  son 
3ropre  fils  Baudouin  VI  épouserait  Marie,  fille  du 
prince  champenois  (1).  Le  dernier  de  ces  mariages 
levait  se  réaliser  quelques  années  plus  tard  ;  mais  il 
a*en  fat  pas  de  même  du  premier  :  Elisabeth  devint 
femme  dn  roi  Philippe  Auguste  (2). 

Henri  ne  se  mit  en  route  qu'après  cette  entrevue. 
Le  nombre  des  croisés  était  considérable  (3),  mais  il 
Y  avait  parmi  eux  peu  de  grands  seigneurs.  On  ne 
cite  que  Pierre  de  Courtenay,  fils  du  roi  Louis  VI  (4); 
Philippe,  évêque  de  Beauvais,  fils  de  Robert  de 
France,  comte  de  Dreux  (5);  Henri  III,  dit  Walfard 
ou  Wafllard  (6),  comte  de  Grandpré,  et  Geoffroi  de 
Balan^  frère  de  ce  dernier  (7).  Le  comte  de  Cham- 
pagne fut  naturellement  chef  de  l'expédition. 


(1)  GisUberti  MonUnsis  Hannonix  ChronicoUy  ap.  D.  Bou- 
quet» XIH.  579  A  B. 

(21  Gisleberii  Moniensis  Hannonix  Chronicon,  ap.  D.  Bou- 
quet,'XIII,  580  BD. 

(3)  Auctarium  Aquicinctinum,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  28!2Â. 

(4)  Chronicm  S.  Petn  Vivi,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  285  B. 

(5)  Guillaume  de  Tyr,  Ub.  XXI,  c.  30. 

(6)  C'est  la  forme  que  nous  trouvons  dans  Gisleherti  Montensis 
Hitnnoniee  Chronicon,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  555  C. 

(7)  Albéric,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  713  C.  Les  données  fournies 
par  Gislebert  et  par  Albëric  ne  s'accordent  point  avec  la  généalogie 
des  comtes  de  Grandpré,  telle  qu'on  la  trouve  dans  VArt  de  véri- 
fier les  dates.  II,  633-634.  Henri  III,  comte  de  Grandpré,  dont  il 


—  108  —  [H79^iao.] 

De  Troyes  il  prit  la  route  du  Midi,  passa  par  Ghà- 
tillon-sur-Seine  (1)  et  Dijon  où  il  visita  l'abbaye  de 
Saint-Bénigne  (2).  On  peut  supposer  qu'il  alla  s'em- 
barquer à  Marseille.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est 
que,  dans  sa  route,  il  rencontra  à  Brindes  le  fameax 
archevêque  et  chroniqueur  Guillaume  de  Tyr,  et 
qu'il  débarqua  au  port  d'Acre. 

Au  moment  de  son  arrivée,  Saladin  mettait  le 
siège  devant  la  forteresse  de  Tibériade.  Baudouin  IV, 
roi  de  Jérusalem,  réunit  les  barons  de  la  Terre- 
Sainte  aux  croisés,  et  marcha  au  secours  de  la 
place;  mais  ses  opérations  trop  lentes  furent  inu- 
tiles, et  Tibériade  tomba  aux  mains  des  Sarrasins  (3). 
Ainsi,  au  point  de  vue  militaire,  l'expédition  d'Henri 
resta  sans  résultat.  Il  visita  les  principaux  sanctuaires 
de  la  Palestine,  Jérusalem  {à),  Hébron  (5),  Sébaste, 

s'agit  ici ,  aurait  eu ,  suivant  Y  Art  de  vérifier  les  dates,  dd 
successeur  dès  l'année  1176,  et  son  frère  paraît  être  resté  in- 
connu aux  savants  auteurs.  Henri ,  comte  de  Grandpré,  et  Geof- 
froi  de  Balan,  sont  tous  deux  témoins  de  la  charte  donnée  par  le 
comte  de  Champagne,  à  Château-Thierry,  en  faveur  de  l'abbaye  de 
Prémontré,  l'année  1178  [Calai,  des  actes  d* Henri,  n«281),  et 
de  la  charte  accordée  au  chapitre  d'Hébron  par  le  même  comte  eo 
1179  <  dans  la  ville  sainte  de  Jérusalem  >  (ibid.,  n<^  314).  Geofiroi 
de  Balan  était  seigneur  de  Château-Porcien,  et  avait  un  fils  nommé 
Raoul,  sur  lequel  on  peut  voir  le  Feoda  Campante,  n^'  116  et  347, 
dans  notre  Tome  II,  p.  x  et  xxvi. 

(1)  Catalogue  des  actes  d'Henri,  n*312. 

(2)  Catalogue  des  actes  d*Henri,  n°  313. 

(3)  Guillaume  de  Tyr,  lib.  XXI.  c.  30,  ap.  Bongars,  1015; 
Hist,  occid,  des  Croisades,  II,  1058-1059. 

(4)  Catal,  des  actes  d* Henri,  n<>  314. 

(5)  Ibid,,  môme  numéro. 


[1179-1181.]  —    109   *— 

autrefois  Samarie  (1),  Nazareth  (2),  leur  fit  diverses 
libéralités  (3),  puis  donna  Tordre  du  départ. 

La  route  qu'il  suivit  fut  celle  de  terre,  par  TAsie- 
Mineure,  et  en  traversant  ces  contrées  inhospitalières, 
il  tomba  entre  les  mains  des  Turcs  qui  le  firent  pri- 
sonnier; une  partie  de  ses  compagnons  eurent  le 
même  sort;  presque  tous  les  autres  furent  tués;  et 
les  bagages  pillés.  Ne  voyant  d'espérance  que  dans 
le  ciel,  il  s'engagea  par  vœu  à  donner  à  la  cathé- 
drale de  Langres,  dont  le  patron  saint  Mammès  était 
mort  à  peu  de  distance,  une  rente  de  trente  livres  sur 
les  foires  de  Bar-sur-Aube  (4).  Dieu  Texauça  :  l'em- 
pereur grec  lui  fit  obtenir  la  liberté,  et  il  put  gagner 
Constantinople,  où  il  fut  un  des  témoins  du  testa- 
ment d'Aldebert  V,  comte  de  la  Marche,  mort  dans 
cette  ville,  en  se  rendant  en  Palestine,  le  29  août 
1180.  Ensuite  prenant  la  voie  de  terre,  il  traversa 
riUyrie,  et  revint  en  France  (5),  où  il  arriva  vers  la 
fin  de  février  1181  (6). 


(1)  Catal.  des  actes  d'Henri^  n^  315. 

(2)  Ibid,,  n»  303. 

(3)  Ibid..  n»-»  314,  315. 

(4)  Charte  de  Guillaume,  archevêque  de  Reims,  1182,  dans 
Martène,  Anecd,,  I,  619;  charte  de  )a  comtesse  Marie,  donnée  la 
même  année  (Archives  de  la  Haute-Marne ,  Cart.  du  chapitre  de 
Langres,  f°  46  v",  47  r^). 

(5)  Clironic,  Turonense,  ap.  Martène,  Ampliss,  Coll.,  V, 
1023 CD;  Aiwtarium  Aquicinctinum,  ap.  D.  Bouquet,  XIII, 
282  E  ;  Chron.  Gattfwiifli  Vosiensis,  ap.  D.  Bouquet,  XII,  448 B. 
Sur  Aldebert,  voir  aussi  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  380-381. 

(6)  Au  commencement  du  carême  (Ann.  Aquidnct,,  ap.  D. 
Bouquet,  XVUl,  534). 


—   110  —  [IIM.1 

Une  de  ses  premières  visites  fut  pour  son  jeune 
suzerain  Philippe  Auguste,  qui  avait  succédé  à 
Louis  VII  le  18  septembre  précédent,  et  qui  en  ce 
moment  résidait  à  Sens  (1).  Philippe,  qui  était  nevea 
d'Henri,  l'accueillit  avec  honneur,  et  sans  doute  reçut 
son  hommage.  Le  jeune  prince  projetait  alors  une 
grande  guerre,  et  pour  répondre  aux  sollicitations  du 
roi  d'Angleterre,  songeait  à  envahir  l'Allemagne, 
sous  prétexte  de  venger  Henri  le  Lion,  duc  de  Ba- 
vière et  de  Saxe,  qui  venait  d'ôtre  dépouillé  par  l'em- 
pereur. Le  comte  de  Champagne  l'en  dissuada,  a  11 
»  n'esta  »  disait-il,  «  ni  avantageux  ni  juste  d'attaquer 
»  un  souverain  qui  n'a  jamais  fait  de  tort,  ni  à  votre 
»  père,  ni  à  vous  (2),  » 

De  Sens,  Henri  gagna  Troyes.  A  peine  arrivé,  il 
était  atteint  d'une  maladie  mortelle  (3).  Il  eut  le 
temps  de  reconnaître  son  vœu,  mais  non  celui  de 
faire  rédiger  la  charte  qui  en  devait  conserver  le  sou- 
venir (&);  son  mal  l'emporta  dans  la  semaine  même 
où  iPétait  rentré  dans  sa  capitale  (5);  il  mourut  dans 


(i)  Dclisie,  CataL  des  actes  de  Philippe- Auguste^  p.  5-6, 
n»»  15-17. 

(2)  AnnaL  Aquicinctinensis  monasterii,  ap.  D. Bouquet,  XVIIL 
534.  Dans  le  rëcil  que  nous  venons  de  faire,  ce  que  Ton  peut  con- 
tester, c'est  que  l'entrevue  du  comte  et  du  roi  ait  eu  lieu  à  Sens  ; 
mais  il  est  constant  que  Philippe-Auguste  a  sëjourné  dans  cette 
ville  vers  l'époque  dont  il  s'agit.  On  peut  admettre  qu'Henri,  à  son 
retour  de  Terre-Mainte,  sei*a  passé  par  Sens  avant  de  se  rendre  à 
Troves. 

(3)  Calai,  des  actes  d'Henri,  n<»  319.  «HO. 

(4)  Voir  les  chartes  de  1182,  déjà  citées  p.  109,  n.  4. 

(5)  Annal.  Aquicinctinensis  monasterii,  ap.  D.Bouquet»  XVIII, 
534  D, 


[iiat.]  -^111  — 

la  soirée  du  16  mars,  qui  était  alors  le  londi  ap«*ès  le 
quatrième  dimanche  de  carême.  En  comptant  les 
jours  d'après  le  mode  ecclésiastique,  on  a  sou- 
vent depuis  daté  son  décès  du  lendemain,  i7  mars 
1181  (1). 


(1)  Ce  jour  était  celui  où  se  célébrait  son  anniversaire  à  Saint- 
Etienne  de  Troyes  (Necrologium  S.  Siephani  Trecencis,  Bibl.  de 
Troyes,  manuscrit  1079;  Carauzat,  Protnptuarium,  f"328v<»; 
Courtalon.  Topographie,  II,  139-140),  dans  la  cathédrale  de  la 
môme  ville  (Bréviaire  de  l'église  de  Troyes,  appartenant  à  M.  Bre- 
tagne, à  Nancy,  XVII  KaL  aprilis  obilus  Henrici  comitis  :  an- 
nuale),  dans  l'abbaye  de  Rebais  {Nécrologe  de  Rebais ,  ap.Toussaints 
du  Plessis,  Histoire  de  l* église  de  Meaux,  II,  475),  à  la  cathédrale 
de  Meaux  (Nécrologe  du  chapitre  de  Mcaux,  ap,  Toussaints  du 
Plessis,  II,  456).  La  même  date  était  indiquée  par  l'inscription 
suivante  d'un  vitrail  de  l'église  Saint-Etienne  de  Troyes  : 

L'an  de  grâce  mit  neuf  vingt  ans  î  1180,  vieux  style) 
Du  mois  de  mars  le  dix-sept  jour 
Henri,  comte,  fondateur  de  céans, 
Lors  trespassa  sans  plus  faire  de  séjour. 

Mais  la  date  exacte  nous  a  été  conservée  par  les  vers  suivants 
écrits  sur  le  tombeau  de  notre  comte  : 

Bis  déni  deerant  de  Christi  mille  ducentis 
Annis,  cum  médius  Mars  os  clausit  morientis  ; 
Crastina  post  idus  Martis,  feriœ  que  secundœ 
Fespere,  sole  tuofecit  egere  diem. 

(Camuzat,  Promptuarium,  (^  329  v«.) 

Le  nécrologe  de  l'abbaye  de  Châge  (Du  Plessis,  Histoire  de 
Féglise  de  Meaux,  II,  459)  qui  fait  mourir  Henri  le  12  mars,  et 
celui  de  Faremoutier  (Bibl.  du  séminaire  de  Meaux,  manuscrit  du 
commencement  du  \iW  siècle,  et  Du  Plessis,  II,  465)  qui  le  fait 
mourir  le  vingt-trois  mars,  nous  montrent  combien  il  est  souvent 
indispensable  de  n'accepter  qu'avec  réserve  les  documents  de  ce 
genre.  Nous  ne  mentionnons  que  pour  mémoire  le  passage  de  Geof- 
froi  de  Vigeois,  qui  fixe  au  mois  de  février  la  date  du  décès  d'Henri 
(D.Bouquet,  Xn,  448B). 


—    It2  —  11181.) 

Agé  d'environ  cinquante -quatre  ans,  il  laissait 
quatre  enfants,  tous  mineurs,  sous  la  tutelle  de  Ma- 
rie, sa  veuve. 

Henri,  son  fils  aine,  avait  environ  quinze  ans; 
Thibaut,  le  second,  n'en  avait  pas  encore  deux  :  nous 
les  verrons  successivement  régner  sur  le  comté  de 
Champagne.  Les  deux  autres  enfants  de  notre  comte 
étaient  des  filles  :  Scholastique,  qui  épousa  Guil- 
laume V,  comte  de  Vienne  et  de  Màcon,  et  Marie, 
depuis  comtesse  de  Flandre  et  de  Hainaut. 


LIVRE  VIII. 


ADMINISTRATION  DE  LA  CHAMPAGNE 


socs   HENRI   LE   LIBERAL. 


fêt 


CHAPITRE  I. 


ConsIdérattOB*  sénéralefli  aur  l'VbitoIre  admlntotnitlve  de  I» 

Champagne. 

L'histoire  de  France,  depuis  la  conquête  des  Bar- 
bares et  surtout  depuis  les  débuts  de  la  féodalité 
jusqu'à  nos  jours,  peut  être  considérée  comme  un 
long  travail  consacré  à  la  préparation  et  à  l'établisse- 
ment de  cette  unité  nationale  dont  l'état  présent  de 
la  société  nous  donne  le  spectacle.  Avant  la  réunion 
des  différentes  provinces  sous  le  sceptre  des  Capé- 
tiens, ce  travail  s'est  exécuté  isolément  dans  chaque 
partie  de  la  monarchie,  sous  l'action  plus  ou  moins 
énergique  des  dynasties  locales,  comme  plus  tard 
il  s'est  poursuivi  uniformément  dans  toute  la  France 
par  l'action  régulière  de  la  royauté.  Cette  grande 
révolution  peut  se  considérer  sous  deux  aspects  : 


—  114  — 

1*^  l'esprit  d'agrandissement  territorial,  qui  est  de 
tous  les  temps;  2®  le  système  particulier  d'organisa- 
tion sociale,  qui  est  le  caractère  propre  de  notre  civi- 
lisation. 


I. 


L'esprit  d'agrandissement,  qui  n'est  autre  chose 
que  Tesprit  du  progrès,  est  une  des  conditions  de 
l'existence  de  toutes  les  intelligences  puissantes  qui 
dominent  et  conduisent  le  genre  humain. 

il  n'y  a  ni  talent,  ni  génie  dans  les  lettres,  dans 
l'érudition,  dans  les  sciences,  dans  les  arts,  sans 
efforts  pour  agrandir  et  les  facultés  naturelles  de 
l'individu  et  le  domaine  traditionnel  de  la  littérature, 
de  l'érudition,  des  sciences  et  des  arts.  Cette  loi  qui 
régit  les  talents  et  les  génies  littéraires,  scientifiques, 
artistiques,  s'impose  aux  talents  et  aux  génies  poli- 
tiques avec  la  même  et  irrésistible  énergie.  11  n'y  a 
pas  de  grand  prince,  de  grand  administrateur  qui 
n'ait  cherché  à  augmenter  sa  puissance,  soit  au-de- 
dans,  soit  au  dehors  de  l'état  qu'il  gouvernait.  U 
n'y  a  pas  de  grand  peuple  qui  n'ait  été  conquérant. 

Nous  ne  connaissons  pas  de  lieu  commun  plus 
rebattu  que  les  effets  désastreux  de  la  manie  des 
conquêtes;  nous  ne  songeons  pas  à  contester  les  dé- 
plorables résultats  que  produit  la  guerre  dans  ie 
malheureux  pays  qu'elle  dévaste  ou  qu'elle  décime. 
Cependant  la  guerre  est  le  moyen  nécessaire  qu'ço)- 
ploient  les  conquérants,  et  c'est  à  des  conquêtes 
qu'est  due  la  formation  des  grands  états  auxquels 
nous  devons  la  plupart  des  grandes  choses  qu'a 
faites  l'humanité.  Les  conquêtes  qu'il  faut  regr^l- 


—  115  — 

ter^  ce  sont  celles  qui,  entreprises  prématurément 
comme  le  plus  grand  nombre  de  celles  d'Alexandre, 
ont  été  perdues  aussi  vite  qu'on  les  avait  acquises 
et  n'ont  en  rien  servi  la  cause  de  l'unité  sociale. 

Les  comtes  de  Champagne  de  la  maison  de  Blois 
ont  donc  obéi  à  une  loi  générale  quand  ils  ont  tra- 
vaillé à  l'agrandissement  de  leurs  Etats. 

Dans  l'histoire  des  efforts  qu'ils  ont  faits  pour 
obtenir  cet  agrandissement,  il  y  a  deux  périodes  à 
distinguer.  Dans  la  première,  qu'on  pourrait  appeler 
la  période  barbare,  aucune  condition  de  convenance 
topographique  ne  semble  les  préoccuper.  Il  y  a 
une  singulière  analogie  entre  les  états  d'Eudes  P% 
comte  de  Champagne,  et  ceux  que  nous  voyons  se 
constituer  par  les  partages  faits  sous  les  premiers  rois 
mérovingiens.  A  ces  deux  époques,  en  effet,  per- 
sonne ne  sentait  le  besoin  de  cette  unité  qui  est  la 
condition  d'existence  de  tout  bon  gouvernement.  Des 
villes^  des  bourgs,  des  villages  juxta-posés  les  uns  aux 
autres,  telle  était  la  France  des  deux  premières  races. 
Mais  sous  la  troisième,  par  l'action  des  institutions 
féodales,  on  voit  peu  à  peu  l'identité  de  gouverne* 
ment  et  le  rapprochement  topographique  des  popu- 
lations produire  entre  les  sujets  du  même  grand  baron 
une  certaine  communauté  d'idées  qui,  jointe  à  l'ha- 
bitude de  la  même  direction  politique  et  administra- 
tive, donne  naissance  à  l'unité  provinciale.  Soumis  au 
mouvement  général  des  esprits,  les  comtes  de  Cham- 
pagne, dans  la  deuxième  période  de  leur  histoire 
géographique,  s'attachèrent  à  grouper  leurs  domaines 
les  uns  auprès  des  autres,  abandonnant  complète* 
ment  ou  cédant  à  charge  d'hommage  les  domaines 
les  plus  éloignés.  C'est  ainsi  que  fut  créée  la  Cham- 


—  116  — 

pagne.  La  province  a  été  la  transition  entre  l'indi- 
vidualisme local  et  l'unité  française.  Sans  cette  tran- 
sition, qui  a  manqué  à  Gharlemagne,  les  efforts  des 
Capétiens  auraient  échoué  comme  ceux  du  grand 
prince  Carlovingien. 

Ce  que  nous  disons  ici  sera  un  paradoxe  aux 
yeux  de  quelques-uns  :  nous  avons  été  habitués  à 
entendre  considérer  l'esprit  provincial  comme  la 
négation  de  l'unité  française;  et  la  résistance  d'une 
province  n'est-elle  pas  au  point  de  vue  militaire  un 
danger  bien  plus  grand  que  celle  de  villes,  de  bourgs, 
de  villages  isolés?  Mais  pour  fonder  une  institution 
qui  dure,  il  ne  suffit  pas  de  prendre  des  villes  et  de 
remporter  des  victoires  sur  des  armées;  ce  qu'il  faut 
prendre  d'assaut,  c'est  l'intelligence  humaine;  ce 
qu'il  faut  vaincre,  c'est  Topinion.  Des  populations 
qui  n'ont  pas  senti  les  avantages  de  Tunité  provin- 
ciale ne  comprendront  pas  à  quoi  sert  l'unité  d'un 
grand  état,  et  trouveront,  un  jour  ou  l'autre,  moyen 
de  s'en  délivrer.  Dans  un  pays  qui  n'a  pas  élevé 
d'administrateurs  provinciaux,  on  ne  pourra  pas  for- 
mer le  corps  administratif  nécessaire  pour  organiser 
et  conduire  le  gouvernement  d'un  grand  état,  et  des 
mains  incapables  ne  sauront  ni  continuer,  ni  conser- 
ver Toeuvre  d'un  homme  de  génie.  Voilà  pourquoi 
l'empire  de  Charlemagne  est  tombé  si  vite  en  dis- 
solution. Au  contraire,  l'œuvre  de  Richelieu  et  de 
Louis  XIV  s'est  maintenue  et  s'est  développée  parce 
que,  dans  l'intervalle  qui  sépare  Charlemagne  de  Ri- 
chelieu et  de  Louis  XIV,  une  grande  révolution  s'é- 
tait produite.  Cette  révolution,  c'était  la  constitution 
des  provinces,  création  féodale  devenue  inutile  de- 
puis, et  supprimée  comme  un  obstacle  à  des  progrès 


—  117  — 

nouveaux.  Après  une  étape,  une  autre;  que  seront 
dans  quelques  siècles  les  grands  états  d'Europe? 

La  fondation  du  comté  de  Champagne  par  la  mai 
son  de  Blois  a  donc  sa  place  marquée  dans  cette 
logique  succession  de  grands  événements  qui  cons- 
titue rhistoire  politique  du  monde.  Que  de  gens  qui 
se  croient  philosophes  et  qui  haussent  les  épaules 
quand  ils  nous  voient  constater  minutieusement 
l'exactitude  d'un  fait  !  Leur  mépris  ne  prouve  que 
leur  ignorance  ou  leur  légèreté. 

En  10/16,  le  chef  de  la  maison  de  Blois  perd  le  do- 
maine de  Tours  qu'il  est  obligé  d'inféoder;  il  inféode 
en  1152  toutes  ses  autres  possessions  au  sud  et  à 
l'ouest  de  Paris,  et,  en  1167,  la  seigneurie  de  Savi- 
gnies  (Oise);  en  1226,  il  cède  à  Louis  VIII  la  mou- 
vance de  Breteuil  et  de  Romorantin  ;  en  1236,  il 
transporte  à  Louis  IX  la  mouvance  de  Blois  de 
Chartres  et  de  Sancerre,  supprimant  le  dernier  lien 
qui  rattachât  à  la  Champagne  des  pays  trop  éloignés 
pour  en  faire  logiquement  partie.  En  même  temps  il 
développe  par  des  acquisitions  incessantes  l'agglo- 
mération de  fiefs  qui  doit  devenir  une  des  plus  im- 
portantes provinces  de  la  France.  — C'est  de  l'his- 
toire locale,  nous  dit-on  ;  ce  sont  des  infiniments 
petits.  —  Petit  comme  la  civilisation,  petit  comme 
l'humanité.  Il  y  a  derrière  l'idée  barbare,  qui  est 
aussi  l'idée  romaine,  car  sous  le  despotisme  romain 
il  ne  vivait  d'autre  esprit  public  que  l'esprit  mu- 
nicipal. Il  y  a  devant  l'idée  moderne,  qui  ne  donne  à 
l'esprit  public  d'autre  limite  que  celui  d'un  grand 
état.  Le  trait  d'union  est  l'esprit  provincial.  Créa- 
tion du  moyen-âge,  l'esprit  provincial  a  été  pour 
ainsi  dire  la  route  qui  a  conduit  l'intelligence  hu- 


—  118  — 

maine  de  l'étroit  esprit  municipal  des  anciens  aox 
vastes  conceptions  de  notre  esprit  public,  auquel  déjà 
ne  suffisent  plus  aujourd'hui  les  bornes  présentes,  et 
qui  devançant  Tavenir  semble  vouloir  embrasser  le 
monde. 


IL 


Les  hommes  qui  composent  une  nation  sont  unis 
à  la  fois  par  une  certaine  identité  d'intérêts  et  d'affec- 
tions, et  par  une  certaine  tradition  uniforme  qui  leur 
fait  donner  à  diverses  questions  fondamentales  la 
même  solution.  Dés  qu'un  état  prend  les  vastes  pro- 
portions de  nos  grandes  nations,  il  se  subdivise  en 
groupes  d'hommes  dont  les  membres,  sans  cesser 
d'être  unis  au  corps  national  par  la  communauté  d'in- 
térêts, d'affections  et  d'idées  qui  en  est  la  base,  sont 
cependant  unis  entre  eux  par  une  communauté  d'in- 
térêts, d'affections  et  d'idées  plus  étroite.  Ces  groupes 
secondaires  ont  des  raisons  d'être  fort  diverses.  Les 
temps  primitifs  et  barbares  ne  leur  en  connaissent 
que  deux  :  la  proximité  des  lieux  et  la  proximité  du 
sang.  Il  y  a  dans  TËtat  des  cités  et  des  familles  qui, 
conservant  une  vie  puissante,  tendent  souvent  en  la 
développant  à  former  autant  d'états  séparés.  Une  ci- 
vilisation plus  avancée  comme  la  nôtre,  sans  détruire 
ces  liens  matériels  que  la  nature  a  créés,  en  relâche 
l'excessive  rigueur;  agrandissant  les  facultés  de  l'es- 
prit, elle  établit  entre  les  hommes  des  rapports  intel- 
lectuels inconnus  aux  premiers  âges  de  Thumanité, 
et  superpose  à  la  famille,  à  la  cité,  d'autres  groupes 
d'hommes  unis  entre  eux  par  des  liens  moraux,  rap* 


—  119  — 

proches  tnalgré  les  distances^malgré  la  différence  des 
races  par  une  communauté  d'idées,  d'affections,  d'in- 
térêts, bien  plus  puissante  que  l'esprit  de  famille  ou 
de  cité. 

Le  christianisme  a  eu  une  part  immense  à  cette 
révolution.  Il  a  renversé  les  autels  des  dieux,  des 
familles  et  des  dieux  topiques.  Il  a  enseigné  aux 
hommes  qu'ils  étaient  tous  issus  d'un  seul  père^  et 
pour  tous  les  actes  du  culte,  même  pour  le  plus 
auguste,  il  ne  distingue  ni  les  lieux,  ni  les  races.  Le 
sacerdoce  chrétien  se  recrute  dans  tous  les  rameaux 
du  genre  humain,  et  exerce  partout  son  ministère 
avec  la  môme  puissance  sacramentelle,  en  attendant 
qu'il  agisse  partout  avec  la  même  autorité  sur  les 
ftmes.  Il  a  constitué  dans  l'Eglise  chrétienne  la  plus 
vaste  société  qui  existe  par  l'intelligence,  indépen- 
damment des  convenances  de  famille  et  de  terri- 
toire. II  a  ea  et  il  a  encore  son  expression  la  plus 
énergique  davis  ces  congrégations  monastiques^  dans 
tous  ces  ordres  religieux  qui,  autant  que  le  per- 
mettent les  lois  naturelles  et  civiles,  brisent  les  liens 
qui  unissent  l'homme  à  la  famille  et  an  sol  natal, 
pour  l'engager  dans  des  liens  nouveaux  tout  intellec- 
tuels. 

La  société  moderne  est  créée  sur  le  modèle  fourni 
par  l'Eglise  et  par  les  ordres  religieux.  Comme  l'E- 
glise avait  brisé  les  statues  des  dieux  lares,  de  même 
l'autorité  politique  a  prohibé  les  guerres  hérédi- 
taires des  familles.  Les  cités  ont  perdu,  après  leurs 
dieux  topiques,  les  privilèges  politiques  qui  met- 
taient entre  elles  une  barrière.  Dans  une  grande  na- 
tion comme  la  France,  les  différences  de  race,  de  ville 
ou  de  province,  mettent  entre  les  hommes  des  dis^ 


—  120  — 

tinctions  beaucoup  moins  grandes  que  les  études  oa 
la  pratique  professionnelle.  On  voit  tous  les  jours 
des  hommes,  suivant,  pour  remplir  une  vocation 
temporelle,  la  voie  tracée  dans  un  but  plus  élevé 
par  les  fondateurs  monastiques,  quitter  leur  famille 
et  le  lieu  de  leur  naissance  afin  de  s'engager  plus 
énergiquement  dans  la  voie  que  leur  trace  leur  spé- 
cialité administrative,  scientifique,  industrielle  ou 
commerciale. 

Voilà  ce  qui  fait  Tunité  de  la  France,  et  ce  qui, 
on  peut  Tespérer,  effacera  de  plus  en  plus  dans  l'a- 
venir les  limites  qui  séparent  les  peuples. 

L'autorité  royale  a  été  Tinslrument  dont  la  Provi- 
dence s'est  servi  pendant  des  siècles  pour  nous  con- 
duire à  ce  but.  Mais  avant  que  l'action  de  la  royauté 
n'eût  dépassé  le  cercle  étroit  où  nous  la  voyons  con- 
finée aux  premiers  temps  de  l'ère  capétienne,  les 
hauts  barons  ont  suivi  la  même  voie  dans  chaque 
province.  L'histoire  de  nos  comtes  nous  les  mon- 
trera abaissant  peu  à  peu  les  obstacles  locaux,  elle 
nous  montrera  chez  eux  les  débuts  de  cette  centra- 
lisation dont  on  dit  tant  de  mal  comme  de  toutes 
les  grandes  choses,  mais  qui  est  le  caractère  propre, 
la  vie,  la  puissance  de  la  civilisation  moderne,  et 
dont  le  développement  continu,  dont  l'application 
volontaire,  bien  qu'inévitable  à  tous  les  rouages  de 
la  société,  à  l'industrie,  à  l'agriculture,  au  commerce, 
à  la  science  comme  à  l'administration,  nous  semble, 
à  moins  de  catastrophe,  la  loi  nécessaire  et  la  clef  de 
l'avenir.  Le  régne  de  Henri  le  Libéral  nous  montrera 
l'organisation  primitive  de  l'administration  en  Cham- 
pagne, c'est-à-dire  le  point  de  départ.  Nous  verrons 
le  progrès  au  xiii*"  siècle. 


—  121  — 

Cependant,  sons  Henri  le  Libéral,  il  se  produit 
déjà  certains  faits  qui  sont  comme  le  prélude  d'une 
grande  révolution  et  qui,  évidemment  à  Tinsu  des 
contemporains,  ont  été  les  premiers  coups  portés  au 
fédéralisme  aristocratique  de  la  féodalité.  Aux  dé- 
buts de  la  période  féodale,  la  basse  naissance  d'un 
favori  avait  été  le  motif  du  soulèvement  qui  perdit 
Charles  le  Simple  (1).  Plus  tard  les  conseillers  ro- 
turiers ou  de  petite  noblesse,  dont  la  royauté  cape- 
Lienne  Pentoura,  devaient  venger  Charles  le  Simple 
sn  frappant  la  féodalité.  Déjà,  dans  le  conseil  d'Henri 
le  Libéral,  les  hommes  d'origine  obscure  prennent 
rang  à  côté  des  barons  (2);  ce  n'est  pas  tout  :  les 
règlements  d'Henri  qui  suppriment  le  duel  en  cer- 
tains cas  et  lui  substituent  la  preuve  testimoniale  (3), 
les  nombreuses  améliorations  qu'il  introduisit  dans 
la  condition  des  serfs,  les  communes  qu'il  créa  (6), 
furent  autant  de  progrès  dans  le  môme  sens,  quoique 
a  charte  de  Meaux,  en  accordant  à  cette  ville  une 
ndépendance  presque  complète  et  jusqu'au  droit 
le  guerre,  substituât  un  mal  à  un  autre.  Mais  il  est 
lans  la  nature  qu'un  excès  appelle  un  autre  excès. 
3'ailleurs  le  mal  n'était  pas  sans  remède,  et  le  xiii** 
;iècle  nous  montrera  Thibaut  IV  accordant  à  ses 
communes  de  Champagne  les  libertés  compatibles 
ivec  le  respect  du  pouvoir  central. 


(1)  Voir  notre  Tome  1,  p.  82. 

(2)  M.  Delisle,  BibL  de  l'école  des  Chartes,  2«  série,  t.  V, 
>.  273,  a  signalé  le  même  fait  à  la  même  date  en  Normandie. 

(3)  Voir  plus  bas,  chap.  III. 

(4)  Voir  plus  bas,  chap.  VII. 


—  laa 


CHAPITRE  II. 


AdBilttl«tmll«B  cénémlc.  —  PcrflOBBcl  admiBistmtIff. 

Henri  le  Libérai,  chef  suprême  de  TadministratioD 
dans  ses  Etats,  s'acquittait  de  cette  importante  ^po- 
tion avec  l'aide  d'un  conseil  composé  de  ses  grands 
officiers  et  d*un  certain  nombre  d'autres  personnes, 
clercs  ou  laïcs. 

Il  est  question  de  ce  conseil  dans  plusieurs  doca- 
ments.  En  1157,  Henri,  dotant  Saint-Etienne  de 
Troyes,  feit  connaître  qu'il  agit  avec  l'assentiment 
et  l'approbation  de  ses  frères,  de  ses  amis  et  de  ses 
barons  (voir  le  catalogue  de  ses  actes,  n""  kl).  En 
117/1,  il  déclare  qu'une  acquisition  faite  par  Pab- 
baye  d'Oye  a  eu  lieu,  dit-il,  inpresenlia  mea  et  coram 
constUo  meo  (catalogue  n""  226).  En  1178,  l'abbé  de 
Glairvaux  écrivant  à  Louis  VH,  roi  de  France,  lui 
parle  des  «  conseillers  »  d'Henri  a  qui  ont  marché 
»  dans  la  voie  droite  de  la  vérité  (1).  »  Les  «  con- 
seillers »  d'Henri,  nous  apprend  la  Chronique  de 
Tours,  le  cachaient  pour  empêcher  les  solliciteurs  de 
pénétrer  jusqu'à  lui  et  pour  prévenir  les  excès  de  sa 
libéralité  naturelle  (2). 

Une  circonstance  nous  permet  de  retrouver  les 

(1)  D.  Bouquet,  XVI,  166  A. 

(2)  An.  1181,  ap.  Martône,  Ampliss.  Coll.,  V,  1023 CD. 


—  123  — 

noms  des  membres  du  conseil  de  notre  comte.  C'est 
Tusage  où  était  ce  prince  de  faire  habituellement 
écrire  au  bas  de  ses  chartes  les  noms  des  personnes 
présentes  (1). 

Parlons  d'abord  des  grands  officiers  : 
Henri  avait  un  sénéchal,  un  connétable,  un  bou- 
teillier,  des  chambriers,  des  maréchaux,  un  chance- 
lier. 

Les  fonctions  de  sénéchal  étaient  remplies  par 
Geoffroi  III  de  Joinville,  dit  vulgairement  le  Vieux 
ou  le  Gros,  mort  vers  Tannée  II8/1  (2).  Geoffroi  III 
figure  comme  témoin  dans  les  actes  d'Henri  le  Li- 
béral, qui  portent  les  numéros  suivants  de  notre  ca- 
talogue :  an  1152,  n""  U;  1153,n''  11, 13, 15  ;  1156, 
n*24î  1157,  n*  49;  1159,  n*>-  63,  68,  70;  1161, 
n-  91,  92,  96;  1163,  n^  119;  1164,  n°  124;  1179, 
n?  305.  Jusqu'en  1157,  il  ne  reçoit  d'autre  titre  que 
celui  de  dapifer,  c'est-à-dire  porteur  de  plats,  ce 
qui  rappelle  une  des  prérogatives  du  sénéchal,  celle 


(1)  On  sait  que  les  grands  officiers  de  la  couronne  de  France 
figuraient  alors  dans  les  chartes  solennelles  des  rois,  et  que  leur 
nom  était  précédé  de  la  formule  astatUe  in  palatio  nostro.  Nous 
avons  relevé  quatre  exemples  de  l'emploi  de  cette  formule  par 
Henri  :  1*  an  1152,  n*  5;  i^  1153,  n^  15;  3»  1154,  n«  24; 
4®  1161,  n^  95.  Elle  est  suivie  des  noms  suivants  :  1<»  Gaufrido 
Jovisville^  dapifero;  Odane  de  Pugeio,  comtahulario  ;  Petro 
Bursaldo,  eamerario  ;  Gautero  de  Pruvino,  marescallo  ;  2°  les 
trois  premiers  noms  sont  les  mtoes,  le  quatrième  est  changé  : 
Gaufrido  de  Carnoto,  mareschallo  ;  3^  les  trois  premiers  noms 
sont  les  mêmes,  il  n'est  pas  question  de  maréchal  ;  4<»  les  trois  pre- 
miers noms  sont  les  mêmes,  le  dernier  est  :  Guillelmo  rege,  ma* 
rescallo, 

(2)  Are  de  vérifier  les  dates.  II,  596. 


—  124  — 

de  mettre  les  plats  sur  la  table  de  son  seigneur  les 
jours  de  cérémonie.  Il  prend  le  titre  de  sénéchal  à 
partir  de  Tannée  1159,  et  c'est  en  1161  que  nous  le 
voyons  porter  celui  de  dapifer  pour  la  dernière  fois. 
Le  sénéchal  était  en  principe  le  lieutenant-général 
du  comte  ;  mais  les  fonctions  de  Geoffroi  paraissent 
avoir  été  la  plus  part  du  temps  honorifiques. 

Henri  eut  successivement  deux  connétables.  Le 
premier  fut  Eudes,  seigneur  de  Pougy,  connétable 
jusqu'en  1169;  il  figure  dans  les  diplômes  suivants  : 
an  1151  (v.  8t.)  n~  1,  2;  1152,  n~  3,  5;  1158, 
n«9,  12,  13,17;  1154,  n~  24, 25;  1157,n~  45,52; 
1158,  n«  53,  60;  1159,  n-  67,  68,  73,  74;  1160, 
n"78,  87;  1161,  n»' 92,  94,  96;  1163,  n-  118; 
1164,  n«-  124,  129;  1165,  n«-  131,  136;  1166, 
n<-142, 147;  1167,  nM50;  1169,  n^  168.  En  1165,  U 
est  un  des  barons  qui  jurent  que  le  comte  remplira 
ses  engagements  envers  Tévêque  de  Meaux.  Nous 
avons  placé  sous  le  n*  172  bis  une  charte  d'Henri 
le  Libéral  qui  contient  un  traité  entre  Eudes  et  Tab- 
baye  de  Montiéramey,  et  qui  détermine  les  droits  de 
l'abbaye  et  d'Eudes  à  Mesnil-Lettre,  Féloncourt  et 
Avant. 

Le  successeur  d*Eudes  fut  Guillaume  I,  seigneur 
de  Dampierre,  de  cette  fameuse  maison  de  Dam- 
pierre  qui  posséda  la  seigneurie  de  Bourbon  et  le 
comté  de  Flandre.  Les  actes  où  nous  l'avons  rencon- 
tré avec  son  titre  de  connétable  sont  au  nombre  de 
quatre  (an  1171,  n^'  192,  195;  1172,  n"  202,  203). 
Antérieurement  à  son  élévation  à  la  dignité  de  con- 
nétable, nous  le  voyons  déjà  de  temps  en  temps 
dans  le  cortège  de  barons  et  d'autres  personnes  qui 
entourent  le  comte,  et  sont  les  témoins  habituels  de 


—  125  — 

ses  diplômes  (an  1151  (v.  st.)  n'"  1,2;  1153,  n*  17  ; 
1166,n«147;1170,n*»'174,186;1171,n*»190,191). 
Sous  le  n""  156,  on  peut  voir  une  charte  d'Henri  le 
Libéral,  1168,  qui  fait  connaître  un  traité  entre  Guil- 
laume de  Dampierre,  Hugues  de  Plancy  et  les  prieu- 
rés de  Saint-Just  (Marne)  et  de  Macheret  (Marne). 

Les  fonctions  de  bouteillier  furent  remplies  pen- 
dant toute  la  durée  du  règne  par  Ânseau,  seigneur 
de  Traînel,  qui  semble  avoir  été  Tun  des  plus  intimes 
conseillers  du  comte.  Il  figure  comme  témoin  dans 
cent  dix-neuf  chartes  d'Henri  le  Libéral,  c'est- 
à-dire  dans  plus  du  tiers  de  celles  que  nous  avons 
relevées,  mais  il  ne  prend  le  titre  de  bouteillier  que 
dans  treize  d'entre  elles  (an  1153,  n""  15;  ll5à, 
n*24;  1156,  n*  38;  1157,  n«  65;  1159,  n«»  64,  68; 
1161,  n"  9i,  92,  94,  96  ;  1164,  n- 124, 129;  1176, 
n**252).  En  1172  (n»  203),  au  lieu  du  titre  de  bouteil- 
lier, buiiculariuSy  on  lui  donne  celui  d'échanson,  pin- 
cerna^qui  fait  une  allusion  plus  directe  à  son  attri- 
bution de  servir  à  boire  au  comte  dans  les  repas  de 
cérémonie.  En  1165,  n°  131,  il  est  un  des  barons  qui 
jurent  qu'Henri  remplira  ses  engagements  envers 
révoque  de  Meaux.  Nous  avons  déjà  vu  qu'il  avait 
été  en  Terre-Sainte  avec  notre  comte,  en  1147,  mais 
il  ne  parait  pas  qu'il  l'ait  accompagné  à  la  croisade 
de  1179,  car  il  n'est  pas  témoin  des  chartes  données 
par  Henri  pendant  cette  expédition  (n^  312-315).  11 
vivait  encore  en  1181  (n®  324). 

Le  troisième  des  grands  officiers  était  le  cham- 
brier,  camerarius,  sorte  de  ministre  des  finances. 
Nous  connaissons  quatre  personnages  revêtus  de 
cette  dignité  sous  Henri.  Le  premier  est  Pierre  Bur- 
saod,  ancien  conseiller  de  Thibaut  H,  dans  les  chartes 


—  126  — 

duquel  nous  le  trouvons  comme  témoin  en  11S8, 
1139,  ItâO,  ll/i5,  11&6,  1151.  Dans  les  chartes 
d'Henri  le  Libéral,  il  porte  le  titre  de  chambrier,  de 
1152  à  1164  (an  1152,  n^  5;  1153,  n«  13;  115&, 
n°  24;  1157,  n'  45;  1159,  n^  68;  1161,  n»  91; 
1164,  n^  124).  Les  chartes  où  il  est  témoin,  sans 
prendre  la  qualité  de  chambrier,  sont  au  nombre  de 
trente-deux.  La  première  est  datée  de  1151  (n**2); 
la  dernière  de  1176  (n**  252).  Mais  dès  1164  il  cesse 
de  paraitre  habituellement  :  en  quatorze  ans,  nous 
ne  le  rencontrons  que  six  fois  (an  1166,  n^  l&l, 
145,  147;  1167,  n»  152;  1169,  n*  168;  1176, 
n*  252).  Dès  1145,  il  était  chevalier;  on  le  qualifie 
de  baron  en  1166,  n*"  147.  Il  avait  une  maison  à 
Provins  (an  1164,  n*»  124). 

Habran  ou  Abraham,  fils  de  Pierre  Bursaud,  fut 
comme  lui  chambrier;  Henri  lui  donne  ce  titre  dans 
une  charte  de  Tannée  1178  (n"*  285).  Il  est  témoin 
dans  quelques  chartes  (an  1163,  n"*  114;  1173, 
n«200;  1174,  n«223;  1176,  n«252;  1177,  n« 272; 
1178,  n'»  283;  1179,  n«299).  Il  est  presque  partout 
appelé  Habran  de  Provins.  Henri  lui  donna  les 
étaux  où  l'on  vendait  les  fruits  au  vieux  marché  de 
Provins  (an  1178,  n«  285)  (1). 

Le  principal  chambrier  d'Henri  fut  Artaud  ou  Er- 
taud  de  Nogent,  que  nous  trouvons  en  fonctions  en 
1158,  n^  55,  en  1162,  n''  110,  et  qui  de  Tannée  1164, 
n""  121  à  Tannée  1179,  n"*  315,  est  témoin  de  cent 
trois  chartes  du  comte  Henri . 


(1)  Philippe  Bursaud,  témoin  en  1178,  n<^  290,  est  peut-être 
son  frère. 


-  127  — 

Géoéralement  son  titre  de  chambrier  est  le  seul 
surnom  qu'il  porte  (1).  Cependant  une  charte  de 
Tannée  1176,  n""  253  bis,  nous  parle  d'Ertaud  de 
NoGBNT,  chambrier  du  comte  Henri,  Ertaudus  de 
Nogenîo,comUsHenrici  camerarius.  AUaldus  de  No  jânt, 
témoin  d'une  charte  de  la  comtesse  Marie,  en  1182, 
n**  327,  est  évidemment  le  même  homme.  Artaud 
n'est  nulle  part  qualifié  de  chevalier  (2),  ce  qui  s'ac- 
corde avec  l'anecdote  où  Joinville  le  représente  ru- 
doyant un  gentilhomme,  et  donné  en  présent  à  ce 
gentilhomme  par  le  comte  (3).  Artaud  avait  acheté 
de  l'abbaye  de  Saint-Martin-és-Aires  un  four  situé  à 
Troyes,  prés  de  la  porte  du  Comte  (an  1169,  n*  169); 
il  avait  des  hommes  à  Laubressel  et  à  Champigny 
(Aube)  (an  1176,  n»  253  bis).  Il  fit  bâtir  à  ses  frais 
le  château  de  Nogent-I' Artaud  (&),  et  c'est  de  lui 
que  cette  petite  ville  tient  la  moitié  de  son  nom.  Il 
accompagna  Henri  en  Palestine  en  1179  (n^*  312, 
313,  31/i,  315);  il  fut  présent  au  vœu  que  ce  prince 


(1)  Il  est  qualifié  de  chambellan  dans  la  charte  de  l'an  1175, 
n*  248;  mais  nous  n'avons  pas  l'original  de  cette  pièce,  et  on  peut 
supposer  une  erreur  de  copie. 

(2)  Peut-être,  cependant,  pourrait-on  croire  qu'il  est  le  même 
que  dominus  Eriaudus  et  dominus  Alialdus,  dont  il  est  question 
dans  le  Feoda  Campante,  n^'  45,  76  :  et  ordinairement  les  laïcs, 
qualifiés  de  domintiSt  sont  chevaliers.  On  ne  doit  pas  le  confondre 
avec  le  seigneur  de  Nogent,  dominus  Nogenti,  dont  il  est  question 
au  n*  67  du  Feoda.  Ce  seigneur  de  Nogent  est  Milon  de  Nogent- 
sur-Seine,  dont  il  est  question  en  1183  dans  la  charte  n°  331. 
Nous  nous  sommes  trompés  à  ce  sujet  dans  la  table,  p.  xcvn. 

(3)  Joinville,  éd.  Didot,  p.  29. 

(4)  Joinville,  éd.  Didot,  p.  29. 


—  128  — 

fit  en  Asie-Mineure  à  saint  Mammès,  patron  de  la 
cathédrale  de  Langres  (an  1182,  n*  326).  De  retonr, 
il  conserva  les  fonctions  de  chambrier  qu'il  exerça 
sous  Marie  et  sous  Henri  II  (an  1182,  n""  328;  il83, 
n«  329;  1184,  n«-  334,  335,  336;  1185,  n-  889, 
340;  1186,  n"  345,  346,  348,  352;  1188,  n*  374). 
li  avait  un  neveu  nommé  Gérard,  témoin  en  1178, 
n«  282,  et  en  1179,  n*»  308. 

Nous  trouvons  encore  quatre  autres  chambriers 
dans  les  chartes  d'Henri  :  Isambard,en  1154,  n*21  ; 
Josbert,  de  1170  à  1183  ;  Âubert  de  Milly,  en  1172, 
n^  203;  Ebrard,  en  1173,  n^  210  (1).  Toutefois, 
le  premier  des  quatre,  Isambard  peut  bien  être  le 
chambrier  de  la  comtesse  Mathilde,  cité  dans  notre 
T.  II,  p.  414,  note,  et  on  pourrait  se  demander  si 
les  deux  derniers  ont  été  bien  réellement  investis  des 
fonctions  de  chambrier,  si  leur  titre  de  chambrier 
n'est  pas  un  simple  surnom.  Ce  doute  n'est  pas  pos- 
sible pour  Josbert,  qui  est  témoin  de  cinq  diplômes 
d'Henri  (an  1170,  n«  175;  1178,  n»  289;  1179, 
n^'  301,  304),  et  qui  conserva  sa  dignité  sous  Ma- 
rie (an  1183,  n*  329). 

On  remarquera  qu'Henri,  qui  n'avait  jamais  à  la 
fois  plus  d'un  connétable,  d'un  sénéchal  et  d'un 
bouteillier,  eut  pendant  la  plus  grande  partie  de  son 
régne  plusieurs  chambriers  en  môme  temps.  DV 


(1)  Nous  ne  savons  que  dire  de  Gautier,  chambrier,  qui  figure 
au  Feoda  Campanie,  n<^  60  (voir  notre  Tome  II,  p.  vn);  était-il 
chambrier  du  comte  ou  d'un  autre  seigneur?  Est-il  le  même  que 
Gautier,  chambrier  de  Thibaut  III ,  et  par  conséquent  sa  quaUté 
aura-t-elle  été  ajoutée  après  coup?  Nous  ne  pouvons  répondre  à  ces 
questions. 


—  129  — 

bord  Pierre  Bursaud  avec  Artaud,  Ii58-li6/i,  en- 
suite Artaud  avec  Josbert,  1170-1179  et  Habran, 
1178.  On  peut  supposer  qu'il  y  avait  un  chambrier 
en  chef,  Pierre  Bursaud,  jusqu'en  1166,  Artaud  de- 
puis cette  date;  et  un  ou  plusieurs  chambriers  ad- 
joints, Artaud,  avant  1164,  Josbert  et  Habran  de- 
puis. 

En  dernier  lieu  venaient  les  maréchaux.  Henri  en 
eut  quatre  en  tout  ;  deux  tout  d'abord  remplirent 
cette  charge  en  môme  temps  :  Gautier  de  Provins 
et  Geoffroi  de  Chartres. 

Gautier  de  Provins  fut  en  fonctions  de  1152  à 
1158  :  il  apparaît  avec  le  titre  de  maréchal  dans 
huit  chartes  (an  1152,  n^"  5;  1153,  n"»  11,  13;  115&, 
n"  28,  29;  1156,  n^  39;  1157,  n<>  45;  1158,  n«  53). 
Une  charte  de  l'année  1159  nous  apprend  qu'à 
cette  date  il  n'était  plus  maréchal  (n""  66).  Il  compte 
parmi  les  bienfaiteurs  de  l'église  collégiale  de  Saint- 
Quiriace  de  Provins  à  laquelle  il  donna  une  rente 
de  cinquante  sous  et  un  cens  de  quinze.  Il  avait  un 
neveu  nommé  Josbert  (an  1156,  n""  39). 

Geoffroi  de  Chartres  fut  collègue  de  Gautier  de 
Provins  de  1153  à  1158.  On  rencontre  son  nom  dans 
onze  chartes  (an  1153,  n-  9,  15;  1154,  n"«  23,  24, 
25,  28;  1155,  n«  30,  32;  1156,  n*  38;  1157,  n«45; 
1158,  n^  56).  Il  ne  faut  pas  le  confondre  avec  un 
autre  Geoffroi  qu'on  trouve  sous  les  régnes  d'Henri  II, 
de  Thibaut  III  et  de  Thibaut  IV,  et  qui  est  le  célèbre 
historien,  Geoffroi  de  Villehardouin. 

Gervais,  maréchal,  est  témoin  en  1157  (n^  45  bis) 
et  en  1159  (n"»  64). 

Guillaume  le  Roi,  maréchal  de  1158  à  1179,  pa- 
raît avoir  été  un  des  plus  intimes  conseillers  d'Henri. 


—  130  — 

Cent  vingt-huit  chartes  de  ce  prince  le  mentionnent 
comme  témoin.  Il  accompagna  son  seigneur  en  Pa- 
lestine (an  il79,  n"^  312,  313, 31Zi,  315)  ;  il  est  pro- 
bablement une  des  victimes  tombées  sous  le  fer  des 
Sarrasins  dans  la  rencontre  où  Henri  fut  fait  prison- 
nier :  depuis  Tannée  1179,  il  n'est  plus  question  de 
Guillaume  le  Roi.  Guillaume  était  propriétaire  à  Gha- 
pelaines  et  à  Provins.  A  Ghapelaines,  il  acquit  de 
4' abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims  un  tiers  de  mon- 
lin  et  un  four  (an  1170,  n""  179),  et  reçut  en  don  du 
comte  des  cens  et  des  hostises  (an  1171,  n*  197).  A 
Provins,  il  constitua,  au  profit  des  Bons -Hommes 
d' Aunay,  une  rente  de  deux  sous  par  semaine  sur  st 
part  d*un  four  dans  la  juiverie  (an  1172,  n''300);il 
établit  un  moulin  sur  la  Voutie,  et  dut  transiger  à  oe 
sujet  avec  Tabbaye  de  la  Pommeraye.  Il  avait  en- 
core des  biens  à  Sézanne,  à  Queudes,  à  Anglure  (1). 
Il  prend  le  titre  de  chevalier,  miles  (an  1170,  n""  18&). 
Mais  il  était  évidemment  de  petite  noblesse;  ni  loi, 
ni  les  autres  maréchaux,  ne  faisaient  partie  du  haut 
baronnage  de  Champagne  comme  le  sénéchal  Geofiroi 
deJoinville,  comme  les  connétables  Eudes  de  Pougy 
et  Gui  de  Dampierre,  comme  le  bouteiller  Anseau 
de  Trainel  (2).  Il  avait  un  frère  nommé  Mathieu, 
témoin  de  quelques  actes  (an  1164,  n^  128;  1172, 
n«  200;  1174,  n»  223;  1177,  n'  269).  Une  charte 
originale  du  cabinet  de  M.  Michelin  établit  l'iden- 


(1)  Feoda  Campanie,  n*»  78  (voir  notre  Tome  11,  p.  viii). 

(2)  On  verra  plus  loin  le  comte  de  Champagne  qualifier  de 
sergents  les  fils  de  Guillaume.  Cependant,  si  l'on  s'en  rapporte  i 
Tarticle  78  de  notre  édition  du  Feoda  Campanie  (tome  II,  p.  vm)» 
il  semble  que  Guillaume  était  baron  de  Chapolaines. 


—  181  ~ 

tité  de  ce  Mathieu  avec  Mathieu  de  Muceris  qu'on 
rencontre  dans  deux  chartes  de  la  comtesse  Marie 
(an  1183,  n**  329;  1195,  n'  U^6).  Guillaume  laissa 
deux  fils  :  Milon  de  Provins,  dit  aussi  Bréban,  et 
Jean  également  surnommé  de  Provins  ou  Bréban. 

On  peut  supposer  que  Milon  succéda  à  son  père 
dans  la  dignité  de  maréchal.  Ce  qu'il  y  a  de  certain, 
c'est  qu'il  porta  le  titre  de  maréchal,  car  en  octobre 
1497,  n^  ùùù^  Marie,  comtesse  de  Champagne,  cons- 
tate qu'Hélie  de  Villemaur,  veuve  de  feu  Milon  de 
Provins,  maréchal  (1),  a  dans  sa  dernière  maladie 
pris  Thabit  au  Paraclet  et  donné  à  cette  abbaye  dix 
livres  de  rente  (2).  Toutefois,  nous  n'avons  vu 
nulle  part  Milon  paraître  vivant  avec  le  litre  de 
maréchal,  bien  qu'il  soit  témoin  d'un  grand  nombre 
de  chartes  d'Henri  1*^,  de  Marie  et  d'Henri  H  (an 
1165,  n^  134;  117â,  n°  232;  1175,  n«  246;  1176, 
n~  251,  254,  260;  1177,  n"  266,  270,  272,  279 

1178,  n»'  281,.  282,  283,  285,  288,  289,  293,  298 

1179,  n"  298,  302,  304,  311,  314;  1182,  n*»  328 
1183,  n*  829;  1184,  n«-  334,  335;  1185,  n^  340 
1186,  n"  345, 346, 352  ;  11 87,  n°»  358,  363).  Henri 
le  Libéral  le  qualifie  de  sergent,  serviens  tneui,  dans 


(1)  Milon  de  Provins  était  donc  mort  en  octobre  1197.  Le  per- 
sonnage de  même  nom  qui  à  iMelun  en  avril  1198,  est  caution  de 
Thibaut  III  (Ctiantereau,  pr.,  p.  2-5),  esLsans  doute  son  fils  qui 
iui-méme  avait  cessé  do  vivre  en  1239  (Bourquelot,  Hist.  de 
Provins,  I,  153  note). 

(2)  Un  des  témoins  de  cette  charte  est  Fromond  Bomifer,  beau- 
frère  d*Hélie;  ce  qui  peut  venir  h  Tappui  d'une  opinion  de  M.  Bour- 
qudot  {BiêL  de  Provins,  \,  152),  qui  donne  à  Guillaume  le  Roi 
uo  troisième  fils  nommé  Fromond  « 


—  132  — 

une  charte  de  Tannée  1179  (n""  299),  où  il  est  que^ 
tion  d'un  procès  gagné  par  Milon  dans  la  coor  da 
comte.  Marie  l'appelle  son  chambrier  dans  une 
charte  de  l'année  1186  (n®  348),  relative  à  une  do- 
nation faite  par  Milon  au  chapitre  Saint-Nicolas  de 
Sézanne.  Milon,  qui  accompagna  Henri  le  Libérai  en 
Terre- Sainte  en  1179,  était  présent  quand  ce  prince, 
tombé  entre  les  mains  des  Sarrasins,  fit  un  vœu  à 
saint  Mammés  (an  1182,  n'  326).  En  1186  il  fut 
un  des  arbitres  de  la  contestation  pendante  entre  la 
comtesse  Marie  et  Pierre,  comte  de  Nevers,  au  sujet 
de  la  mouvance  de  la  Ferté-Loupiére  (n""  350).  En 
1187  il  céda  par  échange  à  Henri  H  ce  qu'il  avait 
àVilleneuve-au-Chàtelot,  à  Luyéres,  à  Laubresscl,et 
ses  serfs  de  Troyes  (n®  354). 

Jean,  frère  de  Milon,  témoin  en  1176,  n"*  260,  et 
en  1178,  n«  283,  reçut  en  H77  divers  dons  d'Henri 
le  Libéral  qui  le  qualifie  de  sergent,  servienii  meo 
(n*»  268). 

Cette  famille  subsista  longtemps  à  Provins  (1); 
son  hôtel,  dans  cette  ville,  existe  encore  (2). 

Henri  eut  trois  chanceliers  (3)  :  Guillaume,  Etienne 
et  Haïce  (4). 


(1)  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  152-153. 

(2)  Ibid.,  I,  399-400. 

(3)  M.  Bourquelot  a  publié,  dans  la  Revue  des  Sociétés  savantes, 
un  très-bon  mémoire  sur  la  chancellerie  de  Champagne. 

(4)  Suivant  M.  Ythier  {Hist.  eccL,  IV,  68-69,  ms.  de  la  Bibl. 
de  Provins),  Henri  avait  pour  chancelier  en  1156  Hugues  II,  de 
Champfleury,  évoque  de  Soissons.  M.  Ythier  donne  à  l'appui  une 
copie  de  charte  qui  porte,  dans  notre  catalogue,  le  n^  41 .  Nous 
craignons  qu'il  n'y  ait  là  une  erreur,  et  nous  douterons  tant  que 


—  133  — 

Guillame  était  chancelier  d'Henri  antérieurement 
à  ravénement  de  ce  prince  au  comté  de  Cham- 
pagne (1).  Il  conserva  cette  fonction  jusqu'à  Tannée 
li76  où  Etienne  lui  succéda.  Toutefois,  dans  cet 
intervalle,  il  fut  momentanément  remplacé  en  1165 
par  Etienne  (2),  en  1 168  et  en  1173  par  Haïce  (3). 

Etienne,  chancelier  de  1176  (&)  à  1179  (5),  ac- 
compagna le  comte  en  Palestine  (6),  visita  avec  lui 
Jérusalem  et  Nazareth  (7),  puis  eut  en  TerreSainte 
même  Haïce  pour  successeur. 

Haïce,  que  nous  avons  déjà  vu  investi  des  fonc- 
tions de  chancelier  en  1168  et  en  1173,  les  reprend 
en  Terre-Sainte,  où  il  porte  le  titre  de  chancelier  à 


nous  ne  verrons  pas  loriginal  de  la  pièce.  En  1156,  GuilUume 
était  chancelier  comme  les  années  précédentes  (voir  les  chartes 
D- 37,  38,  39,  40). 

(1)  Voir  plus  haut,  p.  26.  Depuis  Tavènement  d'Henri,  nous  le 
voyons  en  fonctions  en  1151  (v.  st.),  n®  2  ;  1152,  n«  4,  etc. 

(2)  Pour  Guillaume,  voir  les  chartes  de  l'an  1165,  n»»  131, 132, 
133,  136.  137;  pour  Etienne,  les  n*»  130,  134. 

(3)  En  1168  voir,  pour  Haïce,  le  n*  156;  et  pour  Guillaume, 
les  n~  157.  158.  159.  En  1173  voir,  pour  Haïce,  le  n"  209;  et 
pour  Guillaume,  les  n<»»210,  211,  212,  213,  214,  215,  216. 

(4)  En  1175,  les  n"  234,  235,  236.  237,  238,  239,  240, 
241 ,  242,  244,  246,  248,  établissent  que  Guillaume  était  encore 
chancelier.  En  1176,  il  en  est  de  même  du  n«  256;  mais  les 
n-  251,  252,  253,  254.  258,  259,  260,  201,  nous  montrent 
Etienne  en  fonctions. 

(5)  Voir  les  n"  295, 296. 297, 298,  299,  300, 301 ,  302.  304, 
307,  308,  309,  310,  311,  316,  et  ceux  qui  sont  cités  dans  la  note 
suivante. 

(6)  Voirlesn<»»303,  312,  314. 

(7)  Voir  les  n<»»  303  et  314. 


—  134  — 

Sébaste,  en  1179,  n^  315.  Noos  le  retrouvons  en 
la  même  qualité  à  Troyes  en  1180  (v.  st.  pour  1181), 
n"*  319.  Pendant  la  dernière  maladie  d'Henri ,  ses 
occupations  lui  font  négliger  la  confection  de  la 
charte  qui  devait  constater  le  vœu  fait  par  ce  prince 
à  saint  Mammès  (an  1182,  n^  336).  Il  conserva  ses 
fonctions  sous  Marie  et  Henri  H  jusqu'en  1190,  où 
il  devint  évéque  de  Troyes  (1). 

Nous  n'avons  aucun  renseignement  sur  la  per- 
sonne du  chancelier  Guillaume;  nous  supposons 
seulement  qu'il  était  ecclésiastique.  Il  est  évident 
qu'Etienne  appartenait  au  clergé,  car  on  le  quali6e 
demagisterj  mafire  (an  1476,  n"^  252,  258;  1179, 
n""  302).  Il  avait  un  four  à  Provins,  et  ce  four  dépen- 
dait de  Sainl-Quiriace  (an  1176,  n"  252;  1179, 
n**  302).  Peut-être  est-il  le  môme  qu'Etienne,  pré- 
vôt de  Saint-Quiriace,  témoin  en  1167,  n®  150; 
1170,  n«*  174,  177;  1175,  n°  238  (2).  L'état  civil 
d'Haïce  nous  est  mieux  connu  :  Haïce  était  frère 
d'Hugues,  seigneur  de  Plancy  (an  1168,  n*  156);  il 
appartenait  donc  par  sa  naissance  au  baronnage  cham- 
penois. A  son  prénom  Aîcius,  Haicius  ou  Hayciuif 
qu'on  écrivait  en  français  Ilaîz  (an  1159,  n®  70),  il 
joint,  dans  un  grand  nombre  de  textes,  le  nom  de 
sa  famille  de  Planceio  ou  de  Planciaco.  Il  était  clerc 
en  11 60,  n*"  87;  chanoine  de  Saint-Etienne  de  Troyes 

(1)  Gall.  Christ.,  XII.  503BCD.  Dès  1182  il  était  doyen  du 
chapitre  de  la  cathédrale  de  Troyes ,  dignité  à  laquelle  il  joignit 
celles  de  doyen  de  Saint-Etienne  et  de  prévôt  de  Saint-Quiriice 
(Gall.  Christ.,  XMSiSD). 

(2)  C'est  l'opinion  de  M.  Bonrquelot,  dans  son  mémoire  sur  la 
chancellerie  de  Champagne,  déjà  cité. 


—  186  — 

en  1161,  n""  96;  sous-doyen  de  la  même  église  en 
1164,  n*  129,  et  en  1170,  n»  183.  Avant  son  éléva- 
tion à  la  dignité  de  chancelier  il  faisait  probable- 
ment déjà  partie  du  conseil  habituel  d*Henri,  car  il 
est  témoin  des  dix-huit  chartes  de  ce  prince  dont 
l'indication  suit  :  an  1159,  n"  64, 70;  1160,  n°  87; 
1161,  n^-89,  92,  96;  1162,  n**'  105,  111;  1168, 
n"  115,  117,  118;  1164,  n-  124, 126, 129;  1165, 
n»  437  ;  1168,  n*  156;  1170,  n«  183;  1177,  n*  277. 
La  principale  fonction  des  chanceliers  d'Henri 
parait  avoir  été  de  faire  rédiger  les  chartes  qui  cons- 
tataient les  actes  de  son  administration.  En  1182, 
Marie  reçoit  le  témoignage  d'Haïce,  à  qui  Henri  avait 
enjoint  de  faire  exécuter  une  charte  :  domini  Haicii, 
cancellariij  cui  idem  dominus  carlam  suam  super  hoc 
faeiendam  injunxerat  (n"^  326).  En  1151  (v.  st.  pour 
1152),le  chancelier  Guillaume  déclare  avoir  lui-même 
écrit  et  coUationné  une  charte  :  Guillelmus  cancella- 
ritÂS  scripsil  et  recognovû(l);mais,en  général,  le  chan- 
celier se  bornait  à  faire  rédiger  la  charte  par  le  no- 
taire du  comte,  et  la  seule  fonction  dont  il  dût  per- 
sonnellement s'acquitter  était  d'opérer  la  remise  de 
cette  charte  à  la  partie  intéressée.  On  avait  soin  de 
faire  au  bas  de  ia  pièce  mention  de  l'accomplisse- 
ment de  cette  formalité.  De  là  la  formule  iradtta  ou 
data  per  manum  N.  cancellarii.  Il  ne  faut  pas  la  con- 
fondre avec  la  formule  Actum,..  qui  se  rapporte  à 
la  convention  verbale  dont  la  rédaction  de  la  charte 
était  précédée. 


(1)  C'est  ))eut-être  une  simple  formule  empruntée  aux  usages 
d*UD  autre  siècle. 


—  136  — 

Le  chancelier  avait  sous  ses  ordres  an  notaire  at- 
taché à  la  personne  du  comte,  et  les  scribes  qui  rési- 
daient dans  certaines  villes. 

Henri  eut  deux  notaires,  Guillaume,  de  1453  (i)à 
1179,  et  Aibéric  qu'il  emmena  en  Palestine  en  1179 
(n""'  303,  31/i,  315).  Guillaume  était  clerc,  cardans 
une  charte  de  l'année  1167,  n""  60,  il  est  désigné 
ainsi  :  Willelmusy  notarius,  clerioAS.  Quoique  ses  fonc- 
tions se  bornassent  habituellement  à  la  rédaction 
des  chartes  (2),  il  suppléait  quelquefois  le  chance- 
lier absent,  et  faisait  lui-même  la  remise  des  pièces 
aux  parties  (3).  11  semble  être  resté  notaire  sons  la 
régence  de  Marie  ^  et  pendant  le  régne  d'Henri  II 
qui  l'emmena  en  Terre-Sainte  (an  1190,  n^  &08, 


(1)  M.  Bourquelot,  dans  son  mémoire  sur  la  Chancellerie  de 
Champagne,  fait  observer  que  la  formule  nota  WiUelmi  pantt 
pour  la  première  fois  en  1165.  Mais  il  ne  faut  pas  en  conclure 
qu'il  n'y  eût  pas  de  notaire  à  une  date  antérieure.  Les  notes  sui- 
vantes le  prouveront. 

(3)  Guillelmus.  notarius.  scripsit,  an  1153,  n<>  6;  1153, 
n«  13;  1154.  n»  22;  1159,  n^  62;  1161,  n»  93;  1163,  n«  113. 
La  formule  habituelle,  à  partir  de  l'année  1165  {n^  130),  est  nota 
WiUelmi,  ou  Guillelmi. 

(3)  Tradita  Remis  manu  Guillelmi,  notarii,  an  1152,  n*  5. 

Tradita  Vitriad  manu  Guillelmi,  notarii,  qui  hoc  scripsit, 
an  1153,  n"  U,  15. 

Tradita  Barri  per  manum  WiUelmi,  notarii,  an  1154,  n®20. 

Tradita  est  apud  Barrum  per  manum  Guillelmi,  notarii,  an 
1155,  n«30. 

Tradita  apud  Meldim  per  manum  Guillelmi,  notarii,  an  1155, 
n*31. 

Traditur  apud  Igniacum  per  manus  Guillelmi,  notarii,  an 
1175,  n'>245. 

De  ce  que  le  notaire  Guillaume  a  ainsi  fait  quelquefois  fonction 


—  137  — 

409,  410,  Ail),  si  toutefois  l'on  suppose  que  Guil- 
laume, notaire  d'Henri  P%  et  Guillaunae,  notaire 
d'Henri  H,  soient  la  même  personne.  On  remarquera 
en  effet  que,  de  l'année  1123  à  l'année  1190,  presque 
toutes  les  chartes  des  comtes  de  Champagne  ont  été 
écrites  par  un  employé  nommé  Guillaume  :  or  il  est 
difficile  d'admettre  que  le  môme  homme  ait  rempli 
cette  fonction  pendant  soixanie-sept  ans.  Tout  ce 
qu'on  peut  affirmer^  c'est  l'identité  du  nom. 

Sous  le  régne  d'Henri,  nous  ayons  trés-peu  d'exem- 
ples de  l'intervention  d'un  autre  écrivain  que  le  no- 
taire Guillaume.  Cependant  la  charte  de  l'an  1152, 
n®7,  a  été  écrite  par  Hélie,  moine;  celle  de  Pan  1159, 
n*  66,  par  Thibaut  de  Fismes,  clerc  ;  celle  de  l'an 
1167,  n""  152,  par  Daniel,  prêtre;  enfin  cinq  chartes 
de  l'année  117&  ont  été  écrites  par  Guillaume, 
scribe  de  Provins. 

Les  scribes,  scribe  ou  scriplores,  qui  résidaient  dans 
certaines  villes,  étaient  aussi  soumis  au  chancelier. 
La  charte  delà  commune  deMeaux(an  1179,  n''30/i) 
en  fait  foi.  «  Le  chancelier  donnera  un  scribe  à  la 
commune,  »  dit  cette  charte.  «  Si  ce  scribe  ne  parait 
»  pas  convenable  au  maire  et  aux  échevins,  le  chan  - 
»  celier,  après  les  avoir  consultés,  en  nommera  un 
»  autre.  Le  scribe  jurera  fidélité  au  chancelier  et  à 


de  chancelier,  on  aurait  grand  tort  d'en  conclure  qu'il  fût  alors 
momentanément  chancelier. 

Nous  signalerons  aussi  les  chartes  suivantes  où  il  est  témoin  : 
an  1157,  n-iS;  1158.  n«57;  1159.  n<»  76;  1162.  111;  1163, 
no-  115,  117;  1164.  n«  126;  1166.  n«  142;  1169,  n«  168; 
1171,  n«  197;  1174.  n'iZi;  1185,  no  339. 

io 


—  138  - 

0  la  commune.  »  Nous  connaissons  les  noms  de 
trois  de  ces  scribes. 

Guillaume,  l'un  d'eux,  témoin  en  1171,  n"*  189, 
était  scribe  de  Provins  ;  et  les  chartes  de  l'an  117&, 
n^»'  219,  220,  223,  224,  225,  se  terminent  par  la 
formule  nota  GmUelmi^  scribe  Pruviniensts. 

Il  est  aussi  question  à  Provins  d*un  certain  Geof- 
froi,  scribQj  qui  avait  donné  un  four  à  l'église  Saint- 
Ouiriace  (an  1176,  n^  252). 

A  Troyes,  nous  trouvons  Thibaut,  scriba,  témoin 
en  115/i,  n^  28,  qui  donna,  en  commun  avec  plu- 
sieurs autres,  cinq  étaux  à  l'église  Saint-Etienne  (an 
1157,  n""  lil);  qui  est  qualifié  de  chanoine  de  Saint- 
Etienne,  en  1168,  u^  159  ;  de  sous-diacre,  en  1170, 
n®  181.  Il  est  question  de  son  vivier,  vivarium  7%ea- 
baldiy  scribe  TrecensiSy  en  11 76,  n""  220.  Thibaut, 
scribay  est  sans  doute  le  mûme  que  Thibaut,  scriptof^ 
témoin  en  1175,  n^  248  (1). 

Outre  le  sénéchal,  le  connétable,  le  bouteiliier,  lei 
chambriers,  les  maréchaux,  le  comte  avait  près  de  sa 
personne  d'autres  officiers  moins  importants  qui 
semblent  cependant  encore  avoir  fait  partie  de  son 
conseil  :  des  chapelains,  un  aumônier,  un  cuisinier 
ou  queux;  on  a  dit  plus  tard  maUre-queux^  ou  maitre- 
d'hôtel. 

Le  premier  chapelain  d'Henri  parait  avoir  été 


(1)  Nous  avons  publié,  dans  les  Mém.  de  la  Soc,  d'Ayric,  de 
l'Aube,  2^  série,  t.  VIII,  p.  103-104,  une  charte  sans  date,  mais 
du  milieu  du  xii*  siècle,  où  est  témoin  Teobaudus,  scriba  comitis. 
C'est  sans  doute  le  mtlme  homme.  Cette  charte  concerne  l*hôpital 
Saint-Bernard  de  Troves. 


—  139  — 

Martin,  qui  se  rendit  avec  lui  en  Terre-Sainte  lors 
de  sa  première  croisade,  comme  nous  Tavons  déjà 
dit  (1)  et  comme  on  peut  le  voir  dans  la  charte  de  l'an 
1153,  n^  l/i.  Le  chapelain  qu'on  rencontre  ie  plus 
souvent  est  Nicolas,  qui  prit  part  à  la  seconde  croisade 
d'Henri,  et  qui  parait  n'en  être  pas  revenu.  Il  est 
témoin  de  25  chartes  (an  H55,  n""  33;  1156,  n°'  37, 
48  ter;  1157,  n**»  44,  45  bis;  1458,  n-  57, 59;  1159, 
n**»  64,  70,  76;  1160,  n»«  80,  81,87;  1161,  n«98; 
1167,  n«  150;  1168,  n*  157;  1169,  n*-  165,  168; 
1174,  n*  282;  1175,  n'  244;  1176,  n*»  262;  1177, 
n*  269;  1179,  n-  295,  302,  314). 

Nous  connaissons  encore  à  Henri  deux  autres  cha- 
pelains, Guillaume  et  Hugues. 

Guillaume,  témoin  dans  une  charte  de  l'année 
1169,  n*  165  (le  même  peut-être  que  Guillaume, 
clerc,  témoin  en  1156,  n*  37,  et  en  1157,  n*  86)  de- 
vint abbé  d'Oye,  comme  l'établit  une  charte  de 
1171,  n-  197  (2). 

Hugues  est  témoin  en  1171,  n''  195;  en  1177, 
n""  269;  en  1179,  n^"  811.  Henri  lui  donna  la  moitié 
du  moulin  de  Bierge,  à  charge  de  fournir  la  cire  pour 
la  chapelle  du  palais  de  Provins  (an  1179,  n""  302). 

Henri  eut  deux  aumôniers  :  Pierre,  témoin  en 
1169,  n*  165,  et  Guillaume.  Ce  dernier,  qui  ne 
paraît  pas  avoir  pris  part  à  la  croisade  de  1179, 
resta  en  fonction  sous  la  comtesse  Marie  :  il  est  té- 
moin en  1173,  n*  209;  1177,  n-  269;  1178,  n**284; 


(i)  Voir  plus  haut,  p.  27. 

(2)  Le  GalL  Christ.,  XII,  533 C,  io  mentionne  dans  In  liste 
des  abt>és. 


—  140  ^ 

1179,  n''  309,  312,  et  depuis  la  mort  d'Henri,  ea 
1183,  n*-  329,  331  ;  1184,  n«  336;  1185,  n-  340; 
1186,  n""'  344,  347,  349.  Les  aumôniers  étaient,  sui- 
vant le  sens  étymologique  du  mot,  chargés  de  la  dis- 
tribution des  aumônes  du  comte  (1).  Ils  sont  qualifiés 
de  frères,  ce  qui  veut  dire  qu'ils  appartenaient  à  un 
ordre  religieux.  On  a  vu  plus  haut  que  Thibaut  II 
avait  pris  pour  aumôniers  des  chanoines  réguliers 
de  Tordre  de  Prémontré  (t.  II,  p.  340-341). 

Nous  avons  rencontré  deux  cuisiniers  :  Erlebal- 
du8f  témoin  en  1154,  n"*  21  ;  Garnier  en  1157,  n'  45; 
1158,  n-  57;  1159,  n^'  66,  69;  1160,  n*  80  J  1161, 
n»  101;  1163,  n«  114;  1164,  n«  126;  1165,  n«  187; 
1170,  n«  175. 

Nous  passons  à  ceux  des  membres  du  conseil 
d'Henri  qui  n'étaient  investis  d'aucune  fonction  spé- 
ciale. Les  uns  sont  des  barons,  ses  vassaux,  qui,  en 
venant  lui  donner  leur  avis,  remplissent  une  obliga- 
tion féodale;  la  fréquence  de  leurs  visites  varie  sui- 
vant leur  zèle  ou  leur  indifférence  :  les  autres  sont, 
en  général,  des  clercs  attirés  par  son  accueil  bien- 
veillant, ses  largesses,  ou  leurs  affaires  (2).  Nous 
suivrons  Tordre  alphabétique. 

Adam  liridena,  témoin  en  1177,  n«  272;  1178, 


(1)  La  charte  de  l'an  1175.  n^  248,  établit  au  profit  de  laum^- 
neric  du  comte  une  rente  payable  le  vendredi-saint. 

(2)  On  remarquera  qu'un  certain  nombre  des  principaux  vassaui 
d'Henri  ne  iigurcnt  pas  dans  cette  liste.  Tels  sont  les  comtes  de 
Bar-sur-Seine,  de  Roucy,  de  Réthel,  de  Joigny,  dont  nous  n'avons 
trouvé  le  nom  au  bas  d'aucune  de  ses  chartes,  bien  qu'ils  fussent 
ses  vassaux  comme  nous  l'apprend  le  premier  livre  du  Feoda 
CampaniCf  n**»  6,  35,  37,  98  de  notre  édition  (t.  II,  p.  ui,  v,  ix); 
tel  est  Gautier,  comte  de  Brienne,  témoin  une  fois  en  1155,  n""  30,  etc. 


—  141  — 

n**290;  1179,  n««  296,  304.  Depuis  la  mort  d*Henri, 
on  le  reirouve  en  1185,  n**  342. 

Anséric  de  Montréal,  témoin  en  1152,  n®'  /i,  6; 
en  H5/i,  n^  29;  en  1155,  n^  30;  en  1156,  n'*  42; 
en  1163,  n^ll9;  en  1164,  n^  128;  en  1166,  n°  141. 
Nous  avons  parlé  (p.  24)  de  ses  relations  de  jeune 
homme  avec  Henri.  C'était  un  des  premiers  barons 
de  la  Champagne  méridionale.  Son  nom  de  fief,  de 
Monteregali^  est  écrit  de  Montroies  en  1154,  n*'  29. 

Daimbert,  ou  Deimbert  de  Ternanlis,  qui  parait 
pour  la  première  fois  en  1158,  n"*  55,  est  de  1163  à 
1179  témoin  de  quarante-quatre  chartes  d'Henri. 
Il  jura  au  nom  d'Henri  l'observation  de  la  charte 
communale  de  Meaux  (an  1179,  n"*  304).  Il  parait 
être  le  même  que  Deymbert  de  Braio^  témoin  en 
il67,  n*  150.  Il  était  laïc  (an  1172,  n^  204)  et  de 
plus  chevalier  (an  1175,  n"*  241).  Il  eut  deux  fils, 
Joscelin  et  Milon  de  Braio^  ou  de  Ternantis  (an  1170, 
nM82;  1171,  n*»  193;  1173,  n^  215);  nous  en  par- 
lerons plus  loin. 

Dreux  de  Provins,  autrement  dit  Dreux  Bristaud, 
témoin  quarante-neuf  fois  de  1151  {vieux  8tyle)him. 
Il  était  chevalier  (an  1160,  n*  87;  1170,  n°  184), 
voire  même  baron  (an  1166,  n*  147)  et  frère  de 
Pierre  Bristaud,  vicomte  de  Provins  (an  1 1 59,  n^  66  ; 
1161,  n«'  91,  92,  97,  101;  1164,  nM29;  1165, 
n**136;  1166,  n*  147;  1167,  n°  150,  etc.).  Pierre, 
abbé  de  Montier-la-Celle,  lui  fit  un  bail  emphytéo- 
tique en  1156,  n<'39.  En  1184,  n"334,  on  parle  de 
lui  comme  mort. 

Eudes  de  Montaimé,  de  Monte  OmeHy  témoin  en 
1152,  n«  6;  1153,  n*  12;  1160,n*82;  1168,n«119; 
1169,  n'  168. 


—  142  — 

Garnier  de  Trainel,  frère  du  bouteillier  Anseau, 
est  témoin  trente-cinq  fois,  de  1152  à  1179.  Il  est 
qualifié  de  baron  en  1166,  n^  167.  Il  était  seigneur 
de  Marigny-le-Châtel,  ce  qui  établit  son  identité  avec 
Garnier  de  Marigny,  témoin  en  1175,  n*  2&8.  On  le 
retrouve  auprès  de  Marie,  depuis  la  mort  d'Henri,  en 
1181,  n«  324;  en  1182,  n<>  327. 

Gautier  deBernon,  ancien  conseiller  de  Thibaut  II, 
dans  les  diplômes  duquel  il  figure  en  1136,  1138, 
1139, 1142, 1145, 1148, 1151,  est  témoin  en  115S, 
n''4, 6, 7;  1154,  n''20,  28;  en  1145,  on  lui  donnait 
la  qualité  de  chevalier.  II  était  probablement  sei- 
gneur de  Bernon  (Aube). 

Geoffroi  Bruslart,  ou  Broslard,  témoin  en  1159, 
n*  64;  1161,  n*>  93;  1169,  n^  165;  1178,  n»  283. 
Cette  dernière  charte  lui  donne  le  titre  de  sénéchal 
d'Oulchy. 

Geoffroi  l'Esventé,  témoin  en  1156,  n*39;  1157, 
n^45;1161,n^*91,92;  1170,  nM77;  1171, nM91; 
1176,  n'*252,  261,  était  frère  de  Girard  TEsventé, 
dont  il  sera  question  plus  bas.  Sa  femme  Reginaj  et 
son  beau-père  Pierre  de  Casiello,  figurent  avec  lui 
dans  une  charte  de  l'année  1156,  n^  41.  Il  survécut 
à  Henri  et  resta  le  conseiller  de  sa  veuve,  comme  le 
prouvent  les  chartes  de  Tan  1181,  n*  324;  1182, 
n«-  327,  328;  1183,  n«  331;  1184,  n^  334,  335; 
1186,  n'"345,  347,  348.  En  1190,  nous  le  voyons 
encore  faire  une  donation  à  l'Hôtel-Dieu  de  Provins, 
n»  409  (1). 


(1)  Geoffroi  l'EsveDté  figure  au  Feoda  Campanie,  art.  68,  dans 
notre  tome  11,  p.  vu. 


—  143  — 

Gervais  de  Maiiicy,  témoia  en  1161,  n^  89,  98; 

1164,  n~  120, 121. 

Girard  de  Ghanteraerle,  témoin  en  1152,  n*  6; 
1153,  n^  16;  1156,  n^'  23,  29;  1155,  n'*  80,  33; 

1157,  a«57;  1158,  n«  54;  1160,  n«  81. 

Girard  rEsventé,  frère  de  Geoffroi,  témoin  en 

1158,  n*»  59;  en  1159,  n«  71;  en  1160,  n*  87;  en 

1165,  n""  130,  et  dans  trente-deux  autres  chartes, 
de  1167  à  1179.  Dans  la  charte  de  Tan  1160,  n«  87, 
nous  voyons  qu'il  était  chevalier.  Après  la  mort 
d'Henri  I*,  il  reparaît,  comme  son  frère,  dans  les 
chartes  de  Marie  (an  1181,  n*  324;  1182,  n*  328; 
1183,  n«  33!  ;  4184,  n'335;  1186,  n<>  345;  1194, 
n*  426).  C'est  par  sa  déclaration  conservée  au  Feoda 
Campante  que  nous  connaissons  l'hommage  d'Henri 
le  Libéral  à  l'empereur  Frédéric  Barberousse  (1). 

Guerri  Buccel,  Bocel,  Buceps  ou  Boceps,  témoin 
en  1156,  n^  37;  1158,  n°  56;  1159,  n«  72;  1161, 
II-  94,  95;  1162,  n*  111;  1163,  n*  115;  1164, 
n®  129.  Cette  dernière  charte  nous  apprend  qu'il 
qu'il  était  archidiacre  de  Troyes. 

Guibert  de  Bar,  témoin  en  1165,  n°  135;  1169, 
nH67;  1170,  n- 185;  1171,  nM96;  1175,  n"  240, 
244  ;  1176,  n^  259;  1179,  n«  305.  Amaury  de  Bar, 
son  frère,  est  témoin  en  1174,  n""  225,  et  en  1175, 
no  240. 

Guillaume  de  Champagne,  frère  d'Henri,  et  suc- 
cessivement évêque  de  Chartres,  archevêque  de  Sens 
et  de  Reims,  témoin  en  1160,  n^  82  ;  1163,  n**  113, 


(1)  Voir  notre  T.  11,  p.  xvii,  art.  233.  Hugues  rEsventé,  pa- 
rent sans  doute  de  Girard  et  de  Geoffroi ,  est  témoin  en  1 1 59,  n®  74, 
et  en  117*.  n°  261. 


—  144  — 

117,  124;  1165,  a»  136;  1167,  n«  152;  4172, 
n«  202  ;  1173,  n«  209;  1175,  n»  238;  1176,  n»  252; 

1177,  n"  266;  1178,  n»  284.  On  le  retrouve  au 
môme  titre  dans  les  chartes  de  Marie  et  d'Henri  II 
(an  1183,  n*  329;  1184,  n*  334;  1185,  n*  339; 
1189,  n»386;  1190,  n''400. 

Hilduin,  seigneur  de  Vendeuvre,  ancien  conseil- 
ler de  Thibaut  II,  dans  les  chartes  duquel  il  est  té- 
moin en  1134, 1139, 1140, 1143, 1145,  et  qui  dans 
la  dernière  est  dit  chevalier,  semble  avoir  paru  peu 
à  la  cour  d'Henri  ;  on  le  trouve  en  1151  (v.  *(.), 
n*  2,  et  en  1154,  n'  20.  En  1162,  n«  110,  il  était 
mort,  et  avait  pour  successeur  son  fils  Eudes. 

Hugues  de  Ltstaco,  clerc,  témoin  en  1155,  n"  84; 
1156,  n"  37,  38;  1161,  n»  89. 

Maître  Hugues  de  Monirampon,  témoin  en  1156, 
n»40;  1159,  n<'65;  1161,  n'95;  1177,  n»  270; 

1178,  n°'282,  293;  peut-être  le  même  que  Maître 
Hugues  qui  accompagna  Henri  à  la  croisade  de 

1179,  n-  314,  315. 

Hugues,  seigneur  de  Piancy,  témoin  dans  les 
chartes  suivantes  :  an  1152,  n"  5;  1157,  n*  45  ter; 
1158,  n"  55;  1159,  n"  70,  73,  74;  1160,  n»  87; 
1161,  n"94,  101;  1164,  nM29;  1165,  n'  136; 
1166,  n"  142,  147,  150;  1169,  n»  162;  1170, 
n"  184  ;  1172,  n"  202  ;  1174,  n»  231  ;  1175,  n»  241; 
1176,  n«  260;  1177,  n"  268,  274;  1178,  n»  290; 
1179,  n<"  307,  312.  Il  est  dit  chevalier  en  1160, 
n°  87;  en  1170,  n*  184  ;  baron  en  1166,  n°  147.  En 
1165,  n"  131,  il  est  un  de  ceux  qui  jurent  l'exécu- 
tion du  traité  conclu  entre  le  comte  et  l'évéque  de 
Meaux.  En  1168,  n*  156,  il  traite  avec  les  prieurés 
de  Saint-Just  et  de  Macherel  ;  en  1 178,  n"  292,  Henri 


—  145  — 

lui  donne  une  serve*  Il  était  frère  d'Haïce  de  Plancy, 
chancelier  (voir  à  ce  sujet  la  charte  de  l'an  1168, 
n*  156,  déjà  citée).  II  survécut  à  Henri,  comme  le 
prouvent  les  chartes  de  Tan  1181,  n*  32&,  et  1182, 
n''  328. 

Hugues  de  Purreio,  témoin  en  1171,  n***  192, 
194;  1172,  n«  201;  1173,  n*21/i;  1174,  n^  228. 
II  reparait  sous  Marie,  en  1186,  n"*  348. 

Hugues  RabieSf  Ragia  ou  Raige^  témoin  en  1170, 
n^'  182,  185;  1171,  n«*  193,  196;  1173,  n°-  211, 
215;  1174,  n*  232;  1176,  n«254;  1178,  n^  291; 
1179,  n«  307. 

Hugues  de  Romilly,  témoin  en  1151  (v.  st.)^  n*  2; 
1161,  n- 101;  1166,  n*  141;  1177,  p.  279  (cf.  Feoda 
Campaniœ,  n**  73,  90,  dans  notre  Tome  II,  p.  viii, 
ix). 

Jean  Breban,  frère  de  Milon  de  Provins  (voir  plus 
haut,  p.  132). 

Josceiin,  fils  de  Deimbert  de  Ternantis,  et  frère  de 
Milon  de  Bray,  est  témoin  en  1170,  n**  182,  185; 
1171,  n<*  193, 194;  1176,  n"  253  bis. 

Manassès  deClauso,  témoin  en  1165,  n''134;  1170, 
n- 185;  1171,  n-195;  1175,  n-244;  1176,  n«259; 
il77,  n**  272;  1179,  n°»  297,  307,  309,  est  peut- 
être  le  même  que  Manassès  Caroli^  témoin  en  1179, 
n"*  281.  Il  serait  en  ce  cas  fils  de  Charles  de  Clausoy 
témoin  en  1159,  n"74,  et  en  1165,  n*'  137.  Il  vivait 
encore  en  1182,  n'  327. 

Manassès  de  Pougy,  prévôt  de  Saint-Etienne  de 
Troyes,  témoin  en  1159,  n°  76;  1160,  n"  84;  1162, 
n"*  103, 105, 111;  1163,  nM18;  1164,  nM29;  1165, 
n*l37;1169,nM62;  1170,  n^»  178, 183, 184;  1174, 
tf  232. 


—  146  — 

Manassès  de  Villetnaur,  archidiacre  de  l'église  de 
Troyes,  doyen  de  Saint-Etienne,  témoin  en  1160, 
n'8/»;  1162,  n"  111;  1164,  n'  129;  1170,  n"  183, 
184;  1174,  n"'232. 

Mathieu  Lorrain,  témoin  en  1152,  n°  6;  1153, 
n-13, 16;  H54,  n»20;  1156,  n*38;  1158,  n»  53; 

1159,  n'65;  1161,  n°'93,  98;  1169,  n' 168.  Il  était 
clerc,  comme  le  prouve  la  charte  de  l'an  1156,  n'SS. 

Mathieu,  préchanire  de  la  cathédrale  de  Sens,  té- 
moin en  1153,  n»  9;  1159,  n-  65, 67, 68, 76  j  il60, 
n'78;  1164,  n*  128. 

Mathieu  de  Troyes,  témoin  en  1165,  n''134;  1174, 
n«220;  1178,  n»  292;  1179,  n"*  297,  309. 

Mathieu  Rufus,  témoin  en  1173,  n"  215;  1174, 
n-  228,  232;  1176,  n"  234,  239;  1177,  n*  268; 
1179,  n"  304,  307,  308. 

Milon  Breban,  ou  de  Provins  (voir  plus  haut, 
p.  131). 

Milon  de  Bray,  ou  de  Temaniis,  fils  de  Deimbert 
de  TernatUit,  frère  de  Joscelin,  est  témoin  en  1171, 
n"  189;  1173,  n"  211,  215;  1174,  n»  230;  1176, 
n- 253  bis,  262;  1177,  n°  269;  1179,  n-304,  808. 
On  le  revoit  en  1183,  n»  331  ;  1186,  n°  352.  Outre 
Joscelin,  il  avait  un  frère  nommé  Girard,  comme 
rétablissent  les  chartes  de  l'an  1189,  n"  389;  1194, 
n'  431 ,  et  qu'on  rencontre  déjà  en  1173,  n*  211. 

Nevelon  de  Alneto,  ou  de  Alnez,  témoin  en  1157, 
n*  49  ;  1169,  n°  166;  1170,  n"  181;  et  depuis  la  mort 
d'Henri  en  11 82,  n° 327, 1184,  n' 335 ;  1186,  n" 349. 

Nevelon,  ou  Nivelon  de  Ramerupt,  témoin  en 

1160,  n"  78;  1163,  n*  119;  1171,  n'  191;  1173, 
n*  210  ;  et,  depuis  la  mort  d'Henri,  en  1181,  n'  324. 

Nicolas  de  Montiéramey,  prieur  de  Saint-Jean-en- 


—  147  — 

Chàtel  de  Troyes,  parait  en  Tannée  1160,  n""  8&,  où 
Henri  fait  à  caase  de  lui  une  donation  au  prieuré  de 
Saint-Jean-en-Chàlel.  Il  est  témoin  en  1161,  n"^  100, 
101;  1170,  n°  185;  1174,  n*- 227, 282;  ll75,n^248. 
Nous  parierons  de  lui  plus  en  détail  dans  le  chapitre 
consacré  à  l'histoire  littéraire. 

Maître  Philippe,  témoin  en  1174,  tf  221;  1176, 
n**258;  1179,  n~  295,  302,  311,  313,  314,  315, 
accompagna  Henri  à  la  croisade  de  l'année  1179.  Il 
est  sans  doute  le  même  que  Maître  Philippe  de  Se- 
zanne,  témoin  en  1172,  n*  204. 

Pierre,  abbé  de  Montier-la-Celle,  plus  commun 
sous  le  nom  de  Pierre  de  Celle,  depuis  abbé  de 
Saint-Remi  de  Reims  et  évéque  de  Chartres,  témoin 
en  1152,  n*^  6;  1156,  n*  42;  1159,  n»  72;  1161, 
n* 100. 

Pierre  Bristaud,  vicomte  de  Provins,  frère  de 
Dreux  Bristaud  de  Provins,  est  témoin  dans  trente 
chartes,  de  1156  à  1178.  En  1184,  n»  334,  il  était 
mort.  En  1171,  n""  191,  il  avait  abandonné  aux  Tem- 
pliers ses  droits  sur  une  maison  de  Provins.  Des 
chartes  de  l'an  1166,  n'  145,  et  de  Tan  1176,  n'252, 
parlent  de  sa  femme  Hawide,  enterrée  à  Saint-Qui- 
riace  de  Provins.  Il  parait  être  le  père  d'Henri  Bris- 
taud, qui  serait  né  d'une  seconde  femme,  et  qui  fon- 
da la  commanderie  du  Temple  de  Provins  en  1193, 
n^  421  (1). 

Pierre  de  Langres,  témoin  en  1169,  n""  167;  1170, 
I1M78;  1174,  n»  223;  1176,  n*  240;  1176,  n~  261, 
262,  253  bis;  1177,  n"  266,  269;  1179,  n~305, 

(1)  Cf.  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  l,  115, 139, 140. 


—  148  — 

313.  Il  avait  fait  bâtir  des  maisons  à  Troyes  (an 
H79,  !!•  297).  II  donna  à  l'Hôtel-Dieu  de  Bar-sur- 
Aube  une  partie  du  tonlieu  des  futaines  de  la  même 
ville  (an  1179,  n«  307). 

Rainaud  de  Provins,  témoin  en  1155,  n*S3;  1156, 
n*38;  1159,  n-71;  1160,  n*  81;  1161,  n-94,  96; 
1163,  n«  114;  1170,  n- 184.  La  charte  de  Pan  1161, 
n"*  96,  nous  apprend  qu'il  était  chanoine  de  Saint- 
Etienne  de  Troyes. 

Rainaud,  trésorier  de  SaintQuiriace  de  Provins, 
témoin  en  1159,  n*  76;  en  1164,  n"  124,  128,  est 
peut-être  le  même  que  Rainaud  de  Provins. 

Rainier  de  Brienne,  chanoine  de  la  cathédrale  de 
Troyes,  témoin  en  1158,  n"  56;  1159,  n"  69,  71, 
72,  76;  1160,  n'  85;  1170,  n»  184. 

Roric,  Ruric,  ou  Reric,  archidiacre  de  Heaux, 
témoin  en  1159,  n*  76  ;  1160,  n"  78,  80,  85  ;  1161, 
n»  102  ;  1164,  n*  129  ;  1168,  n»  157;  1171,  n*  189. 
C'est  à  partir  de  l'année  1161  qu'il  est  qualifié  d'ar- 
chidiacre. Henri  l'avait  autorisé  à  chasser  dans  la 
forêt  de  Mant  (Feoda  Campante,  n""  55),  et  lui  avait 
donné  une  rente  de  soixante-dix  sous,  qu'en  1188 
Roric  transféra  à  la  chapelle  Notre-Dame  de  la  ca- 
thédrale de  Meaux,  pour  le  salut  de  l'âme  du  comte 
défunt  (n*  366). 

Robert  de  Milly,  témoin  en  1167,  n*  150;  1170, 
n'*174;  1174,  n^  221;  1175,  n*  241;  1177,  n*  265; 
1179,  n""*  304, 314, 315,  accompagna  Henri  à  la  croi- 
sade de  l'année  1179,  et  en  revint,  car  nous  le  retrou- 
vons comme  témoin  en  1181,  n""  324.  En  1184,  n*  332, 
il  traite  avec  l'abbaye  de  Saint-Faron  ;  en  1198,  au 
mois  d'avril,  il  cautionne  la  fidélité  de  Thibaut  III, 
comte  de  Champagne,  au  roi  de  France. 


—  149  ~ 

Simon  de  Entra^  ou  de  Anchoraj  clerc,  témoin  en 
1170,  n^  177;  1171,  n'  188;  1172,  n'*  204,  205; 
1176,  n*  219. 

Técelin  de  Clérey,  témoin  en  1171,  n^  192;  1172, 
n-  201  ;  1173,  n^  214  ;  1179,  n^  304. 

Thibaut  V,  comte  de  Blois,  frère  d'Henri,  témoin 
en  1151  {V.  st.),  nM  ;  1153,  nH7;  1156,  n'42;  1163, 
n'*  113;  1166,  n*  147;  1176,  n*  152. 

Thibaut  de  Fismes  parait  pour  la  première  fois,  en 
1159,  n''66,  avec  cette  indication  qu'il  avait  fait  la 
charte,  qui  cartam  fecit.  De  1161  à  1179,  il  est  témoin 
de  vingt-huit  chartes;  Tune,  1162,  n""  110,  nous  ap- 
prend qu'il  était  clerc.  Il  accompagna  Henri  à  la 
croisade  de  Tan  1179,  n°*  313,  314,  315.  Nous  ne 
voyons  pas  qu'il  en  soit  revenu.  Il  est  sans  doute  le 
même  que  Thibaut,  clerc  d'Henri,  de  qui  ce  prince 
acheta  en  1176,  n'*259,  un  terrain  sis  à  Troyes. 

Thibaut  de  Mutry,  témoin  en  1152,  n'  5;  1153, 
nMl;  1154,  n^  22;  1159,  n"  64;  1161,  n°  98; 
4165,  n°  136. 

Thibaut  Révélard,  témoin  en  1171,  iT  191, 193; 
1172,  n-*  201,  204;  1177,  n°272;  1178,  n'^  281, 
290;  1179,  n"  304.  Il  était  laïc,  voir  la  charte  de 
Tan  1172,  n"  204. 

Le  lecteur  sera  peut-être  étonné  du  nombre  de 
personnes  que  nous  avons  énuméré  :  en  comptant  les 
grands  officiers,  les  chapelains,  aumôniers  et  queux, 
on  trouve  au  conseil  d'Henri  un  total  de  soixante- 
treize  membres;  mais  il  faut  observer  que  beaucoup 
se  présentent  seulement  pendant  une  partie  du 
règne;  que,  d'ailleurs,  ce  conseil  n'étant  ni  perma- 
nent, ni  fixe,  ni  régulièrement  salarié,  sa  composi- 
tion ne  pouvait  avoir  la  stabilité  des  assemblées  con- 


~  150  — 

sullatives  qu'on  pourrait  de  nos  jours  lui  comparer. 
Quand  Henri  avait  une  affaire  à  traiter,  il  appelait 
près  de  lui  toutes  les  personnes  recommandables 
que  le  hasard,  les  affaires  ou  l'amitié  amenaient  près  de 
lui;  si  donc  il  y  a  une  critique  à  nous  adresser,  c'est 
d'avoir  été  incomplet  :  de  crainte  d'être  trop  long, 
nous  n'avons  cité  que  les  noms  qui  se  rencontrent 
le  plus  fréquemment.  On  pourrait  citer,  par  exem- 
ple, plusieurs  grands  barons  de  Champagne  qui  ne 
figurent  pas  sur  cette  liste,  parce  que  nous  ne  les 
avons  vu  paraître  qu'une,  deux  ou  trois  fois  comme 
témoins  dans  les  chartes  du  comte  (1). 

Nous  terminerons  ce  chapitre  par  une  liste  de 
prévôts  et  par  la  mention  de  quelques  fonctionnaires 
de  second  ordre  attachés  à  la  personne  d'Henri,  de 
sa  mère  et  de  sa  femme. 

Nous  avons  relevé  les  noms  des  prévôts  suivants  : 

4 .  Bàr-sub-Aube,  Erard,  ou  Airard ,  4  4  59,  n<»  62, 78. 

—  Belin,  4459,  no  63. 

-—  Herbert,4469,no467;4470,n«478. 

2.  Chantemeele,  Eudes,  4454,  no24. 


(1)  Tels  sont  : 

Anseau  de  Garlande,  en  1170,  n*  174;  1171,  nM 91;  1174, 
n^  224. 

Arnoul  de  Reynel,  en  1165,  n«  30. 

Eustache  de  Conflans,  en  1169,  n"  64. 

Guermond  de  Chàtillon,  en  1164,  n»  128  ;  1170,  n<>  187. 

Gui  II  de  Châlillon.  en  1164,  n»  128. 

Guiard  de  Reynel,  en  1173,  w^  253  bis. 

Mathieu  defouquin,  en  1151,  n°  2;  1152,  n'5. 

Pierre,  vicomte  de  Château-Thierry,  en  1164,  n«118. 
-  Simon  de  Broyés,  en  1163,  n<»  119;  1166,  n«»  147. 

Cf.  plus  haut,  p.  140,  not(\ 


3.   GfliOUECE, 

4.  Gaateau-Thierrt, 

5.  Ghatilloi^-sur-Mabne, 

6.  goulommiers, 

7.  Epernay, 


8.  Ervt, 

9.  isle-aumont, 

40.  Jour, 
44.  Marate, 


42.  Meaux, 

43.  Pokt-suh-Seike, 

44.  Provins, 

45.    ROSNAT, 

4C.  Sézanne, 


47.  Saint-Florentin, 

48.  Troyes, 


161  — 

Philippe  Baucen  et  Jean  deCrisco, 

4465,  no  435. 
Ursion,  4453,no46;  4454,  no 24. 
Eudes,  4469,  no  462. 
Milon,  4464,  no  420. 
Paycn,  4  452,  no  6;  4458,  no  54. 
Gauthier,  4452,  no  6. 
Herminonus,  4472,  no  203. 
Jean  fie  Gregnate,  4479,  no 296. 
Guiard  le  Mangeur,  au  plus  tard 

4463,  no  442. 
Durand,  4478  (original,  Archives 

de  rÂube,  fonds  de  Quincy  (4). 
Ansoud,  4476,  nos  252,  258. 

Milon,  4464,  no  94. 

Hugues    de    Valencenis,    4473, 

no  244  bis. 
Jean,  4477,  no 279;  4478,  n*»287. 
Mathieu,  4475,  no  237. 

JosbertleSec,4477,  no»  268, 269; 

4478,  no  284;  4479,  no  298. 
Renard,  4454,  no  29. 
Rainaud,  4462,  no  405. 
Wasco,  4454,  no  24. 
Pierre  Tcutonicns,  Rainaud  du 

Moulin,  Nicolas  Moret,  4474, 

no  226. 
Clarius,  4459,  n°  69. 

Herfroi,4458,  n°60;  4459,  no»  70, 
72;  4464, no94;  4468,no459. 

Josbert  de  Provins,  4460,  no  87; 

4464,  no  94. 
Robert,  4474,  n*  229. 


(1)  En  1156  Isle-Aumont,  au  lieu  d'un  prévôt,  avait  un  maire, 
Herfroi,  Herfredus,  témoin  dans  la  charte  n°  37,  et  sans  doute 
subordonné  au  prévôt  de  Troyes. 


—  152  — 

48.  TfiOYES,  Loup  et  Joscelin,  -1475,  n®  246. 

—  HerbcrtPutcmonoie,4478,  do292; 

4479,  nos  297,  309. 

49.  Vertus,  Nocher  de  Moreins,  4474 ,  no  497. 
20.  ViTRY,                          Nicolas,  4475,  no  244. 

il  est  de  plus  question  de  deux  prévôts  dont  les 
noms  ne  sont  pas  donnés,  ceux  de  : 

24.  Bray,  4475,  no  236. 
22.  Wassy,  4475,  no  234  (4). 

Les  derniers  employés  de  Henri,  dont  nous  parle- 
rons dans  ce  chapitre ,  seront  son  pannetier,  ses 
huissiers,  son  fauconnier. 

Ursion,  pannetier,  est  témoin  en  1153,  n*i6;  en 
1154,  n<»21. 

Guiard,  huissier,  en  115A,  n""  21;  et  en  1159, 
n^74. 

MonceriuSy  huissier,  en  1159,  n®  74. 

Ebrard,  fauconnier,  reçut  du  comte  deux  dons  : 
l""  les  oboles  des  boulangers,  obolos  panificum,  d'un 
four  situé  à  Troyes,  près  de  la  Porte-du-Comte  (an 
1 169,  n'  169);  2^  deux  muids  de  froment  et  quatre 
d'avoine  à  prendre  au  grenier  de  Rosnay  (s.  d. 


(1)  Cette  liste  ne  s'accorde  pas  entièrement  avec  celle  que  nous 
avons  donnée,  d'aprl^s  le  Feoda  Campanie^  dans  notre  Tome  II, 
p.  422.  Les  différences  s'expliquent  par  deux  causes  :  !•  les 
chartes  que  nous  avons  consultées  ne  contiennent  pas  rindicalion 
de  tous  les  prévôts  qui  ont  existé,  par  conséquent  la  présente  liste 
n'est  pas  complète  ;  2**  au  moment  où  a  été  rédigé  le  premier  re- 
gistre du  Feoda  Campanie,  certaines  châtellenies  qui  avaient  eu 
ou  (levaient  avoir  plus  tard  leur  prévôt  spécial  étaient  réunies  à 
d'autres  sous  l'administration  du  même  prévôt;  aussi  la  priante 
liste  contient-elle  des  noms  de  prévôtés  que  le  premier  registre  du 
Feoda  Campanie  ne  mentionne  pas. 


—  1B3  — 

n"*  2ii9).  Ebrard  céda  au  chambrier  Artaud  le3  oboles 
des  boulangers  (an  1169,  n""  169). 

Henri  avait  encore  d'autres  employés  en  grand 
nombre^  des  péages,  Pedagiarii,  ou  receveurs  des 
péages,  des  thonléoniers,  Theloneariiy  ou  receveurs 
de  tbonlieux,  des  forestiers,  des  monnayers.  Nous 
nous  en  occuperons  plus  bas  en  parlant  des  péages, 
des  tonlieux,  des  forêts,  des  monnaies. 

Quant  à  ses  baillis,  dont  il  parle  dans  ses  chartes 
de  l'an  1161,  n'  92;  et  de  Tan  1179,  n'  313,  nous 
croyons  qu'on  ne  doit  pas  reconnaître  en  eux  des 
employés  spéciaux.  Bailli,  dans  la  langue  administra- 
tive de  la  Champagne,  était  alors  un  terme  générique 
synonyme  de  serviens^  minUterialis,  officialisa  famulus, 
et  voulait  dire  vaguement  agent,  employé  secondaire 
quelconque  (1).  La  distinction  entre  les  baillis  et 
les  autres  agents  du  comte  se  montre  seulement  en 
Champagne  à  une  époque  contemporaine  du  fameux 
testament  de  Philippe-Auguste,  c'est-à-dire  du  pre- 
mier document  où  l'on  voie  apparaître  Tinstitution 
des  baillis  royaux  (2) . 

Une  charte  de  l'année  1154  (3)  nous  apprend 


(1)  En  il6i,  n°  92,  Henri  s'exprime  ainsi  :  Si  farte  evenire 
cùntingeret  quod  a  meis  vel  successorum  meorum  baillivis  vel 
servientibus.  En  1179,  n<>  313,  il  veut  réparer  les  dommages, 
quas  ego  et  balliin  tnei...  iniuleramus. 

(2)  En  1189,  n«  383,  Henri  II  s'exprime  ainsi  :  Baillivis,  pre- 
positis^  servientibus  meis  precipio;  la  même  année,  n®  392, 6at7- 
liris,  eiprepositiSj  et  servientibiis  mets.  Toutefois,  ce  n*est  pas 
avant  le  xni*  siècle  qu'on  voit  en  Champagne  désigner  nominati- 
vement des  personnages  revêtus  du  titre  de  bailli. 

(3)  Bibl.  de  Troyes,  ms.  n»  2284,  charte  n*  72. 

11 


—  1B4  — 

que  la  comteMor  Msthilde^  veuve  de  Thibaut^  9Mii 
à  son  service  le  ptniietier  Bogues  de  Provins;  k 
clerc  Guillaume  ;  Thuissier  Lupel  ;  les  deux  éciiyen 
Haton  et  Obert  :  nous  avons  déjà  parlé  d'Isambard, 
son  chambrier. 

Marie,  du  vivant  d'Henri,  avait  un  chevalier^  un 
chapelain  et  un  clerc  :  le  chevalier  était  Nevelon, 
témoin  en  1166^  n""  165;  le  chapelain,  Dreux,  dont 
il  est  question  en  1169,  n'  166,  et  en  1176^  n*"  S63; 
le  clerc,  Laurent,  témoin  en  1166,  n""  161  ;  117A, 
n""  221 .  Il  est  encore  question  du  clerc  Laurent  en 
1169,  n^  166;  en  1176,  n'  252  (1);  il  avait  à  Saint-Qui- 
riace  une  portion  de  prébende  que  Marie  compléta 
en  1176,  n""  252  (2)  et  258;  la  même  année,  il  servit 
de  chancelier  à  la  comtesse,  sans  prendre  ni  le  titre 
de  chancelier^  ni  celui  de  vice-chancelier,  et  la  charte 
de  Tan  1176,  n*"  258,  laquelle  émane  de  Marie,  se 
termine  par  la  formule  data  per  manum  jam  iki 
LauTtniiiy  clerici  met.  Survécut-il  longtemps  à  cette 
date  ?  c'est  ce  que  nous  ne  pourrions  dire.  Seulement, 
en  1179,  ce  n^est  pas  lui  qui  fait  remise  de  la  charte 
de  Marie  citée  sous  le  n*'287;  cette  charte  se  termine 
par  la  formule  data  per  manum  fnagisiri  Philippi.  Nous 
avons  déjà  parlé  de  maître  Philippe  qui  est  témoin 
de  huit  chartes  d'Henri  (8). 

(1)  Bourquelot»  HisL  de  Frmnné,  II,  397. 

(2)  Bûurquelot,  Hist.  de  Provins,  II,  398. 

(3)  Voir  plus  haut,  p.  147. 


—  16S  — 


CHAPITRE  II! 


Soa9  Henri  le  Libéral  ^  comme  sous  ses  prédéces- 
seurs et  sous  ses  premiers  successeurs,  la  juridiction 
du  comte  avait  pour  organes  :  1*  le  tribunal  du 
comte,  2^  celai  de  ses  prévôts  (1). 

Le  tribunal  du  comte  se  composait  du  comte^ 
président  (2),  et  de  ceux  de  ses  conseillers  ou  de  ses 
barons  qui  étaient  présents^  lesquels  lui  tenaient  lieu 
d'assesseurs.  Toutefois,  il  semble  que,  dans  certains 
cas,  les  barons  étaient  seuls  admis  à  prendre  part 
aux  délibérations,  et  que  ceux  des  conseillers  qui 
n'étaient  point  barons  se  trouvaient  en  conséquence 
réduits  à  un  rôle  purement  consultatif.  Nous  avons 
recueilli  neuf  jugements  rendus  à  la  cour  d'Henri 
(m  curia  mea).  Dans  deux  de  ces  jugements  le  comte 
déclare  formellement  que  ses  barons  seuls  ont  été 


^m^mmm 


(1)  Nmis  ne  dirons  rien  de  la  justice  des  maires,  qui,  subordonnés 
aux  prévôts,  paraissent  avoir  été  soumis  aux  mêmes  règles  judi-r 
ciaires. 

(2)  Il  n'y  avait  alors  ni  juge  d'instruction  ni  ministère  public. 
Le  président  en  tenait  lieUi  dans  ce  qui  était  rigoureusement  néces- 
saire. Ainsi  c'était  à  lui  que  s'adressaient  les  plaignants.  En  1153, 
des  porcs  ayant  été  volés  à  l'abbaye  de  Chàtillon,  saint  Bernard, 
chargé  de  Tadministration  de  cette  abbaye,  porta  plainte,  et  sa 
ieUre  adressée  au  comte  Henri  existe  encore  (S.  Bemardi  épis- 
iola  279). 


—  156  — 

juges  :  les  choses  se  sont  passées  m  curia  mea  eoram 
baronibus  mets  (an  il66,  n""  i&l);  baroneê  meij  jm 
présentes  aderant^  scilicet,..  pro  ratione  decreveruni... 
(an  il66,  n'  167).  Cependant  la  charte  de  Tan  1155, 
n""  36,  qui  contient  un  jugement  entre  l'abbaye  d'Oye 
et  Jean,  seigneur  de  Pleurre,  signale  la  présence  de 
cinq  personnes  en  tout,  outre  le  comte,  savoir  : 
Guillaume,  notaire  ;  Thibaut  de  Fismes,  Gaiard  de 
Damery ,  Daimbert  de  Temantis  et  Nocher  de  Horeins; 
or,  ni  l'un  ni  l'autre  des  deux  premiers  n'était  ba- 
ron, c'étaient  de  simples  clercs  :  Nocher  de  Moreins 
devait  être  roturier,  car  en  1171,  n""  197,  il  était  pré- 
vôt de  Vertus.  Mais  peut-être  les  deux  autres  avaient- 
ils  seuls  eu  voix  délibérative. 

Ce  qui  paraît  venir  à  l'appui  de  cette  hypothèse, 
conforme  du  reste  aux  principes  généraux  da  droit, 
c'est  que,  parmi  les  témoins  des  jugements  rendus 
par  la  cour  d'Henri,  nous  trouvons  bon  nombre  de 
personnages,  les  uns  barons  certainement,  les  autres 
probablement  aussi  barons,  qu'on  ne  rencontre 
ordinairement  pas  auprès  de  la  personne  de  ce 
prince,  savoir  : 

En  115&,  n"*  17,  Guillaume,  comte  de  Nevers. 

En  1156,  n""  22,  Germond  de  Mareuil,  Haimon 
de  Mareuil,  Girard  de  Fismes,  Herluin  de  Cbàtillon, 
Lombard  de  Ch&tillon. 

En  1155,  n""  36,  Guiard  de  Damery. 

En  1166,  n"*  167,  Simon  de  Broyés,  Girard  de 
Chàlons. 

En  1171,  n""  188,  Girard  de  Damery,  Garin,  son 
frère. 

En  1175,  n""  261,  Eudes,  chevalier,  de  Faveresds. 

Ces  personnages  étaient  probablement  venus  ex- 


—  157  — 

près  pour  prendre  part  au  jugement,  et  y  tenir  la 
place  des  conseillers,  clercs  ou  roturiers,  exclus  des 
délibérations  :  et  par  conséquent  Payen,  prévôt,  té- 
moin en  1156,  n""  22;  Guillaume,  notaire,  et  Thibaut 
de  Fismes,  en  1155,  n""  36  ;  Laurent,  clerc  de  la  com- 
tesse, en  1166,  n"*  161  ;  Simon,  de  Enchra,  en  1171, 
n*  188  ;  Thibaut  de  Fismes,  pour  la  seconde  fois,  et 
Artaud,  chambrier,  en  1171,  n""  196;  Nicolas,  pré- 
vôt de  Vitry,  en  1175,  n*  261  ;  Artaud,  chambrier, 
pour  la  seconde  fois,  et  Josbert,  prévôt  de  Provins, 
en  1179,  n""  299,  n'auraient  eu  que  voix  consulta- 
tive. 

Le  personnel  qui  composait  la  cour  d'Henri  n'a- 
vait aucune  fixité  ;  il  en  était  de  môme  de  la  rési- 
dence de  cette  cour.  Le  tribunal  du  comte  suivait  le 
comte  dans  toutes  ses  résidences.  Nous  avons  quatre 
sentences  datées  de  Troyes  (an  1166,  n""'  161,  167; 
1171,  n*  196;  1175,  n*  261),  et  autant  datées  d'au- 
tres localités,  Chàtillon-sur-Marne,  an  1156,  n"*  22; 
Vertus,  an  1155,  n^  36;  Nogent-l' Artaud,  an  1170, 
n*  188;  Provins, 'an  1179,  n*  299. 

La  cour  d'Henri  ne  jugeait  pas  les  procès  pen- 
dants entre  les  vassaux  roturiers  du  comte  :  ce  genre 
d'affaire  était  de  la  compétence  des  prévôts.  Ce  qui 
la  regardait,  c'étaient  :  1*  les  procès  entre  nobles 
dont  nous  avons  des  exemples  dans  les  chartes  de 
l'an  1166,  n*  167,  et  de  l'an  1179,  n«  299;  2*»  les 
procès  des  non  nobles,  par  exemple,  des  commu- 
nautés religieuses  contre  les  nobles  (voir  les  chartes 
de  l'an  1156,  n*  22;  1155,  n*  36;  1166,  n»  161  ; 
1171,  n*"  188  et  196;  1175,  n*  261).  Enfin  la  charte 
de  l'an  1153,  n""  17,  nous  donne  l'exemple  d'un  ju- 
gement rendu  au  profit  d'une  communauté  reli- 


—  158  — 

gieuse  contre  les  vassauiL  roturiers  de  Mite  comoHi- 
naoté  qui,  n'étant  |Ne  Tassanx  immédûits  da  coBte) 
ne  se  trouTaient  dans  le  ressort  d'auoon  des  prév4li 
d'Henri. 

Les  huit  sentences  qne  nous  venons  de  cker  n'ai- 
lèguent  aucune^  dans  leurs  considérants,  d'avtre 
preuve  que  le  témoignage  ou  l'aveu.  Goname  eura» 
pies  de  l'emploi  de  la  preuve  testimoniale,  nous  d« 
terons  la  charte  de  l'an  1155,  n*  S6,  où  les  témoBM 
sont  appelés  bons  hommes,  bon%homine$,  et  celle  de 
l'an  1171,  n*  188,  où  on  les  qualifie  d'hommes  légi- 
times, legitimi  homines.  Quant  à  l'aveu,  il  est  tadte 
ou  formel.  Le  défaut  est  un  aveu  tacite  qui  eotrafeie 
condamnation  de  plein  droit,  comme  on  peut  le 
voir  dans  les  chartes  de  Tan  1153,  n*  17,  et  de  Tan 
1154,  n*"  22.  La  décision  du  juge  est  fondée  sur  un 
aveu  formel  dans  les  chartes  de  l'an  1166,  n""  141; 
de  Tan  1171,  n'  194  ;  de  l'an  1179,  tf  999. 

Bien  entendu  qu'on  aurait  tort  ici  de  généraliser 
et  de  conclure  que  la  cour  d*Henri  n'ordonnât  ja- 
mais le  duel  (1). 

Outre  ces  actes  de  juridiction  contentieuse,  Henri 
faisait  de  nombreux  actes  de  juridiction  gracieuse. 
Aujourd'hui,  la  juridiction  gracieuse  est  reléguée  au 
second  plan  :  des  fonctionnaires  spéciaux,  les  no- 
taires, en  sont  chargés.  Au  xii''  siècle,  ces  foMtion- 
naires  spéciaux  n'existaient  pas  encore,  et  Henri,  en 
même  temps  que  juge  suprême,  était  le  premier  no- 
taire de  ses  états.  Nous  avons  relevé  vîngt-«epl 


(t)  Voir  ce  que  nous  dirons  de  la  justice  des  prévôts,  et  la  charte 
de  l'an  1176.  n^  252,  p.  396  del*édiiion  de  H.  Bourquelot. 


—  159  ^ 

exemple»  de  coQtr^its  passés  d^v^nt  Im,  et  wr  ses 
jugements  nçuf  seulement  sont  connqs  de  nous^  Il 
semble  donc  qu'Henri  a  dû  être  beaucoup  plus  oc- 
cupé comme  notaire  que  comme  juge.  TQutefoisy 
comme  notaire»  il  n'avait  pas  besoin  de  grands  ef- 
forts d'imagination.  Souvent  1q9  parties  se  pré36n- 
tant  devant  lui  déclaraient  leurs  conventions^  et  le 
rôle  d'Henri  se  bornait  à  prescrire  la  rédaction  d'une 
charte  qui  était  ensuite  scellée  de  son  sceau.  D'autres 
fois,  pour  simplifier  le  travail  de  la  rédaction,  les 
parties  lui  envoyaient  le  texte  tout  rédigé  de  la  con- 
vention. Ainsi,  en  1176,  un  tribunal  arbitral  dont 
faisait  partie  Garnier  de  Trainel,  ayant  terminé  paci- 
fiquement une  contestation  pendante  entre  les  ab- 
bayes de  Larivour  et  de  Montiéramey,  deux  exem- 
plaires de  la  convention  arrêtée  par  leurs  soins  furent 
rédigés,  l'un  au  nom  de  l'abbé  de  Montiéranxey, 
Tautre  au  oom  de  l'abbé  de  Larivour,  et  Garuier  de 
Traînel  envoya  copie  dJU  premier  au  comte  avec  une 
lettre  ainsi  conçue  : 

«  A  son  seigneur  naturel  Henri,  comte  illustre  de 
»  Troyes,  Garnier  de  Trainel,  salut  et  fidèle  service. 

0  Quand  je  suis  requis  de  faire  connaître  les  choses 
»  que  j'ai  vues,  entendues,  et  que  mes  mains  ont 
»  traitées,  je  ne  dois  pas  les  cacher.  En  conséquence, 
o  et  par  la  présente  charte,  je  fais  connaître  à  votre 
))  discrétion  que  la. contestation  qui  était  pendante 
I»  entre  les  moines  de  Montiéramey  et  les  frères  de 
»  Larivour  a  été  terminée  par  un  arrangement.  La 
»  charte  écrite  au  bas  de  cette  lettre  vous  fera  con- 
»  naître  ce  qui  a  été  convenu,  les  noms  des  arbitres 
I»  et  le  détail  de  l'a£^re.  Puisque  vous  avez  regu  la 
»  sagesse  et  la  puissance,  c'est  à  vous  d'ordonner  et 


—  160  — 

o  de  faire  que  ni  Tune  ni  l'antre  des  parties  n'ose  se 
»  départir  de  ce  qui  a  été  décidé  (d).  » 

La  charte  d'Henri  qui  existe  encore  est^  sanf  b 
suscription  et  les  formules  finales,  une  copie  litté- 
rale de  la  charte  de  l'abbé  de  Montiéramey. 

Passons  à  la  justice  des  prévôts  du  comte. 

Nous  n'avons  rencontré  aucun  acte  de  la  juridic- 
tion contentieuse  ou  gracieuse  des  prévôts  d'Henri, 
mais  nous  connaissons  quelques  dépositions  régle- 
mentaires qui  concernent  la  première. 

Un  des  principaux  moyens  de  preuve  était  le  dud. 
Au  XII*  siècle  comme  au  xf  (2),  c'était  par  le  duel 
que  s'établissait  l'état  des  personnes  dont  on  contes- 
tait le  servage  ou  la  liberté.  Cette  règle  résulte  no- 
tamment de  deux  exceptions  établies  par  Henri.  Les 
chevaliers  de  certaines  châtellenies  obtinrent  de  loi 
le  droit  de  prouver  par  le  témoignage,  et  sans  duel, 
l'état  des  serfs  à  eux  appartenant  qui  se  réfugieraient 
à  Chaource  (an  1165,  n""  135).  Les  chanoines  de 
Saint-Quiriace  pouvaient,  pendant  un  an  et  un  jour, 
revendiquer  en  s'appuyant  sur  la  preuve  testimo- 
niale, et  sans  recourir  au  duel,  ceux  de  leurs  serfe 
qui  se  prétendaient  libres  (charte  de  l'an  1176, 
n*  252). 

Quand  une  des  parties  provoquait  l'autre  en  duel, 
si  celle  qui  était  provoquée  n'acceptait  pas  la  pro- 
vocation, elle  était  considérée  comme  convaincue; 
si  elle  acceptait,  elle  donnait  des  gages  en  retour  de 

(1)  Arch.  de  l'Aube,  Cart.  de  Larxvour;  cf.  Cotai.,  n*  227. 

(2)  Voir  dans  notre  Tome  I,  p.  143-145,  Thistoire  du  serf 
Stabiliê. 


—  161  — 

ceux  que  lui  offrait  le  provocateur.  Une  fois  les 
gages  échangés,  ni  Tune  ni  l'autre  des  parties  ne 
pouvait  se  dédire;  et  si  elles  s'accordaient,  elles 
étaient  toutes  deux  à  la  merci  du  comte  (an  ii5&, 
n*  26).  Le  vaincu  était  aussi  de  droit  commun  à  la 
merci  du  comte  (an  il 56,  n""  26).  C'est  par  un  pri- 
vilège spécial  que  la  charte  de  la  Villeneuve- au- 
Châtelot  fixe  à  cent  sous  l'amende  due  par  le  vain- 
cu (1),  et  décide  qu'après  les  gages  acceptés  le  prévôt 
pourra,  si  les  parties  s'accordent,  se  contenter  d'une 
amende  de  deux  sous  six  deniers  payée  par  chacun 
des  plaideurs  (an  il75,  n*  237  (2).  C'est  de  même 
par  privilège  que  la  charte  de  Meaux  réduit  à 
soixante  sous  l'amende  due  par  le  vaincu,  et  fixe  à 
cinq  ou  trente  sous  l'amende  acquise  au  comte 
lorsqu'il  y  a  conciliation  après  l'échange  des  gages  : 
cinq  sous  quand  la  conciliation  précède  les  premiers 
coups,  trente  sous  quand  les  deux  parties  se  conci- 


(1)  Il  est  bien  entendu  qu*il  ne  s*agit  pas  ici  de^  cas  où  l'effet 
du  duel  était  de  faire  tenir  le  vaincu  pour  coupable  d'un  crime 
emportant  confiscation.  Evidemment,  dans  ces  cas,  il  y  avait  con- 
fiscation à  La  Villeneuve  comme  en  droit  commun  ;  mais  la  confis- 
cation alors  n'était  pas  l'effet  du  duel,  elle  résultait  du  crime  qui 
avait  précédé  le  duel ,  et  dont  le  duel  avait  fourni  la  preuve.  La 
l^slation  de  La  Villeneuve  est  sur  ce  point  identique  à  celle  qu'on 
trouve  dans  Beaumanoir,  sauf  une  différence.  L'amende  due  par  le 
vaincu  est,  dans  Beaumanoir,  réduite  de  cent  sous  à  soixante 
(cbap.  LXI,  n®  15;  éd.  Beugnot,  II,  379),  comme  dans  la  charte 
communale  de  Meaux,  ainsi  que  nous  allons  le  dire. 

(2)  On  voit  dans  cette  charte  qu'en  certains  cas,  au  lieu  de  gages, 
on  donnait  des  cautions,  obndes;  alors,  s'il  y  avait  conciliation,  l'a- 
mende était  plus  forte.  Les  cas  où  les  gages  étaient  remplacés  par 
des  cautions  étaient  probablement  les  plus  graves. 


-  i«a  — 

Iknt  aprèa  avoir  engagé  le  combat  (an  1179,  n*  S04). 
  Provins,  il  ne  pouvait  y  avoir  de  dud  sans  le 
consentement  des  marguilliers  de  Saint-Qairiace, 
auxquels  on  payait  quatre  deniers  pour  les  armes, 
qu'elles  fussent  ou  non  fournies  par  eux  (an  1 176, 
n-  252)  (1). 

Les  peines  pécuniaires,  un  des  principaux  revoius 
du  comte  (2),  étaient  isf  confiscation  universelle  des 
biens  (3)  et  l'amende.  Les  crimes  et  délits  se  parta- 
geaient, sauf  quelques  exceptions,  en  trois  classes  : 
ceux  de  la  première,  classe  punis  de  la  confiscatioo 
des  biens,  compagne  ordinaire  de  la  peine  de  mort 
(c'étaient  l'assassinat,  le  vol  qualifié,  le  viol,  l'incen- 
die, etc.);  ceux  de  la  seconde  classe  frappés  d'une 
amende  de  soixante  sous;  ceux  de  la  troisième  don- 
nait lieu  à  une  amende  de  cinq  sous  seulement 
(charte  de  1165,  n*^  135;  ii73,  n^  214 bis;  1175, 
n*  237;  1179,  n*  306).  Toutefois,  on  rencontre  quel- 
ques exemples  d'une  amende  de  sept  sous  et  demi. 
C'est,  dans  la  charte  de  Meaux,  la  peine  du  vol 


(1)  Ed.  de  M.  Bourqnelot,  p.  402. 

(2)  Nous  n'avons  pas  de  détails  sur  las  peines  corporelles  infli- 
gées sous  Henri,  il  est  probable  que  sous  lui  comme  sous  son  père, 
ou  sous  Henri  II,  son  fils  aîné,  la  mort  par  suspension  (voir  notre 
Tome  II,  p.  393),  diverses  mutilations,  la  privation  de  la  vue,  par 
exemple  (voir  notre  Tome  II,  p.  296),  la  fustigation  (Albéric,  ëdit. 
Leibnitz,  II,  398),  furent  les  principales  peines  corporelles  infligées. 
Les  chartes  de  l'an  1165,  n^  132  «t  133,  font  une  allusion  vagua 
à  la  peine  de  la  mutilation. 

(3)  Nous  croyons  que,  dans  le  droit  féodal  du  xii^et  du  xm*  siècles, 
il  n*y  a  pas  de  distinction  à  faine  entre  la  confiscation  et  ii'ameade 
arbitraire  ou  à  volonté. 


—  163  — 

mnple,  de  la  fausse  mesure,  des  actes  de  violence 
sur  les  grands  chemins  (an  1179,  n""  306).  La  même 
charte  fixe  à  quinze  sous  Taoïende  encourue  par 
cdm  qui  en  frappe  un  autre  jusqu'à  faire  couler  le 
Mng.  On  remarquera  que  ces  amendes  de  quinze 
sous,  sept  sous  et  demi ,  cinq  sous  sont  des  sous- 
mslliples  de  l'amende  maximum  de  soixante  sous^ 
dont  la  première  est  le  quart,  ia  seconde  le  huitième, 
la  troisième  ie  douzième  (1). 

Les  chartes  de  Chaource,  de  Maraye,  de  La  VîHe^ 
BeuvMtu-Cfaàtelot  (an  1165,  n*  i&6;  fti73,  n*31Â  bis; 
1175,  n*  237)  réduisent,  par  une  faveur  spéciale, 
l'amende  de  soixante  sous  i  cinq,  et  celle  de  cinq 
à  un  (2).  C'est  un  privilège  emprunté  par  le  comte 


(1)  Les  deux  catégories  principales  d'amendes,  dont  nous  venons 
de  parler,  se  trouvent  dans  Beaumanoir  et  dans  Li  drois  et  1% 
cousttanes de  Champaigne  et  de  Brie;  œlle  de  soixante  sous  dans 
Beaumanoir,  XXV,  10;  XXVI,  4,  13, 15;  XXIX,  3;  XXX,  17, 
22,  27,  28.  29,  41,  42,  54,  56,  57,  79,  81,  82,  87,  105; 
XXXII,  5,  8, 10,  28;  XXXIII,  8  ;  XXXIV,  16;  et  dans  Li  drois 
et  H  etmtumes,  XXV,  XXVI,  XXVIII,  XXIX,  XXXIV,  XXXV, 
XLV;  celle  de  cinq  sous  dans  Beaumanoir,  X,  11;  XXX,  16,  21, 
31,  39,  42,  48,  49,  50,  57,  60,  78;  XXV,  6;  XXXIX,  10; 
dans  lÀ  drois  et  li  coustumes,  XXVI,  XLV,  XLVI,  XLVII, 
XLVIU.  Beaumanoir,  XXIV,  19  et  XXX,  60,  nous  apprend 
qu'en  certaines  localités  l'amende  de  cinq  sous  s'élevait  à  sept  sous 
et  demi.  L'amende  de  soixante  sous  était  de  soixante  livres  pour 
les  gentilshommes;  celle  de  cinq  sous  devenait  pour  eux  de  dix.  — 
Sur  la  confiscation  ou  amende  arbitraire,  voir  Beaumanoir,  XXX, 
20,  23,  25,  36,  45,  54,  63,  88,  89  ;  XXXIII,  4,  25;  XXXIV, 
32;  XXXV,  5,  26  ;  Li  drois  et  li  coustumes,  XLVII. 

(2)  Beaumanoir,  XXX,  60,  nous  parle  aussi  de  localités  du 
comté  de  Clermont,  où  l'amende  de  cinq  sous  était  réduite  à  un. 


—  164  — 

Henri  à  la  charte  royale  de  Lorris,  qui  date  de 
il55  (d). 

Les  détails  nous  manquent  sur  la  peine  de  Tem- 
prisonnement  ;  nous  savons  seulement  que  le  comte 
avait  une  prison  à  Provins  (2).  Quand  un  procès  ne 
se  terminait  pas  par  une  condamnation  à  l'amende, 
les  plaideurs  devaient  des  épices  au  juge.  En  li69, 
n""  163,  Henri  exempta  Téglise  d'Oulchy  de  payer 
aucunes  épices  (3).  En  1165,  n*  135;  en  1173, 
n""  216  bis  ;  en  1 175,  n""  137,  il  fixa  à  quatre  deniers 
le  montant  des  épices  dues  au  prévôt  pour  chaque 
procès  (6). 

Les  nobles  n'étant  point  soumis  à  la  juridiction 
des  prévôts,  les  roturiers  considéraient  l'exemption 
de  cette  juridiction  comme  un  grand  avantage;  nous 
avons  relevé  huit  exemples  qui  nous  montrent  Henri 
accordant  ce  privilège.  Il  le  concède  : 

En  1155,  n"  36,  à  Guillaume  l'Anglais,  qui  en 
jouira  tant  qu'il  habitera  la  maison  du  prieuré  de 
Foicy  à  Bar- sur-Aube; 

(1)  Art.  7.  Ordonnances,  XI,  200;  Isambert,  Anciennes  Im 
françaises,  1, 154. 

(2)  An  1159,  n«  68;  1164,  n»  124;  1176,  n«  252;  1179, 
n®  302.  Cette  prison  s'appelait  en  latin  carcer  ou  gabiola»  Les 
habitants  de  Provins  y  montaient  la  garde.  La  charte  n®  252  dis- 
pense de  ce  service  les  pannetiers  et  les  fourniers  de  Saint-Quiriace; 
la  charte  n®  302  accorde  le  môme  privilège  aux  talemetiers  des 
chanoines  de  la  chapelle  du  palais. 

(3)  Si  forte  ecclesiam  illam  ad  magistratus  et  judices  terre  mee 
de  aliquo  clamorem  facere  contigerit,  ipsi  judices  predicte  ecclesie 
jusUtiam  faciant  nichil  omnino  inde  requirentes. 

(4)  Clamor  planus  factus  ad  prepositum  quatuor  denariis  emen* 
daiÀtur,  Cette  règle  est  encore  empruntée  à  la  coutume  de  Lorris. 


—  166  — 

Eo  1 166,  n*  128,  à  un  de  ses  hommes  qu*il  donne 
aux  Templiers; 

En  1169,  n*  166,  à  ses  hommes  de  RouiSy; 

En  1170,  n*  176,  aux  hommes  de  Bois-le-Comte 
(confirmation  en  1 176,  n""  253); 

En  1172,  n""  203,  aux  hommes  d'Avize  (Marne); 

En  1175,  n^  268,  à  Girard  de  Langres  et  à  Hum- 
bert  Sagnerel; 

En  li76,  n»  260,  à  Humbert  de  Villehardouin, 
demeurant  au  faubourg  Saint- Jacques,  de  Troyes; 

Enfin,  à  Furbert  l'Epicier  de  ch&teau-Thierry,  par 
une  charte  qu'Henri  H  confirma  en  li87^  n""  361. 

Les  chartes  de  l'an  1166,  n'  128,  et  de  l'an  1175, 
n*  268,  contiennent  un  détail  significatif.  Ceux  qui 
ont  obtenu  ces  chartes  seront  justiciables  du  comte 
seul,  nisiper  mejusiiciabitur,  dit  la  charte  de  Tan  1166, 
n*  128  ;  neque  per  alium  se  justiciabunt  in  aliquo,  nm 
presens  ego  ipse  affuero,  dit  la  charte  de  l'an  1175, 
n*  268.  Ainsi  l'exemption  de  la  justice  du  prévôt 
n'entraînait  pas  exemption  de  la  justice  du  comte. 

A  côté  des  exemptions  dont  nous  venons  de  par- 
ler, qui  sont  un  avantage  accordé  à  la  personne 
exempte,  quelque  chose  d'analogue  au  privilège  de 
eommitUmus;  il  y  en  a  d'autres  qui  ne  sont  en  réa- 
lité qu'une  cession  du  droit  de  justice  sur  certaines 
personnes.  Ces  cessions  sont  faites  à  des  établisse- 
ments religieux.  Elles  sont  ou  complètes,  ou  par- 
tielles, comprennent  le  droit  de  justice  plein  et  en- 
tier ou  seulement  celui  de  basse  justice. 

Henri  renonce,  en  faveur  de  l'abbaye  de  Saint- 
Loup  de  Troyes,  à  la  justice  des  domestiques  nourris 
par  cette  abbaye  (an  1153,  n*  19),  en  faveur  de  l'é- 
glise Saint-Quiriace  de  Provins,  à  la  justice  des  do- 


—  *66  — 

metckioes  dei  chanoines  (an  1178,  n*  9BI).  tta^ 
corde  le  même  privilège  à  l'église  SaiiM-JVioolas  da 
Sézanne  (an  1179,  n*  395).  Les  hôtes  de  l'église 
d'Oolchy,  sont  justiciables  de  l'église  d'OuIchy  et 
non  du  prévôt  du  comte  à  moins  qu'ils  ne  ioîMt 
marchands  (an  1177,  n^"  966). 

La  charte  de  l'an  1159,  n*  1%  nous  donne  on 
exemple  de  cession  partielle  de  justice,  le  comte  se 
réservant  ce  qu'on  appelait  d^k  la  haote  justice. 
Le  maire  de  l'abbaye  de  Saint-Loup,  à  LuyéraB, 
sera  soumis  à  la  justice  de  l'abbé  et  non  à  celle  du 
prévôt  du  comte  dans  les  cas  ordinaires,  mais  s'il 
commet  un  crime,  il  sera  jugé  par  le  comte,  en  pré- 
sence de  l'abbé. 

En  1161,  n*  90,  Henri  décide  que  les  hommes 
de  l'abbaye  de  Saint-Loup,  demeurant  à  Troyes,  se- 
ront justiciables  de  l'abbé,  sauf  les.cas  de  vol  qualifié, 
d'assassinat,  de  viol,  ou  de  flagrant  délit  da  rixe 
compliqué  d'efiusion  de  sang  :  cas  pour  lesquels  fls 
seront  jugés  par  le  comte  ou  par  les  agents  da 
comte.  Les  mêmes  cas  sont  aussi  exceptés  dans  les 
privilèges  accordés  en  1178,  n*  389,  et  en  1179, 
n"*  801,  aux  chevaliers  de  l'ordre  de  Saintr Jean-de- 
Jérusalem  pour  leurs  hommes  ;  les  cas  de  vol  qua- 
lifié et  de  fausse  mesure  dans  le  privilège  concédé 
en  1179,  n**  295,  à  l'église  collégiale  Saint-Nicolas 
de  Sézanne,  pour  les  masures  de  Champguion  et  de 
Féligny. 

Il  y  a  des  exemptions  de  droits  de  justice  qui  sont 
complètes  et  réelles,  qui  entraînent  cession  absolue 
de  tout  droit  de  justice  dans  une  enceinte  déteraii^ 
née. 

Le  chapitre  de  SaintrPierre  de  Troyes  «vaît  seol 


\n  joidce  chi  bourg  Saint-Denis  à  f  royes.  Dans  les 
premiers  jours  de  son  règne,  Henri  fit  arrêter  dans 
G6  bourg  un  certaid  Otram;  puis,  touché  par  les  con- 
seils de  saint  Bernard,  il  se  rendit  an  chapitre  de 
SMint^Pieffe  le  36  février  1153.  Là,  en  présence  de 
révêque  et  d'une  assemblée  d'abbés,  de  clercs,  de 
dievaliers,  il  reconnut  ses  torts,  déclara  qu'il  devait 
réparation,  et  remit  à  ce  titre  son  chapeau  à  Guerry, 
al^hidîacre,  poùt  le  conserver  en  mémoire  de  Fé- 
▼èuement  (an  1 1 51 ,  n*  2). 

Bien  entendu  que  le  cloître  de  la  cathédrale  était 
aussi  éïempt  de  la  justice  du  comte  et  soumis  exclu- 
sivement à  la  justice  des  chanoines  (1),  Henri  ac- 
corda ou  confirma  le  même  privilège  à  T abbaye  de 
Saint-Loup  (3)  pour  les  maisons  des  chanoines  (an 
i  153,  tf  19;  1 164,  n*  38),  et  pour  un  four  (an  1 158, 
n*  60),  à  l'église  collégiale  de  Saint-Etienne  de 
Troyes,  pour  son  cloître  (an  1 157,  n°  47),  au  prieuré 
de  la  Hadeleine-du-Mets,  près  de  Provins,  pour  un 
terrain  situé  près  de  la  Vouzie  (3),  à  Tabbaye  de 


(1)  Les  chanoines  avalent  obtenu  ce  privilège  du  comte  Hugues 
60  1104  (voif  notre  Tome  II,  p.  83-84). 

(2)  Hugues  avait  conféré  ce  privilège  à  cette  abbaye  en  1104, 
I.  H,  p.  SfL 

(3)  Ce  texte  est  assez  curieux  en  ce  qu'il  énonce  jusqu'où  s'é- 
tendait la  haute-justice.  La  haute-justice  comprenait  non  seulement 
les  cas  d'assassinat,  de  viol,  de  vol  qualifié,  mais  aussi  les  cas  de 
sang  versé  et  de  fausse  mesure  :  Âltatn  etplenariam  habeantjus' 
Hciam  iitmti  latronem  et  sanguinem  et  falsam  mensuram  (an  1 157, 
n*  45  bis).  On  peut  rapprocher  ce  texte  des  chartes  de  l'an  1159, 
n*  72;  1161.  n«  90;  1!78,  n«  289;  1179,  n~  295  et  301,  citées 
plus  haut,  p.  166. 


—  168  — 

Saint- Jacques  de  Provins,  pour  un  «vaste  temin 
compris  entre  les  anciens  et  les  nouveaux  murs  de 
la  ville  (an  1159,  n*  68),  à  l'église  collégiale  de 
Saint-Quiriace  de  la  même  ville,  pour  le  cloître  et 
les  maisons  des  chanoines  (an  1161,  n^  91  ;  1176, 
n''  252],  et  pour  un  terrain  autour  de  l'église  Saint- 
Thibaut  (an  1157,  n""  65),  au  prieuré  de  Saint-Jean- 
Ch&tel  de  Troyes,  pour  la  maison  dite  de  Masceline, 
située  dans  le  marché  (an  1 160,  n*  SU;  11 66,  n*  189, 
et  1 170,  n*  186),  pour  une  autre  maison  qui  se  trou- 
vait aussi  au  marché,  rue  Hardouin  (an  1170, 
n*  182),  et  pour  le  terrain  dit  terre  de  la  commune 
de  Saint-Jean  à  Troyes  (1)  (an  1173,  n*  311);  à 
l'abbaye  de  Saint-Pierre-le-Vif  de  Sens,  pour  deux 
maisons  à  Provins  (an  1167,  n«  150);  à  Tabbaye  de 
Faremoutier,  pour  une  maison  (an  1168,  n*  157); 
à  l'abbaye  de  Saint-Médard  de  Soissons,  pour  le 
domaine  seigneurial  de  Damery  (an  1171,  n*  19&); 
à  l'abbaye  de  Montiéramey,  pour  les  fours  et  les 
maisons  qu'elle  possédait  à  Ghaource  et  à  Metz-Ro- 
bert (an  1 177,  n""  276);  à  l'église  collégiale  de  Saint- 
Nicolas  de  Sézanne,  pour  le  cloître  et  les  maisons 
des  chanoines  (an  1 179,  n*  295). 

Quelquefois  enfin  la  cession  du  droit  de  justice  a 
pour  objet  certains  droits  incorporels. 

L'abbaye  de  Saint-Remy,  de  Reims,  obtient  la 
justice  de  la  pêche  de  la  Marne  à  Gondé-sur-Mame 
(an  1152,  n""  5);  l'abbaye  de  Montier-la-Celle,  la 

(1)  In  terra  communie  que  dicitur  sancti  Johannis,  a  vinea  de- 
functi  Guidonis  usque  Puilliacum  in  longum,  et  a  via  publica  que 
vadit  Puilliacum  usque  ad  viam  Praerie  in  latum,  cujuscumque  sit 
terra  que  in  communia  est. 


—  169  — 

justice  du  droit  de  dime  sur  letonlieu  du  même  bé- 
tail aux  foires  de  Troyes  (an  1 156,  n''  26);  le  prieuré 
de  Saint-FIorentiu^  la  justice  de  la  foire  du  second 
lundi  de  carême  (an  1 159,  n*"  69). 

Ces  dernières  cessions  de  droit  de  justice  présentent 
un  caractère  commun  :  le  droit  de  justice  cédé  a 
pour  objet  des  choses  ou  des  personnes  sur  lesquelles 
le  concessionnaire  de  ce  droit  de  justice  avait  déjà 
ou  recevait  en  même  temps  soit  un  droit  complet  de 
propriété,  soit  un  démembrement  quelconque  du 
droit  de  propriété.  Elles  sont  la  conséquence  de 
cette  idée  vulgaire  qu  moyen-àge,  qu'il  n*y  a  pas  de 
droit  de  propriété  complet  si  l'on  n'y  réunit  la  jus* 
tice  et  même  un  peu  de  souveraineté  dont  la  justice 
n'est  qu'un  démembrement.  Cette  idée  apparaît  sur- 
tout évidente  dans  uu  traité  entre  le  comte  et  l'ab- 
baye d'Oye  :  devant  posséder  par  moitié  la  propriété 
d'un  village,  ils  en  posséderont  aussi  par  moitié  la 
justice  aux  termes  de  cette  convention  (an  1171, 
n- 197). 

Mais  ce  qui  est  tout  à  fait  exceptionnel,  c^est  un 
privilège  accordé  par  Henri  au  prieuré  de  Saint- 
Ayoul  de  Provins,  qui  devait  avoir  tous  les  ans, 
pendant  les  sept  premiers  jours  de  la  foire  Saint- 
Ayoul,  la  justice  de  la  ville  et  de  la  ch&lellenie  de 
Provins  (an  1 158,  n"*  9). 


is 


—  170  — 


CHAPITRE  IV, 


CalCe. 


Les  domaines  d'Henri  le  Libéral,  les  pays  soamis 
à  son  autorité  immédiate  relevaient  au  spirituel  des 
deux  provinces  ecclésiastiques  de  Reims  et  de  Sens, 
des  sept  diocèses  de  Gh&lons-sur-Marne ,  Langres, 
Meaux,  Reims,  Sens,  Soissons  et  Troyes.  Du  diocèse 
de  Ghàions-sur-Marne  dépendaient  les  prévôtés  (1) 
de  Bussy-le-Ghàteau ,  Vertus  et  Vitry  ;  du  diocèse 
de  Langres,  celles  de  Bar-sur-Aube  et  La  Ferté  ;  du 
diocèse  de  Meaux,  celles  de  Coulommiers  et  de 
Meaux  ;  du  diocèse  de  Reims,  celles  d'Epernay,  de 
Fismes  et  de  Mareuîl  ;  du  diocèse  de  Sens,  celles  de 
Bray,  d'Ervy,  de  Montereau,  de  Provins  et  de  Saint- 
Florentin;  du  diocèse  de  Soissons,  celles  de  Château- 
Thierry,  de  Chàtillon- sur- Marne,  de  Hontfélix  et 
d'Oulchy;  du  diocèse  de  Troyes,  celles  d'Isle-Au- 
mont,  Lachy,  Méry,  Payns,  Pont-sur-Seine,  Rosnay, 
Sézanne,  Troyes,  Villemaur. 

Aucun  des  sept  prélats  qui  gouvernaient  ces  dio- 
cèses n'était  à  la  nomination  d'Henri;  ils  étaient  élus 
par  les  chapitres  cathédraux.  De  plus,  les  villes  ar- 
chiépiscopales de  Reims  et  de  Sens,  les  villes  épis- 


(1)  Voir  dans  notre  Tome  II,  p.  422,  la  liste  des  prévôtés  d'Heori 
le  Lit>éral,  d'après  le  Peoda  Campante. 


—  171  — 

copales  de  Chàlons-sar-Marne,  Langres  et  Soissons 
ne  faisaient  point  partie  de  ses  états  (1). 

Il  semble  donc  que  les  évêques  de  Meaux  et  de 
Troyes  étaient  les  seuls  sur  lesquels  il  pût,  par  son 
pouvoir  féodal,  avoir  un  peu  d'action.  Mais  rien 
n'établit  qu'il  ait  possédé  une  influence  quelconque 
sur  les  titulaires  de  ces  deux  sièges.  Nous  savons 
même  que  Mathieu,  évoque  de  Troyes,  qu'Etienne, 
évêque  de  Meaux,  entrèrent  en  lutte  avec  lui  (2). 

Les  moines  et  les  religieuses  avaient  recouvré  le 
droit  d'élire  leurs  abbés  et  leurs  abbesses  ;  nous  ne 
voyons  nulle  part  qu'Henri,  marchant  sur  les  traces 
de  ses  premiers  précécesseurs,  leur  en  ait  imposé (3). 
De  cette  ancienne  puissance  il  ne  restait  qu'une 
trace  :  les  moines  et  les  religieuses  de  certains  mo- 
nastères attendaient  toujours,  avant  de  procéder  à 
réfection,  une  autorisation  qui  était  toujours  accor- 
dée. Cet  usage  subsistait  au  xiii*  siècle,  c'est  môme 
à  ce  siècle  que  remontent  les  seules  demandes  d'au- 
torisation de  ce  genre  que  nous  connaissions  (U)  : 
on  n'a  pas  conservé  celles  qui  furent  évidemment 
adressées  à  Henri  comme  à  ses  successeurs. 


(1)  Il  est  probable  qu'il  en  était  de  même  d'une  bonne  partie  du 
temporel  de  l'évêché  et  du  chapitre  de  Troyes,  qui,  au  xvi*  siècle, 
ressortait  du  bailliage  de  Sens  et  non  de  celui  de  Troyes. 

(2)  Albéric,  éd.  Leibnitz.'II,  341,  et  notre  CataL  an  1163, 
n*  131;  cf.  plus  haut,  p.  74  et  81. 

(3)  Voir  notre  Tome  I,  p.  142,  152,  336,  et  notre  Tome  II, 
p.  304. 

(4)  Le  plus  ancien  document  que  nous  connaissions  sur  cette 
matière,  est  une  lettre  adressée  à  Thibaut  III,  second  fils 
d*Henri  I"*,  par  Guillaume  de  Champagne,  archevêque  de  Reims, 


—  172  — 

Les  seules  fonctions  ecclésiastiques  à  la  nomiiuL- 
tion  d'Henri  étaient  les  canonicats  et  une  partie  dei 
dignités  des  quatre  collégiales  de  S^int-Etienne  de 
Troyes,  de  Saint-Quiriace  et  de  Notre-Dame-da- 
Chàteau  de  Provips,  de  Saint-Nicolas  de  Sézanne(l). 
Il  est  inutile  d'ajouter  qu'il  choisissait  ses  aumônien 
et  ses  chapelains.  C'était  un  bien  mince  privilège 
dans  un  temps  où  les  fonctions  ecclésiastiques  étaient 
si  multipliées. 

Si  donc  Henri  exerça  en  Champagne  au  point  de 
vue  religieux  une  action  puissante,  ce  ne  fut  point 
par  le  choix  du  personnel.  Ce  qui  le  distingua,  ce 
furent  se^  immenses  libéralités  envers  le  clei^é  r^ 
gulier  ou  séculier. 

Le  clergé  régulier  était  représenté  en  Champagne 
par  les  ordres  de  Saint-Beno|Y ,  de  Saint-Augu^ii| 
de  Citeaux,  de  Prémontré  et  de  Fontevraull,  4q 
Temple  et  de  Sajnt-Jean-de-Jérusalem. 

Henri  fonda  l'abbaye  Bénédictine  de  Champbenoft| 


pour  le  prier  de  pardonner  à  l'abbaye  d'Avenay,  qui  avait  élu  une 
abbesse  recommandée  par  Guillaume,  et  sans  l'autorisation  préa- 
lable de  Thibaut  (CarL  de  M.  de  Thon,  f»279  v^  Coll.  de  Cham- 
pagne. 1. 136,  p.  210). 

(1)  L'élection  du  doyen  est  réservée  aux  chanoines  de  Saiot- 
Quiriace,  par  la  charte  de  Tan  1176,  n<»  352.  Ce  fut  éviderouDeot 
la  riglc  dans  toutes  les  fondations  de  collégiales  faite  par  Henri, 
car  nous  voyons  plus  tard,  à  Saint-Etienne  deTroyes,  le  doyen  âo 
aussi  par  les  chanoines  (Courtalon.  Topographie,  II,  145),  et  ilei 
était  de  même  à  Saint-Maclon  ûo  Bar>sur-Aube  (Pouillë  du  dioeète 
de  Langres,  aux  archives  de  l'Aube,  fonds  de  Montiéramej)  et  ï 
Saint-Nicolas  de  Sézanne  (Courtalon,  ropo^rap/tie,  III,  318).  Enfio, 
on  trouve  le  môme  principe  dans  la  charte  de  fondation  du  chapitre 
de  Notrc-Damc-du-Val,  par  Marie  [Calai,  n«  445). 


—  173  — 

et  fit  des  doiiâtion»  aux  quatorze  abbayes  suivantes 
du  môme  ordre. 

Bricot,  an  1163^  n^"  117. 

Faremoutier,  an  1168,  n"*  157. 

Lagny,  an  1162,  n»  4;  1160,  n«  80  ;  1163,  ifll3. 

Molesme,  ati  1162,  n""  109. 

Montiéramey,  an  1173,  n*  205. 

Montiérender,  an  1176,  n*  225. 

Montier-la-Celle,  an  1156,  n'37j  1161,  n*  101; 
1178,  n^  290. 

Oye,  an  1155,  !i^35;  1171,  n«  197. 

La  ^ommeraye,  an  1161,  n°99. 

Rebais,  an  1161,  nM02. 

Saint-Médard  de  Soissons,  an  1171,  n"*  193. 

Saint-Pierre-aux-Monts  de  Châ]ons-sur-Mame,  an 
ii66,  ïï^  163. 

Saint-Pierre-le-Vif  de  Sens,  an  1167,  n»  150. 

Saint-Remi  de  Reims,  an  1152,  n*5;  1166,  n*160; 
1171,  n«  199;  1176,  n^  256. 

Les  onze  prieurés  suivants  du  même  ordre  furent 
aussi  l'objet  de  ses  libéralités. 

L'Abbaye-sous-PIancy  (1),  an  1163,  n""  116* 

ChatilIon-sur-Marne  (2),  an  1161,  n""  89. 

Francbevaut  (3),  an  1159,  n°  75. 

Méry-sur-Seine  (4),  an  1177,  n*'277. 

Le  Mets-la-Madeleine-Iez-Provins  (5),  an  1157, 
n®  45  bis. 


(1)  Dépendant  de  Molesme. 

(2)  Dépendant  de  Marmoutier. 

(3)  Dépendant  de  Molesme. 

(4)  Dépendant  de  Molesme. 

(5)  Dépendant  de  la  Charité-sur-Loire. 


.^.i. 


—  174  - 

Saint-Ayoul  de  Provins  (i),  an  1158,  n"^  9,  10; 
U59,  n"67. 

Sainte-Foy  de  Goulommiers  (2),  an  1152,  n*  7; 
117/i,  no  219. 

Saint-Florentin  (3),  an  1159,  n^'ôg. 

Saint-Jean-en-Chàtel  de  Troyes  (&),  an  1160, 
n«8û;  1172,  n«20/i;  1173,  no211. 

Saint-Sépulcre  de  Samblières  (5),  aujourd'hui 
Villacerf,  an  1155,  n*  32. 

Ventelay  (6),  an  1164,  n«  121. 

Nous  signalerons  sept  abbayes  de  l'ordre  de  Saint- 
Augustin  qui  obtinrent  des  donations  d'Henri. 

Chùge,  an  1155,  n°  31;  1164,  n«  122. 

Saint-Jacques  de  Provins,  an  1160,  n*"  81,  83; 

1161,  n' 92. 

Saint-Loup  de  Troyes,  an  1159,  n"*  60,  72;  an 

1162,  n«"  105,  111;  1168,  n«  159;  1170,  n'  181; 
1172,  n°  207;  1176,  n°260. 

Saint-Marlin-ès- Aires  de  Troyes,  an  1161,  n*96. 
Saint-Menge  de  Ghàlons -sur-Marne,  an  1163, 
n'  121  bis. 
Soisy,  an  1155,  n"*  33. 

Toussaints-en-l'IsledeChàlons-sur-iMarne,  an  1153, 
nM4. 

Henri  fonda  Tabbaye  Cistercienne  de  La  Charmoye 


(1)  Dépendant  de  Montier-la-Celle. 

(2)  Dépendant  de  Conques  (Aveyron). 

(3)  Dépendant  de  Saint-Germain  d'Auxerre. 

(4)  Dépendant  de  Montiéramey. 

(5)  Dépendant  de  Cluny. 

(6)  Dépendant  de  Marmoutier. 


—  175  — 

(an  1169,  n"*  ITl),  et  fit  diverses  donations  à  treize 
autres  abbayes  du  môme  ordre. 

Bonlancourt,  an  1158,  n""  51. 

Cbeminon,  an  1109,  n"  170. 

Clairvaux,  an  1154,  n'  20;  1167,  n*  46. 

La  Crète,  an  1156,  n''  UU  ter. 

Igny,  an  1157,  m  44;  1158,  n-59;  1178,  n*294. 

Jouy,  an  1167,  n«  144;  1170,  nM75. 

Larivour,  an  1161,  n""  100. 

Mores,  an  1170,  n*  186. 

Pontigny,  an  1174,  n"*  214. 

Quincy,  an  1163,  n*  112. 

Le  Reclus,  an  1164,  n""  127. 

Trois-Fontaines,  an  1170,  n°  190. 

Vauclair,  an  1157,  n""  44  bis. 

Cinq  abbayes  de  Tordre  de  Prémontré  obtinrent 
ses  faveurs.  Ce  furent  : 

Beaulieu,  an  1154,  n"*  29. 

La  Ghape]le-aux-Planches,  an  1157,  n"*  49. 

Prémontré,  an  1178,  n*  281. 

Val-Chrétien,  an  1178,  n*»  282. 

Val-Secret,  an  1154,  n*  21. 

II  accorda  ses  bienfaits  à  l'abbaye  de  Fontevrault, 
an  1175,  n^  238,  et  à  deux  prieurés  de  cet  ordre  : 

Fontaines,  an  1170,  n"»  173,  176. 

Foicy,  an  1169,  n'74. 

Nous  avons  des  chartes  de  lui  en  faveur  de  Tordre 
de  Saint- Jean-de  Jérusalem  (an  1179,  n*«  289,  301) 
et  de  Tordre  du  Temple  (an  1152,  n"*  6;  1159,  n""  65; 
1164,  n'  128;  1173,  n°  210). 

Ainsi  donc,  sans  parler  des  hôpitaux  auxquels 
nous  consacrerons  un  chapitre  spécial,  nous  con- 
naissons cinquante-sept  établissements  religieux  ré- 


—  176  — 

guliers  qui  furent  l'objet  des  libéralités  d'Henri. 
Combien  d'autres  qui  nous  échappent,  soit  que  le 
temps  n'en  ait  pas  laissé  de  traces,  soit  qae  nous 
ayons  à  nous  reprocher  l'insuffisance  de  nos  recher- 
ches! 

Enfin  nous  n'oublierons  pas  les  démarches  qtfil 
fît  feire  par  Pierre,  abbé  de  Montier-la-Celle,  potr 
obtenir  une  colonie  de  Chartreux  qu'il  voulait  établir 
à  ses  frais  dans  ses  états  (1). 

Henri  marchait  sur  les  traces  de  son  père,  dont 
nous  avons  raconté  les  pieuses  largesses  envers  les 
moines.  Il  imitait  sa  mère,  fondatrice  de  l'abbaye  de 
la  Pommeraye  (2)  et  du  prieuré  de  Saint-Liénard- 
lez-Provins  (3),  bienfaitrice  du  Paraclet  (4)  et  du 
prieuréde  Saint-NicolasdeChalautre  (an  il60,n*87), 
morte  le  15  décembre  (5)  1160  ou  1161  (6),  sous 


(1)  Pétri  Cellensis  epistokT,  V,  12.  Cette  lettre  est  dans  Tédi- 
tion  de  M.  Migne,  la  48"*  du  livre  i*'.  Patrologie,  t.  CCU,  col. 
472474. 

(2)  Gall.  Christ.,  XII,  190 D  et  Inatr.,  38-39. 

(3)  Bourqaelot,  Hist,  de  Provins,  I,  104.  Celte  fondation  eut 
lieu  en  11 6U. 

(4)  Cart.  du  Paraclet,  Bibl.  de  Troyci^,  ms.  2284,  charte 
n<»  LXXII. 

(5)  Extrait  des  Nécrologes  du  Paraclet  et  de  Saint'Jacques  de 
Protfins,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  1. 135,  p.  291.  Le  Nécro- 
loge  du  prieuré  de  Collinauces,  ap.  Duplessis,  Hist.  de  l'église  de 
Meaux,  II,  465,  met  son  obit  au  11  du  môme  mois. 

(6)  Mathilde  vivait  encore  en  1160,  puisqu'elle  fonda  cette  année 
le  prieuré  de  Saint- Liénard,  que  cette  année  elle  lit  une  donation  au 
prieuré  de  Chalautre.  En  1161  elle  était  morte  (voir  la  charte  donnée 
par  son  fils  à  Tabbaye  de  la  Pommeraye  en  1161,  n^  99). 


—  1T7  — 

l'habit  des  religieuses  de  Fonlevrault  (1).  Mais  il  les 
dépassait  de  beaucoup  en  générosité,  justifiant  ainsi 
ce  surnom  de  Libéral  que  lui  donnaient  ses  conteni'^ 
porains,  que  lui  conserva  la  postérité. 

Ses  dons,  si  nombreux  au  clergé  régulier,  pâlissent 
auprès  de  ceux  que  reçut  de  lui  le  cierge  séculier  par 
la  fondation  des  six  églises  collégiales  de  Saint-Nicolas 
de  Pougy,  de  Saint-Quiriace  de  Provins  et  de  Notre- 
Dame-du-Chàteau  de  la  môme  ville,  de  Saint-Etienne 
de  Troyes,  de  Saint-Maclou  de  Bar-sur-Aube ,  de 
Saint-Nicolas  de  Sézanne. 

Nous  ne  répéterons  pas  ce  que  nous  avons  dit  déjà 
de  Saint-Nicolas  de  Pougy  (2). 

L'église  collégiale  de  Saint-Quiriace  avait  été 
transformée  par  Tliibaut  II  en  une  abbaye  régulière 
de  Tordre  de  Saint-Augustin.  Henri,  en  1157,  dé- 
plaça les  chanoines  réguliers  qu'il  transféra  à  l'hô- 
pital Saint- Jacques,  et  établit  à  Saint-Quiriace  un 
nouveau  chapitre  séculier  qui  dut  à  l'origine  avoir 
cent  chanoines,  réduits  à  quarante-quatre  en  1176, 
n-  262. 

L'année  de  la  fondation  de  Saint-Quiriace  est 
celle  de  la  fondation  de  Saint-Etienne  de  Troyes  (3). 


(1)  Telle  est  la  tradition  constatée  par  Lepelleller,  Hist,  des 
Comtes  de  Champagne^  l,  227.  Nous  ne  savons  pas  sur  quoi  elle 
repose.  MathiMe  n'aura  sans  doute  pris  l'habit  qu'au  moment  de 
mourir,  comme  c'était  alors  fréquent.  Elle  fut  enterrée  non  à 
Fontevrauk,  mais  fort  loin  de  là,  dans  l'abbaye  de  la  Pommeraye, 
comme  le  prouve  la  charte  d'Henri,  1161,  n^  99  ;  il  nous  paraît  donc 
peu  vraisemblable  qu'elle  soit  morte  religieuse  i^  Fontevrault. 

(2)  Voir  plus  haut,  p.  19. 

(3)  An  1157,  n»  47. 


—  178  — 

Cette  église  fat  bâtie  par  le  comte,  à  côté  de  son  pa- 
lais (1),  pour  servir  de  chapelle  (2),  et  quand  Henri 
habitait  Troyes,  c'était  là  qu'il  allait  entendre  la 
messe  (3).  Suivant  une  tradition  qui  parait  authen- 
tique, il  y  établit  au  moins  soixante-douze  cha- 
noines (&). 

Deux  ans  après  il  créa  le  chapitre  de  Saint-Macloa 
dans  son  château  de  Bar-sur-Aube  (5).  Nous  igno- 
rons combien  il  y  avait  de  chanoines  dans  l'origine; 
au  commencement  du  xviii®  siècle^  on  en  comptait 
vingt-six,  plus  le  doyen  (6). 

En  il6&  il  établit  celui  de  Saint-Nicolas  de  Sé- 
zanne,  composé  de  cinquante  chanoines  (7). 

La  charte  de  la  collégiale  de  Notre-Dame  du  châ- 
teau de  Provins  est  de  1179,  n*  302.  Le  nombre 
des  chanoines  était  de  quatre  ;  ils  devaient  faire  le 
service  de  la  chapelle  du  palais  (8). 

Le  nombre  total  des  canonicats  fondés  par  Henri 

(1)  Eccleslam  beatx  protomartiris  Stephani  Tredsjuxta  domMm 
meam  construxerim,  an  1157,  n''47. 

(2)  La  charte  de  l'an  1159,  n*"  76,  est  datée  de  Troyes,  anU 
altare  beati  Stephani  in  capella  mea, 

(3)  Voir  l'anecdote  d'Artaud,  dans  Joinville,  éd.  Dldot,  p.  29. 
(i)  Courtalon,  Topographie  historique,  II,  144. 

(5)  In  Castro  meo  Barri,  an  1159,  n«  73;  1170,  n»  178. 

(6)  Pouillé  du  diocèse  de  Langres,  aux  Ârch.  de  TAube,  fonds 
de  Montiéramey. 

(7)  Charte  n«  126,  cf.  Courtalon,  Topographie,  III,  318. 

(8)  Bourquclot,  Hist,  de  Provins,  I,  381.  Il  paraît  qu'il  y  avait 
des  chapMles  dans  la  plupart  des  châteaux  du  comte  de  Champagne. 
11  est  question  de  celle  du  château  de  La  Ferté-sur-Aube  en  1149 
(Blampignon,  Uist.  de  sainte  Germaine,  p.  204),  de  celle  du  chl-' 


—  179  — 

est  de  cent  quatre-vingt-seize  au  moins,  plus  du 
quari  de  ce  qu'il  en  existait  en  France,  en  notre 
siècle,  avant  Tannexion  de  la  Savoie. 

Enfin  nous  aurions  tort  d'oublier  les  libéralités 
d'Henri  envers  les  cathédrales  de  Meaux  (an  1152, 
!!•  8  ;  1156,  n«  38);  de  Langres  (an  1157,  n»  50;  1159, 
n*  62;  1182,  n*  326),  et  de  Troyes  (an  1170, 
n*  180),  et  envers  le  chapitre  de  Joinville  (an  1179, 
n*  305). 

A  quoi  bon  celte  prodigalité,  dira-t-on?  et  à  quoi 
servaient  tous  ces  chapitres?  Mais  au  xii**  siècle,  au 
XIII*  et  pendant  le  reste  du  moyen-âge,  les  chanoines 
étaient  beaucoup  plus  occupés  que  de  nos  jours,  et 
un  canonicat  n'était  pas  une  sinécure.  Les  chanoines 
se  relevaient  la  nuit  pour  chanter  matines,  de  jour 
ils  chantaient  toutes  les  heures  et  deux  grand' - 
messes  (1).  Ces  offices  devaient  leur  prendre  quoti- 
diennement sept  à  huit  heures,  le  temps  que  passent 
dans  leurs  bureaux  les  employés  de  l'Etat  ;  et  les  dis- 


teau  de  Coulommiers  en  1152,  n°  7.  Suivant  cotte  charte,  personne 
ne  peut,  hors  la  prdsence  d'Henri  ou  de  sa  femme,  célébrer  la  messe 
dans  la  chapelle  du  château  sans  le  consentement  des  moines  de 
Sainte-Foy.  Nous  avons  déjà  parlé,  II,  398,  d'une  charte  de  Thi- 
baut II,  datée  de  Meaux,  dans  sa  chapelle,  1148.  Dès  l'année  1105 
ou  environ,  une  charte  du  pape  Pascal  II  confirmait  au  chapitre  de 
la  cathédrale  de  Langres  les  droits  de  juridiction  sur  un  grand 
nombre  de  châteaux,  c'est-à-dire  évidemment  sur  les  chapelles  de 
ces  châteaux;  le  château  de  Bar-sur-Aube  y  est  compris  (GalL 
Christ,  nov.,  IV,  Instr,,  153  C). 

(1)  Voir  notamment  les  comptes  de  Saint-Etienne  de  Troyes,  aux 
Archives  de  l'Aube,  et  dans  les  Décrétales  de  Grégoire  IX,  III,  41 , 
cap.  11 ,  an.  1220,  un  passage  relatif  à  l'usage  de  célébrer  dans  les 
chapitres  deux  messes  par  jour. 


—  180  — 

tributions  manuelles,  où  s'employait  une  bonne  par- 
tie du  revenu  des  chapitres,  étaient  une  garantie 
d'exactitude  que  n'ont  pas  conservée  la  plupart  de» 
administrations  modernes. 

Cependant,  au  xii®  siècle,  la  vie  austère  des  moines 
leur  attirait  une  sympathie  que  ne  pouvaient  obte- 
nir des  chanoines  séculiers,  de  mœurs  exemplaires 
sans  doute,  mais  avec  des  habitudes  beaucoup  moins 
mortifiées.  Le  roi  Louis  VII  voulut  un  jour  le  faire 
entendre  à  Henri  :  «  Vraiment,  comte,  »  lui  dit-il,«il 
faut  que  vous  soyez  fou  ;  vous  dissipez  le  patrimoine 
de  vos  enfants,  et  le  résultat  de  vos  efforts  est  d'en-* 
richir  des  clercs  efféminés.  » 

Henri  lui  répondit  que  les  chapitres  avaient  à  ses 
yeux  un  grand  avantage  sur  les  abbayes.  L'adminis- 
tration du  temporel  de  chaque  abbaye  était  con- 
centrée entre  les  mains  de  l'abbé,  dignitaire  inamo- 
vible dont  les  fautes  ou  la  prodigalité  pouvaient  rui- 
ner la  communauté  et  en  réduire  les  membres  aux 
dernières  extrémités  du  besoin.  Dans  les  chapitres 
séculiers,  au  contraire,  chacun  avait  son  revenu  dont 
il  disposait  à  son  gré,  et  s*  il  le  dissipait  follement,  il 
ne  faisait  tort  qu'à  lui  seul  (1). 

Parmi  les  donations  d'Henri  le  Libéral,  quelques- 
unes  sont  faites  à  charge  d'un  emploi  déterminé. 
C'est  ainsi  qu'il  fonda  l'anniversaire  de  son  père  à  la 
cathédrale  de  Meaux  (an  1152,  n*  3),  et  dans  l'église 
abbatiale  de  Lagny  (an  1152,  n'^  &).  C'est  ainsi  que 

(1)  Chronicon  anoîiymi  canonict  Laudunensis,  ap.  D.  Bouquet, 
XIII,  680  A.  Voir  aussi  sur  cette  matière  la  curieuse  lettre  adressée 
à  Henri  par  Philippe,  abbd  de  Bonne-Es|)érance  (D.  Bouquet,  XVI, 
705). 


—  181  — 

d£)DP  Ia  inénie  église  de  Lagny  il  Qt  établir,  au-dessus 
4u  tombeau  de  son  père,  une  lampe  qui  brûlait  en- 
çp^e  |i  la  fin  du  xvii^  siècle  (an  1160,  n""  80).  Avec 
dix  80I4S  de  rente  donnés  par  lui  à  l'abbaye  de 
Jouss^ints-en-VIsle  de  Ghâions-sur-Marne,  l'abbé 
devait  tpusleaans,  le  jour  de  l'Invention  de  la  Sainte- 
Croix,  faire  servir  ^ux  religieux  un  plat  de  supplé- 
aient. En  1170,  n"^  183,  une  rente  de  cent  sous,  à 
prendre  sur  le  domaine  du  comte,  devient  la  pro- 
priété du  prieuré  de  Saint-Jean-en-Chfttel  deTroyes, 
à  condition  que  les  mojqes  se  rendront  à  l'enterre- 
ment des  chanoines  de  Saint-Etienne  et  célébreront, 
chs^que  année,  dans  leur  église,  un  service  en  mé- 
moire des  chanoines  décédés.  En  1172,  n""  20/i, 
Henri  {ichéite  une  vigne  et  un  verger  situés  entre  le 
prieuré  de  Saint-Jean-en-Chàtel  et  l'église  Notre- 
P^fne-la-Dorée,  puis  il  les  cède  à  ce  prieuré  pour 
mettre  les  moines  à  même  de  se  rendre  à  Notre- 
D£|ipe<la-DoFée  sans  sortir  de  leur  clôture,  et  il  em- 
poche ainsi  la  suppression  de  cette  église. 

(lenri  avait  une  dévotion  profonde  aux  reliques, 
et  cette  dévotion  fut  le  motif  de  quelques-unes  de 
ses  libéralités.  Le  23  octobre  1161  (n""  102),  se  trou- 
irant  à  Vabbaye  de  Rebais,  il  se  fit  céder  par  Tabbé 
un  fragment  du  suaire  de  J.-C,  un  morceau  du  bras 
du  prophète  Elisée,  une  dent  de  saint  Lazare,  mar- 
tyr, et  deux  de  sainte  Geneviève  :  le  tout  fort  peu 
aqthentique,  les  deux  premiers  articles  surtout  ;  les 
n^oines  reçurent  en  échange  une  rente  de  soixante 
sous. 

En  1167,  n**  150,  il  rapporta  de  Saint-Pierre-le- 
Vif  de  Sens  des  reliques  de  saint  Potentien  et  de 
s^int  Altin,  qu'il  déposa  respectueusement  à  Saint- 


-   182  —    . 

Etienne  de  Troyes,  et  en  reconnaissance  il  donna  à 
Tabbaye  de  Saint-Pierre-le-Vif  des  biens  à  Saint- 
Loup  de  Naud  et  deux  maisons  à  Provins.  En  1170, 
n"*  182,  il  reconnut  devoir  au  prieuré  de  Saint-Jean- 
en-Ghàtei  quinze  sous  de  rente  pour  l'entretieo 
d'une  lampe  devant  les  reliques  de  saint  Biaise. 

Un  jour,  raconte  Albéric,  Henri  eut  une  vision;  il 
lui  sembla  qu'il  était  tombé  dans  un  puits  et  qu'une 
vierge  nommée  Hilde  le  délivrait  du  danger.  Après 
cette  vision,  il  désira  vivement  savoir  ce  que  c'était 
que  sainte  Hilde,  et  alla  aux  informations.  Un  cheva- 
lier trouva  le  corps  de  cette  sainte  dans  un  sac  de 
cuir  de  cerf.  Henri  transféra  ce  corps  à  Troyes,  et  le 
déposa  à  Saint-Etienne  dans  un  vase  d'ivoire.  Sainte 
Hilde  était,  dit-on,  une  servante  de  sainte  Hélène, 
mère  de  Constantin  (1). 

Enfin  il  était  de  tradition,  au  xvii*  siècle,  qu'une 
côte  de  saint  Thomas,  apôtre,  conservée  au  trésor 
de  Saint-Etienne  de  Troyes,  avait  été  rapportée  d'O- 
rient et  donnée  à  celte  collégiale  par  notre  comte  (2). 

Nous  sommes  malheureusement  sans  détails  sar 
les  vêtements  sacerdotaux,  les  vases  sacrés  d'or  et 
d'argent,  les  châsses  ornées  de  pierreries,  les  livres 
précieux  donnés  par  Henri  aux  églises  qu'il  avait 
fondées,  à  ces  églises  où  les  voix  des  chanoines  ré- 
pétant à  l'unisson  les  psaumes  et  les  hymnes,  «  loi 
»  faisaient,  »  dit-on,  «  le  môme  plaisir  que  s'il  eût 
»  entendu  la  splendide  harmonie  du  firmament  et 
»  des  astres,  lui  semblaient  un  avant-goût  des  sym- 


(1)  Albéric,  ap.  D.  Bouquet,  XIII,  707D. 

(2)  Trésor  de  Saint-Etienne  de  Troyes,  par  M.  Coffinet,  p.  15. 


—  183  — 

»  phonies  angéliques  et  des  chants  célestes  (1).  )> 
M.  l'abbé  Goffinet  a  publié  dernièrement  un  in- 
ventaire du  trésor  de  Saint-Etienne  de  Troyes  au 
XYiu*  siècle;  mais  parmi  ces  richesses  si  nombreuses 
et  si  dignes  d'admiration,  nous  ne  savons  de  quels 
objets  on  peut  avec  certitude  attribuer  l'origine  à  la 
libéralité  d'Henri. 

Aujourd'hui,  abbayes,  prieurés  ou  chapitres  dotés 
ou  fondés,  reliquaires,  chefs-d'œuvre  d'orfèvrerie 
ou  de  textrine,  tout  a  disparu,  balayé  par  la  tem- 
pête révolutionnaire  ;  deux  seules  choses  restent  : 
devant  Dieu  la  bonne  volonté  d'un  cœur  généreux, 
devant  les  hommes  la  mémoire  d'un  prince  illustre. 
Henri,  comme  tant  d'autres  barons  du  moyen-àge, 
croyait  par  ses  dons  ne  faire  qu'une  œuvre  pieuse, 
et  c'est  par  là  surtout  qu'il  s'est  assuré  une  place 
dans  le  souvenir  de  la  postérité.  Les  chartes  de  do- 
nations aux  établissements  religieux  sont  une  des 
principales  sources  de  l'histoire  du  xii*  siècle.  Com- 
bien de  hauts  personnages  dont  la  grandeur  anéantie 
n'aurait  pas  survécu  à  la  mort,  s'ils  ne  s'étaient  pas 
quelquefois  souvenus  de  Dieu,  et  si  les  archives  des 
monastères  et  des  chapitres  ne  nous  avaient  conservé 
dans  des  titres  de  libéralités  pieuses,  une  foule  de 
détails  de  biographie,  d'histoire  générale,  souvent 
les  détails  les  plus  précieux,  négligés  par  les  chro- 
niqueurs ! 


(1)  Lettre  de  Philippe,  abbé  de  Bonne-Espérance,  à  Henri,  ap. 
D.  Bouquet,  XVI.  705  A. 


—  184  ^ 


CHAPITRE  V 


L^histruGtion  publique  n'était  pas  plus  que  le  calte 
soumis  à  l'influence  directe  d'Henri.  Elle  était  placée 
sous  l'autorité  de  l'Eglise  :  donnée  par  des  profes- 
seurs libres,  elle  dépendait  des  chapitres  caihédran 
et  des  collégiales  qui  accordaient  la  licence  d'ensei- 
gner (i);  officielle,  elle  se  trouvait  dans  les  écoles  des 
chapitres  et  des  monastères. 

Trois  chapitres  calhédraux,  en  Champagne^  ont 
été  surtout  au  xii**  siècle  distingués  par  leur  ensei- 
gnement et  comme  centres  littéraires  :  les  chapitres 
de  Ghàlons-sur-Marne,  de  Reims  et  de  Troyes. 

Ghàlons-suivMame  eut  pour  évéque,  au  commen- 
cement du  siècle,  le  fameux  philosophe  Guillaume 
de  Champeaux  maître  d'Abélard;  Haimon  de  Ba- 
zoches,abréviateurde  la  Pannormt>d'Ives de  Chartres, 
y  devint  aussi  évêque  après  y  avoir  été  archidiacre. 
La  cathédrale  avait  un  bibliothécaire  (2).  En  1166 


(1)  Nous  avons  encore  une  lettre  du  pape  Alexandre  III  au  cha- 
pitre de  Châlons-sur-Marne,  pour  lui  défendre  de  vendre  Tautorisa- 
lion  d'enseigner  (D.  Bouquet,  XV,  851-852).  La  charte  de  l'an 
1176,  n®  252,  nous  apprend  que  personne  ne  pouvait  enseigner 
dans  la  châtellenie  de  Provins  sans  l'autorisation  du  chapitre  de 
Saint-Quiriace. 

(2)  Histoire  UUéraire,  IX.  38-39,  62-63;  X,  307-315;  XII, 
426-428. 


—  185  — 

ou  1467  nous  voyons  dans  le  diocèse,  hors  de  la 
ville  épiscopale,  des  clercs  qui  veulent  enseigner 
«  la  science  littéraire  (1).  » 

Le  chapitre  de  Reims  avait  deux  écoles,  une  pour 
les  clercs,  une  pour  les  laïcs  (2).  Deux  directeurs 
de  ces  écoles  sont  particulièrement  célèbres  :  le  scho- 
lastique  Hesson  dont  nous  avons  une  relation  du 
concile  de  Reims  en  1119  (3),  et  le  scholastique 
Albéric,  qui  commença  ses  études  à  Reims  sous  le 
scholastique  Godefroi,  qui  se  perfectionna  par  les 
leçons  d'Anselme  de  Laon  et  de  Guillaume  de  Gham- 
peaux,  et  qui,  après  avoir  dirigé  les  écoles  de  Reims, 
professé  la  dialectique  au  mont  Sainte-Geneviève  de 
Paris,  devint  archevêque  de  Bourges.  A  Reims,  son 
enseignement  avait  tant  de  succès  que  le  nombre 
des  écoliers  égalait,  dit-on,  celui  des  citoyens  (â). 
Plus  tard,  Reims  eut  pour  archevêque,  dans  la  per- 
sonne de  Guillaume  de  Champagne,  un  des  plus  zélés 
et  des  plus  magnifiques  protecteurs  des  lettres  que 
l'on  connaisse  en  ce  siècle. 

A  Troyes,  on  remarque  Tévêque  Hatton,  qui 
entretint  une  fréquente  correspondance  avec  saint 
Bernard  et  avec  Pierre  le  Vénérable,  abbé  de  CIu- 
ny  (5);  l'archidiacre  Gibuin,  dont  Hildebert  du  Mans, 
et  Nicolas  de  Montiéramey  vantent  beaucoup  l'éru- 
dition et  l'éloquence,  et  qui  laissa  des  sermons  (6)  ; 

(1)  D.  Bouquet.  XV,  851-852. 

(2)  Hist.  littéraire,  XII.  70. 

(3)  Hist.  littéraire,  XII.  204. 

(4)  Hist,  littéraire,  IX,  33,  67;  XII,  72  et  suivante. 

(5)  ^i«^K«.,  XII,  226-229. 

(6)  HUt.  ««.,  IX,  44, 180;  XII,  230. 

18 


—  186  — 

Pierre  Comestor  qui^  né  à  Troyes^  y  devint  doy» 
en  11A7,  professa  ensuite  à  Paris,  devint  chancelier 
de  Notre-Dame,  et  composa  la  célèbre  Histoire  sduh 
laslique  (i);  enfin,  Progom,  auteur  de  Topiqueê  imi- 
tés d'Âristote  (3). 

Parmi  les  écoles  monastiques  on  en  distingue  frfo- 
sieurs. 

Montiéramey  forma  Nicolas,  secrétaire  de  Mint 
Bernard,  puis  ami  et  protégé  d'Henri  le  Libéral. 

Montier-la-Celle  eut  pour  élève  et  pour  abbé  le 
fameux  Pierre  de  Celle,  depuis  abbé  de  Saint-Remy 
de  Reims,  enfin  évéque  de  Chartres  ;  M ontier-la- 
Celle  servit  d'asile  à  Jean  de  Salisbury,  un  des  écri- 
vains les  plus  féconds  et  le  plus  spirituel  de  soil 
siècle.  Dans  cette  abbaye  on  enseignait  la  théologie, 
la  philosophie,  l'histoire  et  même  le  droit  civil  (8). 

Saint-Remy  de  Reims^  après  Montier-la-Celle, 
posséda  Pierre  de  Celle,  qui  ne  quitta  la  crosse  ab' 
batiale  que  pour  le  siège  épiscopal  de  Chartres; 
Saint-Remy,  comme  Montier-la-Celle,  donna  l'hospi- 
talité à  Jean  de  Salisbury.  De  là,  Pierre  écrivait  à 
Barthélémy,  évéque  d'Exeter,  pour  Tinviler  à  venir 
partager  la  paisible  retraite  de  Jean  :  a  Vous  auref 
x>  des  livres  en  quantité,  »  lui  disait-il,  «  et  pour 
0  étudier  rien  ne  vous  manquera  (A).  » 

De  Saint-Nicolas  de  Reims  sortirent  Drogon,  abbé 
de  Saint-Jean  de  Laon,  puis  cardinal  d'Ostie;  Geof- 
froi  Cou-de-Cerf,  abbé  de  Saint-Thierry  et  de  Saint- 


(i)  Hî8t.  IHL,  IX,  64, 158;  XII,  12-17. 

(2)  HisLlitL.lX,  185;  X,  268. 

(3)  HisL  lut.,  IX,  102-103;  XIV,  237  et  suivantes. 

(4)  ^is^/tW.,  XIV.  238-239. 


—  187  — 

Médard  de  Boissons,  Où  il  dirigea  lui-môme  Técole, 
puis évéquc  de  Ghâlons  sur-Marne;  Guillaume,  abbé 
de  Saint-Thierry,  dit  vulgairement  Guillaume  de 
Saint-Thierry,  tous  célèbres  par  leurs  écrits  (1). 

Quoique  la  réforme  cistercienne  n'eût  pas,  surtout 
à  ClaJrvaux^  un  but  littéraire,  les  disciples  de  saint 
Bernard  occupent  au  xii""  siècle  un  rang  distingué 
dans  cette  phalange  d'esprits  élevés  que  nourrit  le 
sol  de  la  Champagne  :  tant  il  est  vrai  que  tous  les 
progrès  intellectuels  se  touchent,  et  qu'on  ne  peut 
développer  les  facultés  religieuses  sanâ  arracher  en 
même  temps  à  l'inertie  de  la  vie  matérielle  les  autres 
forces  de  l'intelligence!  Devant  le  nom  de  saint  Ber- 
nard, tous  les  autres  pâlissent  ;  cependant  les  histo- 
riens de  notre  littérature  n'ont  pas  oublié  les  abbés 
Pierre  Monocule  (2)  et  Ponce  (8),  les  prieurs  Geoffroi 
de  Péronne  (U)  et  Jean  l'Hermite  (5)  ;  les  moines 
Alcher  (6),  Melchiade  (7),  Pierre  de  Boye  (8),  Tra- 
simond  (9). 

Le  Paraclet,  après  avoir  été  le  théâtre  de  l'ensei- 
gnement d'Âbélard  et  des  succès  oratoires  de  cet 

— — 

(1)  HUt.  liU..  IX,  96;  XI,  699-701;  XU,  185-190,  312- 
^33. 

(2}  Bi»t.  m.,  XIV,  620-623. 

(3)  Bitt.  m.,  XrV,  624-625. 

(4)  Bitt.  lut..  XIV,  426-428. 

(5)  Bist.  liU.,  XIV,  222-224. 

(6)  But.  {tM.,  XII,  683. 

(7)  But.  m.,  X,268. 
(g)  Bi$t.  m.,  XII,  686. 

(9)  Bitt.  liU.,  XIV,  395-399. 


—  188  — 

homme  prodigieux,  le  Paraclet,  simple  abbaye  de 
femmes,  fut  digne  de  son  fondateur;  à  côté  de 
l'étude  de  l'Ecriture  Sainte ,  des  saints  Pères  et  da 
plain-chant,  on  y  pratiquait  celle  de  la  médecine  et 
de  la  chirurgie.  Les  religieuses  y  apprenaient  non 
seulement  le  latin,  mais,  si  les  prescriptions  d*Abé- 
lard  étaient  suivies,  le  grec  et  l'hébreu,  que  dans 
tous  les  cas  savait  l'abbesse  Héloïse  (1). 

Enfin,  si  des  abbayes  nous  descendons  aux  prieu- 
rés, nous  trouvons  Âbélard  professant  à  Saint- Ayoul 
de  Provins  (2);  nous  voyons  une  école  à  Réthel,  dam 
un  prieuré  de  l'abbaye  de  Saint-Remi  (3). 

Tout  cet  enseignement  est  ecclésiastique.  Tous  les 
hommes  de  lettres  qu'il  produit  appartiennent  au 
clergé,  et  la  littérature  qui  en  sort  n'est  pas  encore 
sécularisée.  La  France  littéraire  d'alors,  telle  qu'elle 
nous  apparaît  en  Champagne,  peut  être  comparée  i 
un  enfant  auquel  l'église  fait  l'école. 

La  littérature  mondaine  existait  pourtant  déjà,  et 
l'un  de  ses  représentants  les  plus  illustres  au  xii*  siè- 
cle est  né  sur  le  sol  champenois.  Le  nom  sous  lequel 
il  est  connu,  le  nom  qu'il  doit  à  sa  naissance,  a  ré- 
pandu sur  sa  patrie  une  partie  de  la  gloire  qu'il  s'est 
acquise,  mais  nous  ignorons  à  quel  titre  sa  patrie 
peut  la  revendiquer.  Chrétien  de  Troyes,  fuyant  le 
sol  inhospitalier  qui  l'avait  vu  naître,  alla  porter  son 
talent  littéraire  à  la  cour  de  Philippe  d'Alsace,  comte 
de  Flandre,  et  nous  ne  voyons  pas  qu'il  ait  jamais 


(1)  Hi$t.  liU.,  IX,  128. 

(2)  £rt«<./i«.,  IX,  84-85. 

(3)  Hist.  m.,  IX,  95-96. 


—  189  — 

eu  aucune  relation  avec  Henri  le  Libéral.  Marie  pa- 
rait avoir  cependant  compris  les  torts  de  son  époux, 
et,  sans  doute  dans  son  veuvage,  elle  se  fit  dédier  par 
Chrétien  le  Roman  de  la  charrette.  Voilà  tout  ce  qu'a 
fait  pour  la  Champagne,  bien  que  champenois,  le 
plus  fécond  des  romanciers  du  xii*  siècle  (1). 

Le  genre  d'étude  auquel  se  plaisait  Henri  était 
trop  sérieux  pour  se  concilier  avec  le  goût  de  cette 
littérature  légère,  et  à  parler  franchement  nous  ne 
pouvons  le  blâmer  bien  vivement  s'il  a  trouvé  quel- 
quefois les  romans  de  son  temps  un  peu  soporifiques. 
Bien  entendu  que  nous  ne  parlons  pas  des  romans 
d'aujourd'hui. 

Nous  avons  déjà  nommé  Etienne,  précepteur  ou 
maître  d'Henri  (2)  :  un  précepteur  ne  prouve  pas 
rinstruction  de  l'élève.  Thibaut  H  aussi  avait  un 
précepteur  (3),  et  nous  ne  voyons  nulle  part  que  ce 
précepteur  lui  ait  appris  grand  chose  (&).  Henri,  au 
contraire ,  étudia  les  arts  libéraux  ;  il  fut  pendant 
plusieurs  années  a  soumis  à  la  discipline  des  écoles,  » 
et  il  parait  môme,  qu'en  dépit  de  sa  naissance,  on  ne 
lui  ménagea  pas  les  coups  de  férule  (5).  Aussi,  devenu 
comte,  il  ne  ressemblait  pas  à  certains  de  ses  contem- 
porains dont  parle  sans  les  nommer,  dans  une  lettre 


(1)  Sur  Chrétien  de  Troyes,  voir  YHUt.  lUt.,  XV.  193-264  ; 
Rolland.  Chrestien  von  Troyes^  eine  literatur-geschichtliche  unter- 
suchung,  Tubingue,  1854,  in-8*.  Le  Roman  de  la  Charrette  a  été 
publié  par  M.Tarbé.  Reims,  1854,  in-8<». 

(2)  Voir  plus  haut,  p.  10. 

(3)  Voir  notre  Tome  II.  p.  176,  268-270. 

(4)  Voir  notre  Tome  II,  p.  269-270. 

(5)  Lettre  de  Philippe,  abbé  de  Bonne-Espérance,  à  Henri,  ap. 
D.  Bouquet,  XVI,  703 CD. 


—  IQO  — 

qu'il  lui  adresse,  Philippe,  abbé  de  Bonne-Espérance, 
et  que  cet  abbé  compare  à  des  ânes  parce  qu'ils  ne 
savaient  pas  le  latin  (1).  La  grande  récréation  d'Henrii 
entre  deux  expéditions  militaires  ou  entre  deux  au- 
diences, était  de  se  retirer  dans  son  cabinet  pour  lire 
dans  la  langue  originale  soit  un  classique  latin,  soit 
un  auteur  ecclésiastique  (2).  Il  existe  encore  à  la 
Bibliothèque  impériale  un  beau  manuscrit  de  Valère 
Maxime,  copié  pour  lui  à  Provins  en  1167  (3). 

Ce  Valère  Maxime,  et  un  psautier  carlovingien  en 
lettres  d'or,  conservé  autrefois  au  trésor  de  Saint* 
Etienne,  maintenant  à  la  cathédrale  de  Troyes,  sont 
les  seuls  livres  de  notre  comte  que  nous  connaissions 
aujourd'hui,  mais  il  en  possédait  évidemment  beau- 
coup d'autres.  II  semble,  par  exemple,  qu'il  avait 
beaucoup  lu  Végèce,  auquel  Jean  de  Salisbury,  lai 
écrivant,  le  renvoie  en  deux  mot8,votre  Végèce,  vesier 
Vegetius  (à).  Il  lisait  les  épitres  de  saint  Jérôme  (5). 


(1)  Lettre  de  Philippe,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  704  DE. 

(2)  Lettre  de  Philippe,  ap.  D.  Bouquet.'XVI.  703 E. 

(3)  Bibl.  Imp.,  Suppl.  lat.  670.  149  feuillets.  Â  la  fin,  on  lit  : 
Titulus  scriptoris  féliciter  emendati.  Descriplum  Pruvini  jusm 
illustris  comitis  Henrid.  WiUelmus  Anglicus,  Anno  incamaH 
Verbi  M^C^LX^VII,  indiciioneXV^^,  —  Nous  devons  à  M.  L. 
Delisle  la  connaissance  de  ce  manuscrit.  Il  est  question  de  l'ëcriviiQ 
Guillaume  l'Anglais  dans  la  charte  de  Tan  1155,  n^  34.  Quant  au 
manuscrit,  nous  ferons  une  remarque,  c'est  que  Jean  de  Salisbury, 
dans  sa  lettre  172  (voir  l'édition  de  1611,  p.  278-288),  parle  à 
Henri  de  Valère  Maxime. 

(4)  Lettre  172  de  Jean  de  Salisbury  dans  EpiU.  Gerberti,  etc., 
ex  bibliotheca  Papirii  Massonis.  Paris.  1611,  in4*»,  p.  278-2$8. 
Le  passage  cité  se  trouve  à  la  page  288. 

(5)  Voir  la  môme  lettre  un  peu  plus  haut. 


-  191  — 

Il  lisait  les  productions  des  auteurs  latins  (c'est-à- 
dire  des  théologiens  et  des  philosophes  scholastiques) 
de  son  temps,  et  quand  dans  ses  lectures  il  rencon- 
trait une  difficulté,  il  en  demandait  par  écrit  ou  de 
vive  voix  la  solution  aux  savants  contemporains  ou 
aux  ecclésiastiques  dont  il  s'entourait.  On  aurait  donc 
tort  de  se  le  représenter  comme  tel  autre  galant 
chevalier  dans  un  cercle  de  dames,  faisant  le  vers 
de  société,  et  discutant,  par  une  sorte  de  passe-temps 
joyeux,  ces  questions  de  galanterie  un  peu  crue  qui 
furent  longtemps  de  mode  au  moyen-âge;  savoir, 
par  exemple,  lequel  est  le  plus  doux  d'embrasser 
9on  amie  sans  la  voir  ou  de  la  voir  sans  l'embras- 
ser (1).  Au  lieu  des  dames,  Henri  recherchait  les 
moines  et  les  chanoines,  je  ne  dis  pas  les  plus  pieux, 
comme  le  faisait  son  père,  mais  ceux  qui  avaient  la 
plus  haute  réputation  de  science,  et  il  leur  écrivait 
en  latin  ;  eux  lui  répondaient  aussi  en  latin,  mêlant  à 
leur  prose,  un  peu  barbare,  des  citations  de  Virgile, 
d'Horace,  d'Ovide,  d'Apulée  et  d'autres  classiques 
entre-mêlés  de  textes  bibliques  et  d'extraits  des 
saints  pères.  Voici  un  spécimen  des  questions  qui 
le  préoccupaient  : 

Quel  est  le  nombre  des  livres  de  l'Ancien-Testa- 
ment? 

Quel  est  le  nombre  des  livres  du  Nouveau-Testa- 
ment? 

Pourquoi  saint  Jérôme,  dans  sa  lettre  au  prôtre 
Paulin,  sur  tous  les  livres  de  la  Bible,  dit-il  que  le 


(1)  Chansons  de  Thibaut  IV,  comte  de  Cfiampagne  et  de  Prie, 
roi  de  Navarre,  éd.  ide  M.  Tarbé,  p.  10Shp107. 


—  192  — 

philosophe  Apollonius  trouva  dans  le  sable  la  table 
du  soleil  (i)  ? 

Pourquoi,  dans  la  même  lettre,  saint  Jérôme  parie 
t-il  des  centons  de  Virgile  et  d'Horaére  (2)  ? 

Où  a  été  écrite  pour  la  première  fois  et  que  veut 
dire  une  maxime  enseignée  et  répétée  par  beaucoup 
de  gens  et  ainsi  conçue  :  ce  qui  n'existe  pas  est  plus 
laid  que  ce  qui  existe  (3)? 

C'est  avec  Nicolas  de  Montiéramey  qu'Henri  pa- 
rait avoir  formé  sa  plus  intime  liaison  littéraire.  Ni- 
colas, champenois,  moine  de  l'abbaye  de  Montié- 
ramey, après  avoir  assisté  à  la  condamnation  d'A- 
bélard  au  concile  de  Sens,  avait  été  chargé,  par  saint 
Bernard,  de  porter  à  Rome  des  lettres  relatives  à 
cette  grande  affaire;  il  avait  su  se  concilier  les 
bonnes  grâces  de  l'illustre  et  saint  abbé  de  Clair- 
vaux,  qui  l'avait  pris  pour  secrétaire.  Nicolas  ca- 
chait de  l'ambition  et  d'autres  vices  encore,  sous 
une  apparence  de  piété  :  Clairvaux  lui  semblait  le 
chemin  de  la  renommée,  qui  était  le  but  de  ses  dé- 
sirs; il  trompait  saint  Bernard  par  les  dehors  d'une 
humilité  feinte;  environ  dix  années  s'écoulèrent 
avant  qu'on  ne  parvînt  à  le  démasquer.  En6n,  pris 


(1)  La  lettre  de  saint  Jérôme,  ciU^e  ici,  est  la  seconde  à  Paulin, 
intitulée  De  studio  scripturarum.  Dans  l'édition  de  saint  Jérôme, 
donnée  par  Jean  Martianay,  Paris,  1693-1706,  cette  lettre  est  la 
cinquantième  de  saint  Jérôme,  et  le  passage  dont  il  s'agit  se  trouve 
à  la  colonne  569  du  tome  IV.  Jean  de  Salisbury  explique  ce  texte 
par  un  autre  de  Valère  Maxime,  lib.  IV,  cap.  I,  de  animi  mode^ 
ratione,  qui  n'y  a  aucun  rapport. 

(2)  Saint  Jérôme,  éd.  Martianay,  t.  IV,  col.  571. 

(3)  Voir  la  même  lettre  de  Jean  de  Salisbury. 


—  193  — 

sur  le  fait,  il  fut  chassé  comme  faussaire.  Il  volait 
le  sceau  de  saint  Bernard  et  le  mettait  secrètement 
au  bas  de  pièces  de  sa  façon  qu'il  expédiait  ensuite  ; 
il  avait  forcé  saint  Bernard  à  substituer  un  second 
sceau  au  premier,  et  quand  on  Texpulsa,  les  moines, 
en  le  fouillant,  trouvèrent  sur  lui  et  ce  second  sceau 
et  celui  du  prieur  et  de  Purgent  volé.  Saint  Bernard 
en  informa  le  pape  Eugène  III  par  une  lettre  où  il 
compare  Nicolas  à  Judas  (1).  Il  semble  qu'après  un 
pareil  éclat  Nicolas  devait  disparaître  à  jamais  de  la 
scène  du  monde.  Quel  titre  avait  à  l'indulgence  ce 
misérable  écrivailleur?  Mais  il  est  une  certaine  pu- 
deur qui,  plus  encore  que  celle  de  la  chasteté,  man- 
quait au  moyen-àge.  Certains  crimes  aujourd'hui 
impriment  au  front  du  coupable  une  flétrissure  in- 
délébile :  il  semble  qu'au  moyen-àge  tout  homme 
eût  le  droit  de  ne  rougir  de  rien,  et  l'impudence  du 
vice  égalait  cette  sainte  audace  de  la  vertu  qui  nous 
étonne  alors  dans  tant  d'âmes  énergiques. 

Quelques  années  après,  nous  retrouvons  Nicolas 
moine  à  Montiéramey.  Adrien  IV,  alors  pape,  non- 
seulement  l'appelle  son  cher  fils,  ce  qui  était  de  for- 
mule, mais  ajoute  que  cet  homme  lui  est  très-cher 
et  très-agréable,  et  s'adressant  à  l'évoque  de  Beau- 
vais  :  «  Au  nom  du  respect  que  vous  devez  à  saint 
Pierre  et  à  nous,  »  lui  dit-il,  «  je  vous  invite  à  accor- 
der amour  et  honneur  à  Nicolas.  »  L'évoque  de 
Beauvais  était  alors  Henri  de  France,  ancien  moine 


(1)  S.  Bernardi  epistola  298.  On  trouva  sur  Nicolas  denarios, 
c'est -à-dire  des  pièces  d'argent  valant  un  denier,  et  aureos^  c'est- 
à-dire  des  pièces  d'or  romaines  ou  mérovingiennes  qui  étaient  encore 
en  circulation. 


—  194  — 

de  Clairvaux  et  disciple  de  saint  Bernard,  dont  la 
langue  vengeresse,  frappée  par  la  mort,  venait  à  peine 
de  se  refroidir  (1).  Lors  du  schisme  de  Tantipape 
Viclor,  le  moine  intrigant  eut  l'adresse  et  le  bonhear 
de  se  mettre  du  côté  du  plus  fort,  c'est- à-dire^  di| 
côté  du  pape  Alexandre  III,  qui  le  recoaimanda  à 
diiTérentes  personnes,  notamment  au  comte  de  Cham- 
pagne. Depuis,  nous  trouvons  Nicolas  au  mieux  dans 
les  bonnes  grâces  d'Henri  qui^  dans  plusieurs  chartes, 
l'appelle  son  cher  ami,  Nicolas  s'était  fait  nommer 
par  l'abbé  de  Montiéramey  au  prieuré  de  Saint- 
Jean-en-Chàtel  qui,  situé  à  Troyes,  lui  donnait  pour 
demeure  une  grande  ville  et  la  principale  résidence 
de  son  protecteur.  Non  content  de  cet  avantage  ^ 
violant  son  vœu  de  pauvreté,  ce  qui  n'étonnera 
personne,  il  se  fit  assigner  par  le  comte  des  revenus 
particuliers  distincts  de  ceux  du  prieuré.  Henri  lui 
accorda  la  jouissance  du  loyer  de  la  maison  de  Mas- 
celine  au  marché  de  Troyes  (an  1160,  n""  SU  ;  1164, 
n^  129;  1170,  n"*  184);  il  y  ajouta  cent  sous  de 
rente  à  prendre  sur  les  revenus  de  l'église  Saint- 
Etienne  (an  1170,  nM  83) 

Rien  ne  prouve  que  Nicolas  fût  alors  converti. 
Nous  savons  qu'à  l'époque  où  il  jouissait  des  bonnes 
grâces  du  prince  champenois,  il  se  répandit  dans  le 
public  des  lettres  supposées  qu'un  faussaire  avait 
scellées  du  sceau  du  comte.  Nicolas,  dans  une  dé- 
pèche à  Ârnoul,  évêque  de  Lisieux,  en  accuse  un 


(1)  La  letlre  d'Adrien  à  Tévèque  de  Beauvais  est  imprimée  d^ns 
Martèoe,  AmplisHma  collectio,  t.  II,  p.  644,  col.  1. 


--  195  — 

jeune  clerc  qu'il  voulait  faire  sévèrement  punir  (1). 
Quel  était  le  vrai  coupable?  Nous  nous  demandons 
avec  un  des  auteurs  de  VHisloire  litléraire  si  le 
prieur  de  Saint-Jean-en-Chàtel  n'intervertissait  pas 
les  rôles  en  prenant  celui  d'accusateur.  Tant  de  ri- 
gueur chez  le  faussaire  de  Clairvaux  ne  pouvait 
guère  être  de  la  bonne  foi. 

Pour  qu'on  puisse  juger  du  mérite  littéraire  qui 
était  le  seul  titre  de  Nicolas  à  l'estime  de  ses  con« 
temporains,  nous  allons  reproduire  une  lettre  qu'il 
écrivit  au  prince  champenois.  On  y  verra  que  si  le 
prieur  de  Saint-Jean-en-Chàtel  possédait  quelqu'ins- 
truction,  il  n'avait  pas  meilleur  goût  que  la  plupart 
des  petits  écrivains  de  son  temps. 

«  Au  prince  sérénissime  et  à  son  très-cher  seigneur 
w  Henri,  comte  de  Troyes,  frère  Nicolas,  pécheur 
I)  par  la  vie,  moine  par  Thabit,  souhaite  le  salut  qui 
>i  vient  de  la  source  du  salut. 

i>  Le  philosophe  a  dit  :  «  Je  crois  que  l'état  des 
»  choses  humaines  sera  heureux  quand  de  deux 
»  choses  l'une,  ou  les  philosophes  deviendront 
»  princes,  ou  les  princes  se  feront  philosophes.  » 
»  Parole  admirable  qui  semblerait  sortie  non  d'une 
D  bouche  humaine,  mais  de  la  bouche  de  Dieu. 
»  Qu'est-^ce,  en  effet,  qu'un  homme  sans  lettres,  si- 
»  non  le  sépulcre  d'une  àme  raisonnable  qui  bien 
>i  que  vivante  est  ensevelie  dans  le  tombeau?  Les 
x>  lettres  sont  la  route  qui  mène  à  l'honneur, et  l'hon- 


(1  )  Dans MaximaBibliotheca  Veterum Patrum,  t. XXII,  p.l336, 
col.  2.  Lyon,  1677,  on  trouve  la  réponse  d'Arnoui.  Nous  n'avons 
plus  la  lettre  de  Nicolas. 


—  196  — 

»  neur  est  le  fruit  des  lettres.  Quoique  les  lettres 
»  soient  subordonnées  à  la  pensée  et  non  la  pensée 
»  aux  lettres,  elles  sont  une  invention  qui  fait  gloire 
»  à  son  inventeur  et  qui  le  place  bien  haut.  Ainsi  les 
))  beaux  traits  d'un  père  brillent  d'un  éclat  plus 
»  grand  par  la  beauté  supérieure  de  son  fils.  Il  y  a, 
)>  en  effet,  un  vieux  proverbe  et  une  maxime  qu'a 
»  souvent  répétée  la  bouche  des  anciens  :  autant  il  y 
»  a  d'intervalle  entre  les  hôtes  et  les  hommes,  autant 
»  on  mesure  de  distance  entre  les  laïcs  (1)  et  les 
»  hommes  lettrés.  Les  lettres  ont  d'abord  été  in- 
^  ventées  par  Dieu,  écrites  par  le  doigt  de  Dieu,  qui 
»  par  un  présent  hors  ligne  les  a  données  et  con- 
»  fiées  aux  mortels  :  elles  rendent  présent  ce  qui  est 
»  passé;  en  elles  se  recueille  tout  ce  qui  a  été  fait  en 
))  quelque  lieu  ou  quelque  temps  que  ce  soit. 

»  Quel  serait  le  but  de  cet  éloge,  si  en  vantant  les 
»  lettres  je  ne  te  vantais  pas  toi-même,  toi  à  qui  il  a 
»  été  donné  d'être  philosophe  sans  cesser  d'être 
»  prince,  et  prince  sans  cesser  d*être  philosophe. 
»  Heureux  donc,  diraije,  les  temps  où  nous  vivons 
»  qui  ont  été  ornés  surtout  par  ton  gouvernement, 
»  par  ce  gouvernement  qui  enrichit  les  clercs,  qui 
»  dote  et  décore  les  églises...  Que  les  chevaliers  ne 
»  soient  point  jaloux  de  te  voir  suivre  les  coutumes 
»  des  clercs,  tu  fais  une  exception  unique  parmi  les 
»  princes  de  la  terre.  Ta  main  si  libérale,  qu'il  n'en 
»  n'est  point  de  pareille  parmi  les  fils  des  hommes, 
»  distribue  ses  dons  et  aux  pauvres  et  aux  riches, 


(1)  Laïc  est  pris  ici  dans  le  sens  d'ignorant,  comme  plus  tard 
clerc  dans  le  sens  de  savant. 


—  197  — 

»  pour  rendre  plus  rigoureuses  les  obligations  des 
»  riches,  et  pour  mieux  subvenir  aux  besoins  des 
A  pauvres.  Tu  considères  l'argent  comme  la  paille; 
»  on  ne  peut  pas  te  comparer  au  serviteur  condamné 
))  par  l'Evangile,  et  quand  le  Seigneur  viendra,  il  ne 
x>  te  trouvera  pas  cachant  ton  talent,  mais  le  répan- 
n  dant.  Le  plus  souvent  ton  argent,  avant  d'entrer 
»  dans  tes  coffres,  est  donné  et  a  trouvé  sa  place  : 
»  tu  as  plus  de  plaisir  à  le  voir  sortir  qu'entrer.  Je 
ù  m'étonne  cependant  que  ton  bras  y  puisse  suffire 
»  et  ne  se  lasse  pas.  Mais,  comme  il  est  écrit,  «  pres- 
»  que  tout  est  possible  à  un  cœur  riche,  de  même 
»  qu'un  homme  qui  a  l'àme  mendiante  trouve  rare- 
x>  ment  l'abondance.  »  Ainsi  tu  es  assis  entre  Tordre 
»  littéraire  et  l'ordre  équestre  pour  être  la  gloire  de 
»  tous  les  deux,  magnifique  et  libéral  envers  tous 
»  les  deux.  Jamais  on  n'a  trouvé  un  homme  sem- 
»  blable  à  toi  par  ce  don  de  la  nature;  les  contem- 
»  porains  le  racontent,  la  postérité  le  racontera  : 

Et  les  fils  de  nos  fiis,  et  ceux  qui  naîtront  d'eux  (1). 

»  En  outre,  le  Seigneur  t'a  donné  l'intelligence  et 
»  l'art  de  t'exprimer  savamment,  de  sorte  qu'un  sang 
»  de  si  grande  noblesse  brille  à  la  fois  par  l'élo- 
»  quence  et  par  le  génie. 

»  Si  je  parle  ainsi,  ce  n'est  point  que  par  flatterie 
)»  je  veuille  faire  ressortir  la  splendeur  de  ta  position, 
»  mais  je  veux  t'exciter  et  t'inviter  à  une  œuvre 
»  sainte  et  digne  de  bénédiction.  Tu  sais,  en  effet, 
»  qu'il  n'y  a  rien  de  plus  véridique  que  ce  Verbe  de 


(1)  Virgile,  Enéide,  livre  III,  vers  98. 


—  198  — 

»  vérité  qui  dit  :  Dtmne  à  qui  ie  demande^  et  mkuas 
D  ^aut  donner  que  recevoir  (1).  Tu  sais  aasdi  que  je 
»  ne  te  demande  rien  que  toi  et  tes  bonnes  grâces, 
»  et  que  je  n'ai  jamais  voulu  être  ni  importun,  ni 
»  ingrat;  et  comment  en  serait-il  autrement?  De- 
0  puis  le  commencement  de  ma  carrière  j'ai  plu  à 
»  de  grands  princes  et  aux  premiers  de  ce  monde  ; 
0  mais  la  nature,  en  me  plaçant  dans  tes  états,  tn'a 
»  fait  devoir  à  toi  seul  ce  que  je  suis,  et  grâce  à  ton 
»  amitié  je  te  dois  aussi  tout  ce  que  je  puis.  Or,  un 
»  sage  l'a  dit  : 

Qui  plaît  aux  gi'ands  n'a  pas  un  vain  titre  à  la  gloire  (2). 

»>  Si  cela  est  vrai  des  grands  en  général,  que  dire 
x>  quand  il  s'agit  du  prince  qui  par  le  droit  de  sa 
»  primauté  précède  pour  moi  tous  les  princes  du 
0  monde? 

»  Sachant  que  ton  excellence  donne  tous  ses  soins 
»  aux  études  libérales,  surtout  à  l'éloquence,  j'adresse 
})  à  ta  sublimité  quelques  lettres  que  depuis  deux 
»  ans  j'ai  envoyées  au  seigneur  pape  (3)  et  à  d'autres 
»  personnes  constituées  en  dignité.  Crois  bien  que 
»  si  j'avais  quelque  chose  de  mieux  je  te  Tenver- 
»  rais,  mais  j'ai  suivi  l'exemple  de  cette  femme  pé- 


(1)  Saint  Luc,  VI,  30;  Actes  des  apôtres,  XX,  33. 

(2)  Horace.  Epitres,  1, 18. 

(3)  Le  texte  ])orte  domiuum  papam  et  cancellanum.  On  suppose 
qu'il  s'agit  de  Roland,  chancelier  de  l'église  romaine,  élu  pape  le 
i  soptennbre  1159,  et  qui  prit  le  nom  d'Alexandre  III.  Si  Nicolas 
rappelle  ici  que  ce  pape  avait  été  chancelier,  on  est  en  droit  d'en 
conclure  qu'une  partie  des  lettres  comprises  dans  Tenvoi  dont  il 
s'agit  avaient  été  adressées  à  Alexandre  avant  soh  élection,  et  por- 


—  19»  — 

n  cbereMe  dont  le  fils  de  la  Vierge  a  dit ,  qu'elle 
o  4ivait  fait  ce  qu'elle  avait  pu.  Je  suis  loiti  de  penser 
»  qu'il  y  ait  dans  ma  personne  ou  dans  mes  œuvres 
»  quelque  chose  qui  mérite  approbation^  mais  mon 
»  attachement  pour  ta  noblesse  est  si  grand  que  j'ai 
»  plus  de  plaisir  à  te  faire  connaître  mes  inepties 
»  qu'à  te  les  cacher  ;  eicuse-moi  donc,  car,  suivant 
»  les  eliseignements  de  la  philosophie,  Taffection  ne 
I»  se  soumet  pas  même  aux  rois,  et  les  lois  ne  peuvent 
n  lui  commander. 

o  Que  le  Roi  des  rois,  que  le  Seigneur  des  sei- 
1»  gneuTS  t'accorde  d'user  de  ta  seigneurie  terrestre 
»  de  manière  à  n'être  pas  privé  de  l'éternelle , 
»  quand  le  Seigneur  se  lèvera  pour  frapper  de  là 
»  verge  de  sa  bouche  et  rendre  à  chacun  selon  ses 
»  œuvres  (1).  » 

La  dernière  production  connue  de  Nicolas  est  une 
lettre  qu'il  écrivit  à  Guillaume  de  Champagne, 
archevêque  de  Reims,  et  où  il  se  félicite  d'avoir  été 
admis  dans  l'intimité  de  ce  prélat.  Cette  lettre  daté 
de  1176  au  plus  tôt;  deux  ans  après  Nicolas  était 
allé  rendre  à  Uieu  compte  de  ses  actions  :  il  est 
question  de  lui  comme  mort  dans  la  charte  de  l'an 
«178,  n^  292  (2). 

Henri  eut  deux  autres  liaisons  littéraires,  toutes 


taient  dans  la  suscriplion  la  qualité  de  chancelier.  Comme  les  plus 
anciennes  des  lettres  cortipriscs  dans  l'envoi  fait  au  comte  de  Cham- 
pagne remontaient  à  deux  ans,  il  s'ensuit  que  la  lettre  d'envoi  doit 
avoir  été  écrite  au  plus  tard  vers  le  mois  de  septembre  1161  ;  elle 
ne  peut  être  antérieure  à  l'élection  d'Alexandre. 

(1)  D.  Bouquet,  XVI,  700-701. 

(2)  Sur  Nicolas,  voir  l'Histoire  littéraire,  XIII,  553-568. 


—  200  — 

deux  cette  fois  avec  des  hommes  honorables,  mais 
qui  n'étaient  ni  l*un  ni  l'autre  des  saints.  Le  premier 
est  Pierre  de  Celle,  dont  nous  avons  parlé  déjà,  et 
qui  se  distingua  également  comme  abbé  de  Montier- 
la-Celle,  comme  abbé  de  Saint-Remy  de  Reims  et 
comme  évéque  de  Chartres;  mais  Pierre  de  Celle  n'a 
jamais  été,  que  nous  sachions,  canonisé.  Nous  avons 
vu  plus  haut  la  belle  réponse  que  Thibaut  II  reçut 
de  saint  Bernard,  son  illustre  ami,  quand  il  deman- 
dait au  pieux  abbé  de  protéger  le  jeune  Guillaume 
de  Champagne,  et  de  faire,  obtenir  au  futur  arche- 
vêque de  Reims,  alors  enfant,  quelque  dignité  ecclé- 
siastique. Saint  Bernard  refusa.  Pierre  de  Celle  fut 
le  complaisant  qui  consentit  à  donner  les  recom- 
mandations refusées  par  Tabbé  de  Clairvaux  (1). 

Saint  Bernard,  par  son  grand  cœur,  s'élevait  dans 
ses  écrits  au-dessus  des  misères  littéraires  de  son 
temps.  Ce  puissant  ressort  manquait  à  Pierre  de 
Celle,  dont  le  style  languit  terre  à  terre  dans  le  mau- 
vais goût  de  ses  contemporains  (2).  Comme  exemple, 
nons  donnerons  la  préface  où  il  dédie  à  Henri  le 
Libéral  son  traité  de  la  discipline  claustrale. 

«  A  Henri,  homme  illustre,  son  seigneur  et  ami 
»  frère  Pierre,  humble  abbé  de  Saint-Remy,  le  salue 
»  et  lui  souhaite  toutes  sortes  de  prospérités. 

»  Si  Tàme  créée  libre  n'était  pas  devenue  folle  par 
»  sa  propre  volonté  et  par  la  société  d'un  corps  for- 
»  mé  de  boue,  elle  n'aurait  jamais  eu  besoin  de 


(1)  Voir  sa  lettre  au  pape  Eugène  III,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  707. 

(2)  Sur  Pierre  de  Celle,  voir  ['Histoire  lUléraire,  XIV,  237- 
267. 


-  201  — 

D  cette  discipline  pénale  qui  plie,  aplanit  et  lie.  La 
»  discipline  plie  ce  qui  se  dresse  trop  haut,  aplanit 
o  les  aspérités,  lie  ce  qui  est  relâché  :  elle  plie  les 
»  passions  indomptées,  aplanit  les  inégales,  lie  les 
»  dissolues.  Elle  |ilie  l'àme,  aplanit  le  corps,  lie  tous 
»  les  deux.  Elle  plie  par  l'humilité,  aplanit  par  l'é- 
x>  quité,  lie  par  la  religion.  Elle  plie  par  la  conver- 
»  sion,  aplanit  par  la  confession,  lie  par  la  profes- 
»  sion  ;  elle  plie  Phomme  comme  le  rameau  de  la 
»  vigne,  elle  aplanit  les  tablettes  du  cœur  pour  rece- 
la voir  les  commandements  de  la  vie  (1)  ;  elle  lie  son 
»  petit  à  la  vigne,  c'est-à-dire  Tàme  à  la  grâce.  Elle 
»  plie  Topiniàtre  taureau  du  siècle,  elle  aplanit  le 
»  chameau  bossu,  elle  lie  le  buffle  ou  l'onagre.  L'àme 
»  et  le  corps  naissent  privés  de  la  bonté  de  leur  na- 
»  ture  première,  et  Dieu  dans  sa  miséricorde  a  ou- 
D  vert  la  voie  qu'il  fallait  suivre  pour  guérir  les  plaies 
»  faites  par  la  déplorable  témérité  du  premier  homme. 
a  Comme  la  cause  du  mal  s'est  trouvée  être  le  privi- 
D  lége  de  la  liberté  naturelle,  Dieu,  par  un  salutaire 
D  artifice,  a  lié  par  la  discipline  régulière  les  ailes  de  la 
9  liberté  dépravée  et  inclina  le  cou  de  la  téméraire 
o  présomption.  Il  l'a  décidé  ainsi  par  une  sentence 
»  générale  et  qui  s'applique  à  l'universalité  du  genre 
»  humain,  et  sa  très-bénigne  bonté  m'en  a  fait  faire 
n  l'expérience  en  moi-môme.  Car  négligeant  la  ma- 
0  turité  de  notre  ordre,  je  courais  de  tous  côtés 
A  comme  un  vagabond;  je  laissais  les  affaires  sécu- 
»  lières  et  les  occupations  terrestres,  semblables  à 
»  des  voleurs  et  à  des  larrons,  enlever  à  mon  intel- 


(1)  Allusion  à  lusage  d'écrire  sur  des  tablettes  de  cire. 


—  202  — 

a  ligence  presque  tout  son  mobilier  religieux  ;  mais 
x>  voilà  que  la  main  de  Dieu  a  envoyé  dans  mes  reins 
»  les  traits  de  son  carquois,  une  goutte  opiniâtre  m'a 
»  glacé  les  reins  et  m'a  forcé  de  rester  à  la  maison. 
»  Sentant  les  coups  de  la  disciplint^  j'ai  commencé  à 
»  penser  à  la  discipline  et  à  écrire  ce  que  j'en  pensais. 
»  Autant  j'ai  supporté  la  discipline  avec  patience, 
»  autant  j'ai  de  bon  cœur  et  avec  soin,  sinon  avec 
»  élégance,  écrit  sur  la  discipline.  Saint  Augustin  a 
»  écrit  sur  la  discipline  chrétienne  comme  le  pouvait 
»  faire  un  Augustin  et  un  évéque  :  moi,  abbé  et 
»  moine,  j*ai  écrit  sur  la  discipline  claustrale.  Lui, 
»  comme  un  géant  littéraire,  porte  sur  ses  épaules 
»  les  montagnes  orgueilleuses  des  cerfs  et  les  âmes 
»  des  humbles;  moi,  comme  une  toute  petite  fourmi, 
i>  je  traîne  à  la  cabane  petite  et  méprisée  de  ce  traité, 
»>  des  grains  qui  ne  sont  plus  entiers  et  qui  ont  déjà 
»  été  coupés,  et  je  prépare  un  peu  de  nourriture  pour 
»  la  faim  et  l'hiver  à  venir. 

))  Ainsi  notre  opuscule  de  la  Discipline  elaïuirale 
»  n'est  pas  éclairé  des  rayons  du  style  ni  d'un  titre 
»  solennel,  il  ne  prétend  pas  entrer  dans  les  palais 
»  raisonneurs  de  la  philosophie,  il  se  présente  sous 
»  d'humbles  traits.  De  quel  front  donc,  ô  prince 
»  trés-noble,  et  d'un  esprit  si  remarquable  par  sa 
»  vive  subtilité,  de  quel  front  j'ose  t'envoyer  à  lire 
x>  cet  ouvrage  vêtu  de  sales  haillons  ?  Mais  pris  dans 
»  les  filets  de  ma  parole,  j'aime  mieux  être  accusé 
»  d'ignorance  que  de  mensonge.  Lis  donc  en  homme 
»  pieux  et  intelligent,  et  fais  attention,  non  à  la 
»  forme  des  mots,  mais  à  la  valeur  du  sens  :  la  beauté 
I)  de  l'âme  est  au-dessus  de  celle  du  corps,  et  de 
»  môme  dans  un  écrit  il  faut  chercher  l'esprit  qui 


—  203  — 

»  vivifie  plutôt  que  la  lettre  qui  enfle.  Les  fruits  d'un 
»  arbre  plaisent  plus  que  les  feuilles,  cependant  on 
»  aime  à  voir  les  deux  réunis;  mais  de  belles  feuilles 
o  sans  fruits  charment  les  yeux  plutôt  qu'elles  ne 
»  viennent  en  aide  à  l'estomac.  L'apôtre  réprouve 
»  le  genre  de  piété  où  manque  l'esprit  de  charité,  et 
»  le  Seigneur  s'approchant  d'un  figuier  qui  ne  por- 
n  tait  pas  de  fruits ,  mais  qui  avait  des  feuilles,  le 
»  maudit  et  le  condamna  pour  l'éternité. 

»  J'en  supplie  votre  noblesse  (1),  en  faisant  cette 
»  lecture  ne  vous  demandez  pas  ce  que  nous  sommes, 
19  mais  ce  que  nous  devons  être,  et  votre  prudence 
»  comprendra  que  la  lumière  de  notre  ordre  n'est 
»  pas  entièrement  éteinte  dans  Israël,  mais  que  l'âge 
9  a  obscurci  les  yeux  d'Isaac.  Elie  se  plaignait  d'A- 
y>  chab  et  de  Jésabel,  et  disait  :  Seigneur,  ils  ont  sapé 
»  vos  autels,  tué  vos  prophètes  ;  je  suis  resté  seul,  et  ils 
»  cherchent  à  nCôter  la  vie.  Il  lui  fut  répondu  :  Je  me 
»  suis  conservé  sept  mille  hommes  qui  n*ont  pas  courbé 
o  le  genou  devant  Bacd.  Ainsi  certes,  ainsi,  seigneur 
o  et  ami  très-cher,  quoique  la  grande  vertu  monas- 
o  tique  des  pères  anciens  languisse  de  nos  jours, 
»  elle  n'a  pas  expiré;  si  elle  s'est  éloignée  de  nous, 
»  elle  n'est  pas  morte  ;  si  elle  s'est  refroidie,  elle  n'a 
o  pas  succombé  :  quelques-uns  que  les  hommes 
o  considèrent  presque  comme  rien,  sont,  flambeaux 
jo  méprisés,  plus  estimés  du  Seigneur  que  ceux  qui 
»  semblent  être  quelque  chose.  Je  n'excuse  pas  les 
»  méchants,  mais  je  signale  les  bons.  Je  ne  me  hâte 


(1)  Pierre  de  Celle,  après  avoir  parlé  à  Henri  au  singulier, 
ehange  de  nombre. 


—  204  — 

»  pas  de  juger,  car  j'attends  le  jugement  de  Dieu. 
»  Nous  devons  honorer  le  nom  de  Dieu  non  seule- 
t>  ment  dans  les  saints,  mais  dans  les  hommes  per- 
»  vers.  En  effet,  quelque  vile  que  soit  une  personne, 
»  si  elle  porte  votre  sceau,  l'autorité  de  votre  nom 
»  la  fera  recevoir  et  honorer,  non  qu'elle  en  soit 
»  digne,  mais  parce  que  vous  le  méritez.  Ainsi,  d'or- 
»  dinaire,  l'homme  digne  rend  digne  ce  qui  est  in- 
x>  digne  ;  celui  qui  est  indigne,  à  proprement  parler, 
»  devient  digne  improprement  ;  indigne  en  soi,  il 
»  devient  digne  par  ses  fonctions. 

f>  N*ayez  aucune  indulgence  pour  ce  que  j'ai  écrit 
»  de  défectueux  ;  je  vous  en  supplie,  cessez  de  me 
»  lire  dès  que  Tennui  vous  viendra;  et  dès  quo  votre 
»  esprit  commencera  à  se  fatiguer,  rejetez  le  livre 
i>  de  votre  main  ;  s'il  vous  a  plu,  vous  le  reprendrez 
»  une  autre  fois;  s'il  vous  a  déplu,  condamnez-le 
D  aux  ténèbres  d'une  éternelle  prison. 

»  Quand  un  homme  est  à  la  fois  pauvre  et  amou- 
»  reux  de  la  gloire,  qu'à  la  fois  il  supporte  une  réelle 
»  pauvreté  et  aspire  inutilement  à  la  gloire,  on  le 
»  voit  ordinairement,  pour  cacher  sa  pauvreté  et 
»  obtenir  la  gloire  qu'il  ambitionne,  couvrir  les  re- 
0  vers  de  sa  robe  de  fourrures  précieuses  ou  de 
»  belle  apparence  en  bandes  étroites  qui  ne  lui  ser- 
»  vent  à  rien,  mais  qui  trompent  les  regards  des 
I)  curieux.  J'ai  fait  de  même.  Il  manquait  à  cet  ou- 
o  vrage  la  valeur  de  la  pensée  et  la  beauté  de  l'ex- 
»  pression;  notre  misère  en  était  cause.  Enïnettant 
»  votre  nom  sur  le  titre,  j'en  ai  orné  magnifîque- 
»  ment  l'entrée.  Le  lecteur  croira  qu'on  ne  peut 
))  vous  offrir  que  des  productions  parfaites,  et  s'em- 
»  pressera  de  lire,  séduit  non  par  la  saveur  des  assai- 


—  205  — 

»  sonnoments  du  morceau,  mais  par  la  splendeur 
»  d'un  si  grand  prince  (1).  » 

Jean  de  Salisbury  fut,  comme  le  précédent,  en 
relation  avec  Henri;  et,pendant  son  séjour  à  Montier- 
la-Celle  et  à  Saint-Remy  de  Reims,  il  put  avoir  occa- 
sion de  s'entretenir  avec  lui.  Compagnon  d'exil  de 
saint  Thomas  de  Cantorbéry,  et  dit-on  Tune  des 
victimes  désignées  au  fer  des  assassins  qui  firent  de 
Thomas  un  des  martyrs  de  la  liberté  de  l'Eglise, 
Jean  est  une  des  nobles  figures  dont  le  xii*  siècle 
s'honore.  Mais  il  a  laissé  de  longues  compositions 
qui  ne  sont  rien  moins  que  des  sermonaires  ou  des 
traités  ascétiques  ;  et  ce  qui  attirait  Henri  vers  lui, 
c'était  évidemment  la  réputation  littéraire  bien  plu- 
tôt que  la  verlu  (2). 

Un  jour  Henri  lui  ayant  adressé  cinq  questions 
que  nous  avons  reproduites  plus  haut  (p.  191),  Jean 
répondit  par  une  lettre  dont  voici  un  extrait  : 

«  Au  comte  Henri.  » 

«  On  pourrait  accuser  de  témérité  un  exilé,  un 
»  proscrit  qui  adresse  la  parole  à  une  majesté  aussi 
»  grande  que  la  vôtre,  un  homme  qui  ose,  ne  fùt- 
»  ce  que  pour  un  moment,  avec  une  parole  sans 
x>  vigueur  et  un  style  inculte,  vous  détourner  des 
a  affaires  publiques  pour  vous  appeler  aux  exercices 
»  de  la  philosophie.  Mais  la  pensée  de  votre  bonté 
»  suréminente  relève  ma  petitesse,  et  je  suis  invité, 


(1)  Migne,  Patrologie,  t.  CCIl,  col.  I097-II00. 

(2)  Sur  Jean  de  Salisbury,  voir  HiU.  litt. ,  t.  XIV,  p.  89  et  suiv.  ; 
Gall.  ChrisL,  Vlllf  1146,  et  un  MÉlede  M.  Hauréau,  Nouvelle 
Biographie  générale,  XXVI,  534-S4Q^ 


—  206  — 

»  ou  plus  exactement  forcé  à  écrire  par  l'ordre  de 
»  votre  autorité  à  qui,  de  grand  cœur  et  de  toute  la 
»  volonté  de  mon  àme,  je  désire  obéir  dans  toutes 
0  les  choses  que  le  Seigneur  permet.  Un  premier 
»  lien  m'attache  à  vous;  je  n'ai  pas  oublié,  et  beau- 
»  coup  d'autres  savent  que  j'ai  acquis  sur  votre 
o  terre  beaucoup  de  biens  utiles  (1).  Votre  père 
0  bienheureux,  dont  la  mémoire  est  en  bénédiction, 
»  et  dont  toute  l'Eglise  des  saints  raconte  les  au- 
I)  mônes  et  célèbre  par  ses  louanges  les  nombreuses 
»  vertus  ;  votre  père  m'avait  pris  sous  son  patro* 
»  nage,  et,  jeune  encore,  je  brillais  en  France  au- 
ï>  dessus  de  tous  ceux  de  mon  âge.  Guidé  par  cette 
»  grâce,  sans  laquelle  il  ne  peut  y  avoir  de  progrès 
»  dans  le  bien,  j'ai  obtenu  par  là  ce  qui,  apr^  Dieu, 
j»  m'a  fait  connaître  par  les  hommes  de  bien  et  m'a 
»  permis  d'y  joindre  les  prospérités  du  monde,  dou- 
»  ble  avantage  que  j'ai  obtenu  dans  ma  patrie,  plus 
»  que  je  ne  le  méritais,  et  malgré  mon  indignité, 
0  m'élevant  ainsi  au-dessus  de  mes  contemporains 
»  et  de  mes  compatriotes,  comme  tout  le  monde  le 
D  sait.  Je  me  persuaderais  facilement,  et  il  y  a  tout 
»  lieu  de  croire  que  votre  père  a  dû  à  son  haut  mé- 
»  rite  de  laisser,  malgré  ses  qualités  éminentes,  un 
»  héritier  qui  le  dépasse  dans  le  culte  de  la  vertu  et 
»  dans  la  magnificence  des  œuvres.  Mais  pourquoi 
»  dis-je  un  héritier?  Tous  les  enfants  qu'il  a  laissé 
»  ne  sont  pas  seulement,  par  leur  éminente  droiture, 
0  l'image  du  comte  excellent  que  nous  avons  perdu; 


(1)  Jean  fait  allusion  à  l'ëdiftation  qu'il  avait  reçue  à  MontierJt- 
Celle. 


—  207  — 

»  ils  ressemblent  à  autant  de  rois.  Toutefois,  selon 
»  l'institution  du  Très- Haut,  Fainé  a  reçu  des  dons 
»  doubles  des  autres,  et  celui  qui  a  précédé  ses  frè- 
9  res  dans  l'ordre  du  temps,  les  dépasse  doublement 
»  et  par  l'étendue  de  ses  possessions  et  par  la  splen- 
»  deur  de  ses  exquises  vertus.  Parmi  ces  vertus,  deux 
»  brillent  au-dessus  des  autres  :  une  libéralité  insi- 
»  gne  que  tout  le  monde  vante,  une  humilité  dont 
s>  j'ai  fait  l'expérience  au  milieu  des  angoisses  de 
»  mon  exil  par  les  questions  que,  dans  vos  moments 
»  de  loisir,  vous  m'avez  proposées  sur  les  lettres  di- 
»  vines.  Albéric,  surnommé  de  la  Porte  de  Vénus  ou 
1»  de  Valois,  est  venu,  accompagné  de  quelques 
»  hommes  lettrés,  me  soumettre  ces  questions  en 
»  votre  nom.  Je  dois  dire  la  vérité.  Monseigneur  :  en 
n  recevant  sa  visite  j'ai  été  dans  la  stupéfaction,  et 
D  j'ai  refusé  de  croire  à  sa  mission  jusqu'à  ce  qu'il 
»  m'eût  amené  l'abbé  de  Saint-Remy,  homme  véné- 
»  rable,  votre  ami  très-fidële  et  très-dévoué  (I).  Ce 
)»  dernier  me  proposa  de  nouveau  les  questions  et  me 
j»  pria  avec  beaucoup  d'instance  d'y  répondre  par 
»  amour  pour  vous  et  pour  lui,  il  me  donna  pour 
»  certain  que  votre  plus  grand  plaisir  était  de  vous 
i>  entretenir  avec  des  hommes  lettrés  et  de  sujets  lit- 
D  téraires.  Puis,  me  parlant  à  l'oreille,  il  ajouta  fa- 
x>  miliérement  que  par  là  vous  déplaisiez  souvent  à 
o  la  multitude  ignorante  qui  ne  pouvait  vous  enlever 
j»  à  vos  studieux  exercices,  et  vous  plonger  à  son  gré 
»  dans  la  tempête  et  le  tumulte  des  affaires.  Ces  gens 
»  croient  perdu  tout  le  temps  qui  n'est  pas  occupé 


(1)  Pierre  de  Celle. 


—  208  — 

»  aux  bagatelles  des  cours,  dans  le  bruyant  tourbtt- 
0  Ion  de  la  chevalerie,  ou  dans  la  confusion  des  dé- 
0  bats  judiciaires.  Ils  ne  savent  pas  que  la  philoso- 
»  phie  se  contente  de  peu  de  juges  et  dédaigne  de 
»  confier  ses  travaux  à  l'appréciation  du  vulgaire. 
»  J'ai  donc,  pour  vous  plaire,  cherché  à  répondre  à 
»  vos  questions,  je  l'ai  fait  aussi  vite  que  me  l'ont 
»  permis  les  circonstances  et  d'inévitables  occupa- 
»  tions,  et  si  mes  réponses  ne  sont  pas  telles  que 
»  vous  désirez,  elles  sont  au  moins  ce  que  le  temps 

»  m'a  permis 

» 

»  Maintenant,  ô  comte  très- glorieux,  je  croirai 
»  que  le  dévouement  de  ma  petitesse  n'est  pas  mé- 
»  prisé  de  vous,  si  votre  éminence  (que  le  Tout- 
»  Puissant  puisse  rendre  heureuse  et  conserver  long- 
»  temps!)  daigne  m'enjoindre  quelque  chose  qui 
»  me  soit  possible;  et  j'obéirai  fidèlement  à  vos  or- 
»  dres  en  toutes  choses  (1).  » 


(1)  Jean  de  Salisbury,  lettre  172,  ap.  D.  Bouquet,  XVI,  515- 
516;  cf.  plus  haut,  p.  191-192. 


—  209  — 


CHAPITRE  VI. 


Guerre. 


Le  service  de  guerre  était  dû  au  comte  par  tous 
ses  vassaux  nobles  et  roturiers. 

Les  nobles  devaient,  sur  la  convocation  du  comte, 
se  rendre  aux  expéditions  militaires  qu'il  dirigeait 
en  personne,  ou  qu'il  aurait  exceptionnellement  et 
en  cas  d'empêchement  fait  diriger  par  un  de  ses 
grands  officiers  (1).  De  plus,  un  certain  nombre 
d'entre  eux  étaient  obligés  de  venir  tous  les  ans,  pen- 
dant un  espace  de  temps  déterminé,  tenir  garnison 
dans  les  châteaux  du  comte  :  tels  étaient  le  vicomte 
de  la  Ferté-sur-Aube  et  Etienne  de  Latrecey,  son 
frère;  le  vicomte  de  Rosnay ;  le  châtelain  de  Vitry; 
Hugues  de  Vanault  ;  Gui  de  Saponay  ;  Robert  de 
France,  seigneur  de  Braisne  ;  Baudouin  de  Braisne  ; 
Foucard  de  Saint-Denis;  Guillaume  le  Roi,  maréchal 
d'Henri  ;  Pierre  des  Moulins;  Clarembaud  de  Chappes, 
Gui  de  Dampierre  et  Henri,  comte  de  Bar-le-Duc, 
tous  trois  vicomtes  de  Troyes;  Hérard  de  Chasse- 
nay  (2);  le  seigneur  de  Cirey-le-Château;  Gaucher  de 


(1)  Od  sait  que  de  droit  commun  le  service  de  guerre  n'était 
obligatoire  que  pendant  quarante  jours  (voir  Brussel,  p.  165,  et 
Dotre  Tome  1,  p.  270). 

(2)  Peoda  Campante,  n»'  2,  4,  11,  22,  31,  33,  44,  46,  52, 
78,  83,  88,  91 ,  92,  93  dans  notre  Tome  II,  p.  in-ix. 


—  210  — 

Drosnay;  le  vicomte  de  Villemaur  (1).  La  durée  da 
service  de  garnison,  qu'on  appelait  garde  ou  stage^ 
était  très- variable;  les  uns  le  devaient  deux  mois 
seulement  chaque  année  (2),  d'autres  davantage, 
quelques-uns  Tannée  entière  (3).  Les  chevaliers  de 
la  châtellenie  de  Bray,  ceux  des  enrirons  de  Pro- 
vins, étaient  assujettis  à  tenir  garnison  dans  les  châ- 
teaux de  Bray  et  de  Provins,  mais  seulement  en  cas 
de  guerre  (A).  D'autre  part,  il  y  avait  des  forteresses, 
comme  Ghâteau-Porcien,  dont  le  comte  avait,  en 
cas  de  guerre,  le  droit  d'exiger  la  remise;  on  disait 
^  qu'elles  étaient  jurables  et  rendables  (5). 

Les  vassaux  roturiers  devaient,  comme  les  nobles, 
prendre  part  aux  expéditions  militaires  du  comte  (6). 
Dés  le  commencement  du  xii*  siècle  et  même  dès 
le  XI',  on  a  vu  apparaître,  dans  nos  précédents  vo- 
lumes, une  infanterie  composée  des  vassaax  rotu- 
riers de  nos  comtes  (7).  Leurs  obligations  dififéraient 
de  celles  des  nobles  soùs  deux  points  importants  : 
l"*  ils  étaient  convoqués  non  par  le  comte,  mais  par 
leur  prévôt  ;  2^  ils  étaient  conduits  à  la  guerre  par 
leur  prévôt,  et  devaient  marcher  quand  môme  ni 


(1)  Brussel.  p.  123-124. 

(2)  N»"  46  et  78. 

(3)  N"  22.  31,93. 

(4)  Feoda  Campante,  n«»  62,  70;  dans  notre  Tome  II,  p.  vu. 

(5)  Feoda  Campante,  n*  116;  dans  notre  Tome  II,  p.  x;  d. 
Brussel,  386-391. 

(6)  Voir,  outre  les  exemples  qui  vont  être  cités,  la  charte  de  l'an 
1154,  n^  22,  où  le  comte  réserve  que  les  habitants  de  Ventelay  lui 
devront  exerciius  in  expeditionibtis  mets, 

(7)  T.  I,  p.  235;  T.  II,  p.  192-194. 


-  211   _ 

le  comte,  ni  un  de  ses  grands  officiers  n'aurait  eu 
le  commandement  en  chef. 

Plusieurs  exceptions  à  ces  régies  furent  consacrées 
ou  établies  par  Henri. 

Déjà  nous  savons  qu'au  temps  de  son  père  les 
hommes  de  l'abbaye  de  Marmoutier  à  Ghamart 
étaient  convoqués  par  les  moines  et  non  par  le  pré- 
vôt du  comte  (1).  L'exemption  de  la  convocation 
par  le  prévôt  fut  accordée  par  Henri  aux  hommes 
du  chapitre  de  Saint-Maclou  (an  1160,  n""  78),  à 
ceux  de  l'abbaye  de  Saint-Menge  de  Ghàlons  (an 
1169,  n«  164),  de  l'église  Notre-Dame  d'Oulchy  (an 
1177,  n*  266),  de  l'abbaye  de  Notre-Dame-aux-Non- 
nains  (an  1189,  n^  387).  La  convocation  de  ces 
hommes  devait  se  faire  par  le  doyen  du  chapitre  de 
Saint-Maclou,  par  l'abbé  de  Saint-Menge,  par  le  mi- 
nistre de  l'église  d'Oulchy,  par  l'abbesse  de  Notre- 
Dameaux-Nonnains. 

Les  hommes  de  Ghaource  et  de  Metz-Robert, 
conduits  à  la  guerre  par  le  prévôt  du  comte,  ne  de- 
vaient le  service  qu'une  journée  et  avaient  le  droit 
de  rentrer  chez  eux  le  soir  même;  pour  que  leur 
service  eût  la  durée  ordinaire,  il  fallait  que  lé  comte 
ou  un  de  ses  grands  oflSciers  commandât  l'armée 
(an  1165,  n"*  135).  Un  certain  nombre  de  privilèges 
donnés  par  Henri  exigent  la  présence  du  comte 
lui-même  à  l'armée,  pour  qu'un  service  de  guerre 
quelconque  soit  obligatoire.  Ils  sont  accordés  aux 
hommes  du  chapitre  de  Saint-Maclou  (an  1160, 
n*  78),  à  ceux  de  Villeneuve-au-Chàtelot  (an  1175, 


(1)  T.  11,  p.  207-210. 


—  212  — 

n""  237)»  à  ceux  du  chapitre  de  Saint-Quiriace  (an 
1176,  n^  252),  à  ceux  de  l'église  Notre-Dame  d'Od- 
chy  (an  1177,  n"^  266),  à  six  boulangers  de  l'église 
Saint-Nicolas  de  Sézanne  (an  1179,  n"*  295),  aux 
hommes  de  Tabbaye  de  Notre-Dame-aux-Nonnaios 
(an  1189,  n^  387),  à  ceux  de  rHôtelDieu-leComte 
de  Troyes  (an  1189,  n'  388).  Dans  la  charte  de  Tan 
1172,  n"^  203,  en  faveur  des  hommes  d'Âvize,  Henri 
se  réserve  de  se  faire  remplacer  par  son  sénéchal, 
son  connétable,  son  maréchal  ou  quelqu'un  de  sa 
maison.  On  trouve  la  môme  disposition  dans  la  charte 
de  la  commune  de  Meaux,  sauf  cette  différence  que 
le  bouteillier  est  nommément  désigné  parmi  ceux  qui 
peuvent  suppléer  le  comte  (an  1179,  n**  304). 

Certaines  personnes  sont  exetnptes  de  tout  ser- 
vice de  guerre,  par  exemple  les  habitants  d'un  four 
de  Saint-Etienne  de  Troyes  (an  1159,  n^  70),  Girard 
de  Langreset  Humbert  Sagnerel  (an  1175,  n''2ii8). 
D'autres  sont  déchargées  d'un  service  déterminé: 
ainsi  les  pannetiers  de  Saint-Quiriace  ne  prendront 
point  part  à  la  garde  de  la  ville,  les  fourniers  de  la 
même  église  ne  garderont  ni  la  ville  ni  la  prison  (an 
1176,  n'  252).  Les  hôtes  de  l'église  Notre-Dame 
d'Oulchy  n'iront  à  la  guerre  qu'au  dernier  ban,  et 
ne  pourront  être  contraints  ni  à  garder  les  prison- 
niers, ni  à  fournir  les  estafettes  (an  1177,  n^  266). 
Les  habitants  de  Meaux  ne  devront  aucun  service 
hors  de  la  terre  du  comte  (an  1179,  n"*  304). 

Les  usages  féodaux  assujétissaient  les  vassaax  à 
demander  l'autorisation  du  s.uzerain  pour  bâtir  des 
forteresses.  Déjà  au  xi'  siècle  nous  avons  vu  le 
comte  Eudes  II  prohiber  l'établissement  d'aucane 
forteresse  dans  un  certain  rayon  autour  de  Chàlons- 


—  213  — 

sur-Marne  (1).  Plus  tard  Robert,  comte  de  Dreux, 
ayant  commencé  à  se  construire  une  forteresse  à 
Savigny,  Henri  lui  fit  enjoindre  d'interrompre  ce 
travail,  puis  transigea.  La  portion  déjà  construite 
de  l'enceinte  consistait  en  un  fossé  à  deux  rejets  de 
terre;  Henri  consentit  à  la  laisser  subsister,  mais 
exigea  que  le  reste  du  fossé  ne  fût  qu'à  un  seul  re- 
jet, et  qu'en  arriére  du  fossé  on  se  bornât  à  poser 
une  palissade  sans  bretesche. 

Les  châteaux  du  comte  étaient  mieux  fortifiés.  On 
peut  voir  encore  les  remparts  de  celui  de  Provins, 
c'est-à-dire,  de  ce  qu'on  nomme  aujourd'hui  à  Pro- 
irins  la  Ville-Haute  ;  ils  ont  cinquante  pieds  de  haut. 
Le  donjon,  qu'Henri  appelle  ma  (our  (an  1170,  n*17/i; 
1176,  n**  252)  est  encore,  malgré  quelques  dégra- 
dations, un  des  plus  beaux  monuments  de  Tarchi- 
tecture  militaire  du  moyen-âge.  11  est  connu  sous  le 
nom  deTour  de  César  (2).  Le  reste  de  la  ville  était  aussi 
défendu  par  des  murs  :  on  distinguait  les  anciens  et 
les  nouveaux  murs  de  Provins  (an  1161,  n""  92; 
1176,  n*  252)  (3).  Henri  avait  aussi  à  Troyes  un 
château,  construit  en  pierre,  dont  nous  avons  déjà 
parlé  (A).  Il  le  désigne  sous  le  nom  de  nouveau  châ- 
teau (an  1157,  n"*  47),  et  ce  château  avait  un  don- 
jon qu'on  appelait,  comme  à  Provins,  la  Tour  (an 


(1)  T.  I,  p.  374-375,  486. 

(2)  Voir  la  description  de  ce  donjon  dans  Viollct-le-Duc,  Diction- 
naire d'architecture,  t.  V,  p.  64-69. 

(5)  Sur  les  fortifications  de  Provins,  voir  Bonrquelot,  Histoire 
de  Provins,  liS9-ZZl. 

(4)  T.  II,  p.  76-77. 


—  214  — 

1159,  n""  7A).  La  ville  elie-même  était  fermée  de 
murs  (1).  Une  partie  de  ces  fortifications  date  sans 
doute  du  règne  de  notre  comte. 

Nous  sommes  sans  détails  sur  les  châteaux  d'Henri 
dans  les  autres  chefs-lieux  de  ch&tellenie  :  à  Coulom- 
roiers  (an  1152,  n"*?);  à  Meaux  (an  1156,  n<*  38);  à 
Bar-sur-Aube  (an  1159,  n^  73;  1170,  n»  178);  à 
Pont-sur-Seine  (an  1179,  n**  181),  etc.  Il  ne  se  con- 
tenta pas  de  ces  châteaux;  il  voulut  contraindre 
Tabbé  de  Lagny  à  lui  construire  une  tour  à  Lagny 
même,  dont  la  seigneurie  appartenait  presque  en- 
tièrement à  Tabbaye.  Le  pape  intervint,  et  Henri 
fut  contraint  de  renoncer  à  cette  prétention  (an 
1159,  n«  66)  (2). 


(1)  Voir  le  curieux  Mémoire  de  M.  Corranl  de  Breh^n  sur  la 
enceintes  de  la  ville  de  Troyes.  Un  point  sur  lequel  nous  ne  sommes 
point  d'accord  avec  le  savant  auteur,  c  est  qu'il  nous  semble  que 
l'enceinte  du  Quartier-Haut  devait  exister  dès  le  temps  du  comte 
Hugues,  puisque  ce  comte  avait  donné  à  la  maladerie  de  Troyes 
une  rente  de  cent  sous  assise  sur  la  porte  de  Croncels,  donatioD 
confirmée  par  Henri  en  1171,  n®  196. 

(i)  Nous  ignorons  sur  quel  fondement  les  auteurs  du  Gûllis 
C^mf tafia,  Vil,  497C,  disent  qu'il  s'agissait  d'établir  une  comroaoe 
•  sicque  desiit  communia  cui  erigenda  iurris  parahatur,  > 


—  216  — 


CHAPITRE  VIL 


Presque  tous  les  habitants  de  la  Champagne  pa- 
raissent avoir  été  serfs  au  m*  siècle.  Un  grand  nom- 
bre d'entre  eux  restèrent  même  beaucoup  plus  tard 
dans  cette  situation  inférieure  de  la  société  féodale 
où  nous  les  montrent  encore  les  coutumes  officielles 
du  XVI*  siècle. 

De  droit  commun,  les  habitants  roturiers  de  la 
Champagne  étaient,  au  xii*  siècle,  taillables  à  merci, 
et  les  règlements  qui  déterminent,  au  profit  de  cer- 
taines personnes,  le  montant  de  la  taille,  ou  qui  la 
suppriment  complètement,  ont  un  caractère  excep- 
tionnel. 

Quand  on  fixait  le  montant  de  la  taille,  on  le  fai- 
sait quelquefois  par  abonnement.  C'est  ainsi  qu'en 
1169,  n""  16/i,  les  hommes  de  l'abbaye  de  Saint- 
Menge  de  Chàlons  sont  exemptés  de  tout  droit  de 
taille  et  de  justice,  moyennant  une  rente  de  soixante 
sous  par  an.  En  1180,  n®  319,  Henri  s'engage  à  ne 
jamais  faire  payer,  pendant  la  vacance,  plus  de  deux 
cents  livres  de  taille  aux  hommes  de  l'évéché.  Plus 
tard,  en  1190,  n""  398,  Henri  H  décharge  de  la  taille 
les  habitants  de  la  ville  et  de  la  châtellenie  de  Pro- 
vins qui,  pour  en  tenir  lieu,  paieront  chaque  année 
une  rente  de  six  cents  livres. 

D'autre  fois,  la  taille  est  fixée  tant  par  tête.  A 


—  216  — 

Damery,  les  hommes  de  l'abbaye  de  Saint-Médard 
payaient  aux  moines  huit  sous  de  taille  par  an,  en 
deux  termes  égaux  (an  1171,  n""  188).  En  1177^ 
n®  266,  le  comte  décide  que  des  hommes  de  Téglise 
de  Notre-Dame  d'Oulchy  ne  paieront  pas  plus  de 
sept  sous  et  demi  de  taille  par  an.  Le  eensus  eapi- 
talis  (1),  dont  il  est  question  dans  la  charte  de  la 
commune  de  Meaux(an  1179,  n°  30/i),  est  aussi  une 
taille  fixée  à  tant  par  tête. 

Nous  avons  de  môme  relevé  plusieurs  exemples 
d*exemption  absolue  de  la  taille.  Cette  exemption 
est  accordée  en  1165,  n*"  135,  aux  habitants  de 
Chaource  et  de  Metz-Robert;  en  1170,  n^  181,  à 
Tabbaye  de  Saint-Loup  pour  un  homme  résidant  à 
Pont-sur-Seine  et  chargé  de  garder  les  prés  de  la 
maison  de  Saint-Vinebaud;  en  1173,  n*  21&  bis, 
aux  habitants  de  Maraye-en-Othe  ;  en  1175,  n""  2&8, 
à  Girard  de  Langres  et  à  Humbert  Sagnerel;  en  1179, 
n®  306,  aux  habitants  de  Meaux. 

Mais  tous  ces  privilèges  sont  des  exceptions  :  la 
règle  générale  est  Tassujétissement  à  une  taille  arbi- 
traire dont  lechiffre  est  déterminé, chaque  fois  qu'on 
la  lève,  par  les  besoins,  l'avarice  ou  la  discrétion  da 
seigneur  ou  de  ses  agents.  Nous  ne  devons  recon- 
naître  qu'une  taille  arbitraire  dans  la  grosse  taille  de 
Bar-sur-Âube,  sur  laquelle,  en  1160,  n"  78,  Henri 
donna  trois  cents  sous  de  rente  au  chapitre  de  Saint- 
Maclou.  C'est  une  taille  arbitraire  qu'en  1158,  n"60, 
Henri  se  réserve  sur  ceux  de  ses  hommes  qui  vien- 


(1)  On  disait  en  français  chevage.  En  Champagne,  au  xn*sièele, 
le  chevage  était  ordinairement  de  quatre  deniers  par  an. 


—  217  — 

draient  habiter  le  four  de  l'abbaye  de  Saint-Loup  à 
Troyes;  c'est  encore  une  taille  arbitraire  qu'en  1179, 
n""  295,  Henri  se  réserve  sur  les  six  boulangers  qui 
moudront  au  moulin  et  cuiront  aux  fours  des  cha- 
noines de  Saint-Nicolas  de  Sézanne. 

La  plupart  des  habitants  de  la  Champagne  étaient 
aussi  main-mortables,  c'est-à-dire  qu'ils  ne  pouvaient 
transmettre  leurs  biens  qu'en  ligne  directe.  On  sait 
que  les  habitants  de  Bar-sur-Seine  ne  furent  affran- 
chis de  la  main-morte  qu'en  1198  (1).  En  1178, 
n^  291,  Henri  abandonne  à  l'abbaye  de  Montier-la- 
Celle  les  mortes-mains  {remanenlias)  des  hommes  de 
Surançon;  en  1179,  n®  30&,  il  supprime  la  main- 
morte à  Meaux. 

Les  serfs  ne  pouvaient  entrer  en  religion  ni  deve- 
nir clercs  sans  l'autorisation  du  seigneur  (2).  Tel 
était  le  droit  commun  du  monde  chrétien.  Il  semble 
que  cette  règle  était  applicable  en  Champagne  à 
tous  les  vassaux  roturiers  du  comte,  sans  distinction. 
En  116/i,  n*  427,  Henri  donna,  d'une  manière  géné- 
rale, à  ses  hommes  la  permission  d'entrer  comme 
religieux  dans  l'abbaye  du  Reclus.  En  1176,  n''  252, 
il  accorda  au  doyen  de  Saint-Quiriace  de  Provins  le 
privilège  d'affranchir,  par  l'imposition  des  mains, 
tous  les  hommes  de  la  châtellenie  dont  il  voudrait 
faire  des  clercs. 

Les  mariages  célébrés  sans  le  consentement  des 
seigneurs,  entre  deux  serfs  de  seigneuries  différentes. 


(1)  Brussel,  p.  88-89,  Art  de  vérifier  les  dates,  II,  591. 

(2)  Décret.  Grattant,  Prima  pars,  Dist.  LIV,  can.  1,  2,  5,  6, 
7,12. 

i5 


—  218  — 

donnaient  lieu  à  une  peine  pécuniaire  bien  connue 
des  feudistes,  qui  la  désignent  sous  le  nom  de  for- 
mariage.  Cette  peine,  établie  dans  toute  TEorope 
féodale  comme  une  conséquence  du  servage,  était 
en  Champagne  applicable  à  tous  les  roturiers  ;  elle 
est  appelée  redemptio  dans  la  charte  de  l'an  il79, 
n""  295,  qui  autorise  le  mariage  entre  les  hommes  du 
comte  et  ceux  des  chanoines  de  Saint-Nicolas  de  Se- 
zanne.  Elle  est  fixée  à  cinq  sous  pour  les  hommes 
de  Meaux  qui  épousent  des  femmes  soumises  à  des 
seigneurs  autres  que  le  comte  (an  1179,  n*  306). 
Quand  elle  est  supprimée,  c'est  seulement  entre  les 
serfs  de  deux  seigneuries  :  il  y  a  alors  ce  que  les  ju- 
risconsultes ont  appelé  entre-cours  (voir,  outre  la 
charte  de  l'an  1179,  n^"  295,  celle  de  l'an  1175, 
n^"  266,  celle  de  Tan  1176,  n^  252). 

Le  droit  de  suite,  c'est-à-dire  l'obligation  pour  les 
hommes  de  ne  pas  transporter  leur  résidence  hors 
de  la  seigneurie  où  ils  étaient  nés,  et  le  droit  pour 
les  seigneurs  de  les  y  contraindre,  était  aussi  en  vi- 
gueur en  Champagne  à  cette  époque  (1).  C'est  ce  qui 
évidemment  résulte  des  chartes  de  Chaource  (an 
1165,  n"»  135),  de  Maraye(an  1173,  n^  214  bis),  de 
La  Villeneuve  (an  1175,  n""  237),  de  Meaux  (an  1179, 
n''  30/ï),  où  ce  droit  est  supprimé  pour  les  habitants 
de  ces  localités  ;  mais  il  n'était  applicable  qu'à  une 
partie  des  vassaux  roturiers,  à  ceux  qu'on  appelait 
hommes  de  corps,  /tontines  de  corpore  (an  1165, 
n*  135).  Les  hommes  libres,  liberi  homineSy  opposés 


(1)  Od  le  retrouve  plus  tard  dans  la  coutume  de  Vitry,  art.  145, 
et  dans  celle  de  ChÂlons,  art.  18. 


—  819  — 

aux  homdaes  de  corps  dans  la  charte  de  Tan  il70, 
n*  i7/i|  paraissent  avoir  été  des  serfs  exempts  du 
droit  de  suite. 

Les  donations  de  serfs  fourmillent.  Henri  en  fait, 
en  1156,  n""  38,  à  la  cathédrale  de  Meaux;  en  1157, 
n"*  Uly  à  l'église  collégiale  Saint-Etienne  de  Troyes  ; 
en  1 158,  n""  55,  à  l'abbaye  de  Montiéramey  ;  en  1 1 60, 
n''  78,  à  l'église  collégiale  de  Saint-Maclou  de  Bar* 
sur-Aube;  en  1461,  n""  101,  à  l'abbaye  de  Montier- 
la-Celle;  en  1162,  n"  111,  à  l'abbaye  de  Saint-Loup; 
en  1166,n^là0,à  l'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims; 
en  1170,  n''  180,  à  la  cathédrale  de  Troyes;  en  1171, 
n*»  197,  à  l'abbaye  d'Oye;  en  1173,  n«  210,  aux 
Templiers  de  Meaux;  en  1175,  n®  2à6,  à  la  lépro- 
serie de  Troyes;  en  1177,  il*  268,  à  Jean  Breban; 
en  1179,  n'  295,  à  l'église  collégiale  Saint-Nicolas 
de  Sézanne,  etc.,  etc. 

Le  comte  échange  ses  serfs,  par  exemple,  contre 
ceux  de  Tabbaye  de  Saint-Loup  (an  1158,  n""  58; 
1161,  n*»  94;  1168,  n*  161;  1173,  n"  217;  1175, 
n*  267);  de  l'abbaye  de  Montiéramey  (an  1178, 
n»  291). 

Quelques  donations,  et  surtout  des  échanges  de 
serfs,  ont  lieu  en  vue  de  mariage,  ou  pour  éviter 
les  inconvénients  résultant  du  mariage  conclu  entre 
des  serfs  appartenant  à  deux  seigneurs,  notamment 
la  diflSculté  de  savoir  à  qui  attribuer  la  propriété 
des  enfants.  En  1171,  n®  197,  un  serf  et  deux  serves 
donnés  à  l'abbaye  d'Oye  sont  mariés  à  une  serve  et 
à  des  serfs  de  cette  abbaye.  La  môme  année,  n^  199, 
le  comte  donne  à  l'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims 
la  femme  d'un  serf  de  cette  abbaye.  En  11 68,  n®  161, 
il  cède  à  l'abbaye  de  Saint-Loup  une  fille  nommée 


—  220  — 

Jacque,  qui  doit  épouser  le  fils  de  Belin  de  Semar; 
il  reçoit  en  échange  Marguerite,  fille  de  Belin,  qu'il 
mariera  à  un  de  ses  hommes  ;  mais  Hargoerite  sans 
doute  ne  se  soucia  pas  de  l'union  que  le  comte  lui 
offrit,  car,  en  1173,  n'  217,  il  la  rendit  à  l'abbaye, 
et  se  fit  céder,  en  lieu  et  place,  la  nièce  d'un  dia- 
noine  de  Saint-Etienne. 

Quand  les  deux  époux  appartenaient  à  deux  sei- 
gneurs différents,  on  partageait  les  enfants.  La  charte 
de  Tan  1175,  n®  266,  décide  que  le  seigneur  de 
rhomme  aura  le  premier  enfant,  le  seigneur  de  la 
femme  le  second  et  le  troisième,  que  le  quatrième 
et  le  cinquième  appartiendront  au  seigneur  de 
l'homme,  et  ainsi  de  suite,  de  deux  en  deux. 

La  charte  de  l'an  1179,  n*  302,  contient  Tévalua- 
tion  du  revenu  annuel  produit  au  seigneur  par  trois 
serfs  ;  ce  revenu  est  fixé  à  quarante  sous. 

En  1178,  n^  286,  nous  voyons  un  serf  vendu  cin- 
quante livres.  Une  anecdote  bien  connue,  rapportée 
par  Joinville,  nous  montre  le  chambrier  Artaud 
payant  cinq  cents  livres  son  affranchissement  (1). 
En  1186,  n^'SSG,  il  est  question  d'un  serf  qui  avait 
acheté  sa  liberté  de  Hugues  de  Romilly,  son  sei- 
gneur, moyennant  la  somme  de  dix-huit  livres. 

La  charte  de  l'an  1165,  n**  137,  nous  fournit 
l'exemple  d'un  affranchissement  individuel  gratuit. 


(1)  Nous  tendons  à  supposer  qu'Artaud,  à  la  suite  de  cet  afifran- 
chissement,  sera  devenu  chevalier  :  de  là  le  titre  de  dominus,  dont 
nous  avons  parle  p.  127,  note  2.  On  n'avait  pas  encore  imaginé  la 
règle  qui,  plus  tard,  interdit  d'élever  à  la  chevalerie  les  hommes 
qui  n'étaient  pas  nobles  de  nmssince  [Etablissements  de  saint  Louiê, 
liv.  I,  chap.  120). 


—  221   — 

Henri  donne  pour  femme  à  maitre  Normand  Ma- 
thilde,  fille  de  Gillebert  le  Roax  ;  il  joint  à  ce  don 
celai  du  tènement  possédé  par  Mathilde,  et  d'une 
table  de  changeur  au  change  de  Troyes.  Cette  table, 
détachée  du  domaine  du  comte,  vaut  cent  sous  de 
rente,  et  Normand  la  donne  en  douaire  à  Mathilde. 
Pour  comble  de  faveur,  Henri  déclare  que  Normand, 
sa  femme  et  ses  héritiers,  seront  libres  à  perpétui- 
lé  (1). 

Les  chartes  de  Tan  H65,  n'  135;  de  Tan  1173, 
n*  214  bis;  de  Tan  1175,  Jn«  237,  accordent  cer- 
taines libertés  aux  habitants  de  Ghaource,  Maraye- 
en-Othe  et  Villeneuve-au-Chemin.  La  seule  qui  crée 
une  commune  est  celle  de  l'an  1179,  n^  306,  en  fa- 
veur des  habitants  de  Meaux  :  on  appelle  commune 
l'association  politique  des  habitants  sous  l'autorité 
de  magistrats  élus  par  eux.  Cette  association  est  dé- 
signée en  latin  par  le  mot  de  communia.  Ce  mot, 
du  reste,  a  quelquefois  un  autre  sens,  comme  Du- 
cange  l'a  observé,  et  dans  la  charte  de  l'an  1173, 
n*  211,  la  communia  sancti  JohanniSj  cédée  par  le 
comte  au  prieuré  de  Saint-Jean-en-Chatel,  doit  être 
une  pâture  commune  (2).  Il  est  bien  possible  aussi 
que,  dans  la  charte  de  Tan  1153,  n^  9,  le  terme  de 
commune  de  Provins,  communia  mea  PruvinensiSj 
désigne  simplement  l'ensemble  des  hommes  du 
comte  à  Provins,  considérés  au  point  de  vue  des 


(1)  Voir  aussi  dans  notre  Tome  I,  p.  301-302  et  468,  une 
charte  par  laquelle  le  comte  Eudes  1*'  affranchit  un  serf  qui  doit 
être  promu  aux  ordres  sacrés. 

(2)  Ducange,  \®  Communia,  2,  éd.  Henschel,  II,  485,  col.  1. 


—  222  — 

droits  dont  ils  jouissaient  en  commun  (1),  eti  il 
rait  peut-être  téméraire  d'en  conclure  reiisteoce 
d'une  association  politique^  et  surtout  de  magistrats 
électifs  qu'on  ne  recontre  avec  certitude  dans  aucun 
des  documents  contemporains  si  nombreux  qui  con- 
cernent Provins;  c*est  Topinion  de  M.  Bourquelot. 

A  Meaux,  la  charte  de  Tan  1179  (2)  nous  apprend 
que  les  habitants  s'étaient  engagés,  par  serment,  k 
se  porter  mutuellement  secours.  A  leur  tête  étaient 
placés  un  maire  et  des  écbevins  ou  jurés  investis  du 
droit  de  basse  justice  sur  les  habitants,  c'est-à-dire 
du  droit  déjuger  tous  les  cas,  sauf  ceux  d'assassinat, 
vol  qualifié,  viol,  incendie.  Le  maire  convoquait  au 
son  de  la  cloche  les  membres  de  la  commune,  et  une 
amende  frappait  ceux  qui  faisaient  défaut.  La  charte 
de  Meaux  confère  à  la  commune  droit  de  guerre. 
Elle  donne  à  la  liberté  individuelle  cette  garantie 
qu'aucun  des  membres  de  la  commune  ne  peut  être, 
arrêté  sans  ordre  du  maire.  Elle  accorde  aux  habi- 
tants  divers  autres  privilèges  pécuniaires,  mais  ne 
supprime  pas  toute  trace  de  servage,  puisqu'elle 
laisse  subsister  le   chevage  ou  ceps  que  certaint 
hommes  doivent  par  tête  à  leurs  seigneurs.  Cette 
charte  reproduit  la  plupart  des  dispositions  de  U 
charte  royale  de  Soissons,  et  un  des  articles  statue 
qu'en  cas  d'incertitude  sur  quelque  détail  on  s*en 


•^•^ 


(1)  Le  mot  communia  paraît  être  employé  en  ce  sens  dans  la 
charte  de  Tan  1163,  n^  118,  où  il  est  question  de  pâturages  et 
d  usages  de  la.  commune  de  Saint-Sépulcre,  aujourd'hui  Villacerf 
(Aube). 

(2)  Donnée  non  seulement  aux  honames  ds  Meaux,  mais  à  tout 
ceux  du  comte  d^ns  I4  çhâtelleoie. 


—  223  — 

rapportera  an  jugement  des  jarés  de  Soissons  (1). 
L^  privilèges  accordés  par  Henri  étaient  payés  par 
les  habitants  de  Meaux,  et  leur  coûtaient  une  rente 
annuelle  de  cent  quarante  livres. 

Les  mêmes  privilèges  paraissent  avoir  été  accor- 
dés vers  la  même  époque  à  la  ville  de  Bar-sur-Aube 
qui^  en  1182,  versait  chaque  année  dans  les  coffres 
du  comte  une  redevance  de  trois  cents  livres  dési- 
gnée sous  le  nom  de  pensio  (an  1182,  n""  326),  et  qui, 
dès  Tannée  1179,  est  qualifiée  de  commune  et  a  un 
maire  (2). 

La  rente  due  pour  l'exemption  du  droit  de  justice 
s'appelait  en  général,  en  Champagne,  cense^  censa. 
Nous  trouvons  pour  la  première  fois  ce  terme  dans 
la  charte  de  l'an  1176,  n^  260,  qui  exemple  Hum- 
bert  de  Villehardouin  de  la  justice  des  prévôts  du 
comte,  à  charge  de  payer  tous  les  ans  une  somme 
de  cinq  sous.  Ce  nom  de  censé  est  celui  que  d'ordi- 
naire on  donnait  à  la  rente  payée  par  les  communes 
au  seigneur,  et  l'identité  de  nom  est  motivée  sur  ce 
que  dans  les  communes  cette  rente  avait  surtout 
pour  but  d'indemniser  le  seigneur  de  la  perte  des 


(1)  La  charte  de  Soissons,  1136,  publiée  par  Martène,  Ampliss, 
coUect.,  I,  748,  et  dans  D.  Bouquet,  t.  XIV,  p.  lxxu,  a  été  traduite 
en  partie  par  M.  Âug.  Thierry  dans  sa  Dix-neuviènM  lettre  iur 
l histoire  de  Frauce.  C'est  un  texte  incomplet.  Le  texte  origi* 
D2)l  conoplet  des  privilèges  communaux  de  Soîssons  a  été  perdu; 
mais  une  charte  de  Philippe-Auguste,  1181  (Deiisle,  CataL  dee 
actes  de  Philippe-Auguitût  n^  31),  parait  ôlra  la  reproductioa  de 
ce  texte  perdu. 

(2)  Voir,  sur  ce  fait  et  sur  d'antres  encore,  notre  Hietoire  de  Bar* 
sur- Aube,  p.  26-27. 


—  224  — 

produits  de  sa  justice.  Gomme,  en  1188,  n'*  369,  il 
est  question  de  la  censé  d'Herbisse  et  d'un  maire 
de  ce  lieu,  on  peut  supposer  qu'Herbisse  avait  déjà 
une  commune  à  cette  époque. 

Enfin  à  Troyes  on  trouve,  en  1187,  un  certaio 
Lucor  (?)  major  (1),  sans  doute  le  même  que  Lnea 
Gêner  tune  temporis  Treeensis  communie  villicus  qu'on 
rencontre  à  la  même  date  (2).  De  même  à  Provins, 
en  li93,  n''  621,  il  est  question  de  la  maison  da 
maire  (3). 

Troyes,  Provins,  Herbisse  avaient  donc  peut-être 
en  môme  temps  que  Meaux  reçu  d'Henri  des  insti- 
tutions communales.  Dans  tous  les  cas,  la  commune 
de  Troyes  ne  subsista  pas;  car  en  1222  les  habi- 
tants de  Troyes,  intervenant  dans  une  affaire  où  leur 
communauté  était  essentiellement  intéressée,  sont 
représentés  par  les  prévôts  du  comte,  et  une  requête 
émanée  d'eux  est  intitulée  au  nom  des  prévôts  et 
des  bourgeois  de  Troyes  (A). 

(1)  Yallet  de  Viriville,  Arch.  hist.  de  l'Aube,  p.  375. 

(2)  Voir  nos  Documenté  extraits  des  Arch.  des  petits  hôpitaux 
de  Troyes. 

(3)  Voir  un  mémoire  de  M.  Lefèvre  dans  le  Bulletin  de  la  S<h 
ciélé  libre  de  Provins,  1849-1850,  p.  159. 

(4)  Ârch.  de  l'Âube,  premier  Cartulaire  de  rHôlel^Dieu~le^ 
Comte^  f*  73.  Il  y  a  trace  d'un  état  intermédiaire  entre  celui  qui 
résuite  des  chartes  de  1187  citées  plus  haut,  et  la  situation  que 
nous  montre  la  charte  de  1222.  Une  charte  de  Tan  1215  (Arch.  de 
l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Celle,  t.  I,  f*  58  v®)  commence  ainsi  : 
Guiaricus  prepositus  et  scabini  trecenses.  On  remarquera  de  même 
qu'il  est  question  en  1212  des  jurés  (et  non  du  maire)  de  Provins 
(M.  Lefèvre,  Bulletin  de  la  SodéU  libre  de  Provins,  1849-1850» 
p.  160). 


—  225  — 

Celle  de  Meanx  fut  vivement  attaquée.  Jean  de 
Salisbury,  évêque  de  Chartres,  délégué  par  le  pape, 
en  excommunia  les  auteurs  ;  mais  Simon,  évéque  de 
Meaux,  refusa  de  promulguer  l'excommunication. 
Nous  avons  encore  une  lettre  écrite  à  un  secrétaire 
du  pape  par  Etienne,  abbé  de  Sainte-Geneviève  de 
Paris,  qui  désirait  faire  adresser  une  réprimande  à 
Simon  par  le  pontife  suprême  (1).  Nous  ignorons 
quelle  suite  fut  donnée  à  cette  réclamation.  Ce  qu'il 
y  a  de  certain,  c'est  que  la  commune  de  Meaux 
triompha  de  ses  ennemis,  et  qu'en  mai  1222  elle 
obtenait  de  Thibaut  IV  une  charte  de  confirma- 
tion (2). 


(1)  Stephani  Tornacensis  ep.  84,  dans  Epist.  Gerherti,  etc., 
e  Bibliotheca  Papirii  Mas$onit  Paris,  1611,  p.  580;  cf.  T.  du 
Plessis,  Hist,  de  Véglise  de  Meaux,  1, 163. 

(2)  ExterUa  comitatus  Campante  et  Brie,  p.  83. 


226 


CHAPITRE   Vm 


Voirefl  (1)  et  siarehés. 

La  Champa^e  a  dû  à  ses  foires,  au  xii*  siècle  et 
dans  le  siècle  suivant,  sa  richesse,  sa  puissance, 
peut-être  même  sa  principale  gloire.  Ce  n'est  pas 
qu'on  doive  en  regœtter  la  chute,  comme  l'ont  fait, 
pendant  de  longues  années,  les*habilants  de  Troyes 
et  de  Provins;  ce  n'est  pas  qu'on  doive  accepter 
comme  fondées  les  plaintes  qu'on  entend  encore 
parfois  sortir  de  la  bouche  patriotique  des  amateurs 
de  nos  vieilles  annales.  Les  foires  sont  l'expression 
commerciale  d'un  certain  degré  de  civilisation  qui 
est  aujourd'hui  dépassé;  l'institution  des  foires  de 
Champagne  a  été  un  progrés,  un  autre  progrés  a 
amené  leur  suppression. 

Dés  qu'un  peuple,  sortant  de  l'enfance  sent  le 
besoin  de  multiplier  par  les  échanges  les  éléments 
du  bien-être,  on  voit  naturellement  les  propriétaires 
des  objets  échangeables  s'entendre,  et  réunir,  sur  cer- 
tains points  et  à  certaines  époques  déterminés,  ces 
objets  en  nombre  suffisant  pour  faciliter  les  choix 
et  permettre  à  chacun  de  s'assortir  à  son  goût.  Les 
foires  sont  fondées. 


(1)  Nous  regrettons  les  circonstances  qui  nous  obligent  )  d^ 
vanccr  la  publication  du  travail  de  notre  savant  confrère  M.  Bou^ 
quelot  sur  les  foires  de  Champagne.  On  trouvera  évidemment  dans 
ce  chapitre  bien  des  lacunes  et  des  inexactitudes. 


-  227  — 

Les  foires,  restreignant  la  vie  commerciale  à  cer- 
taine jours  et  à  certains  lieux^  conviennent  à  deux 
degrés  de  civilisation. 

Elles  conviennent  à  ce  degré  primitif  où  il  existe 
déjà  une  sorte  de  quasi  commerce,  mais  où  aucune 
classe  spéciale  de  la  société  ne  sert  d'agent  à  ce 
quasi  commerce  ;  le  producteur  cède  directement  ses 
produits  au  consommateur  qui,  producteur  lui^ 
méme^  donne  d'autres  produits  en  échange  ;  un  seul 
intermédiaire  est  alors  connu:  mais  un  intermédiaire 
inanimé,  c'est  l'argent.  L^  même  homme  ne  peut 
être  à  la  fois  cultivsfteur  et  commerçant  tous  les 
jours  de  Tannée;  cultivateur  d'habitude,  il  vend  et 
achète  à  la  foire  quatre  ou  cinq  fois  Tan. 

A  un  degré  plus  élevé  de  civilisation,  le  commerce 
e»t  représenté  par  un  personnel  spécial,  mais  ce 
personnel  peu  nombreux  est  ambulant;  il  vient 
offrir  SQs  services  tantôt  à  une  ville,  tantôt  à  une 
autre,,  semblable  à  ces  troupes  d'acteurs  qui,  en  pro- 
KÎnce,  apportent  successivement  le  plaisir  drama- 
tique aux  bourgs  de  leur  circonscription.  Plus  tard, 
les  opérations  commerciales  se  multipliant,  le  per* 
sonnel  commerçant  s'accroit;  chaque  ville  en  est 
poarvue.  Les  négociants  ambulants  se  fixent  ou  dis-* 
paraissent,  ils  sont  devenus  inutiles.  Les  foires  sont 
supprimées,  ou  s'il  en  reste  quelque  chose,  c'est  une 
ombi*e,  un  jeu  de  flâneurs,  de  femmes  et  d'enfants. 

Au  moyen-àgC)  elles  étaient  pour  les  sociétés  une 
condition  de  vie.  Saint  Bernard  venait  de  fonder 
ClairvauXji  le  sel  manquait  pour  assaisonner  les  ali*- 
ments  de  la  jeune  colonie  monastique  :  Bernard  dit 
au  moines  Gujibert  d'en  aller  chercher  :  où  l'envcûe- 
t-il  ?  Ai^ourd'hui»  saint  Bernard,  revenu  à  la  vie  et 


—  228  — 

abbé  de  Clairvaux,  trouverait  du  sel  à  Bar-sur-Aube 
distant  de  vingt  kilomètres,  à  Laferté  distant  de  cinq, 
et  même  chez  l'épicier  de  Ville,  distant  de  trois.  Où 
saint  Bernard  envoie-t-il  le  moine  Guîbert  ?  A  la  foire 
de  Reynel,  à  une  distance  d'environ  quatre-vingts 
kilomètre^.  Pour  rencontrer  un  marchand  de  sel, 
je  ne  dis  pas  à  Ville,  mais  à  Laferté  et  même  à  Bar 
sur-Aube,  il  fallait  alors  y  aller  en  temps  de  foire. 

Les  foires  du  moyen-àge  avaient  donc  une  raison 
d'être  dans  l'insuffisance  du  personnel  commerçant, 
insuffisance  causée,  du  r^ste,  par  le  petit  nombre 
des  opérations  commerciales.  Elles  avaient  aussi  au 
xii"  siècle  une  autre  cause  sur  laquelle  on  n'a  peut- 
être  pas  assez  appuyé  jusqu'ici,  c'est  la  difficulté  des 
envois  d'argent.  Un  filateur  de  Troyes  achète  do 
coton  aux  Etats-Unis  d'Amérique;  un  brodeur  de 
Nancy  y  envoie  des  cols  et  des  manchettes;  le  fila- 
teur de  Troyes  paie  le  planteur  d'Amérique  avec 
une  lettre  de  change  tirée  par  le  brodeur  de  Nancy, 
sur  un  négociant  en  broderie  du  Maryland  ou  de  la 
Louisiane.  Au  xii""  siècle,  les  opérations  de  change 
étaient  dans  l'enfance  et  très-rares.  Elles  supposent 
une  confiance  dans  les  pièces  écrites,  inconciliable 
avec  les  idées  du  xii"^  siècle  sur  la  preuve  et  avec  la 
préférence  qu'on  avait  alors  pour  le  témoignage. 
Les  marchands  d'épices  du  Midi  apportaient  eux- 
mêmes  leurs  marchandises,  et  ne  s'en  retournaient 
qu'après  en  avoir  reçu  le  prix,  qu'ils  rapportaient 
soit  en  argent,  soit  en  draperies  du  Nord;  et  la 
drapiers  du  Nord  suivaient  le  même  procédé  que 
les  marchands  d'épices  du  Midi.  On  a,  depuis,  sim- 
plifié le  système;  la  ruine  des  foires  s'en  est  suivie. 
On  ne  peut  contester  que  ce  ne  soit  un  progrès. 


—  229  — 

Il  y  avait  beaucoup  de  foires  en  Champagne  au 
moyen-âge,  mais  les  plus  importantes  et  celles  qu'on 
désigne  par  excellence  sous  le  nom  de  foires  de 
Champagne,  étaient  au  nombre  de  six  :  celles  de 
l^gny)  d^  Bar-sur-Aube,  de  mai  de  Provins,  de 
Saint-Jean  deXroyes,  de  Saint-Ayoul  de  Provins, 
de  Saint-Remy  de  Troyes.  Il  est  déjà  question  des 
foires  de  Troyes  dès  le  cinquième  siècle  de  notre  ère, 
et  avant  la  chute  de  l'empire  romain  (1).  Après  un 
long  intervalle,  où  les  documents  nous  manquent, 
nous  les  voyons  reparaître  sous  le  comte  Hugues,  en 
lii6  (2)  ;  mais  c'est  en  1159,  n^  65,  que  nous  avons 
trouvé,  pour  la  première  fois,  la  distinction  des 
foires  de  Saint-Jean  et  de  Saint-Remy.  Il  est  question 
de  celle  de  Saint-Ayoul  de  Provins  dès  la  fin  du 
X*  siècle,  sous  le  règne  du  comte  Etienne  I  (3);  puis 
en  1153,  n**  9.  La  foire  de  Bar-sur-Aube  existait  déjà 
an  temps  du  comte  Hugues,  en  Tannée  1116  {à). 
La  foire  de  mai  de  Provins  fut  fondée  par  le  comte 
Thibaut  H,  comme  l'établit  la  charte  de  l'an  1166, 
n^  124  (5).  Le  texte  le  plus  ancien  à  notre  connais- 
sance où  il  soit  question  de  la  foire  de  Lagny  est  de 
l'an  1156,  n<>  20. 


(1)  Voir  une  lettre  de  Sidoine  Apollinaire  à  Saint-Loup,  dans 
notre  Tome  I,  p.  429. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  107-108.  Quoique  la  charte  de 
Hugues  soit  interpolée,  il  est  évident  que,  quant  au  fond,  elle  est 
authentique,  puisqu'elle  a  été  confirmée  par  Henri  le  Libérai  en 
1154,  n»24. 

(3)  Voir  notre  Tome  I,  p.  181-183  et  462-463. 

(4)  Voir  notre  Tome  II.  p.  107. 

(5)  Voir  aussi  Bourquelot,  Histoire  de  Proftfu,  I,  407. 


—  230  — 

Ce  qui  prouve  que  ces  foires  produisaient  an  grtnd 
mouvement  d'argent  dès  le  xii*  siècle^  c'est  qu'eliei 
étaient  prises  dès  cette  époque  pour  terme  de  pan^ 
ment;  celle  de  Bar,  en  1160,  n*"  78,  et  en  1161) 
n""  102;  celles  de  Saint-Jean  et  de  Saint-Remy  de 
Troyes,  en  1159,  n»  65;  en  1170,  nM83;  en  1176, 
n""  223;  en  1179,  n^"  297;  celle  de  Lagny,  en  1174^ 
n*  221  ;  celle  de  mai  de  Provins,  en  1179,  n""  295; 
celle  de  Saint-Ayoul  de  Provins,  en  1490,  n*  401. 

Nous  avons  peu  d'indications  précises  sur  les  pays 
d'où  venaient  les  marchands  qui  s'y  rendaient  :  noui 
citerons  pourtant  la  Flandre  (i),  dés  l'année  ^1^7; 
l'Artois,  la  même  année  (2),  et  en  1166^  n*"  129(3); 
laNormandie,  en  1166,  n^'129,  et  enll75,  n*235(6); 
Paris  et  Limoges,  dans  la  dernière  de  ces  chartes. 
Nous  avons  déjà  vu,  sous  le  régne  de  Thibaut  II,  des 
marchands  se  rendre  aux  foires  de  Champagne^  en 
passant  par  Orléans  et  Sens  (5).  Un  fait  semble 
prouver  que,  dès  le  xii*  siècle,  les  Italiens  fréquen- 
taient les  foires  de  Champagne  ;  c'est  l'imitation  bien 
connue  qui,  en  ce  siècle,  se  fit  à  Rome  dé  la  mon- 
naie de  Provins  (6). 


t»« 


(1)  Charte  de  Fan  1137  dans  Bourquelot,  Histoire  de  Prmui, 
II,  379.  Il  est  question  dans  cette  charte  d'une  foire  de  second 
ordre,  celle  de  Saint-Martin  de  Provins,  mais  on  peut  riisoaner  « 
fortiori. 

(2)  Voir  la  note  précédente. 

(3)  Cette  charte  mentionne  les  marchands  A*Hedingk,  que  sont 
pensons  être  Hesdin  (Pas-de-Calais). 

(4)  Dans  la  première  charte  Augum,  sans  doute  Ea  ;  dins  b 
seconde,  Rouen. 

(5)  Voir  notre  Tome  II,  p.  388. 

(6)  Bourquelot,  Hiitoire  de  Frmnm,  1, 447. 


—  231  — 

Chaque  marchand  arrivant  d'ordinaire  ayec  la 
monnaie  de  son  pays,  le  concours  des  changeurs 
était  indispensable  dans  un  nombre  énorme  de  tran- 
sactions. Thibaut  II,  dans  une  lettre  à  Suger,  en 
1168,  parie  de  changeurs  de  Vézelay  qui  venaient 
aux  foires  de  mai  de  Provins  (i).  Dans  une  foule  de 
chartes  il  est  question  de  changeurs  venant  aux  foires 
de  Champagne  :  on  peut  consulter  notamment  celles 
de  Tan  H56,  n'  23;  de  Tan  1160,  n«  78;  de  l'an 
li65,  n-  137;  de  Tan  1174,  n*  223;  de  Tan  1179, 
D""  303,  et  celle  de  l'an  1188,  n''  377,  qui  rappelle 
une  disposition  du  comte  Henri.  Chaque  changeur 
avait  une  table  sur  laquelle  il  étalait  ses  pièces  de 
monnaie.  Les  tables  des  changeurs  étaient  à  Troyes 
rangées  auprès  de  l'église  Saint-Jean,  dans  l'endroit 
sans  doute  qui  a  conservé  le  nom  de  place  et  de  rue 
des  Changes  (an  117&,  n*  223).  En  1165,  n*  137, 
nous  voyons  une  table  de  changeur  estimée  cent 
sous  de  rente,  dont  cinquante  à  la  foire  Saint-Jean, 
et  autant  à  la  foire  Saint-Remy.  En  1176,  n""  223, 
une  rente  de  dix  livres  est  assise  sur  une  autre 
table. 

Les  marchandises  vendues  étaient  évidemment 
très-variées,  mais  le  xii*  siècle  ne  nous  fournit  à  ce 
sujet  que  des  indications  très-peu  nombreuses.  Les 
documents  de  cette  époque  nous  parlent  de  che- 
vaux, de  bétes  à  cornes,  de  menu  bétail,  de  chaus* 
sures  de  cuir  (2),  de  cire,  de  guimpes,  de  futaine,  de 


(1)  Voir  Dotre  Tome  II,  p.  386. 

(2)  Nous  traduisons  ainsi  le  mot  corvesaria  de  la  charte  de  l'an 
1157,  n^  47.  Les  corvetarii  étant  d'après  Ducange  des  savetiers, 
il  semble  qud  corvaaria  voudrait  dire  savate. 


—  232  — 

courroies,  de  pelleterie,  de  laine,  de  filet,  de  car- 
reaux, de  matelas,  de  coussins,  de  chanvre,  de  lin, 
de  cordes,  de  poivre,  de  drapet  de  mercerie  (chartes 
de  Tan  1156,  n»  26;  1157,  n*  67;  1160,  n«  84; 
U63,  nM17;  1164,  n*  129;  1170,  n*  184;  1174, 
n*225;  1175,  n*  235;  1176,  n»  252;  1179,  n*  807; 
1187,  n*  364;  1189,  n»  387). 

Au  xii*  siècle,  sans  doute,  comme  plus  tard  au  xiv*, 
la  foire  de  Lagny  commençait  avec  l'année;  celle  de 
Barsur-Aube  commença  toujours  dans  la  troisième 
semaine  de  carême  (1);  celle  de  mai  de  Provins  com- 
mençait d'abord,  autant  que  nous  croyons,  le  pre- 
mier mai  ;  plus  tard,  la  foire  de  Bar-sur-Aube  étant 
beaucoup  plus  longue  qu'à  l'origine,  l'ouverture  de 

(1)  Dans  Dotre  Histoire  de  Bar^iur-Auhe,  p.  37,  nous  avou 
très-mal  compris  le  texte  qui  rétablit.  Henri  accorde  à  l'église  ool- 
légiale  de  Saint-Maclou  la  dîme  du  péage,  du  tonlieu  et  du  marcbé 
pendant  toute  l'année  à  perpétuité.  Il  donne  aux  chanoines  le  choii 
ou  de  se  faire  remettre  par  ses  agents  le  dixième  de  la  recette  oa 
de  faire  faire  eux-mêmes  la  recette  une  semaine  sur  dix  par  un 
agent  qu'ils  commissionneront.  Si  les  chanoines  optent  pour  li 
seconde  alternative,  dans  chaque  période  de  dix  semaines  les  neuf 
premières  semaines  appartiendront  au  comte,  la  dernière  semaine 
sera  celle  des  chanoines.  Mais  Henri  prévoit  le  cas  où,  par  l'effet 
de  ce  système  de  révolution,  la  troisième  ou  la  quatrième  semaine 
de  carême  se  trouveraient  appartenir  aux  chanoines  ;  alors  la  se- 
maine des  chanoines  sera  reportée  aux  jours  immédiatement  sol- 
vants (tfi  Quadragesima  a  dominica  qua  cantatur  ocuLi  mei  Uêqtu 
ad  dominicam  qua  cantatur  judica  me,  pro  hac  dedma  canonid, 
si  forte  in  his  diebus  tempus  eis  accipiendi  evenerit,  nichil  acà- 
pient,  $ed  pro  istis  diebus  in  sequentibus  decimam  suam,  quoquo* 
modo  exieritt  cum  iûtcgritate  habebunt,  an  1160,  n^  78).  Plus  tard, 
il  décide  que  dans  ce  cas  la  semaine  des  chanoines  sera  entièrement 
supprimée  et  remplacée  par  une  indemnité  de  quinze  livres  (sei 
pro  istis  didus  in  sequentibus  quindedm  libras  acdpient,  an  1170, 


—  fi33  — 

la  foire  de  maîdë^Prëvins  dut  dépendre  de  la  (Clô- 
ture de  h  foire-d^'feaï^^  et  fût  fitée  au  riiardi  avdhl 
TAscén^on,  cequî'^ouvaît  la' renvoyer  au  tnoîsidé 
juin'.  Là  foire  de  Salnl-Jean  de  Troyé^  s'ouvrafl  évi^- 
demment,  dans  le  principe,  le'2'^i  juin,'  jour  dé  Jà 
Saint-Jèai^  ;  plus  tard,  le  relard  et  lii prolongation  de 
la  foire  de  mai  obliijea  de  reculer  l'ouverlure  de  la 
foire  de  la  Sainl-Jeah  aa  Iroisiôme  mdrdi  après  celle 
fêle.  La  foire  deSainl-Ayoul  de  Provins  fui  de  même 
reportée  du  S  septembre  au  14,  cl  là  foire  de  Sainl- 
RemydeTroyes  du  1"  octobre  au  2  novembre(l). 
Les  dates  primitives  des  foires  de  Provins  et  de 
Tfoyes,'  ont  leur  raison  d'être  dans  des  fêtes  locales^ 
A  Provins,  la  foire''  de' iti ai  se  lient  dani^  la  ville 
haute  (^),  dont  l'c'glîse  principale  est  dédii^e  èlsaîht 
Ouiriace,  c'est  là'ftlt?  de  SaiVit^Qiiiriac'é  rïiii''ert^bse 
l'Oécâsion  (3);  1»  foîKîdeSdinl-Aycyi'^l  fJrtiféMë  noriide 
la  print'ipale  églisc'deria  vilîe^basse,  d'est  diihs  la 
▼ifle  basse  et  à  Irf'fffte  idè  Saîk?t*Ayoul  qu'elle  a  lieu. 
A  Trôyes,  Saint-Je^n  e(  SamMltmy  sont  lés  princi- 
pales jiàrorsses,  el  lés  deux  foires  ont  lieu  à  l'époque 
des  fêtes  de  ces  paroisses. 


n®  178).  Il  y  a  tout  lieu  de  supposer  que  la  foire  (le  Bar-sur-Aube, 
qui  en  11 00  ne  durait  que  deux  semaines,  la  troisième  et  la  qua- 
trième de  carême,  se  prolongeait  déjà  au-delà  de  la  quatrième, §e- 
m-jine  de  carême  en  1 1 70.  Dc\s  1 1 82  (ri°  526)  elle  atteignait  Pâques! 
•Plus  tard,  chaque  foire  dura  quarante-huit  jours. 

(1).  Sur  la  date  des  foires  de  Troyes  au  xiv®  siècle,  voir  un  docu- 
ment publié  par  Grosley,  Mémoires  historiques,  IfiQl, 

(2)  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  408  ;  cf.  charte  de  l'an 
H64,  TîM24. 

(5)  La  Saint-Quiriace  tombe  le  !«'  mai. 

16 


—  234  — 

L'ouverture  de  chaque  foire  était  annoncée  par 
un  crieur.  Quand  la  clôture  de  chacune  était  arrivée, 
un  crieur  parcourait  les  rues  en  criant  haré(jàn  1188, 
n®  368),  ou  pour  mieux  dire  harez,  qui,  en  français  da 
temps,  veut  dire  emballez  (1). 

Les  foires  sont  une  des  matières  qui,  au  moyen- 
ftge,  ont  été  le  plus  réglementées.  Les  comtes  et  leurs 
agents  déterminaient  Tendroit  que  devaient  occuper 
les  marchands,  et  même  chaque  espèce  de  mar- 
chands. En  1166,  n^  126,  Henri  renouvella  un  ré* 
glement  de  son  père  qui  fixait  les  limites  entre  les- 
quelles devait  se  tenir  la  foire  de  mai  de  Provins. 
Pour  qu'un  marchand  eût  le  droit  de  se  loger  ou  de 
déposer  des  marchandises  hors  de  ces  limites,  il  fal- 
lait que  toutes  les  places  fussent  occupées,  le  tout  à 
peine  de  confiscation  des  marchandises  et  même  de 
confiscation  des  biens  de  l'hôte  du  marchand.  Il  n'y 
avait  pas  plus  de  liberté  aux  foires  de  Troyes  :  le 
privilège  accordé  au  prieuré  de  Saint Jean-en-Chfttel 
pour  la  maison  de  Masceline  consiste,  entre  autres 
choses,  en  ce  que  les  marchands  qui  voudront  y 


(1)  L'explication  de  ce  mot  n'est  pas  donnée  par  Ducange,  éd. 
Henschel,  III,  626/  col.  2  et  3.  Il  nous  paraît  provenir  du  même 
radical  que  le  vieux  mot  français  Arroy,  et  que  les  mots  de  basse 
latinité  Arrayamentum  et  Arraiatio  (Ducange,  édition  Henschel,!, 
409),  et  que  les  mots  français  arrangement  et  désarroi.  Le  verbe 
correspondant  à  ces  substantifs  est  arrer,  aréer,  arréer,  arraier, 
en  lalin  arraiare  (Ducange,  édition  Henschel,  I,  408),  qui  veut 
dire  mettre  en  ordre.  Dans  un  passage  de  Joinville,  édition  Didot, 
p.  40,  ce  verbe  est  employé  dans  le  même  sens  qu'aux  foires  de 
Troyes.  Joinville  venait  de  s'embarquer  :  avant  de  donner  l'ordre  du 
départ,  le  patron  du  navire  voulut  s'assurer  que  tout  était  chaigé. 
Sa  question  fut  :  «  Est  arée  vosti*e  besoignc?  > 


—  235  — 

vendre  ne  seront  jamais  contraints  d'aller  vendre 
ailleurs  (an  1160,  n»  84;  1170,  n*  186).  Précé- 
demment Henri  avait  fixé  à  dix  jours  la  durée  de  la 
foire  de  Lagny,  et  défendu  aux  marchands  d*y  sé- 
journer davantage  ;  Tabbé  de  Lagny,  à  qui  apparte- 
tenait  la  plus  grande  partie  des  produits  de  la  foire, 
oblintd'Henrileretrait  de  cette  ordonnance(an  1156, 
n**  23).  Le  règlement  de  Thibaut  II,  renouvelé  par 
Henri  en  1166,  n""  126,  défend  de  placer  devant  les 
maisons  habitées  par  les  marchands  aucun  objet 
qui  entrave  la  circulation,  comme  bancs,  lits,  tables 
ou  coffres  (1).  Tout  ce  qui  se  vendait  au  poids  devait 
se  peser  dans  un  établissement  spécial  qui,  à  Troyes 
et  à  Bar-sur-Âube,  était  la  propriété  de  Saint-Pierre- 
le-Vif  de  Sens;  quand  on  faisait  peser  ailleurs  on 
devait  deux  amendes,  l'une  au  comte  et  l'autre  à 
rabbé(anll76,  n-230). 

La  juridiction  sur  les  marchands  était  exercée  par 
le  prévôt  dans  une  loge  de  bois  établie  au  milieu  du 
champ  de  foire,  et  qu'on  enlevait  quand  la  foire  était 
terminée.  La  charte  de  l'an  1176,  n**  252,  accorde 
le  bois  de  ces  loges  aux  marguilliers  de  Saint-Qui- 
riace,  qui  s'en  serviront  pour  réparer  les  bras  des 
cloches. 

Les  fonctionnaires  spéciaux,  connus  sous  le  nom 
de  gardes  des  foires,  custodes  nundinaruniy  apparais- 


(1)  La  charte  de  Tan  1194,  n''  425.  donnant  à  Tabbaye  du  Pa- 
raclet  un  emplacement  au  marché  de  Provins,  stipule  que  sur  cet 
emplacement  on  ne  pourra  établir  que  desétaux  mobiles  :  Ecclesia 
illa  plateam  illam  semperin  plateamretwebit,  preterquam  stallos 
curr entes  ibidem  facere  poterit. 


—  236  — 

sent  déjà  au  xii''  siècle,  ils  étaient  chargés  de  la  police 
(an  1174,  ri*»  230). 

A  côté  des  six  grandes  foires,  il  y  en  avait  d*autres 
moins  fréquentées. 

Telleétaitcelled'Hautvilliers^autGfriséeparEtienne- 
Henri  en  1095(1). 

Telle  était  surtout  celle  de  Saint-Martin  de  Pro- 
vins, dont  Thibaut  II  avait  fixé  remplacement 
en  1137  (2).  En  1160,  la  foire  de  Saint-Martin  était 
déjà  beaucoup  moins  importante  que  les  deux 
grandes  foires  de  cette  ville;  la  comtesse  Mathilde, 
donnant  à  Tabbaye  de  la  Pommeraye  une  rente  de 
trente-cinq  livres  à  prendre  sur  le  tonlieu  de  ces 
trois  foires,  répartit  cette  somme  ainsi  :  quinze 
livres  sur  la  foire  de  mai,  autant  sur  celle  de  Saint- 
Ayouf,  cinq  sur  celle  de  Saint-Martin  (an  1160^ 
n®  82).  En  1163,  n"  ll/i,  Henri  donne  à  Abraham, 
fils  de  Pierre  Bursaud,  la  maison  où  l'on  vend  la 
futaine  à  la  foire  de  Saint-Martin,  avec  ce  privilège 
qu'on  ne  pourra  pa3  vendre  de  futaine  dans  une 
autre  maison  avant  que  celle-là  ne  soit  pleine. 

En  1157,  n^  Ul,  Henri  donne  à  I;église  Saint- 
Etienne  la  foire  du  Clos  qui  se  tenait  à  la  Saint- Vin- 
cent, dans  le  quartier  de  Troyes  dit  le  Clos,  depuis 
rue  du  Bois  (3).  Celte  foire  durait  quinze  jours. 

En  1161,  n^  102,  il  est  question  de  la  foire  Saint- 
Nicolas  de  Rebais  qui,  dés  cette  époque,  était  trans- 

— — ^-~         ...-     --■     -     ■     ■■--  — 

(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  69. 

(2)  Bourquelot,  Histoire  de  Provins,  II,  379. 
(5)  Gorrard  de  Breban,  les  Rues  de  Troyes,  p.  35. 


férée  à  Séaaone,  et  sur  le  péage  de  laquelle  Tabbaye 
de  Rebais  touchait  une  renie  de  soixante  sous.  Plus 
tard:  (an  1179,  n''  295),  Henri  donna  à  Téglise  col- 
légiale de  Saint-Nicolas  de  Sézanneles  deux  tiers  du 
revenu  de  celle  foire  (4). 

La  foire  de  T Assomption  de  Troyes  se  tenait 
dans  la  cour  de  Tabbaye  de  Notre*Dame*aux-Noji- 
nains,  et  le  produit  appartenait  à  celte  abbaye.  Eta- 
blie par  Henri  le  Libéral,  elle  fut  confirmée  pap 
Henri  U,  en  4189,  n*  387. 

'  Ces  foires  sont  désignées  en  latin  par  le  terme  oà^ 
ractéristique  de  nundinœy  qui  les  distingue  des  simples 
marchés^ 

En  tête  dés  marchés,  dans  un  rang  intermédiaire 
eiitre  les  marchés  et  les  foires,  nous  placerons  là 
foire  de  Saint-Florentin,  qualifiée  de  conciliumy  tandÙ 
que  les  marchés  dont  il  sera  ensuite  question;  sont 
désignés  par  les  termes  de  forum  ou  m^rca^u^.  Henri 
dq.qna  les  produits  de  celte  foire  au  prieuré  du  lieu 
(an  4459,  n»  69).  Elle  se  tenait  le  premier  lundi  de 
carême. 

Le  marché  (forum)  de  Sergy  se  tenait  tous  les  sa- 
nnedis;  il  fut  établi  en  4169,  n""  462,  par  Henri  le 
Libéral,  sur  la  demande  de  Tabbé  de  Saint-^Médard 
de  Soissons,  siçigneur  de  Sergy,  et  aussi  à  la  requête 
des  habitants. 

Le  marché  (forum)  de  Brienon  fut  créé  par  Guil- 
laume de  Champagne,  archevêque  de  Sens,  seigneur 


(1)  La  foire  de  Saint-Nicolas  ds  Sëzanne  existait  déjà  en  1119 
(voir  notre  Tome  II,  |).  253). 


~  238  - 

de  Brienon,  avec  le  consentement  d*Henri  le  Libén), 
suzerain  du  lieu  (an  1176,  n'*  250,  251). 

Il  y  avait  un  marché  (forum)  à  Méry  en  1177; 
Henri  en  acquit  une  partie  (n*  267),  puis,  de  concert 
avec  les  autres  seigneurs  du  lieu,  il  céda  à  l'abbaye 
de  Molesme,  qui  avait  un  prieuré  à  Méry^  le  marché 
du  jour  de  rÂssomption,  ou,  à  défaut  de  marché 
ce  jour-là,  le  marché  immédiatement  précédent 
(n*  277). 

Le  marché  (forum)  de  Ramerupt  appartenait  à 
Henri,  qui  le  donna  en  nantissement  d'une  somme 
de  cent  livres  (an  1177,  n*  278). 

Une  foule  de  textes  parlent  du  vieux  marché  (tefus 
forum)  de  Provins.  En  1178,  n*  285,  Henri  donne  à 
Habran  de  Provins  les  étaux  où  Ton  vendait  les 
fruits  au  vieux  marché. 

La  commune  de  Meaux  devait,  à  une  lieue  à  la 
ronde,  aide  et  protection  aux  marchands  qui  ve- 
naient au  marché  {mercalus)  de  Meaux  (an  1179, 
n*  304). 

La  charte  de  l'an  1189,  n*  387,  rappelle  que  le 
comte  Thibaut  II  avait  donné  à  Tabbaye  de  Notre- 
Uame-aux-Nonnains  de  Troyes  quatre  marchés (/bra), 
un  à  chacune  des  fêtes  de  la  Vierge  (1). 

Les  foires  et  les  marchés  étaient  pour  les  comtes 
une  grande  source  de  revenu.  Nous  en  parlerons  à 
ce  point  de  vue  dans  un  autre  chapitre.  Ces  revenus 
étaient  le  salaire  de  la  protection  due  et  accordée 
par  le  comte  aux  marchands,  protection  qui  s'éten- 


(1)  L'Annonciation,  l'Assomption,  la  Nativité,  la  Onception. 


—  189  — 

dait  hors  des  états  des  comtes  de  Ghampagne,coinme 
on  en  trouve  déjà  la  preuve  dans  la  correspondance 
de  Thibaut  lIavecSuger(l)«  On  appelait  la  protection 
des  marchands  sur  les  routes,  conduite,  eonduelus. 
Dans  la  charte  de  Tan  1169,  n*  162,  il  est  stipulé 
que  les  marchands  qui  \iennent  à  Sergy  sont  dans 
la  conduite  du  comte  (2). 


(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  386-388. 

(2)  Il  est  question  du  Canductui  nundinarum  dans  le  Feoda 
Campanùe,  art.  60  (voir  notre  Tome  II,  p.  vu). 


—  2»ft 


'       • 


•  ■'  .1,  ^î:;'      ''■'■■  .         \. 


CHAPlTftE  IX, 


1  *    •   1 


1  ■ 

1  •   '  1  ;  •      .J^    ■  ».     :        "lit 


iBduiitrle.     '  •  i   * 


Rien  de  plus  incomplet  que  ce  que  nous  dirons 
ici  :  les  seules  industriea  que  poifs  .sign^leroq^  sont 
rorfévrerie,  la  métallurgie^  la  draperie,  la  teinla- 
rerie  et  la  tannerie.  .i 

Arnoul,  orfèvre  d*Henri  le  Libéral,  aurifaber  co- 
mitis,  est  témoin  dans  la  charte  de  l'an  41C1,  n°  95. 
En  février  1190(t?!eua:  slyle,)^  n°  416,  Marie  rappelle 
qu'Henri  le  Libéral  a  donné  à  Pierre,  orfèvre,  droit 
d'étalage  à  titre  viager  sur  une  ruelle  appartenant  à 
l'église  Saint-Etienne  de  Troyes,  plus  une  rente  de 
dix  sous,  dont  cinq  à  chacune  des  deux  foires. 

La  fabrication  du  fer  était  dès  cette  époque  trés- 
active  dans  le  département  de  la  Haute-Marne. 
Henri  donna,  en  1156,  n""  Ui  ter,  à  l'abbaye  de  la 
Crête,  une  forge  (fabricam)  dans  la  forêt  de  Vassy; 
en  1157,  n*  66,  à  Tabbaye  de  Clairvaux,  une  forge 
à  Vassy  même  (fabricam  apud  Waisseium  ad  faeten- 
dum  ferrum)]  en  1158,  n*»  59,  à  l'abbaye  d'Igny, 
remplacement  nécessaire  aux  forgerons  de  celle  ab- 
baye dans  la  ville  de  Vassy  et  l'autorisation  d'ex- 
traire la  mine;  en  H7i,  n- 190,  à  l'abbaye  de  Trois- 
Fonlaines,  une  forge  (fabricam  unam  ad  ferrum  facien- 
dum)  à  Vassy,  avec  droit  d'usage  dans  la  mine  du 
comte.  A  chacune  de  ces  quatre  donations  se  trouve 
jointe  la  concession  du  droit  de  prendre  dans  la 


forêt  le  bois  nécessaire  pour  l'exploitation  de  la 
forge.  Enfin  la  charle  de  Tan  1189,  n*  397,  rappelle 
qu'Henri  avait  cédé/gralivtenientà  Tabbaye  de  Bou- 
lancourt  cent  cinquante  jugera  de  terre  aux  forges 
(ad  forgias)  de  Vassy.  On  remarquera  que  les  ab- 
bayes de  la  Croie,  de  Clairvaux,  d'Igny,  de  Trois- 
Fontaines  et  de  Bouianceurt  appartenaient  toutes 
les  cinq  à  l'ordre  de  Citeaux. 

Il  est  question,  en  ll/i9,  des  moulins  h  drap  de 
Laferlé-sur- Aube  (!)  ;  en  i  176,  n*»*  302, 306,  de  ceux 
de  Bierges,  dont  le  comte  était  en  partie  proprié- 
taire. 

En  1176,  n*  252,  Henri  rappelle  que  Robert  de 
Bray  a  donné  à  l'église  de  Saint-Quiiiace  de  Provins 
vingt  sous  ilé  cens  au  lieu  dit  Entre-Deut-Ponts,  où 
Ton  teint  les  étoffes. 

En  1189,  tinsse,  Henri  M  nous  a|:)prénd  que  àon 
père  avait  doiitié  à  rHôtet-Dieu'-lé-Comle  de  Troues 
lé  moulin  de  !â  Tannerie,  dont  fe  nom  nous  montré 
lés  tanneries  établies  déjà  dans  le  quartier  de  Troyès 
cjuî  porte  ce  nbm  (2). 


(t)  BlampignoD,  Histoire  de  sainte  Germaine^  p.  204. 

(2)  Dans  notre  Toiiiell,  p.  355,  noiis  parlons  d'un  moulin  à 
:lan  éiabli  en  commua  k  Charment  par  TfaibauU  II  et  par  le  chapitre 
de  ^'ol^e-Dame  de  Paris. 


1 1 .'  1 


—  348  — 


•  CHAPITRE   X. 


Au  XI11*  siècle,  c'était  à  l'aumônier  du  comte 
qu'élail  confiée  en  Champagne  la  surveillance  gé- 
nérale des  hospices.  Mais  au  xii*  siècle,  il  semble 
que  le  comte  exerçait  lui-même  cette  surveillance. 
Dans  chacun  des  hospices  de  ses  domaines,  Tadmi- 
nisdateur  local  était  à  sa  nomination^jsauf  la  ratifi- 
cation de  révéque  qui  donnait  l'institution  cano- 
nique; en  effet,  la  fonction  d'administrateur,  oo, 
comme  on  disait,  la  maîtrise  était  considérée  comme 
un  bénéfice  ecclésiastique  dont  le  comte  avait  le  pa- 
tronage. Le  droit  du  comte  n'était  donc,  à  vrai  dire, 
que  celui  de  présenter  un  candidat  à  l'évoque,  et 
l'évéque  pouvait  en  cas  d'incapacité  du  candidat 
refuser  son  agrément. 

En  sa  qualité  de  patron,  Henri,  de  concert  avec 
l'autorité  épiscopale,  donna  à  l'hospice  du  Graud- 
Saint- Bernard  THôtel-Dieu  situé  au  marché  de 
Troyes,  depuis  l'hôpital  Saint-Bernard  de  Troyes  (an 
1158,  n""  56).  Ce  fut  au  même  titre  qu'il  donna  l'hô- 
pital d'Epernay  à  l'abbaye  Saint-Martin  d'£pemay 
(an  1179,  n''  296).  Ces  donations  n'entraînaient  la 
suppression,  ni  de  l'hôpital  du  marché  de  Troyes, 
ni  de  celui  d'Epernay;  elles  consistaient  seulement  en 
une  cession  du  droit  de  patronage.  On  doit  entendre 
dans   le  même  sens  la   donation  de  l'hôpital  de 


—  24S  — 

Donnement  à  rHôlel-Dieu-IeComte  de  Troyes,  faite 
par  la  comtesse  Marie,  en  1196,  n^  bUU. 

La  charte  de  l'an  1172,  n""  208,  nous  donne  un 
exemple  de  Tintervention  épiscopaie.  L'évoque  de 
Ghàlons-sur-Marne,  sur  la  prière  et  conformément  à 
la  volonté  du  comte,  déclare  que  l'hôpital  de  Vitry- 
en-Perthois  sera  à  perpétuité  soumis  à  l'autorité  du 
maître  de  THôtel-Dieu  de  Bar-sur-Aube. 

Le  seul  acte  de  l'administration  hospitalière 
d'Henri  où  le  pape  soit  intervenu,  est  la  suppression 
de  l'hôpital  Saint-Jacques  de  Provins,  qui  fut  trans- 
formé en  abbaye,  quand,  en  1157,  Henri  y  transféra 
les  chanoines  réguliers  de  Saint-Quiriace.  Mais  si 
Ton  ne  se  contenta  pas  de  l'autorisation  de  l'évoque, 
c'est  que  le  déplacement  des  chanoines  réguliers  et 
rinstallation  des  chanoines  séculiers  dans  leur  ab- 
baye semblait  dépasser  les  limites  de  l'autorité  dio- 
césaine (an  1158,  n"*  68;  1160,  n*  83). 

Henri  établit  à  Provins  deux  hôpitaux  en  rempla- 
cement de  celui  qu'il  avait  supprimé  (an  1160, 
n*  88;  1177,  n*  280).  On  lui  doit  la  fondation  du 
grand  hôpital  de  Troyes,  longtemps  connu  sous  le 
nom  d' Hôtel-Dieu  le-Comte,  et  qui  était  une  dépen- 
dance de  son  palais  (1).  Enfin  c'est  encore  à  lui 
qu'il  faut  reporter  l'origine  de  l'hôpital  Saint-Abra- 
ham de  Troyes.  Dans  sa  seconde  croisade,  ayant  été 


(1)  Grosley,  Mémoires  historiques  pour  l'histoire  de  Troyes,  II, 
231-232,  a  publié  une  charte  par  laquelle  Clarambaud  de  Chappes 
donne  à  l'Hôtel-Dieu-Ie-Comte,  alors  HôteUDicu-Sainl-Elienne  de 
Troyes,  trente  arpents  de  pré  à  Menois.  Dans  la  leçon  qu'il  donne, 
cette  charte,  datée  de  1149,  est  par  conséquent  antérieure  à  l'a- 
vènement d'Henri  ;  mais  cette  leçon  est  vicieuse,  bien  quelle  ait 


^  24*  — 

visiter  T^glise  cathédrale  d'Hébron,  il  avait  donné 
au  chapitre  une  rente  de  soixante  livras  et  use  mai- 
son qui,  lorsqu'Hébron  fut  retombé  entre  les  mains 
des  Sarrasins,  devint  un  hôpital  sous  le  vocable  de 
l'église  d'Hébron  (an  1479,  n'  314). 

En  outre,  Henri  Gt  de  nombreuses  libéralités  à 
la  léproserie  de  Troyes  (an  1171,  n*  196;1175| 
n^246;  1179,  n*  309;  sans  date,  n*  32» );  à  TBôtel- 
Dieu  de  Provins  (an  1177,  n*  269;  1179,  n*  303);  à 
celui  de  Barsur-Âube  (an  1169,  n«  1G7;  1179, 
n*312). 

On  sait  qu*à  cette  époque  les  hôpitaux  étaient  te* 
nus  par  des  communautés  d'hommes  et  de  femmes 
de  l'ordre  de  Saint-Augustin  (1). 


• . •    , • . .  '  •  i' , 


été  adoptée  en  1699  par  le  réacteur  de  rinyeniair^ -des  ^rcbivf^ 
des  hospices  de  troyes;  Toriginal  porte  1199».  M®  C*  N®  ÎX*  (ar- 
chives de  l'Aube,  fonds  des  hospices  de  Troyes,"  layette  1)  Le1i(H 
ciimcnt  le  plus  ancien  à  notre  connaissance,  où  il  soit  question  de 
rHôtcl-Dieu-le-Comte  de  Troyes,  est  la  charte  de  Tan  1174^  n^  220. 
La  charte  de  fondation,  émanée  d'Henri  le  Libéral,  n'e^i9laflB{!. 
Nous  avons  seulement  celle  de  l'an  1 189«  o^  388,. qù  Henri U coq- 
firme  les  donations  de  son  père  à  cet  établissem^ent. 

(1)  Voir  notre  Histoirede  Bar-sur-Aube,  p.  77, 79,  etGuignard, 
Anciens  statuts  de  l'Hôtel-Dieu-le-Omte  de  Troyes. 


—  24S  — 


CHAPITRE  XI. 


Honiialoi. 

Nous  n'entreprendrons  pas  dans  ce  chapitre  la 
description  des  types  monétaires  usités  à  l'époque 
dont  nous  écrivons  l'histoire.  Un  savant,  plus  auto- 
risé que  nous  (1),  prépare  sur  les  types  monétaires 
champenois  un  travail  dont  nous  désirerions  pou- 
voir hâter  l'achèvement,  mais  que  nous  ne  devan- 
cerons pas.  Nous  nous  bornerons  à  réunir  ici  quel- 
ques indications  empruntées  la  plupart  aux  docu- 
ments écrits. 

Les  comtes  de  Champagne  ne  frappaient  pas  mon- 
naie h  Meaux.  La  monnaie  de  cette  ville  appartenait 
à  révoque,  comme  l'établit  la  charte  de  l'an  1165, 
n*  131  (2).  Henri  avait  deux  hôtels  des  monnaies, 
un  à  Troyes  (3),  dont  en  1179,  n«309,  il  donna  les 
rognuveSyêcissuras^  à  là  léproserie  des  Deux-Eaux; 
l'autre,  et  le  plus  important,  à  Provins  (â),  dans  un 

(1)  Notre  confrère  M.  A.  de  Barthélémy. 

(2)  Voir  aussi  une  charte  de  l'année  1134,  citée  dans  notre 
Tome  II,  p.  311. 

(3)  Il  est  question  de  la  monnaie  de  Troyes,  dès  1126,  dans  une 
charte  de  Bertrand  de  Seignelay,  qui  donne  à  l'abbaye  de  Pontigny 
un  cens  de  deux  sous  monnaie  de  Tfayes  (Quantin,  Cartulaire  de 
l'Yonne,  1,259). 

(4)  Une  charte  de  l'année  1085  constate  déjà  un  paiement  en 
monnaie  de  Provins  (Bourquelot,  Hist,  de  Provins,  I,  434). 


—  246  — 

terrain  qui  devait  un  cens  au  chapitre  de  Saint-Qui- 
riace  (an  H76,  n*  252).  Nous  avons  relevé  quatre 
noms  d'ouvriers,  monetarii,  de  la  monnaie  de  Troyes  : 
Lécelin,  en  1122  (1);  Falcon,  en  1140  (2);  Ama- 
teur, en  1140  (3),  et  en  1154,  n*  24;  Eudes,  dont  en 
1170,  n""  180,  Henri  donna  la  fille  au  chapitre  de 
Saint-Pierre  de  Troyes;  Eudes,  par  conséquent, 
était  serf. 

Nous  avons  admis  dans  notre  précédent  volume 
que  la  valeur  de  la  monnaie  de  Provins,  au  xu*  siècle, 
était  égale  à  celle  de  la  monnaie  tournois  du  temps 
de  saint  Louis  telle  qu'elle  est  déterminée  par  M.  de 
Wailly  dans  ses  beaux  mémoires  Sur  le  Système  mo- 
nétaire de  saint  Louis  et  Sur  les  Variations  de  la  livre 
tournois.  Nous  craignons  d*avoir  en  cela  commis  une 
erreur.  Pour  établir  un  rapport  entre  la  monnaie  de 
saint  Louis  et  celle  des  comtes  de  Champagne  da 
XII*  siècle,  dVHenri  le  Libéral  notamment,  il  n'y  a 
pas  lieu,  je  pense,  de  tenir  compte  de  la  monnaie 
d'or,  puisque  les  comtes  de  Champagne  n'en  ont 
pas  frappé.  Or,  sous  saint  Louis,  la  valeur  de  la 
livre  tournois  déduite  du  pied  de  la  monnaie  d'ar- 
gent varie  entre  16  fr.  82  c.  et  17  fr.  97,  ce  qui 
donne  une  moyenne  de  17  fr.  40  (4).  Nous  avons 
publié  il  y  a  quelques  années  (5)  le  départ  d'un  de- 

(1)  T.  II.  p.  161. 

(2)  Charte  originale  de  Thibaut  II,  archives  de  l'Âubc,  fonds  de 
Montiéramcv. 

(3)  Ibid.' 

(4)  N.  de  Wailly»  Além,  sur  les  variations  de  la  livre  tournois, 
p.  120,  204. 

(5)  Etudes  sur  les  abbayes  c'tslerdennes,  p.  292-293. 


—  247  — 

nier  de  Provins,  frappé  au  coin  d'Henri  le  Libéral, 
et  de  cette  opération,  malgré  la  perte  évidemment 
produite  par  le  frottement,  résulte  pour  la  livre  une 
valeur  totale  actuelle  de  20  fr.  77  c,  trois  francs 
trente-sept  centimes  de  plus  que  la  valeur  moyenne 
et  deux  francs  quatre-vingt  centimes  de  plus  que  la 
valeur  maximum  de  la  livre  tournois  du  temps  de 
saint  Louis.  Ainsi  la  monnaie  d'Henri  le  Libéral 
avait  une  valeur  supérieure  à  celle  de  la  monnaie 
tournois  de  saint  Louis. 

Les  documents  écrits  viennent  à  Tappui  de  cette 
conclusion.  En  1159,  n"*  65,  Henri  se  reconnaissant 
débiteur  d'une  rente  de  dix  marcs  d'argent  envers 
les  templiers,  leur  assigne  en  paiement  vingt-quatre 
livres  de  Provins  de  rente.  Donc  sous  Henri  le  Libéral 
dix  marcs  d'argent  valaient  vingt-quatre  livres  de 
Provins;  donc  le  marc  d'argent  qui  vaut  52  fr.02c.  (1) 
valait  sous  Henri  le  Libéral,  en  monnaie  de  Provins, 
2  liv.  8  sous  ou  àS  sous,  ce  qui  met  la  valeur  du  sou 
à  i  fr.  08  c.  et  celle  de  la  livre  à  21  fr.  68  c. 

Les  monnayeurs  d'Henri  le  Libéral  taillaient 
àS  sous  de  Provins  au  marc  d'argent  en  1159,  tan- 
dis que  ceux  de  saint  Louis  y  taillaient  58  sous 
tournois  en  1258.  Quoi  d'étonnant  puisque  ceux  de 
Philippe-Auguste  y  taillaient  cinquante  sous  tour- 


(I)  Le  marc  d'argent  dont  on  se  servait  alors  était  au  poids  de 
Troyes.  La  charte  de  l'an  1176,  n'^^Gl,  nous  parle  de  650  marcs 
d'argent  fin  au  poids  de  Troyes.  Or,  le  marc  de  Troyes  égale  le 
marc  de  Paris  qui  a  la  valeur  que  nous  indiquons  (voir  les  Re- 
eherchei  iur  le  système  monétaire  de  saint  Louis,  p.  11-16,  et 
le  Mém.  sur  les  variations  de  la  livre  tournois,  p.  6). 


—  24»  — 

DOIS  (1),  puîsqi^  le  marc  d'ai^nt  valait  en  117& 
50  S0U9  monnaie  d'Aui^erre  (2),  en  li7S  &8  soita 
monnaie  de  Sanvigrvy  (3),  et  qu'il  est  évaluée  AS  isoos 
dans  une  charte  de  Guillaume,  évêque  d'Auxeite, 
il67-1180(4)? 

En  générai,  nous  devons  nous  défier  beancoup^des 
textes,  quand  ils  ne  nous  font  |>as  connaître  le  lilreda 
marc  auquel  ils  renvoient.  Il  va  eu  au  moyen>âgéd^ 
falsifications  assez  nombreuses  pour  que  Ton*  croie 
toujours  nécessaire  de  se  tenir  sur  ses  gardes.  Ce- 
pendant il  est  évident  que  dans  les  textes  cités  plus 
haut  c'est  d'argent  fin,  ou  à  peu  près  fin,  dWjr«fil<b 
roi  (5),  qu'on  a  voulu  parler. 


(1)  Recherches  sur  le  système  monétaire  de  saint  Louis,  p.  5L. 
En  1197,  on  taillait  aussi  au  marc  50  sous  de  Provins  (Bourau^ 
lot,  Histoire  de  Provins,  II,  441). 

(2)  Charte  de  Louis  VII  dans  Quantin,  Cart.  de  l' tonne,  % 
249. 

(3)  Charte  de  Louis  VII  dans  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  U, 
245-244. 

(4)  Quantin,  Cart.  de  rYonnê,  II,  19G-197.  Des  pèsera  et  (Ki 
essais  faits  par  les  soins  de  M.  Guérard,  il  résulte  que  pendant  ks 
règnes  de  Louis  VI  et  Louis  Vil  la  livre  parii^i^  valait  25  fr.,  et  la 
sou  parisis  1  Fr.SS  (Cart,  de  Saint  Père  de  Chartres,  1. 1.  p.  CLXxzix)r 
ce  qui  donne,  au  marc,  40  sous  parisis  et  par  conséquent  cinquante 
sous  tournois. 

(5)  Argent  à  -JJ-  de  fin. 


—  a*»  — 


CHAPITRE  XII. 


■rvye»  ci  Vrovliui,  cmfUmlftm.  —  Tr*v«au(  teos  ee*  deux  Tnie« 


Dans  le  premier  volume  de  cette  histoire  nous 
avons  parlé  du  pont  construit  sur  la  Loire,  à  Tours, 
par  le  comte  de  Champagne  Eudes  V  (1);  Henri  se 
signala  par  d'autres  travaux,  d'utilité  publique  aussi, 
mais  qui  se  rattachaient  à  des  travaux  d'utilité  per- 
sonnelle. 

Henri  parait  s'être  fait  construire  deux  palais, 
un  à  Provins  et  un  à  Troyes,  villes  où  il  avait  fixé  sa 
principale  résidence. 

C'était  à  Troyes  déjà  que  le  comte  Hugues,  grand 
oncle  d'Henri,  séjournait  le  plus  fréquemment.  Nous 
le  trouvons  sept  fois  à  Troyes  (2),  une  fois  seule- 
ment à  Bar-sur-Âube  (S)  et  à  Epernay(4).  Thibaut  H 
se  déplaçait  continuellement;  cependant  c'est  en- 
core à  Troyes  et  à  Provins  que  nous  le  rencontrons 
le  plus.  Ses  résidences  en  Champagne  furent,  d'après 
les  documents  que  nous  connaissons,  Bar-sur-Âube, 
llâS;  Bray-sur-Seine,  vers  1130;  Chalautre,  1138; 
Chappes,  1146;  Château-Thierry,  1123;  Coulom- 

(1)  P.  327-330,  477-478. 

(2)  En  1100, 1104, 1113, 1121,1122, 1123, 1125  (voir  notre 
Tome  II.  p.  76,  84, 106, 130, 131, 133, 135). 

(3)  En  1101  (voir  notre  Tome  II,  p.  78). 

(4)  En  1101  (voir  notre  Tome  II,  p.  79). 

17 


—  250  — 

miers,  1126,  1135,  1138,  1140;  Damery,  1133; 
Eperaay,  1126,  1127;  Isle-Aumont,  1138,  1139, 
ll/il,  11/Î6;  Igny,  1152;  Jouarre,  1133;  Jouy-Ie- 
Chàtel,  1147,  1148;  Laferlé-sur-Aube,  1145;  La- 
gny,  1152;  Meaux,  1134,  1148;  Montereau,  1147; 
Provins,  1122,  1128,  1134,  1140,  1147,  1151; 
Rosnay,  1142;  Sézanne,  1121,  1127,  1142;  Saint- 
Florentin,  1147, 1149,  1151;  Troyes,  1125,  1128, 
1134,  1140,  1147,  1151;  Vassy,  1141;  Vertus, 
1123,  1125;  Vitry,  1126  (1). 

Evidemment  la  préférence  de  Thibaat  pour  Troyes 
et  pour  Provins,  bien  que  certaine,  n'est  pas  très- 
marquée  puisque  nous  ne  le  voyons  que  six  fois  dans 
chacune  de  ces  deux  villes,  et  quatre  fois  à  Isle-Âu- 
mont,  trois  fois  à  Coulommiers,  Sézanne  et  Saint- 
Florentin.  D'ailleurs  Thibaut,  comte  de  Blois,  de 
Chartres  et  de  Sancerre,  ne  pouvait  donner  tout  son 
temps  à  la  Champagne.  Henri,  au  contraire,  n'était 

(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  513-315,  334-335,  383,  397-398. 
Le  nombre  de  ces  localités  est  de  vingt-quatre,  dix-huit  sont  des 
chefs-lieux  de  prévôtés  appartenant  au  comte,  savoir  :  Bar-sur- 
Aube,   Bray,    Château -Thierry,   Coulommiers,   Epernay,  Islc- 
Aumont,  Jouy,  Laferté,   Moaiix,  Montereau,  Provins,  Rosnay, 
Sézanne,  Saint-Florentin,  Troyes,  Vassy,  VitIus,  Vitry.  Thibaut 
possédait  évidemment  des  châteaux  dans  toutes  ces  localités.  A 
Jouarre  et  à  Lagny  étaient  des  abbayes  où  il  avait  droit  de  gtle 
(t.  Il,  p.  XXXVII.  n*»  439;  p.  lx,  n<>  16).  Il  avait  également  droit  de 
gîte  à  Dainery  (t.  II,  p.  lxi,  n°  2i).  A  Chalaulre  se  trouvait  ud 
prieuré  de  Tabbaye  de  Monlier-la-Celle,  qui  probablement  lui  don- 
nait rhospitalité.  Enfm  la  châtellcnie  de  Chappcs  était  tenue  en  fief 
de  Thibaut,  qui  aura  sans  doute  été  accueilli  dans  le  château  par 
son  vassal.  Nous  n'avons  rien  dit  de  Rosoy,  où  (p.  386)  il  annonce 
sa  présence  pour  le  jour  de  l'an  1148;  il  y  avait  aussi  droit  de  gîte 
(p.  xxxvii,  n°  437;  lxi,  n*»  20). 


—  251  — 

que  comte  de  Champagne;  ce  fui  à  la  Champagne 
qu'il  se  consacra  tout  entier;  Troyes  et  Provins 
furent  son  séjour  habituel.  L'année  1153  est  la  seule 
où  nous  n'ayons  pas  de  lui  au  moins  un  acte  daté  de 
Troyes  ;  et  ses  vingt-neuf  autres  années  de  règne 
nous  fournissent  cent  trois  actes  datés  de  cette  ville, 
un  peu  plus  de  trois  par  an.  Les  actes  d*Henri,  datés 
de  Provins,  sont  au  nombre  de  quatre-vingts,  qui  se 
répartissent  entre  vingt-six  des  trente  années  de 
son  régne;  les  années  1156, 1158, 1168, 1180, sont 
les  seules  où  nous  n'ayons  pas  trouvé  d'actes  d'Henri 
qui  portent  la  date  de  Provins. 

Henri  fréquenta  beaucoup  moins  ceux  de  ses 
autres  chefs-lieux  de  prévôtés  où  nous  le  rencon- 
trons :  Bar-sur-Âube  (sept  actes,  1156,  1155, 1158, 
1159,  1160),  Château-Thierry  (neuf  actes,  1153, 
il5/i,  1157,  1158,  1166,  1169,  1178),  Chàtillon- 
sur-Marne  (deux  actes,  1154, 1158),  Epernay  (trois 
actes  1152,  1153,  1154),  Lachy  (un  acte,  1153), 
Heaux  (huit  actes,  1152, 1155, 1156, 1158,  1160, 
1163,  1164,  1170),  Payns  (un  acte,  1161),  Pont- 
sur-Seine  (un  acte,  1155),  Sézanne  (huit  actes,  1156, 
1166,  1171,  1172,  1174,  1176,  1177),  Saint-Flo- 
rentin (un  acte,  1159),  Verlus  (cinq  actes,  1155, 
il71,  1174,  1175,  1177),  Vitry  (trois  actes,  1153, 
il63),  pour  ces  douze  localités  nous  trouvons  qua- 
rante-neuf actes,  quatre  actes  par  localité  en  moyenne, 
et  le  nombre  des  actes  datés  de  Château-Thierry,  ce- 
lui de  ces  chefs-lieux  de  prévôtés,  dont  Henri  a  daté 
le  plus  de  chartes,  n'est  pas  le  onzième  du  nombre 
des  actes  datés  de  Troyes,  et  dépasse  à  peine  le  neu- 
vième du  nombre  des  actes  datés  de  Provins. 

Nous  ne  citerons  que  pour  mémoire  Chapelaines 


_  252  — 

où  sa  présence,  en  1169,  s'explique  sans  doute  par 
une  politesse  envers  Guillaume  le  Roi,  son  maré- 
chal, seigneur  de  Chapelaines;  Nogent-l'Artaud,  où 
son  chambrier  fit  bâtir  un  château  et  lui  donna  sans 
doute  rhospitalité  en  1171  et  en  1178.  Quand  Henri 
visita  Rebais,  en  1161,  Sain  t-Menge  deChàlonset 
Lagny,  en  1163,  il  faisait  sans  doute  usage  de  son 
droit  de  gite;  la  Crète  où  nous  le  voyons  en  1156, 
Igny,  en  1164  et  1165,  étaient  des  abbayes  cister- 
ciennes sur  lesquelles  il  prétendait  sans  doute  déjà 
exercer  le  droit  de  gite  que  réclamèrent  plus  tard  ses 
successeurs  (1). 

Troyes  et  Provins  devinrent  donc  sous  Henri  de 
vraies  capitales,  et  il  s'y  exécuta  pendant  son  régne 
des  travaux  exceptionnels. 

Notre  comte  se  fit  construire  à  Provins,  sur  la 
hauteur,  dans  une  position  magnifique,  une  habita- 
tion dont  il  parle  dans  plusieurs  de  ses  actes.  On 
n'en  montre  plus  que  des  ruines,  mais  du  sommet 
de  ces  ruines  la  vallée  de  Provins  dépeuplée,  et  d'où 
ont  disparu  tant  d'édifices  religieux  et  militaires 
qui  l'ornaient,  offre  encore  aux  regards  un  tableau 
splendide,  et  quand  par  la  pensée  on  relève  ces  murs 
et  ces  tours  que  le  temps  a  renversés,  ces  églises  et 
ces  monastères  que  la  main  de  l'homme  a  détruits, 
tant  d'habitations  bourgeoises  autrefois  enrichies  par 
les  foires  et  ruinées  depuis  que  le  commerce  les  a 
quittées,  on  comprend  qu'on  pût  se  plaire  dans  la 
demeure  quasi  royale  qu'Henri  appelait  son  palais 


(1)  T.  II,  p,  un. 


—  253  — 

à  l'eiemple  des  monarques  français  (1).  L'église 
Sainl-Quiriace  dut  à  son  voisinage  les  faveurs  rouU 
tipliées  qu'elle  obtint,  et  Henri  passe  pour  l'avoir 
rebâtie* (2);  cependant  il  ne  s'en  contenta  pas,  et  le 
château  de  Provins  avait  une  chapelle  où  un  chapitre 
fut  doté  par  la  main  généreuse  du  comte. 

A  Troyes,  Henri  parait  s'être  construit  le  palais 
qu'il  appelle  lui-même  domus  mea^  ma  maison,  en 
1157,  n""  Ulj  qu'on  trouve  aussi  désigné  sous  les 
noms  d'au/a  (3)  de  sales  du  comte  (6),  et  qui  conte- 
nait une  pièce  que  la  charte  de  Tan  1177,  n"*  278,  ap- 
pelle thalamus  comilisy  chambre  à  coucher  du  comte. 
Le  chapitre  de  Saint-Etienne,  l'Hôtel-Dieu-le-Comte 
n'étaient  que  les  accessoires  de  ce  palais.  Belle  et 
noble  pensée  qui  faisait  de  l'asile  de  la  charité  une 
dépendance  de  la  demeure  du  souverain!  Nos  mœurs 
modernes  sont  bienfaisantes  aussi,  mais  nous  ne  re- 
cherchons pas  tant  le  voisinage  des  hôpitaux  et  des 
pauvres,  et  nous  ne  songerions  jamais  à  en  faire  un 
ornement.  Que  dira  la  postérité?  Quoiqu'il  en  soit, 
aujourd'hui,  bien  que  du  palais  élevé  par  Henri  il 
ne  reste  pas  pierre  sur  pierre  (5),  l'hôpital  bâti  par 


(1)  Anll61.no91;H65,nM14;1164.nM24;H65.nM31; 
1176,  no  252. 

(2)  Bourquelot,  Histoire  de  Provins,  I,  129. 

(3)  Le  pont  situé  ^  l'angle  du  sud-ouest  de  l'hôpital  s'appelait 
Pons  AuUs  (an  11S7,  o®  47),  et  la  porte  qui  noenait  dM  Quartifr- 
Haut  h  la  rue  de  la  Cité  Porta  Comitis  (an  1169.  n»  169). 

(4)  Joinville,  éd.  Didot,  p.  29. 

(5)  Nous  aurions  peine  à  croire  que  le  palais,  domus,  d'Henri 
le  Libéral  fût  le  bâtiment  connu  sous  le  nom  de  palais  au  siècle 
dernier,  et  démoli  au  commencement  de  ce  liède-ci.  Le  palais. 


—  264  — 

ce  prince,  il  y  a  sept  cents  ans,  conserve  la  aiémoire 
respectée  du  fondateur,  rappelle  à  tous  le  souvenir 
de  l'habitation  détruite  du  grand  comte,  et  fait  bénir 
encore  par  le  pauvre  qu'il  abrite  une  imnlortelle 
libéralité.  Où  trouver,  parmi  les  dynasties  baronales 
du  xii*'  siècle  et  malgré  tant  d'analhèmes  jetés  sur 
la  féodalité,  un  homme  encore  populaire  par  ses 
bienfaits  chez  les  descendants  de  ceux  qu'il  a  gou- 
vernés ? 

Cependant  THôtel-Dieu-le-Comte  n'est  pas  à 
Troyes  le  seul  vestige  qui  subsiste  du  passage  da 
comte  Henri.  La  tradition  lui  attribue,  et  à  juste 
titre,  une  partie  des  travaux  qui  amènent  à  Troyes 
les  eaux  de  la  Seine. 

Le  sol  où  est  bâti  ce  qu'on  nomme  à  Troyes  le 
Quartier-Bas,  c'est-à-dire,  la  ville  primitive,  la  cité 
romaine,  a  été  à  une  date  fort  éloignée  couvert  par 
les  eaux  de  la  Seine  ;  le  gravier  d'alluvion  qu'on 
trouve  partout  sous  cetle  partie  de  la  ville  en  est 
encore  témoin.  Sur  le  point  le  plus  élevé  duQuar- 
Bas,  les  fouilles  faites  pour  la  construction  du  Mu- 
sée ont  montré  le  gravier  d'alluvion  à  une  profon- 
deur de  six  mètres  cinquante  centimètres  (1);  les 
cinquante  centimètres  inférieurs  sont  une  terre  tour- 


domns,  d'Henri  le  Libéral  ne  serait-il  pas  l'édifice  qu'en  1270 
Renaud  de  Bar  désigne  ainsi  :  «  Ma  maison  de  Troyes,..,  ton 
»  a^elle  la  Maison-le-Comte...  laqueile  maisons...  siet  à  la  porte 
»  le  Comte  à  la  Giévrie.  »  [Arch.  de  r Hôtel- Dieu- le- Comte ^ 
layplte  1.)  Celte  maison  était  située  sur  l'emplacement  d'une  partie 
des  bâtiments  de  l'hôpital  à  l'angle  du  quai  et  de  la  rue  de  la  Cité. 

(1)  L'altitude  de  la  surface  du  sol  étant  sur  ce  point  de  cent 
dix  mètres,  l'altitude  de  la  surface  de  la  grève  est  de  lOS'^SOS 


—  255  — 

beuse  mêlée  de  racines  et  de  troncs  d'arbres;  les  six 
mètres  supérieurs  consistent  en  remblais  (i).  D'autre 
part,  une  tradition  constante,  qui  représente  sans 
doute  l'état  des  choses  dès  le  début  des  temps  histo- 
riques, met  l'ancien  cours  de  la  Seine  à  environ 
quinze  cents  mètres  au  nord-est  de  la  cité  romaine 
de  Troyes,  et  là  où  coule  le  bras  de  rivière  connu 
sous  le  nom  de  Vieille-Seine.  La  légende  tradition- 
nelle de  saint  Parres  (Patroclus)  vient  à  l'appui  de 
cette  tradition,  et  nous  montre  dans  la  seconde 
moitié  du  m' troisième  siècle,  c'est-à-dire  sous  l'em- 
pereur Aurélien,  la  Seine  coulant  où  coule  encore 
aujourd'hui  la  Vieille-Seine  entre  Foicy  et  le  village 
de  Saint-Parres-aux-Terlres  (2). 

D'après  la  même  tradition,  les  bras  de  la  Seine 
qui  passent  aujourd'hui  à  Troyes  sont  une  dérîva- 


elle  est  par  conséquent  inférieure  à  l'altitude  du  thalweg  de  la 
vallée  à  la  même  latitude  ;  car,  à  la  même  latitude,  l'altitude  du 
thalweg  de  la  vallée  dépasse  cent  cinq  mètres.  La  terre  tourbeuse, 
qui  à  Troyes  recouvre  la  grève,  aura  été  sans  doute  formée  par  la 
Vienne  après  que  la  Seine  a  eu  déplacé  son  lit.  C'est  sur  celte  terre 
tourbeuse  que  les  Romains  auront  bâti  la  ville  de  Troyes. 

(1)  Harmand,  Note  sur  les  fouilles  du  Musée  Simart,  dans  les 
Mém,  de  la  Soc.  Acad,  de  l'Aube,  2*  série,  t.  X,  p.  267. 

(2)  Bolland,  Janvier,  II.  p.  342-549,  a  publié  deux  leçons  des 
actes  de  ce  saint.  La  légende  traditionnelle  est  rapportée  par  Cour- 
talon,  Topographie,  11,  7-11  (cf.  Desguerrois,  f»  31-34).  Les  textes 
publiés  par  les  Bollandistes  sont  topographiquement  beaucoup  moins 
clairs  que  le  texte  français  de  Courtalon.  Les  textes  publiés  par  les 
Bollandistes  parlent  d'un  endroit  où  saint  Parres  échappa  à  ses 
bourreaux,  et  nous  apprennent  que  cet  endroit  était  au  bord  de  la 
Seine.  La  tradition  seule,  précisant  davantage,  indique  Foicy.  Les 
textes  des  Bollandistes  rapportent  que  saint  Parres,  ayant  traversé 


—  256  — 

tion  et  le  résultat  de  travaux  faits  de  main  d'homme. 

L'inspection  seule  des  lieux  ne  peut  donner  les 
moyens  de  décider  si  celte  tradition  est  authentique. 
Il  est  évident  que  les  canaux  de  la  Seine  qui  tra- 
versent Troyes  ne  coulent  pas  dans  le  thalweg  de 
la  vallée,  mais  la  Vieille-Seine  n*y  coule  pas  non 
plus  :  le  thalweg  se  trouve  entre  les  canaux  et  la 
Vieille-Seine  :  et  si  des  digues  sont  nécessaires  pour 
protéger  la  Moline  et  la  Vacherie  contre  les  crues  des 
canaux,  il  faut  aussi  des  digues  pour  protéger  la 
Moline,  la  Vacherie  et  le  faubourg  Saint-Jacques 
contre  les  crues  de  la  Vieille-Seine. 

Si  les  digues  et  les  canaux  n'existaient  pas,  la 
Vieille-Seine  ayant  un  volume  d'eau  beaucoup  plus 
considérable,  et  n'étant  contenue  par  aucun  obs- 
tacle, se  répandrait  très-fréquemment  sur  la  Moline, 
sur  la  Vacherie  et  sur  le  faubourg  Saint-Jacques,  qui 
ne  pourraient  guère  être  autre  chose  qu'un  ma- 
rais (1).  Dès  qu'on  a  voulu  dessécher  ce  marais,  un 
moyen  s'est  présenté  à  l'esprit,  l'établissement  d'un 
canal  ;  ce  canal  qui  avait  en  môme  temps  l'avantage 


la  Seine,  se  réfugia  sur  un  point  élevé  où  il  fut  décapité.  C*est  la 
tradition  qui  nous  dit  que  cet  endroit  élevé  est  Saint-Parres-aax- 
Tertres.  Enfin,  quoiqu'en  disent  les  textes  des  Bollandistes  et  h 
tradition,  il  y  aurait  bien  des  raisons  de  douter  que  le  martyre  de 
saint  Parres  ait  eu  lieu  sous  Âurélien,  et  de  révoquer  en  doute  l'au- 
thenticité même  des  textes  des  Bollandistes.  Toutefois,  il  paraît 
que  la  légende  de  saint  Parres  existait  dès  le  temps  de  Grégoire  de 
Tours  [de  Miraculis,  I,  64). 

(1)  Ce  marais  couvrait  les  abords  de  la  ville  à  Test  et  au  sud. 
Elle  était  défendue  à  l'ouost  par  les  marais  de  la  Vienne,  où  Monlier- 
la-Celle,  au  vii«  siècle  et  longti^mps  après,  formait  une  île,  in^nh 
Germaniea. 


—  257  — 

d'amener  à  Troyes  des  eaux  potables  et  de  fournir 
un  nouveau  moyen  de  défense,  fut  exécuté  :  c'est  le 
canal  de  la  Moline  qui,  divisé  en  deux  bras,  envelop- 
pait la  ville  romaine. 

Les  eaux  de  la  Seine  y  étaient  détournées  au  moyen 
de  vannes,  dites  dans  l'origine  vannes  Troyennes, 
vanne  TrecassinCy  depuis  vannes  tranchines  (1),  plus 
tard  supprimées,  et  que  remplace  un  déversoir  en 
pierre.  Le  canal  de  la  Moline  est  bien  antérieur  aux 
comtes  de  Champagne,  et  de  son  établissement  date 
la  mise  en  culture  des  terres  qu*il  traverse,  car  par- 
tout il  est,  de  mémoire  d'homme,  limite  des  proprié- 
tés, caractère  que  ne  partage  pas  le  canal  plus  ré- 
cent des  Trévois  (2). 

Le  canal  des  Trévois  est  celui  qu'Henri  le  Libéral 
fit  creuser,  mais  nous  ne  pourrions  fixer  Tannée  pré- 
cise de  son  établissement,  non  plus  que  du  ru  Cordé 
qui  est  à  Troyes  la  prolongation  de  ce  canal  (3). 


(i)  Au  point  de  vue  militaire,  des  vannes  qui  levées  permettaient 
d'inonder  en  un  instant  les  environs,  étaient  bien  préférables  à  un 
déversoir. 

(2)  Nous  devons  cette  observation  à  M.  Ferrand  Lamotte.  Nous 
ne  pouvons  donner  qu'une  date  hypothétique  ;  mais  il  est  évident  que 
le  canal  de  la  Moline  devait  exister  en  1134,  piiisqu'à  cette  époque 
le  prieuré  de  Saint-Jacques  est  mentionné  (Vallet  de  Viriville,  ir- 
(^ives  hist.  de  l'Aube,  p.  395).  Autrement  l'emplacement  do  ce 
prieuré  aurait  été  submergé  lors  des  crues.  De  plus ,  la  môme 
charte  mentionne  le  cours  d'eau  qui  passait  aux  bains  du  comte; 
or,  ce  cours  d'eau  ne  pouvait  être  qu'un  bras  du  canal  de  la  Moline, 
puisque  le  Ru-Cordé  fut  créé  par  Henri  le  Libéral,  comme  le  prou- 
vent les  pièces  de  l'an  1222,  reproduites  plus  bas  (cf.  p.  266.  n,  1). 

(3)  Voir  plus  bas  la  dernière  note  du  chapitre.  On  verra  toutefois, 
dans  le  chap.  Xill,  p.  277,  la  preuve  que  ce  canal  existait  en  1174. 


—  258  — 

L'utilité  du  canal  des  Trévois  est  aujourd'hui  sur* 
tout  industrielle.  Dans  l'origine  il  avait  pour  but  de 
donner  de  Teau  au  palais  d'abord,  ensuite  à  la  ville, 
dans  un  but  de  propreté,  et  comme  sûreté  contre 
les  incendies. 

Le  canal  des  Trévois  prit  son  eau  dans  celui  de  U 
Moline,  au  moyen  d'une  saignée  et  d'un  vannage  ao 
point  connu  aujourd'hui  sous  le  nom  de  Grande- 
Pointe.  Un  résultat  de  ce  travail  fut  de  faire  baisser 
Teau  du  canal  de  la  Moline,  au  grand  préjudice  des 
moulins  établis  sur  ce  bras  de  rivière. 

Les  principaux  appartenaient  au  chapitre  de  Saint- 
Pierre  de  Troyes.  Cependant  il  parait  que,  craignant 
l'influence  du  comte  Henri,  le  chapitre  n'osa  pas 
d'abord  se  plaindre.  Dans  tous  les  cas,  nous  ne  trou- 
vons avant  1222  aucune  trace  de  réclamation  de  sa 
part.  Mais  à  cette  époque,  nous  le  voyons  deman- 
dant formellement  des  modifications  importantes  aa 
vannage  de  la  Grande-Pointe  et  du  canal  des  Trévois. 
Ces  modifications  devaient  avoir  pour  effet  de  faire 
baisser  le  niveau  de  ce  canal.  L'Hôtel-Dieu-le-Comte 
de  Troyes  était  propriétaire  des  trois  moulins  de 
Pétai,  de  Paresse  et  de  Croncels  situés  sur  le  canal 
des  Trévois;  il  s'opposa  donc  aux  modifications  de- 
mandées par  le  chapitre  de  Saint-Pierre.  Le  chapitre 
eut  recours  au  pape,  qui  délégua  comme  juges  le 
doyen  de  Barsur-Seine  et  l'archidiacre  de  Laçois. 
Quelle  allait  être  l'issue  du  procès?  c'est  ce  qu'on 
ne  savait  pas  sans  doute,  mais  on  pouvait  craindre 
que  les  prétentions  du  chapitre  de  Saint-Pierre  ne 
fussent  accueillies.  La  ville  de  Troyes  s'émut.  Trois 
lettres  furent  adressées  aux  juges.  Le  chapitre  de 
Saint-Etienne,  qui,  à  cause  de  son  moulin  de  la 


—  259  — 

Tour,  avait  intérêt  dans  la  question,  se  bornait  à  dé- 
clarer poliment  que,  l'Hôtel-Dieu-le-Gomte  n'étant 
pas  seul  intéressé  à  la  conservation  du  canal  des 
Trévois,  le  jugement  qui  serait  prononcé  contre 
l'Hôtel-Dieu-le-Comte  serait  de  nul  effet,  et  que  la 
tierce  opposition  des  intéressés  en  empêcherait  l'exé- 
cution. Thibaut  IV,  comte  de  Champagne  et  de 
Brie,  répétait  en  des  termes  également  fort  mesurés 
la  même  objection;  et,  ajoutant  que  l'affaire  était  de  la 
compétence  de  sa  cour  féodale,  il  priait  les  juges 
délégués  par  le  pape  de  se  déclarer  incompétents. 
La  troisième  lettre,  émanée  du  prévôt  et  des  bour- 
geois de  Troyes,  est  un  peu  plus  vive.  Après  avoir 
rappelé  que  l'eau  qui  vient  à  Troyes  par  le  canal 
des  Trévois  est  nécessaire  à  la  ville  pour  laver  la 
viande,  jeter  les  immondices,  éteindre  les  incendies, 
qu'elle  est  indispensable  aux  officines  du  palais, 
(c  Eh  quoi  !  »  disent-ils  aux  juges,  «  ne  tiendrez-vous 
)>  pas  compte  de  la  prescription  ?  Il  y  a  plus  de  qua- 
1}  rante  ans  (i)  qu'Henri,  de  bonne  mémoire,  comte 
))  de  Troyes,  a,  du  consentement  de  toute  la  ville, 
»  construit  les  vannes  dont  il  s'agit.  On  peut  le  prou- 
D  ver  par  témoins.  Agissez  donc  comme  il  vous 
»  plaira.  Mais  sachez  que  nous  ferons  respecter  la 
»  prescription,  et  que  ni  le  comte,  ni  nous,  nous  ne 
»  laisserons  modifier  l'état  de  la  vanne,  de  façon  à 
a  porter  préjudice  à  la  ville.  » 

Nous  ne  savons  pas  quel  fut  le  jugement  rendu 
par  le  doyen  de  Bar-sur-Seine  et  l'archidiacre  de 
Laçois;  ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  que  le  vannage 

(1)  On  sait  qu'en  droit  canonique  la  prescription  de  quarante  ans 
jouait  UD  rôle  analogue  à  celui  de  notre  prescription  trentenaire. 


-  260  - 

subsista.  En  1361,  un  nouveau  procès  avait  surgi 
entre  l'Hôtel-Dieu-Ie-Comte  et  le  chapitre  de  Saint- 
Pierre.  On  avait  fait  des  réparations  à  Vtiiot  de  la 
Grande-Pointe  et  au  vannage.  Le  maître  de  l'Hôtel- 
Dieu  prétendait  qu'on  avait,  par  cette  opération,  ré- 
tréci Touverture  du  canal  des  Trévois.  Une  expertise 
eut  lieu  :  on  reconnut  que  ce  canal  avait  sept  pieds 
de  large  au  point  de  séparation  des  deux  bras,  et  les 
experts  déclarèrent  que  l'Hôtel-Dieu-le-Comte  n'avait 
pas  droit  à  une  plus  grande  largeur.  La  suppression 
du  vannage,  et  rétablissement  du  libre  cours  qui 
existe  aujourd'hui,  paraissent  avoir  été  pour  la  pre- 
mière fois  décidés  en  1372  (1). 

La  vieille  prospérité  industrielle  de  Troyesestdoe 
en  grande  partie  au  canal  des  Trévois  ;  c'est  à  Henri 
le  Libéral  que  doit  être  reporté  l'honneur  de  cette 
prospérité. 


(1  )  Extrait  de»  deux  Cartulaires  de  rHôtel-DieU'le'Coffiie  de  Tro^, 
/«>•  13  et  74  du  premier,  /^^  17  et  18  du  uoond. 

I. 

DE  VANNA  TRECEN8I. 

Viris  venerabilibus  et  discretis  J.,  decano  Barrensi,  et  Laticenâ 
archidiacono  ecclesie  Lingonensis,  B.,  decanus  totumque  capitulum 
Beati  Stephani  Trecensis,  in  Domino  salutem. 

Nolum  vobis  fieri  volumus  quod  vanna  Treoensis,  saper  quam 
magister  Herbertus,  procurator  pauperuin  Domus  Dei  Beati  Ste- 
phani Trecensis,  auctoritate  apostolica  a  capitub  Trecensi  coraa 
vobis  trahitur  in  causam,  molendinis  nostris  et  usibus  necessariis 
fere  totiiis  ville  Trecensis  deservit,  nec  est  in  polestate  predicti 
Herberti,  quod  illam  vannam  a  statu  suo  retrorsum  inomutet.  Hoc 
enini  fieret  in  prejudicium  et  dampnum  nostrum  et  tocius  ville. 
Hoc  eciain  pro  certo  scialis  quod,  si  capitulum  Treoeose  more 


k 


-  861  — 

consueto  vellet  curare  et  aggeram  multitadinis  arenose  ab  iDtroitu 
alvei  sui  removere,  villa  Trecensis  moderacius  et  pFedictum  capi< 
tulum  aquam  habaret  habundancius. 

II. 

ITBM  Di:  TANNA. 

Theobaldus»  Campanie  et  Brie  cornes  palatinus,  venerabilibus 
viris  et  discretis  J.,  decano  Barrensi  et  Laticensi  archidiacono 
Lingonensi,  salutem  in  Domino. 

Sciatis  quod  illa  vanna  Trecensis  super  quam  capitulum  Sancti 
Pétri  Trecensis  trahit  in  causam  coram  vobis  auctoritate  apostolica 
magistrum  Herbertum,  procuratorem  pauperum  domus  Dei  Beati 
Stepbani  Trecensis,  est  mea,  et  in  dominio  et  potestate  mea  sita, 
et  in  justicia  mea;  neque  eciam  dicto  capitule  Sancti  Pétri  aiiquan- 
do  super  dicta  vanna  justiciam  denegavi.  Si  eciam  adjudicata  essct 
capitule  pro  aliquo  defectu  dicti  magistri  Herbert! ,  non  veliem, 
quod  michi  posset  aliquid  prejudicium  fieri,  sed  ad  eam  tanquam 
ad  meam  me  tenerem.  Mando  itaque  vobis  et  precor,  quatenus  in 
causa  illa  supersedeatis,  et  ad  meam  curiam  remittatis  causam 
illam.  Ego  autem  jamdicto  capitule  Sancti  Pétri  et  omni  conque- 
renti  de  illa  vanna  paratus  sum  plenam  justiciam  exhibere. 

Datum  Peancii.  Traditum  me  ipso,  anno  gracie  millésime  CC. 
vicesimo  secundo. 

III. 

ITEM  DE  VANNA. 

Viris  venerabilibus  et  discretis  J.,  decano  Barrensi,  et  Laticensi 
archidiacono  prepositi  et  burgensesTrecenses  in  Domino  salutem. 

Notum  vobis  facimus  quod  immutacio  vanne,  de  qua  trahitur  in 
causam  coram  vobis  magister  Herbertus  a  capitule  Trecensi,  non 
est  ejus  possibilitatis.  Quippe  vanna  illa  deservit  ville  Trecensi  ad 
abluendas  carnes,  quibus  tota  villa  vescitur,  et  ad  abiciendas  im- 
mundicias  ipsius  ville,  et,  quod  majus  est,  adprestandum  municio- 
nem  et  securitatem  contra  ignis  incendium,  adeo  quod,  cum  anno 
preterito  villa  Trecensis  in  maxima  parte  combureretur,  residuum 
ville  combustum  esset,  nisi  aqua  defluens  ab  illa  vanna  per  médium 
ville  subsidium  prestitisset.  Preterea  vanna  illa  deservit  ofiBcinis 
palacii  comitis  Trecensis,  ita  quod  valde  intolerabiles  fièrent,  nisi 


—  262  — 

vanna  iila  remedium  preberet.  Et  quid  erit  de  hoc,  quocT  vanna 
illa  longevi  temporis  pretextu  se  tuetur?  Sicut  enim  plurimi  tes- 
tantur,  plus  quam  quadraginta  annis  retroactis  Henricus  pie  recor- 
dacionis,  cornes  Trecensis,  ad  laudem  et  consensum  tocius  ville 
Trecensis  illam  construxit.  Quid  ergo  super  hoc  sit  agendum  oculis 
vestre  devocionis  inspiciendum  relinquitur.  Hoc  autem  sciatis, 
quod  in  prejudicium  et  dampnum  ville  vannam  ilIam  a  statu,  in  quo 
longo  tempore  permansit,  et  cornes  et  villa  nullatenus  sustineret 
immutari.  Iteno  sciatis  quod,  si  capitulum  Trecense  alveum  aque 
sue  more  consueto  vellet  curare,  haberet  aquam  in  habundanciam. 

(Cf.  i«r  Cart.,  fa»  74  et  76;  2«  Cart,,  f>»  i8  et  i».) 


k 


—  263  — 


CHAPITRE  XIII 


Domaine  corporel  du  comte. 

On  peut  distinguer  les  différentes  sources  du  re- 
venu des  comtes  de  Champagne  en  trois  catégories  : 
les  droits  corporels,  des  droits  incorperels  analogues 
à  nos  impôts  directs,  et  des  droits  incorporels  qu'on 
peut  assimiler  à  nos  impôts  indirects. 

Les  droits  corporels  étaient  assis  dans  les  prévô- 
tés qui  appartenaient  à  nos  comtes.  Dans  notre 
tome  II,  p.  622,  nous  avons  donné,  d'après  le  feoda 
Campaniœ,  une  liste  de  ces  prévôtés  qui  comprend 
vingt-huit  noms.  Les  chartes  nous  en  fournissent  six 
autres  :  Ghaource,  Dormans,  Jouy,  Larsicourt,  Ma- 
raye  et  Vassy  (1).  De  ces  prévôtés  une  seule  parait 
avoir  été  acquise  par  Henri,  c'est  celle  de  Ghaource, 
qu'il  tenait  de  Tabbaye  de  Montiéramey,  et  qui  de- 
vait son  origine  à  ce  que  celte  abbaye  l'avait  associé 
aux  droits  qu'elle  possédait  à  Ghaource  et  à  Metz- 
Robert  (2).  Une  autre  acquisition  que  fît  Henri,  fut 
celle  de  la  moitié  de  la  seigneurie  de  Vauchassis,  que 
lui  céda  l'abbaye  de  Saint-Germain  d' Auxerre  (3),  et 


(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  423,  et  le  présent  volume,  p.  ISO- 
ISS. 

(2)  Cela  résulte  d'une  charte  de  l'an  1177,  n®  274,  mais  les  faits 
qu'elle  constate  peuvent  remonter  quelques  années  plus  haut. 

(3)  Gesta  abbaium  Autissiodorensium  ^  ap.  D.  Bouquet,  XII, 
307  B. 


—  264  — 

qui  devint  plus  tard  une  prévôté  (i),  mais  qui  ne 
parait  pas  l'avoir  été  au  xii*  siècle.  Nous  ne  pouvons 
compter  pour  une  acquisition  le  renouvellement  de 
la  cession  de  Vertus,  accordé  à  Henri  pour  sa  vie 
seulement,  disait-on,  par  le  chapitre  de  Reims, 
moyennant  une  rente  de  cent  sous,  en  1153, 
n*»  11  (2). 

Henri  parait  avoir  diminué  son- domaine  beau- 
coup plus  qu'il  ne  l'augmenta.  Nous  avons  parié 
déjà  de  ses  nombreuses  donations  à  des  établisse- 
ments religfieux  ;  en  outre,  il  détacha  de  son  domaine 
plusieurs  biens  importants  qu'il  inféoda  à  diverses 
personnes.  Ce  fut  à  ce  titre  qu'il  céda  à  Bernard  de 
la  Grange  les  revenus  d'une  maison  située  dans  la 
ville  basse  de  Provins  (an  1165,  n*  130);  à  Tévêque 
de  Beau  vais,  )a  seigneurie  de  Savignies  (an  1167, 
n**  1A9);  à  Girard  de  Bannenaco,  les  revenus  d'nne  se- 
conde maison  située  comme  la  première  dans  la  ville 
basse  de  Provins  (an  1170,  n*  177);  à  Habran  de 
Provins,  chambrier,  les  étaux  où  Ton  vendait  les 
fruits  au  vieux  marché  de  Provins  (an  1178,  n'^SSS). 

D'autres  fois  on  le  voit  se  dépouiller  au  profit  de 
roturiers,  et  par  conséquent  sans  charge  d'hommage; 
par  exemple,  il  donne  à  Ebrard,  son  fauconnier, 
une  rente  de  deux  muids  de  froment  et  de  quatre 
muids  d'avoine  (n*  269). 

Joinvitle  a  raeonté  une  anecdote  restée  populaire. 
Il  nous  parle  d'un  pauvre  gentilhomme  qui,  man- 
quant d'argent  pcmr  établir  ses  filles,  vînt  à  Troyes 

(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  lxiv,  t^  S»  (cf.  p.  282). 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  page  282. 


—  265  — 

en  demander  à  Henri.  Le  chambrier  Artaud,  répon- 
dant pour  son  maître,  refusait  sous  prétexte  que  le 
comte  avait  tout  donné.  Tu  te  trompes,  vilain,  dit  le 
prince  ;  et  le  présent  que  fît  Henri  fut  Artaud  lui- 
même  qui  dut  racheter  sa  liberté  moyennant  une 
somme  d'argent. 

Nous  rangerons  dans  l'ordre  alphabétique  les  dit- 
férentes  sortes  de  biens  corporels  possédés  par  le 
comte. 

ÂUBAiNS.  —  On  appelait  aubain  le  roturier  qui 
venait  résider  dans  une  seigneurie  où  il  n'était 
pas  né,  et  qui  n'était  pas  réclamé  par  son  seigneur 
d'origine;  il  était  de  droit  serf  du  baron  dans  la 
châtellenie  duquel  il  fixait  sa  résidence.  On  distin- 
guait deux  sortes  d'aubains,  ceux  qui  étaient  fran- 
çais et  ceux  qui  ne  l'étaient  pas  :  Henri,  donnant  au 
chapitre  de  Saint-Quiriace  la  seigneurie  de  Bois-le- 
Comte,  se  réserve  les  aubains  qi}i  viennent  de  regno 
gallico,  et  cède  aux  chanoines  les  aubains  qui  viennent 
de  extra  regnum  (an  1170,  n«  174;  1176,  n''  252). 

En  1152,  n**  7,  Henri  cède  au  prieuré  de  Sainte- 
Foy  de  Goulommiers  les  aubains  qui  viendront  de- 
meurer dans  la  terre  de  ce  prieuré  (1).  En  1157, 
n**  45  bis,  il  accorde  le  môme  privilège  au  prieuré 
du  Mets-la-Madeleine.  D'autres  chartes  sont  plus 
larges  encore,  ce  sont  celles  de  Saint-Etienne  de 
Troyes  (an  1157,  n°  47),  de  Saint-Maclou  de  Bar- 
8ur-Aube  (an  1160,  n^  78;  1170,  n«  178),  de  l'église 


(1)  Voir  une  charte  de  Thibaut  II  analysée  dans  notre  Tome  II, 
p.  307.  En  1152,  Henri  renouvelait  un  privilège  accordé  par  son 
père  vingt  ans  auparavant. 

is 


—  266  — 

d'Oulchy  (an  1177,  n^  266),  de  Saint-Nicola»  de  Sé- 
zanne  (an  1179,  n°  295)  :  elles  n'exigent  pas  la  ré- 
sidence des  aubains  sur  la  terre  de  rétablissement 
privilégié.  Tous  les  aubains  qui  habitent  actuelle- 
ment Troyes  et  Pont-sur-Seine  peuvent,  s'ils  le 
veulent,  devenir  serfs  de  Saint-Etienne  de  Troyes; 
pour  Tobtenir,  ils  n'ont  qu'une  déclaration  à  faire, 
et,  à  cet  effet,  un  délai  d'an  et  jour  leur  est  accordé. 
Tous  les  aubains  qui  viendront  à  l'avenir  demeurer 
à  Bar-sur-Aube  auront  un  an  et  un  jour  pour  dé- 
clarer s'ils  préfèrent,  comme  seigneur,  le  chapitre 
de  Saint-Maclou  au  comte.  Les  aubains  qui  arrive- 
ront à  Sézanne  et  à  Tréfols  pourront  de  même, 
dans  Tan  et  jour,  opter  pour  le  chapitre  de  Saint- 
Nicolas  de  Sézanne. 

Bac  de  Brat-sur-Seine.  —  En  1176,  n*  252, 
Henri  donne  aux  chanoines  de  Saint-Quiriace  le  droit 
de  se  faire  passer  dans  ce  bac  sans  payer,  quand  le 
passage  à  gué  est  impossible. 

Bains  publics  de  Trotes.  —  En  1179,  n"*  309, 
Henri  donna  à  la  léproserie  de  Troyes  la  dime  des 
bains  (1). 


(1)  Ils  étaient  situés  là  où  se  trouve  aujourd'hui  la  gendarmerie 
(voir  Grosley,  Mém.  lùsL,  I,  59-44;  Corrard  de  Breban,  lesRm 
de  Troyes,  p.  65-66.  Ils  existaient  dès  1154,  comme  le  prouve 
une  charte  de  cette  année  publiée  par  Vallet  de  Viriville  {Ârck. 
hist,  de  rAube,  p.  595).  Le  cours  d'eau  qui  les  alimentait  remon- 
tait au  moins  au  règne  du  comte  Hugues,  d'après  la  même  charte. 
Ce  cours  d'eau  était  probablement  un  bras  du  canal  de  la  Moline. 

Il  y  avait  aussi  î^  Provins  des  bains  qui  appartenaient  au  comte 
de  Champagne,  car  Louis  le  Ilutin  les  iU  rebâtir;  mais  il  n*en  est 
pas  question  avant  le  xiii**  siècle  (Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I, 
277-279. 


—  267  — 

CsLLiBns.  —  Henri  1"  donna  aux  gardiens  du 
Irésor  de  Saint-Etienne  de  Troyes  une  rente  de  six 
muids  de  vin  à  prendre  dans  son  cellier  de  cette 
ville.  Cette  donation  est  rappelée  dans  les  chartes  de 
l'an  1186,  n»  346,  et  de  Tan  1188,  n«  369.  Il  avait 
probablement  aussi  un  cellier  à  Provins  ;  il  est  ques- 
tion de  ce  cellier  sous  son  (ils  Henri  H,  dans  la 
charte  de  Tan  1188,  n^  376. 

Etangs.  —  En  1159,  n**  67,  Henri  donna  au 
prieuré  de  SaintAyoul  le  droit  de  pêche  dans  son 
^tang  de  Provins,  la  veille  de  la  Saint-Ayoul  ;  il  y 
met  toutefois  ces  conditions,  qu'on  ne  péchera  pas 
lu  filet,  et  qu'on  ne  se  servira  pas  de  graisse  en  guise 
d'amorce  (1). 

Etaux.  —  Nous  venons  de  dire  qu'en  H78, 
a?  285,  Henri  inféoda  à  Habran  de  Provins  des 
étaux  au  vieux  marché  de  cette  ville. 

FoRÉTs.  —  Les  bois  d'Henri  le  Libéral  étaient 
gardés  et  administrés  par  des  employés  qu'on  nom- 
mait forestiers  et  qui  paraissent  avoir  été  subordon- 
nés aux  prévôts  (2).  Le  forestier  Arnaud  est  témoin 
dans  la  charte  de  l'an  1162,  n»  104.  En  1164, 
n®  127,  Henri  donne  à  l'abbaye  du  Reclus  deux  fo- 
restiers pour  garder  les  bois  de  ce  monastère;  on 


(i)  Absqne  rete  et  sagina. 

(2)  Dans  le  texte  de  l'an  1161 ,  n°  102,  Henri  ayant  constitué  un 
iroit  d'usage  au  profit  de  l'abbaye  de  Rebais,  si^înifie  celte  décision 
lux  employés  qui  flevront  la  faire  ex-écuter;  il  s'exprime  en  ces 
termes  :  Pr^rcipio  ig'itnr  xit  pra'positi  met,  foresliarii  quoque,  et 
txteri  servîentes.  Les  prévôts,  chefs  de  l'administiation  dans  la 
cbâtellenie,  sont  placés  les  premiers,  et  quoiqu'il  s'agisse  de  forêts, 
précèdent  les  forestiers. 


—  268  — 

peut  en  conclure  que  ces  forestiers  étaient  serb. 
Dans  la  charte  de  l'an  1190,  n"*  610,  le  terme  de 
Gruier,  Gruerius,  est  employé  comme  synonyme  de 
forestier  (i).  La  garde  des  bois  était  considérée 
comme  un  avantage  pécuniaire  à  cause  des  amendes 
dont  on  frappait  les  délinquants.  En  1171,  n""  19&, 
Henri  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Médard  de  Soissons 
la  garde  des  bois  de  Damery.  Il  déclara  que  si  les 
sergents  de  l'abbaye  avaient  besoin  d'appeler  à  leur 
aide  ceux  du  comte,  ceux-ci  auraient  pour  leur  peine 
un  tiers  de  l'amende. 

Henri  se  signala  surtout  en  fait  d'administration 
forestière  par  le  grand  nombre  de  ses  concessions 
de  droit  d'usage;  il  en  fit  aux  abbayes  de  Montier- 
la-CelIe,  de  la  Croie,  d'Igny,  de  Glairvaux,  de  Re- 
bais, de  Châge,  de  Trois-Fontaines,  de  Saint-Loap 
de  Troyes,  de  Vauchrélien,  aux  prieurés  de  Chitil- 
Ion  et  de  l'Abbaye- sous-Plancy,  au  chapitre  de  Saint- 
Etienne  de  Troyes,  à  la  léproserie  de  la  même  ville. 

La  quantité  de  bois  qu'un  usager  pouvait  prendre 
était  le  plus  souvent  illimitée.  Nous  avons  constaté 
quatre  cas  où  elle  est  fixée,  et  voici  comment  :  le 
concessionnaire  a  le  droit  d'emporter  de  la  forêt 
tous  les  jours  autant  de  bois  qu'en  peut  contenir  une 
charrette  à  deux  chevaux,  disent  trois  chartes  (an 
1154,  n*  24;  1156,  n« 42;  1163,  n*»  116);  uneqoa- 
trième  charte  permet  aux  concessionnaires  d'em- 


(1)  Biga  $eu  quelihet  veturia  predidorum  a  grueriis  tive  foret- 
tariis  nieis  nullatenus  impediatur.  Il  ne  nous  paraît  nullemeat 
prouvé  que  les  gruiers  fussent  spécialement,  et  à  rexclusion  des 
forestiers,  chargés  de  la  perception  du  droit  de  gruerie. 


—  269  — 

ployer  chaque  jour  deux  charrettes  à  deux  chevaux 
chacune  (an  1172,  n-  207)  (1). 

La  qualité  du  bois  auquel  les  usagers  avaient  droit 
était  déternainé  d'une  manière  plus  précise;  on  dis- 
tinguait les  arbres  en  deux  classes,  le  mort  bois  et  le 
bois  vif  (2).  Deux  ordonnances  d'Henri,  rendues  en 
1 165,  et  concernant,  l'une  la  forôt  de  Jouy  (n*  132), 
l'autre  celle  de  Sourdun  (n""  133),  mais  énonçant  évi- 
demn>ent  un  principe  général,  nous  apprennent  qu'il 
faut  entendre  par  bois  vif  le  chêne,  le  hôtre,  le  pom- 
mier, le  poirier,  l'alizier,  le  cormier;  ce  sont  les 
arbres  qui  fournissaient  alors  le  bois  de  construc- 
tiou;  les  autres  servaient  au  chaulTagc.  Cette  distinc- 
tion résulte  d'abord  des  deux  chartes  que  nous  ve- 
nons de  citer  :  après  avoir  énuméré  les  essences  dont 
se  compose  le  bois  vif,  elles  ajoutent  que  les  usagers 
pourront  les  prendre  seulement  pour  bâtir  ou  répa- 
rer leurs  maisons,  ad  solum  herbergagium  suum,  La 
même  distinction  se  trouve  dans  la  charte  de  l'an 
1164,  n*  122,  avec  cette  seule  différence  qu'on  y 
donne  aux  usagers  le  droit  d'employer  le  mort  bois 


(1)  L'expression  consacrée  est  usuarium  ad  unam  higam,  ad 
duos  bigas,  et  nous  croyons  qu'on  doit  trouver  l'interprétation  de 
ces  termes  dans  les  expressions  suivantes  de  la  charte  de  l'an  1 156, 
n*  42,  usuarium  in  silva  mea  de  Gaut  inferius  declarandum  :  sci- 
licet  ut,  quantum  biga  de  lignis  trahi  polest,  usibus  in  predido 
loco  Deo  servientium  omni  die  in  perpetuum  attrahetur, 

(2)  Le  mort  bois  est  appelé  nemus  mortuum  dans  la  charte  do 
Tan  115G,  n"  ii,  et  mortua  ligna  dans  la  charte  de  l'an  1164, 
D*^  12^.  Le  bois  vif  est  appelé  nemus  vivum  dans  la  charte  de  l'an 
1156.  n*42. 


—  270  — 

en  construction,  si  cela  leur  est  agréable ,  et  si  le 
bois  vif  ne  leur  sufïît  pas  (1). 

On  peut  en  conclure  que  les  droits  d'usages  ac- 
cordés par  Henri  aux  abbayes  de  la  Crête,  de  Clair- 
vaux,  d'Igny,  deTrois-Fonlaines,  pour  leurs  forges, 
ne  concernaient  que  le  mort  bois  ;  mais  quand  la 
concession  avait  pour  objet  tout  usage  quelconque 
(an  1154,  n^  24;  1157,  n'  47;  1161,  n»  89;  1164, 
n*  127),  ou  le  bois  à  bâtir  comme  le  bois  à  brûler 
(an  1161,  no  102;  1164,  n^  122;  1171  n^  196),  les 
usagers  avaient  droit  au  bois  vif  comme  au  mort 
bois,  sauf  cette  réserve  que  sans  doute  partout  comme 
dans  les  forùts  de  Jouy  et  de  Sourdun  ils  devaient 
prendre  le  mort  bois  pour  le  chauffage  et  le  bois  vif 
pour  les  constructions.  Les  chartes  qui  accordent 
droit  d*usage  sans  autre  énonciation  doivent  évidem- 
ment s'entendre  à  la  fois  du  bois  de  chauffage  et 
du  bois  de  construction  (an  1163,  n^  116;  1173, 
n«  207). 

Quelquefois  il  est  stipulé  que  les  usagers  pourront 
prendre  dans  la  forêt  des  échalas  pour  leurs  vignes 
(an  1156,  n^  43  bis;  1177,  n« 287;  1179,  n*»  304), et 
môme  du  bois  pour  faire  des  clôtures  (an  1178, 
n«  287). 

Ce  qui  montre  combien  les  bois  étaient  peu  peu- 
plés, c'est  qu'en  1157,  n"*  47,  Henri  donna  au  cha- 
pitre de  Saint-Etienne  de  Troyes  la  dîme  de  l'avoine 


(i)  Âdjeci  etiam  prœdictas  eccle^ias  usuarium  in  nemoribus  Me- 
dunti  de  quibuslibet  lignis  ad  aediiipia  domonim  suanim  vel  moleo- 
dinonim  construendn  vol  roparanda  et  de  mortuis  lignis  ad  ignn 
faciendos  in  domibus  suis  et  in  furnis  suis. 


—  271   — 

des  bois  d'isle.  Si  on  cultivait  les  forêts,  on  pouvait 
aussi  les  pâturer;  en  1164,  n*"  127,  Henri  donna  à 
l'abbaye  de  Reclus  droit  de  pâturage  dans  la  forêt 
de  Vassy;  en  1176,  n"  260,  Henri  accorde  à  Tabbaye 
de  Saint-Loup  l'autorisation  de  faire  faucher  six  ar- 
pents dans  les  bois  où  elle  a  droit  de  pâturage;  il 
n'y  met  qu'une  réserve,  c'est  qu*on  ne  coupera  pas 
de  bois. 

Un  des  principaux  avantages  que  tirait  d'une  forêt 
le  propriétaire  était  le  droit  de  chasse  qu'Henri 
donna  à  l'archidiacre  Roric  dans  la  forêt  de  Mant(l). 

Les  coupes  de  bois  devaient  produire  fort  peu  de 
chose,  car  il  semble  résulter  des  ordonnances  de 
1165,  n°*  132,  133,  que  les  non  usagers  eux-mêmes 
pouvaient  y  prendre  le  mort  bois  sans  encourir  au- 
cune peine  (2).  Restait  le  bois  vif,  dont  le  proprié- 
taire pouvait  tirer  parti  une  fois  les  usagers  satisfaits. 
Il  avait  le  bois  de  service  laissé  par  eux,  et  la  totalité 
du  bois  de  chauffage  que  donnaient  les  arbres  con- 
nus sous  le  nom  de  bois  vif. 

Les  principales  forêts  du  comte  de  Champagne, 
au  TLiV'  siècle  étaient,  dans  TAubc,  celles  d'isle  (an 
1157,  n*  47;  1171,  n«  196;  1172,  n*  207),  d'Ervy 
(an  1190,  n^  404);  dans  la  Marne,  celles  de  Luiz  (3) 
et  du  Gaut  (an  1156,  n*^  46, 1163,  n»116);  dans  la 


(1)  Feoda  Campanie,  n®  45,  dans  notre  Tome  11,  p.  vi. 

(2)  Voir  en  ce  sens  une  disposition  de  la  loi  des  Bourguignons, 
tit.  XXVIIl,  art.  1. 

(3)  Voir  notre  Tome  11,  p.  103,  104,  t20.  C'était  dans  celte 
forêt  que  Hugues  avait  fondé  les  deux  abbayes  de  Cheminon  et 
de  Trois-Fontaines. 


—  272  — 

Haute-Marne,  celle  de  Vassy  (an  1156,  n"*  43  bis; 
1157,  n*»  46;  1158,  n*  59;  1161,  n«  89;  1164, 
n^  127;  1171,  n»  190;  1178,  n»  282);  dans  Seine- 
et-Marne,  celles  de  Jouy  (an  1165,  n"  132;  H70, 
n»  174),  de  Sourdun  (an  1165,  n«  133),  et  du  Manl 
(an  1161,  n«  102;  1164,  n«  122;  1178,  n'  287;  1179, 
n-  304). 

La  mince  valeur  de  la  propriété  forestière,  avait 
pour  résultat  de  nombreux  défrichements. 

La  charte  de  Tan  1164,  n®  127,  déclare  que  l'usa- 
ger n*aura  pas  le  droit  de  défricher.  Mais  l'autorisa- 
tion de  défricher  est  donnée  à  Tabbaye  du  Valsecret 
pour  vingt  arpents  (an  1154,  n*  21),  à  Thibaut  Re- 
velard  pour  le  bois  dit  Osateit  (an  1172,  n*  192),  à 
Tabbaye  de  Montier-laCelIe  qui  pourra  défricher  à 
Surançon  la  quantité  de  terre  nécessaire  pour  deux 
charrues  (an  1178,  n^  291). 

En  1170,  n"  174,  Henri,  donnant  à  Téglise  Saint- 
Quiriace  un  canton  de  bois  dans  la  forêt  de  Jouy, 
parle  des  terres  cultivées  et  des  habitants  qui  se 
trouvent  dans  ce  canton  de  bois  (1). 

Une  grande  partie  des  villages  nouveaux,  fondés 
à  cette  époque,  doivent  leur  création  à  des  défri- 
chements. Or,  on  peut,  ou  Ton  doit  même  attribuer 
au  régne  d'Henri  la  création  des  villages  suivants: 
Villeneuve-au-Ghàtelot  (Aube),  dont  les  habitants 
reçurent  d'Henri  divers  privilèges,  en  1175,  n**  237; 
Villeneuve-le-Comte  (Seine-et-Marne),  dont  il  donna 
les  novales  à  son  frère  Guillaume,  archevêque  de 


(1)  Voir  aussi  la  charte  de  l'an  1176,  n^  252.  C'est  aujourd'hui 
Bois-le-Comte. 


—  273  — 

Sens,  qui,  à  son  tour,  les  céda  à  l'abbaye  de  Sainte- 
Colombe,  en  1176,  n'  263;  Villeneuve-F Archevêque 
(Yonne),  dont  la  forteresse  était  lenue  d'Henri  pour 
moitié  par  Ânseau  de  Traînel,  en  1177,  n**  264;  la 
Villeneuve  de  Chaource  et  de  Metz-Robert  (Aube), 
fondée  par  lui  de  concert  avec  l'abbé  de  Montiéra- 
mey  (an  1177,  n**  274);  Villeneuve  prés  de  Vosnon 
(aujourd'hui  Villeneuve-au-Chemin,  Aube),  dont  il 
donna  moitié  au  prieuré  de  Saint-Jean-en-Chàtel  de 
Troyes,  en  1178,  n*  292. 

Quand  Henri  voulait  établir  une  ville  neuve^  il 
attirait  la  population  par  divers  avantages  :  exemp- 
tion de  taille,  de  péage  et  de  tonlieu,  réduction  du 
chiflFre  des  amendes  et  des  épices  du  prévôt,  dé- 
charge de  l'obligation  du  service  militaire  toutes  les 
fois  que  le  comte  ou  un  de  ses  grands  officiers  ne 
commande  pas  en  personne,  quelquefois  droit  d'é- 
lire certains  magistrats  (an  1175,  n"  237;  1177, 
no  274). 

Fours.  —  La  plupart  du  temps  les  seigneurs 
avaient  dans  chaque  localité  des  fours  dits  banaux, 
où  chaque  habitant  était  obligé  de  faire  cuire  son 
pain.  La  charte  de  l'an  1157,  n""  47,  mentionne  deux 
moitiés  de  four  données  par  le  comte  au  chapitre  de 
Saint-Etienne;  Henri  joint  à  cette  libéralité  un  privi- 
lège, c'est  que,  sans  le  consentement  du  chapitre, 
personne  ne  pourra  établir  de  four  dans  le  Quartier- 
Haut,  c'est-à-dire,  comme  s'exprime  la  pièce  :  entre 
Sainte-Savine  et  le  bras  de  la  Seine  qui  passe  au 
pont  de  la  Salle  (1).  La  charte  de  Tan  1169,  n*  74, 

(1)  Ce  bras  de  la  Seine  est  ce  qu'on  appelle  le  Ru-Cordé  (au- 
jourd'hui eo  partie  confondu  avec  le  canal  de  la  Haute-Seine)  ;  et 


—  274  —       ^ 

rappelle  que  Thibaut  II  avait  donné  au  prieuré  de 
Foicy  trois  fours  à  Troyes,  avec  rexemption  de 
toute  redevance  et  de  tous  droits  de  justice  poar 
huit  boulangers  et  un  fournier  par  four.  Le  four 
banal  de  Baroville  est  compris  parmi  les  biens  dont 
Henri  dota  le  chapitre  de  Saint-Maclou,  en  1160, 
n»  78.  En  1175,  n"*  239,  Henri  acquit  par  échange 
la  moitié  indivise  du  four  banal  de  Damery  et  la 
donna  en  fief  à  Garin  de  Damery.  La  charte  décide 
que  si  quelqu'un  est  accusé  d'avoir  été  cuire  ailleurs, 
ou  sept  personnes  attesteront  par  serment  son  inno- 
cence, ou  il  paiera  deux  sous  d'amende,  plus  le 
fournage,  c'est-à-dire,  le  prix  ordinaire  de  la  cuis- 
son. 

Greniers.  —  En  1157,  n"*  47,  Henri  donne  au 
chapitre  de  Saint-Etienne  la  dime  du  froment  qui 
vient  à  son  grenier  de  la  seigneurie  de  Troyes.  En 
1175,  au  plus  tard,  n°  249,  Henri  donne  à  son  fau- 
connier une  rente  de  grains  à  prendre  à  son  grenier 
de  Ilosnay,  entre  les  mains  du  grenetier  chargé  de 
Tadministration  de  ce  grenier.  Dés  1161,  n**  94,  il 
est  question  d'un  grenetier  nommé  Garnier,  dont 
Henri  acquiert  par  échange  la  femme  qui  était  serve 
de  Saint-Loup. 

HosTiSES.  —  On  appelait  ainsi  des  chaumières 
habitées  moyennant  redevance  par  des  paysans. 
L'abbaye  d'Oye  en  céda  par  échange  à  Henri  ao 
certain  nombre  qu'elle  possédait  à  Ghapelaines,  et 
Henri  en  donna  la  moitié  à  Guillaume  le  Roi,  ma- 


ie pont  de  la  Salle,  Pons  Aulœ,  est  celui  qui  se  trouvait  au  sud- 
ouest  de  l'hôpital  (voir  le  travail  de  M.  Corrard  de  Brebau,  inti- 
tulé Mémoire  sur  les  diverses  enceintes  de  la  ville  de  Troyes). 


—  275  — 

réchal  (an  H71,  n*  197).  La  comtesse  Marie  donna 
des  hostises  au  chapitre  de  Saint-Quiriace  (an  1176, 
n-  252). 

Maisons.  —  En  1152,  n*  7,  Henri  donne  au 
prieuré  de  Sainte-Foy  de  Coulommiers  la  maison 
que  son  aïeule  Adèle  possédait  à  Coulommiers. 

Masures.  —  Semble  avoir  été  un  synonyme  d'hos- 
tises.  Henri  en  donna  dix  au  chapitre  de  Saint-Nico- 
las de  Sézanne.  Au  don  des  masures,  il  joignit  celui 
des  habilanls  et  de  leurs  possessions  (an  1179, 
n*  295). 

Moulins.  —  Henri  possédait  complètement,  ou 
pour  partie,  un  certain  nombre  de  moulins  dont 
nous  citerons  quelques-uns. 

Moulin-du-Comte,  entre  Passy  et  Chàtillon-sur- 
Marne  :  Henri  y  avait  un  tiers  qu'il  donna  aux  Tem- 
pliers (an  1152,  n°  6). 

Moulin  de  la  Tour  à  Troyes  (1)  :  Thibaut  II  avait 
donné  au  prieuré  de  Foicy  la  dime  du  moulin  de 
la  Tour  (2).  Henri,  rappelant  cette  donation,  y  ajouta 
une  rente  de  deux  muids  de  froment  sur  le  même 
moulin  qu'il  appelle  mon  moulin  (an  1159,  n**  76). 

Moulin  des  bains  de  Troyes  :  sur  le  ru  Cordé  (3), 
prés  la  gendarmerie  actuelle.  Henri  donna  au  cha- 
pitre de  Saint-Etienne  la  part  qu'il  avait  dans  ce 
moulin  (an  1157,  n*  47). 


(1)  Molendina  de  suh  turre  (en  1159,  n^  74). 

(2)  C'ëtait  alors  évidemment  ou  la  Vienne  ou  un  bras  du  canal  de  la 
Molineet  non  le  Ru-Cordé  qui  faisait  mouvoir  le  moulin  de  la  Tour, 
Nous  croyons  que  le  Ru-Cordé  n'existait  pas  sous  Thibaut  II. 

(3)  Peut-^tre  marchait-il  avec  des  eaux  venant  du  canal  de  la 
Moline. 


—  276  — 

Moulin  du  château  de  Troyes  (i)  :  Henri  en  donna 
aussi  sa  part  au  chapitre  de  Saint-Etienne  (an  1157, 
n*  47). 

Moulin  d'Ile-Âumont  :  Henri  en  donna  la  moitié 
au  chapitre  de  Saint-Etienne  (an  1157,  n*  47). 

Moulins  de  Provins  :  Mathilde,  mère  d'Henri,  da 
consentement  de  son  fils,  donna  à  Tabbaye  de  la 
Pomraeraye  trois  moulins  à  Provins  (an  1160, 
n«  82). 

Moulin  de  Meaui  :  Henri  donna  au  prieuré  de 
Fontaines  une  rente  de  vingt  septiers  de  froment 
sur  son  moulin  de  Meaux  (an  1170,  n^  173). 

Moulins  de  Bar-sur-Aube  :  Henri  donna  au  cha- 
pitre de  Saint-Maclou  vingt  seliers  de  rente  sur 
ses  moulins  de  Bar-sur-Aube  (an  1170,  n**  178). 

Moulin  Ursartorum  ou  de  porta  Ursariorumy  c'est 
aujourd'hui  le  moulin  de  Meldançon  (2),  Henri  ea 
avait  les  deux  tiers.  Du  consentement  d'André  Ce- 
menlariusy  son  co-propriétaire,  il  donna  à  l'abbaye 
de  Saint-Martin-ès-Aires  la  dîme  des  revenus  de  ce 
moulin  et  le  droit  d'y  faire  moudre  gratuitement  un 
demi  muid  de  grains  par  semaine  (an  1171,  n*  195). 
Trois  ans  plus  tard,  André  Cementarius  vendit  cent 
livres  son  tiers  à  Tabbaye  de  Saint-Martin-ès-Aires 
(an  1174,  n"  232). 

Moulin  de  Chaillouet  (de  Challooel)^  aujourd'hui 


(1)  Molendina  juxta  novum  castellum  quod  est  ante  eccîemm 
Beatî  Johannh  (an  1157,  n°  47).  Il  ne  faut  pas  confondre  ce  moulin 
avec  celui  de  la  Tour. 

(2)  La  porte  dite  Ursariorum  était  située  auprès  du  chevet  de 
la  cathédrale  (Corrard  de  Breban ,  Mémoire  sur  les  enceintes  de 
la  ville  de  Troyes,  p.  7). 


—  277  — 

MoulJDS-Brulés,  est  compris  dans  la  disposition  de  la 
charte  de  Tan  H71,  n"  195,  en  faveur  de  Tabbaye 
de  Saint-Marlinès-Aires. 

Moulin  de  la  Porte-de-FEvéque  (1)  :  le  même  pro- 
bablement que  le  moulin  Ursariorum  (2).  En  1172, 
n**  207,  Henri  donna  à  l'abbaye  de  Saint-Loup  un 
demi-muid  de  froment  et  un  demi-muid  de  mouture 
sur  ce  moulin. 

Moulins  de  rHôtel-Dieu-le-Comle  de  Troyes  :  en 
1174,  n*  220,  Henri  donna  à  Thôpital  Saint-Bernard 
le  droit  d'y  moudre  gratuitement  deux  setiers  de 
blé  par  semaine.  Les  noms  de  ces  moulins  sont 
portés  à  notre  connaissance  par  la  charte  qu'Henri  II 
accorda  à  THôtel-Dieu-le-Comle  de  Troyes,  en  1189, 
n**  388.  Ce  sont  les  moulins  des  Trévois  (de  Torta 
Fia),  de  la  Tannerie  et  de  Croncels.  Les  deux  pre- 
miers existent  encore  aujourd'hui,  mais  ont  changé 
de  nom  :  le  moulin  des  Trévois  se  nomme  Péial  (3), 
et  celui  de  la  Tannerie,  Paresse  (4). 

Moulin  de  Saint- Julien,  prés  Troyes  {de  Senceio)  : 
en  1175,  au  plus  tard,  n®  249  bis,  Henri  autorise 
les  lépreux  des  Deux-Eaux  de  Troyes  à  moudre  gra- 
tuitement dans  son  moulin  de  Saint-Julien,  quand, 


(1)  Molendina  de  juxta  portam  que  dicitur  Ephcopi. 

(2)  Porta  Ursariorum  et  porta  Episcopi  étaient  deux  noms  de 
la  même  porte  (Corrard  de  Breban,  Mémoire  sur  les  enceintes  de 
Troyes,  p.  7}. 

(3)  Archives  de  l'Aube,  Inventaires  des  archives  de  r Hôtel- 
Dieu-le-Comte,  t.  III,  p.  469. 

(4)  Arcliives  de  l'Aube,  Inventaires  des  archives  de  V Hôtel- 
Dîeu^le-Comte,  t.  IV,  p.  125.  A  cette  date  il  est  évident  que  le 
canal  des  Trévois  existait  (voir  plus  haut,  p.  257). 


—  278  — 

faute  d'6au,  ils  ne  pourront  moudre  à  leur  moniro. 

Moulins  de  Bray-sur-Seine  :  en  1476,  n»  252, 
Henri  donna  à  Téglise  de  Saint-Quiriace  tous  les 
droits  qu'il  avait  sur  ces  moulins. 

pRBS.  —  En  1161,  n*  94,  Henri  donna  à  l'abbaye 
de  Saint-Loup  dix  arpents  de  pré  à  Pont-sur-Seine 
et  deux  prés  à  la  Bretonniére.  La  même  année, 
n°  98,  il  donna  aux  chevaliers  de  Saint-Jean-de-Jé* 
rusalem  deux  charrettes  de  foin  à  prendre  dans  son 
pré  de  Mareuil.  En  1171,  nM 91,  il  donne  à  Thibaut 
Révelard  dix  arpents  de  pré  dans  VAio,  entre  Eper- 
nay  et  Damery.  La  même  année,  n*"  196,  il  donne 
un  pré  à  la  léproserie  de  Troyes.  Il  avait  fait  à  Fur- 
bert  TEpicier  donation  d'un  pré  à  Château-Thierry, 
comme  le  rappelle  Henri  II,  en  1187,  n**  361. 

Pressoirs  bannaux.  —  En  1175,  rf  236,  Henri 
rappelle  la  donation  des  pressoirs  bannaux  de  Bray- 
sur-Seine,  faite  au  chapitre  du  lieu  par  Thibaut  II. 

Rivières.  —  Henri  était  propriétaire  des  cours 
d'eau  qui  coulaient  dans  ses  chàtellenies  ;  il  6t  à  ce 
titre  les  dispositions  suivantes.  En  1152,  n'  5,  il 
donne  à  l'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims  le  ban 
de  la  Marne  au-dessus  et  au-dessous  de  Condé,  c'est- 
à-dire  que  personne  n'y  pourra  pêcher  sans  le  con- 
sentement de  l'abbé  ;  le  prévôt  de  Saint-Remy  aura 
deux  tiers  des  amendes,  le  prévôt  du  comte  aura 
l'autre  tiers.  En  1152,  n*  7,  il  accorde  divers  droits 
de  pêche  au  prieuré  de  Sainte-Foy  de  Coulommiers, 
se  réservant  la  faculté  de  faire  pêcher  pour  les  be- 
soins'de  sa  maison  sans  demander  la  permission  des 
moines.  En  1156,  n**  43  bis,  Henri  donne  à  l'ab- 
baye de  la  Crête  droit  de  pêche  dans  le  Rognon  jus- 
qu'à son  confluent  avec  la  Marne.  En  1157,  n""  67, 


—  279  — 

il  donne  aux  chanoines  de  Saint-Etienne  la  pêche  et 
le  cours  de  la  Seine  tel  qu'il  le  possédait  de  Saint- 
Julien  au  moulin  de  Saint-Quentin  (1);  plus  tard, 
une  autre  disposition  d'Henri  obligea  les  chanoines 
à  partager  ce  droit  de  pêche  avec  THôlel-Dieu-le- 
Comte,  qui  du  reste  était  dans  l'origine  un  acces- 
soire et  une  dépendance  du  chapitre;  cette  disposi- 
tion est  rappelée  par  Henri  II  dans  la  charte  de  Tan 
1189,  n*  388  (2).  En  1161,  n*  94,  Henri  le  Libéral 
donne  à  Tabbaye  de  Saint-Loup  le  cours  de  la  Barse 
entre  le  moulin  de  Baire-Saint-Loup  et  le  lieu  dit  Ar- 
zileium  (3).  La  même  année,  n**  95,  il  renonce  aux 
service  féodal  que  lui  doit  Tabbaye  de  Saint-Martin- 
ès- Aires  pour  la  moitié  de  l'eau  qui  est  entre  le 
moulin  de  Sainte-Maure  (Aube)  et  le  gué  de  Saint- 
Benoît-sur-Seine.  La  même  année,  n*  100,  il  donne 
à  l'abbaye  de  Larivour  la  pêche  de  la  Barse  sur  une 
certaine  longueur.  Vers  la  même  époque,  n*  112, 
il  donne  à  Tabbaye  de  Quincy  le  ruisseau  de  Sur- 
vanne  (Aube)  jusqu'à  1* Armance  avec  droit  de  pêche, 
et  l'autorisation  d'établir  un  moulin.  En  1171, 
n*  195,  il  donne  à  l'abbaye  de  Sain t-Martin-és- Aires 
l'eau  et  la  pêche  qui  dépend  du  moulin  de  Meldançon 
et  des  moulins  Brûlés,  c'est-à-dire,  «  depuis  l'entrée 


(1)  C'est-à-dire,  supposons-nous,  la  pêche  du  canal  des  Trévois 
et  du  Ru-Cordé.  D'une  disposition  que  nous  allons  citer  (p.  280, 
note  1),  il  résulte  que  cette  donation  aurait  pu  difficilement  s'appli- 
quer au  canal  de  la  Moline. 

(2)  Il  y  est  question  de  la  pêche  a  divistone  magne  Sequane  ad 
Molendinum  S,  Quentiîii, 

(3)  Aqmm  que  interjacet  a  molendino  de  Baira  usque  ad  Arzi^ 
letum. 


—  280  — 

»  de  Jaillart,  jusqu'à  Teau  d'Oriot  (1).  »  En  il7S, 
n*  21/i,  il  approuve  la  donation  de  la  moitié  d'ane 
portion  du  cours  de  TArroance  faite  à  l'abbaye  de 
Pontigny,  parMilon  d'Ervy,  et  il  donne  l'autre  moitié. 

Serfs  .  —  Il  est  inutile  de  répéter  ce  que  nous  avons 
dit  sur  ce  sujet,  plus  haut,  chap.  VII,  p.  215-225. 

Terres  arables.  —  En  1159,  n*  74,  Henri  rap- 
pelle que  son  père  a  'donné  au  prieuré  de  Foicy  des 
terres  arables  à  Saint-Florentin  (Yonne)  et  à  Bierne 
(Aube).  En  1161,  n""  89,  il  donne  huit  arpents  de 
terre  au  prieuré  de  Ch&tillon-sur- Marne.  En  1179, 
n*"  302,  il  donne  aux  chanoines  de  sa  chapelle  de 
Provins  une  rente  de  grains  à  prendre  sur  sa  terre 
sise  à  Provins,  près  de  la  porte  de  Jouy.  La  même 
année,  n""  312^  il  donne  à  l'hôpital  de  Bar-sur-Âobe 
vingt  arpents  de  terre  à  Barbonne 

Vignes.  —  En  1152,  n*  7,  Henri  donne  au  prieuré 
de  Sainte-Foy  de  Coulommiers  trois  arpents  «  d'ex- 
cellente vigne  »  à  Lagny.  En  1157,  n*  49,  il  donne 
des  vignes  à  l'abbaye  de  la  Ghapelle-aux-Planches. 
En  1175,  n'  240,  il  donne  aux  religieuses  du  Val- 
d'One  huit  muids  de  vin  de  rente  à  prendre  sur  sa 
vigne  de  Ruberlo.  En  1190,  n°  404,  Henri  II  rap- 
pelle une  disposition  de  son  père  concernant  les 
vignes  de  son  clos  de  Bouilly  (Aube). 

Viviers.  —  En  1152,  n'  6,  Henri  donne  aux 
Templiers  la  moitié  d'un  vivier  situé  entre  Passy  et 
Chàtillon-sur-Marne. 

(1)  Aquam  etiam  et  piscariam  eorumdem  molcndinorum  (Ursa- 
riorum  et  de  Challooel),  s'icut  alveus  protenditur,  ah  inlroitu  de 
Jallart  usque  in  aquam  de  Oriot. 


281  — 


CHAPITRE   XIV. 


DonuUne  Incorporel. 

Les  droits  incorporels  directs,  c'est  par  eux  que 
nous  commencerons,  dérivaient  de  deux  sources, 
de  la  propriété  et  de  la  souveraineté.  Il  est  souvent 
difficile  de  distinguer  l'origine  de  chacun  de  ces 
droits.  Nous  suivrons  Tordre  alphabétique. 

Cens.  '—  On  distinguait  deux  sortes  de  cens,  ce- 
lui qui  était  dû  pour  des  immeubles,  et  celui  que 
certains  serfs  payaient  par  tête.  Gomme  exemple  du 
dernier,  nous  citerons  un  article  de  la  charte  de 
Meaux,  en  1179,  n*"  306;  on  y  lit  que  les  hommes 
capitales  payeront  à  leur  seigneur  le  cens  qu'ils 
doivent  par  tête,  censura  capitalenij  plus,  en  cas  de 
retard,  une  amende  de  cinq  sous.  Plus  tard,  on  dé- 
signa sous  le  nom  de  chevage  ce  cens  payable  par 
tête.  Un  grand  nombre  de  documents  postérieurs 
nous  montrent  le  montant  du  chevage  fixé  à  quatre 
deniers  (1). 

D'ordinaire,  le  cens  était  dû  pour  des  immeu- 
bles (2).  En  1160,  n*  80,  Henri  donne  au  trésorier 
de  l'abbaye  de  Lagny  vingt  sous  de  rente  sur  le 
cens  de  Goulommiers.  En  1170,  n'  176,  il  donne  au 

(1)  Arch.  de  l'Aube,  fonds  de  TEvêché  de  Troyes. 

(2)  Nous  ne  savons  quelle  signification  attribuer  à  l'expression 
censuê  nundinarum,  an  1160,  n°  78  ;  1170,  n«  178. 

i9 


-  m^ 

prieuré  de  Fontaine  quarante  sous  de  cens  à  Cham- 
bry.  En  1171,  n®  197,  il  acquiert  des  cens  à  Chape- 
laines.  En  1175,  n""  237,  le  cens  dû  par  les  habitants 
de  la  Villeneuve-au-Chàlelol,  pour  leurs  terres  el 
prés,  est  fixé  à  à  deniers  par  arpent. 

Censés  dues  par  des  communautés  d'habitants  ou 
par  des  individus  pour  l'exemption  des  droits  de 
justice.  —  Nous  en  avons  déjà  parlé  plus  haut, 
ch^p.  VII,  p.  a33. 

Corvées  (1).  —  En  1159,  n""  7&,  Henri  rappelle 
que  son  père  a  donné  ses  corvées  de  Bierne  (Aube) 
au  prieuré  de  Foicy.  Les  hommes  de  Bois-le-Comte, 
dans  la  forêt  de  Jouy,  devaient  trois  sortes  de  cor- 
vées :  a  des  corvées  d'août,  des  corvées  de  bûche> 
»  rons,  des  charrois  ;  »  la  comtesse  donna  ces  cor- 
vées  au  chapitre  de  Saint-Quiriace  (an  1176,  n*  253). 
Les  hommes  de  Bunolium  devaient  au  comte  deui 
charrois  par  an  (an  1177,  n""  266).  Henri  exempta 
de  ses  corvées  les  hommes  du  Temple  (an  1178, 
n^  289). 

Codtuues.  —  C'est  un  terme  générique  qui  veot 
dire  redevance.  Il  est  employé  comme  synonyme 
de  cens  dans  les  chartes  de  Tan  1171,  n^  193,  i9&, 
et  comme  synonyme  de  taille  dans  la  charte  de  l'an 
1170,  n"  181(2). 

DiMss  inféodées.  —  En  1178,  n""  290,  Henri 


(1)  Sur  les  corvées  dues  au  cgmte  de  Brienne  au  xi*  siècle,  voir 
notre  Tome  I,  p.  400. 

(2)  Nous  croyons  qu'il  a  d'ordinaire  un  sens  différent  de  celui  du 
nnot  exaction  doiil  il  sera  question  plus  loin  :  mais  il  est  évident 
qu'on  a  pris  souvent  ces  deux  mots  pour  synonymes  (voir  Gue'rard, 
Cart.  de  S.  '/'ère  de  Chartres,  Prolétjitmènes,  §  1.01). 


—  283  - 

donne  à  l'abbaye  de  Montier-Ia-Gelle  les  menues 
dîmes  de  Sainte-Savine.  La  même  année,  n*  291,  il 
se  réserve  les  menues  dîmes  de  Surançon.  En  1190, 
d""  hOUy  Henri  II  rappelle  que  son  père  a  donné  aux 
moines  de  l'ordre  de  Grandmont,  établis  dans  la  forêt 
de  Arvico,  cinquante  muids  de  vin  (1)  à  prendre 
chaque  année  sur  les  dîmes  de  vin  de  Bouilly. 

Frésinges.  —  On  désignait  ainsi  une  redevance 
annuelle  d'un  cochon  de  lait  ou  de  sa  valeur  esti- 
mée deux  sous  (2).  Les  hommes  de  Rouilly  et  de 
Baire -Saint-Loup,  devaient  chacun  une  frésinge  au 
comte  par  an.  Cette  redevance,  établie  par  une 
charte  de  Thibaut  P'  (3),  rappelée  par  Hugues  vers 
l'an  1100(4),  par  Henri,  en  1158,  n*58,  fut  donnée 
à  l'abbaye  de  Saint-Loup  par  ce  dernier  (an  1161, 
n»  94;  an  1162,  n*»  111).  En  1179,  n*  295,  Henri  donna 
à  l'église  collégiale  de  Saint-Nicolas  de  Sézanne  les 
frésinges  de  Champguion  et  du  Gault. 

Etalage.  —  Le  droit  d'étalage  se  payait  pour 
obtenir  l'autorisation  d'étaler  sur  la  voie  publique. 
Il  peut  être  difficile  à  distinguer  du  droit  de  propriété 
des  étaïux.  En  1169,  n'  167,  Henri  donne  à  THôtel- 
Dieu  de  Bar-sur-Âube  cent  sous  de  rente  sur  l'éta- 
lage de  Bar.  En  1175,  n""  136,  Henri  rappelle  que  sa 
mère  a  donné  à  la  collégiale  de  Bray-sur-Seine  une 
rente  assise  sur  l'étalage  des  boulangers  du  lieu.  En 


(1)  La  charte  dit  que  ce  vin  sera  de  pritna  gutta  pede  pf*e8$a. 

(2)  Sur  la  redevance  de  ce  genre  due  au  comte  de  Brienne  au 
XI*  siècle,  voir  notre  Tome  I,  p.  401. 

(3)  Voir  notre  Tomel,  p.  501-502. 

(4)  Voir  notre  Tome  11.  p.  75. 


—  284  — 

1179,  n''  295,  Henri  donne  aux  chanoines  de  Saint- 
Nicolas  de  Sézanne  une  partie  de  l'étalage  des 
foires. 

Gardes  ou  Avoubribs.  —  Les  comtes  de  Cham- 
pagne devaient  une  protection  spéciale  à  certains 
établissements  religieux,  ou  à  certaines  propriétés 
ecclésiastiques  ;  cette  protection  était  rémunérée  par 
une  redevance  annuelle.  Dans  notre  édition  du 
Feoda  Campante  (1),  nous  avons  publié  une  liste  des 
principaux  monastères  qui,  au  commencement  da 
X1I1*  siècle,  étaient  assujettis  au  paiement  de  cette 
redevance.  L'abbaye  de  Montier-la-Celle  y  figure 
pour  une  somme  de  soixante  livres  qu'elle  payait 
déjà  sous  Henri  le  Libéral,  comme  l'atteste  la  cin- 
quantième lettre  de  Pierre  de  Celle  (2).  Il  est  pro- 
bable qu'il  en  était  de  même  des  dix  autres  monas- 
tères énumérés  dans  le  Feoda  Campante  y  et  qui  y 
figurent  pour  les  sommes  suivantes  :  Jouarre,  200  liv.; 
Rebais,  l/iO  liv.  ;  Saint-Faron  de  Meaux,  &0  liv.; 
Chésy,  50  liv.  ;  Orbais,  20  liv.^;  Montiérender,  800  liv.; 
Âvenay,  60  liv.;  Saint-Menge  de  Chàlons,  UQ  liv.; 
Montiéramey,  100  liv.;  le  prieuré  de  Coincy,  20  liv.; 
total,  y  compris  Montier-la-Celle,  1010  liv.  C'était 
évidemment  un  des  principaux  revenus  d'Henri. 
Cependant  plusieurs  documents  attestent  que  cet 
état  n'est  pas  complet.  Henri  avait  sous  sa  garde  : 

Chablis  (Yonne),  prévôté  dépendant  de  Saint-Mar- 
tin de  Tours.  En  1151,  n""  1,  il  reconnaît  qu*il  ne 
peut  aliéner  cette  garde,  quoiqu'il  ait  disposé  en  fa- 


(1)  N"  376-386,  voir  notre  Tome  11,  p.  xxtx. 

(2)  D.  Bouquet,  XVI,  708  CD. 


—  285  — 

veur   d'Ânséric  de  Montréal  des  revenus   qu'elle 
produisait. 

Une  partie  des  hommes  de  i'abbaye  de  Saint- 
Remy  de  Reims.  En  1153,  n*"  13,  il  reconnaît  qu'il 
ne  peut  aliéner  l'avouerie  qu'il  a  sur  eux.  Il  se  payait 
en  levant  des  tailles  sur  ces  hommes,  sauf  ceux  de 
Courtisols  pour  lesquels  l'abbé  lui  payait  une  rente 
annuelle  de  dix  livres  (an  1153,  n*"  12).  En  dépit  de 
ses  promesses,  il  engagea  à  Josbert  de  Chaumont 
l'avouerie  des  hommes  de  Saint-Remy  à  Gondes  et 
à  Darmanne  (Haute-Marne).  Sous  le  régne  d'Henri  H, 
ces  hommes,  voulant  rentrer  dans  l'avouerie  du 
comte,  furent  obligés  de  rembourser  cent  quarante 
livres  à  Josbert  (an  1187,  if  360). 

Vaudeurs,  grange  de  l'abbaye  de  Dilo,  aux  termes 
d'une  charte  de  l'an  1159,  n'  71. 

Le  prieuré  de  Bétignicourt  (Aube),  dont  il  céda 
la  garde  à  Guyard  de  Reynel.  Les  moines  de  l'ab- 
baye de  Saint-Bénigne  de  Dijon,  de  qui  ce  prieuré 
dépendait,  protestèrent  en  1179,  n'313. 

Gîtes  et  Procurations  (l).  —  On  appelait  ainsi  le 
droit  d'être  hébergé  et  nourri  gratuitement  un  jour 
et  une  nuit  par  an.  Nous  avons  publié,  T.  II, 
p.  xxxvi-xxxviii,  et  LX-Lxii,  deux  élats  des  gîtes 
dus  aux  au  comte  de  Champagne  au  xiu®  siècle. 
Il  est  probable  que  la  plupart  étaient  déjà  dus  au 
XII*.  Voici,  d'après  les  chartes  d'Henri,  les  noms  des 
localités  où  ce  prince  pouvait  exercer  le  droit  dont 
il  s'agit  : 


(1)  Procuration  veut  dire  repas.  On  trouve  quelquefois  le  sy- 
nonyme pattus. 


—  286  — 

Chablis  (an  1 15i ,  nH  ;  cf.  Feoda  Campante,  n*  âSS, 
et  annexe  B,  n*"  13). 

Venlelay  (an  1154,  n"  22).  En  1164,  n*  12i, 
Henri  décida  que  lorsqu'il  ne  serait  pas  logé  dans 
une  maison  du  prieur  de  Ventelay,  ni  ses  prévôts, 
ni  ses  sergents,  ni  aucun  de  ses  officiers  ne  poar- 
raienl  y  réclamer  gîte  ni  procuration  (cf.  Feoda  Cam- 
panicy  ïf  440,  et  annexe  B,  n'  23). 

Montier-Ia-Celle.  L'abbaye  devait  Thospifalité 
non-seulement  au  comte,  mais  à  tous  ses  agents.  En 
1156,  n"*  37,  Henri  décida  que,  pour  avoir  droit 
d'exiger  cette  hospitalité,  ses  agents  devraient  être 
munis  de  lettres  du  comte,  invitant  les  moines  à  les 
recevoir  (cf.  annexe  B,  n*  7). 

Luyéres.  En  1159,  n"*  72,  Henri  exempta  du  gîte 
de  Luyéres  le  maire  de  Saint-Loup. 

Rumilly  les-Vaudes,  Vaudes  et  Gorgéoes  (1).  En 
1160,  n''85,  Henri  décida  qu'aucun  de  ses  homaies, 
chevalier,  clerc  ou  sergent,  n'aurait  le  droit  d'exiger 
le  logement  ou  la  nourriture  dans  ces  viHages,  à 
moins  qu'il  n'accompagnât  le  comte,  ou  ne  fît  partie 
d'un  corps  de  troupes  envoyé  par  le  comte  (cf.  Feodê 
Campanxey  n°  433). 

RouiTy,  dépendant  de  l'abbaye  de  Saint-Menge  de 
Chàlons,  et  tous  les  hommes  de  cette  abbaye.  En 
1169,  if  164,  Henri  se  réserve  son  droit  de  gîte  (cf. 
annexe  B,  n"*  37). 

Fravaux.  En  1172,  n""  205,  Henri  renonce  à  son 
droit  de  gîte  en  ce  lieu. 

Damery.  En  1175,  n"*  239,  Henri  exempte  de  son 


(1)  Village  détruit  près  de  Rumilly. 


gîte  le  fournier  de  Garin  de  Damery  (cf.  annexe  B, 
n*  24). 

Quand  ic  comte  passait  une  année  sans  se  rendre 
dans  les  localités  où  il  avait  droit  de  gite,  on  forçait 
les  habitants  à  payer  une  somme  équivalant  à  la 
dépense  que  la  visite  du  comte  leur  eût  cauâé.  C'est 
ce  que  déclare  la  charte  de  Tan  H72,  n*  205. 
En  1187,  n**  362,  Marie  fixa  à  six  livres  la  somme 
payable  chaque  année  par  les  habitants  de  Luyères, 
quand  ils  ne  recevaient  pas  le  comte. 

On  peut  rapprocher  des  droits  de  gite  et  de  pro- 
curation le  droit  de  réquisition  dont  quelques  chartes 
dispensent  certains  habilants  de  localités  où  le  comte 
possédant  un  château  n'avait  pas  droit  de  gite,  ni 
de  procuration,  par  exemple,  Troyes  et  Provins. 
Ainsi  la  charte  de  Tan  1159,  n°  70,  stipule  que  les 
habitants  d'un  four  de  Saint-Etienne  de  Troyes 
ne  pourront  être  contraints  de  vendre  ni  de  prêtef 
leur  pain  aux  sergents  du  comte.  Dans  la  charte  de 
Tan  1176,  n**  252,  Henri  déclare  que  ni  ses  agents, 
ni  ceux  de  ses  successeurs,  ne  pourront  prendre  ni 
le  pain  fait  par  les  pannetiers  de  Saint-Quiriace  de 
Provins,  ni  i:i  viande  des  bouchers  qui  auront  loué  la 
boucherie  de  la  mémeéglii^e.  La  charte  de  Tan  1179, 
n"*  SOUj  contient  le  ré|^lement  que  voici  :  quand  le 
comte  viendra  à  Meaux,les  habitants  lui  procureront 
le  pain,  le  vin,  la  viande  et  le  reste  des  vivres  néces- 
saires pour  sa  maison  le  jour  de  son  arrivée  et  le 
lendemain.  Le  comte  leur  rendra  leurs  fournitures 
dans  la  quinzaine;  s*il  ne  le  fait  pas,  il  n'aura  pas 
dans  l'avenir  le  droit  d'en  exiger  de  nouvelles. 

GfitJBRiE.  —  Les  comtes  de  Champagne  avaient 
droit  de  gruerie  sdr  on  certain  nombre  de  forêts 


—  288  — 

dont  la  propriélé  ne  leur  appartenait  pas,  c'est-à- 
dire  qu'en  cas  de  vente  de  bois  ils  y  recueillaîenl 
une  partie  du  produit,  et  que  les  défrichenaents  ne 
s'y  pouvaient  faire  sans  leur  autorisation.  En  1177, 
n""  27 /i,  Henri  fait  à  l'abbaye  de  Hontiéramey  remise 
de  la  gruerie,  grueriam,  de  Pargues  ;  en  1478,  n''291, 
il  se  réserve  contre  l'abbaye  de  Montier  la-Celle  la 
gruerie  de  Surançon.  Plus  tard,  Thibaut  III,  son  se- 
cond fils,  devait  abandonner  aux  abbayes  de  Dilo, 
Pontigny  et  Vauluisant,  son  droit  de  gruerie  sur  les 
portions  de  la  forêt  d'Othe,  possédées  par  ces  ab- 
bayes (1). 

Location  des  maisons  pendant  les  foires.  — 
Aux  termes  du  règlement  de  la  foire  de  mai  de  Pro- 
vins, fait  par  Thibaut  H,  et  renouvelé  par  Henri  1* 
en  1166,  n**  12/i,  le  comte  a  la  moitié  du  prix  de  loca- 
tion des  maisons  louées  aux  marchands  pendant  cette 
foire.  Nous  pensons  que  le  comte  avait  un  droit  ana- 
logue aux  cinq  autres  foires,  sauf  probablement  celle 
de  Lagny  qui  appartenait  en  grande  partie  à  l'abbé. 
C'est  de  l'exemption  de  ce  droit  qu'on  doit  entendre 
les  nombreuses  dispositions  qui  déclarent  une  mai- 
son libre  pendant  une  foire  (2).  L'expression  de 
prœmium  nous  semble  avoir  été  le  terme  consacré 
pour  désigner  ce  droit  (3). 


(i)  Quantin,  Cart,  de  lYonne,  II.  502-505. 

(2)  Voir  les  chartes  de  l'an  1159,  no»  68,  74;  1160,  n»  84; 
1163,  nM14;  1164,  n«129;  1170,  n»  176-177;  1171,  nM91. 
La  lit)erté  est  distinguée  de  l'exemption  du  tonlieu  dans  la  charte 
de  l'an  1157,  n»  47. 

(3)  Voir  les  chartes  de  l'an  1157,  n°47  (Camuzal,  (*  332  r*.  a 
imprimé  pinii  pour  pr«mu);  1166,  n^  142;  1188,  n»370. 


—  289  — 

Marché, /brtim.  --  Nous  supposons  qu'on  appelait 
ainsi  le  droit  d'étalage  aux  marchés.  En  1160,  n^'TS, 
et  en  H70,  n°178,  Henri  donne  au  chapitre  de  Saint- 
Maclou  de  Bar-sur-Aube  la  dime  de  ce  droit  à  Bar. 

Plaids  généraux,  ou  grands  plaids;  petits 
PLAIDS.  —  On  nommait  ainsi  les  assises  des  officiers 
de  justice.  Elles  occasionnaient  la  levée  de  rede- 
vances connues  sous  la  même  dénomination.  La 
comtesse  Marie  céda  à  l'église  Saint-Quiriace  les 
redevances  de  ce  nom  qui  lui  étaient  dues  à  Jouy 
(an  1176,  n^*  252,  258).  En  1179,  tf  304,  Henri 
supprima  à  Meaux  le  plaid  général.  Il  avait  donné 
à  l'archidiacre  Roric  une  rente  sur  le  plaid  général 
deChambri  (1). 

RÉGALE.  —  On  appelle  ainsi  la  jouissance  des  re- 
venus  d'un  bénéfice  pendant  la  vacance. 

Les  comtes  de  Blois,  comme  comtes  de  Chartres, 
avaient  la  régale  de  l'évôché  de  Chartres  (2)  ;  les 
comtes  de  Champagne,  comme  comtes  de  Meaux, 
la  régale  de  l'évéché  de  Meaux  ;  comme  comtes  de 
Troyes,  la  régale  de  Tévêché  de  Troyes.  Au  xi* 
siècle,  on  usait  de  la  régale  suivant  les  principes  du 
droit  barbare  et  coutumier  qui  attribue  la  propriété 
des  meubles  à  celui  qui  a  la  jouissance  des  reve- 
nus, témoin  les  droits  du  bail  ou  tuteur  féodal 
sur  les  biens  du  mineur,  les  droits  du  mari  sur  les 
biens  de  la  communauté  :  le  mobilier  de  l'évéché 
devenait  à  chaque  vacance  la  propriété  du  baron 
qui  avait  la  régale.  Le  clergé  protesta  au  nom  du 


(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  vi,  Feoda  Campanie,  n*  55. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  389. 


—  290  — 

droit  romain,  et  voulut  réduire  le  droit  de  régale  à 
un  simple  usufruit.  Nous  avons  déjà  parlé  des  con- 
cessions faites  en  ce  sens  par  Etienne-Henri  pour  la 
régale  de  Chartres,  par  Thibaut  II  pour  celle  de 
Meaux  (1).  En  1167,  n"  152,  Henri  renonça  aussi  à 
toute  prétention  sur  le  mobilier  de  l'évêché  de  Troyes 
pendant  la  vacance.  Plus  tard  (an  1180,  n*  319),  il 
s'engagea  h  ne  jamais  lever  à  titre  de  régale  plus  de 
deux  cents  livres  de  taille  sur  les  hommes  deTévA- 
ché. 

Henri  avait  aussi  la  régale  du  marché  de  Brietion, 
et  le  sergent  royal  chargé  de  la  garde  de  Brienon 
pendant  la  vacance  de  l'archevêché  de  Sens  versait 
les  produits  du  marché  entre  les  mains  du  sergent 
du  comte  (an  1176,  n°  250-251). 

Rentes,  reddilus.  —  Le  terme  de  rente,  reddituif 
peut  élre  souvent  employé  dans  un  sens  générique 
pour  désigner  toute  espèce  de  redevance  annuelle, et 
par  conséquent  des  redevances  qu'un  autre  (enne 
aurait  désigné  d'une  manière  plus  précise  (2). 

Les  hôtes  de  l'abbaye  de  Lagny  devaient  au  comte 
une  rente  de  cent  huit  muids  de  vin,  an  1159,  n*  6; 
1192,  n*»  418. 

En  1167,  n**  157,  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Fare- 
moutiercinqsetiers  d'avoine  que  lui  devaient  cliaqM 
année  des  hommes  de  l'abbaye.  En  1176,  n""  352,  la 


(1)  Voir  notre  Tome  II,  p.  505-306. 

(2)  C'est  dans  ce  sens,  c  est  mêmû  peut-être  dans  un  sens  plus 
large,  celui  de  revenus,  qu'on  doit  entendre  cette  phrase  de  la 
charte  de  l'an  1179,  n**  302,  medietatem  reddituum  de  villa  nova 
qux  est  versus  Pontes  eis  dedi,  je  leur  ai  donné  la  moitié  de  mes 
rentes  ou  revenus  de  Villeneuve-au-Chfttelot. 


—  291  — 

comtesse  Marie  donne  aux  chanoines  de  Saint-Qui- 
riace  une  rente  d'avoine  que  lui  devaient  les  hommes 
de  Jouy.  En  1186,  if  846,  Marie  rappelle  qu'Henri 
le  Libéral  a  donné  aux  deux  gardiens  du  trésor  de 
Saint-Etienne  soixante  setiers  d'avoine  à  prendre 
chaque  année  sur  ses  rentes  de  Villeloup. 

En  1179,  n""  S02,  Henri  donne  aux  chanoines  de 
la  chapelle  du  château  de  Provins  cent  sous  à 
prendre  par  an  sur  la  rente  que  lui  payaient  les  pâ- 
tissiers de  Provins  et  des  villages  de  la  banlieue  (1), 
et  une  somme  égale  à  prendre  sur  la  rente  due  par< 
les  boulangers. 

Sadvbment.  —  La  redevance  connue  sous  le  nom 
de  sauvement  était,  comme  le  droit  de  garde,  due  en 
rémunération  d'une  protection  spéciale;  mais  au  lieu 
de  consister  comme  le  droit  de  garde  en  une  somme 
d'argent  payable  en  bloc  chaque  année,  le  sauve* 
ment  était  fixé  à  tant  par  feu,  homme  ou  tête  de  bé- 
tail. 

En  1154,  n""  22,  les  habitants  de  Ventelay  s'en- 
gagent à  payer  au  comte  pour  chaque  maison,  à  la 
Saint-Remy,  un  setier  d'avoine  ras;  à  l'octave  de 
Pâques,  une  geline  (poule)  et  six  deniers  monnaie  de 
Provins.  En  1154,  n""  24,  Henri,  imitant  l'exemple 
de  son  grand-oncle  Hugues,  se  réserve  un  droit  de 
sauvement  sur  les  hommes  de  Fontenay  (2),  savoir, 
pour  les  uns  douze  deniers,  pour  les  autres  deux  sous 
par  an  payables  à  la  Saint-Remy.  En  !t55,  n*  32, 


(1  )  /»  reddilu  gastelUtriorum  de  Pi^vino  et  de  viHis. 

(2)  FoDtenay,  ferme,  Aube,  arr.  d'Arcis,  canton  et  commune  de 
Chavanges. 


—  292  — 

Henri  abandonne  au  prieuré  du  Saint-Sépulcre  de 
Villacerf  son  droit  de  sauvement  sur  les  hommes  de 
Chapelle- Vallon.  En  1157,  n"*  47,  Henri  donne  i 
Saint-Etienne  de  Troyes  le  sauvement  de  Sainte- 
Maure  et  de  Saint-Benoît.  En  1159,  n"*  72,  il  exempte 
du  sauvenient  ie  maire  de  Saint-Loup  à  Luyéres; 
nous  ignorons  à  combien  se  montait  alors  le  sauve- 
ment de  ce  lieu  qui,  en  1187,  n°  362,  est  fixé  par 
Henri  II  à  trois  mines  d'avoine  par  cheval  tirant,  à 
un  selier  par  bœuf,  à  une  mine  par  àne,  et  à  un 
quarteau  pour  chacun  des  habitants  qui  n'avaient  ni 
bœuf,  ni  cheval,  ni  âne.  En  1161,  n""  101,  Henri  re- 
nonce à  un  droit  de  sauvement  qui  lui  était  dû  pour 
une  terre  située  à  Lépine,  quand  cette  terre  était  cul- 
tivée par  un  autre  que  Taumônier  de  Montier-la- 
Celle.  En  1165,  n""  135,  il  décide  que  les  habitants  de 
Chaource  et  de  Metz-Robert  lui  paieront  chaque  an- 
née, à  la  Saint-Remy,  une  mine  d'avoine  et  douze 
deniers  ;  on  trouve  la  même  stipulation  dans  la  charte 
de  la  VilleneuveauGh&telot,  en  1175,  n""  237.  La 
charte  de  Maraye-en-Othe,  en  1173,  n"  214  bis,  im- 
pose la  môme  redevance  aux  laboureurs,  et  la  réduit 
à  douze  deniers  pour  les  manouvriers.  En  1168, 
n""  159,  Henri  renonce  à  l'avoine  et  aux  gellnes  que 
lui  devaient  chaque  année  les  habitants  de  Baire- 
Saint-Loup.  En  1178,  n*"  291,  Henri  se  réserve  le 
sauvement  de  Surançon. 

Taille.  —  Nous  n'avons  rien  à  ajouter  à  ce  que 
nous  avons  dit  sur  cette  matière  dans  notre  cha- 
pitre VII,  p.  215-217,  en  traitant  du  servage. 

Terragb.  —  On  appelait  terrage  le  droit  qu'avait 
le  seigneur  de  prendre,  chaque  année,  une  portion 
déterminée  de  la  récolte.  En  1 156,  n*"  âO,  Henri  rap- 


—  293  — 

pelle  que  les  Lorrains  réfugiés  à  Vassy  devaient  un 
droit  de  terrage  pour  les  anciennes  cultures.  En 

1178,  n""  281,  il  renonce  à  ses  droits  de  terrage  sur 
les  propriétés  de  l'abbaye  de  Prémontré.  En  1178, 
n""  291,  il  renonce,  en  faveur  de  Tabbayede  Montier- 
la-Gelle,  à  ses  droits  sur  le  terrage  de  Surançon.  En 

1179,  m  305,  il  fonde  sur  le  terrage  de  Voi-le-Comte 
une  rente  au  profit  d'Amaury,  son  clerc,  et  du  cha- 
pitre de  Joinville. 

Vinàgb,  vinatio.  —  C'était  une  redevance  en  vin 
due  pour  les  vignes.  En  1152,  n"*  3,  Henri  renonce 
au  droit  de  vinage  qu'avait  son  père  sur  les  vignes 
de  la  cathédrale  de  Meaux.  En  1178,  n''281,  il  ac- 
corde le  môme  privilège  à  l'abbaye  de  Prémontré. 

Parmi  les  droits  incorporels  de  la  seconde  caté- 
gorie, il  y  en  a  un  certain  nombre  qui,  malgré  leur 
analogie  avec  nos  impôts  indirects,  constituent,  si 
Ton  tient  compte  de  leur  incidence,  une  charge  di- 
recte, c'est-à-dire,  que  celui  qui  paie  est  bien  celui 
sur  qui  la  charge  pèse  ;  mais  il  est  inutile  de  nous 
lancer  ici  dans  des  distinctions  théoriques,  et  nous 
suivrons  Tordre  alphabétique.  Ces  droits,  par  oppo- 
sition aux  droits  directs,  dérivent  presque  tous  de 
la  souveraineté  et  non  de  la  propriété. 

Amendes.  —  Nous  nous  bornerons  à  renvoyer  à 
ce  que  nous  avons  dit  dans  notre  chap.  m,  p.  162- 
164. 

Amortissement.  —  Le  comte  avait  droit  de  s'op- 
poser aux  acquisitions  que  faisaient  les  établissements 
religieux,  il  pouvait  saisir  les  biens  acquis,  ou,  dans  le 
cas  contraire,  exiger  une  indemnité  qu'on  appela 
plus  tard  droit  d'amortissement.  Mais  il  ne  paraît 


—  a94  — 

pas  qu'il  se  soit  fait  souvent  payer  ce  droit.  Mar- 
chant sur  les  traces  de  ses  prédécesseurs,  il  accorda 
même  à  plusieurs  établissements  eccléaiastîqoef  le 
droit  d'acquérir  indéfiniment  dans  ses  fiefs  :  teb 
furent  Sainte-Foy  de  Coulommiers  (an  415S,  q*  7); 
Saint-Maclou  de  Bar-sur-Aube  (an  1160,  n*78;  1170, 
n**  178);  Notre-Dame-d'Oulchy  (an  1169,  tf  165); 
Saint-Remy  de  Reims  (an  1169,  n*  168);  Saint-Qoi- 
riace  de  Provins  (an  1176,  n"*  252);  Saint-Nicolas  de 
Sézanne  (an  1179,  n"  295). 

Ban-vin.  —  On  appelait  ainsi  le  droit  qu'avait  le 
seigneur  de  vendre  seul  son  vin  pendant  uq  certain 
temps.  La  charte  de  Tan  1154,  vt  2&,  accorde  aux 
habitants  de  l'alrtum  de  Sainte-Savine,  prés  Troyes, 
le  privilège  de  vendre  leur  vin  pendant  le  ban  do 
coopite.  La  charlûdctTan  1164,  n""  128,  confère  aax 
TempUers  le  même  privilège  pour  le  via  produit  par 
leurs  vignes  d'Epernay,  à  charge  de  vendre  ce  vin 
dans  leur  maison. 

GoNFiscÀTioN.  —  Nous  cu  avous  parlé  plus  haai 
au  chapitre  m,  page  162,  et  nous  y  reavoyona. 

Exaction.  —  C'est  un  terme  générique  qui  s'ap- 
plique à  toute  espèce  de  droits  perçus,  mais  qui^  à  ce 
que  nous  pensons,  désigne  principalement  les  droits 
de  péage  et  de  tonlieu  dont  nous  parlerons  plus 
loin  (1). 

Forage.  —  Vient  du  mot  latin  forarcy  percer,  et 


(1)  Sous  le  terme  (f  exaction  on  comprend  quelquefois-  aussi  la 
taille  (voir,  par  exemple»  la  charte  d'Âvize  en  1172»  n^  203),  mais 
l'exaction  est  distinguée  de  la  taille  dans  les  chartes  de  l'an  1169^ 
n«164;  1173.  n«  214  bis;  1175,  n«  248;  voir  plus  haut, p. 282, 
le  mot  Coutume. 


-  %n  — 

désigne  un  droit  qui  se  percevait  quapd  oq  mettait 
en  perce  un  tonneau  qui  contenait  du  vin  ou  tout 
autre  liquide  à  vendre.  Cette  définition  résulte  de 
la  charte  de  Tan  1176,  n^  252  (1).  En  1153,  n°  9, 
Henri  exempte  du  droit  de  forage  des  maisons 
appartenant  au  prieuré  de  Saint-Ayoul  de  Provins. 
En  1176,  n^'SSS,  il  donne  au  chapitre  de  Saint-Qui- 
rîace  le  forage  du  vin  pendant  les  sept  premiers 
jours  des  foires  de  Provins  (2). 

Main-morte.  —  Nous  n'ajouterons  rien  à  ce  que 
nous  en  avons  dit,  chapitre  vu,  page  217. 

Minage  ou  Mesurage  des  grains.  —  Le3  grains 
étaient  mesurés  par  un  officier  du  seigneur  appelé 
minagialor  (an  1176,  n*  252),  qui,  en  rémunération 
de  son  travail,  percevait  une  redevance  supérieure  à 
son  salaire  réel.  Lesçigneur  profitait  de  la  différence. 
En  1161,  n"*  90,  Henri  exempta  les  moines  de  Saint- 
Loup  de  tout  droit  de  minage.  En  li76,  n"^  252,  il 
donna  au  chapitre  de  Saint-Quiriace  un  tiers  du  mi- 
nage de  Sézanne  ;  les  deux  autres  tiers  de  ce  minage 
furent  donnés  par  lui  au  chapitre  de  Sézanne,^  en 


(1)  Bourquelot,  Histoire  de  Provins,  II,  394. 

(2)  Sur  ce  droit,  voir  Ducange  au  mot  Foragium,  éd.  Henschel, 
III,  544.  Le  savant  auteur  ne  paraît  avoir  connu  d'autre  forage  que 
le  forage  du  vin.  De  plus,  il  nie  que  le  forage  fût  dû  pour  la  mise  en 
perce  des  tonneaux  ;  mais  sur  ce  point  il  se  contredit  au  mot  Per- 
tusagium,  qui,  suivant  lui,  est  synonyme  de  Foragium,  et  désigne 
un  tribut  payé  au  seig^neur  pour  obtenir  la  faculté  de  f<H*er  un  ton- 
neau (édition  Henschel,  V,  221,  col.  i).  La  charte  de  l'aji  1176, 
n®252  (Bourquelot,  Histoire  de  Provins,  H,  394),  distingue  le 
forage  du  tonlieu,  c'est-à-dire  du  droit  de  vente  :  on  payait  pour  le 
vin  deux  droits  distincts,  le  forage  et  le  tonlieu. 


—  296  — 

1179,  D^  S95.  Par  la  même  charte,  il  donna  ta 
môme  chapitre  la  moitié  du  minage  de  Tréfols.  Le 
minage  de  Provins  était  devenu,  par  la  libéralité  des 
prédécesseurs  d'Henri  ou  d'Henri  lui-même,  la  pro- 
priété de  plusieurs  personnes  (1). 

PÉAGE,  Pedagium,  vient  de  pesy  pedisy  et  dési- 
gnait littéralement  le  droit  de  circulation  dû  poor 
les  marchandises  transportées  à  dos  d'homme,  d'ani- 
maux, par  opposition  au  rouage  dû  pour  les  mar- 
chandises transportées  en  voilure.  Dans  un  sens  plus 
large,  on  appelait  péage  tout  droit  de  circulation; 
les  marchandises  fussent-elles  même  transportées  sur 
bateau  (an  1175,  n""  236  ;  Feoda  campante,  n*  53). 
Les  officiers  chargés  de  la  perception  des  droits  de 
péage  s'appelaient  péagers,  en  latin  pedagiarii  (an 
1161,  n"  102).  Les  chartes  nous  font  connaître  quel- 
ques-uns des  principaux  péages  de  Champagne,  c'é- 
tait ceux  des  localités  suivantes  : 

Bar-sur-Aube.  Henri  donna  au  chapitre  de  Saint- 
Maclou  la  dîme  du  péage  de  cette  ville  (an  1160, 
n*  78). 

Bray-sur-Seine.  En  117&,  n""  233,  il  donne  à  la 
collégiale  de  Bray  vingt  livres  de  rente  sur  le  péage 
du  lieu. 

Château-Thierry.  Le  comte  de  Soissons  avait  une 
rente  assise  sur  ce  péage  [Feoda  Campante,  n*  &3). 

Coulommiers.  En  1155.  n'  31;  en  1176,  n*221, 
Henri  asseoit  des  rentes  sur  ce  péage. 

Méry-sur-Seine.  En  1177,  n®  267,  Henri  acquiert 
une  part  de  ce  péage. 

(1)  Bourquelot,  Histoire  de  Provins,  1. 1,  p.  260. 


—  297  — 

Rebais.  En  1161,  n'*  102,  et  en  117/i,  n«  218, 
Henri  asseoit  des  rentes  sur  ce  péage. 

Sézanne.  En  1179,  n''295,  Henri  donne  au  cha- 
pitre Saint-Nicolas  de  Sézanne  la  moitié  de  ce  péage. 

Troyes.  En  1157,  n"  47,  Henri  donne  à  Saint- 
Etienne  de  Troyes  le  péage  de  la  porle  diie  porta 
Ursariorum  pour  en  jouir  en  tout  temps,  sauf  les 
temps  de  foire.  II  donne  au  même  chapitre  le  péage 
des  tonneaux  de  vin  amenés  à  Troyes. 

Vertus.  La  moitié  de  ce  péage  fut  donnée  par  le 
comte  au  chapitre  de  Saint-Nicolas  de  Sézanne,  en 
1179,  n"  295. 

Le  droit  du  xiii®  siècle  exemptait  les  gentils- 
hommes el  les  clercs  de  lout  droit  de  péage  (1).  Ce 
privilège  aristocratique  et  clérical  existait  évidem- 
ment dès  le  douzième  siècle.  Henri  le  Libéral  reten- 
dit aux  maires  et  sous-maires  de  l'abbaye  de  Saint- 
Loup  de  Troyes  (an  1161,  n°  90),  aux  habitants  ro- 
turiers de  Chaource  et  de  Metz-Robert  (an  1165, 
n*  135),  de  Maraye-en-Othe  (an  1173,  n*»  214  bis), 
de  la  Villeneuve-au-Chàtelot  (an  H75,  n^  237),  aux 
serfs  de  Tordre  de  Saint-Jean-de-Jérusalem  (an  1179, 
n**  801),  et  à  Furbert  l'Epicier  (rappel  en  1187, 
n^  361). 

Il  accorde  le  même  avantage  aux  religieux  de 
Clairvaux  (an  115/i,  n^  20),  d'Igny  (an  1157,  n*  44), 
de  Vauclair  (an  1154,  n**  44  bis),  aux  chanoines  et 
aux  frères  d'Hébron  (an  1179,  n*  314).  Nous  avons 
déjà  vu  Thibaut  H  conférer  la  même  faveur  à  l'ab- 
baye de  Pontigny  (2).  A  une  époque  bien  antérieure. 


(1)  Beaumanoir.  XXX,  69,  éd.  Beugnot,  I,  434. 

(2)  Voir  notre  Tome  II,  p.  596. 

20 


—  298  — 

Tabbaye  d'fiperoay  avait  obtenu  de  Thibaut  I*  an 
privilège  analogue,  quoique  plus  restreint  (1). 

Les  entrées  et  les  sorties  des  foires  dont  il  est  ques- 
tion dans  la  charte  de  Tan  1187,  n^  362,  et  qui  se 
percevaient  dès  Henri  I""',  car  en  ce  point  cette 
charte  renouvelle  une  concession  d'Henri  1%  nous 
semblent  n'être  autre  chose  qu'un  droit  depéage(3). 

Pertuisage.  —  Parait  un  synonyme  de  forage  (â). 
En  1153,  n"*  9,  Henri  exempta  du  pertuisage  di 
de  Provins  des  maisons  appartenant  à  Saint-Ayool. 
Plus  tard,  il  donna  au  chapitre  de  U  cathédrale  de 
Langres  une  rente  sur  le  pertuisage  deB  foires  ds 
Bar-sur-Aube  (an  1157,  n"*  50;  1158,  n*  62). 

Poids.  —  On  appelait  ainsi  le  droit  exclusif  4e 
peser,  et  ce  moyennant  redevance.  Hugues  avait 
cédé  à  l'abbaye  de  Saint-Pierre-le-Vif  de  Sens  le 
poids  de  Troyes  et  de  Bar-sur-Aube  (&),  mais  le 
poids  de  Provins  n^avait  pas,  ce  semble,  été  aliéné  (5). 

Portage.  —  C'était  un  droit  de  péage  perçu  aux 
portes  des  villes.  En  1161,  n"*  90,  Henri  exempte 
de  tout  droit  de  portage  les  maires  et  sous-maires 
de  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes.  En  1177, 
n^  268,  il  donne  à  Jean  Bréban  le  portage  du  bois 
à  deux  portes  de  Provins. 

(1)  Voir  notre  Tome  I,  p.  405. 

(2)  Ducange,  y""  Exitus,  n**  5;  v^Introiitu,  n°  2;  éd.  Hesschei, 
m,  153,  col.  3;  879,  col.  2. 

(3)  Voir  ce  mot  plus  haut,  p.  294;  Ducange,  v»  Pmtmgiimt 
éd.  Hensche],V,22i,coI.  1. 

(4)  Quantin,  CarL  de  V  Yonne,  II,  216. 

(5)  Bourquelot,  HisL  de  Provins,  I,  417-418. 


—  299  — 

RouAGB.  —  C'était  un  droit  de  péage  dû  pour  les 
marchandises  amenées  sur  des  voitures.  En  1176, 
n""  252,  Henri  donne  au  chapitre  de  Saint-Quiriace 
le  rouage  des  charriots  qui  amènent  le  vin  à  Pro- 
vins; en  1179,  n""  295,  il  donne  le  rouage  de  Bar- 
bonne  au  chapitre  Saint-Njcolas  de  Sézanne. 

Salage.  —  On  appelait  ainsi  un  droit  sur  la  vente 
du  sel.  £n  1155,  n""  33,  Henri  donne  à  l'abbaye  de 
Soisy  une  rente  de  soixante  sous  sur  le  salage  de 
Provins;  ainsi  le  salage  de  Provins  appartenait  au 
comte.  Celui  de  Troyes  avait  appartenu  au  vicomte 
qui  l'avait  donné  à  Montier-la-Celle  (an  1154, 
n^  24);  cela  n'empêcha  pas  Henri  d'en  accorder 
Texemption  au  chapitre  de  Saint-Etienne  (an  1157, 
n*"  47).  Sur  les  réclamations  des  moines,  le  comte 
promit  de  ne  pas  donner  de  nouvelles  exemptions 
(an  1159,  n"*  76).  Il  viola  cette  promesse  en  faveur 
de  la  léproserie  (an  1179,  n"*  302). 

Sêigiceuriagb.  —  Oh  nommait  ainsi  dans  l'an- 
cien droit  les  bénéfices  de  la  monnaie,  c'est-à- 
dire  la  dijQTérence  entre  la  valeur  réelle  de  la  mon- 
naie et  sa  valeur  nominale,  les  frais  de  fabrication 
déduits  de  cette  différence.  Nulle  part  le  terme  de 
seigneuriage  ne  s'est  rencontré  dans  les  documents 
champenois  du  xii*  siècle  que  nous  avons  consul- 
tés; mais  la  chose  existait  évidemment  en  Cham- 
pagne comme  ailleurs. 

ToNLiBU.  —  On  nommait  ainsi  un  droit  de  muta* 
tion  sur  les  aliénations  de  meubles  à  titre  onéreux, 
quelque  chose  d'analogue  aux  droits  de  lods  et 
ventes,  perçus,  comme  on  le  sait,  en  cas  d'aliénation 
des  immeubles  roturiers.  En  1 1 59,n° 65,  Henri  asseoit 
sur  le  tonlieu  de  Troyes  une  rente  au  profit  des 


—  300  — 

Templiers.  En  1160,  n''  78,  il  donne  au  chapitre  de 
Saint- Maclou  la  dime  du  tonlieu  de  Bar-sur-Aube. 
En  1175,  n"*  238^  il  donne  à  Tabbaye  de  Fonte- 
vraud  une  renie  de  dix  livres  sur  le  toniiea  de  Pro- 
vins. II  est  question  du  tonlieu  d'Oulchy,  en  1177, 
n®  266.  Celui  de  Tréfols  est  donné  à  Saint-Nicolas  de 
Sézanne  par  Henri  le  Libéral,  en  1179,  n^  295. 

Le  tonlieu  avait  surtout  de  l'importance  dans  les 
foires  et  les  marchés.  Aussi  quelques  chartes  parlent- 
elles  spécialement  du  tonlieu  des  foires  et  des  ma^ 
chés.  En  1157,  n"*  kl  y  Henri  donne  au  chapitre  de 
Saint-Etienne  le  tonlieu  de  certaines  marchandises 
aux  foires  de  Troyes.  En  1169,  n""  162,  nous  voyons 
que  le  tonlieu  du  marché  de  Sergy  se  partageait 
entre  le  comte  de  Champagne  et  l'abbé  de  Saint- 
Médard  de  Soissons.  En  1179,  n''307,  Henri  donne 
à  l'Hôtel-Dieu  de  Bar  sur-Aube  une  partie  du  toniiea 
des  futaines  vendues  aux  foires  de  cette  ville. 

Les  nobles  et  les  clercs  étaient  exempts  de  tonlien 
comme  de  péage  (1).  Henri  étendit  l'exemption  do 
tonlieu  aux  domestiques  des  chanoines  réguliers  de 
Saint-Loup  de  Troyes  (an  1153,  n*'  19,  28),  aux  re- 
ligieux de  Clairvaux  (an  1154,  n^  20),  aux  habitants 
d'un  four  de  Saint-Etienne  de  Troyes  (an  1159, 
n®  70),  aux  maires  et  sous-maires  de  l'abbaye  de 
Saint-Loup  de  Troyes  (an  1161,  n*  90),  aux  habi- 
tants de  Chaource  et  de  Metz-Robert  (an  1165, 
n**  135),  de  Maraye-en-Othe  (an  1173,  n*»  214  bis), 
de  la  Villeneuve-au-Chàtelot  (an  1175,  n*  237),  aux 
hommes  et  aux  hôtes  du  chapitre  de  Saint-Quiriace 


(1)  Beaumanoir,  XXXIX,  69,  éd.  Beugnot,  I,  454. 


—  301  — 

(an  1176,  n®  ^^^)^  siux  hommes  et  aui  hôtes  de 
Notre-Dame  d'OuIchy  (an  1177,  n*  266),  à  Furbert 
l'Epicier  (rappel  en  1187,  n"  361).  La  charte  de 
l'an  1153,  n*  19,  spécifie  que  l'exemption  s'appliquera 
aux  domestiques  de  Tabbaye  de  Saint-Loup  quadd 
même  ils  feraient  le  commerce,  mais  nous  croyons 
que  c'est  là  un  privilège  exceptionnel.  La  charte  de 
l'an  1176,  n"*  252,  déclare  que  les  hommes  de  Saint- 
Quiriace  cesseront  de  jouir  de  l'exemption  de  tonlieu, 
s'ils  vendent  et  achètent  habituellement,  et  que 
l'exemption  accordée  aux  hôtes  du  même  chapitre 
concerne  seulement  les  objets  qu'ils  achètent  pour 
leur  usage. 

Outre  ces  exemptions  personnelles,  il  y  en  avait 
de  réelles  et  qui  s'appliquaient  à  certains  lieux  dé- 
terminés, par  exemple  aux  maisons  du  prieuré  de 
Saint-Ayoul  de  Provins  (an  1159,  n**  67),  à  la  mai- 
son de  Masceline  à  Troyes  (an  1160,  n^  86;  116&, 
n^  129;  1170,  n"  184),  à  une  maison  du  prieuré  de 
Saint-Jean-en-Chatel  à  Troyes,  rue  Hardouin  (an 
1170,  n*^  182). 

Le  droit  de  tonlieu  était  perçu  par  des  employés 
spéciaux,  les  Thelonearii, 

Vente.  —  Nous  pensons  que  ce  terme  est  un  sy- 
nonyme de  tonlieu.  L'exemption  du  droit  de  vente 
est  accordée,  en  1159,  n""  70,  aux  habitants  d'un  four 
de  Saint-Etienne  de  Troyes;  en  1179,  n®  814,  aux 
chanoines  et  aux  frères  d'Hébron. 


—  302  — 


CHAPITRE    XV. 


Ileec(te0  et  Dépense». 

Il  nous  est  impossible  de  déterminer  à  combien  se 
montait  le  revenu  d'Henri  le  Libéral.  II  est  même 
fort  probable  que  ce  prince  ne  s'en  est  jamais 
rendu  compte.  La  cause  en  est  l'absence  de  cen- 
tralisation administrative,  vice  très-grave  surtout  en 
matière  de  finances,  et  qui  avait  son  expression  finan- 
cière dans  le  système  alors  général  des  affectations 
spéciales. 

Quand  aujourd'hui  un  comptable  local  de  l'Etat  est 
chargé  de  payer  une  dépense,  cela  n'empêche  pas 
la  totalité  de  sa  recette  de  figurer  au  compte  général 
du  trésor,  et  le  payement  qu'il  a  fait  d'être  compris 
dans  le  chiffre  total  des  dépenses  de  l'Etat.  Les  dé- 
penses et  les  recettes  étant  prévues  par  le  budget, 
un  ministre  peut  de  la  capitale  ordonnancer  toutes 
les  dépenses  sans  dépasser  à  son  insu  le  montant  des 
ressources.  Au  xii®  siècle,  il  n'y  avait  pas  de  bud- 
get (!)•  A  chacune  des  dépenses  ordinaires  se  troo- 


(1)  Il  existe  aux  archives  de  l'Aube  deux  budgets  (Estais  des 
valleurs  par  estimacion)  des  receltes  de  la  trésorerie  d'Outre-Seine 
et  Yonne,  l'un  pour  l'année  1534,  l'autre  pour  l'année  1535;  mais 
la  plus  ancienne  ordonnance  qui  ait.  que  nous  sachions,  prescrit  la 
rédaction  de  budgets,  est  du  mois  de  décembre  1542  (Isambert, 
XII,  799;  cf.  Dareste,  HisL  de  l Administration,  I,  353-354; 
Chéruel,  Hist,  de  r Administration,  I,  157). 


—  303  - 

valent  affectées  spécialement  certaines  recettes  ordi* 
naireS)  c'est-à-dire^  certains  revenus  dcMif>aniaux  ;  et 
Ton  pourvoyait  aux  dépenses  extraordinaires  au 
moyen,  1*  de  l'excédant  des  recettes  ordinaires  sur 
les  dépenses  ordinaires,  2^  des  recettes  extraordi- 
naires. 

Financièrement  parlant ,  la  féodalité  tout  entière 
est  une  conséquence  de  la  théorie  des  affectations 
spéciales;  c'est  l'affectation  perpétuelle  de  certains 
revenus  domaniaux  à  certains  services  politiques  et 
administratifs. 

Le  service  de  guerre  était  une  charge  féodale.  Les 
vassaux  nobles  en  étaient  rémunérés  par  la  jouis- 
sance de  leurs  fiefs  ;  les  vassaux  roturiers  par  la  jouis- 
sance de  leurs  tenures.  Le  service  de  conseil  et  de 
justice  rendu  par  les  vassaux  nobles  était  rétribué 
de  la  même  manière.  Le  salaire  des  prévôts  consis- 
tait en  un  prélèvement  sur  le  produit  de  leur  pré- 
vôté, notamment  sur  les  amendes  (1),  et  s'il  différait 
du  droit  des  vassaux  sur  leurs  fiefs,  ce  n'était  que 
par  son  caractère  temporaire.  C'était  de  même  par 
des  affectations  spéciales  qu'était  assuré  le  service 
des  rentes  fondées  au  profit  du  clergé. 

Henri  trouvait  dans  ses  terres  ou  dans  des  rede- 
vances en  nature  le  blé  nécessaire  à  la  nourriture  de 
sa  maison;  il  tirait  son  vin  de  ses  vignes,  on  le  rece- 
vait à  titre  de  vinage  ;  il  prenait  dans  ses  forêts  le 
bois  dont  il  avait  besoin  ;  en  voyage  il  était  logé  et 

«^iTWi^— i.^—— — ■^— ^— — ■^^-^— ^-^  ■  ■  ■  ■■■Il  I       I    r         ^wpy^^^— ^^M^^^T^ 

(1)  Voir  le  règlement  de  Blanche  en  1201,  dans  notre  Tome  II, 
p.  xxvn.  Ce  règlement  n'Introduit  évidemment  pes  un  prkieipe 
nouveau. 


—  304  — 

nourri  gratuitement  par  les  débiteurs  da  droit  de 
gîte  :  partout  le  système  des  affectations  spéciales. 

Il  est  très-probable  que  les  comptes  du  temps 
d'Henri  le  Libéral,  si  nous  en  avions  conservé,  ne 
nous  donneraient  que  l'état  des  sommes  d'argent 
entrées  dans  la  caisse  de  ce  prince  ;  ils  ne  pourraient, 
par  conséquent,  nous  représenter  qu'une  faible  par- 
tie des  recettes  réelles.  Naturellement  aussi  on  n'y 
verrait  figurer  aucun  des  revenus  affectés  au  clei^ 
et  à  l'enseignement  qui  sont  aujourd'hui  à  la  charge 
de  TEtat. 

Un  fait  important  à  signaler  dans  l'histoire  des 
recettes  ordinaires,  c'est-à-dire  du  domaine  en 
Champagne  sous  le  régne  d'Henri  le  Libéral,  c'est 
la  multitude  des  dons  par  lesquels  ce  prince 
amoindrit  les  ressources  de  ses  successeurs.  Par  an 
phénomène  singulier,  tous  les  gouvernements  qui 
se  sont  succédés  en  France  depuis  la  conquête  bar* 
bare  n'ont  pas  cessé  d'engager  l'avenir.  Pendant  an 
temps  cela  s'appelait  aliéner  le  domaine,  et  le  do- 
maine corporel  a  disparu  presque  tout  entier,  ce  qui 
est  un  progrés,  car  les  particuliers  administrent 
mieux  des  terres,  des  vignes,  des  moulins,  que  ne  le 
pourrait  faire  l'Etat.  Aujourd'hui  les  appels  au  cré- 
dit tiennent  lieu  des  aliénations  de  domaines,  et  la 
dépréciation  graduelle  des  espèces  monétaires  con- 
trebalance l'accroissement  de  charge  que  produit  de 
temps  à  autre  l'accroissement  nominal  de  la  dette. 

Une  autre  observation  que  nous  ferons  concerne 
un  mode  de  donation  à  titre  d'aumôme  ou  de  fief 
très-fréquent  au  xii®  siècle,  et  qui  dénote  un  commen- 
cement de  réaction  contre  le  système  primitif  des 
temps  barbares  et  de  la  féodalité.  Les  services  pa- 


—  305  — 

blics,  aujourd'hui  rémunérés  par  des  appointements, 
Tétaient  toujours  dans  le  système  primitif  par  un 
bien  concédé  en  toute  propriété  et  même  avec  une 
partie  des  droits  politiques  du  souverain.  C'est  ce 
qui  avait  lieu  encore  souvent  sous  Henri  le  Libéral  : 
mais  souvent  aussi  ce  prince  donnait  simplement 
une  rente  en  affectant  spécialement  au  service  de 
cette  rente  un  bien  corporel  ou  incorporel  sur  le- 
quel, du  reste,  il  conservait  tous  ses  droits.  Nous 
avons  cité  un  nombre  considérable  de  donations  de 
ce  genre  faites  notamment  au  clergé  ;  nous  remar- 
querons en  outre  que  le  comte  de  Soissons  tenait  à 
hommage  d'Henri  trente  livres  de  rente  sur  le  ton- 
lieu  et  sur  le  péage  de  Château-Thierry  (1  ),  et  qu'Henri 
donna  à  Mathieu,  comte  de  Beaumont,  vingt-cinq 
livres  de  rente  sur  le  péage  de  Rebais  (an  ii7â, 
n^  218);  on  appela  plus  tard  ce  genre  de  6ef  fief  de 
soudée  (2).  Du  fief  de  soudée  aux  appointements  mo- 
dernes, il  n'y  a  qu'un  pas. 

Les  recettes  extraordinaires  étaient  :  l*'  les  impo- 
sitions extraordinaires,  2^  les  emprunts. 

La  charte  de  Meaux,  4179,  n""  304,  nous  parle  des 
mises  ou  collectes^  que  le  comte  pouvait  lever  en  cas 
de  guerre  ou  quand  tout  autre  besoin  l'y  forçait.  Il 
ne  parait  pas  que  ce  droit  fût  limité  aux  quatre  cas 
traditionnels  du  droit  féodal. 

Nous  connaissons  deux  emprunts  faits  par  Henri, 
l'un  de  cent  livres  à  Geoffroi  de  Uonchon,  auquel  il 

(1)  Peoda  Campante,  ti^  43  (voir  notre  Tome  II,  p.  v). 

(2)  Thibaut  II,  père  d'Henri,  avait  déjà  fait  une  disposition  de  ce 
genre  au  profit  d'Ârchambaud  de  Sully,  son  neveu.  Voir  la  charte 
de  Fan  1158,  n«  S3. 


—  306  — 

donna  en  gage  le  marché  de  Ramerupt  (an  1177, 
n®  278),  l'autre  de  cent  quarante  livres  à  Josbert  de 
Chaumont,  qui  reçut  en  gage  l'avouerie  de  Condes 
et  de  Dar manne  (rappel  en  1187,  n*^  360).  Man 
Henri,  à  son  tour,  prêta  550  livres  à  Archambaudde 
Sully  (an  1158,  n^"  53)  et  272  livres  à  Gui  de  Possesse 
(vers  1166,  n"  148);  le  tout  moyennant  un  gage  im- 
mobilier. 

Nous  avons  déjà  dit  que  les  finances  d'Henri  le 
Libéral  étaient  administrées  par  ses  chambriers. 

Pour  compléter  le  tableau  de  son  administration 
financière,  nous  ajouterons  que  les  caisses  des  ab- 
bayes tenaient  lieu  de  caisse  des  dépôts  et  consigna- 
tions. La  charte  de  l'an  1179,  n''  298,  stipule  le  dé- 
pôt d'une  somme  à  l'abbaye  de  Ghàge  jusqu'à  ce 
que  cette  somme  reçoive  un  emploi  déterminé. 


—  307  — 


CHAPITRE  XVI 


Quelques  diplômes  d'Henri  commencent  par  Tin* 
vocation  In  nomine  sonde  et  individue  TrinitcUie  (i), 
mais  c'est  l'exception  (2).  Il  est  bien  plus  rare  encore 
que  le  préambule  y  précède  la  suscription  (3). 

Le  titre  que  prend  partout  Henri  est  celui  de 
comte  de  Troyes,  qui  se  dit  ordinairement  Trecbn- 

SIUM  (U)  COMES  PALATINUS,  OU  TrBCENSIUM  PALATINUS 

COMES,  bien  que  ses  contemporains  lui  donnassent, 
comme  à  ses  prédécesseurs,  le  titre  de  comte  de 
Champagne  (5). 

On  peut  signaler  l'eiemple  de  la  formule  Dei 
gratia,  par  la  grâce  de  Dieu,  dans  les  chartes  de  l'an 


(1)  En  1156,  n°  45  bis  :  In  nomine  Patris  et  Ftlii  et  Spiritus 
Sancli. 

(2)  Exemples:  an  1151,  no  2;  1152.  no  4;  1153,  n"  16, 19; 
1154.  no  28;  1155,  n*  33;  1156,  n»  42;  1158.  no  60;  1159. 
n«*  68,  72.  74;  1161.  n»*  94,  94;  1162,  no«  105,  111  ;  1168, 
no  159;  1170,  no  181;  1175,  n»  247;  1176,  n»  260. 

(3)  Exemple  :  an  1151,  no  1;  1153,  n'H;  1179,  no295. 

(4)  La  forme  Tregensis  est  très-rare  dans  les  originaux.  Voir 
cependant  les  chartes  de  Tan  1174.  no»  220,  225,  229.  La  charte 
de  Tan  1167,  no  152,  donne  un  exemple  de  la  forme  Trecarum. 

(5)  II  ne  prend  lui-même  le  tilre  de  comte  de  Champagne  que 
dans  la  charte  fausse  de  Tan  1173,  n*  216. 


-   308  — 

H58,  n**  58, 60;  H59,  n'  72;  1162,  n*^  111;  1168, 
n- 159;1170,n«18l;  1175,  n« 247;  1176,  n- 260  (i). 
Mais  Henri  n*a  fait  usage  de  cette  formule  que  d'une 
manière  exceptionnelle.  Evidemment  il  n'y  attachait 
qu'un  sens  pieux;  et  en  l'employant  ne  songeait  pas 
à  faire  acte  d'indépendance  à  l'égard  du  roi. 

Quelques  diplômes  d'Henri  portent  la  date  da 
jour  (2).  Un  seul  à  notre  connaissance  donne  la  date 
du  mois  sans  indication  de  jour  (3).  Le  plus  grand 
nombre  sont  seulement  datés  de  l'année  et  du  lieu  (4). 
Quand  le  jour  est  indiqué,  c'est  par  la  mention  d'one 
fête  (5),  du  jour  de  la  semaine  (6),  ou  par  un  renvoi 
au  calendrier  romain  (7).  Nous  n'avons  vu  qu'une 


(1)  Au  lieu  de  Dei  gralia^  il  se  sert  des  ternies  Dei  miseratiottej 
en  1151,  n°2,  et  1156,  no42. 

(2)  An  1151  (v.st.),  n«2;  1153,  n»  19;  1154,  n«28;  1155, 
n«36;  1156,  n^'Zl,  43  1er;  1158  (v.  st.),  n»60;  1159,  n-68, 
76;  1161,  no*  94,  102;  1162,  n^*  110,  111;  1164,  n*  1»; 
1166,  n*  146;  1167  (v.  st.),  n^  154;  1176,  n*»  245. 

(3)  An  1154,  n^  29.  Comme  nous  n'avons  pas  vu  l'original  de 
la  charte,  il  y  avait  peut-être  une  faute  de  copie  dans  le  texte  dont 
nous  nous  sommes  servi. 

(4)  La  date  du  lieu  manque  souvent  dans  les  textes  qui  nous 
sont  parvenus.  Mais  dans  un  grand  nombre  de  cas  elle  a  été  sup- 
primée par  le  copiste,  et  se  retrouverait  dans  loriginal  si  ooas 
pouvions  nous  y  reporter. 

(5)  An  1156,  n«43ter;  1162,  n*  110;  1164,  n«  129;  1166, 
no  146;  1167,  n*  154. 

(6)  An  1155,  no  36;  1175,  no245. 

(7)  An  1151,  n"  2;  1153,  nol9;  1154,  no28;  1158,  n» 
1159,  no»  68,  76;  1161,  no-  94.  102;  1162.  n»  111. 


—  309  — 

fois  le  quantième  du  mois  donné  d'après  le  mode 
actuel  (i). 

Nous  supposons  que^  dans  la  chancellerie  d'Henri, 
on  commençait  ordinairement  l'année  à  Pâques. 
Dans  deux  cas,  il  ne  peut  y  avoir  de  doute  (2).  Il  y 
a  un  cas  où  certainement  on  a  commencé  l'année 
avant  Pâques,  c'est-à-dire,  soit  à  Noël,  soit  au  pre- 
mier janvier  (3). 

Henri  le  Libéral,  une  fois  comte  de  Champagne, 
cessa  de  se  servir  du  sceau  dont  nous  avons  parlé 
plus  haut,  livre  I,  chap.  H,  p.  28. 

Le  sceau  dont  il  fit  dès-lors  usage  a  6&  millimètres 
de  diamètre  ;  légende  :  Stgillum  Henrid  Trecensium 
palatini  comilis ;  dans  le  champ,  un  homme  à  cheval 
vêtu  du  haubert,  un  heaume  conique  en  tête;  d'une 
main  il  tient  un  écu  qui  lui  couvre  la  poitrine,  de 
l'autre  une  épée  nue.  La  cire  est  rouge  ou  d'un 
blanc  jaunâtre.  Elle  pend  par  lanières  de  cuir,  par 


(1)  An  1156,  n°  37. 

(2)  An  1151  (v.  st,),  n^*  1,  2.  Henri  le  Libéral  n'est  devenu 
comte  que  le  10  mars  1152. 

(3)  An  1156.  n^  37.  Cette  charte  est  datée  du  dimanche  26  fé- 
vrier. Or,  en  1156,  le  26  février  est  un  dimanche;  en  1157,  il 
tombe  le  mardi.  Dans  noire  Tome  II,  p.  83  note,  nous  parlons  de 
trois  chartes  du  comte  Hugues  données  le  2  avril  1104,  et  datées 
Tune  de  1103,  c'est-à-dire  en  commençant  l'année  à  Pâques;  les 
deux  autres  de  1104,  en  commençant  l'année  à  Noël  ou  au 
!•' janvier.  Voir  aussi,  même  tome,  p.  133,  ce  que  nous  disons 
d'une  charte  du  même  comte  donnée  en  1123,  et  où  le  rédacteur 
paraît  avoir  également  commencé  l'année  à  Noël  ou  au  1*'  janvier. 
Consulter  aussi,  même  tome,  p.  386,  une  lettre  de  Thibaut  II  à 
Suger,  où  il  est  question  du  jour  du  nouvel  an,  1*'  janvier  1148. 


—  310  — 

double  queue  en  parchemin  ou  par  laça  de  soie. 
La  couleur  de  la  soie  varie,  elle  est  soit  rouge,  soit 
verte^  soit  jaune;  quelquefois  même  de  deux  teintes, 
rouge  et  verte,  jaune  et  verte  (1). 


(1)  Voir  notre  Estai  sur  les  sceaux  des  comtes  de  Champagu. 


APPENDICE. 


HISTOIRE  POSTHUME  D'HENRI  LE  UBÉRAL. 

Henri  fut  enterré  dans  le  chœur  de  l'église  collé- 
giale de  Saint-Etienne  deTroyes  où  Marie,  sa  veuve^ 
lui  fit  élever  un  tombeau  magnifique  en  bronze.  Au 
centre  de  ses  états,  dans  une  capitale  qu'il  avait  enri- 
chie de  ses  bienfaits,  dans  une  église  qu'il  avait  fon- 
dée, au  milieu  des  chanoines  qu'il  avait  dotés,  ses 
ossements  semblaient  assurés  du  respect  et  du  repos 
pendant  un  long  avenir. 

Le  premier  outrage  fait  à  sa  sépulture  date  de 
l'année  i583.  Pendant  une  nuit,  des  voleurs  enle- 
vèrent des  lames  d'argent  dont  le  tombeau  était  orné. 
Cet  acte  de  brigandage  donna  lieu  à  des  réparations 
d'un  goût  sans  doute  peu  sûr,  mais  dont  nous  ne 
pouvons  guère  apprécier  le  mérite  aujourd'hui  (1). 

Quoi  qu'il  en  soit,  au  xviii*  siècle,  le  tombeau  res- 
tauré était  encore  magnifique,  comme  on  peut  en 
juger  par  la  description  suivante  : 

«  Uans  le  chœur  sont  deux  tombeaux.  Le  plus 
proche  de  Taigle  (2)  est  celui  de  Henri  P%  comte  de 

(1)  Gamuïat,  Prompiuarium,  f*  329  i*;  cf.  Arnaud,  Voyage 
êrchéologique,  p.  33. 

(2)  En  1780,  il  fut.  déplacé  parce  qu'il  gênait,  dil-on,  et  mis  du 
côté  de  r4pttpe  (Arjaaud,  V^y^ge  ttpehéologiquef  p.  33). 


—  312  — 

Champagne,  surnommé  le  Large.  Il  a  6  pieds  de 
longueur  sur  2  pieds  et  demi  de  largeur.  La  base,  as- 
sise sur  un  piédestal,  est  garnie  de  cuivre,  ornée  de 
feuillages  et  enrichie  de  vingt-huit  pièces  très-riches 
et  parfaitement  émaillées,  dont  les  dessins  sont  tous 
différents. 

»  Au-dessus  de  ces  pièces  émaillées,  qui  sont  sépa- 
rées les  unes  des  autres  par  des  plaques  de  cuivre 
en  forme  de  bassins  ciselés  en  feuillages,  il  y  a  une 
bande  de  bronze  doré  qui  fait  le  tour  du  tombeaa, 
sur  laquelle  sont  gravés  et  relevés  d'émail  turqoin 
ces  mots,  à  commencer  derrière  la  tète  de  la  grande 
figure  : 

Hujus  firma  fides,  rata  spes,  devotio  fervens, 
Mem  pia»  larga  manus,  lingua  diserla  fuit. 
Hic  sua  plusque  suis»  morietis,  se  contulit  ipsum. 
Hac  ope  post  tôt  opes  muniit  author  opus. 
Crastina  post  idus  martis,  feriœque  secundœ 
V espère,  sole  suo  fecil  egere  dietn, 
Deseritur  solum;  sic  sine  sole  solum, 

»  Au-dessus  de  la  base  s'élèvent  àU  colonnes  de 
bronze  doré  à  huit  pans,  ciselées,  dont  les  chapi- 
teaux sont  d'ordre  corinthien  ;  elles  sont  accompa- 
gnées d'une  très-belle  architecture  et  forment  en- 
semble dix  portiques  magnifiques  de  bronze  doré, 
savoir  :  un  à  la  tête,  un  autre  au  pied  et  quatre  de 
chaque  côté,  au  travers  desquels  on  voit  la  statue 
de  ce  prince,  de  bronze  doré,  de  grandeur  naturelle, 
couchée  de  son  long,  les  mains  jointes,  habillée 
d'une  longue  robe  qui  lui  vient  jusqu'aux  pieds,  avec 
une  ceinture  et,  par-dessus,  un  manteau  dont  an 
pan,  passant  dessous  le  bras  droit,  est  porté  vers  le 
gauche  ;  ce  qui  fait  une  draperie  sur  le  ventre.  Cette 


—  313  — 

statue  a  une  calotte  sur  la  tête,  qui  va  jusqu'au- 
dessus  des  oreilles.  Les  cheveux  sont  fort  courts  et 
frisés;  on  voit  au-dessous  le  bout  des  oreilles.  La 
barbe  couvre  son  menton;  elle  est  frisée  comme 
une  laine  très-fine. 

»  Derrière  les  colonnes  il  y  a  des  plaques  de  bronze 
doré,  ornées  de  différents  feuillages  et  dentelées  aux 
extrémités. 

»  Ce  tombeau^y  compris  la  base  et  l'entablement, 
a  2  pieds  2  pouces  de  haut.  L'entablement  est  sou- 
tenu aux  quatre  coins  par  huit  pilastres  de  bronze 
doré  et  ciselé  en  feuillages.  A  chaque  coin  du  tom- 
beau il  y  a  une  baguette  de  bronze  doré,  qui  forme 
une  petite  colonne  sans  ordre^  qui  tient  toute  la  hau- 
teur depuis  la  base  jusqu'à  l'entablement. 

»  Les  pilastres  forment  les  portiques  dont  il  est 
question  ci-dessus  par  un  demi-cercle.  L'ornement 
de  ces  portiques  consiste  en  une  plate-bande  et  une 
doucine  couverte  de  bronze  doré,  ciselé  et  émaillé 
de  différentes  couleurs. 

»  Au  bas  de  la  doucine,  dans  la  capacité  de  son 
demi-cercle,  il  y  a  deux  demi-ronds  de  moindre 
grandeur,  qui  doublent  les  portiques,  dont  l'espace 
est  orné  d'un  ouvrage  de  bronze  ciselé  et  doré.  Au 
portique,  du  côté  de  la  tête,  on  lit  ces  mots  gravés 
et  relevés  en  émail  : 

Quod  dator  iste  dédit,  nunc  redditur  huic  et  obedit; 

»  Au  portique,  du  côté  des  pieds  du  tombeau, 
sont  écrits  ces  mots  : 

Sed  quod  possedit,  cum  decedente  recedit, 
))  Entre  chaque  arcade,  il  y  a  la  figure  d'un  ange 

Si 


—  314  — 

à  demi-corps,  de  bronze  doré,  tenant  chacun  na^ 
bande  sur  laquelle  est  une  inscription. 

»  Au  premier  ange,  placé  à  la  tête  du  tombeau  do 
côté  de  i'épitre,  on  lit  :  spmnerb  mundum. 

»  Au  second  :  initium  SAPiENTiiE  TUioa  doiiiki- 

»  Au  troisième  :  timor  dohini  hanbt. 

»  Au  quatrième  :  verba  dei  non  trarsisnt. 

»  Au  cinquième  :  mémento  quia  cinis  es. 

»  Au  sixième  :  gloria  garnis  abit. 

»  Au  septième  :  omnis  homo  mendax. 

»  Au  huitième  :  malos  mâle  perdet. 

»  Au  neuvième  :  spernere  sbse. 

»  Au  dixième  :  omnis  caro  fobnum. 

»  Au  onzième  :  vile  sperma. 

»  Au  douzième  :  vas  stbrcorum. 

»  Au  treizième  :  esca  vermium. 

»  Au  quatorzième  :  omnis  homo  mendai^. 

»  Au-dessus  de  la  tête  des  quatre  anges  règne  un 
liteau  ou  réglet  de  bronze  doré,  qui  fait  tout  le  tour 
du  tombeau,  et  forme  le  bas  de  l'entablement  sur 
lequel  sont  gravés  et  relevés  en  émail  ces  mots  : 

Aîc  meus  hue  finis  prolraxil  de  peregrinis 
Finibus,  ut  sit  in  his  hic  s'nw  fitw  cinis. 
Hune  Deus  ipse  torum  tnihi  slravit,  ut  hic  cor  earum 
Me  recolat,  quorum  res  rego,  servo  oliorum. 
Hune  tumulum  mihi  feci,  qui  fundamina  jeci 
Ecclesiœ  tantœ,  quam  nunc  rego  sicut  et  ante  : 
Hic  mea  membra  tegi  volo,  sic  confirmo  quod  egi. 

»  Au-dessus  des  inscriptions,  la  doucine  ou  cy- 
maise de  l'entablement  est  garnie  de  bronze  doré, 
ciselé  en  feuillages. 

»  Le  larmier  ou  couronne  est  garni  de  vingt-huit 
pièces  de  bronze  doré  et  émaillé  de  diverses  cou- 


A 


—  315  — 

leurs,  dont  les  dessins  sont  presque  tous  différents; 
et  entre  les  émaux  il  y  a  des  plaques  de  bronze  doré, 
qui  représentent  chacune  un  petit  bassin  et  quelques 
feuillages. 

»  Au-dessus  de  la  couronne,  il  y  a  une  baguette  de 
bronze  qui  fait  le  tour  de  Tentablement. 

»  L'entablement,  vu  par  dessus,  forme  une  espèce 
de  cadre  dont  les  plates-bandes  sont  couvertes  de 
grandes  pièces  de  bronze  ciselé,  gravé,  doré  et  rem- 
pli d'émaux  de  différentes  couleurs  qui  forment  de 
petits  bouquets  de  fleurs  et  autres  dessins,  d'un 
grand  travail  et  d'un  goût  tout  particulier. 

»  La  doucine  du  cadre  est  couverte  de  feuillages  de 
bronze  doré  et  ciselé,  et  au  bas  des  feuillages  règne 
un  réglet  de  bronze  doré  qui  fait  le  tour  du  dedans 
du  cadre,  sur  lequel  sont  gravés  et  relevés  en  émail 
ces  mots,  à  commencer  par  la  tête  du  tombeau  : 

Uiejaeet  Heiiricus,  comis  cornes  ilh  Trecorum. 
Hœc  loca  qui  slatiiit,  ei  adliuc  stat  iutor  eorum, 
Annos  millenos  cen(enos  terque  novenos 
Impleras,  Chrisle,  quando  datus  est  dator  iste  ; 
Dis  déni  deerant  de  Christi  mille  duceniis 
Annis,  cum  médius  mars  os  clausit  morientis  (1). 

»  Le  dedans  du  cadre  se  trouve  divisé  en  cinq  por- 
tions par  une  manière  de  croix  très-magnifique  de 
bronze  doré,  gravée,  ciselée  et  émaillée,  au  milieu 
de  laquelle  est  une  grande  rose  qui  porte  un  petit 
cadre  d'argent,  sur  lequel  est  en  émail  la  figure  du 
prophète  Isaïe  et  sa  prophétie  représentée  par  un 
arbre  qui  pousse  une  fleur,  sur  laquelle  est  le  Saint- 


(1)  Cf.  plus  haut,  p.  9  et  111. 


—  316  — 

Esprit,  pour  indiquer  qu'il  prédit  la  venue  de  Notre- 
Seigneur,  dont  on  voit  le  portrait  au  bas  de  la  cnnx, 
sortant  d'un  nuage,  ayant  un  livre  scellé  à  la  main^ 
sur  lequel  est  un  petit  rubis,  et  comme  donnant  sa 
bénédiction  entre  le  soleil^  la  lune  et  les  étoiles.  La 
6gure  de  Notre-Seigneur  et  tout  ce  qui  est  dans  les 
trois  portions  du  cercle  est  tout  d'argent  doré  en 
plusieurs  endroits. 

»  Les  trois  portions  du  cercle  forment  un  cadre  en 
manière  de  trèfle,  dont  les  plates-bandes  sont  cou- 
vertes de  bronze  doré,  ciselé  et  émaillé  par  bouquets. 
La  doucine  est  garnie  d'une  feuille  de  bronze  doré, 
poussée  en  feuillage,  et  sur  le  réglet  qui  termine  le 
cadre,  qui  est  aussi  de  bronze  doré,  est  écrit  ce  qui 
suit  en  lettres  gravées  et  relevées  en  émail  : 

Fons  ego  sum  vitœ,  veniœ  dator  :  ergo  veniie 
Ad  meajussa  :  met  vinculasolvo  rei, 

»  Au  bas  du  réglet  il  y  a  un  chapelet  de  bronze 
doré,  qui  fait  le  tour  du  dedans  du  cadre,  pour  cou- 
vrir les  clous  qui  tiennent  le  fond  attaché. 

»  Au-dessus  de  la  figure  de  Notre-Seigneur  sont 
deux  anges,  Tun  à  droite,  l'autre  à  gauche,  tous  deux 
de  relief  en  demi-bosse,  hauts  chacun  d'environ 
quinze  pouces  sur  six  de  largeur;  ils  sont  d'argent 
doré  en  quelques  endroits,  sur  un  fond  aussi  d'ar- 
gent, semé  de  petites  rosettes  d'argent  doré. 

0  Au-dessus  des  anges,  dans  la  partie  du  côté  de 
l'épître,  en  tirant  vers  l'aigle,  on  voit  la  figure  du 
comte  Henri,  toute  d'argent  en  demi-bosse,  haute 
de  vingt-trois  pouces  sur  sept  de  largeur,  tenant  en 
ses  mains  la  représentation  d'une  église  d'argent  doré 
qu'il  paraît  offrir  à  saint  Estienne,  qui  est  auprès. 


—  317  — 

La  couronne  est  aussi  d'argent  doré,  garnie  de 
pierreries,  qui  sont  :  un  saphir,  une  agate  orientale 
et  quatre  petits  grenats.  II  y  a  au-dessus  de  la  tête 
une  espèce  de  tour  accompagnée  de  deux  petits 
dômes  :  le  tout  aussi  bien  que  le  fond  est  d'argent 
doré  en  quelques  endroits,  semé  de  rosettes,  et  ter- 
miné, de  même  que  toutes  les  autres  6gures,  par  un 
chapelet  de  bronze  doré. 

»  Dans  la  portion  du  côté  de  l'évangile,  tirant  vers 
l'aigle,  il  y  a  la  figure  de  saint  Estienne,  de  même 
relief  que  celle  du  comte  Henri,  toute  d'argent, 
haute  de  vingt-deux  pouces  sur  environ  six  de  large, 
revêtue  de  T habit  de  diacre,  tenant  en  main  un  texte 
doré,  au  milieu  duquel  est  une  croix  sur  laquelle 
Jésus-Christ  est  attaché,  et  les  figures  de  la  sainte 
Vierge  et  de  saint  Jean,  aux  deux  coins  de  la  croix; 
de  l'autre  main  il  tient  une  palme  dorée,  ainsi  que 
le  nanipule,  le  collet,  les  cheveux,  le  bas  des  man- 
ches, le  bas  de  l'aube,  les  fleurs  dont  la  tunique  est 
semée  ;  le  reste  de  la  tunique  est  gravé  de  différents 
feuillages,  le  fond  en  est  d'argent,  semé  de  plusieurs 
rosettes  dorées,  et  terminé  par  un  chapelet  de  bronze 
doré. 

»  Dessous  ce  tombeau  gît  le  corps  du  comte  Hen«- 
ri  P',  fondateur  de  cette  église,  mort  le  17  mars  1180; 
il  est  déposé  dans  une  grande  pierre,  creusée  de  la 
longueur  du  personnage,  et  garnie  d'un  couvercle 
aussi  en  pierre  (1).  » 

L'épitaphe,  telle  qu'elle  est  reproduite  dans  cette 

(1)  Cette  description,  faite  en  1704  par  Hugot,  chanoine  de 
Saint-Etienne,  a  été  publiée  déjà  par  Baugier  (Mém,  hi$t.,  l,  399- 


—  318  — 

description,  est  incomplète.  Il  manque  au  moins  siî 
vers  ;  nous  en  trouvons  deux  dans  le  Promptuariym 
de  Gamuzal  : 

Principis  eqregios  aclus  Maria  revetat, 
Dum  sponsi  cineres  tali  velamine  velat  (1) 

Quatre  autres  ont  été  découverts  par  i*abbé  Le- 
beuf  dans  un  manuscrit  de  Saint-Victor  : 

Largus  eram.  multis  dederam,  multumque  laborem 
Hic  tuleram  :  nunc,  qus'so,  feram  fructum  meliorem, 
Quœ  slatuo  templa  tuo,  protomartyr»  honori, 
Perpeiuo  rege,  daque  suo  prouesse  datori  (2). 

Enfin  il  serait  aujourd'hui  bien  difficile  de  dire 
quel  était  Tordre  primitif  des  vers  dont  cette  épi- 
taphe  se  composait  (3).  II  est  probable  que,  lors  de 
la  restauration  qui  a  suivi  le  vol  de  1583,  on  aura 
négligé  à  la  fois  de  replacer  tous  les  vers  et  de  les 
disposer  comme  ils  Tétaient  dans,  Torigine. 

M.  Arnaud,  dans  son  Voyage  archéologique^  a  pu- 
blié un  dessin  de  ce  tombeau  qui  a  été  reproduit 


406);  Groslcy  [Mém,  hist.,  H,  404-410)  ;  Arnaud  {Voyage  archéo- 
logique, 29-30),  el  pnr  M.  Yèbhé  Coffincl,  chanoine  de  Troy« 
{Annales  archéologiques,  t.  XX).  Nous  avons  reproduit  le  texte  ^ 
M.  Coffinet  après  l'avoir  collationné  avec  un  manuscrit  des  archives 
de  l'Aube,  indiqué  par  M.  Vallct  de  Virivilie  (Arch,  hist,,  p.  128, 
liasse  105,  pièce  G).  Ce  manuscrit,  un  peu  plus  développé,  présente 
des  différences  de  lédaction  assez  nombreuses,  mais  sans  irapo^ 
lance,  et  dont  nous  avons  cru  ne  pas  devoir  tenir  compte.  Le  testé 
publié  en  est  pour  ainsi  dire  la  mise  au  net. 

(1)  Fo330r«. 

(2)  Lebeuf.  Dissertât,,  il,  266;  Hisl.  Itit,,  XIV,  206-207. 

(5;  Voir  l'ordre  suivi  par  Camuzat,  f<»329  s^  :  il  est  différent  de 
celui  de  la  Description  publiée  plus  haut,  et  paraît  meilleur  à  cer- 
tains égards. 


—  3!d  — 

par  M.  CoSinet,  chanoine  de  Troyes,  dans  le  T.  XX 
des  Annales  archéologiques.  C'est  une  des  merveilles 
derorfèvrerie  du  moyen-âge.  Figurons-nous  ce  chef- 
d'œuvre  dans  le  chœur  de  l'église  Saint-Etienne, 
alors  un  des  plus  beaux  et  des  plus  grands  édifices 
religieux  de  Troyes,  et  rèporlons-nous  à  un  siècle  en 
arrière,  au  17  mars. 

«  Tous  les  ans,  »  dit  Gourtalon  (1),  (c  le  17  mars, 
jour  de  l'anniversaire  de  Henri,  le  chapitre  fait  un 
service  solennel  auquel  les  chanoines  assistent  en 
habits  sacerdotaux  et  observent  les  mêmes  cérémo- 
nies qui  se  firent  à  sa  mort.  La  veille  on  sonne  à 
complies  à  une  heure  et  demie,  ensuite  on  chanté 
l'ofBce  des  morts  comme  aux  fêtes  annuelles,  l'autel 
paré  de  rouge  et  les  officiers  revêtus  aussi  d'orne- 
ments rouges.  Au  cinquième  psaume,  deui  cha- 
noines sorti  avertis  d'aller  encenser  les  tombeaux  (2) 
pendant  le  Magnificat.  Pendant  le  troisième  répond 
de  chaque  nocturne,  les  deux  choristes  qui  accom- 
pagnent le  chantre  et  le  sous-chantre  encensent  le 
grand  autel  et  les  tombeaux,  ainsi  qu'au  Benedictus. 
Le  lendemain  17  mars,  on  commence  les  matines  à 
trois  heures  du  matin,  après  quoi  on  récite  tout  le 
psautier.  On  commencé  prime  à  huit  heures  et  de- 
mie, ensuite  tierce  et  sexte,  après  quoi  on  fait  solen- 
nellement les  recùmmandises.  La  messe  est  en  Mu- 
sique. Deux  dignitaires  et  un  chanoine  revêtus  de 
chasuble  vont  chanter  le  trait.  Les  chanoines  qui  né 
srnit  pas  en  chasuble  vont  à  l'offrande,  mais  les  quatre 


(1)  Top^raphie,  II,  139-140. 

<2)  Gtloi  d'Henri  et  celoi  de  Thibaut  lil,  bod  second  flis. 


—  320  — 

choristes  y  vont  les  premiers.  Après  la  messe  on 
récite  les  sept  psaumes  de  la  pénitence.  Les  digni- 
taires et  chanoines-prêtres  sont  placés  aux  basses 
chaires,  proche  les  tombeaux,  revêtus  de  chasubles 
rouges.  Les  autres,  soit  dignitaires  ou  chanoines, 
diacres  et  sous-diacres,  sont  placés  aux  hautes  chaires, 
du  côté  de  l'autel,  derrière  les  chanoines-prêtres,  re- 
vêtus de  chapes.  Les  chantres-musiciens  sont  assis 
en  haut,  vis-à-vis  du  lutrin,  aussi  revêtus  en  chapes 
rouges.  Pendant  les  sept  psaumes  et  les  recommandiseif 
deux  enfants  de  chœur  encensent  continuellement  les 
tombeaux.  Ensuite  on  commence  la  messe  du  jour, 
pendant  laquelle  on  distribue,  au  chapitre,  six  livres 
à  ceux  qui  ont  assisté  aux  vigiles,  recommandises  et 
messe.  » 

L'église  et  le  chapitre  de  Saint-Etienne  ont  dis- 
paru, victimes  de  la  tourmente  révolutionnaire.  Le 
23  février  1792,  les  corps  d'Henri  et  de  son  fils 
Thibault  III,  furent  exhumés  en  présence  des  com- 
missaires du  département  et  après  les  avoir  déposés 
dans  la  salle  du  trésor,  on  les  transféra  solennelle- 
ment à  la  cathédrale  le  27  du  même  mois.  La  céré- 
monie commença  à  dix  heures  du  matin.  Plusieurs 
compagnies  de  la  garde  nationale,  musique  en  tête, 
ouvraient  la  marche.  Dans  le  cortège  se  trouvaient 
l'évêque  constitutionnel,  son  clergé  et  les  principales 
autorités  du  département.  Les  dépouilles  mortelles 
d'Henri  et  de  Thibaut,  portées  à  bras,  étaient  cou- 
vertes de  draps  mortuaires.  Le  maire,  les  présidents 
du  département,  du  district  et  du  tribunal  criminel, 
tenaient  les  coins  du  poêle  du  comte  Henri.  Les 
présidents  du  tribunal  de  district,  du  tribunal  de 
commerce,  du  tribunal  de  police  correctionnelle  et 


—  321  — 

du  bureau  de  conciliation,  tenaient  les  coins  du 
poêle  du  comte  Thibaut.  On  voyait  ensuite  sur  deux 
chariots  le  tombeau  du  comte  Henri  et  celui  du 
comte  Thibaut  ;  chacun  de  ces  chariots  était  mené 
par  trois  chevaux  caparaçonnés  de  noir.  Au  sortir 
de  Téglise  Saint-Etienne,  on  suivit  la  rue  Moyenne 
(rue  Urbain  IV)  jusqu'à  l'hôtel-de- ville,  puis  on  gagna 
la  cathédrale  par  la  rue  de  THôtel-de-Ville  et  par  la 
rue  de  la  Cité.  A  la  cathédrale,  un  service  solennel 
fut  chanté  en  musique,  puis  les  deux  corps  enfouis 
dans  la  chapelle  Notre-Dame.  Les  deux  tombeaux, 
placés  d'abord  de  chaque  côté  du  chœur  comme 
ornement,  furent  détruits  Tannée  suivante.  On  parla 
même  de  jeter  au  vent  les  cendres  d'Henri  et  de 
Thibaut  comme  ceux  des  rois  de  France  à  Saint- 
Denis  (1). 

Les  ossements  du  grand  comte  et  de  son  fils 
virent  le  jour  de  nouveau  en  octobre  18â&,  dans 
des  fouilles  faites  pour  établir  le  caveau  des  évéques. 
On  les  trouva  dans  les  cercueils  de  pierre  où  ils 
avaient  été  enterrés  à  Saint-Etienne.  Dans  le  cer- 
cueil d'Henri  l"  était  placée  l'inscription  que  voici  : 

Hic  j  ace  t  Henricus,  palatinus 
Campanix  et  Briœ  cames, 
Hujus  ossa  ex  S.  Slephani 
Tempîo  in  basilicam  fuere 
Translata,  anno  reparatœ  salutis 
1792,  libertatis  vero  quarto. 
Obiit  anno  iiSO, 
Augustino  Sibile  episcopo  primario  electUme  popuU  (2). 

(1)  Arnaud,  Voyage  archéologique,  p.  34. 

(2)  Arnaud,  dans  les  Mém.  de  la  Soc,  d^Agr,  de  l'Aube^  t.  XII, 
p.  280-300. 


—  sn  — 

C'est  encore  aujourd'hui  à  la  cathédrale  deTroyes, 
sous  le  pavé  de  ia  chapelle  Notre-Dame,  qu'est  con- 
servé ce  qui  reste  du  corps  d'Henri  le  Libéral,  mais 
on  ne  lut  a  pas  même  fait  Thonneur  d'une  inscrip- 
tion qui  rappelle  aux  visiteurs  et  aux  fidèles  le  soo- 
venir  de  ce  grand  prince,  et  sur  la  tombe  du  fonda- 
teur de  tant  d'églises  et  de  prières,  personne  ne  prie 
pour  lui  depuis  soixante-dix  ans.  Si  ses  ossements, 
comme  ceux  de  tant  de  ses  contemporains,  étaient 
égarés  dans  quelque  cité  lointaine  d'Orient,  on  com- 
prendrait cet  oubli  ;  mais  non  :  c'est  dans  la  ville  où 
était  son  habituelle  résidence  et  dont  il  portait  le 
nom,  c'est  dans  la  ville  qu'à  ce  titre  il  a  élevé  en 
Champagne  au  rang  de  capitale  dont  elle  s'enorgueil- 
lit encore,  c'est  dans  une  ville  qui  lui  doit  la  fonda- 
tion du  principal  établissement  charitable  qu'elle 
possède  et  où  des  canaux  tracés  par  la  main  puis- 
sante de  ce  généreux  souverain  ont  fait  la  prospé- 
rité séculaire  de  grandes  industries  encore  aujour- 
d'hui florissantes,  c'est  au  centre  du  pays,  dont  il 
fut  le  bienfaiteur  et  dont  il  est  encore  une  des  gloires 
les  plus  hautes  et  les  plus  pures  ;  c'est  là  que  ses 
restes  reposent,  abandonnés  de  tous,  connus  à  peine 
de  quelques  érudits  ! 

Ah  !  la  haine  qui  s'attache  quelquefois  à  de 
grandes  institutions  explique  les  violences  d'une  po- 
pulace égarée  !  Mais  que  dire  de  ce  dédain  ?  Sans 
doute  nous  déplorons  les  profanations  qui,  à  une 
époque  néfaste,  souillèrent  dans  une  vieille  basilique 
le  dernier  asyle  de  la  majesté  de  nos  rois  :  mais  il  y 
a  des  crimes  qui  dans  leur  horreur  même  ont  une 
certaine  grandeur,  et  dont  l'excès  rend  une  sorte 
d'hommage  sinistre  à  la  puissance  à  laquelle  ils 


—  323  — 

s'attaquent.  Que  ne  fallait-il  pa&  pour  atteindre  par 
l'outrage  à  la  hauteur  de  cette  longue  lignée  de  mo- 
narques qui,  pendant  tant  de  siècles,  avait  person- 
nifié les  gloires  de  la  France?  , 

Si  dans  un  moment  d'entraînement  passionné  les 
cendres  d'Henri  le  Libéral  avaient  été  jetées  au  vent, 
nous  le  regretterions  sans  doute;  mais  ce  lugubre 
honneur  rendu  par  la  fureur  populaire  à  une  puis- 
sance déchue  semblerait  moins  triste  que  tant  d'in- 
différence en  face  de  tant  de  grandeur  et  de  tant  de 
bienfaits.  Henri  le  Libéral  ne  vaut-il  donc  pas  beau- 
coup de  souverains  dont  les  restes  inanimés  depuis 
des  siècles  reçoivent  tous  les  jours  les  honneurs 
royaux  sous  les  voûtes  splendides  de  Saint-Denis  ? 

Quelles  que  soient  les  transformations  de  la  so- 
ciété, il  importe  toujours  à  la  dignité  de  la  France 
que  le  respect  ne  cesse  d'entourer  la  sépulture  de  ses 
vieux  rois.  Pourquoi  la  Champagne  refuserait -elle 
quelques  égards  à  la  mémoire  d'un  homme  qui  l'a 
si  honorablement  représentée  ?  LaChampagne,  il  est 
vrai,  n'a  plus  d'existence  officielle,  mais  ne  devrait- 
elle  pas  encore  sentir  battre  son  cœur  quand  on  lui 
parle  de  reconnaissance  et  qu'on  rappelle  à  ses  en- 
fants les  souvenirs  si  glorieux  de  leurs  fiers  an- 
cêtres ? 

Ces  plaintes  que  tant  d'autres  ont  faites  avant 
nous  seront-elles  toujours  inutiles  ?  Nous  ne  le  sa- 
vons, mais  nous  le  craignons.  Tel  est  le  sort  ordi- 
naire des  grandeurs  que  ne  couronne  pas  l'auréole 
'Surnaturelle  de  la  religion.  La  religion  seule  assure 
la  durée  de  l'amour  et  du  respect.  A  quelques  pas 
des  restes  abandonnés  d'Henri,  un  débris  du  crâne 
de  saint  Bernard,  enfermé  dans  une  châsse  dorée, 


—  324  — 

reçoit  de  continuels  hommages  où  une  pieuse  et 
tendre  émotion  se  môle  au  sentiment  d*une  vénéra- 
tion profonde;  car,  de  même  que  Dieu  seul  est 
grand,  Dieu  et  les  saints  seront  seuls  toujours  ai- 
més! 


CATALOGUE  DES  ACTES 

D'HENRI  LE   LIBÉRAL, 

COMTK  Dl  CHA1IPA6HB, 

de  M!A!RX£i,  sa  femme, 
et   d'HBNRI   II,    son  jais   aîné. 


Ce  travail  n'a  pas  la  prétention  d'être  complet  : 
sa  principale  utilité  a  été  de  nous  permettre  de 
simplifier  dans  le  cours  de  notre  ouvrage  les  ren- 
vois aux  sources ,  et  nous  n'avons  en  aucune  façon 
la  prétention  de  le  comparer  ni  au  Regesta  pontificum 
Romanorutn  de  Jafié,  ni  au  Catalogue  des  actes  de  Phi- 
Uppe-Auguste. 


PREMIÈRE  PARTIE. 

CmUdo^^e  des  actes  d^Henrl  le  libéral. 

1.  —  Du  40  janvier  au  29  mars  4452  (4454  v.  st.).  — 
Henri  reconnaît  qu'il  ne  peut  mettre  hors  de  sa  main  la 
garde  de  Chablis. 

Carf,  de  la  comtesse  Blanche^  Biblioth.  Imp.  lat.  5993, 
fo  LXii  ro;  Cart.  de  M,  de  Thou,  Bibl.  Imp.  lat.  5992.  — 
Copie  Bibl.  de  Troyes,  ms.  22,  p.  97, 494  ;  Bibl.  Imp.,  Coll. 
de  Champ.,  t.  436,  p.  25-26.  —  Ed.  Chantereau,  Pr.  p.  3-4; 
Brussel,  p.  774  note;  D.  Bouquet,  XVI,  404  n;  Quantin, 
Cart.  de  l'Yonne,  I,  482. 

2.  —  Troyes,  25  février  4452  {Trecù,  Vo £al.  Martii, 


—  326  — 

4454  r.  st,).  —  Henri  fait  réparation  an  chapitre  de  Saint- 
Pierre  de  Troyes,  dont  il  a  violé  le  droit  de  justice- 
Copies  informes  du  xyiii*  siècle,  Archives  de  l'Aube,  P.  de 
Saint-Pierre  de  Troyes.  —  Ed.  Martène,  An^d.^  I,  414; 
Brussel,  p.  4032:  Gall.  Christ.,  XII,  Instr,.  264-263.  — 
Mention  Vallet  de  Viriville,  Archives  hist.  de  V Aube  y  94, 
448. 

3.  —  Edise  cathédrale  Saint-Etienne  de  Meaux,  du  30 
mars  4452  au  48  avril  4453  (Meldis  in  ecclesia  S.  Stephani, 
4452).  —  Henri  abandonne  aux  chanoines  de  la  cathédrale 
de  Meaux  son  droit  de  vinage  sur  leurs  vignes.  Le  produit 
en  sera  employé  en  pain,  vin  et  \iande  pour  les  chanoines 
le  jour  de  l'anniversaire  de  son  père. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart.  du  Chapitre  de  Meaux,  1, 60;  II,  U; 
III,  43. 

4.  —  Château  de  Provins,  du  30  mars  4452  au  4 8  avril 
Uo3  {Pruvini  Castro,  4452).  -^  Henri  réduit  son  droit  de 
procuration  sur  l'abbaye  de  Lagny,  et  y  fonde  ranjiiversaire 
de  son  père  moyennant  une  rente  de  vingt  muids  de  vin. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  de  Lagny,  fo25  vo,  26  ro.  —  Ed.  Mabil- 
lon,  de  Re  diplom.,  584-585.  —  Extr.  Touss.  du  Plessù, 
Uist,  de  Végl,  de  Meaux,  II,  44.  —  Mention  Gall.  Christ., 
VII,  496 E;  VIII,  4643 C;  IX,  497 B. 

5.  —  Reims,  du  30  mars  4452  au  48  avril  4453  (RetmSy 
4452).  —  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Saint-Remy  de  Reims 
le  ban  de  la  Marne,  au-dessus  et  au-dessous  de  Condé-sor- 
Mame. 

Bibl.  de  Reims,  2^  Cart.  de  Saint-Remy,  (o  64  vo,  —  Men- 
tion Marlot,  4re  éd.,  t.  II,  p.  363. 

6.  —  Epemay,  du  30  mars  445?  au  48  avrij  4453  (1452, 
Sparnaci).  —  Henri,  pour  l'ûme  de  son  père,  et  en  rémuné- 
ration des  services  qu'il  avait  lui-môme  reçus  des  Templiers 
en  Terre-Sainte,  leur  donne  tout  ce  que  son  père  avait  dam 
le  vivier  et  le  moulin  situés  entre  Passy-sur-Marne  et  Chàlil- 
lon-sur-Marne. 

Original,  Àrch.  de  l'Empire,  F.  des  Templiers.  .t 


-  3a7  — 

7.  —  Du  30  mars  4452  au  48  avril  4453  (4452).  —  Henri, 
sur  la  demande  du  prieur  de  Sainte-Poy  de  Coulommiers, 
qui  avait  pieusement  assisté  à  Tenterreraent  du  comte  Thi- 
baut II,  confirme  les  donations  précédemment  faites  à  ce 
prieuré  et  y  ajoute. 

Ed.  Champollion-Pigeac,  Doc,  inéd,  extr,  de  laBibl.  Royale, 
II,  2e  part.,  p.  32-34. 

8.  —  Du  30  mars  4452  au  48  avril  4453  (4452).  —  Henri 
confirme  la  donation  du  village  de  Soignj  (Sugniacum),  faite 
à  l'abbaye  de  Saint-Pierre-aux-Monts,  par  Herbert,  cheva- 
lier. 

Mention  GalL  Christ.,  IX,  928 E. 

9.  —  Lachy ,  du  4  9  avril  4  4  53  au  3  avril  4  4  54  (Lachiacum, 
4453).  —  Henri  amortit  les  maisons  et  moulins  du  prieuré 
de  Saint-Ayoul  de  Pro\ins,  et  donne  à  ce  prieuré  la  justice 
de  Provins  et  de  la  chfttellenie  pendant  les  sept  premiers 
jours  de  la  foire  de  Saint-Ayoul. 

Copie  Bibl.  de  Provins,  CaH,  de  Caillot,  fo  232  r*.  —  Ed. 
Bourquelot,ifi5^  de  Prorm*,  II,  380-382.  —Extr.  Bibl.Imp., 
ColL  de  Champagne,  t.  435  p.  2î9.  —  Mention  Bourquelot, 
Hist.  de  Provins,  t.  I,  447-449,  408. 

10.  —  Provins,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  {Pruvini 
4453).  —  Henri  reconnaît  qu'il  n'a  aucun  droit  de  gîte  à 
Saint-Ayoul  de  Provins,  et  donne  à  ce  prieuré  le  mesurage 
des  grains  dans  le  bourg. 

Original,  Archives  de  l'Aube,  P.  de  Montier-la-Celle.  — 
Copie  il)id.,  Inv.  de  MontieMa-Celle,  f»  44  v<>  et  346  r*».  — 
Mention  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435  p.  249. 

11.  —  Epemay,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  {Spar- 
fioc?!,  4453).  —  Henri  reconnaît  que  le  chapitre  de  Reims  lui 
a  donné  Vertus,  pour  en  jouir  sa  vie  durant,  moyennant  cent 
sous  de  rente  au  lieu  de  quarante  que  payait  son  père. 

Bibl.  de  Beims,  Livre  vert  du  chapitre,  f*  5  V. 

12.  —  Epemay,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  (4453, 
Sparnacij.  —  Henri  prend  sous  sa  garde,  moyennant  une 


—  328  — 

rente  de  dix  livres  de  Châlons,  les  hommes  de  Tabbaye  de 
Saint-Rerai  de  Reims  à  Courtisols. 

Bibl.  de  Reims,  4"  Cart.  de  Saint-Remi^  p.  635  v©  636  n», 
2e  Cart.  de  Saint-Remi,  fo  65  r«  v«. 

13.  —  Epernay,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  {Spot- 
naci,  4453).  —  Henri  ne  peut  aliéner  Tavouerie  qu'il  a  sur 
une  partie  des  hommes  de  l'abbaye  de  Saint-Remi,  m  exiger 
d'eux  une  taille  supérieure  à  celle  qu'ils  ont  payée  à  sod 
père. 

Bibl.  de  Reims,  2e  Cart.  de  Saint-Remi,  f»  65  r«.  —  Ed. 
Varin,  Arch.  admin,,  t.  I,  328. 

14.  —  Vitry,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  {Vitriad 
4453).  —  Henri  confirme  les  donations  de  son  oncle  HuLnies 
à  l'abbaye  de  Toussaints-en-l'Isle  de  Chàlons-sur-Maroe,  et 
y  ajoute  la  donation  d'un  droit  de  dîme  à  Larsîcourt.  Cetif 
dîme  doit  être  affecté  à  la  fondation  d'un  générale  pour  les 
moines,  le  jour  de  la  Sainte-Croix. 

Arch.  de  la  Marne,  Cart,  de  Toussaints-en-l'Isle,  p.  27-28. 

15.  —  Vitry,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  (Vitriêei 
4453).  —  Henri  constate  une  transaction  où  l'abbaye  de 
Toussaints-en-l'Isle  est  partie. 

Arch.  de  la  Marne,  Cart.  de  Toussaints-en-VIsle,  p.  44-42. 

16.  —  Château-Thierry,  du  49  avril  4453  au  3  avril  4454 
(ap,  Castrum  Theodorici,  4453).  —  Henri  reconnaît  n'avoir 
aucun  droit  de  taille  sur  plusieurs  villages  dépendant  de 
l'abbaye  de  Saint-Médard  de  Soissons. 

Bibl.  Imp.  Cart.  406  (Cart.  de  Saint-Médard  de  Soissons]^ 
charte  cotée  de  Damertj,  XVI. 

17.  —  Du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  (4453).  —  Henri 
juge  que  la  procuration  qui  lui  appartient  à  Saint-Martin- 
du-Tertre  (Sanctus  Martinus  de  Montibus)  est  due  parles 
hommes  du  lieu  et  non  par  l'abbaye  de  Saint-Martin  de 
Tours. 

Copie.  Bibl.  Imp.,  Baluze,  t.  77,  fo  236  ro. 


—  329  — 

17 H«.  —  Du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  (4453).  — 
Henri,  comte  de  Troyes,  confirme  Tacquisition  par  Tabbaye 
de  Jouy  des  biens  vendus  à  cette  abbaye  par  Milon  de  Gauf- 
finis. 

Arch.  de  TEmpirc,  K492,  no 200. 

18.  —  Du  49  avril  4453  au  3  avril  4454  (4453).  —  Henri 
confirme  les  privilèges  du  prieuré  de  Coîncy. 

Mention  Gall.  Christ,,  IX,  394  B  ;  Art  de  vérifier  les  dates  y 
II,  620. 

19.  —  22  mai  4453  (4453,  XIoKal,  junii).  —  Henri  con- 
firme les  privilèges  de  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes. 

Cart.  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte  de  Bé- 
rulles,  foxxxixro. 

20.  —  Bar-sur-Aube,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455 
(Barri,  4454).  —  Henri  affranchit  l'abbaye  de  Clairvaux  de 
tout  droit  de  tonlieu,  de  péage  et  de  foire  sur  sa  terre. 

Arch.  de  TAube,  Cart.  de  Clairvaux,  pièce  cotée  Comi- 
ium  Campanie  VI*. 

21.  —  Château-Thierry,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455 
(Castri  Tkeederici,  4454).  —  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Val- 
Secret  vingt  ai^nts  de  terre  à  défricher  dans  un  bois. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  P.  de  Val-Secret. 

22.  —  Ghàtilion,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455  {ap. 
Castellionenif  4454).  —  Henri,  sur  la  demande  du  prieur  de 
Yentelay  et  des  hommes  du  lieu,  décide  que  le  comte  de 
Roucy  n'a  aucun  droit  sur  cette  localité,  et  s'engage  à  pro- 
téger les  habitants  moyennant  une  rente  annuelle  qu'il  ne 
peut  aliéner. 

Copie,  Bibl.  Imp.  Lat.  5444,  p.  374-375. 

23.  —  Provins,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455  {Pruvini 
4454).  —  Henri  avait  défendu  aux  marchands  et  aux  chan- 
geurs de  séjourner  plus  de  dix  jours  à  la  foire  de  Lagny.  A 
la  demande  de  l'abbé  et  des  moines  il  lève  cette  défense. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  de  Lagny,  fo24  vo. 


—  330  — 

24.  —  Provins,  du  A  avril  4454  au  26  mars  4455  («p. 
Pruvinum,  4454).  —  Henri  confirme  Tabbaye  de  Montîer^ 
Gelle  dans  ses  biens  et  dans  ses  privilèges. 

Copie  du  xvie  siècle,  Ârch.  de  TAube,  F.  de  Montier-ls- 
Gelle,  pièce  cotée  Montier-la-Gelle,  no  3;  copie  du  xviii«  siècle, 
ibid.  Invent,  de  Montier-la-Celle,  fo  43  r©  v®. — Arch.  de  lîm- 
pire,  K  492,  no  54.  —  Analyse,  Bibl.  Imp.,  ColL  deChamf,, 
t.  435,  p.  2.  —  Ed.  Champollion-Pigeac,  Doc.  hist.  inéd.  extr, 
de  la  Bibl.  R.  II,  2e  parUe,  p.  34-39. 

25.  —  Provins,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455  {ap, 
Pruvinum,  4454).  —  Henri  renouvelle  les  privilèges  do 
prieuré  de  Saint-Ayoul  de  Provins. 

Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  P>  227r«-229ro. 

26.  —  Epemay,  du  4  avril  4454  au  26  mars  4455(9. 
Spamacum,  4  454).  —  Henri  confirme  Tabbaye  de  Toossaînt»- 
en-risle  dans  la  possession  de  l'église  de  Viâpres  (Aube). 

Arch.  de  la  Marne,  Cart.  de  Toussaints^en^l'Islej  p.  40-41 
—  Analyse,  de  Barthélémy,  Dioc.  de  CMlons,  II,  444. 

27.  —  Du  4  avril  4454  au  26  mars  4455  (4454).  —  Hoiri 
confirme  la  donation  de  la  voierie  de  Charly  à  l'abbaye  de 
Notre-Dame  de  Soissons. 

Ed.  Germain,  Hist.  de  N.-D.  de  Soissons,  pr.  p.  440. 

28.  —  Troyes,  le  4  août  4454  {Trecis,  AiU^pridienmim 
augtistij.  —  Henri  confirme  les  biens  et  les  privilèges  de 
Tabbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes. 

Original,  Arch.  de  TAube.  —  Ed.  Camuzat,  PramphÊth 
rium,  fo  302-303.  —  Analyse,  Desguerrois,  Saincteté  ekres- 
tienne,  fo  292  vo. 

29.  —  Troyes,  novembre  4454  {Actum  Trecis,  annoith 
carnati  Verbi  4454,  mense  novembri.  —  Datum  per  numut 
cancellarii  apud  Eosnaicum).  —  Henri  donne  des  biens  à 
Tabbaye  de  Beaulieu  (Aube),  et  confirme  les  donations  Mes 
à  cette  abbaye  par  Gautier  II,  comte  de  Brienne. 

Analyse,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  256. 


—  331  — 

30.  —  Bar-sur-Aube,  du  27  mars  4155  au  44  avril  4456 
{Barrum  super  Albam^U^^),  —  Henri  confirme  les  posses- 
sions de  Tabbaye  de  Sept-Fontaines,  la  prend  sous  sa  pro- 
tection, etc. 

Ed.  Annales  PrœmonstratenseSy  t.  II,  p.  ccccxc. 

31.  —  Meaux,  du  27  mars  4455  au  44  avril  4456  {ap. 
JfsMfin,  4455).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Notre-Dame-de- 
Ghâge  une  rente  de  sept  sous  sur  le  péage  de  Coulommiers 
pour  acheter  Thuile  nécessaire  à  l'entretien  d'une  lampe. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  l'église  de  Meaux,  II,  44-45. 

32.  —  Pont-sur-Seine,  du  27  mars  4455  au  44  avril  4456 
{ap.  Pontes,  4455).  —  Henri  abandonne  au  prieuré  du  Sainte 
Sépulcre  de  Samblières,  aujourd'hui  Yillacerf  (Aube),  son 
droit  de  sauvement  et  d'avouerie  sur  les  hommes  de  Cha- 
pelle-Vallon (Aube). 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  F.  du  Saint-Sépulcre. 

33.  —  Provins,  du  27  mars  4455  au  44  avril  4456  (ap. 
Pruvinum,  4455).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  N.-D.  de 
Soisy ,  soixante  sous  de  rente  sur  le  salage  de  Provins,  et 
confirme  d'autres  acquisitions. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin,  de  Provins.  —  Copie, 
Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  436,  p.  424-422.  —  Mention 
Gall.  Christ.,  XII,  429  A;  Opoix,  Hist.  de  Provins,  2*  éd., 
p.  80. 

34.  —  Troyes,  du  27  mars  au  44  avril  4456  (ap.  Trecas, 
4455).  —  Henri  exempte  de  sa  justice  Guillaume  l'Anglais 
pour  tout  le  temps  que  ce  dernier  résidera  dans  la  maison 
des  religieuses  de  Foicy,  à  Bar-sur-Aube. 

Original,  Archives  de  l'Aube. 

35.  —  Troyes,  du  27  mars  4455  au  44  avril  4456  (TrecU, 
4455).  —  Henri  fait  une  donation  à  l'abbaye  d'Oye. 

Arch.  de  l'Aube,  Cari.  d'Oye,  fo48ro. 

36.  —  Vertus,  4,  44,  48  ou  25  avril  4455,  2  ou  9  avrU 
4456  (Yiriuti,  4455,  mense  aprili,  die  lune).  —  Henri  rend 


—  332  — 

un  jugement  entre  l'abbaye  d'Oye  et  Jean,  seigneur  de 
Pleurre. 
Arcb.  de  l'Aube,  Cart.  d'Oye,  foi, 

37.  —  Montier- la -Celle,  26  février  4456  (4456,  mense 
februariOf  26  die  ejusdem  mensis,  die  daminica  exisieniej 
€um  missa  matutinalis  a  monachis  cantaretur).  —  Henri 
donne  &  Tabbaye  de  MontieMa-Gelle  un  p&turage  voisin,  et 
fait  un  règlement  sur  son  droit  de  procuration. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Gelle,  f«45p. 

38.  —  Cb&teau  de^Meaux,  du  45  avril  4456  au  30man 
4457  (4456,  Meldis  in  castello  meo).  —  Henri  abandonne  an 
chapitre  de  Meaux  ses  droits  sur  plusieurs  serfs. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart.  de  l'église  de  Meaux ^  H,  42  ;  III,  34. 

39.  —  Sézanne,  du  45  avril  4456  au  30  mars  4457.— 
Henri  constate  l'ascensement  du  moulin  de  Gùlari,  fait  par 
l'abbaye  de  Montier-la-Celle  à  Dreux  de  Provins. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-lii-CeUe,  fo48T*, 
49  ro. 

40.  —  Troyes,  du  45  avril  4456  au  30  mars  4457  (445$, 
Trecis).  —  Henri  renouvelle  les  privilèges  accordés  par  son 
père  aux  Lorrains  établis  k  Vassy. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  436,  p.  405-4M. 
—  Ed.  Ordonnances,  VI,  344. 

41.  —  Du  45  avril  4456  au 30  mars  4457  (4456).  — Henri 
constate  des  donations  faites  à  l'abbaye  de  Jouy,  par  Pierre 
de  Castello,  beau-père  de  Greofroi  l'Eventé,  et  par  MUon  ii 
Vaudo. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythier,  Hist.  ecclésiastiqtte^rii 
68-69;  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  no  264. 

42.  -^  Du  45 avril  4456  au 30  mars  4457  (4456).  —  Henri 
donne  à  l'église  de  Notre-Dame  de  Verzelo  un  droit  d'ioage 
dans  la  forêt  du  Gaut. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  264. 

43.  —  Du  45  avril  4456  au 30  mars  4457  (4456).— Henri 


-  333  — 

donne  une  charte  au  prieuré  de  l'abbaye  de  Fontevraut  à 
Dormans. 
Mention  Gall.  Christ.,  IX,  497  B. 

43  bis.  —  Du  45  avril  4456  au  30  mars  4457  (4456).  — 
Henri  confirme  les  donations  de  son  père  Thibaut  au  prieuré 
de  Fontaines. 

Copie,  Arch.  de  TËmpire,  K  492,  no  260. 

43  ter,  —  La  Crête,  le  4  4  septembre  4456  {Diefesti  exal- 
tationis  S.  Crucis  ap.  Cristam,  4456).  —  Henri  donne  à 
l'abbaye  de  La  Crète  une  forge  et  un  droit  d'usage  dans  la 
forêt  de  Vassy. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  F.  Français,  4660,  fo43. 

44.  —  Château-Thierry,  du  34  mars  4457  au  49  avril 
4458  (4457).  —  Henri  dispense  l'abbaye  d'Igny  de  payer  sur 
sa  terre  aucun  droit  de  travers,  de  vente  ou  d'achat. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  79  {Cart.  d'Igny),  fo436vo-437ro. 

44  bis.  —  Château-Thierry,  du  34  mars  4457  au  49  avrU 
4458  (4457,  ap.  Castrum  Theodorici).  —  Henri  décharge  de 
tous  droits  de  tonlieu  les  moines  de  l'abbaye  deVauclair. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  n©  94. 

45.  —  Provins,  du  34  mars  4457  au  49  avril  4458  (4457). 
—  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Saint-Quiriace  de  Provins  l'é- 
glise Saint-Laurent  et  le  terrain  autour  de  l'église  Saint- 
Thibaut,  libre  de  toute  justice. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Copie,  Bibl.  de  Pro- 
vins, Ythier,  Eût.  eccL,  VII,  450  ;  Arch.  de  l'Empire,  K  492, 
Qo  66.  —  Mention  Bourquelot,  Hist.  Provins,  1, 375  ;  Opoix, 
Hist,  de  Provins ,  2e  éd. ,  p.  358  ;  Bibl.  Imp. ,  Coll.  de 
Champ.y  U  485,  p.  57. 

45  bis.  —  Provins,  du  34  mars  4457  au  49  août  4458 
(4457,  Pruvinio).  —  Henri  donne  au  prieuré  du  Mets-la-Ma- 
deleine, près  de  Provins,  les  aubaîns ,  droit  de  justice,  et 
confirme  les  précédentes  acquisitions  de  ce  prieuré. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  476,  no  4  (4). 


—  354  — 

46.  —  Troyes,  du  34  mars  4457  au  49  avril  4458  (4457, 
ap,  Treeas).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Glairvaux  ane 
forge  à  Vassy. 

Arch.  de  TÂube,  Cart.  de  Clairvaux^  pièce  cotée  Comi- 
tutn  CampanieMii*.  —  Mention  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ., 
t.  435,  p.  265;  Etudes  sur  les  abbayes  cisterciennes,  p.  3<S. 

47.  —  Troyes,  du  34  mars  4457  au  49  avril  4458  (4457, 
Trecis).  —  Henri  fonde  Téglise  collégiale  de  Saint-Elieime 
de  Troyes. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  42  bis  (Cart.  de  Saint-Etieime de 
Troyes),  fo  I.  —  Ed.  Camuzat,  Pramptuariumj  fo  334  r©.  — 
Traduction,  Desguerrois,  Saincteté  chrestienne^  f>  294f»- 
295  yo.  —  Mention  Art  de  vérifier  les  dates ,  II,  624,  col.  4; 
GalL  Christ,,  XII,  529  A. 

48.  —  Du  34  mars4457au49avril4458(4457).  — Henii 
confirme  une  donation  faite  à  Tabbaye  de  la  Chapelle-aox- 
Planches,  par  Olivier,  chevalier  de  Drônay. 

Ed.  Annales  Prœmonstratenses^  I,  pr.  col.  cccLvn. 

49.  —  Du 34  mars4457au49  avril  4458  (4457).  — Béori 
donne  quelques  vignes  et  d'autres  biens  à  Tabbaye  deb 
Ghapelle-aux-Planches. 

Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ,,  t.  435,  p.  259. 

50.  —  Du  34  mars  4457au  49  avril  4458 (4457).  — Henri 
donne  à  Tabbaye  de  Saint-Martin  de  Huiroo  la  moitié  de 
Talleu  dlsson. 

Ed.  E.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chdlons-'Sitr' 
lons-sur-Mame,  1. 1,  p.  359.  —  Mention  ibid.,  II,  p.  328. 

51.  —  Bar-sur-Aube,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4459 
(4458).  —  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Boulancourt  la  mou- 
vance du  casement  que  Milon  de  Maizières  et  Gautier  de 
Valentigny  tiennent  de  lui  ad  Bordas. 

Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll,  de  Champ,,  t.  435,  p.  256. 

52.  —  Ghâtillon-sur-Mame,  du  20  avril  4458  au  44  avril 


-  336  — 

4459  (4458,  ap.  Castellionem),  —  Henri  constate  un  achat 
parTabbaye  d'Igny. 
Bibl.  Imp.,  Cart.  79  {Cart.  d'Igny),  fo437ro. 

53.  —  GMteau-Thierry,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4  4  59 
(4458,  ap.  Castrum  Theodorici)  —  Henri  a  rendu  à  Arcbam- 
baud  de  Sully  cent  vingt  livres  de  Provins  de  rente  données 
en  flef  au  même  Archambaud,  par  Thibaut  II  son  oncle,  père 
d'Henri.  De  plus,  Henri  a  reçu  d'Archambaud  un  gage  valant 
cinq  cent  cinquante  livres  de  Provins. 

Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992,  et  Bibl.  de 
Troyes,  ms.  22,  p.  447.  —  Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de 
Caillot f  fo242ro.  —  Ed.  Chantereau,  Preuves,  p.  4. 

54.  —  Meaux,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4459  (4458, 
apud  Meldim).  —  Henri  constate  qu'André  de  la  Perte  a  re- 
noncé au  droit  de  procuration  qu'il  réclamait  sur  le  village 
de  Templum  Villare,  Ce  village  appartenait  au  prieuré  de 
la  Celle,  qui  dépendait  de  Marmoutier. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444,  p.  58. 

55.  —  Troyes,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4459  (Trecis, 
4458).  —  Henri  donne  des  serfs  à  Tabbaye  de  Montiéramey. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432.  (Cart.  de  Montiéramey),  fo53vo; 
lat.  5433  id.,  fo  266  vo-267  ro. 

56.  —  Troyes,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4459  (4458, 
ap.  Trecas).  —  Henri  donne  à  Téglise  Saint-Bernard  de 
Hontjou,  rhôpital  Saint-Bernard  de  Troyes. 

Original,  Arch.  de  TAube,  F.  de  THôtel-Dieu  Saint-Ber- 
nard. —  Ed.  Camuzat,  Promplttarium,  fo  404  v».  —  Traduc- 
tion, Desguerrois,  Saincteté  chrestienne,  P>297  vo. 

57.  —  Troyes,  du  20  avril  4458  au  44  avril  4459  (1458, 
ap.  Trecas).  —  Henri  déclare  que  Pierre,  son  sergent,  pos- 
sédera librement,  à  titre  héréditaire,  une  maison  ante  ormes. 

Original,  Arch.  de  TAube. 

—  Du 20  avril  4458  au  44  avril 4459 (4458).  -^  Henri 


—  336  — 

fiiit  avec  Tabbaye  de  Saint-Lonp  de  Troyes  an  échange  de 
serfs  et  de  redevances. 
Cart.  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte,  ^42. 

59.  —  Du20avriH458au44avriH459.  — Henri  donne 
à  l'abbaye  d'Igny  un  emplacement  à  Vassy  pour  établir  une 
forge,  Tautorisatlon  d'extraire  du  minerai,  et  le  droit  de 
prendre  dans  la  forêt  le  bois  nécessaire. 

Original,  Arch.  de  TAube.  —  Bibl.  Imp.,  Cart»  79  {Cart. 
d'Igny),  fo^37ro. 

59  bis.  —  Du  20  avril  4458  au  44  avril  4459  (4458).- 
Hcnri  constate  que  Milon  de  Gastins  a  donné  à  Tabbaye  de 
Jouy  une  rente  de  quatre  setiers  de  froment. 

Copie,  Arcb.  de  TEmpire,  K  492,  no  202. 

60.  —  Troyes,  4«r  février  4459  (TrecU  Kal.  febmarii, 
4458).  —  Henri  exempte  de  sa  justice  et  de  ses  redevances, 
sauf  réserve,  un  four  et  six  hôtes  de  l'abbaye  de  Saint-Loap 
de  Troyes  ;  il  donne  à  la  même  abbaye  un  bras  de  la  Seine, 
depuis  le  moulin  de  fiaire  jusqu'au  lieu  dit  ArMiietus. 

Original,  Arch.  de  TAube,  P.  de  Saint-Loup.  Cart.  de 
Saint-Loup^  appartenant  à  M.  de  la  Porte,  fo  40. 

61.  —  Vers  4458.  —  Henri  fonde  l'abbaye  de  Champ- 
Benoît. 

Mention  Gall.  Christ,  XII,  493  A. 

62.  —  Bar-sur-Aube,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4  4M 
(4  459).  —  Henri  reconnaît  que  son  vassal  Simon,  Ois  de  Sen- 
son  le  Fort,  condamné  par  lui  à  réparer  des  dommages  caur 
ses  à  l'église  de  Langrcs,  ne  les  a  pas  réparés.  En  conséquence 
le  comte,  qui  s'était  constitué  caution  de  cette  réparation, 
donne  au  chapitre  quarante  sous  de  rente  sur  les  revenus 
des  foires  de  Bar-sur-Aube. 

Arch.  de  la  Haute-Marne.  Cart,  du  chapitre  de  Langres, 
fo46ro.  (Cf.  GaU.  Christ,  nov.  IV,  4  8  B,  424  G.) 

63.  —  Bar-sur-Aube,  du  42  avril  4259  au  26  mars  4460 
(op.  Barrutn  super  Albam^  4459).  -—  Henri  renonce  à  toate 


—  337  — 

prétention  sur  les  biens  des  religieuses  du  Val-d'One  à  Bar- 
sur-Aube. 
.  Original,  Arch.  de  l'Empire,  P.  du  Val-d'One,  n«  4 . 

64.  —  Maincy  (Seine-et-Marne),  du  A2  avril  4459  au  26 
mars  4460  {ap.  Minciacum^  4459).  —  Henri  fait  un  échange 
avec  l'abbaye  de  Sainte-Gemme. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  F.  de  St-Martin-des-Ghamps. 

65.  —  Provins,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460  (4459, 
ap.  Pruvinum),  —  Thibaut  II  ayant  donné  sept  marcs  d'argent 
aux  Templiers,  Henri  ajoute  trois  autres  marcs,  total  dix; 
puis,  aux  lieu  et  place  de  ces  dix  marcs,  donne  une  rente  de 
vingt-quatre  livres  de  Provins  sur  les  foires  de  Troyes. 

Arch.  de  l'Empire,  S.  5462,  no  25  (Cart.  de  la  comman- 
défie  de  la  Croix-en-Brie)^  p.  39.  —  Mention  BibL  de  VÉc. 
des  chartes,  4«  série,  t.  lY,  p.  484. 

66.  —  Provins,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460  (4459, 
op.  Pruvinum),  —  Henri  renonce  à  la  prétention  de  forcer 
l'abbé  de  Lagny  à  lui  bâtir  une  tour,  et  confirme  les  acquisi- 
tions faites  jusque-là  par  l'abbaye. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  474  (Cart.  de  Lagny),  f>25vo.  —  Ed. 
Martène,  Anecd.  I,  447;  Brussel,  p.  380  note.  —  Analyse 
Gall.  Christ., y n,  497. 

67.  —  Provins,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460.  — 
Henri  renonce  au  tonlieu  qu'il  percevait  sur  les  maisons  du 
prieuré  de  Saint-Ayoul  de  Provins,  et  donne  à  ce  prieuré  la 
pêche  sur  son  étang,  absque  rete  et  sagina,  la  veille  de  la 
Saint-Ayoul. 

Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ,,  t.  435,  p.  250. 

68.  —  Provins,  le  42  avril  4  4  59  au  plus  tôt,  Troyes  le  27 
septembre  4459  (actum  Pruvini  4459,  data  TreeisVo  Kal. 
oetobris).  —  Henri,  ayant  transféré  à  l'hôpital  Saint-Jacques 
de  Provins  les  chanoines  réguliers  de  Samt-Quiriace,  les 
confirme  dans  leurs  biens  et  y  ajoute. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  278-279.  — 
Ed.  Gall.  Christ.^  XII^  Instr.  43.  —  Mention  Bourquelot, 


—  338  ^ 

Hiit.  de Provini, I,  4 23-424 ;  Opoix,  Hiit.  de Provim, S» éd., 
p.  356. 

Une  confinnatiOD  par  Thibaut  Y,  comte  de  Blois,  se  tnmw 
dans  la  Coll.  de  Champ,,  t.  435,  p.  280;  nne  antre pv 
Etienne,  comte  de  Sancerre,  dans  le  Gall.  Christ.,  XII,  imtr. 
44  G. 

69.  —  Saint-Florentin,  du  42  avril  4459  an  26 mais  4460 
(4459,  ap.  S.  Florentinum).  —  Henri  donne  au  prieoré  de 
Saint-Florentin  une  partie  de  la  justice  de  la  foire da  preinto* 
lundi  de  carême. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.^  t.  436,  p.  284-282. 
—  Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  404-402. 

70.  —  Troyes,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460  (4459, 
Trecis).  —  Henri  accorde  divers  privilèges  aux  hommes  atta- 
chés à  un  four  qui  dépend  du  chapitre  de  Saint-Etienne  de 
Troyes. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  42  bis  {Cart  de  Saini-Etieime 
de  Troyes),  f©  V  vo-VI  r». 

71.  —  Troyes,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460  (4459, 
apud  Trecas).  —  Henri  déclare  avoir  pris  sous  sa  garde  la 
grange  de  Yaudeurs  dépendant  de  Tabbaye  de  Dilo. 

Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  97. 

72.  -—  Eglise  de  Saint-Loup  de  Troyes,  du  42  avril  4439 
au  26  mars  4460  (Trecis  in  ecclesia  beati Lupi,  4459).— 
Henri  décharge  de  toute  redevance  et  exempte  de  sa  juste 
le  maire  de  l'abbaye  de  Saint^Loup  de  Troyes  h  Luyères. 

Original,  Arch.  de  l'Aube;  Cart.  de Saint^l/mp,  de  H. de 
la  Porte,  fo  40. 

73.  —  Troyes,  du  42  avril  4459  au  26  mars  4460  (4459, 
Trecis).  —  Henri,  ayant  fondé  l'église  collégiale  de  Saint- 
Maclou  de  Bar-sur-Aube,  constate  comment  ont  été  réglés 
les  droits  respectifs  de  cette  église  et  du  prieuré  de  Sainte- 
Germaine. 

Ed.  Gall.  Christ,  nov.  lY,  instr.  476-477;  ffiampignoD, 
Hist.  de  sainte  Germaine^  207-208. 


—  339  — 

74.  —  Du  42  avril 4459  au 26 mars  4460  (4459).  —  Henri 
rappelle  les  donations  foites  par  son  père  au  prieuré  de  Foissy, 
et  en  ajoute  d'autres. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

75.  —  Franchevault,  6  juillet  4  4  59  {apud  Libérant  Vallem 
4459,  die  octava  apostolorum  Pétri  et  Pauli,)  —  Hugues, 
archevêque  de  Sens,  constate  qu'Henri  présent  à  la  fonda- 
tion du  prieuré  de  Franchevault,  a  donné  à  ce  prieuré  une 
rente  de  cinquante  sous  et  décharge  pour  l'avenir  du  droit 
d'amortissement. 

Ed.  GalliaChrUt.,  XII,  iftstr.  42-43,  etQuantin,(7arf.  de 
l'Yonne,  11,99-404. 

76.  —  Eglise  Saint-Etienne  de  Troyes,  22  novembre  4459 
(4  4  59,  decimo  Kalendas  decembris  ante  ait  are  beati  Stephani 
in  capella  mea).  —  Henri  s'engage  à  ne  plus  faire  à  l'avenir 
de  donation  ni  accorder  aucun  privilège  au  préjudice  du 
droit  de  salage  que  l'abbaye  de  Montier-la-Gelle  possède  à 
Troyes. 

Copie,  Archives  de  l'Aube,  Inventaire  de  Montier-la-Gelle, 
fo  45  ro. 

77.  —  Orléans,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4464  (4460, 
ap.  Aurelianum).  —  Robert,  comte  de  Dreux,  s'engage  envers 
Henri  à  n'achever  les  fortifications  de  Savigny  que  d'une 
manière  déterminée.  De  plus,  cette  forteresse  sera  rendable  à 
Henri  si  Robert  a  guerre  avec  qui  que  ce  soit. 

Cart.  de  la  comtesse  Blanche,  Bibl.  Imp.,  lat.  5993,  f» 
vii^nivo;  Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992, 
Bibl.  de  Troyes,  ms.  22,  p.  75  ;  Reg.  Princip.  I,  269  r»  vo, 
Bibl.  Imp.,  500  de  Golbcrt.  —  Ed.  Brussel,  p.  382  note. 

78.  —  Ba>sur-Aube,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4464 
(4460,  ap.  Barrum).  —  Henri  énumëre  les  biens  qu'il  a  don- 
nés à  l'église  collégiale  de  Saint-Madou  en  la  fondant. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. — Extraits  Blampignon,  Hist.  de 
sainte  Germaine,  p.  208-209;  Yallet  de  Viriville,  Arch.  hist. 
de  l'Aube,  p.  430. 


—  340  — 

79.  --  BaN8ur-Aube,  da  2Ï  mars  4460  au  45  aTril  4464 
(4460,  ap.  Barrum).  —  Henri  constate  une  transaction  où 
l'abbaye  de  Molesme  est  partie. 

Arch.  de  la  Gôte^'Or,  2«  Cart.  de  Molesme^  f»  84  v». 

80.  —  Meaux,  du  27  mars  4460  au  43  avril  4460  (Meliis, 
4460).  —  Henri  donne  au  trésorier  de  Tabbaye  de  Lagoy 
vingt  sous  de  rente  sur  le  péage  de  Goulommiers  pour  entre- 
tenir une  lampe  sur  le  tombeau  de  son  père. 

Bibl.  Imp.,  Gart.  474  (Cart.  de  Lagny)^  f»  24  vo25  r».  — 
Ed.  Mabillon,  De  re  diplomat,,  648.  —  Mention  GalL 
CAm^.,  VII,  496-497. 

81.  —  Provins,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4464  (Pm- 
vini,  4460).  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Saint-Jacques  de  Pro- 
vins tous  ses  droits  sur  la  maison  de  Grimaud  de  Bray. 

Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  280. 

82.  —  Provins,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4464  (4460, 
ap.  Pruvinum).  —  Henri  constate  des  donations  faites  par 
Mathilde,  sa  mère,  aux  abbayes  de  la  Pommeraye,  du  Para- 
clet  et  de  Soisy. 

Gopies,  Archives  de  l'Aube,  F.  duParaclet;  Bibl.  Imp., 
Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  297-298  ;  Arch.  de  l'Empire,  K 
492,  no  250.  —  Ed.  Quantin,  Cart.  \de  l'Yonne,  II,  448- 
449. 

82  bis.  —  Provins,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4461 
(4460,  ap.  Pruvinum).  —  Henri  constate  une  donation  de 
serf  faîte  par  le  comte  Thibaut,  père  du  même  Henri,  à  l'ab- 
baye de  Jouy. 

Gopie,  Arch.  de  l'Emph'e,  K  492,  no  203. 

83.  —  Palais  épiscopal  de  Sens,  du  27  mars  4460  au  45 
avril  4464  {Senonis  in  palatw  nostro ,  4460).  —  Hugoes, 
archevêque  de  Sens,  fait  connaître  à  l'abbé  de  Saint-Jacqnes 
de  Provins  les  conditions  auxquelles  son  abbaye  a  été  trans* 
férée  de  Saint-Quiriace  à  Saint-Jacques. 

Analyse,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  U  43J(,p.  279-280. 
—  Ed.  Gall.  Christ.,  XII,  instr.  46-47. 


—  341  -. 

84.  —  Troyes,  du  27  mars  >H  60  au  45  avriH464  {Treeis, 
4-160).  —  Henri,  par  amitié  pour  son  très-cher  Maître  Nico- 
las, prieur  de  Saint- Jean-en-Châtel,  exempte  de  toute  rede- 
vance et  de  sa  justice  la  maison  de  Masceline^  dans  le  mar- 
ché de  Troyes,  maison  qui  appartenait  au  prieuré  de  Saint- 
Jean. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432  (Cart.  de  Montiéramey),  foSe-Sl. 
—  Vidimus  de  f 577,  Arch.  de  l'Aube,  F.  de  Montieramey.  — 
Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ, ,  t.  436,  p.  497  (voir  plus 
bas,  nos  ^29  et  484). 

85.  —  Troyes,  du  27  mars  4460  au  45  avril  4^164  {ap. 
Treccu,  U60).  —  Henri  réglemente  son  droit  de  procuration 
à  Rumilly-les-Vaudes,  Vaudes  et  Corgénes, 

Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2*  Cart.  deMolesme,  fo37vo. 

86.  —  Du  27  mars  4  4  60  au  45  avril  4464  (4460).  —  Henri 
constate  une  transaction  entre  les  moines  de  Pontigny  et 
Seguin  de  Saint-Florentin,  ausiyet  delà  forêt  Saint-Pierre  de 
de  Venizy. 

Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  447-448. 

87.  —  Du  27  mars  4460  au  45  avril  4464  (4460).  —  Henri 
confirme  la  donation  de  l'étalage  du  pain  et  du  poisson,  faite 
par  Mathilde,  sa  mère,  au  prieuré  de  Saint-Nicolas-de-Gha- 
lautre. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Celle^  fo  44  v». 

88.  — -  Vers  4  4  60.  — Henri  fonde  l'Hôtel-Dieu  de  Provins. 
Mention  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  404;  Opoix, 

Hist.  de  Provins,  2*  éd.,  p.  76. 

89.  —  Maincy,  du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  (4464, 
apud  Minsiacum).  —  Henri  donne  à  l'église  N.-D.  de  Châ- 
tillon-sui>Marne  huit  arpents  de  terre  à  Chàtillon  et  un  droit 
d'usage  dans  la  forêt  de  Vassy. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444,  p.  427. 

90.  —  Payns,  du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  {ap.  P»- 
anftum,  4464).  —  Henri  confirme  l'abbaye  de  Saint-Loup  de 
Troyes  dans  ses  possessions  et  dans  ses  pivilèges. 


—  342  — 

Ed.  Gamuzat,  Promptuarium,  fo307  r<^308  r». —  Anftijfse, 
Desguerroîs,  Saincteté  chrestienne,  f>298rovo. 

91.  —  Palais  deProyms,du  4  6  avril  4464  au  7  avril  4  462 
{Pruvini  in  palatio  nostro,  4464).  —  Henri  accorde  dire» 
biens  et  privilèges  à  l'église  Saint-Quiriace  de  Provins. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Cailloty  259  ro-260v; 
Ythier,  Supplément  à  Saint-Quiriace,  p.  4-3;  Arch.  de 
l'Empire,  K  492,  no  67.  —  Ed.  Gall.  ChrUt.,  XII,  instr. 
47-48.  —  Mention  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  429. 

92.  —  Provins,  du  46  avril  4  4 64  au7  avril4462(Pnmiit, 
4464).  —  Henri  accorde  à  Tabbaye  de  Saint-Jacques  de  Pro- 
vins ft'anchise  de  toute  redevance  et  exemption  de  justice 
pour  la  terre  qu'elle  possède  entre  les  anciens  et  les  noo- 
veaux  murs  de  Provins,  et  autres  privilèges. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythier,  Hist,  eccL  III,  48-24.  - 
Analyse,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  282-283. 
—  Extrait  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  426-427. 

93.  —  Provins,  du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  (4464, 
ap.  Pruvinum).  — DietdeTraînel,  ayant  donné  ce  qu'il  avait 
à  Bernières  à  l'abbaye  de  Yauluisant,  Henri,  comme  suzerain, 
approuve  cette  acquisition.. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  452(Caft.  de  VauluUant),  fo99vo. 

94.  _  Troyes,  48  avril  4464  (4464,  Trecis  décima  quarto 
Kal.  maii).  —  Henri  rappelle  des  donations  qu'il  a  faites  à 
l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes  et  un  échange  qui  a  eu  lien 
entre  lui  et  la  même  abbaye. 

Original,  Archives  de  l'Aube  ;  Cart.  de  Saint-Loup,  appar- 
tenant à  M.  de  la  Porte,  fo  xl. 

95.  —  Troyes,  du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  (4464, 
Trecis).  —  Henri  constate  que  Philippe,  médecin,  a  acheté 
à  Yilletard  des  prés  chargés  d*un  cens  qui  appartient  à  l'ab- 
baye e  Saint-Loup. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Gelle,  f»47r». 

96.  _  Troyes,  du  46  avrU  4464  au  7  avril  4462  (4464, 


—  343  — 

Treeii).  —  Henri  renonce  au  service  féodal  dû  par  l'abbaye 
de  Saint-Martin-ès-Aires  pour  la  moitié  de  l'eau  de  la  Seine 
entre  le  moulin  de  Sainte-Maure  et  le  gué  de  Saint-Benoît. 
En  revanche,  les  moines  se  rendront  en  procession  à  l'église 
Saint-Etienne  de  Troyes,  à  la  fête  de  l'Invention  du  corps  de 
ce  saint  chaque  année,  et  à  l'enterrement  des  chanoines  de 
cette  église. 
Original,  Archives  de  l'Aube,  F.  de  Saint-Martîn-ès-Aires. 

97.  —  Troyes,  du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  {Trecù, 
4464).  —  Henri  constate  une  donation  faite  au  prieuré  de 
Saint-Jean-en-Châtel  de  Troyes,  par  Adam  deFossis. 

Original,  Archives  de  l'Aube;  Bibl.  Imp.,  lat.  5432  (Cart. 
de  Montiéramey) ,  f©  4  4  4  r®. 

98.  —  Du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  (4464).  —  Henri 
donne  aux  frères  de  l'hôpital  de  Chrivileium  une  rente  de 
deux  charriots  de  foin  à  prendre  dans  ses  prés  deMariolo, 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  F.  de  Saint-Jean  de  Jérusalem. 

99.  —  Du  46  avril  4464  au  7  avriï  4462  (4464).  —  Henri 
donne  à  l'abbaye  de  la  Pommeraye,  pour  l'âme  de  son  père, 
et  pour  celle  de  sa  mère  inhumée  en  ce  lieu,  une  rente  de 
froment  et  de  tramois  sur  le  minage  de  Bray,  etc. 

Mention  GalL  Christ.,  XII,  490  E;  Quantin,  Cart.  de 
l'Yonne,  II,  449. 

100.  —  Du  46  avril  4464  au  7 avril  4462  (4464).  —  Henri 
met  en  ban  une  partie  du  cours  de  la  Barse  qui  appartient  à 
l'abbaye  de  Larivour. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  ibid,  Cart.  de  Larivour,  pièce 
cotée  De  sede  abbatie,  XP. 

101.  —  Du46avril4464  au 7  avril  4462  (4464).  — Henri 
(ait  diverses  donations  à  l'aumônerie  et  à  l'abbaye  de  Mon- 
tier-la-Celle. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  pièce  cotée  Lépine,  no  4.  — 
Copie,  ibid,  Inv.  de  Montier-lorCelle,  f»  44  r©  v». 

101  bis.  —  Du  46  avril  4464  au  7  avril  4462  (4464).  — 


~  344  — 

Henri  constate  une  donation  faite  à  l'abbaye  de  Jouy  par 
Eudes  Pilecbien. 
Copie,  Arcb.  de  l'Empire,  K  492,  n»  205. 


102.  —  Rebais,  23  octobre  4464  (Xo  Kal. 
Resbaci,  4464).  —  Henri  ayant  reçu  des  reliques  de  Tabbaye 
de  Rebais,  donne  en  échange  une  rente  de  soixante  sous  sur 
le  péage  de  ce  lieu. 

Ed.  du  Plessis,  Hist.  de  l'église  de  Meaux,  II,  50.  —  Ana- 
lyse, Gall.  Christ.,  YIII,  4683  B,  et  Bibl.  Imp.,  Coll.  de 
Champ.,  t.  435,  p.  308. 

102  bù.  —  Provins,  du  8  avril  4462  au  23  mars  4463 
{ap.  Pruvinum,  4462).  —  Henri  constate  une  donation  faite 
à  Tabbaye  de  Saint-Quiriace  par  Robert ,  fils  d'Herbert  le 
Grand,  dit  Burda. 

Copie,  Arcb.  de  l'Empire,  K  492,  n»  68. 

103.  —  Troyes,  du  8  avril  4462  au  23  mars  4163  (4462, 
Trecis).  —  Henri  constate  qu'Eudes,  prieur  de  Radonvilliers 
a  engagé  au  chapitre  de  Saint-Etienne  de  Troyes,  moyennant 
mille  sous,  tout  ce  qu'il  avait  à  Chalette,  sauf  le  charniage. 

Arcb.  de  la  COte-d'Or,  2c  Cart.  de  Molesme,  f©  94  r». 

104.  —  Troyes,  du  8  avril  4462  au  23  mars  4463  (4462, 
Trecis).  —  Henri  constate  une  transaction  entre  la  mala- 
drerie  de  Troyes  et  les  héritiers  d'Henri  d'Avant. 

Original,  Arcb.  de  l'Aube,  F.  de  Saint-Lazare  de  Troyes. 
—  Cart.  de  la  Maladrerie  de  Troyes,  au  même  dépôt.  —  Ed. 
Mém.  de  la  Soc.  d'agr.  de  VAube,  2»  série,  I,  523  (4). 

105.  —  Eglise  Saint-Loup  de  Troyes,  du  8  avril  4462  au 
23  mars  4463  (in  ecclesia  beati  Lupi,  4462).  —  Henri  Hait  ua 


(i)  Toates  les  pièces  conoeniant  U  nuiUdrerie  des  DeazrEaax,  cm  lëpnnrit 
de  Troyes,  publiées  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  d'Agric.  de  i'Avhe,  ont  été 
extraites  par  M.  Harmand  da  dutulaire  oonserré  aux  ardÛTes  de  fànbt. 
Noos  croyons  donc  inutile  de  renouTeler  à  l'avenir  la  mention  de  00  cntn- 
laire. 


—  345  — 

échange  de  serfs  avec  l'abbaye.de  Saint-Loup  de  Troyes,  lui 
remet  une  redevance,  etc. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  Cart.  de  Saint-Loup^  apparte- 
nant à  M.  de  la  Porte,  fo  40-44 . 

106.  —  Troyes,  du  8  avril  4462  au  23  mars  4463  (4462, 
ap.  Trecàs),  —  Henri  confirme,  comme  suzerain,  des  dona- 
tions faites  à  l'abbaye  de  Gheminon,  etc. 

Ed.  Gall,  Christ,,  X,  Instr,  473-474. 

107.  —  Du  8  avril  4462  au  23  mars  4463  (4462).  —  Le 
doyen  et  le  chapitre  de  Senlis  informent  Henri  d'une  tran- 
saction intervenue  entr'eux  et  leur  évéque. 

Cart.  de  la  comtesse  Blanche^  fiibl.  Imp.,  lat.  5993, 
fovni«viiivo. —  Cart.de  M. de  Thou^  Bibl.  Imp.,  lat.  5992; 
Bibl.  de  Troyes,  ms.  22,  p.  80  et  470-474.  —  Ed.  Mar- 
tène,  Ampliss,  Coll.,  I,  863;  Gall.  Christ. y  X,  instr.  244- 
245. 

108.  —  Du  8  avril  4462  au  23  mars  4463(4462).  —  Henri 
confirme  à  l'abbaye  de  Saint-Thierry  la  possession  des  dîmes 
de  Ventelay. 

Mention  Gall.  Christ.,  IX,  489E. 

109.  —  Du  8  avril  4462  au  23  mars  4463  (4462).  — Henri, 
sur  la  demande  de  Willenc,  abbé  de  Molesme,  décharge  Ru- 
milly  du  droit  de  procuration. 

MenUon  Gall.  Christ,  nov.,  IV,  734  G. 

110.  —  28  juillet  4462  {Die  tercio  post  festivitatem  s. 
Jacobi  que  est  in  mense  julio,  4462).  —  Henri  constate  des 
donations  faites  à  Tabbaye  de  Montiéramey  par  Eudes  de 
Vendeuvre. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432  (Cart.  de  Montiéramey) ^  f»  50  vo;  lat. 
5433  (id.),f»  254  vo.255ro. 

iH.  _  Troyes,  25  février  4463  (4462,  Trecis,  Vo Kal. 
martii).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes 
4*  la  redevance  dite  fresingas^  due  à  Rouilly-Saint-Loup  ; 
2o  les  hommes  qu'il  avait  à  Lusigny. 

sa 


—  346  — 

Original,  Arch.  de  l'Aube;  Cart,  de  S&inULoup,  appiN 
tenant  à  M.  de  la  Porte,  fxui. 

112.  —  4463  au  plus  tard  (testes  sunt  :  dammu  Hugo 
abbas  Quinciaci  cujus  tempore  hoc  factum  est...).  —  Henri 
approuve  une  donation  faite  par  MUon  d'Ervy  à  l'abbaye  de 
Quincy,  donne  aux  moines  droit  de  pâturage  dans  toute  la  chl- 
tellenie  d'Ërvy,  et  la  propriété  du  ruisseau  de  Survanne. 

Vidimus  de  4342,  Arch.  de  l'Aube. 

112  bis.  —  Saint-Menge  de  Ghâlons,  du  24  mars  4463  an 
44  avril  4464.  —  Henri,  se  trouvant  à  Châlons  avec  le  roi 
Louis  YII,  accorde  diverses  franchises  à  un  maire  de  l'ab- 
baye de  Saint-Mcnge. 

Ed.  Soc.  d'Agric.  de  la  MamCy  année  4855. 

113.  -fe-  Lagny  et  Meaux,  du  24  mars  4463  au  44  avril 
4464  (actum  Latigniaci  4463^  traditum  Meldis).  —  H^ 
donne  à  Hugues,  abbé  de  Lagny,  maresium  de  Leschis. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  474  (Cart.  de  Lagny),  fo25r*.  -^Ana- 
lyse, ibid.  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  297. 

114.  —  Palais  de  Provins,  du  24  mars  4463  au  44  arril 
4464  (inpalatio  Pruvini,  4463).  —  Henri  déclare  libre  pen- 
dant la  durée  de  la  foire  de  la  Saint-Martin  la  maison  d'A- 
braham, dis  de  Pierre  Bursand.  Il  décide  en  outre  qu'on  ne 
pourra  vendre  de  la  futaine  ailleurs  avant  que  cette  maison 
ne  soit  pleine. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  fo  54  vo  et  260  ^; 
Arch.  de  l'Empire,  K  466,  n©  48. 

115.  —  Troyes,  du  24  mars  4463  au  44  avril  4464  (4463, 
Trecis).  —  Henri  a  donné  à  Garnier,  fils  û!AmatriuSy  David 
le  Lorrain,  qui  paiera  à  Tcglise  Saint-Etienne  de  Troyes  douze 
deniers  par  an,  et  appartiendra  à  cette  église  après  la  mort 
de  Garnier. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  42  bis  (Cart.  de  Saint-Etienneie 
Troyes),  f  ii  v©. 

116.  -—  Troyes,  du  24  mars  4463  au  44  î^vril  4464  (4463, 


—  3*7  ~ 

Trecis).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  l'Abbaye-sous-Plancy 
un  droit  d'usiige  dans  le  bois  du  Gaut. 

Arch.  de  la  Gôte-d'Or,  2«  Cart.  de  Molesme,  fo  92  vo. 

117.  —  Troyes,du  24  mars  4  4  63  au  U  avril  4464  (4463, 
Trecis).  —  En  échange  de  droits  cédés  par  Tabbaye  de  Mon- 
tier-la-Geile  à  Tabbaye  de  Bricot,  Henri  donne  h  la  première 
vingt  sous  d^  rente  sur  le  precursus  nundinarum  equorum 
à  la  foire  Saint-Jean  de  Troyes. 

Copie,  Archives  de  TAube,  Inventaire  de  Montier-la-Celle, 
fo^3vo-44ro. 

118.  —  Troyes,  du  24  mars  4463  au  4 4  avril  4464  (4463, 
Trecis).  —  Henri  constate  une  transaction  entre  le  prieur  et 
le  seigneur  de  Villacerf  (Aube). 

Ed.  Gamuzat,  Promptuarium^  fo  352  vo-354  ro. 

119.  —  Vitry,  du  24  mars  4463  au  44  avril  4464  (4463). 
—  Henri  conOrmc  les  acquisitions  faites  par  Tabbaye  de  Mon- 
cets  qui  vient  d'être  fondée  par  Anselme  de  Moncets. 

Ed.  Ann.  Prœmonstr.^  t.  II,  p.  cxcvii-cxcvm ;  E.  de  Bar- 
thélémy, Diocèse  ancien  de  Châlons-sur-Marne,  I,  366.  — 
Mention  GalL  Christ.,  IX,  975  C. 

120.  —  Igny,  du  42  avril  4464  au  3  avril  4465  (4464, 
Igniaci).  —  Henri  constate  la  donation  de  la  terre  de  Perren 
faite  à  Tabbaye  de  Saint-Bemy  de  Reims  par  Eudes  et  Guiter 
de  Sarceio^  à  charge  d'une  pitance  de  30  sous  le  jour  de 
l'anniversaire  d'Eudes,  d'une  rente  de  douze  setiers  de  grain 
aux  héritiers  de  Guiter^  et  d'emploi  du  reste  des  revenus  au 
luminaire  de  l'église. 

Bibl.  de  Reims,  4»^  Cart.  de  Saint-Remy^  f»  403  v». 

121.  —  Igny,  dij  42  avril  4464  au  3  avril  4 4 65  (4464,  ap. 
Igniacum).  —  Henri  consent  que,  hors  le  cas  de  sa  présence  en 
personne,  le  prieuré  de  Ventelay  ne  doive  aucun  droit  de  gîte. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444,  p.  376.  —  Mention  Marlot, 
4reéd.II,  86. 

122.  — -  Meaux,  du  42  avril  4464  au  3  avril  4465  (4464, 
Meldis).  —  Henri  approuve  une  donation  à  l'abbaye  de 


'■I 


—  348  — 

N.-D.  de  Gh&ge,  et  y  ajoute  un  droit  d'usage  dans  la  forêt 
de  Mant. 

Copie,  Bibl.  Imp.^  ColL  de  Champ. ^  t.  435,  p.  258  ;  Arch. 
de  l'Empire,  K  ^92,  no 254.  ■—  Ed.  du  Plessis,  HUt.  de  Végl 
de  MeauXy  II,  52. 

124.  —  Palais  de  Provins,  du  42  avril  4464  au 'S  avril 
4465  (Pr%winiin  palatio  meo,  4464).  —  Henri  r^lemente 
la  foire  de  mai  de  Provins. 

Original,  Bibl.  de  Provins.  —  Copie,  Bibl.  Imp.,  ColL  de 
Champ.,  t.  435,  p.  280-282.—  Ed.  Bourquelot,  Hùt.  de 
Provins,  II,  386-389.  —  Mention  ibid.,I,  446. 

125.  —  Du  42  avril  4464  au  3  avril  4465  (4464).  —L'é- 
vèque  de  Troyes  constate,  qu'en  présence  d'Henri  à  Provins, 
transaction  a  eu  lieu  entre  l'abbaye  de  Yairiuisant  et  Girard 
de  Nogent-sur-Seine. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  452  {Cart,  de  Vauluùant),  fo  403ro-vi>. 

126.  —  Troyes,  du  42  avril  4464  au  3  avrU  4465  (4464, 
Trecis),  —  Henri  décide  que  les  chanoines  de  Saint-?(ico- 
lasdeSézannene  pourront  sans  le  consentement  du  chapitre, 
vendre  ni  engager  les  biens  qu'ils  ont  reçus  ou  recevront  du 
comte. 

Original,  Arch.  de  la  Marne.  —  Traduction,  Desguerrois, 
Saincteté  chresiienne,  f©  300  ro. 

127.  —  Troyes,  du  42  avril  4464  au  3  avril  4465  (4464, 
ap.  Trecas).  —  Henri  donne  un  emplacement  pour  rebâtir 
l'abbaye  du  Reclus,  plus,  droit  d'usage  et  de  pâturage  dans 
la  forêt  de  Vassy,  et  la  permission  à  ses  hommes  d'entrer  en 
religion  dans  le  monastère. 

Ed.  Camuzat,  Promptuarium ,  fo  378  v©- 379  r*;  GalL 
Christ.^  XII,  instr.  270.  —  Traduction,  be^guerrois,  Sainc- 
teté chrest,,  fo  300  vo.  —  Mention  GalL  Christ.,  IX,  882 D. 

128.  —  Du  42  avril  4464  au  3  avril  446^(4464).  —  Henri 
constate  différentes  acquisitions  faites  par  les  Templiers. 
Notamment  il  leur  a  donné  à  Provins  le  tonlieu  de  la  laine, 
du  filet,  des  couvertures  et  des  coussins. 


—  349  — 

Arch.  de  l'Empire,  S.  5^62,  n©  25  {Cart,  de  la  Comman- 
derie  de  la  Croix-en-Erk),  p.  37.  —  Mention  E.  Lefèvre, 
les  Eues  de  Provins^  p.  73  ;  Bourqiielot,  Bibl.  de  VEc,  des 
Chartes,  2e  série,  t.  IV,  p.  486. 

128  bis.  —Du  42avriH464  au  3  avril  4465  (4464).  — 
Henri  constate  un  échange  entre  Tabbaye  de  Jouy  et  Milon 
de  Gastins. 

Copie,  Arch.  de  TEmpire,  K  492,  no  207. 

129.  —  Eglise  Saint-Etienne  de  Troyes,  le  24  juillet  4464 
{Trecis  in  vigilia  heati  Jacobi  apostoli  in  ecclesia  beatissimi 
prothomartiris  Stéphanie  4  4  64).  —  Henri  renouvelle  la  charte 
n*  84,  en  faveur  de  Nicolas,  prieur  de  Saint-Jean-en-Châtel 
(voir  plus  bas  no  484). 

Original,  Arch.  de  TAube,  P.  deMontiéramey;  Bibl.  Imp., 
lat.  5432  (Cart.  de  Montiéramey),  fo  446  vo-447  ro. 
<. 

130.  —  Igny,  du  4  avril  4465  au  23  avril  4466  (ap,  Ignia- 
cum,  4465). —  Henri  donne  à  Bernard  de  la  Grange,  en  aug- 
ment  de  Qef,  les  droits  dus  par  une  maison  située  à  Provins 
dans  la  vallée  de  Saint-Ayoul. 

Arch.  de  TEmpire,  S.  5462,  no  25  {Cart.  de  la  Comman- 
derie  de  la  Croix-en-Erie),  p.  9.  —  Mention  BouTquelot, 
BibL  de  VEc,  des  Chartes,  4e  série,  t.  IV,  p.  473;  E.  Le- 
fèvre, les  Eues  de  Provins,  p.  76. 

131.  —  Palais  de  Provins,  du  4  avril  4465  au  23  avril 
4466  {inpalatio  meo  Pruvini,  4463).  —  Henri  ne  fera  ni  ne 
laissera  à  l'avenir  imiter  la  monnaie  de  Meaux. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5485  F.  (Cart.  de  Vévêché  de  Meaux, 
fo  II).  —  Ed.  Martène,  Ampliss,  Coll.,  I,  873;  Brussel, 
p.  493  note;  D.  Bouquet,  XVI,  702.  —  Mention  Ducange, 
au  rfot  Alleviare, 

132.  —  Provins,  du  4  avril  4465  au  28  avril  4466  (Prti- 
vini,  4465).  —  Henri  règle  les  droits  des  usagers  de  la  forêt 
de  Jouy. 

Cart.  de  la  comtesse  Elanche,  Bibl.  Imp.,  lat.  5993, 
fo  MII^VIII  vo  ;  Cart.  de  M,  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992, 


_  350  — 

et  Bibl.  de  Troyes,  ms.  22,  p.  ^44  ;  Reg.  Prineip.^  1,^0)1. 
Imp,,  500  de  Golbert,  56,  P>  449  ro  vo  ;  Cart.  de  Caillot  à  la 
Bibl.  de  Provins,  fo  237  vo. 

133.  —  Provins,  du  4  avril  4465  au  23  avril  4466  (Pnh 
viniy  4465).  —  Henri  règle  les  droits  des  usagers  de  la  forêt 
de  Sourdun. 

Original,  Arch,  de  V Empire,  J  203,  n©  4 .  —  Cart.  de  M. 
de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992,  et  Bibl.  de  Troyes,  ms.  23, 
p.  448;  Reg,  Prindp.  I,  Bibl.  Imp.,  500  de  Golbert  56, 
fo  448  vo  449  ro;  Coll.  de  Champagne,  t.  436,  p.  8. 

134.  —  Troyes,  du  4  avril  4465  au  23  avril  4  4  66  (TVeof, 
4465).  — Henri  confirme  la  fondation  du  prieuré  deFoiçy 
par  son  père. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Ed.  Gamurat,  PrompH^ 
rium,  fo  334  ro.  —  Analyse,  Desguerrois,  Saincteté  ckreh 
tienne,  fo  304  ro. 

135.  —  Troyes,  du  4  avril  4465  au  23  avril  4466  (Treeii, 
4425,  lisez  4465).  —  Henri  donne  divers  privilèges  aux  habi- 
tants de  Ghaource. 

Vidimus  de  4442,  Arch.  de  Ghaource,  éd.  Voyage  paUo' 
grahique,  69-74. 

136.  —  Troyes,  du  4  avrU  4465  au  23  avril  4466  (4465, 
Trecis),  —  Henri  confirme  les  donations  de  Jean  de  Possesse 
à  Tabbaye  de  Montier-en-Argonne. 

Bibl.  Imp.jGart.  444  (Cart.  de  Montier-en^Argonne)^  f>  47 
ro-vo;  Gopie,  Goll.  de  Chafnp.,  t.  436,  8  ter.  —  Mention  Pi- 
thou.  Coût,  de  Troyes,  éd.  de  4628,  p.  785;  E.  de  Barthé- 
lémy, Diocèse  ancien  de  C/tâlons-sur^Mame,  II,  426-427. 

136  bis.  —  Troyes,  du  4  avril  4465  au  23  avrir4466 
(4465,  Trecis).  —  Henri  constate  les  donations  feites  aux 
Templiers  par  Jean  et  Hugues  de  Possesse. 

Ed.  £.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chàlons-tur' 
Marne,  I,  402. 

137.  —  Troyes,  du  4  avril  4465  au  23  avrU  4466  (4465, 


.-  351  — 

Treeis).  —  Henri  a  donné  une  serve  pour  femme  à  Maître 
Normand,  il  luia  cédéenméme  temps  l'avoir  de  cette  femme, 
lui  a  donné  à  Troyes  une  table  de  changeur  qui  rapporte 
cent  sous  de  rente  et  que  Maître  Normand  a  donné  à  sa 
femme  en  douaire  ;  enfin,  Normand,  sa  femme  et  ses  enfants, 
sont  afiranchis. 
Original,  cabinet  de  M.  Michelin. 

138.  —  Du  4  avril  4465  au  23  avril  4466  (4465).  —  Thi- 
baut, comte  de  Blois,  confirme  le  règlement  fait  par  son  frère 
pour  la  foire  de  mai  de  Provins  (voir  plus  haut,  n»  424). 

Ed.  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  II,  389-392.  —  Men- 
tion ibid,  1,403,344,  408. 

138  bis.  —  Du  4  avril  4465  au  23  avril  4466  (4465).  — 
Henri  confirme  une  donation  faite  à  la  maladrerie  de  Provins. 
Mention  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  1, 447. 

139.  —  Château-Thierry,  du  24  avril  4466  au  8  avril  4467 
(4466,  ap,  Castrum  Theodorici),  —  Henri  confirme  une  do- 
nation faite  à  Tabbaye  de  Valsery  par  Pierre  de  Oisni. 

Ed.  Ann,  Prxmonstr.,  t.  II,  p.  bcxlix.  —  Mention  GalL 
Christ,  IX,  497  C. 

140.  —  Sézanne,  du  24  avril  4466  au  8  avril  4467  (4466, 
Sezanie).  —  Henri  donne  des  serfs  à  l'abbaye  de  Saint-Remy 
de  Reims. 

Bibl.  de  Reims,  4«  Cart.  de  Saint-Remy ^  f©  466  ro.  —  Ed. 
Varin,  Archiv,  admin,  de  Reims,  I,  346. 

Ul.  —  Troyes,  du  24  avril  4466  au  8  avril  4467  (Treeis, 
4466).  -^  Henri  constate  que,  dans  sa  cour,  en  présence  de 
ses  barons,  Geofroi,  fils  de  Dreux  —  Strabon  de  Villemaur,  a 
abandonné  des  prétentions  sur  des  biens  précédemment 
acquis  par  Tabbaye  de  Yauluisant. 

Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  486. 

142.  —  Troyes,  du  24  avril  4466  au  8  avril  4467  (4466, 
Treeis).  —  Henri  affranchit  de  toute  redevance  .et  de  toute 


—  352  — 

justice  deux  maisons  sises  à  Bar-sur-Aube  et  appartenant  à 
cinq  particuliers. 

Original,  Arch.  de  TAube,  F.  de  Basse-Fontaine,  Cart.  de 
Basse-ForUainey  appartenant  à  M.  Cbavance,  pièce  no  82. 

1 42  6*5.  —  Troyes,  du  24  avril  ^ ^ 66  au  8  avrU  KK^l^KK 66, 
Trecis).  —  Henri  constate  le  résultat  d'une  enquête  qui  éta- 
blit les  droits  des  prieurés  de  Gaye  et  de  Saint-Julien  de  Sé> 
zanne  sur  les  dîmes  de  Sézanne. 

Traduction,  Desguerrois,  Saincteté  chrestienne,  fo  304  t». 

143.  —  Du 24  avril  4466  au  8  avril  4467(4466).  —Henri 

sur  la  demande  de  Tabbé  de  Saint-Pierre-aux-Monts,  accorde 
aux  hommes  qui  habitent  dans  le  ban  de  Saint-Pierre  la  libre 
faculté  d'aller  à  ses  foires. 
Mention  Gall.  Christ.,  IX,  929  A. 

144.  —  Du  24  avril  4466  au 8 avril  4467(4466).— Henri, 
accorde  à  Tabbaye  de  Jouy  la  liberté  des  lieux  et  des  domes- 
tiques. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythier,  Hist.  eccl^  IV,  68-74; 
Arch.  de  l'Empire,  K  492,  no  208. 

145.  —  Du  24  avril  4466  au  8  avril  4467  (4466).  —  Ma- 
rie, comtesse  de  Troyes,  fait  un  échange  avec  le  chapitre  de 
Saint-Quiriace,  et  reçoit  de  ce  chapitre  quatre  muids  d'avoine 
de  rente  donnés  par  Pierre  Bristaud  pour  sa  femme  enterrée 
dans  l'église  Saint-Quiriace. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  Caillot^  f»  52  r©.  —  Men- 
tion E.  Lefèvre,  les  Rues  de  Provins,  p.  77.  Cf.  no 252  (4476). 

146.  —  Dans  l'église  Saint-Quiriace  de  Provins,  le  jour  de 
la  fête,  4  «r  mai  4466.  —  Henri  constate  qu'avec  son  consente- 
ment le  chapitre  de  Saint-Quiriace  a  vendu  à  Tévéque  de  Meaox 
la  dime  de  Quinciaco. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5485  F.  {Cart.  de  Vévéché  de  Meauii, 
f"  uii  vo. 

147.  —  Troyes,  29  décembre  4466  {Trecis,  die  Jovisinr 
fra  octavam  natalis  Domint).  —  Henri  constate  un  jugement 


—  353  — 

rendu  par  sa  cour  sur  la  demande  de  Gui  et  d'Anseau  de 
Garlande,  qui  voulaient  être  mis  en  possession  des  biens  de 
Hugues  de  Possesse.  Cette  demande  est  provisoirement  re- 
jetée. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  544^,  p.  58-59.  —  Ed.  Revue 
hist.  de  droit  français  et  étranger,  VII,  69-70. 

148.  —  Vers  ^^66  (sans  date).  —  Henri  constate  que 
Hugues  de  Possesse  lui  ayant  engagé  le  château  de  Possesse, 
la  somme  prêtée  a  été  remboursée  par  Gui  de  Garlande  et  par 
Mathieu  de  Touquin. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444, p.  57. 

149;  —  Mantes,  du  9  avril  4467  au  30  mars  4468  (op. 
Meduntam,  4467).  —  Louis  VII,  roi  de  France,  fait  connaître 
qu'en  sa  présence  Henri  le  Libéral  a  donné  le  fief  de  Savi- 
gnies  à  Barthélémy,  évêque  de  Beauvais,  et  aux  évêques  ses 
successeurs. 

Beg.  Princip.  III,  à  la  Bibl.  Imp.,  500  de  Golbert,  58, 
f»  255  ro  vo;  Coll.  de  Champ.,  t.  436,  p.  159-460.  —  Ed. 
Chantereau,  pr.  p.  4-5;  Brussel,  p.  3  note  (voir  notre  t.  II, 
p.  VI,  n«  50). 

150.  —  Troyes,  du  9  avril  4467  au  30  mars  4468  (4467, 
Trecis).  —  Henri,  ayant  reçu  des  moines  de  Saint-Pierre-le- 
Vif  de  Sens  des  reliques  de  saint  Potentien  et  de  saint  Altin, 
donne  à  Tabbaye  deux  maisons  à  Provins  et  ce  qu'il  possé- 
dait à  Naud. 

Ed.  Assier,  Archives  curieuses  de  la  Champagne,  p.  420; 
Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  493-494. 

151.  —  Au  chapitre  de  la  cathédrale  de  Troyes,  du  9  avril 
4  4  67  au  30  mars  4468  {incapitulo  Trecensi,  4467).  —  Henri 
est  témoin  de  la  charte  par  laquelle  son  frère  Guillaume, 
évêque  élu  de  Chartres,  résigne  la  prévôté  du  chapitre  de 
Troyes. 

Ed.  Camuzat,  Promptuarium,  fo  422  vo-423  v©.  —  Ana- 
lyse, Desguerrois,  Saincteté  chrestienne,  'P>  303  r». 

152.  —  Du  9  avril  4467  au  30  mars  4468  (4467).  —  Henri 


—  354  — 

abandonne  toute  prétention  an  mobilier  de  Tévéché  pendant 
la  vacance  du  siège. 

Original,  Arch.  de  TAube.  —  Ed.  Valletde.Vîrivilie,i4fe*. 
hist,  de  lAuhe,  p.  -109.  —  Extrait  dans  Pithou,  Coût,  de 
Troyes,  éd.  -1628,  p.  292.  —  Mention  Gall.  ChrUt.,  XII,  500 
E,  504  A  ;  Desguerrois,  Saincteté  ckrestienne,  i^  302  v». 

153.  —  Du 9  avril  4467  au 30  mars  4468  (4467).— Henri 
constate  le  bornage  de  la  ligne  séparative  des  territoires  de 
Bragelogne  et  de  Balnot. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  F.  de  Quincy.  — Ed.  Voyage 
paléographique ^  p.  494-492. 

154.  —  Provins,  du  7  au  43  janvier  4468  (Pruvtnt,  infn 
octabas  Epiphanie,  4467).  —  Henri  confirme  une  donation 
faite  à  Tabbayc  de  Jouy  par  Aquide  de  MorUguUlun. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  n»  209. 

155.  —  Chartres,  du  34  mars  4468  au  49  avril  4411 
(CarnoW,  4 4  68).  —  Henri  fait  savoir  qu'il  a  donné  à  l'abbaye 
de  Haute- Bruyère  sept  livres  de  rente  sur  ses  foires  de  mai 
de  Provins. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K492,  no  342. 

156.  —  Troyes,  du  34  mars  4468  au  49  avril  4469(4468, 
Trecis).  —  Henri  confirme  un  traité  entre  Hugues  de  Plancy, 
Guillaume  de  Dampierre,  le  prieuré  de  Saint-Just  et  l'abbaye 
de  Macheret,  au  sujet  de  la  forêt  de  Macheret. 

Ed.  Ann.  Ordin.  Grandimontis,  447;  GalL  Christ. j  XH, 
Instr.^  273  D.  —  Traduction,  Desguerrois,  Saincteté  chres- 
tienne,  fo  303  vo. 

157.  —  Troyes,  du  34  mars  4468  au  49  avril  4469  {Tre- 
eiSy  4468).  —  Henri  donne  divers  biens  à  l'abbaye  de  Fare- 
moutier. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist,  de  VégL  de  Meaux,  II,  57. 

158.  —  Troyes,  du  34  4nars  4468  au  49  avrU4469(446S, 
Trecis),  —  Henri  constate  Tamortissement  par  Manassès, 


—.355— 

comte  de  Bar-sur-Seine,  des  biens  mouvant  de  Manassès  qui 
avaient  été  acquis  par  Tabbaye  de  Pontigny. 
Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  204. 

159.  —  Troyes,  du  34  mars  4468  au  49  avril  4469(4468, 
Trecis). — Henri  renonce  au  sauvement  et  à  la  redevance 
en  gélines  que  lui  devaient  les  hommes  de  l'abbaye  de  Saint- 
Loup  de  Troyes,  à  Baire. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  Cart.  de  Saint-Loup,  apparte- 
nant à  M.  de  la  Porte,  f»  xu. 

160.  —  Troyes,  du  34  mars  4  4  68  au  4 9  avril  4  4  69  (rr^cw, 
4  4  68).  —  Henri  ayant  acquis  par  échange  de  Gilbert,  vicomte 
de  Vesoul,  Talletf  d'Oudincourt  (Haute-Marne),  le  donne  en 
augment  de  fief  à  Barthélémy,  seigneur  de  Vignory. 

Ed.  Chevalier,  Hist,  de  Poligny,  t.  I,  pr.  p.  325. 

161.  —  Du  34  mars  4468  au  49  avril  4469  (4468).  — 
Henri  fait  un  échange  de  serfs  avec  Tabbaye  de  Saint-Loup 
de  Troyes. 

Cart,  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte. 

162.  —  Château-Thierry,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470 
{Castri  Theodorici,  4469).  —  Henri,  à  la  demande  de  l'abbé 
de  Saint-Médard  de  Soissons,  établit  un  marché  à  Sergy  tous 
les  samedis. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  4Q6  (Cart,  de  Saint-Médard  de  Soissons)^ 
pièce  cotée  de  Cergy,  IX. 

163.  —  Château-Thierry,  du  20  avril  4469  au  4  avril 
4470  (4469,  ap,  Castmm  Theodorici),  —  Henri  constate  que 
deux  filles  de  Pierre  d'Oigny  étant  entrées  à  Tabbaye  de  Val- 
sery,  ce  dernier  a  donné  à  Tabbaye  une  terre  située  à  Oigny, 
et  pouvant  suffire  pour  cinq  muids  de  semence. 

Ed.  Ann,  Prœmonstr.,  t.  I,  p.  dclx;  Martène,  Ampliss, 
Coll.  I,  880. 

164.  —  Ghapelaines,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470 
{ap.  Chaplenas,  4469).  —  Henri,  moyennant  soixante  sous 
de  rente  que  lui  paiera  l'abbaye  Saint-Menge  de  Ghftloni, 


.  K. 


_  356  —     V 

exempte  les  hommes  de  RouSy,  de  la  taille,  de  la  justice,  de 
la  semonce  et  des  exactions  de  ses  prévôts. 

Original,  Archives  de  la  Marne.  —  Ed.  E.  de  Barthélémy, 
Diocèse  ancien  de  Châlonssur-Mame,  II,  374. 

165.  —  Maincy,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470  (4469, 
ap.  Minziacum).  —  Henri  confirme  les  biens  et  les  privi- 
lèges de  réglise  collégiale  de  Notre-Dame-d'Oulchy-le-Ghè- 
teau. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  F.  de  la  collégiale  d'Ouldij. 

166.  —  Provins,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470  (4469). 
—  Marie,  comtesse  de  Troyes,  avec  le  consentement  de  son 
mari  donne  à  Téglise  Saint-Quiriace,  en  l'acquit  de  Dreux,' 
son  chapelain,  et  de  Laurent,  son  clerc,  vingt  et  un  serfs  re- 
présentant dix  livres  de  rente. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Copie,  Arcb.  de  TEm- 
pire,  K  492,  n«  69. 

167.  —  Troyes,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470  (rrew, 
4469).  —  Henri  donne  à  la  Maison-Dieu  de  Bar-sur-Aube 
cent  sous  de  rente  sur  l'étalage  de  cette  ville. 

Original,  Archives  de  l'hospice  de  Bar-sur-Aube.  —  Ed. 
Chevalier,  Uist,  de  Bar-sur-Aube,  p.  299. 

168.  —  Troyes,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470  (4469).- 
Henri  autorise  l'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims  à  acquérir 
indéfiniment  dans  ses  fiefs,  soit  à  titre  d'achat,  soit  à  titre  de 
don. 

Bibl.  de  Reims,  2«  Cart.  de  Saint-^Remy,  fo  65  v©. 

169.  —  Troyes,  du  20  avril  4469  au  4  avril  4470(7V«?«, 
4469).  —  Henri  constate  qu'Artaud,  son  chambrier,  a 
acquis  de  l'abbaye  de  Saînt-Martin-ès-Aires  un  four  sis  à 
Troyes,  près  de  la  Porte  du  Comte,  et  d'Ebrard,  fauconnier, 
les  oboles  des  boulangers  de  ce  four. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  P.  de  l'Hôtel-Dieu.  —  Copie, 
4«  Cart.  de  VHôtel-Dievrle-Comte  de  Troyes,  P>  20  ^^. 


—  357  — 

170.  —  Du  20  avril  ^^ 69  au  4  avril  4470  (4469).  —  Henri 
fait  une  donation  à  Tabbaye  de  Gbeminon. 

Mention  Gall.  Christ.,  IX,  965  E. 

171.  —  Du  20  avril  4469  au  4  avril  4470  (4469).  —  Henri 
fonde  Tabbaye  de  la  Charmoye. 

Original,  Arch.  de  la  Marne  (4).  —  Ed.  E.  de  Barthélémy, 
Diocèse  ancien  de  CMlons-sur-Mamef  I,  362. 

172.  —  34  août  4469.  —  Guillaume  de  Champagne,  ar- 
chevêque de  Sens,  dédie  l'église  collégiale  de  Bray-sur-Seine, 
dotée  par  Henri,  comte  de  Champagne,  son  frère. 

Mention  GalL  Christ.,  XII,  50  E. 

172  bis,  —  Vers  4469  au  plus  tard,  Henri  constate  un 
arrangement  entre  Eudes,  connétable,  et  l'abbaye  dcMontié- 
raraey,  au  sujet  des  ferres  de  Mesnil-Lettre  et  Avant. 

Bibl.  Imp.  lat.  5432  (Cart.  de  Montiéramcy),  fo30vo.; 
lat.  5433  (id.),  fo452  vo-453vo. 

173.  —  Fontaines  (commune  de  Douy)  et  Meaux,  du  5 
avril  4470  au  27  mars  4474  (Actum  ap.  Fontes,  4470,  datum 
Meldis).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  Fontaines  ime  rente 
de  vingt  sous  sur  son  moulin  de  Meaux. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  l'égl.  de  Meatix,  II,  59. 

174.  —  Provins,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  {Pru- 
vtm,  4470).  — Henri  donne  à  l'église  collégiale  de  Saint- 
Quiriace  un  bois  à  Jouy  et  des  terres  qui  en  dépendent,  et 
règle  les  droits  des  hommes  qui  y  habitent  et  y  habiteront. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Copie,  Bibl.  de  Pror- 
vins,  Cart.  de  Caillot,  fo  258  vo  ;  Ythier,  Supplément  à  Saint- 
Quiriace,  p.  246;  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  n»  70  ;  Bibl. 
Imp.,CoW.  de  Champ.,  t.  436,  p.  274.  —  Analyse,  Bibl. 
Imp. ,  Coll.  de  Champagne^  t.  435,  p.  305. 


(i)  Cette  pièce  est  fausse.  Mais  elle  est  peat-étre  la  copie  d*an  original  plus 
ancien.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c*est  qu'en  1 183  une  charte  originale  de  Gni  III, 
évèqae  de  Chiklons,  mentionne  la  fondation  de  l'abbaye  de  la  Cbarmoye  par 
Henri. 


—  3B8  —         . 

175.  —  Provins,  du  5  avril  4470  aa  27  mars  4474  (4470). 

—  Henri  fait  donation  à  Tabbaye  de  Jouy  d'une  place  près 
de  Saint-Laurent,  au  château  de  Provins. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  CaUlot,  f»  244  v«;  Ythier, 
Hist.  eccl.  IV,  74 . 

176.  —  Provins,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (4470). 
. —  Henri  donne  au  prieuré  de  Fontaines  quarante  sous  de  cens 
à  Ghambry  et  la  liberté  de  la  maison  que  ce  prieuré  possède 
à  Provins. 

Ed.  du  Plessis,  Hist.  de  l'égl.  de  Meaux,  t.  II,  p.  59. 

177.  —  Provins,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (4470). 

—  Henri  donne  en  fief  à  Girard  de  Baunesiaco  la  liberté 
d'une  maison  aux  foires  Saint-Ayoul. 

Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  Caillot,  f>  234  vo. 

178.  —  Provins,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (4470 
ap,  Pruvinum),  —  Henri  renouvelle  les  donations  et  rappelle 
les  privilèges  qu'il  a  précédemment  accordés  au  chapitre  de 
Saint-Maclou  de  Bar-sur-Aube. 

Cart.  de  Saint-Maclou,  appartenant  à  M.  Aubertin,  f»  4 .  — 
Copie,  Bibl.  Imp.  Coll.  de  Champ. ^  t.  435,  p.  253-255. 

179.  —  Troyes,  du  5  aVril  4470  au  27  mars  4474  (4470). 

—  Henri  constate  que  Guillaume,  son  maréchal,  a  acquis  <te 
Tabbaye  de  Saint-Remi  de  Reims,  à  charge  de  cens,  le  tiers 
d'un  moulin  et  un  four  à  Chapelaines. 

Bibl.  de  Reims,  4«''  Cart.  de  Saint-Remi,  fo  348  v». 

180.  —  Troyes,  du  5  avril 4470  au  27  mars  4  474  (TVmi, 
4470).  —  Henri  donne  à  la  cathédrale  de  Troyes  Odée,  fille 
d'Eudes,  le  monnayer,  mariée  à  Simon  de  Bourges. 

Original ,  Bibl .  Imp. ,  Titres  scellés  de  Clarembaud,  vol.  209. 

181.  —  Troyes,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  {Treeis, 
4470).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes 
une  serve  et  sa  famille,  à  charge  de  célébrer  ranniversaire 
du  comte  Thibaut  et  de  la  comtesse  Mathilde,  etc.,  ete. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Cart.  de  Saint-Laup,  appa^ 
tenant  à  M.  de  la  Porte. 


—  359  — 

182.  —  Troyes,  du  5  avril  ^^70  au  27  mars  4  474  {Treeis, 
4470).  —  Henri,  devant  au  prieuré  de  Salnt-Jean-en-Chàtel 
quinze  sous  de  cens  pour  Tentreticn  d'une  lampe  devant  les 
reliques  de  saint  Biaise,  se  libère  en  affranchissant  de  toutes 
charges  une  maison  de  ce  prieuré,  sise  à  Troyes,  dans  le 
marché,  rue  Hardouin. 

Originffl,  Arch.  de  l'Aube,  fonds  de  Monliéramey.  —  Bibl. 
Imp.,  lat.  5432  {Cart.  de  Montiéramey),  fo92ro.  —  Copie, 
Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  436,  p.  498. 

183.  —  Troyes,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (4470, 
Treeis).  —  Henri  donne  cent  sous  de  rente  en  usufruit  au 
prieur  et  en  nue  propriété  au  prieuré  de  Saint-Jean-en-Châ- 
tel,  à  condition  que  les  moines  assisteront  à  l'enterrement 
des  chanoines  de  Saint-Etienne,  et  célébreront^  chaque  an- 
née, l'anniversaire  des  chanoines  décédés. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432  {Cart,  de  Montiéramey),î<^ \\A  rov^ 

184.  —  Troyes,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (Treeis, 
4470).  —  Henri  renouvelle  les  chartes  no»  84  et  429. 

Bibl.  Imp.  lat.  5432  (Cart.  de  Monliéramey),  t<*h\Zy''' 
444  r*. 

185.  —  Troyes,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474  (Treds, 
4470). — Henri  constate  les  donations  faites  à  l'abbaye  de 
Larivour  par  Clarembaud  de  Ghappes. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

185  hU.  —  Troyes,  du  5  avril  4470  au  27  mars  4474 
(TreciSy  4470).  —  Henri  constate  que  Roscelin  de  Villehar- 
douin  a  donné,  au  prieuré  de  Saint-Quentin  de  Troyes,  des 
moulins  situés  sous  ceux  que  ce  prieuré  possède  à  Troyes. 

Ed.  Buchon,  Recherches  et  matériaux  pour  servir  à  une 
histoire  de  la  domination  française^  dans  les  provinces  dé^ 
membrées  de  V empire  grec,  2«  partie,  p.  26. 

186.  —  Du  5  avril  4470  au  27  mars 4474  (4470).  —  Henri 
donne  à  l'abbaye  de  Mores  une  maison  à  Troyes,  dans  le 
faubourg  Groncels. 


—  360  — 

Mentioa  Rouget,  Recherches  historiques  sur  la  ville  a  le 
comté  de  Bar-sur^Seine,  p.  428. 

187.  —  Du  5  avril  4470  au  27  mars 4474  (4470).  — Henri 
approuve  une  donation  faite  au  prieuré  de  Châtillon-sar- 
Marne  par  Gui  de  Ghâtillon. 

Ed.  A.  Duchesne,  Hist.  de  la  Maison  de  ChMillm^  prcav. 
p.  28. 

188.  —  Nogent-r Artaud,  du  28  mars  4474  au  4  5  avril 
4472  (ap.  Nogentum,  4474).  —  Henri  fait  connaître  un  juge- 
ment de  sa  cour,  par  lequel  il  a  été  reconnu  que  les  serfs  de 
de  Tabbaye  de  Saint-Médard  de  Soissons,  à  Damery,  doivent 
quatre  sous  de  taille  deux  fois  Tan. 

Bibl.  Imp. ,  Gart.  4  06  (  Cart.  de  Saint-Médard  de  Soissom), 
charte  cotée  de  Damery,  XV. 

189.  —  Provins,  du  28  mars  4474  au  45  avril  4472  (4474). 
—  Henri  fait  une  donation  et  confirme  divers  dons  de  ses 
vassaux  à  l'abbaye  du  Paraclet. 

fiibl.  de  Troyes,  ms.  2284  {Çart.  du  Paraclet),  charte 
no  73. 

190.  —  Provins,  du  28  mars  4474  au  45  avril  4472  (Pf«- 
vini,  4474).  —  Henri  déclare  avoir  donné  à  Tabbaye  de  Trois- 
Fontaines  une  forge  à  Vassy. 

Original,  Arch.  de  la  Marne. 

191.  —  Provins,  du  28  mars  4474  au  45  avril  4472  (Pru- 
vini,  4474).  —  Henri  confirme  plusieurs  donations  faites 
aux  Templiers,  notamment  par  Pierre  Bristaud. 

Original,  Arch.  de  l'Empire.  —  Môme  dépôt,  S  5462,  m25 
{Cart.  de  la  commanderie  de  la  Croix-en^Brie),  p.  39.  — 
Analyse,  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  Caillot,  fo  85  r». 

192.  —  Sézanne,  du  28  mars  4474  au  45  avril  4473 
(Sesanniej  4474).  —  Henri  donne  à  Thibaut  Revelard  toutes 
ses  possessions  à  Montbàyon,  etc.,  etc. 

Bibl.  Imp.,  Registrum  principum,  I  (500  de  Colbert), 
fo  448  6»  ro  vo;  Coll.  de  Champ,,  t.  436,  p.  466. 


—  3G1  — 

193.  —  Troyes,  du  28  mars  i^i  au  ^5  avril  U12 
(TreciSy  \\^i\).  —  Henri  accorde  que  tout  acquéreur  des 
terres  situées  dans  la  seigneurie  de  Damery,  et  qui  devaient 
des  censives  à  l'abbaye  de  Saint-Médard  de  Soissons,  paiera 
ces  censives  à  cette  abbaye. 

Bibl.  Imp. ,  Cart.  k  06  (Cart.  de  Saint-Médard  de  Soissons), 
pièce  cotée  de  Damery  XXXVI , 

194.  —  Troyes,  du  28  mars  ^^7^  au  ^5  avril  4^72  (Tre- 
ciZy  \\T\),  —  Henri  fait  connaître  un  jugement  rendu  dans 
sa  cour,  entre  l'abbaye  de  Saint-Médard  et  les  habitants  de 
Damery,  au  sujet  des  coutumes  de  ce  lieu.  11  donne  à  Tab- 
baye  la  garde  des  bois  de  Damery. 

Bibl.  Imp. ,  Cart.  '1 06  (Cart.  de  Saint-Médard  de  Soissons), 
pièce  cotée  de  Damery  XXXV fl, 

195.  —  Troyes,  du  28  mars  \a\  au  45  avril  -H72  {Tre- 
ciSy  UTi).  —  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Saint-Martin-ès- 
Aires  la  dîme  et  la  pêche  des  deux  moulins  Ursariorum  et  de 
Cbaillouel,  à  Troyes,  et  le  droit  d'y  moudre  sans  redevance 
un  demi  muid  par  semaine. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

196.  —  Troyes,  du  28  mars  \\1\  au  45  avril  \M2  {Tre- 
ciSy  Ul^),  — ^' Henri  fait  à  la  Maladrerie  de  Troyes  diverses 
donations,  en  confirme  d'autres. 

Ed.  Mém,  de  la  Soc.  d'agr.  de  l'Aube,  2c  série,  t.  I, 
p.  525. 

197.  —  Vertus,  du  28  mars  U7i  au  45  avril  4472  (Vir- 
tutiy  4474).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  d'Oye  la  moitié  du 
village  de  Puiz^  notamment  douze  familles  de  serfs. 

Arch.  de  l'Aube,  Cart.  de  l'abbaye  d'Oye,  fo  4  vo,  2  ro. 

198.  —  Du  28  mars  4474  au  45  avril  4472  (4474).  — 
Henri  confirme  la  donation  du  Champ-de-Perthes,  par  Al- 
bert de  Landricourt,  à  l'abbaye  de  Haute-Fontaine. 

Mention  Pithou,  Coût,  de  Troyes,  éd.  de  4628,  p.  785. 

199.  —  Du  28  mars  4474   au  45  avril  4472  (4474).  — 

H 


—  362  — 

Henri  donne  une  serve  et  ses  enfants  à  Tabbaye  de  Saiot- 
Remy  de  Reims. 

Bibl.  de  Reims,  2e  Cart.  de  Saint-Remy,  f»  LXV  vo. 

200.  —  Provins,  du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (Prur 
viniy  4472).  —  Henri  constate  que  Guillaume  T^eo:^  son  ma- 
réchal, a  donné  aux  Bonshommes  d'Aunay  deux  soudées 
de  pain  de  rente  par  semaine  sur  sa  part  d'un  four  qui  est  dans 
la  juiverie  (înjudea). 

Original,  Arch.  de  FEmpire,  P.  des  Bonshommes  d'Au- 
nay. 

201.  —  Provins,  du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (Pru- 
vint,  4472).  —  Nicolas  de  Basoche  ayant  abandonné  à  l'ab- 
baye de  Saint-Médard  de  Soissons  tout  ce  qu'il  avait  à  Sergy, 
Henri  approuve  cette  cession. 

Bibl.  Imp. ,  Cart.  4  06  (Cart.  de  Saint-Médard  de  Soissons^^ 
pièce  cotée  de  Cergy  VIIÏ, 

202.  —  Palais  de  Provins,  du  46  avril  4472  au  7  avril 
4473  (in  palatio  meo  Pruvini,  4472).  —  Henri  s'engage, 
envers  l'abbaye  de  Pontigny,  à  ne  pas  établir  de  village  dans 
des  limites  déterminées. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  ColL  de  Champ. ^  t.  436,  p.  202.— 
Ed.  Martène,Ark?<î(^., III, 4237.— MentionGaW.  Chnst.,  XD, 
443  A  B. 

203.  —  Sézanne,du  46  avril  4472 au  7  avril  4473(Sesfln- 
wi>,  4472).  —  Henri  exempte  les  hommes  d'Avize  de  la  jus- 
tice et  des  exactions  de  ses  prévôts,  plus,  de  l'host  et  de  la 
chevauchée,  sauf  certaines  réserves. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  F.  Français,  5379,  fo  4.  —  Ed.  Cham- 
poUion-Figeac,  Doc.  inéd.  extr.  de  la  Bibl.  Royale,  II, 
2e  partie,  p.  39-40. 

204.  —  Troyes,  du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (Iff- 
ciSj  4472).  —  Henri  donne  au  prieuré  de Saint-Jean-en-Chà- 
tel  le  terrain  qui  séparait  ce  prieuré  de  l'église  Notre-Dame- 
la-Dorée. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432  (Cart.  deMontiéramey).  fo  409  p. 


—  363  — 

205.  —  Troyes,  du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (Tre- 
cis,  4472.  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Montiéramey  le  gîte 
de  Pravaux. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

206.  —  Du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (4472).  —  A  la 
demande  et  conformément  à  la  volonté  du  comte  Henri,  Gui, 
évéque  de  Châlons,  donne  Thôpital  de  Vitry  au  maître  de  la 
maison-Dieu  de  Bar-sur-Aube. 

Original,  Arch.  de  rhospicc  de  Bar-sur-Aube.  --  Mention 
Chevalier,  Hist,  de  Bar-sur-Aube,  p.  299  ;  Hist.  de  Bar-sur- 
Aube,  sous  les  comtes  de  Champagne,  p.  77. 

207.  —  Du  46  avril  4472  au  7  avril  4473  (4472).  —  Henri 
donne  à  Tabbaye  de  Saint-Loup  une  rente  sur  le  moulin  de 
la  Porte-de-rÉvêque,  à  Troyes,  et  un  droit  d'usage  dans  la 
forêt  dlsle. 

Cart.   de  Saint -Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte, 

fo  XLI. 

208.  —  Provins,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4  474  {Pru- 
vini,  4473).  —  Henri  constate  un  traité  entre  l'abbaye  de 
Jouy  et  Raoul  et  Etienne,  fils  de  Thibaut  de  Saint-Ayoul. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  no  44. 

210.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4474  (Tre- 
dSy  4473).  —  Henri  constate  la  donation  de  deux  moulins 
sis  à  Coulommiers,  faite  aux  Templiers  par  Ébrard,  cham- 
brier,  et  par  Ferry,  de  Paris.  Il  a  donné  lui-môme  un  serf 
aux  Templiers  de  Meaux. 

Original,  Arch.  de  l'Empire.  —  Même  dépôt,  S  5462, 
no  25  {Cart.  de  la  commanderie  de  la  Croix-enrBrie),  p.  39. 

211.  —  Troyes,  du  8  avril  4  473  au  23  mars  4474  (4473, 
Trecis).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  Saint-Jean-en-Châtel 
la  justice  et  la  seigneurie  d'un  terrain  situé  entre  le  chemin 
de  Pouilly  et  la  rue  de  Preize,  à  Troyes. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432  {Cart.  de  Montiéramey),  fo443vo- 
443ôwro. 


—  364  — 

212.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4474  (4473, 
Trecis).  —  Henri  renouvelle  la  charte  de  fondation  de  Saint- 
Etienne  de  Troyes,  en  y  ajoutant  de  nouveaux  bîenfiûts 
(voir  no  47). 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  42  bis  (Cart.  de  Saint-Etienmde 
Troyes),  fo  II  v«-Vro. 

213.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  ao  23  mars  4474  (4473, 
Trecis).  —  Henri  donne  au  chapitre  de  Saint-Etienne  de 
Troyes  un  serf  et  sa  famille. 

Bibl.  Imp.,'  F.  Bouhier,  42  bis  {Cart,  de  Sami-Etiemiêde 

Troyes),  foVro. 

214.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4474  (4473, 
Trecis).  — Henri  approuve  la  donation  de  la  moitié  d'uoe 
portion  du  cours  de  TArmance,  faite  à  T^baye  de  Pontigi^ 
par  Milon  d'Ervy,  et  donne  Tautre  moitié. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champagne,  t.  436,  p. 2(H. 

m  bis.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4474 
{TreciSy  4473).  —  Henri  accorde  divers  privilèges  aux  habi- 
tants de  Maraye-en-Othe. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  F.  Français,  4660,  fo  44  vo. 

215.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars 4 474  (TVwu, 
4473).  —  Henri  approuve  les  donations  faites  à  Tabbayede 
Larivour,  par  Clarembaud  de  Chappes,GaIeran  deVcndeovre, 
et  Erard,  comte  de  Brienne. 

Original,  Archives  de  l'Aube.  —  Môme  dépôt,  Cart.  de 
Larivour,  fo  5  ro,  pièce  cotée  de  situ  abbatie  XTI. 

216.  —  Troyes,  du  8  avril  4473  au  23  mars  4474  (4473, 
Trecis).  —  Henri  donne  à  l'église  et  aux  moines  de  Lantr, 
prieuré  dépendant  de  Montiéramey,  tout  ce  qu'il  a  à  Lanlj. 

Original  de  la  fin  du  xy»  siècle  ou  du  commencement  do 
xvie  (pièce  fausse),  Arch.  de  l'Aube,  F.  de  Montiéramey. 

217.  —  Du  8  avril  4473  au  23  mars  4474  (4473).  —Henri 
fait  un  échange  de  serfs  avec  l'abbaye  de  Saint-Loop  df 
Troyes. 


—  365  — 

Car(.  de  Saint -Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte, 
fo  xmi. 

218.  —  Pontoisc,  du  23  mars  iilA  au  42  avril  4475  {ap.  t 
PontisaramyWl Â),  —  Henri  asseoit,  sur  le  péage  de  Rebais,  ^ 
vingt-cinq  livres  de  rente  qu'il  devait  à  Mathieu,  comte  de 
Beaumont. 

Cart,  de  la  comtesse  Blanche  (Bibl.  Imp.,  lat.  5993), 
foVI«IIro. 

219.  —  Provins,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  (Pro- 
viniiy  4474).  —  Henri  donne  la  dîme  du  Breuil  au  prieuré 
clc  Sainte-Foy  de  Coulommiers. 

Ed.  Champoliion-Figeac,  Doc,  incd,  extr,  de  la  Bibl. 
Royale,  II,  2«  partie,  p.  40-44. 

220.  —  Provins,  du  2i  mars  4474  au  42  avril  4475  (Prw- 
viniy  4474).  —  Henri  autorise  les  religieux  de  Thôpital 
Saint-Bernard  de  Troyes  à  moudre,  sans  redevance,  deux 
setîers  de  blé  par  semaine  aux  moulins  de  THôtel-Dieu-le- 
Gomte. 

Original,  Arch.  de  TAube,  P.  de  Saint-Bernard,  layette 92, 
cote  B,  no  2. 

221.  —  Provins,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  (Prvr 
viniy  4474).  —  Henri  approuve  la  donation  de  dix  livres  de 
rente  sur  le  péage  de  Coulommiers  à  Téglisc  de  Notre-Dame 
de  Vertumno  ou  de  VuKurno, 

Beffistr.  Princip.,  I  (Bibl .  Imp., 500  deGolbert,56),  fo  4  4  9  vo. 
Même  dépôt,  Coll,  de  Champ, ^  t.  436,  p.  465. 

222.  —  Provins, du  24  mars  4474  au  42  avril  4475 (Pru- 
vinù  4474).  —  Henri  constate  une  libéralité  faite  à  Tabbaye 
de  Jouy  par  Eudes  de  Fonteneto, 

Copie,  Arch.  de  TEmpire,  K492,  no  242. 

223.  —  Provins,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  (Pru- 
vini,  4474).  —  Henri  donne  à  sa  sœur  Marie,  autrefois  du- 
chesse de  Bourgogne,  dix  livres  de  rente  sur  la  table  de 


—  366  — 

change  qui  se  trouve  placée  la  première  devant  la  maison 
"de  Thibaut  de  Foro,  vers  l'église  Saint-Jean,  à  Troyes. 
Copie,  Bibl.  Inip.,  lat.  5480,  p.  446  (cf.  no  238). 

224.  —  Provins,  du  24  mars  ^^  74  au  42  avril  4  473  (M- 
viniy  WTâ).  —  Henri  approuve  le  désistement  de  Robert  de 
Bernay,  qui  contestait  au  prieuré  de  la  Celle  en  Brie  le  fief 
des  Ormeaux. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444,  p.  59-60. 

225.  —  Provins,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475(/Vii- 
vinif  4474).  —  Henri  donne  à  Tabbaye  de  Montiérendcr  le 
tonlieu  de  la  moitié  des  chevaux  et  des  autres  animaux  vea- 
dus  pendant  la  foire  de  Bar-sur-Aube.  C'est  une  indemnité 
du  dommage  causé  à  l'abbaye  dans  le  village  de  Tilleux,par 
Eudes  de  Vendeuvre,  qui  a  donné  à  Henri,  à  titre  de  répara- 
tion, deux  fiefs  de  chevalier. 

Original,  Arch.  de  la  Haute-Marne.  —  Mention  Bouille- 
vaux,  les  Moines  du  Der,  p.  470. 

226.  —  Sézanne,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  {ap. 
Sezanniam,  4474).  —  Henri  constate  que  divers  particuliers 
ont  confirmé,  en  sa  présence  et  en  celle  de  son  conseil,  des 
donations  précédemment  faites  à  l'abbaye  d'Oye. 

Arch.  de  l'Aube,  Cart.  d'Oye,  fo  2  vo. 

227.  —  Troyes,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  {Tre- 
ris,  4474).  —  Henri  constate  qu'un  jugement  arbitral  a  mis 
fin  à  une  contestation  entre  l'abbaye  de  Montiéraraey  et  celle 
de  Larivour. 

Arch.  de  l'Aube,  Cari,  de  Larivour,  fo  34-32. 

228.  —  Troyes,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  {Tre- 
cis,  4474).  —  Henri  approuve  des  acquisitions  faites  par 
l'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims. 

Bibl.  de  Reims,  Cart.  de  Saint-Remy,  fo  595  vo-596n>. 

229.  —  Troyes,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4  475  (fre- 
cis,  4474).  —  Henri  constate  une  transaction  par  laquelle 


—  367  — 

Tabbaye  de  Larivour  donne,  à  bail  viager,  une  vigne  à  Ro- 
boldc,  femme  de  Robert  de  Deilon. 
Original,  Arch.  de  l'Aube. 

230.  —  Troyes,  du  24  mars  U74  m  \2  avril  ^^75  {Tre- 
ciSy  4474).  —  Henri  confirme  Tabbaye  de  Saint-Pierre-lc-Vif 
dans  la  possession  du  poids  de  Bar  et  de  Troyes.  Règlement 
à  ce  sujet. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  490,  no  49.  —  Ed.  Quantin, 
Cart,  de  r Yonne,  II,  257-258. 

231.  —  Vertus,  du  24  mars  4474  au  42  avril  4475(4474). 
—  Henri  confirme  une  donation  à  l'abbaye  d'Igny. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  79  (Cart.  dlgny),  fo  436  rovo. 

232.  —  Du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  (4474).— 

Henri  constate  qu'André  Cementarius n'^tn^u^  à  l'abbaye  de 
Saint-Martin-ès-Aires,  ses  droits  sur  les  moulins  de  Porta 
Ursariorum,  à  Troyes,  etc. 
Original,  Arch.  de  l'Aube. 

233.  --  Du  24  mars  4474  au  42  avril  4475  (4474).  — 
Henri  donne  à  la  collégiale  de  Bray  vingt  livres  de  rente 
sur  le  péage  de  Bray. 

Mention  Lepelletier,  Hist,  des  comtes  de  Champ. ^  I,  307. 

234.  —  Provins,  du  43  avril  4  475  au  3  avril  4476  {Pruvini, 
4475).  —  Henri  approuve  une  donation  à  l'abbaye  de  Trois- 
Pontaines. 

Original,  Archives  de  la  Marne. 

235.  —  Provins,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (Pru- 
vini  4475).  —  Henri  donne  au  chapitre  de  Saint-Etienne  de 
Troyes  le  tonlieu  des  merciers  à  Provins. 

Bibl.  Imp.,  F.  Boubier,  ^2  bis  {Cart.  de  Saint-Etienne  de 
Troyes),  foVr». 

236.  —  Palais  de  Provins,  du  43  avril  4475  au  3  avril 
4476  (4475).  —  Henri  rappelle  les  donations  de  son  père  et 
de  sa  mère  à  la  collégiale  fondée  à  Bray,  par  Milon  de  Bray. 
Il  ajoute  de  nouvelles  donations. 


—  368  -- 

Analyse,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  f»  328  ro-329T*; 
Lepelletier,  Hist,  des  comtes  de  Champagne^  I,  307. 

237.  —  Provins,  du  43  avril  \\1^  au  3  avril  4476  (Pru- 
vint,  4475).  —  Henri,  ayant  fondé  la  Villeneuve-au-Châtclot, 
règle  les  privilèges  des  habitants. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ, ^  t.  436,  p.  407.  — Ed. 
Ordonnances,  VI,  349-320;  Aug.  Thierry,  Lettre  XIIl  str 
rjiùt.  de  France. 

238.  —  Provins,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4  476  (44751. 
—  Henri,  ayant  donné  dix  livres  de  rente  à  Tabbayc  de  Poo- 
tevraud,  ajoute  dix  autres  livres  sur  la  prière  de  Guillaume, 
son  frère,  et  en  vue  de  ses  sœurs  qui  étaient  religieuses  dans 
celte  abbaye.  Ces  vingt  livres  se  prendront  sur  le  tonlieu  de 
Provins. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5480,  p.  447  (cf.  n©  223). 

259.  —  Provins,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  {Prth 
viniy  4  475). — Henri  constate  et  approuve  racquisîtion  de 
la  moitié  de  la  mairie  de  Damery,  par  l'abbaye  de  Saiot- 
Médanl  de  Soissons,  qui  a  donné  en  échange  à  Garin  de  Da- 
mery la  moitié  du  four  bannal  du  môme  lieu. 

Bibl.  Imp., Cart.  406  (Cart,  de  Saint-Mèdard de Soissonsu 
pièce  cotée  de  Darnery  XXXV, 

244).  —  Troyes,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (Trem, 
4475).  —  Henri  donne  aux  religieuses  du  Val-d'One  huit 
muids  de  vin  de  rente,  et  affranchit  les  maisons  de  ces  reli- 
gieuses à  Bar-sur-Aubc  des  tonlieu  et  rentes  qu'elles  de- 
vaient. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll,  de  Champ, ^  t.  436,  p.  406  bis. 

241.  —  Troyes,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (Frecw, 
4475).  —  Henri  fait  savoir  qu'en  sa  présence  et  dans  sacotir 
un  jugement  a  été  rendu  en  faveur  de  l'abbaye  de  Trois- 
Pontaines. 

Original,  Archives  de  la  Marne. 

242.  —  Troyes,  du  4  3  avril  4475  au  3  avril  4476  {Trecù, 


—  369  - 

4475).  —  Henri  constate  une  transaction  entre  Tabbaye  de 
Trois-Fontaines  et  Erard  de  Alneto. 
Original,  Arch.  de  la  Marne. 

243.  —  Troyes,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  {Trem, 
4475).  —  Henri  accorde  aux  religieuses  du  prieuré  d'Ulmoy 
droit  d'usage  dans  les  forêts  des  seigneuries  de  Vitry  et  de 
Larsicourt. 

Ed.  Pérard,  Rec.  des  pièces,  p.  248» 

244.  —  Troyes,  du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (Trecù, 
4475).  —  Henri  fait  un  traité  avec  Tabbaye  d'Oye  sur  le  ma- 
riage de  leurs  serfs  et  le  partage  des  enfants. 

Arch.  de  TAube,  Cart.  dVye,  fo  2  vo-3ro. 

245.  —  Vertus,  le  49  ou  le  26  avril  4  475,  peut-être  le  3 
avril  4476  {Virtuti,  4475,  mense  aprili,  die  sabbati).  — 
Henri  donne  au  maire  de  Tabbaye  d'Oye,  apud  Valle  Ju- 
sania,  les  privilèges  qu'a  le  maire  du  comte  à  Connantrel, 

Arch.  de  TAube,  Cart.  d'Oye,  fo  33  ro. 

246.  —  Du  43  avril  4475  au  3  avril  4  476  (4  475).  —  Henri 
donne  à  la  léproserie  de  Troyes  un  serf,  frère  du  curé  de 
Saint-Remy  de  Troyes,  et  qui  avait  épousé  une  serve  de  cet 
établissement. 

Ed.  Mém.  de  la  Soc.  d'agr,  de  l'Aube^  2e  série,  t.  1, 
p.  525-526. 

247.  —  Du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (4475).  —  Henri 
fait  avec  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes  un  échange  de 
sers*  es. 

Cart.  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte,  f»  43. 

248.  —  Du  43  avril  4475  au  3  avril  4476  (1475).  — Henri 
affranchit  Girard  de  Langres,  Humbert  Sagnerel  et  leurs  hé- 
ritiers de  toutes  tailles  et  exactions,  de  l'host  et  de  la  che- 
vauchée; décide  en  outre  qu'ils  ne  répondront  en  justice 
qu'en  présence  du  comte.  Eux  paieront  chacun  une  rente 
de  dix  sous  au  trésorier  de  Saint-Etienne  de  Troyes. 

Copie  du  xvie  siècle  sur  un  vidimus  du  xiv«,  Arch.  de 


—  370  — 

l'Aube,  P.  (Je  Saint-Etienne  de  Troyes.  —  Ed.  Grosley. 
Mém.  hist,  et  crit,  paur  VHist.  de  Troyes,  II,  457.  — El- 
irait, Bourquelot,  BibL  de  Véc,  des  Chartes,  \^  série,  1, 292, 
qui  cite  la  plupart  des  auteurs  où  cette  pièce  est  men- 
tionnée. Cf.  Vailet  de  Viriville,  Arch,  hist,^  p.  423. 

249.  —  4475  au  plus  tard.  —  Henri  donne  en  fief  à 
Ébrard,  son  fauconnier,  deux  muids  de  froment  et  deux 
muids  d'avoine  de  rente  à  prendre  sur  le  grenier  de  Rosoay. 

Une  copie  de  cette  pièce  m'a  été  communiquée  par  mon 
savant  confrère,  M.  Dclisle,  mais  j'en  ignore  la  provenance. 
Le  nom  du  chancelier  Guillaume,  qui  y  figure,  prouve 
qu'elle  ne  peut  être  postérieure  à  l'année  4475. 

249  bis.  —  4475  au  plus  tard.  —  Henri  autorise  les  lé- 
preux de  la  maladrerie  de  Troyes  à  faire  moudre  gratis  àses 
moulins  de  Saint-Julien,  près  Troyes,  quand  ils  ne  pourront 
moudre  à  leurs  moulins. 

Ed.  Mém.  de  la  Soc,  d'agr,  de  l'Aube,  2»  série,  t.  I. 
p.  523. 

Le  nom  du  chancelier  Guillaume  y  figure  comme  dans  la 
précédente. 

250.  —  Paris,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  (Par 
risiusy  4476).  —  Louis  VII  déclare  que,  pendant  chaque  va- 
cance de  l'archcvôché  de  Sens,  les  revenus  du  marché  de 
Brienon  appartiendront  au  comte  de  Champagne. 

Begistrum,  principum  III  (500  de  Colbert,  58),  f®  255 
vo-256  ro.  —  Ed.  Chantereau,  preuves,  p.  5. 

251.  —  Provins,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  {Pru- 
vini,  4476).  — Henri  autorise  l'archevêque  de  Sens  à  établir 
un  marché  à  Brienon.  Les  revenus  appartiendront  au  comte 
de  Champagne  pendant  la  vacance  de  l'archevêché. 

Ed.  Quantin,  Cart,  de  l'Yonne^  II,  283. 

252.  —  Palais  de  Provins,  du  4  avril  4476  au  23  avril 
4477  (Pruvini  in  palatio  m^o,  4476).  —  Henri  renouvelle 
les  privilèges  du  chapitre  Saint-Quiriace  de  Provins,  et  en 
ajoute  de  nouveaux. 


—  371  — 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  Caillot,  fo  467  ro-n3 
ro;  Ythier,  Supplément  à  Saint-QuiriacCy  7-45;  Arcliifes 
de  l'Empire,  K  492,  no  74.  —  Extrait,  ibid.,  Ythier,  Hist, 
eccL,  I,  442.  —  Analyse,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ,,  t.  435, 
p.  305.  —  Ed.  Gall.  Christ.,  XII,  instr.  53-55;  Bourque- 
lot,  Hist.  de  Provins,  II,  392-403.  —  Mention,  Ibid,,  I, 
430-434. 

253.  —  Provins,  du  4  avrU  4476  au  23  avril  4477  (Prw- 
vini,  4476).  —  Henri  reconnaît  devoir  à  Tabbaye  du  Reclus 
huit  muids  quatre  setiers  de  grain  de  rente,  jusqu'à  ce  qu'il 
leur  ait  acquis,  à  Nocroi,  la  terre  nécessaire  pour  une 
charrue. 

Original,  Archives  de  l'Empire,  J.  497,  n©  2.  —  Beg. 
princ.,  I  (500  de  Colbert,  56),  fo  420  ro. 

253  bis.  —  Provins,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477 
(Pruvini,  4476).  —  Henri  constate  que  Boson  de  Thil  et 
Ansculpe,.  frère  de  Boson,  ont  renoncé  à  différents  biens 
en  faveur  de  l'abbaye  de  Larivour,  moyennant  une  rente  de 
deux  muids  de  grain. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Même  dépôt,  Cart.  de  La- 
rivour, fo  82  ro  yo. 

254.  —  Provins,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  (Pru- 
vini, 4476).  -T-  Henri  constate  une  transaction  entre  le 
prieur  de  laCelle-sous-Chantemerle  et  Hugues,  chevalier,  fils 
de  mcssirc  Sarrasin,  au  sujet  de  la  justice  de  Marsangis. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inventaire  de  Montier-la-Celle, 
fo  48  v«. 

255.  —  Provins,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  (4476). 

—  Henri  constate  une  transaction  entre  Guillaume,  son  ma- 
réchal, l'abbaye  de  la  Pommeraie  et  d'autres  propriétaires, 
au  sujet  d'un  moulin  établi  par  Guillaume,  sur  la  Vousie. 

Mention  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  449. 

256.  —  Sézanne,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  (4476). 

—  Henri  donne  une  serve  et  ses  deux  enfants  à  l'abbaye  de 
Sâint-Remy  de  Reims.* 

Bibl.  de  Reims,  2«  Cart.  de  Saint-Remy,  fo  66  ro. 


-   372  — 

257.  —  Séianne,  du  4  avrU  4476  au  23  avril  4477  (aji. 
Sezannamy  4476).  —  Mari€  fait  un  échange  avec  l'abbaye 
de  Saint-Quipiace. 

Copie,  Arch.  de  l'Empire,  K  492,  no  72. 

257  bis.  —  Sézanne,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4177 
(Sézanne,  4476).  —  Henri  réduit  à  trente-quatre  le  nombre 
des  canonicats  érigés  jusque-lù  à  Saint-Nicolas  de  Sézanoe. 

Traduction,  Desguerrois,  Saindeté  chrestienne^  f»  865, 

258.  —  Troyes,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  <4476, 
Trecis).  —  Marie,  pour  compléter  la  prébende  de  Laurent, 
son  clerc  à  Saint-Quiriace,  lui  assigne  quarante  sous  de  rente 
à  Jouy. 

Original,  cabinet  de  M.  Micbelin. 

259.  —  Troyes,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4  477  {Trecû, 
4476).  —  Henri  ayant  acheté  à  Thibaut,  son  clerc,  la  terre  de 
Bonel  du  Plcssis  à  Troyes,  la  donne  aux  prôtres  chargés  de 
la  garde  du  trésor  de  Saint-Etienne  de  Troyes. 

Bibl.  Irap.,  P.  Bouhicr,  42  bis  (Cart,  de  SainUEtienne de 
Troyes)^  fo  Vvo. 

260.  —  Troyes,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4  477  {Trecis, 
4476).  —  Henri  accorde  divers  privilèges  à  Humbert  dcVil- 
lehardouin  et  à  Pierre  de  Verdun. 

Original,  Arch.  de  TAube,  Cart.  de  Saint-Loup^  appar- 
tenant à  M.  de  la  Porte,  fo  xui. 

261.  —  Troyes,  du  4  avril  4476  au  23  avril  4477  (Trecù. 
4476).  —  Henri  constate  que  l'abbaye  de  I.>arivour.a  vendu  à 
cplle  de  Vauluisant  pour  une  somme  de  650  marcs  d'argent 
deux  maisons  à  Sens. 

Ed.  Quantin,  Cart,  de  VYonne,  II,  288-289. 

262.  —  Du  4  avril  4  4  76  au  23  avril  4477(4476).  —  Henri 
constate  des  donations  faites  à  Tabbaye  de  Larîvour  par 
Hugues  le  Sec  de  Mnrcilly,  et  par  Guiard  de  Bernon. 

Arch.  de  l'Aube,  Cart,  de  Larivoiàr,  fo  il  f©  v». 


—  373  — 

263.  —  Du  4  avril  au  7  septembre  4476,  —  Guillaume, 
archevêque  de  Sens,  donne  à  l'abbaye  de  Sainte-Colombe  les 
novales  de  Villeneuve-le-Comtc,  que  lui  avait  cédées  le 
comte  Henri,  son  frère. 

Mention  Gall.  Christ.,  XII,  52  A. 

264.  —  Paris,  du  24 avril  4477  au  8  avril  4478  {Parisius, 
4477).  —  Louis  VII  fait  savoir  qu'AnseaudeTraînel  tient  du 
roi  la  moitié  de  la  forteresse  de  Villcneuve-sur-Vanne  (Ville- 
neuve-rArchcvêque),  et  tient  d'Henri  l'autre  moitié. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  J  493,  n*»  4.  —  Reg,  Prin- 
etp.  III  (500  de  Colbert,  58,),  fo  256  r*»  vo.  —  Ed.  Chante- 
reau,  pr.  p.  5;  Quantin,  Cart.  de  VTonne,  II,  292. 

265.  —  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  (Pru- 
viniy  4477).  —  Henri  fait  savoir  au  chapitre  de  Saint-Martin 
de  Tours  que  Geofroi  de  Boy,  Engenoul  et  Etienne,  frères  de 
Geofroi,  ont  renoncé  à  toute  prétention  sur  la  mairie  de  Mon- 
tois. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Baluze,  t.  77,  ^  236  r«  vo. 

266.  —  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  (/Vm- 
vini^  4477).  —  Henri  fait  connaître  les  privilèges  des  habi- 
tants de  la  terre  de  l'église  Notre-Dame  d'Oulchy. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  P.  d'Oulchy. 

267.  —  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  {Pru- 
viniy  4477).  —  Henri  acquiert  par  échange  la  part  de  Robert 
de  Mintoi  dans  le  marché  et  le  péage  de  Méry;  il  cède  en 
contre-échange  ce  qu'il  avait  à  Cortmon. 

Reg.  Prineip.  I  (500  de  Colbert,  56),  420  vo.424  r«. 

268.  —  Provins,  du  24  avrU  4477  au  8  avril  4478  (Pru- 
vini,  4477).  —  Henri  donne  à  Jean  Breban,  son  sergent,  di- 
vers biens  à  Provins  et  aux  environs. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.—-  Mention Opoix,  Uist. 
de  Provins,  2«  édition,  p.  464. 

269.  ■—  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  {Pru- 
viniy  4477).  —  Henri  exempte  la  maison-Dieu  de  Provins  de 
toute  coutume  et^e  toute  taille. 


—  374  — 

Archives  hosp.  de  Provins,  4«-  Cart.  de  l'Hâtel-Dieu, 
P>  II  ro. 

270.  —  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  1478  {Pnh 
viniy  4477).  —  Henri  constate  une  transaction  entre  l'abbaye 
de  Chemlnon  et  les  hommes  de  Maurupt. 

Original,  Arch.  de  la  Marne. 

271.  —  Provins,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  {Pnh 
viniy  4477).  —  Henri  rappelle  qu'il  a  fondé  l'abbaye  delà 
Charmoie,  et  lui  donne  divers  biens. 

Copie  du  xvie  siècle,  Arch.  de  la  Marne,  F.  de  la  Charmoie. 
—  Ed.  Gall.  Christ,,  X,  instr,  474-475. 

271  his.  —  Provins,  du  27  avril  4177  au  8  avril  4478 
{Pruvini,  4477).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  d'Huiron  un 
serf,  la  femme  de  ce  serf  et  leurs  enfants. 

Ed.  E.  de  Barthélémy,  Dioc,  de  Châlons,  I,  359. 

272.  —  Sézanne,  du  24  avril  \  177  au  8  avril  1178  {ap.  Se- 
zanniam,  4477).  — Henri  constate  une  transaction  entre 
l'abbaye  de  Chemînon  et  les  hommes  de  Maurupt  (voir  plus 
haut  no  270). 

Original,  Archives  de  la  Marne. 

273.  ~  Sézanne,  du  24  avril  4-477  au  8  avril  4478  (ap. 
Sezanniam,  4477).  —  Henri  confirme  les  donations  faites 
par  les  seigneurs  de  la  Pcrté-Gaucher  à  l'hôpital  de  ce  lieu. 
Cet  hôpital  dépendait  de  l'abbaye  de  Molesme. 

Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2*  Cart.  de  Molesme,  fo  404  r©.  — 
Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  Végl,  de  Meaux^  pr.  p.  63-64. 

274.  —  Troyes,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  (Trecis, 
4477).  —  Henri  et  l'abbé  de  Montiéramey  fondent  une  ville 
neuve  à  Chaource. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5433  (Cart,  de  Montiéramey),  p.  304*303. 

275.  —  Troyes,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  (TrecU, 
4477).  —  Henri  confirme  l'acquisition  du  village  de  Villia- 
cum,  acheté  de  l'abbaye  de  Molesme  par  celle  de  Longuay. 

Arch.  de  la  Haute-Marne,  Cart,  de  Longuny. 


—  375  — 

277.  —  Troyes,  du  24  avril  ^477  au  8  avril  U7S  (Trecis, 
WTJ),  —  Henri  et  les  autres  seigneurs  de  Méry  donnent  au 
prieuré  de  Méry  la  foire  qui  a  lieu  tous  les  ans  le  jour  de 
TAssomption,  ou,  s'il  n'y  a  pas  de  foire  le  jour  de  TAssorap- 
lion,  la  foire  immédiatement  précédente. 

Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2e  Cart,  de  Molesme^  fo  94  r©  et  vo. 

278.  —  Chambre  à  coucher  du  comte  Henri  à  Troyes,  du 
24  avril  4477  au  8  avril  4478  {In  thalamo  comitis  Henrici 
apud  Trecas,  Ull).  —  Geofroi  de  Manchon  avait  prêté  à 
Henri  cent  livres  moyennant  un  gage  immobilier.  Il  cède  ce 
gage  aux  Templiers. 

Cart.  de  la  comtesse  Blanche^  Bibl.  Imp.,  lat.  5993  fo  xn 
ro;  Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992;  Bibl.  de 
Troyes,  ms.  22,  p.  94,  403.  -—  Ed.  Chantereau,  pr.  p.  6. 

279.  —  Vertus,  du  24  avril  4477  au  8  avril  4478  (4477, 
Virtuti),  —  Henri  fait  transiger  le  chapitre  de  la  cathédrale 
de  Meaux  et  le  prieuré  de  Collinances  au  sujet  d'un  four 
donné  au  prieuré  par  la  vicomtesse  de  Meaux. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart.  de  V église  de  Meaux ^  I,  457-458; 
II,  44  ;  III,  8.  —  Extrait,  du  Plessis,  Hist.  de  l'église  de 
Meaux f  II,  63. 

280.  —  (4477).  —  Bulle  du  pape  Alexandre  III,  qui  rap- 
pelle la  fondation  de  l'hôpital  Saint-Esprit  de  Provins  par 
Henri. 

Mention  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  423;  Opoix, 
Hist.  de  Provins,  2*  édition,  p.  464. 

281.  —  Château-Thierry,  du  9  avril  4478  au  34  mars 
4479  (4478,  ap.  Castrum  Theodorid).  —  Henri,  croisé,  étant 
allé  visiter  Prémontré ,  approuve  comme  suzerain  les  acqui- 
sitions présentes  et  à  venir  de  cette  abbaye. 

Vidimus  de  4245,  Bibl.  Imp.,  titres  de  Prémontré. 

282.  —  Nogent- l'Artaud,  du  9  avril  4478  au  34  mars 
4  479  (Nogentum,  4478).  —  Henri  donne,  4»  à  labbayc  de 
Val-Chrétien,  droit  d'usage  au  Buisson-du-Roy  ;  2o  aux  re- 


—  376  — 

ligieuses  de  Sainte-Croix,  au-deMus  de  Dannans,  droR  d'u- 
sage dans  le  bois  dit  Watsseium. 

Ed.  Ann.  Prœmonstr,^  t.  Il,  p.  dcxxx.  —  Mention  Coït. 
Christ.,  VII,  939  E. 

283.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479  (Prv- 
vini,  4478).  —  Henri  confirme  le  prieuré  de  Gourtevroiut 
dans  la  possession  du  droit  de  pèche  donné  à  ee  prieuré  par 
la  comtesse  Adèle. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5444,  p.  234-235. 

284.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479  fPr«- 
vini,  4479).  —  Henri  confirme  le  prieuré  de  Saint-Ayoul 
dans  la  possession  du  terrain  où  ce  prieuré  est  établi. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Celley^ 491^. 

285.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479 (Pr»- 
vmt,  4478).  —  Henri  donne  à  Habran  de  Provins,  son  cham- 
brier,  des  étaux  où  Ton  vend  les  fruits  à  Provins. 

Arch.  de  l'Empire,  S  5462,  n«  25  {Carf.  de  la  comtnande- 
rie  de  la  Croix-en-Brie)  ^  p.  27.  —  Mention  Bonrquelot,  BiU, 
de  l'éc,  des  Chartes,  4e  série,  t.  IV,  p.  474. 

286.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479  f/Vi- 
vint,  4478).  —  Henri  déclare  que  Raoul  de  Comhellis^  ayant 
vendu  un  serf  cinquante  livres,  sera  obligé  d'employer  ces 
cinquante  livres  en  un  fief  mouvant  du  comte. 

Reg,  Princip.,  I  (500  de  Colbert,  56),  ^  424  ro  vo. 

287.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  44T9  (Pfih 
vini,  4478).  —  Henri  confirme  aux  hommes  du  chapitre  de 
Meaux  leur  droit  d'usage  dans  la  forêt  de  Mant. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart,  de  l'église  de  Meaux.  -II,  44  ;  III,  7. 
Le  m^me  cartufeire  contient  deux  copies  d'une  confirmatioD 
de  la  comtesse  Marie.  L'une  de  ces  copies  est  datée  de  4479 
(II,  44),  l'autre  de  4490  (III,  45-46). 

288.  —  Provins,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479  (4478, 
Pmvini).  —  Henri  fait  un  échange  avec  le  prieuré  de  Saint- 
Loup-de-Naud. 


—  377  — 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  fo  205.  —  Ed. 
Bibl,  de  l'éc.  des  Chartes^  ire  série,  t.  II,  p.  264. 

289.  —  Provins,  du  9  avril  ^ns  au  3^  mars  U79  (Pru- 
vini,  \M%),  —  Henri  donne  divers  privilèges  aux  hommes 
des  Frères  bo^pitaiiers  de  Saint- Jean-de^Jérusalem. 

dopie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  fr  237  ro  ;  Ythier, 
Hist,  eed,,  VII,  263. — Analyse,  Bibl.  Imp.,Co//.  de  Champ,, 
t.  435,  p.  262.  —  Cette  pièce  est  la  même  que  celle  qui  est 
datée  de  4n9  dans  le  Cart.  de  Provins  (Bibl.  de  Provins), 
f»  cxGYii  ro  (voir  plus  bas  np  304). 

290.  —  Troyes,  du  9  avril  4478  au  34  mars  4479  {Trecis, 
4478).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Montier-la-Celle  les 
menues  dîmes  de  Sainte-Savine  et  de  la  Rivière-de-Corps. 

Copie,  Arch.  de  TAube,  F.  de  Montier-Ia-Celle ,  pièce 
cotée  Sainte-Savine,  n©  3;  Inventaire  de  Montier-lorCelle, 

291.  —  Troyes,  du  9  avril  4478  au  34  raars4479(rrec«, 
4478).  —  Henri  donne  à  Tabbayc  de  Montier-la-Celle  et  au 
prieuré  de  Saint-Flavit  de  Villemaur  une  partie  de  ce  qu'il 
avait  en  commun  avec  eux  à  Surançon. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv,  de  Montier-Ia-Celle^  fo48v<>. 

292.  —  Troyes,  du  9  avril  4478  -au  34  mars  4479  (Trecis, 
-1478).  —  Henri,  devant  au  prieuré  de  Saint-Jean-en-Chàtel 
quinze  sous  de  cens  pour  l'entretien  du  luminaire  devant 
l'autel  Saint-Biaise,  donne  à  ce  prieuré  la  liberté  de  la  ruelle 
Hardouin  et  d'autres  biens,  notamment  les  revenus  que  feu 
maître  JNicolas  avait  à  Bar-sur-Aube. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5432,  Cart,  de  Montiéramey,  fo  92  ro  vo, 
444  vo-442  ro,  443  vo.  ^  Copie,  ColL  de  Champ.,  t.  436, 
p.  498. 

293.  —  Troyes*  du  9  avril  4478  au  34  mars4479(rftfm, 
4478).  —  Henri  donne  un  serf  à  l'église  de  Chûlons. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5244  A  (Cart.  de  Vévêché  de  Châlons), 
fo  80  vo  84  ro. 


—  378  — 

294.  —  Du  9  avril  4478  au  3^  mars  4479  (4478).  — Henii 
donne  et  confirme  divers  biens  à  l'abbaye  d'Igny. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  79  (Cart.  d'Igny),  fo  437  vo. 

295.  —  Provins,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480(fti- 
vini,  4479).  —  Henri  renouvelle  les  donations  qu'il  a  faites, 
les  privilèges  qu'il  a  accordés  au  chapitre  Saint-Nloolas  de 
Sézanne,  et  confirme  les  acquisitions  que  ce  chapitre  a  faites 
de  diverses  personnes. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ,,  t.  436,  p.  453-456. 
—  Extrait,  Carauzat,  Auctarium^fo  35  vo-36  v<*.  — Analyse, 
Desguerrois,  Saincteté  chrestienne,  fo  305  v©. 

296.  —  Provins,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480(Pr»- 
vini,  4479).  —  Henri  donne  à  l'abbaye  Saint-Martin  d'Èper- 
nay  l'hôpital  du  lieu. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll,  de  Champ.,  t.  435,  p.  290  ;  t  436, 
p.  400. 

297.  —  Provins,  du  4«r  avril  4479  au49  avril  4480(4479, 
Pruvini).  —  Henri  donne  à  Marquise,  parente  de  la  com- 
tesse, dix  livres  de  rente  assises  sur  des  malsons  à  Troyes. 
Après  la  mort  de  Marquise  cette  rente  appartiendra  au  prieuré 
de  Poicy. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  P.  de  Poicy. 

298.  —  Provins,  du  4  «r  avril  4479  au  49  avril  4480(PrtH 
viniy  4479).  —  Henri  fait  savoir  que  Raoul  etGaudier* 
Comhellis  doivent  employer  l'un  quatre-vingt  livres,  Taulre 
cinquante  en  fiefs  tenus  de  lui  (voir  plus  haut,'n«  286). 

Cart,  de  la  comtesse  Blanche  (Bibl.  Irap.,  lat.  5993), 
^  XIII  ro-XIIII  ro. 

299.  —  Provins,  du  4er avril  4479  au  49  avril  4480f4479, 
Pruvini),  —  Henri  constate  qu'après  avoir  plaidé  dans  sa 
cour,  Gillebert  de  Naud  a  renoncé  à  un  droit  de  justice  qu'il 
réclamait  sur  un  terrain  et  sur  un  moulin  achetés  par  Milon 
de  Provins. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin. 

300.  — •  Provins,  du  4«  avril  4  4  79  au  4  9  avril  4480  (/Vv- 


—  379  — 

vini,  U79).  —  Henri  confirme  une  donation  à  l'abbaye  de 
Saint-Nicaise  de  Reims. 

Bibl.  de  Reims,  Cart.  de  Saint-Nicaise ^  fo  43  v©. 

I 

301.  —  Provins,  du  4er  avril  4479  au  49  avriH480  (Prw- 
viwi,  4479).  —  Henri  accorde  divers  privilèges  aux  hommes 
des  frères  hospitaliers  de  Saint-Jean-de-Jérusalem. 

Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  la  ville,  foCXCVIIro  (voir  plus 
haut  no  289). 

302.  —  Provins,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480  {Pru- 
vini,  4479).  —  Henri  dote  les  chanoines  de  la  chapelle  Notre- 
Dame  du  château  de  Provins. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de  Caillot,  fo  83  vo;  Bibl. 
Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  260-264  ;  t.  436,  p.  447  ; 
Arch.  de  l'Empire,  K  492,  n^  38.  —  Ed.  Gall.  Christ.,  XII, 
instr.,  S6  B.  —  M.  Bourquelot,  Hist.  de  Provins^  I,  444, 
établit  que  ce  chapitre  existait  déjà  en  4478. 

303.  —  Provins  et  Nazareth,  du  4 «'avril  4479  au  49  avril 
4480  {Actum  Pruvini,  data  Nazareth,  4479).  —  Henri  con- 
firme à  THôtel-Dieu  de  Provins,  dix  livres  de  rente  données 
par  Guillaume,  archevêque  de  Reims,  sur  le  tonlieu  de  Pro- 
vins; il  ajoute  cinq  sous  de  rente  sur  une  table  de  changeur 
aux  foires  de  mai. 

Arch.  hospital.  de  Provins,  4e»'  Cart.  de  VHôtel-Dieu, 
fo  m  ro. 

304.  —  Troyes,  du  4»'  avril  4479  au  49  avril  4480  (Tre- 
cis,  4479).  —  Henri  institue  une  commune  à  Mcaux. 

Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992;  Bibl.  de 
Troyes,  ms.  22,  p.  464-463.  —  Ed.  Chantereau,  pr.  6-8, 
272-274;  Brussel,  p.  483,  note;  du  Plessis,  iïw^  de  régi, 
de  Meaux,  II,  655-658. 

305.  —  Troyes,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480  (Tre- 
eis,  4479).  —  Henri  donne  en  usufruit  à  Amaury,  son  clerc, 
en  nue  propriété  au  chapitre  Saint-Laurent  de  Joinville,  une 
rente  de  cinq  muids  de  grain  et  de  vingt  sous  sur  le  terrage 
du  village  deVoillecomte. 


Kt 


1  • .  • 
Gopiç,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champagne^  t.  43^,  p.  247. 

306.  —  Troyes,  du  4e«-  avril  4 479  au  49  avril  4480  {Tre- 
cis,  4479).  —  Henri  est  associé,  par  Tabbé  et  le  couvent  de 
Saint-Sauveur  de  Vertus,  à  la  propriété  de  leur  moulin  à 
drap  de  Bierges. 

Ed.  GalL  Christ.,  X,  instr,  475  B;  Ed.  de  Barthélémy, 
Diocèse  ancien  de  Châlons-sur-Mame,  I,  356.  ^  Mention, 
GalL  Christ,,  IX\  939  E. 

307.  —  Troyes,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480  (7V^ 
ciSy  4479).  —  Henri  approuve  la  donation  d'une  partie  du 
toiïlieu  des  futaines  aux  foires  de  Bar,  faite  par  Pierre  de 
Langres  à  la  maison-Dieu  de  Bar-sur-Aube,  et  donne  à  dette 
rôàison-Dieù  ce  qu'il  avait  lui-même  dans  ce  tonlieu. 

Original,  Arch.  de  Tliosp.  de  Bar-sur-Aubè.  —  Ed.  Cheva-- 
lier,  Hist,  de  Bar-^sur-Aube,  i^.  304. 

• 

308.  —  Troyes,  du  4«r  awil  4479  au  49  ftvril  44»(à  (Jw- 
ciSy  4479).  —  Henri  constate  la  donation  par  GeofroideVeD- 
dcuvre  et  plusieurs  autres  à  l'abbaye  de  Larivour  d'un  droit 
d'usage  dans  la  forêt  de  Vendeuvre  qu'on  appelle  Derf. 

Original ,  Archives  de  l'Aube  ;  ibid,  Gart.  de  Larivtmr, 
fo  28-29. 

309.'  —  Troyes,  du  4  «r  avril  4  4  79  au  4  9  evril  4  4  80  llmis, 
447P).  —  H^ori  donne  à  lamaladrerie  d^  Tipjes  la  diine  des 
bains  de  la  ville,  une  mesure  de  sel  sans  redevance  dans  ^ 
saunerie,  le  quart  des  rognures  de  la  monnaie^  etc.  ^ 

Ed.  Mém,  de  la  <Soq.  d'agr.  de  l'Aulne,  ^  série,  1, 526.      J 

3^0.  —  Troyes,  du  4  «r  avril  4  4  7?  au  4 9  avril  4  4  80  {Trecit,  I 
4479).  —  Henri  confirme  les  acquisitions  &ite§dans  ses  fiefii  I 
et  dans  ses  domaines  par  l'abbaye  4'Igny-  \ 

Bibl.  Imp.,  Cart.  79  (Cart,  d'Igny),  fo  436  vo.  ;' 

311.  —  Troyes,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480  (li-e- 
cis,  4479).  —  Heqri  constate  un  arrangement  entre  les  cha- 
noines de  sa  chapelle  h  Provins,  et  l'abbaye  de  Saint-Jac- 
ques de  Vertus. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  CaUlot,  C®  80  ro  >•?. 


—  3ÔÎ  — 

312.  —  Châtillon-sur-Seine,  du  \^r  avril  4^9 au  49  avril 
4480  {ap.  Castellionem  super  Secanam,  4479).  -r-  Henri  fait 
savoir  que  lui  et  Thibaut  de  Puligny  ont  donné  à  la  maison- 
Dieu  de  Bar-sui^Aube  le  terrain  nécessaire  poui*  une  éhar- 
ruc,  etc. 

Original,  Arch.  de  Thospice  de  Bar-sur- Aube.  —  Ed.  Che- 
valier, Hist.  de  Bar-sur-Aube,  p.  309-304. 

313.  —  Dijon,  du  4er avril  4479  au 49 avriUlso {Diviàni, 
4479.  —  Henri,  partant  pour  Jérusalem,  est  acciicilli  à  l'afi- 
baye  de  Saint-Benigne  de  Dijon  ;  les  moines  le  rendent  par- 
ticipant de  leulrs  bonnes  œuvres  :  il  prend  soiis  sa  gairde  le 
prieuré  de  Bétignicourt. 

Ed.  Pérard,  Recueil  de  pièces^  p.  254  ;  Martëne,  Anecd.  I, 
594-592;  Brussel,  p.  778,  note. 
» 

314.  —  Jérusalem,  du  4er  avril  4479  au  49  avril  4480 
{Uierusalemy  4479).  —  Henri  ayant  été  visiter  Péglise  d'Hé- 
bron  donne  à  cette  église  soixante  livres  de  rente  et  une 
maison  à  Troyes. 

Copie,  Arch.  de  TAube,  P.  de  Saint- Abraham.  —  Ed. 
Mém.  de  la  Soc.  d'agr,  de  l'Aube,  2«  série,  t.  VIII,  p.  400- 
4  40.  —  Mention  Grosley,  Mém.  Hist.,  II,  232". 

315.  —  Sébaste,  autrefois  Samarié,  du  4^  aVril  4479  au 
49  avril  4480  (m  urbe  Sebastièhsi,  4479).  —  Henri  ayant 
donné  dix  livres  de  rente  à  l'église  Saint-Jean-Baptiste  de 
Sébaste,  les  asseoit  sur  les  foires  de  mai  de  Provins. 

r  '    Ed.  Morin,  Hûloiré  du  Gdtinais,  344. 

316.  —  Du  4feî  avril  4479  au  49  avril  4480  (4479).  — 
^  Henri  donne  àii  chapitre  de  Saint-Etienne  de  Troyes  le  ton- 
^    lieu  des  merciers  de  Limoges  à  la  foire  de  Saint-Jean  de 

Troyes,  en  échange  dé  celui  des  mêmes  marchands  à  Pro- 
-    vins. 

'  Bibl.  Imp.^  F.  Bouhier,  42  bis  {Cart,  de  Saint-Etienne 
^    de  Troyes),  f>  V  vo.  ■> 

317.  —  Du  4w  avril  4479  au  49  avril  4480  (4479).  — 


*r 


—  382  —  « 

Henri  restitue  à  Tabbaye  de  Ghemînon  des  terres  données 
par  le  comte  Hugues. 
Mention  Pithou,  Coût,  de  Troyes^  éd.  de  4628,  p.  785. 

318.  —  Du  4er  avrU  ii79  au  49  avril  4480  (4479).- 
Henri  fait  des  donations  à  Tabbaye  de  Scellières,  en  approuve 
d'autres. 

Traduction,  Desguerrois,  Saincteté  chrestienne,  fo  306  p. 

319.  —  Troyes,  du  40  au  46  mars  4484  (Trecis,  4480). 

—  Henri,  atteint  d'une  maladie  grave,  prend  pour  lui  et  ses 
successeurs  l'engagement  de  ne  jamais  lever  plus  de  deux 
cents  livres  sur  les  hommes  de  l'évôché  pendant  la  vacance 
du  siège. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Ed.  Camuzat,  Promptua- 
vium,  fo  476-477.  —  Traduction,  Desguerrois,  Saincteté 
ckrestienne,  fo  307  r»  vo.  I 

320.  —  Troyes,  du  40  au  47  mars  4484  (4480,  Trecù). 

—  Marie  déclare  la  même  chose  que  son  époux  dans  la  charte 
précédente. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

321.  —  Sans  date.  —  Henri  donne  à  la  léproserie  de 
Troyes  la  liberté  du  four  qui  est  au-delà  delà  porte  deCroo- 
cels,  et  accorde  divers  privilèges  aux  fourniers. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  f>  de  Saint-Lazare  de  Troyeg. 

—  Ed.  Mém,  de  la  Soc,  d'agr,  de  l'Aube,  2«  série,  I,  522- 
523. 

I 

322.  —  Au  plus  tard  le  47  mars  4484.  —  Henri  donne  à 
l'église  Saint-Etienne  de  Troyes  deux  serfs  et  une  serve  de 
Pont-sur-Seine,  et  les  aubains  du  môme  lieu  qui,  dans  l'an 
et  jour  de  leur  arrivée,  déclareront  leur  volonté  d'être  hom-  i 
mes  du  chapitre. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  ^2  bis  (Cart.  de  Saint^Etienne  de 
Troyes),  f»  VI  ro. 


%  % 


■^^ 


—  383 


DEUXIÈME  PARTIE. 

CAtelogne  des  metem  de  la  eomieflfle  Marie  pendant 

sa  première  régenee. 

1181-1186. 

324.  —  Provins,  du  5  avril  \\S\  au  27  mars  4482  (Pru- 
viniy  4484).  —  Marie  constate  une  transaction. 

Original,  collection  de  M.  Michelin. 

325.  —  Troyes,  du  5  avril  4484  au  27  mars  4482  (4484, 
Trecis).  —  Marie  rend  un  jugement  entre  les  églises  Saint- 
Loup  et  Saint-Etienne  de  Troyes. 

^      Bibl.  Imp.,  P.  Bouhier,  42  bis  (Cart.  de  SainUEtienne), 
•  fo  XXVI  ro. 

326.  —  Troyes,  du  28  mars  4482  au  46  avril  4483  {tre- 
eis,  4482).  —  Marie,  en  exécution  du  vœu  de  son  mari  à 
saint  Mammès ,  asseoit  30  livres  de  rente  au  chapitre  de  la 
cathédrale  de  Langres,  sur  la  rente  de  300  livres  que  les 
hommes  de  Bar  paient  chaque  année  à  la  Saint-Rem  y. 

Arch.  de  la  Haute-Marne,  Cart.  du  chapitre  de  Langres^ 
fo  46  vo  47  r<*.  —  Martène,  Anecdot.,  I,  649,  a  publié  une 
charie  de  Guillaume  de  Champagne,  archevêque  de  Reims, 
concernant  le  même  sujet. 

327.  —  Troyes,  du  28  mars  4482  au  46  avril  4483  {Tre- 
cis, 4483).  —  Marie  constate  des  donations  faites  à  Tabbaye 
de  Saint-Loup,  par  Jacques  Roncevel. 

'       Original,  Arch.  de  TAube,  P.  de  Saint-Loup.  —  Cart.  de 
Saint'Loup^  appartenant  à  M.  de  la  Porte,  fo  44. 

328.  —  Bar-sur-Aube ,  du  28  mars  4482,  au  46  avril 
4483  (4482).  —  Marie  s'engage  envers  Tabbaye  de  Saint- 
Remy  de  Reims  à  ne  pas  aliéner  Tavouerie  de  Gondes  et  de 
Darmannes. 

Bibl.  de  Reims,  3e  Cart,  de  Saint-Remy,  f>  XXI  ro. 

329.  —  Provins,  du 47 avril 4483 au 34  mars 4484  (4483). 


•1 


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_  3M  _  • 

—  Marie  approuve  la  décision  du  chapitre  de  Saint-Quiriace, 
qui  donne  une  prébende  à  THôtel-Dieu  de  Provins. 

Archives  hospitalières  de  Provins,  \^  Cart,,  f»  VII  y»; 
2c  Cart.,  fo  XVII  vo.  —  Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythier, 
Uist,  eccL,  VI,  48.  —  Mention,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Cham- 
pagne, t.  435,  p.  274. 

330.  —  Du  n  avril  4483  au  34  mars  4484  (4483).— Ma- 
rie fait  un  échange  de  serfs  avec  l'abbaye  de  Saint-Loup. 

Cart.  de  Saint  -  Loup  ^  appartenant  à  M.  de  la  Porte, 

f»  XLIU. 

331.  —  Du  47  avril  4483  au  34  mars  4484  (4483).  — Ma- 
vm  constate  que  Milon  de  Nogent-sup-Seine  s'est  désisté  de 
ses  prétentions  sur  des  biens  situés  à  Bernières ,  près  de 
Nogent,  et  acquis  par  l'abbaye  de  Vauluisant. 

Bibl.  Imp.,  Cart.  452  (Cart.  de  Vauluisant)^  fo  402  r». 

332.  —  Meaux,  du  !«  avril  1184  au  20  avril'  1185  (1184, 
Meldis).  —  Marie  constate  que  Tabbaye  de  Saint-Faroaa 
donné  à  Robert  de  Milly  tout  ce  qu'elle  possédait  apud 
Buissiacum. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  l'église  de  Meaux,  II,  71. 

333.  —  Meaux,  du  Iw  avril  1184  au  20  avril  1185  (*W- 
diSy  1184).  —  Marie  remet  aux  religieuses  de  Fontaine  son 
droit  de  vinage  sur  leurs  vignes. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  V église  de  MeauSy  II,  71-71 

334.  —  Provins,  du  1er  avril  1184  au  20  avril  118f5  (Pr^ 
vini,  1184).  —  Marie  constate  une  transaction  entre  lé  ùOf 
pitre  de  Saint-Quiriace  et  les  héritiers  de  Mathieu,  évéquede 
Troyes,  doyen  du  chapitre. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Ed.  GalL  Christ. ,  XII, 
Instr.  275  E. 

335.  —  Troyes,  du  !«  avril  1184  au  20  avril  1185  (Tn- 
ois,  1184).  —  Marie  déclare  qu'elle  et  son  fils  Henri  ont 
donne  aux  lépreux  de  Troyes  un  jour  de. foire  auf  Deux- 
Eaux,  le  premier  mai  de  chaque  année. 


■4 


■   ■  t 

Ed.  Méfn.  de  la  Soc.  d'agr.  de  V Aube,  2«  série,  I,  530-531. 

336.  —  Troyes,  du  Ur  avril  1184  au  20  avril  1185  {Trê- 
m,  il 84)»  — ^  îflaric  déclare  que  son  fllsrHenri.a  donné  à  la 
léproserie  des  Deux-Eaux  Giroard  le  Tanneur. 

Ed.  Mém.  delaSoc,  d'agriculture  de  /'i4tt6e?,2« série, 1, 535. 

337.  —  Troyes,  du  1er  avril  1184  au  20  aVrU  1185  (1184, 
Trecis).  -^  Marie  déclare  qu'un  procès  entre  l'abbaye  de 
Saint-Loup  et  Robert,  maire  d'Isle,  s'est  terininé  dans  sa 
cour. 

Original,  Arch.  de  l'Aube;  Cart,  de  SainULoup,  fo  xuiii. 

338.  —  Du  1er  avril  1184  au  20  avril  1185  (1184).  — 
Marie  déclare  qu'elle  et  son  fils  Henri  ont  donné  à  l'abbaye 
de  Saint-Loup  de  Troyes  un  serf  en  échange  d'une  serve. 

Cart,  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte. 

339.  —  Sczanne,  du  21  avril  1185  au  12  avril  1186  (1185, 
Sezanie).  —  Marie  déclare  que  bieç^  qu'elle  ait  couché  une 
nuit  au  prieuré  de  Reuil  elle  n'y  a  aucun  droit  de  gîte  ;  elle 
donne  aux  moines  un  calice. 

Mention  et  extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champagne,t  135, 
p.  308. 

340.  —  Troyes,  du  21  avril  1185  au  12  avril  1186  {Tre- 
ciSj  1185).  —  Marie  déclare  que  Gautier  de  Benna,  ayant 
reçu  six  livres  de  la  léproserie  des  Deux-Eaux  de  Troyes, 
abandonne  ses  prétentions  sur  la  terre  de  Moirey. 

Ed.  Mém.  de  la  Soc.  d*agr.  de  VAube,  2e  série,  I,  531. 

341.  —  Troyes,  du  21  avril  1185  au  12  avril  1186(1185, 
s  Trecis).  —  Marie  donne  h  l'Hôlel-Dieu  de  Provins  la  jouls- 
'     sanee  pendant  un  an  des  prébendes  des  chanoines  de  sa 

.  ,chapelle  d.e  Provins,  décédé^. 

Arch.  hosp.  de  Provins,  1er  Cart.  de  VHôtel^Dieu^  fo  XI  r». 
» 

342.  --  Troyes,  da  21  avril  1185  au  12  avril  1186  (1185, 
Trecis).  —  Marie  et  Henri  sôti  fils  constatent  qu'Aitard  de 
AlnetOy  mattk^l'de  Qhampagtlè,  étasVmôrt  cxcotiifiiunié, 


• 


• 


:^: 


—  386 


sa  femme  et  ses  frères,  réparant  ses  torts,  ont  abandonné  à 
l'église  de.Ghâlons-stir-Mame  des  biens  situés  à  Saint- 
Amand. 

Bibl.  Imp.,  lat.  5211  A  {Cart.  de  Vévêehé  de  Chdlmi\, 
fogOvo. 

343.  —  Chftteau-Thierry,  du  13  avril  1186  au  28  mars 
^1187  (1186,  ap,  Castrum  Theodorici).  —  Marie,  du  consen- 
tement d'Henri,  son  fils,  donne  quinze  livres  de  rente  à  la 
cathédrale  de  Paris  où  son  frère  Geofroi  est  enterré. 

Ed.  Guérard,  Cart,  de  N.-D.  de  Paris,  I,  296-297. 

344.  —  Troyes,  du  13  avril  1186  au  28  mars  1187  {Tre- 
ois  y  1186).  —  Marie,  avec  le  consentement  du  chapitre  de 
Saint-Etienne  de  Troyes,  donne  à  la  léproserie  des  Denx- 
Eaux  une  prébende  de  ce  chapitre. 

Ed.  Mém,  de  la  Soc.  d'offr,  de  l'Aube,  2e  série,  I,  532. 

345.  —  Troyes,  du  13  avril  11,86  au  18  mars  1187  (Tre- 
cis,  1180).  —  Marie  déclare  que  le  chapitredc  Saint-Etienûe 
de  Troyes  ayant  consenti  au  don  de  deux  prébendes  à  la  lé- 
proserie, elle  ne  disposera  d'aucune  nouvelle  prébende  en 
faveur  d'une  église,  sauf  la  prébende  de  Pierre,  son  chape- 
lain, chanoine  d'Hébron,  laquelle  doit  appartenir  au  cha- 
pitre d'Hébron  après  le  décès  de  Pierre. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  12  bis  {Cart.  de  Saint-Etienne  de 
Troyes,  fo  XXVII  ro. 

346.  —  Troyes,  du  13  avril  1186  au  28  mars  1187(1186, 
Trecis),  —  Marie  confirme  la  donation  d'une  rente  de  vin, 
d'argent  et  d'avoine  faite  par  Henri,  son  époux,  aux  gardiens 
du  trésor  de  Saint-Etienne.  Henri,  son  fils,  confirmera  aussi 
cette  donation  quand  il  aura  un  sceau. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  12  bis  {Cart,  de  Saint-Etienne  de 
Troyes),  fo  XXVI  ro. 

347.  —  Troyes,  du  13  avril  1186  au  28  mars  1187  {Tre- 
cis^ 1186).  —  Marie  constate  une  transaction  entre  la  lépro- 
serie de  Troyes  et  les  fils  de  Lambert  dlsle. 

Ed.  Mém,  de  la  Société  d'agr,  de  l'Aube,  2e  série,  II,  532. 


c/ 


_  387  — 

348.  —  Troyes,  du  13  avril  118C  au  28  mars  1187  {Tre- 
ciSy  1186).  —  Marie  et  Henri,  son  fils,  constatent  que  Milon 
de  Provins,  leur  chambrier,  a  fondé  Tanniversaire  de  son 
père,  de  sa  mère,  de  son  frère  et  le  sien  à  l'église  Saint-Ni- 
colas de  Sézanne. 

Original,  Archives  de  la  Marne.  —  Analyse,  Desguerrois, 
Saincteté  chrestienne,  fo  312  r». 

349.  —  Provins,  du  13  avril  1186  au  28  mars  1187  {Pru- 
viniy  1186).  —  Marie  constate  une  donation  de  quatorze 
livres  de  rente  faite  du  consentement  d'Henri,  son  flto,  à 
Tabbaye  du  Paraclet,  par  Elisabeth  de  Nogent. 

Ribl.  de  la  ville  de  Troyes,  ms.  m  2284  {part,  du  Para- 
clet)^ charte  n©  clxxxxi. 

350.  —  Du  13  avril  1186  au  28  mars  1187  (1186).— Marie' 
et  Henri,  son  (ils,  reconnaissent  que  si  le  comte  de  Nevers  a 
laissé  le  comte  de  Joigny  tenir  immédiatement  d'eux  la 
Perté-Louptière,  c'est  à  titre  provisoire,  et  qu'il  y  a  enquête. 

Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992,  et  Bibl.  de 
Troyes,  ms.  22,  p.  >I45;  Reg.  Princip.y  I,  500  deColbert, 
t.  56,  f»  454  vo  452  ro;  ColL  de  Champ.,  t.  436,  p.  56.  — 
Ed.  Chantereau,  pr.  p.  9;  Quantin,  Cart.  deVYonne,  II,  378. 

351 .  —  Du  43  avril  4 4 86  au  28  mars  4 4 87  (1 4 86).  —  Ma- 
rie autorise  un  échange  de  serfs  entre  les  abbayes  de  Saint- 
Loup  de  Troyes  et  de  Rebais. 

Cart,  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  de  la  Porte, 
fo  xLmi. 

352.  —  Du  43  avril  4486  au  28  mars  4487(4486).  —Ma- 
rie constate  que,  moyennant  80  livres,  Garin  Pournier  de 
Méry  s'est  désisté  en  faveur  djB  l'abbaye  de  Montier-la-Celle 
de  ses  prétentions  sur  la  justice  de  Ruvîgny. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de  Montier-la-Celle,  f©  49  ro. 

353.  —  4486  au  plus  tard.  —  Marie,  en  présence  de  son 
fils,  reconnaît  qu'elle  n'a  aucun  droit  de  gîte  à  Lusigny. 

Copie  du  xvii«  siècle  à  M.  le  vicomte  Grundler.  —  Ed. 
Harmand,  Notice  sur  la  Bibliothèque  de  Troyes,  p.  38. 


f 


TROISIÈME  PARTIE. 

Catalogne  des  «eles  da  eoaile  Hearl  n,  |wm«%  la 

réfCBce  de  Hdiie. 

1187-1190. 

354.  —  Marayc-en-Olhe,  du  29  mars  US7  au  le  avril 
US$  {-l-IST,  ap.  Maraiam).  —  Henri  fait  un  échange  avec 
Mllon  de  Provins. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Mention  Bourquelot, 
HisL  de  Provins,  I,  -155. 

355.  —  Sézanne,  du  29  mars  4487  au  46  avril  4488 
(4487,  Sezann^),  —  Henri  confirme  la  donation  de  20  livres 
de  rente  sur  le  tonlieu  de  Provins,  faite  à  l'abbaye  de  Fonte- 
vraud  par  Henri  le  Libéral. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  lat.  5480,  p.  447. 

356.  —  Sézanne,  du  29  mars  4487  au  4e avril  4488(4487, 
Sezanné),  —  Henri  transige  avec  Haïccde  Plancy  sur  la  pro- 
priété de  cinq  serfs. 

Cart.  de  M.  de  Thou,  Bibl.  Imp.,  lat.  5992;  Bibl.  de 
Troyes,  ms.  22,  p.  440. 

357.  —  Sézanne,  du  29  mars  4487  au  46  avril  4488  (Sd- 
zann^,  4487).  —  Henri  a  obtenu  de  l'abbaye  de  Saint-Oyaiid 
la  cession  d'une  partie  des  droits  de  cette  abbaye  à  Sermaise 
où  doit  être  fondée  une  nouvelle  ville. 

lieux  chartes,  4o  une  émanée  d'Henri,  Reg,  Princip.,  lU 
(.•>00  de  ColberJ,  58),  fo  245  \o  246  ro.  —  Mention  dans  Pi- 
thou,  Coût,  de  Troyes,  éd.  de  4628,  p.  790;  —  2©  une  autre 
émanée  de  Bernard,  abbé  de  Saint^laude,  Çart,  dé' la  èùàr 
tesse  Blanche,  BibL  Imp.,  lat.  59*3,  fo  VÏII^  Vv*>-,  Cariât 
M.  de  Thou;VM.  Imp.,  lat.  5992;  Bibl.  de  Troyes,  ma.  28, 
p.  90,  4S9. — '•  Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Chanip.,  t.  ISèr 
p.  27.  —  Mention  Gall.  Christ,  nw.,  IV,  249, 


m  * 


-m- 

358.  —  Saint-Mards-en-Olhe ,  du  29  mar^  4487  au  46 
avril  4488  {ap.  S,  Medardum,  4487).  —  Henri,  moyennant 
trente  livres  une  fois  données,  promet  aux  habitants  d'On- 
jon  qu'il  ne  Uîs  mettra  jamais  horç  de  sa  main. 

Ed.  Ordonnanc,es ,  IV,  254;  Vallet  de  Viriviile,  ArcA. 
Bist.  de  l'Aube,  375. 

358  bis.  —  Troyes,  du  29  mars  4  4  87  au  4  6  avril  4  4  88  (Tr^ 
ciSy  4487).  —  Henri  confirme  une  donation  faite  à  la  lé- 
proserie des  Deux-Eaux  de  Troyes  par  Gilon  de  Torneellis; 
il  y  ajoute  un  fîroit  d'usage  dans  une  forêt. 

Ed.  Mém,  de  la  Soc.  d'agr.  de  l'Aube,  2«  série,  I,  534. 

359.  —  Troyes,  du  29  mars  4487  au  46  avril  4488  {ap. 
Trecas,  4487).  —  Henri  approuve  un  traité  entre  Tabbayc 
de  Cheminon  et  Adam  de  Commercy,  etc. 

Original,  Arch.  de  TAube. 

360.  —  Troyes,  du  29  mars  4487  au  46  avril  4488  (4487). 

—  Henri  déclare  que  son  père  avait  engagé  à  JosLert  de 
Cbaumont  Tavouerie  de  Condes  et  de  Darraanne,  que  Tab- 
baye  de  Saint-Remy  Ta  rachetée,  et  il  s'engage  à  ne  plus  la 
laisser  sortir  de  sa  main. 

Bibl.  de  Reims,  i^^  Cart.  de  Saint-Remy,  fo  225  ro  vo; 
2e  Cart.  de  Saint-Remy,  fo  LXVI  ro  v©. 

361.  —  Troyes,  du  29  mars  4487 au  46  avril  4488  (4487). 

—  Henri  confirme  Texemption  de  péîige,  de  tonlieu,  d'en- 
trée et  de  Fortie  des  foires,  de  la  justice  des  prévôts,  etc., 
accordée  par  Henri  le  Libéral  à  Purbert  l'Epicier. 

Arch.  de  l'Aube,  2«  Cart.  de  l'Hôtel-Dieu-le-Comte  de 
Troyes,  fo  i7  \^. 

362.  —  Troyes,  du  29  mars  4487  au  46  avril  4488  {Tre- 
cis,  1187).  —  Henri  abonne  les  droits  de  sauvemcnt  et  de 
gîte  que  lui  doivent  les  hommes  de  Luyères. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

363.  —  Troyes,  du  29  mars  1187  au  16  avril  4 188  (Treds, 
1188).  — Henri  abandopne  à  l'abbaye  de  Saint-Loup  le  sau- 
v^ment  et  les  gelées  de  Baire. 


«i 


_  390  — 

Cart.  de  Saint-Loup,  appartenant  à  M.  delà  Porte, f> un 
(voir  plus  haut,  n»  159). 

364.  —  Du  29  mars  1187  au  16  avril  1188  (1187).  - 
Henri  constate  que  le  prieuré  de  Saint-Ayoul  a  donné  à  ^a^ 
chevôque  de  Reims  Tusufruit  de  certains  biens  situés  à  Provins 
moyennant  une  rente  de  cent  livres  qui  se  réduira  au  revenu 
ritel,  si  un  incendie,  si  la  guerre  avec  le  roi  de  France  ouïe 
comte  de  Flandres  réduit  le  produit  des  foires. 

Copie,  Archives  de  l'Aube,  Invent,  de  Montier-la-Celle, 
f*  65  vo. 

365.  —  Du  29  mars  1187  au  16  avril  4488  (4487).  - 
Henri  approuve  une  donation  faite  à  Tabbayc  de  Cheminon 
par  Hermengarde  de  Plaiseio. 

Original,  Archives  de  la  Marne. 

366.  —  Lagny,  du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (La/i- 
m'acf,  4488).  —  Marie  confirme  la  donation,  faite  à  la  cha- 
pelle Notre-Dame  de  la  cathédrale  de  Meaux  par  rarchidiacre 
Roric,  de  70  sous  de  rente  qu'Henri  l*'  lui  avait  donnés. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Uist.  de  l'égl.  de  Meaux,  II,  76. 

367.  —  Meaux,  du  47  avril  4  4  88  au  8  avril  4489  [Meldis, 
4  4  88).  —  Henri  donne  à  la  léproserie  des  Deux-Eaux  de  Trêves 
Accline,  mère  d'Adam,  chapelain  de  la  comtesse  Marie. 

Ed.  Mém.  de  la  Soc,  d'agr.  de  l'Aube,  2*  série,  I,  534. 

368.  —  Provins,  du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (4488). 
—  Henri  maintient  les  talemetiers  de  Saint-Ayoul  dans  le 
privilège  que  son  père  leur  a  accordé  de  pouvoir  seuls,  avec 
six  autres,  vendre  au-delà  du  pont  qui  est  vers  Saint-Ayoul, 
sauf  l'espace  de  temps  qui  sépare  le  jour  où  les  foires  sont 
criées  du  jour  où  l'on  dit  Haré, 

Bibl.  de  Provins,  Cart.  de  Caillot,  fo  79  vo.  —  Mention 
Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  437. 

368  bis.  —  Provins,  du  47  avril  4488  au  8  avril  4489 
{Pruvini,  4488).  —  Henri  déclare  que  s'il  a  levé  une  impo- 
sition sur  les  terres  du  chapitre  de  Sens  qui  relèvent  du  comté 


—  sol- 
de Champagne,  c'est  à  cause  de  la  dîme  établie  par  ordon- 
nance du  roi  et  non  en  vertu  d'aucun  autre  droit. 
Ed.  Quantin,  Cart,  de  l'Yonne,  II,  393. 

368  ter.  —  Provins,  du  •47  avril  AiSS  au  8  avril  4489 
{Pruvini,  4488).  —.Henri  autorise  la  fondation  d'un  cha- 
pitre dans  sa  chapelle  de  Vertus. 

Ed.  E.  de  Barthélémy,  Dioc.  de  Châlons-sur^Marne,  I, 
352.  —  Mention  GalL  Christ.,  IX,  98  C;  cf.  Marlot,  II,  439. 

369.  —  Troyes,  du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  {Trecis,' 
4488).  —  Henri  assigne  à  Eudes,  son  clerc,  et  à  Eudes  de 
Luyères,  gardiens  du  trésor  de  Saint-Etienne,  des  revenus 
à  Herbisse  sur  la  censé,  et  six  muids  de  vin  sur  son  cellier, 
en  remplacement  d'une  rente  de  même  valeur  à  eux  don- 
née par  son  père.  Il  leur  promet  la  première  prébende  va- 
cante. 

Bibl.  Imp.,  P.  Bouhier,  n©  42  bis  (Cart,  de  Saint-Etienne 
de  Troyes),  fo  VI  vo.  —  Copies  du  xvf  et  du  iviii*  siècle 
aux  Arch.  de  l'Aube. 

370.  —  Troyes,  du  47  avril  4488^au  8  avril  4489 l^r^- 
ciSy  4488).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  Poissy  un  droit 
d'usage  dans  le  bois  de  Ulmoi,  le  tiers  du  premium  d'une 
maison  aux  deux  foires  de  Troyes,  etc. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

371.  —  Troyes,  du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (4488). 
—  Henri  constate  que  la  donation  faite  à  l'abbaye  de  Vau- 
luisant  par  Dreux,  père  de  Bérenger  de  Villemaur,  a  été  ap- 
prouvée par  Bérenger  et  par  les  fils  de  Bérenger. 

BM,  Imp.,  Cart.  452  {Cart.  de  Vauluùant),  fb  58  v«. 

372.  —  Troyes,  du  47  avril  4  4  88  au  8  avril  4489  {Trecis, 
4488).  —  Henri  approuve  la  donation  faite  à  l'abbaye  de 
Montier-la-Celle  par  Girard  Justin,  d'un  étal  situé  devant 
la  maison  de  cette  abbaye  dans  la  draperie. 

Copie,  Arch.  de  l'Aube,  Inv.  de Montier^la-Celle,  fo49ro. 

373.  —  Troyes,  du  47  avrU  4488  au  8  avril  4489  (Trecis, 


—  3»2  — 

i\SS).  —  Henri  Goafirme,  A^  la  donation  de3setiers  4/2 d'a- 
voine faite  au  chapitre  de  Saint-Pierre  de  Troyes  par  soo 
père  et  sa  mère,  sur  le  sauvemesit  des  Grandes-Cbapelles;  2» 
les  donations  faites  au  même  chapitre  par  Garin  de  Méry, 
Gautier  de  Châtres,  Rembaut,  et  Thierry  de  Flacy. 

Mention  Pidiou,  Coût,  de  Troyes ,  éd.  de  462S,  p.  ?u. 

373  bù.  r—  Troyes,  du  n  avril  4 188  au  S  avril  4489(rr^ 
0i8,  4488).  -rr  Henri  approuve  la  donation  du  village  de 
Dampierre,  dit  depuis  Dam pierre-au-Temple,  faite  parGue^ 
mond  de  Mareuil  aux  Templiers. 

Ed.  Ë.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chdlons-^ur- 
Marne,  I,  406. 

374.  —  Du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (4488).  —  Marie 
fait  remise  à  l'abbaye  d'Essommes  de  diverses  rentes  que 
cette  abbaye  lui  devait  :  quatre  muids  de  froment,  neuf  sous, 
deux  setiers  d'avoine,  etc. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  274. 

375.  —  Du  47  avril  4488  au  8  avril  4489(4488).  — Marie 
constate  une  donation  faite  à  THôtel-Dieu  de  Meauxpar  Bar- 
thélémy de  Monthion. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  l'égl.  de  Meaux,  II,  76. 

376.  —  Du  47  avril  4488  au  8  avril  4  4  89  (4488).  — Henri 
confirme  l£^  fondation  do  la  chapelle  du  palais  de  Provins  et 
îyoute  aux  dons  de  son  père  celui  d'une  rente  de  huit  muids 

de  vin. 

Ed.  Gall.  Christ.,  XII,  instr.  56.  —  Mention  Bourquelot, 
Hist.  de  Provins,  1, 4  37;  Bibl.  Imp. ,  Coll.  de  Chamfi.,  t.  435, 
p.  264. 

377.  —  Du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (4488).  — Henri 
confirme  deux  donation3  faites  à  l'Hôtel-Dieu  de  Provins, 
4o  par  Guillaume,  archevêque  de  Reims,  dix  livres  de  rente; 
2q  piir  Henri  le  Libéral,  cinq  sous  de  rente. 

Archives  hosp.  de  Provins,  4er  Cart.  de  l'Hôtel^Dieih 
f»  II  y^. 


^ 


»■ 


—  398  — 

378.  —  Du  47  avril  4488  au  8  avril  4489  (4488).  —  Henri 
constate  que,  par  suite  du  désistement  de  Jacques  des 
Sièges,  les  moines  de  Vauluisant  pourront  fabriquer  du  fer 
et  de  la  brique  dans  le  bois  des  Sièges. 

Bibl.  Imp.,  Gart.  452  (Cart.  de  Vauluisant) ^îo^%  y o^^xo. 

378  bis,  —  Du  47  avril  4488  au  8  avrU  4489  (4488).  — 
Henri  donne  au  chapitre  de  Sens  quarante  sous  de  rente 
sur  le  péage  de  Bray  aux  foires  de  mai  pour  Tanniversaire 
de  son  père. 

Mention  Quantiu,  Cart,  de  l'Yonne,  II,  393. 

379.  —  Juin  4488,  —  Le  pape  Clément  III  notifie  à  Henri 
des  mesures  prises  pour  mettre  fin  aux  divisions  des  moines 
de  Grandmont  :  il  lui  eiyoint  de  veiller  à  l'exécution  de 
ces  mesures. 

Ed.  Gall.  Christ,  nov.,  II,  492-493;  cf.  JafTé,  Regesta 
Pontificum  Romanorum,  p.  874. 

380.  —  Troyes,  mars  4489  {Trecis,  4^88,  mense  martio). 
—  Henri,  en  échange  d'un  tenement  à  Sourdun,  donne  à  l'ab- 
baye de  Larivour  le  droit  de  faire  un  four  dans  la  maison  de 
feu  Pierre  le  Cointe. 

Original,  Ârch.  de  l'Âube. 

381.  —  Bray-sur-Seine,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490 
(J5ran,4489).  —  Henri  constate  une  vente  faite  pardevant  lui 
au  chapitre  de  Saint-Quiriace  de  Provins. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin. 

382.  —  Nogent-sur-Seine,  du  9  avriL4489  au  24  mars 
4490  (Nogenti,  4489).  —  Henri  donne  aux  bons  hommes  de 
Tourvoye  cent  sous  de  rente  sur  l'entrage  des  vins  de  Pro- 
vins. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Copie,  Bibl.  de  Pro- 
vins, Ythier,  Hùt.  eccL,  IV,  393. 

383.  —  Nogent-sur-Seine,  du  9  avril  4489  au  24  mars 
4490  {Nogenti,  4189).  —  Henri  prend  sous  sa  protection  le 
prière  de  Tourvoye. 

S6 


I 

.L 


—  39*  - 

Copie,  Bibl.  de  ProTins,  Ytiner^Hisi.  msel.  IV,  388. --h- 
trait  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ. ^  t.  435,  p.  284. 

384.  —  Sézanne,  du  9  avril  44S9  au  24  mars  1490(4489). 

—  Henri  approuve  la  donation  à  l'abbaye  de  Saint-Nicaisede 
Reims  d'un  bien  situé  apud  Bussolium. 

Bibl.  de  Reims,  Cart.  de  Saint-Nicaise,  f»  43  v». 

385.  —  Tours,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489). 

—  Henri  donne  à  Téglise  et  aux  frères  du  Mont-des-Olives 
cent  sous  de  rente  sur  les  foires  de  mai  de  Provins. 

Vidimus  d'août  4230,  aux  Archives  de  rfimpire,KK40e4 
{Lib,  Principum)^  fo  269  r©. 

386.  —  Troyes,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489). 

—  Henri  constate  une  donation  à  l'abbaye  de  Saint-Nîcaise. 
Bibl.  de  Reims,  Cart.  de  Saint-Nicaise,  fo  43  v». 

387.  —  Troyes,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  {Trecùj 
4489).  —  Henri  rappelle  les  donations  faites  à  l'abbaye  de 
N.-D.-aux-Nonnains  de  Troyes,  par  ses  prédécesseurs  Hu- 
gues, Thibaut  II  et  Henri  I^-. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  ChampagnCy  t.  435,  p.  293-294. 

388.  —  Troyes,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490(rfani, 
4489).  —  Henri  confirme  les  donations  faites  par  son  père  à 
l'Hôtel-Dieu-le-Comte  de  Troyes. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Même  dépôt,  A^Cart,iê 
r Hôtel-Dieu,  fo46ro.  —  Extrait,  Pithou,  Coût,  de  Tro^ 
éd.  de  4628,  p.  27. 

389.  —  Troyes,  du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (TVww, 
4490).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  Saint-Jean-eo-ChÀtel 
une  partie  de  la  vigne  de  Girard,  frère  de  Milonde  Bray 
(voir  plus  bas,  no  434). 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  P.  de  Montiéramey.  —  Bibl. 
Imp.,  lat.  5432  (Cart.  de  Montiérainey)^  fo  88  vo.  — Copie, 
môme  dépôt,  Coll.  de  Champ. ^  t.  436,  p.  497-498. 

390.  —  Troyes,  4u  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (Treds^ 
4489).  —  Henri  donne  au  prieuré  de  Foicy  cinquante  sous 


—  396  — 

de  renie  payables  but  les  revenus  de  la  porte  Saint-Hartin 
de  Troyes  aux  foires  de  Saint-Jean. 
Original,  Ajch.  de  TAube. 

391.  —  Du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489).— 
Henri  déclare  qu'il  ne  &ra  lever  ni  taille,  ni  exaction  sur  le 
gardien  de  la  maison  que  Tabbayc  d'Igny  possède  ^  Bpernay, 
pourvu  que  ce  gardien  ne  soit  ni  bomme  ni  justiciable  du 
comte  de  Champagne. 

Bibl.  Imp.,  Gart.  79  (Cart.  d'Igny),  fo437vo. 

992.  —  Du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489).  — Heur 
prend  sous  sa  garde  THôtel-Dieu  de  Provins. 
Arch.  hosp.  de  Provins,  4«''  Cart.  de  l'HOtel-DieUy  fo  II  r». 

—  Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll,  de  Champ.,  t.  435,  p.  274. 

393.  —  Du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489).  — 
Henri  donne  à  Tabbayc  de  Glairvaux  le  frère  de  Guillaume 
de  Gisors,  moine  de  cette  abbaye. 

Arch.  do  l'Aube,  Cart.  de  ClairvaiMO,  pièce  cotée  Comi^ 
tum  Campante  XXII. 

*394.  —  Du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4489).— Henri 
confirme  la  charte  de  son  père  en  faveur  du  prieuré  de 
Saint-Florentin  (voir  plus  haut,  no  69). 
Mention  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  402  note. 

395.  —  Du  9  avril  4489  au  24  mars  4490  (4  4  89).  — Marie 
constate  qu'Eudes  de  Mancegny  a  cédé  au  prieuré  de  Sainte- 
Pov  de  Coulommiers  la  dîme  de  Chaillv. 

Ed.  Champollion-Figeac,  Doc.  hisi.  inéd.,  extr.  de  la 
Bibl.  7?.,  II,  2e  partie,  p.  42. 

396.  —  Provins ,  8  février  4  4  90  (F/o  idus  febrttaHi,  4  4  89). 

—  Henri  donne  à  l'Hôtel-Dieu  de  Provins  dix  livres  de  rente 
sur  Tentrage  des  vins  d'Auxerre  et  des  autres  vins  étrangers 
qu'on  amène  à  Provins. 

Arch.  hosp.  de  Provins,  K^^Cart.  de  VEôtel-Dieu,  fo  IIII  vo. 

397.  —  Troyes,  du  4«r  au  24  mars  4490  (Trecis,  4489, 
mense  mareio).  —  Henri  déclare  que  son  père  a  donné  à  Tab- 


—  396  — 

baye  de  Boulancourt  cent  cinquante  jugera  aux  forges  de 
Vassy. 
Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  256-257. 

398.  —  Provins,  après  le  24  mars  4490  (Pruvinif  4490). 
•—  Henri  abonne  à  six  cents  livres  la  taille  de  la  ch&tellenie 
de  Provins. 

Original,  Arch.  de  l'Empire,  J,  203,  n©  95.  —  Reg.  Prineir 
pum,  I  (500  de  Colbert,  56),  fo  422  ro  yo.  —  Ed.  Brusad, 
p.  494-492;  Bourquelot,  Hist.  de  Provins,  I,  207-208. 

399.  —  Troyes,  après  le  24  mars  4490  {TreeiSy  4490).  t- 
Henri  confirme  les  chartes  de  son  père  et  de  sa  mère  pour 
l'église  Saint-Nicolas  de  Sézanne. 

Original,  Archives  de  la  Marne. 

400.  —  Troyes,  après  le  24  mars  4490  {Trecis,  4490).  — 
Henri  constate  que  l'archevêque  de  Reims  et  la  comtesse 
Marie  ont  été  choisis  pour  arbitres  entre  lui  et  le  chapitre  de 
Reims,  sur  la  question  de  savoir  qui  est  propriétaire  de 
Vertus,  etc.  ' 

Bibl.  de  Reims,  Livre  blanc  du  chapitre,  f»  248  r^v^;   ^ 
Livre  vert,  fo  5  vo-6  ro. 

401.  —  Troyes,  après  le  24  mars  4490  {Trecis,  4490).  — 
Henri  donne  à  l'abbaye  de  Scellières  dix  muids  de  froment, 
dix  livres  d'argent  et  seize  setiers  de  vin  de  rente. 

Ed.  Camuzat,  Promptuarium,  f©  379  ro. ;  GalL  Christ. XII, 
instr.  277.  —  Analyse,  Desguerrois,  Saincteté  chrestienne, 
fo344rovo. 

401  bis.  —  Troyes,  après  le 24  mars  4490  {Treds,  4490). 

—  Henri,  qui  devant  se  croiser  avait  reçu  trois  cents  livres 
des  habitants  de  Chablis,  reconnaît  que  c'est  à  titre  d'aide  et 
non  de  coutume. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Baluze,-t.  76,  fo240;  t.  77,  fo236vo. 

—  Ed.  Quantin,  Cart.  de  r  Yonne,  II,  447. 

402.  —  Troyes,  après  le  24  mars  4490  (4490).  —  Henri 
accorde  certains  privilèges  aux  hoirs  d'Ërard  de  la  Porte. 

Mention  Pithou,  Coût,  de  Troyes,  éd.  de  4628,  p.  46. 


—  397  — 

403.  —  Troyes,  après  le  24  mars  4490  (Trecis,  4490). 
—  Henri  accorde  aux  habitants  de  Chaumont-en-Bassigny 
la  coutume  de  Lorris. 

Copie,  Arch.  de  TAube,  P.  de  Clairvaux.  —  Ed.  La  Thau- 
massière,  Coût,  de  Berry,  p.  428  ;  Ordonnances,  XII,  48-50. 
Traduction,  dans  Jolibois,  Hist.  de  Chaumont,  p.  24-34,  qui 
renvoie  aux  archives  de  la  ville. 

404.  —  Après  le  24  mars  4490  (4490).  —  Henri  conflrme 
les  donations  fhites  par  son  père  aux  bons  hommes  qui  habi- 
tent in  nemore  de  Arvico  près  dlsle-Aumont. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champagne^  t.  436,  p.  98. 


QUATRIÈME  PARTIE. 

Catetogne  des  «été*  d'Heiirl  O  et  de  ntorle  de  vraaee 
pendanl  la  «eeonde  résinée  de  Btarie* 

1190-1197. 

405.  —  Vézelay,  4490  {ap.  Verzelaium,  4490).  — Henri 
donne  à  l'abbaye  de  Chemin  on,  sous  réserve  d'usufruit,  ce 
qu'il  avait  à  Cheminon,  etc.  (voir  plus  bas,  n»  436). 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

406.  —  Vézelay,  4490  {ap.Verzelayufn,i 490).— Henri  per- 
met à  l'abbaye  de  Pontigny  d'amener  et  de  vendre  à  Troyes 
deux  cents  muids  de  vin  sans  payer  de  droits. 

Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  426.  —  Mention  Bibl. 
Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  298. 

407.  —  Gorbigny,  1490.  —  Henri  donne  à  l'abbaye  de 
Saint-Germam  d'Auxerre  une  maison  dans  la  ville  de  Troyes. 

Mention  Gall.  Christ.,  XII,  384,  CD. 

408.  --  Marseille, '4  4  90  (ifom/ie,  4490).  — Henri  déclare 


—  3WB  — 

qu'il  a  donné  à  l'Hôtel^ieu  de  Troyes,  à  titre  d'échange, 
une  rente  de  vingt  sous. 

Archives  de  l'Aube,  4«r  Cart.  de  VHâM^IHeVf4e-(kimity 
(•  29  vo. 

409.  —  Marseille,  4490  (Massilie^  4490).  —  Henri  ap- 
prouve une  donation  faite  à  THôtel-Dieu  de  Provins  par 
Geofroi  l'Eventé. 

Arch.  hosp.  de  Provins,  4^  Cart.  de  VHôtel-Dieu^  f»  Vr». 

410.  —  Marseille,  4490  {Massili^,  4490).  —Henri  dé- 
clare que  si  les  usagers  de  ses  forêts  des  environs  de  Pro- 
vins le  permettent,  les  pauvres  de  THôtel-Dieu  pourront  y 
aller  chercher  du  bois. 

Arch.  hosp.  de  Provins,  i^rCart.  de  l'Hôtel-Dieu,  f»  H,  r». 

411.  —  En  Palestine,  au  plus  tard  le  43  avril  4494  (4490, 
trans  mare).  —  Henri  donne  à  la  léproserie  de  Troyes  un 
serf,  sa  femme  et  son  héritage. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  F.  de  Saint-Lazare  de  Troyes. 
—  Ed.  Mém.  de  la  Soc,  d'agr,  de  l'Aube,  I,  584. 

412.  —  Provins,  au  plus  tard  le  43  avril  4494  (Prwwjii, 
4490).  —  En  exécution  d'une  disposition  d'Henri,  Marie  as- 
signe à  un  chapelain  de  Saint-Quiriace  une  rente  de  dii  li- 
vres, moitië  in  ^o^^e/Zi^  à  l'octave  de  Saînt-Remy,  moitié  sar 
l'entrage  des  vins  à  l'octave  de  PÀques. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin.  —  Copie,  Bibl.  4e  Pro- 
vins, Cart,  de  Caillot^  f©  267  ro. 

415.  —  Au  plus  tard  le  43  avril  4494  (4490).  ^  Marie 
constate  que  Hélie  et  Hugues,  chevaliers,  de  Monthion,  ont 
donné  trente  arpents  de  terre  à  Tabbaye  de  Ghambre-Fon- 
taiiie. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  Végl.  de  Meaux,  II,  78-79. 

444.  --  Au  plus  tard  le  43  avril  4494  (4490).  —  Marié 
fait  savoir  que  son  fils,  partant  pour  Jérusalem,  a  donné  à 
l'abbaye  de  Pontigny  dix  livres  de  rente  sur  les  foires  de 
TVoyes. 


-  399  — 

Extrait,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.j  t.  435,  p.  298.  — 
Mention  Quantin,  Cart,  de  l'Yonne,  II,  426. 

415.  —  Au  plus  lard  le  43  avril  U9A  H 490).  —  Marie 
nomme  à  une  chapellenie  que  son  fils  Henri,  partant  pour 
Jérusalem,  avait  fondée  à  Saint-Etienne  de  Troyes,  et  dotée 
de  dix  livres  de  rente. 

Bibl.  Imp.,  P.  Bouhier,  42  bU  {Cart,  de  Saint-Eitenne), 
fo  XXV  vo. 

416.  —  Montereau,  février  U9i  (Musterioli^  4490,  mense 
fehruario),  —  Marie  constate  qu'Heîiri  a  donné  en  usufruit  à 
Pierre,  orfèvre,  droit  d'étalage  dans  un  emplacement  qui 
appartient  à  Saint-Etienne  de  Troyes. 

Bibl.  Imp.,  F.  Bouhier,  42  bis  (Cart.  de  Saint-Etienne), 
f>  XXVI  ro. 

417.  —  Devant  Acre,  du  44  avril  au  43  juillet  4494  (in  ob- 
sidione  Acconensi,  4494).  —  Henri  confirme  les  privilèges 
accordés  aux  Templiers  par  Thibaut  II  et  par  Henri  I". 

Reg.  Principum,  I  (560  de  Colbert,  56),  f»»422  vo;  Coll.  de 
Champ,,  t.  436,  p.  465-166,  243;  Cart.  de  M.  de  Thou, 
Bibl.  Imp.,  lat.  5992  ;  Bibl.  de  Troyos,  ms.  22,  p.  202-203. 
—  Mention  Bourquelot,  Bibl.  de  Véc.  des  Chartes^  4*  série, 
t.  IV,  p.  174. 

418.  —  Du  5  avril  4492  au  27  mars  4493  (4492).  —  Ma- 
rie donne  au  prieuré  de  Fontaine  vingt  muids  de  vin  de  rente 
à  Lagny,  dont  ce  prieuré  n'entrera  en  jouissance  qu'après 
le  décès  d'Isabelle  de  Plancy. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  Végl.  de  Meaux,  II,  80. 

419.  —  Du  5  avril  4492  au  27  mars  4493  (4492).  —Marie 
constate  une  donation  de  serf  au  prieuré  de  Méry. 

Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2*  Cart.  de  Molesme,  f©  94  v». 

H9  6if.  —  Da  5  avril  4492  au  27  mars  4493  (4492).  — 
Marie  confirme  un  accord  entre  les  Templiers  et  Anselme  de 
Garlafide. 


—  400  — 

Mention  E.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Châtùni- 
sur-Marne,  I,  440. 

420.  —  4  août  4492  (IIo  nonas  augusti,  4492).  —  Marie 
déclare  avoir  donné  à  la  cathédrale  de  Meaux  quarante  sous 
de  rente  pour  Tanniversaire  de  son  mari. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart.  de  l'église  de  Meaux,  II,  44.  — 
Mention,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  435,  p.  294. 

421.  —  Du  28  mars  4493  au  9  avril  4494  (4493).  —  Marie 
approuve  une  donation,  ou  plus  exactement,  une  vente  faite 
aux  Templiers  de  Provios  par  Henri  .Bristaud. 

Arch.  de  l'Empire,  S.  5462,  n**  25  (Cart.  de  la  commande- 
rie  de  ta  Croix-en-Brie),  p.  38.  —  Mention  Bourquelot, 
Hist.  de  Provins,  I,  439,  et  Bibl.  de  l'école  des  Chartes, 
4«  série,  t.  IV,  p.  475. 

422.  —  Du  28  mars  4493  au  9  avril  4494  (4493).  —  Vbr 
rie  autorise  l'abbaye  de  Prully  à  défricher  le  bois  de  Prully. 

Mention,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  C/iamp.,  t.  435,  p.  304. 

423.  —  Du  28  mars  4493  au  9  avril  4494  (4493).  —  Ma- 
rie constate  que  maître  Jacques,  fils  d'Haymon  de  Vitry,  a 
donné  à  Tabbaye  de  Trois-Fontaines,  sa  maison  sise  àVitry, 
près  de  la  Maison-des-Pauvres. 

Original,  Arch.  de  la  Marne. 

424.  —  Octobre  4493  (4493,  mense  octobri).  —  Gui,  aN 
chevêque  de  Sens,  consttite  qu'à  sa  prière  et  à  celle  de  h 
comtesse  Marie,  l'abbé  de  Montier-la-Gelle  et  le  prieur  de 
Saint-Ayoul  se  sont  désistés  de  leurs  poursuites  contrt  les 
Bénédictines  de  Ghampbeno^,  établies  dans  un  champ  qui 
relevait  de  leur  censive. 

Ed.  Gall.  Christ.,  XII,  instr,,  64. 

425.  —  Du  40  avril  4494  au  4  er  avril  4495  (4494).  —  Ma- 
rie déclare  qu'elle  a  donné  à  l'abbaye  du  Paraclet  un  empla- 
cement situé  au  marché  de  Provins,  et  où  l'on  ne  pourra 
établir  que  des  étaux  mobiles. 

Original,  Arch.  de  l'Aube.  —  Bibl.  de  Troyes,  ms.  2tt4 


—  401  — 

{Cart,  du  Paraclet),  charte  n»  LVII.  —  Copie,  Bibl.  Imp., 
Coll.  de  Champ, y  t.  435,  p.  295;  Bibl.  de  Provins,  Cart,  de 
Caillot,  fo  250  ro. 

426.  —  Du  \0  avril  Ud  au  ^er  avril  M95  (4494).  —Ma- 
rie constate  une  transaction  entre  Tabbaye  de  Montiéramey 
et  Lore  de  Buxeuil. 

Original,  Arch.  de  TAube. 

427.  —  Du  40  avril  4494  au  4er  avril  4495  (4494).  —  Ma- 
rie déclare  que  Pierre  de  Touquin  a  cédé  aux  Templiers, 
moyennant  une  rente  de  grain,  son  moulin  à  rentrée  du 
château  de  Goulommiers. 

Arch.  de  TEmpire,  S  5462,  n©  25  {Cart.  de  la  commande- 
rie  de  la  Croix-en-Brie)^  p.  39. 

428.  —  Du  40  avril  4494  au  4er  avril  4495  (4494).  —  Ma- 
rie constate  que  Marguerite,  veuve  de  Robert  de  Sablon- 
niëres,  a  cédé  aux  Templfers  ce  que  son  mari  lui  avait  donné 
à  titre  de  douaire  dans  la  banlieue  de  La  Ferté-Gaucher  (voir 
plus  bas,  no  434). 

Arch.  de  TEmpire,  S  5462,  no  25  {Cart.  de  la  commande- 
rie  de  la  Croix-en-Brie)^  p.  39. 

429.  —  Du  40  avril  4494  au  4*'  avril  4495  (4494).  —Ma- 
rie constate  une  donation,  à  titre  d'usufruit,  faite  à  Gui  de 
Dampierre  par  l'abbaye  de  Saint-Loup  de  Troyes  :  elle 
ajoute  qu'elle  garantira  cette  donation  tant  qu'elle  tiendra  la 
'terre  de  son  fils. 

Original,  Arcb.  de  l'Aube  ;  Cart.  de  Saint-Loup,  f©  54  v». 

430.  —  Du  40  avrU  4494  au  4er  avrfl  4495  (4494).  — 
Thomas,  abbé,  et  le  couvent  de  Moiremont,  ont  accordé  à 
Marie  et  aux  comtes  de  Champagne  une  rente  de  douze  de- 
niers, d'une  geline,  et  de  deux  quartaux  d'avoine  sur  chacun 
de  leurs  hommes  de  Moiremont  et  de  MalTrécourt. 

Copie,  Bibl.  Imp.,  Coll.  de  Champ.,  t.  436,  p.  92. 

431.  _  Juillet  4494  (4494,  mense Julio).  —Marie  con- 
state que  Thibaut,  abbé  de  Montiéramey,  a  acheté  des  en- 


_.^ 


w. 


fanU  de  Girard,  frère  de  Milon  de  Bray,  le  reste  de  la 
donnée  au  prieuré  de  Saiat-Jean-ea-Gfa&tel  par  Henri  II,  « 
4489  (voir  plus  haut,  no  389). 

Original,  Arch.  de  TAube;  Bibl.  Imp.,  lat.  5432  {Cart.  di 
Montiéramey)^  fo  442  ro. 

432.  —  5  mars  4495  (4494).  —  Marie  déclare  qu'elle 
avait  acheté  cinquante-cinq  livres  la  vigne  de  Simon  CAdw- 
derij  mais  qu'elle  a  été  obligée  de  céder  cette  vigne  à  Si- 
mon, clerc  de  Ponte^  qui  a  exercé  le  retrait  lignager. 

Bibl.  de  Meaux,  Cart.  de  l'église  de  Meaux,  II,  44. 

432  bis.  —  Joîgny,  du  2  avril  4495  au  20  avril  4496 
(Jogniad,  4495).  — ^  Marie  constate  une  donation  faite  par 
Gui  d'Arcis  à  Tabbaye  de  Sainte-Colombe  de  Sens. 

Ed.  Quantin,  Cart.  de  l'Yonne,  II,  470. 

433.  —  Du  2  avril  4495  au  20  avril  4496(4195).  — Marie 
constate  une  transaction  entre  Gumeland  de  Troyes  et  les 
Templiers,  au  sujet  de' maisons,  d'un  verger,  et  d'une  place, 
sis  à  Troyes,  près  la  maison  du  Temple. 

Arch.  de  l'Aube,  Cart.  du  Temple,  fr  CGLXXXVII  r*  v». 

434.  —  Du  2  au  30  avril  4495  on  du  4«r  an  20 a>Til  4496 
(4495,  mense  aprili).  —  Marie  constate  le  désistement  d'une 
sœur  de  Robert  de  Sablonnières,  laquelle  attaquait  la  dona- 
tion par  Robert,  aux  Templiers,  de  ses  biens  dans  labanlieiK 
de  La  Perté-Gaucher  (voir  plus  haut,  n©  428). 

Arch.  de  l'Empire,  S  5462,  n»  25  {Cart.  de  la  commaiiA- 
rie  de  la  Croix-en^Brie),  p.  34-35. 

435.  —  Provins,  mai  4495.  —  Marie  déclare  garantir 
une  vente,  sous  forme  de  donation,  Bute  àTabbaye  deScel- 
lières. 

Original,  cabinet  de  M.  Michelin. 


436.  —  Acre,  août  4495  {Aoeone,  1495,  mum§e  augmte^. 
—  Henri  donne  à  l'abbaye  de  Chcminon  tout  ce  qu'il  s'était 
réservé  à  Cheminon  dans  sa  donation  de  l'année  4490  (voir 
plus  haut,  n**  405). 

Original,  Archives  de  l'Aube. 


_  M3  — 

4S7.  —  Meaux,  aoùm95(i!feWw,  ii^^^mense  augusto). 

—  Marie  approuve,  comme  suzeraine,  une  donation  faite  à 
l'abbaye  de  Chambre-Fontaine,  par  Barthélémy  de  Monthion. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist,  de  l'église  de  Meaux,  II,  Si . 

438.  —  Mars  U96  (-HOS,  mense  martio).  —  Marie  con- 
,  State  une  transaction  entre  la  léproserie  des  Deux-Eaux  de 

Troyes  et  Eudes  Joslain. 
Original,  Arch.  de  l'Aube,  P.  de  Saint-Lazare  de  Troyes. 

—  Ed.  Mém.  de  la  Soc.  d*agr.  de  l'Aube,  2«  série,  I,  533. 

439.  —  Du  24  avril  -HQÔ  au  5  avril  4^97  (H96).  —Marie 
désigne  des  religieuses  du  prieuré  de  Fontaine  qui  joui- 
ront du  terrage  de  Chambry. 

Ed.  T.  du  Plessis,  Hist.  de  l'église  de  Meaux,  II,  82. 

440.  —  Du  24  avril  4496  au  5  avril  4497  (4496).  —  Marie 
met  l'Hôtel-Dieu  de  Donnement  sous  l'obédience  de  THôtel- 
Dieu-le-Comte  de  Troyes. 

Original,  Arch.  de  TAube.  —  Môme  dépôt,  4«  Cart.  de 
l'Uôtel'Dieu-le-Comte,  fo  400  ro.  —  Ed.  Ph.  Guignard,  An- 
ciens statuts  de  l' Hôtel-Dieu ^  p.  96. 

441.  —  Acre,  4e>^  octobre  4496  (Accone,  4496,  kalendis 
octobris).  —  Henri  donne  à  THôtel-Dieu  de  Provins  la  pre- 
mière prébende  vacante  dans  la  chapelle  du  palais. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythier,  Hist,  eccLy  Supplément, 
p.  44  ;  Bibl.  Imp.,  Coll.  deChamp,,  t.  435,  p.  26. 

442.  —  Décembre  4496  (4496,  mense decetnbri).  — Mtafe 
constate  plusieurs  donations  faites  à  l'abbaye  de  Saint-I^p 
de  Troyes  par  Geofroi,  clerc,  d'Esternay,  dit  l'Allemand. 

Original,  Arch.  de  l'Aube. 

443.  —  Janvier  4497  {mense  januario,  4496).  — Marie 
déclare  quelles  sont  les  coutumes  de  Fay  et  de  Chamoy  re- 
connues devant  elle  par  Pierre  de  Saint-Phal. 

Original,  Arch.  de  l'Aube,  F.  de  Notre-Dame-aux-Non- 
nains. 

444.  —  Octobre  4497  (4497,  mense  oeiobri).  —  Marie 


i-  n 


—  W4  — 

constate  une  donation  faite  à  Tabbaye  du  Paraclet  par  Haie 
de  Villemaur,  veuve  de  Milon  de  Provins,  maréchal. 
Original,  Ârch.  de  TAube. 

445.  —  4497  au  plus  tard.  —  Marie  approuve  la  fonda- 
tion de  l'église  collégiale  de  Notre-Dame-du-Val  de  Provins. 
Elle  se  réserve  la  nomination  à  la  moitié  des  prébendes  et  des 
dignités,  sauf  celle  de  doyen. 

Copie,  Bibl.  de  Provins,  Ythîer,  Hist.  eccL,  II,  54-52; 
Bibl.  Imp.,  ColL  de  Champ.,  t.  435,  p.  292.  —  Mention 
Bourquèlot,  Hist.  de  Provins,  I,  435. 


» 


I 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


SUITE  (0. 


LXXIV. 


Charte  eu  ceaito  WÊogm^m  jfmur  PablMiye  de  Holi 
wmmâmUmk  eu  prieuré  dfsle-AvaieBi* 

1097. 

Notom  ait  omnibas  tam  fotaris,  qaam  presentibus,  qvod  ego 
Hugo,  cornes  Trecen.,  dedi  Deo  et  Sancta  Marias  MoUsmensis 
ecclesi»,  nec  non  et  Sancto  Theobaldo,  ubi  mansioDem  habebaot 
monachi  Molismeoses,  secus  ecclesiam  in  honore  sancti  Theo- 
baldi  (2)  fundatam,  terram  citra  et  ultra  viam  que  vulgo  vocatur 
Chîminus,  in  circuitu  cum  appendiciis  suis,  in  latitudine  quidem 
Qsque  ad  arborem,  que  vocatur  Pirus  Mirilellus,  ubi  est  quasi 
terminus  et  divisio  via  que  ducit  ad  prata  ;  in  longitudine  vero 
ab  eadem  via  versus  Grandem  Boscum  et  triginta  perlicas;  cujus 
loci  et  terre  donationem  per  circuitum  ita  liberani  et  quietaui 
dedi,  sicuti  et  ego  libère  possederam  et  quiète,  conccdens  ut  nec 
ego,  nec  beredes  mei  aliquam  ibi  ulterius  consuetudinem  habeant 
▼el  justiciam,  nil  omnino  michi  vel  heredibus  meis  ibi  retinens. 
Qninetiam  de  silva  mea  dedi  ad  usus  monacborum  in  loco  dicto 
maneniium,  quantum  scilicet  in  posterum  eis  opus  fuerit,  sive  ad 
hospitaodum,  sive  ad  calefacièndum.  Dedi  quoque  eisdem  monachis 
pro  anima  mea  molendinum  ibi  prope,  et  terram  de  Campo  Baonis, 
sicuti  eam  jnssu  meo  diviserunt  Rainaldus  prepositus  et  Roberlus 
de  Insulis,  quam  iterum  Theodoricus,  prepositus,  et  Roberlus- di- 
viserunt ministrariis  de  Rumiliaco(5),  presentibusGisone,  Dodone, 


(0  Voir  notre  Tome  I,  p.  439-616; 

(a)  Saint-Thibault,  Anbe,  arrondissement  de  Troyes,  canton  de  Bonilly. 

(8)  EiuniUy-lea-Yaadet,  Anlie,  arrondinement  et  canton  de  Bar-enr-Seine. 


—  406  — 

Ermodo,  Rojoldo,  quia  ad  potestatem  de  Ramifitco  pan  ^indeB 
terre  pertinebat,  et  pan  ad  potestatem  de  Insnlis  (i),  que  diviso 
facta  fuit  per  locum  ubi  aunt  trea  quercaa.  Dedipe  eif  iuntom 
de  TruDculo»  lient  eam  ealenua  quiète  powedeiaiM,  Aiihvc  aoioi 
Yolens  eorum  augere  bénéficia,  ocmaentiente  oxore  mea  GooHaa- 
tia,  Philippî  illustris  régis  FraBCoram  filia,  com  consilio  banmoi 
meorum  terram  Dominice  Culture,  que  fuerat  hacteous  jm 
comitissarum  Trecensium,  ioter  fluYinm  Sequanam  Gafttmmqie  et 
iDSulis  interjacentem,  eis  dedi  perpétue  possidendam.  Itenai 
bonestatis  eorum  inluitu  ipsos  a  prefato  looo  Sancti  Theobaldi 
removi,  ponens  eos  in  loco  bonorabiliori,  in  Castro  scilicet  lun- 
larum,  in  ecclesia  sancti  Pétri,  ad  nanendum.  Dedi  etiara  eîi 
molendina  duo,  eidem  çastro  proxima,  secns  Tiam  publieam,  ii 
una  area  sita,  nichil  omnino  micbi  super  hiîs  retinens.  Sane  io 
terra  Montis  Ausberti  (2)  talem  eis  in  posterom  contuli  libertafien, 
ut,  si  quando  alienigene  quilibet,  quos  albanos  vulgariter  nanei- 
pant,  locum  jamdicti  montis  inbabitare  voluerint,  dummodocoa 
ministrariis  meis  pactum  nullum  inierint,  sicut  liberi  venenint,Be 
monachis  memoratis  serviant,  et,  si  secum  alîqaid  addoxeriat, 
aut  ibi  acquisierint,  salvum  sit,  et  absque  meomm  inquietodias 
permaneat.  Similiierct  de  propriis  consuetudinariis  concessî^vt 
si  qui  eorum,  aliquid  causa  salvationis  ad  memoratum  locum  ad- 
ducentes  attulerint,  salvis  consuetudinibus  et  redditibus  me», 
integrum  et  a  servientîbus  meis  illesum  existât.  Denavi  preterei 
sepedictis  monacbis  ad  piscandum  sibi  omnes  aquas  meas  com 
piscatore,  et  terram  super  aquam  Maogniam  (5),  quam  quidan 
Arnerius  excolebat,  et  sextarium  unum  frumenti  de  arpeolo 
vinee,  a  quodam  Wineberto  pro  ûlio  suo,  inibi  monachando,  po- 
blice  ipsis  ac  sollempniter  concesso,  com  bomine  uno,  Amamico 
Domine,  et  terra  sua,  cujus  donationem,  quamvis  ad  menm  pitH 
▼eniret  feodum,  laudare  non  recasavi.  AddidI  etiam  eis  aolsa 
meam,  liberaliter  donans,  et  aream,  ubi  sita  est,  cum  propria  ca- 
méra mea.  Concessiquc  eis  iibere  ac  quiète  in  perpetuum  possi- 
dcrc  universa,  que  de  meo  fuerint  feodo  eis  collata  in  postennu, 
vel  ipsi  qnibuslicet  modis  justeque  sibi  potemnt  acquirere.  Im- 
davi  nichilominus  donationem  cujusdam  Roberti  supradictis  mo- 
nncbis  publice  factam,  quem  in  suum  recepennt  monachon, 


(1)  Isle-Anmont,  Aube,  arrrondiuement  de  Troyes,  canton  de  Bonilly. 

(2)  Montabert,  Anbe,  arrondissement  de  Troyes,  canton  de  Loiifny, 
maiie  de  Montanlin. 

(a)  La  Mogne,  rivière. 


—  *or  — 

qvam  etiam  frater  ejus,  nomîne  Walterios,  Robertasqne,  aepos 
ipsius,  coDcorditer  laudaverant,  terrain  videlieet  de  Spîneto,  ter- 
rain de  Dmeio,  terram  quoqoe  de  Monte  Ausberll,  et  qnamdam 
graneriam  ultra  liaogniam  citra  ulmos,  pratnm  qnoqne  de  Espe- 
cheyo,  corn  Tineis  sais  de  Bullîaco  (1),  et  Gunnollam  (2),  qnemad- 
modam  ipse  eum  tenueral.  Item  concessi  eis  habere  in  eastro  de 
Insolis  proprinm  furnom  bannaleni,  sicat  ego  et  antecessores  meî 
ibidem  hactenus  haboenmt,  ita  videlicet  at  nemo  alimn  in  eodem 
eastro  de  Insolis  deinceps  fornnm  babeat,  nec  aliom  in  loco  eis 
eontiguo  ad  gravamen  eomn  nllo  modo  constraere  présumât, 
loeuper  dedi  ipsis  piseatores  dnos,  WiHelmirai  scilieet  et  Alsendnm 
de  Corjoleniis  cnn  filiis  eorom  omnibus  et  filiabus,  et  micbi  aut 
heredibus  meis  nicbîl  exinde  retinui  omnino. 

Hec  itaque  universa,  sîcut  per  ordinem  diligenter  conseripta 
habentur,  et  tam  a  me  ipso,  quam  a  dictrs  bominibus  meis  sol- 
lempnîter  coUata  sont  sepedietîs  monacbis,  ut  magis  în  postenim 
rata  permaneant  et  inconcussa,  sigilli  mei  autentiea  et  publica 
impressione  euraii  diligenter  et  soHempniter  confirmare.  Hujus 
reî  testes  existant,  Willelmus,  venerabilis  episcopus  Gathalanensis, 
Gosbertus  Rufus,  senescalcus  meus;  et  muUi  alii. 

Actum  boc  et  publiée  confirmatom  anno  ab  incamatione  Domi- 

ui  M*»xc*vno. 

(Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2*  Cart,  de  Molesme,  f»  86  v«  87  r».) 


LXXV. 

dmrte  dn  cMnie  Hiicves  pour  TablMiye  de  (MUnt-lioiip 

de  Tr«yefl. 

Au  plas  tard  1100. 

In  nomine  sancte  et  iudividae  Trînitatis. 

Ego  Hugo,  Dei  gratla  cornes  Trecasinus,  cum  Pbillppo,  fraire 
meo,  Gatalaunensium  episcopo,  et  cum  uxorc  mea,  notum  volo 
Bcri  omnibus  Xpisti  famulis  presentibus  eorumque  succcssoribus, 
patrem  meum,  vidclicet  Teobaudum  comitem,  ob  remedium 
animœ  suae  et  uxoris  iiecnon  et  fiiiorum  suorum  sanct»  Dei  geoi- 
trici  virgini  Mariœ  et  sancto  Liipo  confessori  atque  canonicis  ipsi 


(  1  )  Boailly,  Anbe,  arrondissement  de  Troyes. 

(a)  ComcMt,  Aube,  arrondûsemeiU  de  Troyei,  etntOD  et  Boailly. 


—  «w  — 

famulantibus  perdonasse  omnes  oonsoetadines  Till»,  qiut  foeatir 
Ralliaca  (i),  omniumque  meiibronim  ei  adjacentîuin,  quasnûmi- 
tri  ipsius  juste  vel  injaste  aolebant  in  eadem  Tilla  sopradicta  et  îb 
menbris  ejus  accipere,  excepto  salvameato  et  galUna  presentiafiter 
nno  denario  empta.  Quod  actam  est  eo  tenere,  nt  in  seconda  et 
sexta  feria  a  canonids  sancti  Lupi  in  eoclesia  ipsinaproremedto 
anim»  su»  et  uxoris  atqne  filionim  suonim  miasa  caelebreto 
omni  tempore,  et  eo  etîam  tenore,  nt  omnl  amno  in  festi^tate 
sancti  Ândre»  unaaquisqne  villanus,  qui  assidue  in  predieta  vilh 
manebit,  babens  unum  bovem  ant  plnres  arantes,  comîti  Trecasao 
nnam  fresingam,  ut  ita  dicam,  aut  duos  solidos  persoWat.  Extn 
autem  potestatem  si  qui  manserint,  et  boves  non  habuerint,  anam 
fresingam  aut  predictum  precium  inter  duos  persoivant  Hoe  aa- 
tem  ita  constitutum  est,  ut  nullus  comitis  minister  predioam 
villam  et  menbra  ejus  adeat  ad  aliquid  capiendum,  nec  Justifi'eaa- 
dum,  aut  judicandum,  exceptis  illis  qui  gallinam  et  salvamentom, 
sicut  predictum  est,  accipient.  Nec  etiam  quisquam  ipsius  minister 
in  tota  potestate  illa  aliquid  accipiat,  nec  justitiam  aliquam  in  ea 
faciat.  Idem  vero  ego  Hugo,  cornes  Trecasinus,  et  frater  mens 
Philippus,  Gatalaunensis  episcopus,  atque  uxor  mea  approbamna, 
et,  ne  qua  ambiguitas  nec  contentio  de  consuetndinibus  perdona- 
tis  ulterius  oriaiur,  sic  ipsas  distingui  precipimus  :  Omnes  liberoi 
bomines  et  libéras  feminas,  et  quicumque  vel  quecumque  ex  aliis 
locis  in  vîllam  supradictam  et  in  menbra  ejus  causa  morandi  Te- 
nerint,  atque  consuetudines  eorum  quas  ministri  nostrorum  pa- 
trum,  nostri  etiam  solebant  accipere  sive  juste  siye  injuste  in  villa 
dicta  Ruiliaca  et  in  menbris  ipsi  adjacenUbus,  omnino,  sîtc  acci- 
perentur  in  locis  sîlvestribus,  sive  in  campestribus,  sive  in  aquis, 
sive  in  pratis,  sive  in  servis,  sive  in  ancillis,  sive  in  liberis  ibi  mt- 
nentibus,  vel  eu  m  prius  ibi  mansissent  inde  alio  recedentibos, 
omnino,  inquam,  ego  Hugo,  comes  Trecasinus,  et  frater  meoi 
Pbilippus,  Gatalaunensis  episcopus,  et  uxor  mea  perdonamos 
sancts  Dei  Genitrici  Mariae  et  sancto  Lupo  et  canonicis  ipsios, 
excepta  gallina  preseniialiter  uuo  dedario  empta,  et  excepio  su- 
vamento  et  fresinga,  vel  precio  ipsius,  solidis  scilicet  duobus.  Si 
quis  autem  hoc  statutum  infregerit,  sit  maledictos  et  ab  ornai 
consonio  Xpistianorum  submotus,  sicut  Datban  et  Âlûron,  quoi 
terra  deglutivit. 

Signum  comitis  Hugonis  :  f . 

Signum  Philippi,  episcopi  Gatalaunensis  civitatis  :  f . 

Signum  comi lisse  Gonstantiœ  :  f. 


(i)  RoniUy-SaiDt-Loap,  Anbe,  arrondiitcment  de  Troyw,  caoloa  de  Pinqr. 


—  409  — 

Hii  $unt  testes  istius  cartae  :  iDgelranous,  episcopus  Laudunen- 
sis;  Pbilippps,  TreccDsis  episcopus;  Girardos,  Sancti  Pétri  archi- 
diacoDus  et  Sancti  Lupi  prepositus;  Petros,  archidiaconus  ; 
Goscelmus,  archidiacoDus;  Odo,  cantor  Sancti  Pétri;  Drogo,  ma- 
gister;  Odo,  cantor  Sancti  Lupi  ;  Galterus,  cambérars  S&ucli  Lupi  ; 
Galterus  Tronellus;  Galterus  Vespertilio;  Teodericus,  canonicus; 
Teobaldus,  Sancti  Lupi  canonicus;  Hugo....,  Sancti  Pétri  cano- 
nicus. 

De  laicis  :  Milo,  cornes  Barri  ;  Pontius  de  Ponto  ;  Hugo  de  Paen- 
dis;  Dudo  de  Mareiolo  ;  Berengarus  de  Romeiolo;  Gaufridus, 
dapifer,  etOtrannus  ejus  filius;  Gosbertus  de  Villa  Moriis;  Dudo, 
filius  Havini;  Hugo,  filius  Goslini;  Boto,  filius  Baidrici;  Milo  Par- 
vus  ;  Hilduinus,  miles  de  Curia. 

De  servientibus  comitis  :  Ingelmarus,  prepositus  ;  Grimaldus, 
vîcecomitis  prepositus  ;  Lambcrtus,  Gislebertus,  et  Leboldus,  ne- 
gotiatores;  Walo,  filius  Fromundi  Clari ;  Hugo,  pincerna;  Renaldus 

;  G[au]debertus,  frater  Ingelmeri  prepositi  ;  Wineber- 

tus,  filius  Radulfi  ;  Setmarus,  filius  Démentis  ;  David,  marescallus 
comitis;  Wandenbertus  et  Wiscelinus  frater  ejus;  Leudardus. 

Servientes  Sancti  Lupi  :  Petrus,  Radulfus. 

(Original,  Archives  de  l'Aiibe.) 


LXXVI. 

Cluurte  eu  6— le  Hoi^efl  pour  Pabbaye  de  Moiitlèrttiiiey. 

In  nomine  summe  et  individue  Trinitatis. 

Omnibus  Xpristi  fidelibus  tam  futuris  quam  presentîbus  notum 
fieri  volumuSy  quod  Hugo,  excellentissimus  comes  TrecassinsB  ci- 
viiaiis,  interpellatus  a  domno  Ottone,  Arremarensis  monaste'rii 
abbaie,  donavit  et  in  perpetuum  obtinere  concessit  beatis  apostolis 
Petro  et  Paulo  monasterii  Arremarensis  pro  anima  patris  sui 
Theobaldi  et  matris  sue  Alaidis,  necnon  et  pro  animabus  fratrum 
suorum  Stepliani  videlicel  atqueOdonis  et  pro  sua  anima,  justiciara 
ville  ^aneti  Martini  (i),  quae  villa  juxta  nuiros  Trecassiuae  civitatis 
sita  est,  et  omniaquac  in  ipsa  villa  sive  juste  sive  injuste  tam  ipso 
quam  omnes  predecessores  sui  comités  capere  solebanu 


(i)  Saint-Martio-ès-Vignes,  Ai&e,  commune  de  Troyes. 

«7 


.<: 


—  410  — 

Âctum  est  boc  publiée  apud  Treeas  in  aola  îpsias  comilis,  anno 
ab  incarnatione  Domini  M^.  C^,  indiclione  VIIU,  pontificatus  an- 
tem  domini  Pasehalis  papae  secundi  anno  III,  tempore  Philippi  régis 
Francorum,  Pbilippo,  episcopo,  Trecassinae  dvitatis  poalificiaffl 
obtinente. 

Hujus  rei  testes  suDt  :  Gaufridus,  filias  Otranoi  ;  Boyo,  filius  Bil- 
drici  ;  Alberieus  de  Vitriaco  :  Robertus,  filius  Hogonis  de  Porta; 
Gaufridus,  filius  Wkerude,  mouetarius  ;  iDgelmerns,  prepositos; 
Deodatus,  filius  Achardi;  Fredericus  de  Rnmiiîaco;  Winebertoii 
filius  Radulpbi;  ex  familia  Sancti  Pétri  :  Goboldos,  Tillicus;  Bil- 
duinus,  Rainardus  (1). 


(  Coll.  de  Champ.,  1. 136,  p.  900,  impiimé  en  partie 
Camnzat,  Prompt.,  t»  286  t«.) 


LXXVII. 

Charte  do  eomto  Hucnes  pour  rakbsye  de  BIol< 

1100-1101. 

""é  MoDumenta  rerum  gestarum  priores  labore  litterario,  quo  peri- 
tiores,  eo  argutiusmemoris  commendaverunt,  posteronim  notitia 
boc  exemplari  inculcantes,  ne  si  quid  dignum  memoria  futurii 
temporibus  succederet,  ignaviter  preterirent.  Nos  vero  utilitati 
nostrae  et  succedentium  proridentes,  dum,  principio  eognito,  qài 
rerum  finis  sit,  ignoremus,  ne  boue  et  pie  acta  obliYÎone  transitin 
confundantur,  bec  virilibus  scriptis  in  memoriam  revoeare  proca- 
remus.  Et  quoniam  liberalitate  [if^iorum  priocipum  viguii  usqoe- 
quoque  et  crevit  ecclesia,  quantum  bis  quoque  nostris  temporibus 
per  Uugonem,  Trecensium  comitem,  MoUsmensis  profecerit  ecd^ 
sia,  necessarium  duximus  subscribere. 

His  enim  bonae  indolis  cornes,  perpendens  quanta  predictom 
cœnobium  benignitate  parentes  sui  et  frater  piae  memoriae  cornes 
Odo,  cujus  bic  bereditario  fungebatur  consulatu,  fOTerint,  et  r^ 
rum  suarum  largitione  interdum  sustentaverînt,  recogitans  etiam, 
quia  quisque  propriam  mercedem  accipîet  secundum  suum  labo- 
rem,  deliberare  apud  se  cepit,  quid  prefat«  aecdèsiae  quod  ^Bte^ 
num  suum  memoriale  esset,  conferre  valeret.  Tandem  suoron 
et  nobilissûne  conjugis,  régis  Pbilippi  Francorum  filiae,  devenit 


(1)  Voir  U  suite  plas  bas,  p.  4i8,  Pièce  LXXXV. 


l. 


—  411  — 

animo  dare  quîcquid  consuetudinarie  in  cocmptione  salis  j^rren- 
sis  (1)  oppidi,  quod  super  Albam  fluvium  sitom  est,  hactenus  posse- 
derat,  redditus  qaoque  et  joslicias  pro  commerlio  salis  factas. 
Verum  quoniam  exilus  rerum  prudentia  metitur,  prefatus  cornes, 
prudenti  usus  consilio,  convocatis  a  se  in  eodem  Barrensi  Castro,  '^'  i< 

quibusdam  secclesiae  personis,  priore  scilicet  Adam  Domine,  Lis-  *'-;: 

celino,  camerario,  nec  non  et  Hugone  elemosinario,  in  presen- 
lîa  quorumdam  magnatum  saorum  sollempDi  datione  facta,  per 
manus  ipsoram  aecclesiae  jure  perpetuo  habendam  contradidit. 
Sane  si  quispiam  in  posteram  varietate  ministrorum,  levitate 
principum,  verbosiiate  obloquentium ,  molimine  fraudulentum, 
violentia  rapacium  buic  tam  sollempui  scripto  obviare  temptaverit, 
veridicorum  quampluriam  iestium  nomina  subterinserimus,  quo- 
rum visa  et  auditu  refellitus,  testimonio  confusus,  verbis  repulsus, 
coDgregatio  perpetuo  gaudeat  de  bene  ordinatis  sibi  rébus. 

Testes  vero  hi  sunt  :  Philippus  Catalauneusis  episcopus,  frater 
comitis  hujus  ;  Dudo,  vicedominus  ;  Gaufredus ,  filius  Otranni  ; 
Wido  Guannonii  Rivi;  Olricus  de  Risnello;  Evrardus,  vicecomes, 
Gosbertus  Rufus;  Rainerus;  Milo,  frater  ejus;  Gerardus  Delicatus; 
Paganus. 

Idem  qaoque  donum  Âdcla,  comitissa,  régis  Anglorum  filia,  et 
ejos  très  filii  Willelmus,  Teothbaldus  et  Stephanus  concesserunt. 

Inde  testes  sunt  :  Gervasius  de  Monte;  Hugo  de  Liseio;  Stepha- 
nus, Carnotensis  vicedominus;  Ileldierus,  agaso  vel  marescalcus. 

Haec  autem  concessio  facta  est  apud  Columbarium  II  nonas  apri- 
lis.  Signum  Adelaîdis  comitissae  :  f .  Signuni  Willelmi,  ejus  filii  :  f . 
Signum  Teothbaudi  :  f .  Signum  Stephani,  eoram  fratris  :  f . 

(Arch.  de  la  Côte-d'Or,  ler  Ckirt,  de  Molesme,  p.  iS-19.) 


LXXVIII. 

Cbarle  du  comte  Ha^aetf  pour  Tablmye  de  nolemne. 

Vers  ilOl. 

Notandum,  et  raemoriter  retinendum,  quod  comitissa  Adela  cum 
quodam  tempore  esset  apud  Sparnacnm,  Hugo,  comes  Trecensis, 
ciim  sua  conjuge  Constantia,  ad  eam  visitationis  et  conlocutionis 
gratia'adve|iit.  Quibus  utrisque  predicta  comitissa  pro  amore  quem 


r 


(i)  Bar-snr-Aiibe,  Aube. 


â 


—  412  — 

erga  Ifolitmensem  ecclesiam  non  modicam  babebant,  el  pndyM 
pro  beneficio  poteslaiis  Rumiliaci  (1),  qaam  sand»  Harûe  in  nli 
sua  dimidiam  et  post  mortem  totam  contuleraot,  aadîenle  G» 
fridOy  filio  Olranni,  magnas  gratias  retnlit,  et  bonum,  qood  cèpe 
rant,  nt  in  melius  perCcerent,  multis  precibus  exoravU.  Ipso  aetoi 
die  domnus  abbas  Robertos  prefat»  eomitissaB  locnUinii  apid 
Sparoacom  advenit,  et  îienun  coram  eo  et  sais  monachis  îd  ot 
Odone,  Uugone,  Hatbone,  snpradictam  donationem  ipsa  grataals 
laudavil,  et  etiam  qnicquid  donare  relient  iideliter  conœssit.  Ikm 
quoque  donum  Adela  comi tissa,  regis'Angloram  filia,  et  ejnstNi 
filii  Guilelmos,  Teotbaldas  et  Stepbanus  concesseront. 

Stepbaous  eliam  vicecomes  inde  testis  est;  Bortardos  etiaB  k 
Liseio;  Ânsulfus  de  Claromonte  ;  Hugo,  ûlius  Rainaldi;  Folos  Fv- 
vus;  Gualerannus  de  Feritate ;  Rainaldus  de  Escaiferias. 

Usecaatem  concessio  facta  est  apud  Cohimbariom  II  imiub 
aprilis. 

Signom  Adelae  comitissae  f.  Signum  Gailelmi  ejos  filii  f .  & 
Teoibaidi  f .  S.  Stepbaûi  eorum  fratris  f. 

(Archives  de  U  C6te-d*0r,  1»  Cartul.  de  Moletwu,  p.  iHi) 


LXXIX. 


Cluurto  da  e^aite  Hasee«  pour  FakbAye  ém 

nos. 

Majonim  auctoritas  et  ratiooîs  ordo  soadet,  ut,  si  qaid  buinatt 
sollertia  firmum  fore  ratamque  disponit,  ut  in  tempora  proro^ 
valeat,  officio  litterali  memoriae  commendciur.  Post  presentiia 
igitur  DOticiam  future  posteritati  intimatum  curavimust  <Pm4 
Hugo,  cornes,  et  venerabilis  axor  ejos  Gonstantia,  Philîppi  repi 
FrancoruDi  filîa,  cui  idem  prefatus  rex  paler  suùs  Atiniacum  fl 
villam  dcderat,  capellam  sanctae  Walborgis  (3)  pro  suarum  remeA 
animanim  sanctae  Maria;  de  Molismo  et  ditioni  monacboram  ej» 
dem  loci  coutradiderint,  et  quicquid  ad  eandem  capellam  attim 
lege  teslamentali  concesserint.  Veruih  quia  cardinales  clericiinK 


(1)  Ramîlly,  Aube,  arrondissement  et  canton  de  Bar-snr-Sein» 

(2)  Attigny,  Ardennes,  arrondissement  de  Yooziers. 

(3)  Saint-Yaaxboarg,  Ardennes,  arrondissement  de  Voosiers,  canton  d'il 
tigny. 


—  413  — 

canonias  obtinebant,  sapradictis  monachis  qaod  juris  erai  alterius 
tibi  vendicare  pertimescentibus,  hoc  actum  est  industria  tîomitîs 
et  comitissae,  ut  in  manu  domni  Manasse,  archiepiscopi,  clerici  illi 
canonias  suas  deponerent,  et  ab  his  sese  omnino  emancîparent. 
Memoratus  itaque  cornes  et  uxor  ejus  in  presentia  ejusdem  archi- 
episcopi  sepenominatis  fratribus  predictam  capellam  cum  omni- 
bus ad  eam  periinentibus,  archiepiscopo  laudante  et  annuente, 
coDlulit,  et  perpetuo  tenendam  concessit. 

Quicquid  autem  tam  in  dono  comilis,  quam  in  asseosu  archi- 
episcopi  actum  est,  predicli  régis  atque  Ludovici,  filii  ejus,  favore 
constat  esse  firmatum  ac  perpétua  sanctione  munitum.  Ne  qnis 
autem  improbus  contra  banc  manumissionis  paginam  aliquando 
oblatrare  valeat,  signis  eam  ac  probabilium  personarum  testimo- 
Diis  corroboravimus. 

Signum  Manasse,  archiepiscopl.  S.  Gervasii,  archidiaconi. 
S.  Manasse,  archidiaconi.  S.  Rodulfi,  prepositi.  S.  JofTridif  de- 
caui.  S.  Richerii,  cantons.  S.  Elberti,  Odalrici,  Lamberti,  presbi- 
terorum.  S.  Fulchonis,  Rainoldi,  Gerardi,  diaconorum.  S.  Isem- 
bardi,  Bartholomei,  Milonis,  subdiacononim.  Signum  Ludovici 
filii  régis.  Signum  Uugonis,  comitis.  Signum  Gonstantiae,  uxoris  ' 
ejus. 

Actum  Remis,  anno  incamati  Yerbi  millesimo  C^  11^,  indictio- 
ne  X,  archiepiscopatus  domni  Manasse  anno  yil>«.  Fulchradus, 
cancellarius,  scripsit  et  subscripsit. 

(  Arch.  de  la  C6te-d'0r,  i«r  Cart,  de  Molesme,  p.  18.) 


LXXX. 

Charte  de  ëa^uïb  iri  ponr  l'abbaye  de 

1102. 

Ego  LudoTicus,  Phllippi  régis  Francorum^  fliius,  Dei  gratia  rex 
designatus,  volo  notum  fieri  omnibus  tam  presentibus  quam  futu- 
ris,  quod  concedo  et  sigillo  meo  corroboro  illud  douum  quod  soror 
inea  Gonstantia  dédit  ecclesie  saucte  Marie  de  Molismo,  scilicet 
ccclesiam  sancte  Walburgis,  justa  Attiniacum  sitam,  et  omnia  crc- 
menta,  que  postea  dédit.  Testes  sunt  :  Symon  de  Meiflo,  Paganus 
de  Gisorz  et  mulii  alii. 

(Arcb.  de  la  C6(e-d'0r,  a«  Cart.  de  Moiesme,  P»  lOSro.) 


•  • 


—  414  — 
LXXXI. 

ém  eMMte  ThIkMU  n  pour  VtMtmje  é»  n 

ii09  (?) 

'  Gam  de  bono  religionîs  odore  in  ecclesiis  Deî  suaviter  redolente 
fidèles  aDîversi  seroper  in  Domino  gaudere  debeant,  ego  Theobal- 
dus,  Trecensîum  cornes,  specialiter  religiosonim  Molismensis  mo- 
nasterii  monachonim  et  precipue  reverendi  yiri  Roberti  priini 
eonim  abbatis  emulalor  exisiens,  tam  futurorum  quam  presen- 
cium  noticie  duxi  fideliter  commendandum  quod,  ad  preces  et 
instanciam  ejusdem  veuerabilis  abbatis  et  nobilium  Tirorum  ho- 
minum  meorum  Guidonis  scilicet  comitis  de  Barro  super  Sequa- 
nam  Galteriiquoque  deBemon  et  Jofridi  Furnerii,  dicte  Molismeosi 
ccclesie  pro  mea  et  antecessonim  meornm  sainte  id  libertatis  in 
potestate  mea  Trecensi  habereeljure  perpetuo  possidere  deceino: 
statuens  et  concedens  ut  ejusdem  ecclesie  homines  si  ad  eaodeiD 
potestatem  meam,  ut  inde  sibi  de  feminis  meis  ducant  uxores,  ?e- 
nerint,  quiète  cas  secum  adducant  et  libère  et  deinceps  tam  ipse 
quam  carum  liberi  absque  ulla  beredum  meornm  in  posterum  re- 
ciamatione  dominio  prefate  ccclesie  et  servitio,  sicut  ceteri  bo- 
mines  sanctuarii,  per  omnia  subdantur.  Hujns  itaqne  libertatis  D^ 
morate  ecclesie  a  me  soUempniter  collate  testes  exislunt  milites 
et  homines  mei  Andréas  de  Baldimento,  Rocelious  de  Vendoperio 
et  multi  alii.  Acium  hoc  publiée  meoque  est  sigillo  confirmaton 
annoincarnati  verbi  M**.  Q^.  WMV*. 

(Arch.  de  la  Côte-d'Or,  2«  Ctut.  de  Moiesme,  fl^  83  f«, 

83  ro)  (t). 

LXXXIL  . 

Moilce  de  donations  faites  à  l-abbaye  do  Salnt-niehcl  de 
Tonnerrof  par  les  comtes  Thibaut  1»  et  Unsoea. 

1118. 

m 

In  nomine  sancteet  individuc  Trinitatis. 
Notum  sit  omnibus  tam  futuris  quam  presentibus,  quod  cornes 
Teobaudus  Blesensis  concessit  ecclesie  Sancti  Ilichaelîs  Tomodo- 


(i)  Sar  cette  charte,  voir  notre  t.  II,  p.  375. 


—  415  — 

rensis  cenobii  pro  remedio  anime  sue  et  animanim  suorum  an- 
tecessorum,  quod  nullus  monachus  ipsius  ecelesie,  neque  aliquis 
clericus  ei  deserviens  in  eodem  cenobio  aliquam  consuetudinem 
in  nundinis  aut  in  foris  terre  sibi  causa  regeudi  a  Deo  commisse 
persolveret.  Hoc  aulem  donum  confirmavit  Hugo,  cornes  Treca- 
rum  et  Gampaniae,  suus  filius,  dum  rediret  de  Vizeliaco  apud 
Ternodorum  :  quicumque  autem  istud  infregerit,  anatbema  sit, 
iiisi  resipuerit.  Cartula  ista  facta  est  anno  ab  incarnatione  Domini 
M.  C.  XIII,  Ludovico  rege  Francorum  régnante  féliciter  V<*  anno. 
Hajus  rei  testes  existunt  ipsemet  cornes  Hugo  Teobaudi  filius, 
Willelmus  Nivemensium  cornes,  Milo  cornes  Barri  super  Sequanam, 
Hilp  de  Erviaco  et  filius  suus,  Wauterius  de  Moutegnio,  Henricus 
frater  ducis  Burgundie,  etc. 

(Blbl.  Imp.  Coll.  de  Champagne,  t.  TiUy  (Topo- 
graphie), p.  m). 


LXXXIII. 

è 

Cliarle  du  eemte  Mogvefl  pour  Tabbaye  de  noii41ei^l»*Celle. 

In  nomine  sancte  et  individue  Trinitatis. 

Quoniam  patrum  nostrorum  precipit  institutio  et  firmat  aucto- 
ritas,  quia  bénéficia  que  dantur  ecclesiis,  ut  firma  et  rata  perma- 
Deant,  debent  assignari  monumentis  litterarum  ut  sic  tradantur 
memorie  posterorum,  ideo  ego  Hugo,  comes  Trecensis,  mores 
patrum  sequens,  beneficium  et  libertatem  que  ecelesie  beati  Pétri 
Insuie  Germanice  pro  remedio  anime  mee  et  predecessorum 
meorum  contuli,  harum  litterarum  notulis  assignare  curavi. 

Omnibus  igitur  scire  volentibus  innotesco,  quod,  quando  Hicru- 
salem  proficisci  vellem,  totum  theloneum  omnium  pecorum  sive 
pecudum,  que  in  cunctis  nundinis  Trecorum  venderentur,  prêter 
ejusdem  tbelonei  decimam,  quam  jam  antea  ecelesie  Sancti  Se- 
pulchri  dedcram,  et  prêter  asinorum  theloneum,  quod  mei  juris 
non  erat,  cenobio  Sancii  Pétri  Insuie  Germanice  ex  jure  proprio 
Dieo  me  concessisse,  atque  ut  ad  hoc  theloneum  suscipiendum 
abbas  et  monachi  ministros  suos  eligercnt,  qui  de  hac  elemosina 
per  exactionem  justicie  nisi  per  manum  monachorum  nemini 
responderent.  Quod  si  inde  illis  aliquis  injuriam  faceret,  et  clamor 
inde  oriretur,  ministri  monachorum  haberent  capitale  suum,  et 
josticie  medietatem,  servientes  vero  mei  aliain.  Sed,  si  absque 


—  416  — 

clamorc  de  injaria  thclonci  concocdia  fieret,  iode  prorsus  nichil 

minisler  meus  acciperel.  Goncessi  praeterea  in  singulis  nandinis 

Trecorura  XV  solidos    ad  calciamcnta  fratnim  Cellensiam  de 

theloneo  coiiorum,  quos  persolvet  thelouearius  eorumdem  co- 

riorum.  Sed  et  libertatem  prefate  roDtali  ecclesie  ut  bomines  sui 

ubicumque  essent,  sic  omuem  mercem  suam  Trecîs  liberaliter 

auferrent  et  in  foro  sive  extra  forum  ita  venderent,  qiiod  mioistri 

mei  inde  nullam  exactionem  vel  auferendi,  vel  vendendi,  sive  cre- 

dendi  sibi  illis  inde  facerent.  Et  quicumque   liberi  homines  ad 

villam  Monasterii  Celle  venei^int  et  ibi  roanere  voluerint,  ecclesie 

monasterii  suut.  Iterum  si  Trecas  ire  volucriiu,  eis  ibi  morari  et 

itenim  ad  Monasterium  Celle  reverti  licet.  Et  quicumque  in  airio 

Sancte  Savine  manserint,  per  bannum  meum  vinum  vendere  licet 

Servicntes  aniem  de  pane  ecclesie  viventes  Trecas  ab  omni  cod- 

suetudine  liberi  sunt  ;  et,  si  ibi  forisfecerint,  et  in  ipso  facto  de- 

prehensi   non  fuerint,  non  justiciabuntur  nisi    per  Cellens<dn 

eoclesiam.  Omnes  omnino  consuetudines  cum  tota  justicia  a  ponte 

de  Valsa  usque  ad  Bugnonem  Cellensis  ecclesie  su  a  t.  Salagium, 

sicut  Renaudus  vicecomes  babuit  et  prefate  ecclesie  contulit,  sci- 

licet  hancias  et  boisscllos  tam  in  foris  quara  in  nundinis  Trecanin 

concedo  et  conûrmo.  Villa  que  dicitur  Javemant  ita  libéra  ei>i, 

quod  servientes  mei  manum  apponere  non  possunt,  nisi  aj  mooa- 

clium  qui  custos  ville  ilHus  erit  clamoreni  fecerint.  Similiter  quo- 

que    Pruneium   et  Mouasterlolum    ville    ita   libère,    barberdo 

Francorum  ab  omni  consuetudine   cum  justicia    liberum  est. 

Reliacum  cum  justicia  et  villa  que  dicitur  Chattcum  cum  justicia 

ecclesie  prenominate  sunt.  Et  quidqaid  ecclesia  prefata  tempore 

predecessorum  nostrorum  apud  Ruviniacum  possedit  aui  juste  ibi 

vel  alibi  poterit  adquirere  concedo  libenter  et  confirmo.  In  villis 

que  Brullicurtis  et  Fonlanetum  dicuntur  nullas  consueiudioes 

babeo,  nisi  quod  in  festo  sancti  Remigii  quotanuis  illi  homines 

de  Fontaneto  qui  sunt  Sancti  Pétri  de  Cella  XII  denarios  michi 

debenty  qui  vero  sunt  cenobii  Sancti  Bercharii  II  solidos. 

Igitur  ne  hec  aliquid  temporum  vetustate  mutari  vel  infringi 
possint,  sigilli  mei  impressionc  conlirmavi.  Hujus  autem  rei  testes 
suDt  qui  inlerfuertinl  :  Philippus,  Trecassine  civitatis  episcopos; 
item  Pbilippus  fraler  meus/Cathalaunensis  episcopus  ;  Radulfus, 
monasterii  Celle  abbas ;  Alberlus  et  Dudo,  capcllani  mei;  Kilo 
vicecomes  Treconsis;  Dutio,  Maroli;  Erardus,  cornes  Brenie;  Gaa- 
fridus,  fllius  Otranni  ;  de  sorvicnlibus  meis  :  Bordinus,  preposilos; 
Eujormerus  ;  Criniaudus  ;  Robertus  Aurelianensis.  Âcta  sunt  hcc 
publiée  Treois  anno  incarnallVerbi  M*.  C«.  Xllll*,  Ludovico,  rege, 
strenue  regni  Francorum  gubernacula  modérante.' 


-   417  — 

Collation  lie  la  copie  cydevaiil  iranscriptc  a  cs^é  extraictc  des 
deux  cens  dix  hiiictei  dix  neuf  feuilletz  du  martirologe  de  Pabaye 
de  Monsticrlacelle  lez  Troyes,  ledit  martirologe  estant  en  deux 
cens  cinquante  cinq  feuilletz  en  parchemin  sain  et  entier  escritz 
et  cottes,  par  moy  Augustin  Vignardet«  sergent  roial  privilégié 
demeurant  a  Troies  soubzsigné,  commissaire  en  ceste  partie,  en 
présence  de  H"  Vincent  Petilpied,  adjoinct  ordinaire  au  bailliage 
et  siège  présidlal  de  Troyes,  et  ce  en  vertu  de  certaine  commission 
ponant  pouvoir  de  compulser,  esmanée  de  la  chancellerie  du 
Palais  à  Paris  en  date  du  XV«.  jour  du  mois  de  mny  mil  six  cens 

trente  deux Cejourdhui  troislesme  juin  mil  six  cens 

trente  deux.  Ce  fait  Toriginal  rendu. 

Signé  :  Vignardet,  Petitpied. 

(Ârcb.  de  rAabe,  Fonds  de  Montier-la-Celie.  Pièce 
cotée  Montier-la-Celle,  n<*  2. 


LXXXIV. 


Charte  du  comte  Hafpicii  pour  l'abbaye  de  Snlat-Martln 

d'Kpemay. 


lllii. 


Fiium  atque  ratum  teneal  fidelium  eccicsia,  atque  tam  futuro- 
mm  quam  prcscntium  novcrit  solertia,  quoniam  Hugo,  comes 
Campaniee,  suo  tempore  venerabilis  atque  sibi  subdilis  pius  et^af- 
fabilis,  cuin  ob  suorum  vcniani  pcccaminum  in  Jérusalem  iturus 
esset,  pluribus  ecclesiis  pro  sua  suique  patris  atque  genitricis  ani- 
mabus  multa  bona  contulit,  atque  sibi  suppositis  multas  consuctu- 
dines  condona\it.  Apud  Sparnacum  autem  castrum  quod  jure 
quieto  possidebat,  quia  de  sua3  matris  tiote  fuerat,  consuetudiuem 
avenae  qua;  summata  dicitur  et  nummos  placili  generalis  perpc- 

lualiter  induisit média  quadragesima,  anno  ab  incarna- 

tione  Domiui  uiillesimo  ccntesinio  decinio  quarto. 

(Bibl.  Imp.  CoU.  de  Champagne,  t.  135,  p.  370). 


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—  418  — 


LXXXV  (1), 


€;iuurle  du  eMMte  Hiisves  pour  TaMbaye  ( 

fer  février  —  Qayril  ilSl. 


Seqaenti  qaoque  tempore  vir  oobilissimus  Rainaldas,  Trecas- 
sinae  civitatîs  vicecomes,  rogatus  a  domiao  Gaaterio,  abbate, 
prsfati  abbatis  Ottoois  successore,  donavit  ei  perpetualiter  conoes- 
sit  memoratis  apostolis  Petro  et  Paalo  Arremareosis  monasterii  pro 
anima  palris  sui  Milonis  et  roatris  sae  Letuidis  et  proaDîmafratris 
sui  Milonis  et  pro  sua  anima  partem  snam  de  justîcîa  ville  Sandi 
Martini,  que,  ut  diclum  est,  juxtamurosTrecassinae  civitatbpoàta 
est,  et  omnia  omnino  que  in  eadem  villa  jaste  vel  injuste  tan 
ipse  quam  antecessores  sui  vicecomites  suniere  solebant.  Et  boc 
fecit  in  presentia  domni  Hugonis  predicti,  comitis,  et  lande  atipie 
voluntate  ipsius. 

Actuiu  est  hocTrecis  coram  venerabili  Pbilippo,  ipsius  civitatis 
episcopo,  in  curia  ipsiiis  episcopi,  et  coram  domino  Hugone  comité, 
domino  Gauterio  abbate  présente,  et  Theoderico  monasterii  Sancd 
Jobannis  priore,  anno  ab  incarnatlone  Domini  M**.  C^.  XX*',  con- 
currente un  in  bissexto,  epacta  nulla,  indictione  XIFII*,  pontifica- 
tiis  autem  domini  Calyxti  secundi  pape  anno  III"*,  régnante  Uido- 
vico  rege  Francorum. 

Hujus  rei  testes  sunt:  Bovo  de  Sancto  Sepulcbro;  Otrannus, 
Glius  Gaufridi  ;  Odardus  de  Volenissa  \  Pontius  de  Capis  ;  Robertiii 
et  Johannes  de  (nsulis;  Ânselius,  filius  Fromundi;  Theodericus, 
panetarius;  Gualo,  magister  pelliciorum  ;  et  Gualo  Nisiardos; 
Ingelmerus,  filius  Tebaldi;  Symon,  tune  prepositus  vicecomitis; 
Ëvrardus,  exactor;  S.  Lucernis;  Bonellus  de  Venna;  Willelmus; 
Ansellus;  Erfredus;  Constautius,rrater  Dumi  ;  Otto  de  Porta  ;  Ayri- 
cus,  eminarius;  ex  parte  Sancti  Pétri  :  Petrusde  Mareio,  archidia- 
conus;  magister  Fulcho;  Guillelmus,  filius  Ingelmeri;  Ayricus, 
villicus  Saucti  Jobannis  ;  Belinus,  filins  Jobannis  Gasatiani  ;  Oge- 
riiis  et  Siephanus  de  Parvo  Masnilo  ;  Rogerius,  decanus. 

Si  quis  auiem  inimicus  ecclesiœ  banc  donationem  et  hanc  liber- 
tatem  aliqua  subreptatione  molestare  temptaverit,  nisi  condigoa 


(1)  Voir  plus  havt,  p.  409,  Pièce  LXXYI. 


\ 


—  419  — 

satisfaclîone  correxerit,  a  corpore  et  Bangoine  Xpisti  sit  segrega- 
tus,  et  anathemate  pereulsus,  a  corpore  etiam  totius  sancte  ecclesie 
separetur.  Amen I  Amen!  Fiat!  FiatI 

(filbl.  Imp.  Coll.  de  Champagne,  L  136,  p.  aoO-901.) 


LXXXVI. 

Cbarie  dn  comte  nagneii  ponr  le  prieuré  de  fMaki^emM" 

eB-Châtel. 

9  octobre  iiSS. 

In  nomine  sanctae  et  individue  Trinitatis. 

Omnibus  Xpisti  fidclibus  notum  fieri  volamus  quod  domnus 
Hugo,  ciceilcniissimus  comes  Trccassinus,  dum  secunda  vice  Jbe- 
rusalcm  pergeret,  apud  Eduam  civitaiem  in  die  festivitatis  sanc- 
torum  Symonis  et  Judae  dédit  et  perpetualiter  obtinere  concessit 
beatis  apostolis  Petro  etPaulo  Arremarensis  roonasterii  et  aecclesiae 
Sancti  Jobannis  Baptisioe  de  Gastelio^  quae  infra  mures  urbis  Tre- 
cassinae  sita  est,  et  monacbis  eis  famulantibus,  domno  videlicet 
abbati  Gualterio  et  successoribus  ejus  sextarium  fnimenti,  sexta- 
rium  vini,  panem  unum  et  spatulam  porci,  qus  omnia  singulis 
annis  monachi  Sancti  Jobannis  de  Gastello  soliti  erant  dare  ad 
portam  civitatis,  quae  versus  abbatiam  Arremarensem  posita  est. 
Cum  vero  a  sancto  dominico  Sepulcbro  isdem  comes  rediit,  dom- 
nus  abbas  Gualterius  presentiam  ejus  adiit  cumque  humili  prece 
rogavit,  ut,  quod  apud  Eduam  fecerat,  boc  coram  famulis  suis  et 
coram  legitimis  lestibus  Trecassinae  urbis  faceret  et  concederet. 
Quod  bénévole  et  omicabiliter  fecit. 

Actum  est  boc  publiée  apud  Trecassinam  urbem  in  clausiro 
Sancti  Jobannis  Baptistae  de  Gastello  VII  idus  octobris,  id  est  in 
die  festivitatis  Sanctorum  martyrum  Dyonisii,  Rustici  et  Eleu- 
thefii  anno  ab  incarnatione  Dpmini  M».  C*.  XX^.  11°.;  concurrente 
W"',  epactaXXII;  pontificatus  domniCalyxti  secundi^-papae,  anno  V; 
indictionel.;  régnante  Ludovico,  rege  Franconim;  primo  anno 
pontificatus  domni  Attonis,  Trecassinae  urbis  episcopi.  Hujus  rei 
testes  sunt  :  Manasses  de  Villamauri  ;  Gaufridus,  filins  Otranni  ; 
Bovo  de  Sancto  Sepulcbro  ;  Robertus,  miles  Aurelianensis  ;  Atto 
de  Moueta  ;  Salo,  frater  ejus  ;  Falcbo  de  Linais  ;  Drogo  de  Villa 
Mauri;  Herbertus,  clericu»,  de  Rosnaio;  Girardus,  clericus,  de 
Brienna;  Rôbertus  de  Insulis,  tune  prepositus  comitis;  Johannes 


—  420  — 

de  losulis;  Lebaldus;  AgaDOD,  filiusejiis  ;  Lebaldus,  nepos  Leinldi 
difilîs;  RobertiisDiat)olus;  Willeluius  de  Porta  ;  Hvrardos,  Teeriiu; 
ex  parte  Saocli  Peiri  :  Gilduinus,  ncpos  ipsius  donini  abbatis  (inai- 
tcrii;  l^celinus,  mouetarius;  Herbertusde  Ârbrosello;  Beroardos, 
famuliis  abbatis;  Alardus;  Herbertus;  Arnulfus,  DeposWilleboldi; 
Odo  de  Sancto  Marlioo;  Heiniuaricus  ;  Abel  ;  Petnis,  filius  Goen; 
Todericus  de  Gadusia.  Si  quis  aiilem  inimicus  occlesiae  banc  dotia- 
tionem  aliqua  siibreptione  violare  lemptaverit,  nisi  condi{i(Da  satis- 
factione  correxerit,  a  corpore  et  sanguine  Xpisti  sit  segregatus,  et, 
anatheinaie  percussus,  a  corpore  eliam  totius  sancis  ecclesidî  se- 
paretur.  Amen  !  Aiueu  !  Amen!  Fiat  !  Fiat  I  Fiat! 

(Original.  Axch.  de  l'Aabe.  —  Cette  charte  a  été  déjà  imprimée 
en  partie.  Voir  notre  tome  II,  p.  132.) 


LXXXVIl. 

Charte  da  eomte  Hogiaeii  poar  Tabbaye  de  iHaraioiitler. 

4148. 

Erclesia  Xpisti  longe  lateque  per  orbem  diffusa  lacrimosiii  su»- 
piriis  cos,  qui  in  sccuiari  habita  vivunt,  colidic  ammouel,  etdicil: 
Venite,  filii,  audits  me;  timorem  Domini  docebo  vos,  et  noiite 
speraro  in  iiicerto  divitiarum,  ne  similes  ei  sitis,  qui^  cum  in  ho- 
nore csset,  non  iulellexit,  et  idco  comparatus  est  jumentis  et  si- 
milis factus  est  illis.  Hoc  et  nlia  multa  scrîpturarum  testimonia, 
quibus  jubemur  de  transitoriis  ad  etema,  de  terrenis  ad  celestia 
transire,  ego  Hugo,  cornes  Trecensis,  aadiens  et  mente  perirac- 
tans,  amicos  michi  facere  de  mammona  iniquitatis  juxta  precep- 
tum  dominicum  volo,  ut,  cum  defecero,  recipiaut  me  secum  io 
eterna  tabemacula.  Quuii  si  omnibus  Del  servis  prodesse  oequco, 
saltem  cis,  quos  religiosiores  et  aflQoiores,  immo  ab  aDtecessori|)us 
meis  plus  aliis  bonoratos  esse  cognovi,  videlicet  Majoris  Monaste- 
rii  monacbos,  nunc  et  in  futuro  ab  omni  infestatione  et  inquiéta- 
tione  omnium  hominum  pro  posse  meo  defendo,  et  ea,  quae  a  me 
vel  ab  hominibus  meis  data  sunt,  vel  donanda,  eidem  monasterio 
pro  mea  meorumque  saiute,  tum  pro  reverentia  beati  confessons 
Xpisti  Blartini,  tum  pro  amicitia  et  familiaritate,  quam  in  me  ba- 
bent,  et  ego  in  eis,  cartulae  hujus  uotulis  conflrmo,  et  sîgilli  mei 
impressione  consigne  :  qaatinus  présentes  et  futuri  cognoscant, 
quod  paro  et  simplid  corde  boc  faeio,  et  ut  servi  Def  supradicti 


■  * 
•       .t 


—  421  — 

monasterii  monachi,  qui  in  comltatu  meo  saot,  vel  eniDl,  quiète 
Dco  serviant,  et  pro  mea  et  antecessonim  meorum  aeterna  salate 
Dei  Dostri  misericordiam  die  nOclnqne  letius  implorent.  Et  ut  lu- 
cidius  et  brevius  ea  que  supra  concessi  maaireslem,  omuia,  quœ 
de  fcBVo  meo  supradicli  Majoris  Monasterii  monachis  dabuntur,  vel 
data  suDt,  aut  quolibet  modo  juste  poterunt  adquirere,  ut  a  me 
▼cl  a  quoqaam  successorum  meorum  auctoramentum  ulterius  non 
queratur,  do,  volo  et  confirmo. 

Actum  anno  ab  incarnatione  Domini  millesimo  GXVIH,  Ludô-. 
Tico  sceptrum  tenente  in  Francia^  Philippo  autem  Trecensium 
episcopo. 

Et  ni  hoc  monumentum  meae  donaiionis  et  concessionis  inviola- 
tum  permaneat  in  sternum,  subterscribi  jussi  eos,  qui  interfue- 
runt  :  Andreani,  comitem;  Gosbertum,  dapifemm;  Guidonem  de 
Donmo  Petro;  Arnaldtim  de  Domno  Petro;  Tetbaldum,  preposî- 
tum;  Ariebaldum  Goriardum;  Arlcbaldum  de  Duvione;  Odonem 
Grossum;  Bovonem  de  Magna  Curte,  et  filium  ejus  Macharium; 
Dodonem  de  Capa  ;  Gausfredum,  miliiem  Arlebaldi  ;  Goscelinum  ; 
Stephanum,  prepositum;  et  Stepbanum,  majorem;  Constantium, 
majorem;  Albertum,  capellanum,  qui  sigillavit  :  Hugonem,  caroe- 
rarium,Gausfredum,  priorem;  Stepbanum,  secretarium ;  Ulricum, 
juvenem  ;  Galterium,  majorem  nostrum  ;  Gamerium,  cocum  ;  Mar- 
Unum,  puerum. 

(Original,  Ârch.  de  l'Aube.) 


LXXXVIII. 


Charte  ém  comte  Hogues  peur  FaMbaye  de  BloleMne. 

1119. 

Ego  Adela,  Blesensis  comitissa,  et  Tbeobaldus,  filîus  meus,  no- 
tum  fieri  volumus  tam  futuris  quam  presentibus,  quia  feriam  nos- 
tram  de  Sezennia,  que  est  ad  festum  sancti  Nicbolai ,  ex  integro 
concessiinus  ad  vestiendum  pan  pères  Xpistimonacbos  Béate  Marie 
Molismensis  ecclesie,  in  remissionem  peccatorum  nostrorum  et 
salutem  animarum  noslrarum  necnon  et  antecessorum  nostrorum 
et  ut  anniversaria  nostra  in  prefata  ecclesia  in  eternum  celebren- 
tur  ;  ila  tamen  quod  inde  persoWant  singulis  annis  sexaginta  so- 
lîdos  monachis  Sancti  Pétri  Kesbacensis  ecclesie. 

Huic  dooo  interfuerunt  Guido,  Molismensis  abbas;  et  donmus 


}^,^ 


—  422  — 

Garaerus,  Resbacensis  abbas,  et  multi  alii.  Et  ut  hoc  ratum  habea- 
tur,  sigillis  nostris  firinavimus. 

Facta  est  autem  bec  caria  anno  ab  incamatioDe  Domiai  M*.  O. 
XDL». 

(Arch.  de  U  Côt»-d'Or,  2«  Cart,  deMolesme,  P  97  r<>.) 


LXXXK. 

€;iuurle  du  eeaite  Magma  pour  le  chapitre  de  la  eaikédnde 

de  Troyes. 

Aa  plus  tard  1125. 

Quooiam  sanctomm  patrum  precipit  instituclo  et  firmat  aacta- 
rîtas,  quia  bénéficia  que  dantur  ecclesiis,  ut  firma  et  rata  permi- 
néant  debent  assignari  monumeutis  lilterarum  ut  sic  tradaûtor 
memorie  posterorum,ideo  nos,  morem  patrum  seqaentes,  bénéficia 
que  HUGO  cornes  Trecensis  ecdesie  Beati  Pétri  Trecomm  pro 
redemptione  anime  sue  contulit  harum  lilterarum  notulis  assi- 
gnare  curavimus,  ut  sic  borum  memoria  beneficiorum  nosiris 
commendarelur  sequacibus.  Omnibus  igitur  scire  volentibus  igoo- 
tescat,  HUGonem,  Trecensen  comilem,  tam  veteris  quam  nofi 
testamenti  instilutis,  que  dari  rerum  décimas  precipiuut,  insirue- 
tum,  tocius  telonei  Trecarum  ecclesie  Sancti  Peiri  decimam  coa- 
cessisse.  Sed,  quia  ministri  principum  soient  res  etiam  .beae 
inslilutas  quibusdam  versutiis  defraudare,  timens,  ne  in  futoro 
inde  orietur  impedimentum  ecclesie,  Deo  sibi  divinitus  inspirante, 
quod  prius  instituerai,  in  melius  ad  ecclesie  commodum  volait 
adûrmare.  Totum  igitur  teloneum  et  justiciam  prêter  menibrorum 
truncationem,  que  ad  clerum  non  pertioel,  dccimi  fori,  ex  quo 
in  die  Veneris  inciperet,  quoadusque  die  sabbati  terminaretur, 
idem  eomes  prefate  contulit  ecclesie,  qui  sue  prudencia  discre- 
cionis,  sic  islam  distinxit  elemosinam,  ut  due  partes  inpenderen- 
tur  necessariis  ecclesie,  tercia  vero  parte  ejusdem  ecclesie  refice- 
rentur  officine.  Staluit  autem,  ne  qua  discussio  oriretur  de 
susceplione  hujus  eiemosine,  quatinus  boc  beneficium  susciperet 
minister  ecclesie. 

Et  quia,  quod  ecclesiœ  contulerat  voluit  testibus  confirmare,  ad 
hujus  astipulationem  beneiitii  isli  legitimi  testes  fuerunt  adhibid  : 
Andréas,  comes  de  Rameruco;  Wido  de  Wangionis  Rivo;  Gosbe^ 
tus,  dapifer;  Airardus,  comes  Brenensis,  et  fraler  ejus  Milo,  comes 


—  423  — 

Barrensis  ;  Goflredas,  filius  HotraDoî  ;  Hotrannus,  fllius  ejus  ;  et  de 
servientihus  comitis  :  Lanbertus,  prepositus  ;  et  Falco,  Clins  En- 
germcri  ;  Evardus,  filias  Burdini  ;  Walo,  Glius  Fromandi. 

(Oric^nal,  Arch.  de  rAobe.) 


xc. 

Cluurte  du  eomte  Thlbant  n  pour  rabbaye  de  noleMne. 

1125. 

Ego  Theobaldus,  Treceosiam  cornes  palatinus,  tam  presentibus 
quam  futaris  DOtum  facio,  quod  ego  villam  de  Monceon  (1),  qae 
ecclesie  béate  Marie  Molismensis  et  monachis  ibidem  Deo  ser- 
vientibus  in  elemosinam  data  est,  in  ciistodia  mea  et  in  protec- 
tione  mea  pono  et  suscipio  et  ab  omnibus  malefactoribas  conser- 
vare  et  defensare  spondeo,  amore  Dei  precipue  et  béate  Dei 
genitricis  Marie,  et  sancii  Desiderii ,  bac  siquidem  conditiooe, 
quod  in  prenomînata  Tilla  singulis  annis  modium  avene  ad  roen- 
suram  Trecensem  accipiam.  Polliceor  aatem  et  statuo,  quod 
predictnm  modium  avene  et  custodiam  prefate  ville  nulli  in  feo- 
dum  dabo,  nec  ego,  nec  beredes  mei.  sed  in  perpetuum  in  manu 
mea  et  heredum  roeoruni  permanebit. 

Ad  memoriam  autem  hujus  facii  et  hujus  conventionis  conser- 
▼andam  presentem  paginam  sigilli  mei  impressione  corroborare  et 
confirmare  decerno. 

Actum  est  Trecis  in  aula  comitis  Theobaudi,  anno  ab  incarna- 
tione  Domini  M^*.  G°.  XXIIIP.,  Eugenio  papa  Romano,  régnante 
Ludovico  Franconim  rege. 

Hnjus  rei  testes  sunt  :  Uenricus,  Trecensis  epîscopus  ;  Magister 
PetrusStrabo;  Magister  PetrusGomestor;  Magister  PetrusPotator; 
et  roulti  alii. 

(Arch.  de  U  Côte-d*Or,  2«  Cari,  de  Molesme,  ^  68  r»). 


(0  Montsaon,  Hante-Hâme,  «rrondissemeiit  et  canton  de  Chanmont. 


—  424  — 


XCI. 

de  Thlbaat  II  en  faTeor  ée  Térêelié  dte  SieMii. 

Vers  1129. 

Notum  sit  omnibus  tam  futuris,  quam  presentibas  qiiod  ef^i» 
Theobaldus,  Blesensis  cornes ,  habebam  quandam  consuetadioen 
in  domibus  Meldensis  episcopi,  banc  scilicet  quod,  defuncto  épis- 
copo,  quicquid  mobiliiim  rerum  in  domibus  cjas  inveniebatar, 
meum  erat  et  ad  opus  meum  capiebatur.  Hanc  itaque  consueladi- 
nem  consilio  et  suggestione  religiosorum  virornm  intelligens  et 
rccognoscens  esse  injustam,  et  anime  mee  dampnosam,  et  etiam 
pro  remedio  anime  mee  necnon  pro  animabus  patris  et  matm 
mee  et  antecessorum  meorum,  dimisi  et  concessi  Barchardo,  Met- 
densi  episcopo,  proprias  domos,  illas  videlicet  quas  habetin  orbe 
infra  ambitum  sue  curtis,  libéras  et  quietas  ab  hac  consuetodioe 
ita  peuitus,  ut  nec  ego  nec  aliquis  heredum  meorum  sive  sueceno- 
rum  ibi  quicquam  capere  présumât.  Hoc  vero  ea  lege  et  ea  condi- 
tione  concessi,  ut,  sicut  episcopus  in  vita  sua  disposait,  ita  eo 
mortuo  ejus  dispositio  raia  et  ûrma  permaneat.  Si  vero,  quod  di- 
▼ina  permissione  evenire  solet,  episcopus  ÎQtestatus  morUros 
fuerit,  quicquid  mobilium  rerum  in  domil)a8  suis  inveotum  fuerit, 
monialibus  de  Funtanis  per  manom  decani  ecclesie  SancU  Ste- 
pbani  etarcbidiaconorum  detur  et  distribuatur.  Quod  si  forte  loc» 
ille  de  Funtaniis  delelus  et  destructus  fuerit,  infirmis  îd  est  lepro- 
sis  Meldensibus,  similiter  decano  et  archidiaconis  distribuentibos 
predictas  res  episcopi,  scilicet  totum  mobile  suarum  domonim, 
ut  prediximus,  infra  ambitum  sue  curtis,  excepto  ligneo  omato, 
scilicet  lectis,  scannis,  sedilibus,  mensis,  doliis,  commiis,  fenes* 
tris,  et  bujus  modi  donetur.  in  hac  etiam  libertate  pono  et  cou* 
cedo  omnia  aniroalia  episcopi,  ubicumque  habuerit,  scilicet  bofes 
et  oves,  insuper  omnia  sua  quadrupedia,  ut  nisi  episcopus  in  Tiu 
sua  aliter  disposuerit  dentur  monialibus  vel  infirmis.  De  bac  etiia 
libertate  et  concessione  ego  posui  propria  manu  donum  super  ai- 
tare  Sancti  Stephaui  in  die  penthecostes. 

Ut  hoc  donum  firmum  et  immutabile  esset,  mei  sigilli  imprei- 
sione  hanc  cartam  muniri  et  corroborari  feci.  Hujus  autem  doni 
testes  sunt,  etc.  « 

(Bibl.  de  Meaax,  dut.  de  t église  de  Meaux,  I,  30,111,9; 
imprimé  en  partie  par  T.  da  Plesais,  II,  24.) 


<^. 


=fj(: 


—  425  ■— 


XCII. 

Cluirte  ém  eMMte  ThOiaiii  n  pour  le  prictaré  de  Celle-en^Brie. 

1188. 

Ego  Teobaadus  Blesensis  cornes  existencium  presencie  et  fîitu- 
rorum  posteritati  notum  fieri  volo,  quod  Robertus  presbiter  de 
Gella  in  Bria  dédit  Deo  et  ecclesie  de  Gella  ad  officium  sacriste  ad 
lamiDare  ecclesie  pro  remedio  aaime  sue  II  arpennos  vinee  et 
grangiam  suam  et  torcular,  quod  est  in  eadeni  vinea.  Et  quoniam 
hoc  in  presencia  mea  donatum  et  concessum  fuit,  precepi  ut  bec 
cartula  sigilli  roei  auctoritate  muniretur,  ne  alicui  deinceps  huic 
dono  tam  racionabiliier  facto  cakimpniam  inferre  liceret.  Hujus  rei 
testes  fuerunt  :  Radulphus  capellanus  meus  qui  banc  cartulam  si- 
gillavit,  Stcphanus  de  Garlanda,  G.  cornes  Brene,  Helias  de  Firmi- 
tate,  Paganus  tune  prepositus  Goloraarii.  Hii  prenominati  testes 
fuenint  de  dono  et  concession e  facta  ante  me.  Hii  vero  qui  subse- 
quuntur  snnt  testes  de  l' dono  facto  apud  Gellam  :  Ricardus  tune 
prior  Gelle ,  Gillebertus  de  Garlanda ,  et  Ebrardus  major  Gelle, 
Renaldus  de  Rillo  sororius  predicti  Roberti  presbiteri.  Actum  est 
hoc  anno  ab  incarnatione  Domini  M?.  C*.  XXX*.  VIII^.  régnante 
Ludovico,  filio  Ludovici,  rege  Francorum. 

(Bibl.  Imp.  lat  6441,  p.  61.) 


XCIII. 

Cluirte  €m  eomle  Thibaut  m  pour  le  prieuré  de  Salnt-llIeelMi 

(Aube). 

il88. 

Existentium  presentie  et  futyroniro  posteritati  ego  Teobaudus 
Blesensis  cornes  notum  fieri  volo,  quod  Odo  Pilans  Ganem  vendi- 
dit  et  concessit  mooachis  S.  Nicholai  do  Gapella  totam  terram 
quam  babebat  apud  prefatam  Gapellam  de  feodo  Milonis  de 
Nogento  ;  et  Odo  Pilans  Ganem  ante  presentiam  meam  iaudave- 
runt  et  concessernnt.  Hoc  idem  laudavit  et  concessit  Margarita 
axor  Milonis.  Ut  autem  ista  venditio  ûrma  et  inconvulsa  in  perpe- 
tuum  permaneaty  banc  cartulam  sigilli  mei  auctoritate  corroborari 


-m  — 

precipio.  De  concessione  Biilonis  de  Nogento  ante  me  facta  testes 
fueriiDt  :  Gauterius  de  Bemon,  Stephanus  Ridellas,  Jobaones 
Tyrant.  De  concessioDe  vero  Odouis  Pilantis  Caoem  :  Petnis  de 
Castello,  Herbertus  Grandis,  Petnis  Bursaudus,  Robertas  Scandeos 
in  Celum. 
Âctiim  est  hoe  apud  Calestam  anno  Domini  miUesÎBio  ceotesiaM 

irigesimo  octavo,  régnante  Ludovico  rege. 

..  »  ' 

(Original,  Arch.  de  rAabe.  —  Ck>pie,  ibid.,  Mvest 
de  Montier-la-Celie,  P  48  t*»). 


xcrv. 

Charte  da  comte  Thllimit  a  pour  l'abbaye  de  n 

1189. 

Existentium  présent!»  et  futuromm  posteritali  ego  Teobaudos, 
Blesensis  cornes,  significari  decrevi  qood  i^olo  et  in  perpeioon 
coDcedo  Deo  et  ecclesiae  Saneti  Pétri  Sanctiqae  Bercarii  Denreosîs 
monasterii  et  monachis  ibidem  Deo  servientibus  pro  remédie  ani- 
mae  meae  meorumque  antecessorum,  quod,  si  homines  monaebo- 
riun  prefate  ecclesiae  roortui  fuerint  in  mea  terra  vel  in  mea 
justicia  sine  herede  ac  sine  pare,  qui  non  sit  de  eodem  dofnioîo. 
pecuniam  hominis  eorum  mortui  vel  mulieris  habebunt  monachi 
sine  aliqua  parte  quam  michi  seu  justiciis  meis  tribuanC,  si  perse 
eam  habere  potuerint.  Si  vero  per  se  eam  liabere  non  potueriot 
et  proclamationem  michi  vel  prepositis  sea  jusUciis  meis  iode 
fecerint,  ego  deinceps  terciam  partem  illius  pecunie  habebo,  et 
monachi  diias  partes,  ex  quo  eam  per  justiciam  meam  habaerlDt. 
Hoc  autem  laudaverunt  et  concesserunt  Matildis  comitissa,  uxor 
mea,  et  Henricus,  ûlius  meus.  Hujus  rei  testes  Tuerunt  :  Radulfus, 
capellanus  meus,  qui  banc  carbm  sigillavit,  Hilduinus  de  Vendo- 
pere  ;  Ânsellus,  Trecensis  causidicus  ;  Petrus  Bursaudas  ;  Gaute- 
rins  de  Bemun;  Hugo  de  Montrampon,  prepositus  Rosnaii; 
Droco  de  Rosnaio;  Raginaudus,  tune  major  Rosnaii  ;  Dominions, 
lune  prepositus  Barri  ;  ex  parte  vero  monachorum  :  Odo  et  alter 
Odo,  tune  prepositi  et  monachi  ecclesie  ;  et  ex  laicis  :  Masceiimis, 
Miio  frater  ejus,  Albertus.  Actum  est  hoc  apud  Insulas,  anno  ab 
incamatione  Domini  M""  Q"  \UJ>  V^U^  régnante  Ludovico  filîo 
Ludovici,  rege  Francorum,  Gaufrido  Cathalaunensi  episcopo  exis- 
tentc.  Signum  Matildis  comitisse.f.  Signum  Henrici  f  • 

(Orisinal,  Arch.  de  U  Haate-Hune.) 


•jî^i 


-  487  - 


xcv. 

Cliiirle  do  eomie  Thllmat  il  pour  le  prieuré  d'Amllly. 

HhO, 

Ego  Tbeobaldus,  Blesensîs  cornes,  existentium  presenUe  ei  futu- 
ronim  posterîtati  Dolum  fieri  volo,  quod  Letbericus  de  PUiotro 
dedh  Deo  et  ecclesie  Sancte  Marie  de  Amiliaco  et  monacbis  ibidem 
Dea  servientibus  redecimam  tocius  annooe  sne  de  Corhoon,  qaod 
donum  Eustachius  filias  ejusdem  Letberici  ante  presenciam  meam 
laadaTÎt  et  concessit.  Gauterius  quoque  de  Bemon  dédit  et  cpn- 
cessit  ante  presenliam  meam  prefatis  monacbis  pro  remedio  ani- 
me sue  redecimam  omnis  annone  sue,  quam  apud  Âmilliacum 
habuerit  in  terragiis  videlicet,  et  in  corveis  et  in  carracis,  si  eas 
apud  prefatam  villam  babuerit.  Ne  autem  bec  dona  ante  me  facta 
ab  istis  "vel  a  predecessoribns  ecrum  disturbari  vel  quassari  pos- 
acnt,  banc  cartulam  sigilli  mei  auctoritate  confirmari  precipio. 

Hujus  reî  testes  sunt  de  utroque  dono  :  Radulpbus,  capellanus 
meus,  qui  banc  cartulam  sigillavit  ;  Guillehnus,  clericus  meus,  qui 
eamdem  scripsit,  et  multi  alli. 

Actum  est  apud  Golomarium,  anno  àb  incarnatione  Domini 
M»  C*  XL». 

(Arch.  de  la  Côte-d'Or,  S*  Cart.  de  Molesme,  P>  103  r«.) 


XCVI. 

Ckarie  du  eimiie.  Thiltoat  il  pour  ralilMiye  de  iHontténuiiey. 

idAO. 

Yiri  discreti  et  sapientis  est  pro  utilitate  anime  sue  i^ita  super- 
stite  laborare.  Quid  enim  prodest  bomini,  si  mundum  universum 
l<icretur,  anime  vero  sue  detrimentum  paciatur? 

Quamobrem  egoTeobaldus,  Blesensis  cornes,  do  et  imperpetuum 
concedo  in  elemosimam  Deo  et  ecclesie  Sancti  Pétri  de  monasterio 
Arremarensi  pro  remedio  anime  mee  meorumque  antecessorum 
Costelinam,  filiam  Bonelli  juvenis  :  quod  donum  laudaverunt  et 
concesserunt  Matirdis,  comitissa,  uxor  mea,  et  Uenricus^  dilua 


"^     _  428  - 

meus.  Ut  autem  hoc  donum  ratum  et  incon^ulsum  permaneit, 
hauc  cartulam  sigilii  mei  auctoritate  coofirmare  precepi.  Hujas  reî 
testes  fuenint  :  Hilduirïus  de  Yendopére;  Petros  Bursandns; 
Guîardus,  tanc  prepositus  Trecarum  ;  Ugo  de  Colle  ;  Nichd  de 
Porta. 

Coofirmoetiam  abbatielmonachis  ejiisdem  ecclesieÂrremareuss 
emptionem  quaodam,  factain  ab  eis,sicutiDrrascriptumest.Âssenio 
namque  domni  Hathonis,  Tricassini  poQtiflcis,  emeruntà  Burdino 
de  Summa  Vaile  viginli  libris  medietatem  decimaram  tam  grossa- 
rum  qiiain  miniitarum  de  Desda  (\)  et  de  Sancto  Martiiio  (2),  obU- 
tiones  Irium  festivitatum  in  anno,  et  i-ensum  quem  habebat  apad 
Sanctum  Martiuum,  laudamibus  Helisabeth,  lixore  sua,  et  daobos 
liliis  suis  Jobanne  et  Andréa,  et  duabus  filiabus  suis  Anne  et  Eme- 
lina.  Sed,  qoia  abhas  Sancti  Martini  coniendebat,  minutas  décimas 
et  oblationes  sibi  prias  datas  fuisse  :  voluntate  ipsius  Burdini  re- 
tenta suut  ab  abbate  Ârreiuarcnsi  de  viginti  libris  solidi  seiaginlt 
donec  idem  miles  easdem  décimas  et  oblationes  tradat  Âiremi- 
rensi  ecclesie  absque  ulla  calumpnia  possidendas.  Hoc  ita  factim 
et  mea  preseniia  roboraium  sigillî  etiam  mei  auctoritate  (irmafi, 
posteris  transmittendum.  Hajus  rei  tcs^tes  fucnmt  :  Guiardus,  pre- 
positus Trecarum:  Ansellns,  filius  Fromondi;  Jobannes  de  Insu- 
lis;  Guillermus,  sagitarius.  Hii  autem  testes  fuerunt  in  chostro 
Sancti  Johannis,  qtiaqiÀo  Bnrdinus  et  uxor  ejus  et  filii  et  filie  boc, 
quod  emptum  a  monacbis  fuerat,  super  altare  Sancti  Jobaonis 
posuerunt  :  Hugo  Cancer  ;  Humbertus  Baez;  Teodericus  ad  Nasom; 
Engermerus  de  Insulis;  Petrus  Rabodn;  Amator,  monetarios; 
Falco,  Olius  Jocelini;  Paganus,  fiiius  Hervei;  Guilermus  Ingo; 
Petrus,  fdlus  David  ;  Falco,  monetarius  ;  Nicolaus  de  Porta  ;  et  de 
servientibus  Saucii  Pétri  :  Bonncllus  Rufus;  Fiiipus;  Fulco  Pariais 
de  Saçcto  îtlartino  ;  Gualterius,  cognatus  ejus.  Afiuit  etiam  Goai-' 
fridus,  frater  Burdini,  qui  laudavit. 

Actum  est  hoc  apud  Trecas  anno  ab  incarnatione  Domioi  M<>0 
XL^  régnante  Ludovico,  filio  Ludovic!,  rege  Francorum,  Halhooe, 
episcopo,  Trecensium  cathedra  résidente. 

Guillermus,  clericus  meus,  sigillavit. 

Signum  Henrici,  fiUi  comitis  Teobaldi  Blesensis,  et  Matildis, 
comitisse  Blesensis. 

(Original,  Aich.  de  l^Anbe.) 


(1)  Dandes,  Âobe,  air.  Troyes,  cant.  Losigny,  comm.  Montaaliu. 
;<;  (2)  Saint-Martin-les-Daades,  Aobe,  arr.  Troyes,  caDt.  Losigny^  comm.  T»> 


rtèret. 


—  429  —     ' 


XCVII.  * 


Charte  du  comte  Thllimit  n  pour  le  prIcÉré  de  lUunerapt* 

1143. 

Exîstentium  presentie  et  futarorum  posterîtatî  ego  Teobaldus, 
Bleseosis  cornes  notum  fieri  toIo,  quod  Matîldis,  uxor  Reîrici,  dédit 
Deo  et  ecclesie  béate  Marie  de  l^meruco  et  monachis  ibidem  Deo 
servicntibus  totum  alodium  suum  in  terris^  servis  et  ancillis.  Quo 
comperto  Bertrannus,  frater  ejus,  scilicet  filius  Bertranni  Sine 
Terra,  auferens  ipsum  alodium  diu  monacbis  iojuriam  fecit.  Divino 
tandem  munere  taclus,  errorem  suuiil  cognosceQS,  cum  illis  paci- 
ficavit.  Et  quooiam  ipsum  alodium  in  multis  locis  dispersum  erat, 
monacbis  roganiibus,  in  uno  luco,  videlicel  apud  Liciam,  novem 
quarteria  terre  de  ipso  alodio  ipsis  concessit,  Seilendem  etiam 
uxorem  Jobannis  de  Licia  cum  Oliis  et  Gliabus  suis  et  advocatio- 
nem,  quam  habebat  in  ^redicto  Jobanne,  id  est  duos  denarios  ; 
apud  eciam  Yiiriacum  Herveium  et  uxorem  illius;  pro  quorum 
concessione  sex  libras  Cathalaunensis  nionete  ab  ipsis  monachis 
accepit,  affirmans  fide  sua  se  bec  omnia  libère  et  absquc  ulla 
calumpnia  servatunim  et  a  cunctis  boniinibus  pro  posse  dcfensu 
rum.  Ne  autem  eidem  Beriranno  scu  beredibus  suis  buic  elemosine 
deinceps  contraire  liceiet,  ego  Teobaldus,  cornes,  sicut  Berlrannus 
eam  anie  presentiam  mcam  concesserat,  laudavi  et  concessi,  et  in 
manu  mea,  quod  ipsi  irrefragabiliter  tenerelur,  suscepi,  et  ob  boc 
banc  cariulam  sigiiii  mei  aucloritale  confirmari  precepi,  audienli- 
bus  istis  tesiibus  :  Guillernio,  abbate  Sancti  Martini  Treccnsis; 
Jobanne,  priore  deRameruco;  Lamberto  et  Rainerio,  monacbis; 
Teobaido,  furnerio  ;  Oliverio  de  Droennaio;  et  Acbardo,  fratre 
cjus;  Hugone,  preposiio  Rosnaii  ;  Gauteriode  Bemon;  Milone  de 
Maceriis;  Gautcrio,  Abram,  Alberto,  famulis. 

Radulpbus,  capellauus  meus,  banc  sigillavit. 

Aclum  est  bbc  apud  Rosuaium  anno  nb  incarnatione  Domini 
M*»  C°  XL'»  IP. 

(Original,  Arch.  de  l*Aabe.) 


%  d 


'     _  430  —     ' 


XCVIII. 


Charte  Ai  conto  VhIbaHt  H  pown  VaMtmje  de  €;tof  rvans. 

■  ■• 

iU8. 

Existentium  presentie  et  futuronim  posteritati  ego  Theobaldi», 
Bleseogîs  cornes,  notum  fleri  volo,  quod  do  et  in  perpetoum  cou- 
cedo  ecclesie  ClarevaHensi  et  domiois  ibideni  Deo  semcntibas 
pro  remedio  anime  mee  meonimque  antecessorum  apud  Barres- 
villam  quandam  vineam  meam  ébm  déserta  vinea  prefate  viaee 
coDtigua  ÎQ  Mora  Yalle  sitam.  Et  aliam  vineam  meam  qae  est  io 
valte  Genou  eisdem  similiter  tribuo,  laudaute  et  concedente  Hen- 
rico  filio  meo. 

Ut  autem  hoc  stabileet  in1*onvolsum  deinceps  permanoret^  banc 
cartulam  sigilli  mei  aucloritate  confirmari  precipio. 

Hajus  rei  testes  sunt  :  Radalpbus,  capellaniis  m<.*u$,  <;ui  haoc 
sigillavit;  Hylduinus  deVendopere;  ké^mBroslart;  Hugu  de  Porta; 
Robertus,  filius  Guidonis  Âsinarii,  tune  orepositiis  Barri;  Lamber- 
tus  Lingonensis;  Stephanus  de  Concelo;  Dominicus;  Roberius, 
ejus  frater;  Robertus,  filius  Rollandi;  Consiantius,  major  de  Bar- 
resvilla  ;  Gauterius,  filius  Doe. 

Actum  est  hoc  apud  Barrum,  anirm  ab  iiiearnatîone  Doirnoi 
M**C''XL''iIP,  régnante  Ludovico,  filio  Ludovicî,  rege  Fraoeo- 
rum  ;  Godefrido,  tune  episcopo  Lingonensi. 

{CamUaire  de  Ciairvaux,  Fenis,  U'). 


XCIX. 


Charte  d'Henri  le  Ubéral  pour  rabhajre  de  n«atler4a-Cene. 


r» 


Henricus,  comitis  Teobaudi  filius,  Petro,  abbati  S.  Pétri  de  Cdb, 
et  conventui  ejusdem  ecclesie,  dilcctis  suis,  salutem. 

De  matrimonio,  quod  vuliis  et  conceditis  inter  Hugonein  fratrem 
Teobaudi  de  Bulliaco  et  Dulciam  sororem  Gobaudi,  serrieniis  nos- 
tri,  grates  maximas  vobis  refero,  et  rogo  ut  matrimonium  istoff 
effectui  mancipetis,  et  Hugo(ueffi]  et  prefatam  Dulciam  cum  rebai 


ft  1 


—  431  — 

illis  que  ad  eam  pertinent  booorifice  tractari  meo  amore  preci- 
piatis.  Et,  quoniam  petilioni  mee  de  hoc  matrimonio  diligenter 
adquievistis,  laudo  et  in  perpetnum  concedo,  quod  ecclesia  vestra 
medielatem  infantium,  qui  de  istis  exicrint,  videlicet  de  prenomi- 
oato  Hngonc  et  Dulcia,  libère  et  quiète  deinceps  possideat.  Hoc 
.eliam  laudavit  et  concessit  cornes  Teobaudus  pater  meus. 

Ut  autem  hoc  ratum  et  inconcussum  in  perpeluum  permaneret 
bas  litteras  sigilli  mei  auctoritate  corroborari  precepi.  Hujos  rei 
testes  fueranl  :  Guillelmus  clericus  patris  mei,  Odo  de  Mo\n]tO' 
meTt  Matheus  frater  ejus,  Gauffridus  Esventé  fiiius  Gauffridi,  Hugo 
de  Chaumisi  ;  ex  parte  vero  monacborum  :  Milo  tune  prier  Sancti 
Aygulpbî,  Gauterius  prepositus  monacborum,  Falco  prepositus  et 
nionachus,  Galo  major  monacborum,  Boneltus  ser?iens,  Oternius 
cocus,  Âugerius  cementarius. 

Actum  est  boc  annô  ab  incarna  tione  Domini  millesîmo  centesimo 
quadragesimo  quinto. 

(A.rchives  de  TAobp,  Inventaire  de  Montier-la-Celle, 
P*  65  v«>,  d'après  le  Cartalaire  en  parchemin,  P  i7  v».) 


c. 

Charte  da  comte  ThllMMit  n  pour  l'ablmye  de  Clalrranx. 

liA5. 

Ego  Tbeobaldus ,  cornes  Blesensis ,  notum  fieri  volo  omnibus 
bomiiiibus  tam  presentibus  quam  futuris,  quod  Josbertus'de  Fir- 
mitate,  profecturus  Iherosdimam,  concessit  Deo  et  Sancte  Marie 
de  Clara?aile,  quicquid  habebat  in  villa  Petrecini,  nicbil  omnino 
retinens,  vel  sibi  vel  heredi  suo,  excepte,  quod,  si  redire^d^  ^^^' 
rosolimis,illam  partem  de  communi  quam  cum  aliis  tribus  ejusdem 
ville  dominis  partiebat,  dominationem  scilicet  in  bominibus  et  jus- 
tii  iam  accipiet,  si  voluerit,  in  manu  sua,  et  în  vita  sua,  quamdiu 
voluerit  tenebit.  Post'mortem  autem  suam  redibit  et  boc  ipsum  in 
mannm  et  possessionem  predicte  ecclesie.  Reliquum  vero  totum, 
id  est  quicquid  vel  in  villa  vel  in  finagio  in  sua  proprietate  tene- 
bat,  et  noD  erat  commune  cum  aliis  tribus,  sive  viveret,  sive  mo- 
reretur,  absque  ulla  retractatione  donavit  eidem  ecclesie  perpetuo 
possidendum.  De  bac  autem  donatione  investivlt  apud  Firmitatem 
dominum  Bernardum  abbatem  Clarevallensem,  laudante  Gertrudc, 
more  sua,  in  presentia  Godefridi,  episcopi  Lingonensis,  et  nostra. 


—  432  — 

Ego  vero,  de  cujus  casamento  erat,  eandem  donationem  landiTî 
com  Hearico  filio  meo,  et  înde  precepi  haoc  cartam  facere. 

Testes  sunt  hujus  donationis  ;  Hylduinus  de  Vendopera,  Wal- 
terus  de  Bernone,  Petnis  Bursaldus,  milites  comitis;  nec  dod  et 
Hago,  dominus  de  Bello  Monte,  sororius  ejus;  et  Rogerius  de  Or- 
giis,  et  Wiardus  de  Villa,  et  Johannes  major  ejusdem  ville. 

Factum  est  hoc  apud  Firmitatem,  anao  ab  incamatioDe  Domioi 
1I<^C<^XL<^V^  régnante  Ludovico,  filio  LudoTici,  rege  FraDCorum. 

(Cartnlaire  de  Clairraiix,  Comùum  Campanie  F^.) 


CI. 


lïbMrte  d^AïuielaM  de  TnOiiel  pour  TahlMiye  de  0AlBi4itt«p 

de  Troycfl. 

*         1145. 

In  nomine  saocte  et  individue  Trinitatis,  ego  Anselmos  în  per- 
petuum. 

Quia  generatio  vadit  et  generatio  venit  et  decedentibas  aliis  alii 
giiceeduDt,  facile  transcunt,  que  a  traoseuntibus'flant.  Inter  cetera 
vero,  que  scribi  contigerit,  diulius  in  memoria  durarc  videnlor: 
quippe  que  per  recordationem  in  memoriam  posterorum  deTeniunt 
ne  aut  invidia  pereant  aut  negiigeutia  permutentur. 

Noverit  igitur  mea  posteritas  vel  cujuscunque  successionit, 
qucyl  inter  me  Anselmum  de  Triangulo  et  ecclesiam  Sancti  Lapi 
Trecensis  pro  liberis  mnlicribus,  que  de  potestate  mca  per  cobê- 
reotias  maritales  in  jus  et  dpminationem  ejusdem  Sancii  Lupi  tran- 
slerant,  aliquando  querela  fuerit,  me  ab  illis  servitiiim  exigeute» 
canonicis  e  contra  dicentibus  se  talem  consuetudinem  cum  meii 
predec^oribus  habuisse,  ut  libéras  mulieres  de  terra  mea  juncus 
hominibiis  suis  de  Riveria  Arducei  in  matrimonio  de  cetero  pos- 
sidèrent  absque  reclamatione.  Hanc  ego  querelam  ad  precem  do- 
mini  Everardi,  abbatis,  ccterorumque  fratrum  pro  fructu  anime 
mee  in  pace  remisi,  et  feminas,  de  quibus  controversia  moveba- 
-tur,  et  quibus  tune  erat  investita,  manmnissas  ecclesie  predicte 
concessi.  Hoc  autem  compositionis  iuterpositum  est,  ul  deinceps, 
consuetudine,  qua  mihi  contraibant,  cassata,  si  qua  de  prwiictis 
cuilibet  de  hominibus  Sancti  Lupi  nuberet,  michi  ab  eadem  sine 
offensa  canonicorum  senritium  requirere  liceret. 

Quod  quia  pia  inteutione  non  ffaudulenter  feeeram,  scribi  feci; 
scriptum  vero  ne  quoquomodo  irritum  fieret,  assenMemibus  coa> 


—  433  — 

juge  mea  Helisende  lîberisque  meis  ÀnselmOt  Garaero,  quattinus 
sigillis  comitum,  Theobaudi  scîlicet,  et  bone  memorie  viri  filiique 
sui  domiDi  Henrici,  eo  adhue  tempore  juvenis,  firmarelur,  inipe- 
travi. 
Actum  anno  ab  îocarnatione  Domini  M^C^XLY^ 

{Cart.  de  Saint-Loup  de  Troyes,  f»  XLI.) 


cil. 


Charte  du  coMte  ThilMUit  a  pour  le  prieuré  de  Bamerapt. 

1146. 

Existentium  presentie,  et  futurorum  posteritatî  ego  Teobaldus, 
Blesensis  cornes,  notam  fieri  ?olo,  quod  Fredebargis,  soror  Teo- 
baldi  Garou  uxor  videlicet  Hugonis  de  Meso,  dédit  Deo  et  ecclesie 
Saocte  Marie  Rameruco  et  monachis  ibidem  Deo  servientibus,  pro 
remedio  aoime  sue  suorumque  antecessorum,  in  infirmitate  llla, 
qua  et  mortua  est,  quicquid  teuebat  citra  Secane  flumea.    .    .    . 

elemosinam  istam  calumpuiatas  est  mooacbîs  ;  et  hac  de  causa 
ante  presentiain  meam  convenerunt,  monachi  videlicet  et  predic- 
tus  Teobaidus;  et  ibi  ad  hoc  res  deducta  est,  quod  Teobaldus  to- 
tam  elemosinam  illam  monachis  concessit  et  in  pace  dimisit,  af- 
firmans  fide  sua  ante  me  se  garantiam  et  qujtantiam  in  curia  mea 
juste  laturum  monachis  contra  omnes  heredes,  qui  calumpniam 
inferre  de  elemosina  ista  deinceps  vellent;  et  me  rogavit,  ut  in 
manu  mea  caperem  illum  hoc  tenenduiu  ;  et  ita  feci.  Pro  hac  i(a- 
que  conccssioiie  monachi  ?iginti  libras  nummorum  ei  dederunt  bis 
tesiibus  :  Johanne,  tune  priore  prefate  ecclesie;  Buamondo,  sa- 
crista;  Radulfo  capellano  meo,  qui  banc  sigiUavit;  Meinardo,  sa- 
cerdote  ;  Petro  Bursaudo  ;  Adam  Broslardo  ;  Ansoldo  de  Meriaco  ; 
Berengerio  de  Baldemento. 

Postea  Tero  Arnulphus  de  Gapis,  quoniam  habebat  uxorem  so- 
rorem  Teobaldi  Garou,  prefatis  monachis  calumpuiam  iutulit  de 
hac  eadem  elemosina,  quem  prefatus  Teobaldus  pro  garantia, 
quam  monachis  ferre  debebat,  ante  me  apud  Insulas  adduxit,  et 
ad  hoc  illum  perduxit,  quod  elemosinam  illam  Arnulphus  laudavit 
et  concessit  monachis,  et  Amelinam,  uxorem  suam ,  sororem  vi- 
delicet Teobaldi  Garou,  et  Teobaldum,  filium  suum,laudare  et  con- 
cédera fecit.  De  concessione  vero  Arnulphi  apud  Insulas  fùerunt 


•       •• 


r.  • 


-=-  434  — 

testes  :  Berénferhis  de  BaldemeiU;  MaorîcÎQS,  major  losoUnni, 
et  aKi  qaam  phircs  de  coria  eomilh  et  de  fosufis.  Ûe  ooneesskNie 
autem  Amelîne  et  Teobaldî  filii  soi  apad  Capas  foeront  teste?  a 
parte  iobannis  prioriâ  :  Bereogerias  de  Baudement,  et  Alberliis, 
famalus  prioris  ;  ex  parte  Ameline  et  Theobaldi,  filii  snf,  ftiermit 
testes  :  Arnniphus  de  Filers,  major  prefaii  Araalphi  de  Capis;  Ra- 
dolphos,  gêner  illius  majoris;  Petras  de  Claré.  ^ 

Similiter  anle  preseniiam  meam  Herbertus  Heremita  de  Pams 
dédit  prefatis  monachis  de  Kameruco  hoc,  quod  babebat  in  décima 
de  RamerucOy  scilicet  daas  partes  de  tercia  parte.  Haboit  eciam 
taie  pactani  monachis,  quod  noUo  modo  terciam  partem,  qoe  de 
eo  tenebatar,  dari  vel  veudi,  uisi  eis.  Pepigit  qooqne  predictis 
monachis,  per  manum  meam  se  garantiam  eis  laturam  de  hac  re 
contra  omnes  homines,  et  habuit  decem  et  septem  libras  nummo- 
rum  de  caritate  prefate  ecclesie.  Hoc  autem  laudayemnt  et  cod- 
cesserunt  Petrus  de  Blennieor  et  uxor  ejus  Margarita,  de  qna  nxore 
movebat  feodu  illad,  et  Guido  Bordellus  de  quo  totum  movebat. 

Ut  hec  quidem  firma  et  inconcassa  in  perpetuum  pennaiiereDt, 
banc  cartam  sigilli  mei  anctoritate  corroborare  precepî. 

IIujus  ultime  elemosîne  sunt  testes  ;  Johannes,  prior  ;  Larober 
tus,  monachus;  Werricus,  arcfaidiaconus  Trecarum;  Menardos, 
sacerdos  ;  Gauterius,  cornes  Brene  ;  Berengeriua  de  Baldemento  ; 
Odo,  filius  Goslcni  ;  Bovo  de  Donjone. 

Actum  est  hoc  anno  ab  incaroatione  Domini  M^C^  XL»  VI*. 

(Original,  Arch.  de  l'Anbe.) 


cm. 


Charte  da  eomte  Thilmal  n  pown  le  prleoré  d«  SaIbI- 

Sépulcre  de  'Wlllaeerff* 

il47. 

Bsistentium  presentie  et  fulurorum  posterilati  ego  Teobaldos 
Blesensis  cornes  notum  fieri  volo  quod  Odo,  filius  GoslenK  Hiero- 
solimam  pergens,  dédit  Deo  et  ecclesie  San'cti  Sepulchri  et  mona- 
chis ibidem  Deo  servientibus  molendinos  suos  de  Espîncero  im- 
perpeiuum,  et  proinde  habuit  quadraginta  libras  nummomitl'  de 
caritate  prefaté  ecclesie.  Et  cniu  de  pcregrinaftlofte  sua  redieiil,  a 
Dens  cum  reduxcrit,  inonachi  prefaie  ecclesie  d»bunt  ei  Yîgiûli  If 
bras  nummorum.  Et  idiérim  monacbi  illî  (M)lsldebiint  funHm 
ejosdem  Odonis  de  Treeîs.  Gum  autem  Odo  redierit  habebit  pre- 


■  * 


—  435  — 

«lictas  XX  libras,  ul  predixi,  et  farnum  sonin  monachi  absolnte 
restituent.  Si  vero  in  via  mortaus  fueril,  postquam  certos  rumor 
nd  nos  de  morte  ejus  perveneril,  monachi  persolvent  predictas 
XX  libras  uxori  ipsius  Odonis  et  ûlius  suis  et  fiirnum  similiter  eis 
absolute  reddent.  Hoc  autem  laudaverunt  et  concesserunt  Ame- 
Haa  uxor  ejus  et  filii  ejus  Hugo,  Petrus,  et  Johannes,  et  Baute- 
rins  de  Monteriniaco,  gêner  ejus,  et  Comitissa,  uxor  ejus,  hc  vo- 
cata.  Ne  autem  aliqua  controversia  super  bac  re  in  posterom  ori- 
retar,  factum  est  in  presentia  mea  et  per  mannm  meam  tenen- 
dum.  Et  ut  ûrmius  teneretur  et  ad  memoriam  subsequenlium  re- 
vocarctur,  banc  cartam  fieri  et  sigilli  mei  aucloritate  coniirmari 
precepi. 

Hujus  rei  testes  sunt  :  Hugo  Bellus,  Petrus  filius  David,  Teo- 
baldus  Puilus,  Bartholomeus  de  Wareis,  Petrus  nepos  ejus,  Ar- 
nulpbus,  Arcberins  de  Gapis. 

Âctum  est  hoc  apud  Joiacani  anno  ab  incamatione  Domini 
MoC°XL<>  Vil'»  eo  anno  quo  Ludovicus,  rex  Francorum,  et  Henri- 
cus,  filius  meus,  [cum]  mullo  c|onven]tu  baronum  et  plebis  Jhero- 
solimam  perrexerunt  ad  domandam  Turcorum  coutumaciam. 

(Original,  Ârcfa.  de  l'Empire.) 


civ 


€%apt«  da  comte  ThllMMit  11  pour  le  prieuré  de  mminUAjQui 

de  Provlna. 


1148. 

Existentium  preseiitie  et  futiirorum  postcritati  ego  Teobaudus, 
Blesensîs  cornes,  notum  Heri  volo,  quod  Matheus,  filius  Herberti 
Scnis  de  Pruvino,  precentor  Senonensis  ecclesie,  dédit  Deo  et  ec- 
desie  S.  Aygtilphi  Pruvinensis  pro  remédie  anime  sue  quicquid 
hiibebat  in  décima  de  Curtacon,  et  in  grossa  et  in  minuta  et  in 

eo  tamen  tenore,  quod  de  carilate  prefate  eccle- 

siobalmit  trigiuta  et  sex  libras  iiummorum  :  Ne  autem  aliqna  ca- 
liimpnia  predicte  ecclesie  de  bac  re  in  posterum  oriretur,  Symon 
ttinc  prier  iHius  ecclesie  et  predictas  Matheus  ante  presentiam 
meam  convenerunt,  et  ibi  Matheus  per  manum  meam  tenendum 
pt'^pîi^'t  quod  garaotiam  ecclesie  Sanctî  Aygulfl  juste  ferret  contra 
omîtes  qui  buic  dono  deinceps  calumpniam  inferre  présumèrent. 
Et,  lit  hoc  memorie  in  posterum  traderetur,  ex  petitione  îpsorum 
banc  eartam  sigilli  mei  auctoritate  confirmari  precepi.  Prefatam 


—  436  — 

vero  garaalîam  ex  petitione  ipsius  Mathei^s  in  curia  mea  pombit 
Hoc  autem  laudavit  Robertus  frater  ejus.  Hoc  etiam  laudaverunt  H 
conces&erunt  Guido  Fugansfeaum,  Raimbaudus  de  Maresiis,  lU- 
daifus  Picardus. 

Isti  sunt  testes  :  Radulfus  capellanus  meus  qui  hanc  sigillavit, 
Odo  de  Miroaut^  Gauterius  de  Bemon^  Girardus  Faba,  Gaulerios 
tune  prepositus  PruTinensis,  Aroulfus  de  Joiaco,  Arnulfus  Cordeila, 
TeodoricusBagîa. 

Actum  est  apud  Joiacum  aQno  ab  incaniatione  Domioi  miliesiono 
oentesimo  quadragesimo  octaTO. 

{InventcUre  de  Montier-la-Celte,  f»  4S  ro  ▼«, 
d'après  ie  Cart.  en  parchemin,  P*  9  r».) 


cv. 


Charte  dn  comie  Thibaut  II  en  tmwtmr  de  CIbIII 

■on  clere* 


1148. 


Ego  Theobaldus,  Blesensis  cornes,  existentium  presentie  et  futu- 
rorum  posterilati  notum  fieri  volo  me  dédisse  Willelmo,  clerico 
roeo,  quandam  donium  que  michi  exciderat  de  morte  Ynqiie,  uxu- 
ris  Girardi  de  Ciauslro,  que  domus  contigua  erat  domui  domni  Ra- 
dulpbi  capellarii.  Hanc  autem  domum  prefatus  Willelmus  vendidit 
X  libras  magistro  Herberto  nepoti  prenominati  Radulû  laude  et 
conecssione  mea. 

Ut  vero  Tenditio  ista  rata  et  inconcussa  in  posternm  baberetur, 
bas  litteras  fieri  et  sigilli  mei  auctoritate  corroborari  precepi.  Hu- 
jus  rei  testes  sunt  :  Hugo,  Meldensis  ecclesie  decanus;  predictus 
Radulpbus,  capellanus;  Rericus  et  Adam,  caooaici  Meldenses;  mi- 
lites :  Petrus  Bursaudus;  Adam,  tune  prepositus  Meldensis;  Bar- 
tholomeus,  frater  ejus;  Aubertus  de  Lagniaco;  Adam  de  Porta 
Sancti  Melori;  Droco  Harens;  burgenses  :  Jobannes,  major;  Ro- 
bertus Hermanni;  Giroardus,  filius  Gauterii  roajorîs;  Willelmus 
olim  prepositus  ;  Falcherius,  celerarius.  Actum  publice  io  capelia 
mea  Meldis  anno  ab  incarnatione  Domini  Miliesimo  G^XL^Vill*. 

(Bibl.  de  Meanx,  Cart,  de  téglise  4m  MeatL^ 
I,63,U,ift.)  ^ 


—  437  — 


CVI. 

Charte  dTHeiiii  le  libéral  pour  l'aMIttye  de  clalrrawK. 

1150. 

Ego  Henricus,  filias  comitis  Theobaldi^  notum  fieri  toIo  presen- 
tibus  et  futuris  quod  in  preseotia  niea  venlilata  est  querela  de  ho- 
minibus  Longicampi  qui  in  finagio  Perreceii  usuariuin  requirebant  ; 
et  fldelissime  vestigatum  ac  certissîme  coram  me  cognitum  est  ir- 
raiionabilem  esse  querelam  eorum  et  nulhun  omino  usuarium  nec 
aliud  jus  eos  habere  in  finagîo  iilo.  Unde  et  omnimodis  înterdixi 
predictis  bominibus  Longicampi  ne  de  cetero  présumant  verbum 
aliquod  movere  de  re  ista  nec  aliquîd  ultra  audeant  reclamare  vel 
îpsi  vel  heredes  eorum.  Testes  sunt  bujus  cognitionis,  Hernulfus 
comesRisneili,  Hytduiuus  de  Vendopera,  Josbertusde  Firmitate. 

Factum  est  boc  in  finagio  Perrecii  per  manum  meam  anno  ab  in- 
carnaiione  Domini  MoC^'L^,  cum  jam  tenerem  dominiom  Barri  et 
toiius  terre  Ikrrensis  iraditum  micbi  a  pâtre  meo. 

(Original,  Ârch.  de  l'Aube). 


CVII. 

Charte  da  comte  Thiliaut  n  pour  Tabliaye  de  Clalrvam. 

1150. 

Ego  Tbeobaldus,  Dei  gratia  Blesensis  cornes,  et  illins  meus  Hen- 
ricus  iiotum  (ieri  volumus  posleritali  nostre,  qnod  Walterins,  filius 
Waiteri  Pineti,  et  Henricus,  Tratcr  ejus,  filius  Freerii,  laudanteeo- 
dem  Freerio,  pâtre  Henrici  et  vitrico  Walierii,  dederunt  monas- 
terio  Clarevallensi  quicquid  babebant  in  finagio  Petreciui  absqoe 
uUa  rctentione.  Concesserunt  etiam,  qnod  in  tota  terra  Clareval- 
lensi pedagium  non  acciperent  quod  apad  Petrecinum  accipie- 
bant.  Laudavit  boc  donum  Hugo,  vicecomes  de  Firmitate,  de  cujus 
casamenio  movebat,  concedente  nxore  sua  Hildeberga,  et  ambo- 
rum  filiis  ;  Eriebaudo,  Rorico,  Jobanne  ;  et  filiabus  :  Lancenna, 
Ysabel.  Nos  quoque  predictum  donum  confirmavimus;  a  quibus 


-  458  — 

predictus  Hugo,  vicecomes,  tenehaU  Statoit  et  promîsîi  idem  Hugo 
in  manu  nostra  et  per  mannm  nostram,  quod,  si  ab  aliqao  afiqua 
calumpnia  de  hoc  dono  exsurgeret,  îpse  eam  poneret  in  pace.  Et 
ul  hoe  firmius  staref,  rogavit  nos  ut  aeciperemus  super  uos  et 
poneremus  in  lilteris  nostris,  qnod/  si  aliquaDdo  iode  calumpnia 
oriretur,  et  ipse  eam  ^on  po&set  extiogere»  nos  lamdio  reliqoam 
casamentum,  quod  a  nobis  tenet,  manibus  teneremus,  donec  eam 
omnino  paciûcaret  ;  quod  et  fecimus. 

Ne  autem,  quod  factum  est,  aliqua  temporum  vetustafe  aut  pra- 
vorum  hominum  iniquitate  vel  mutaretur,  vel  penitus  deperiret, 
sigillis  Dostris  pariter  conGrmaviraus. 

{Cartulaire  de  (Uairvaux,  Comitum  Campth 
nie  IIIlK) 


CVIII. 

Charte  du  comte  ThHMHii  II  pour  l-alilMiye  de  Ctalrvanx. 

Vers  1150. 

Notum  sit  omnibus  tam  futuris,  quam  presentibus,  quod  ego 
Theobaldus,  Blesensis  comes,  laudante  filio  meo  Henrico,  et  reli- 
quis  fiiiis  meis,  dedi  Clarevallensi  monasterio  pro  remedio  anime 
mee  et  antecessorum  meorum,  quicquid  avuncnlus  meus  Hugo, 
Trecensis  comes,  eidem  monasterio  contulit  de  terris  suis,  et 
quicquid  de  feudo  ejus  vel  de  feudo  meo  adquirere  poterunt,  quod 
ad  ordinem  eorum  pertineat.  Ne  autem  aliqua  temporum  vetnstate 
aut  praTorum  hominum  improbitate  vel  mutaretur  vel  deperiret, 
sigilli  mei  impressione  firmavi  et  conûrmavi  in  perpetaum. 

{Cartulaire  de  Clairvaiue,  Comitum  Campanie  I^\ 


cix. 

Charte  da  comte  Thlbaot  u  poar  l^obhoye  de  Clalmmx. 

1151. 

• 

NotiOcetur  presentibos  et  futuris,  quod  ego  Theobaldus  Blesensis 
comes,  laudante  uxore  mea  Matildi  et  ûliis  meisHenrico,  Theobaido, 
Stephano,  conûrmo  Clarevallensi  monasterio,  qMlcquîd  Hugo,  Tre- 
censis comes,  avuQculus  meus  dedlt  ei,  et  quicquid  ego  dedi  vel 
daiurus  suip,  quod  de  casamento  meo  daium  est  vel  dabitur  mo- 


-  m  - 

nachis  predicti  loci,  quod  ad  ordinem  et  consnetudinem  eonim 
pcriineat,  inter  que  specîaliter  nominamus  et  conûrmamus  :  fina- 
gium  de  Petrecioo,  quicquid  est  ibi  de  feodo  nostro,  et  quod  eit 
dalum  est,  vel  quod  emerunt,  vel  quod  amodo  dabiiur,  vel  quod 
emetiir  ad  opus  servorum  Dei;  viueas  quoque  Barriville,  que  uos- 
tre  erant  atque  déserte,  quas  ipsi  reedificaveruut.  Et  terram  de 
Maliis  eis  donaTimus  et  concessimu3. 

Ne  autem  hoc  aliqua  temporum  vetustate  vel  depereat  vel  mu- 
tetur,  sigilli  meî  impressione  si^avi,  et  sigillo  primogeniti  filii 
moi  Heorici,  qui  jam  terre  mee  partem  habebat. 

Hujus  rei  testes  sunt  Odo  de  Miroalt^  Josccranus  de  Pringi^ 
Odo  de  Monte  Omeri,  Odo  de  Pogeio,  Galierius  de  Bemon,  Petnis 
Bursaudus. 

f  SigDum  Matildis,  Bleseosis  comitisse.  f  Signum  Theobaldi.. 
Signum  Stephani  frairis  ejus. 

Âetum  est  hoc  anno  ab  ioearnatione  M^CoL^  lo. 

Traditum  Sancti  Floreutini  per  manum  Gaufridi. 

{Cartulaire  de  CUuryaux,  Fenis  III»). 


ex. 

Charte  du  comte  TlUbaot  il  pour  TablMiye  4e  i«arlTi>Dr. 

1151. 

Ego  Theobaldus,  Blescnsis  cornes,  omnibus  hominibus  tam  (ii- 
turis,  quam  presentibus  notum  facio,  quod  Milo,  cornes  Barri  su- 
per Secanam,  dédit  pro  remedio  anime  sue  ea  infirmiiaie,  qua 
mortuus  est,  dominis  de  Ârripatorio,  quatuor  sextaria  annone,  in 
uiolendinis  suis  de  Barro  ad  festum  sancti  Remigii  annuatim  red- 
denda,  de  quibus  medietas  est  frumenti  et  alia  grosse  annone. 
Hanc  equideni  elemosinam  laudaverunt  et  concesserunt  ante  pre- 
sentiam  meam  apud  Trecas  Petronilla,  mater  predicti  comilis,  el 
uxor  ejus  Agnes.  Ne  vero  bec  eiemosina  ab  heredibus  predicti  co- 
mitis  deleri  vel  minui  posset,  haoc  cartam  fieri  et  sigilli  mei  im- 
pressione muniri  precepi. 

Hujus  rei  testes  sunt  Uenricus,  Trecensis  episcopus;  Henricas, 
filius  meus;  Gauterius,  comcs  Brine;  Manasses  Trecensis  archi- 
diaconus. 

Âctum  est  hoc  Trecis  anno  ab  incarnatione  Domini  MoG<>Lo  !<>. 

(Arcb.  de  TAobe,  F.  de  Larivoar). 


440 


CXI. 


liM. 

Existentiam  presentie  et  faturonim  posteriuti  ego  Theobaldos, 
Blesensis  cornes,  ootum  fieri  volo,  quod  Hugo,  major  de  Igniaco, 
clamabat  jure  hereditario  queudam  furnum  apud  Dameriacam, 
quem  Richerius  avunculus  ejas  teouerat,  sicat  ipse  dicebat.  Pro 
bac  itaque  querela  diu  ventilala  taodem  aote  presentiam  meam 
coDveneruQt  Ingrannus,  abbas  Sancti  Uedardi  Soessioneiisis,  ei 
Hugo  prenominatus,  que  querela  ad  boc  ante  me  deducta  est, 
quod  prefalus  Hugo,  quicquid  io  furno  prenominato  clamabat,  ex 
toto  dimisit  et  ecclesie  Sancti  Medardi  imperpetuam  concessit. 
Spopondit  etiam  et  taie  pactum  preDominaie  ecclesie  habait,  quod 
garaotiam  juste  ferret  contra  omnes  qui  eam  deinceps  de  boc  furao 
iuquietare  vellent.  Hoc  quoque  laudai^eniui  et  coDcesseront  Sup- 
plicia, uxor  predicti  Hugonis,  et  filii  eorum  Petros,  Richerius,  Hai- 
mardus,  et  filie  He)vydi8,Ermengardi8,  Aalet,  Ad  boc  etiam  inter- 
fuit Henricus  filius  mens,  qui  boc  laudavit  et  concessit.  Ne  vero 
prenominato  Hugoni  seu  heredibus  aut  successoribos  suis  ecde- 
siam  Sancti  Medardi  Tel  monachos  ibidem  Deo  servientes  pro  boc 
furno  imposterum  iuquietare  liceret,  banc  cartam  fieri  etsigilii 
mei  auctoritate  corroborari  precepi. 

Hujus  rei  testes  sunt,  de  concessione  Hugonis  ante  me  facta  : 
Léonins  Remensis  ecclesie  decanus ,  Adam  decanos  de  Caste!- 
lione,  Gauterius  de  Bemon,  Petrus  Bursaudus,  Gaulerius  tonc  pre- 
positus  Spamacy,  Herluinus  tune  preposilus  Castellionis,  Petms 
prepositus  Dornianni  {lege  Dormanni),  Ursio  preposilus  Casth 
Tbeodorici,  Ërnulphus  de  Orbacho  ;  mooachi  :  Robertus  de  Da- 
meriaco,  Radulphus  thesaiirarius,Philippus  de  Novnto,  Gaafridus|; 
servientes  de  Dameriaco  :  Rogerius  decanus,  Hago  dictus  major, 
Tbeobaldus  mulnerius,  Odo  de  Soilly,  Petrus,  frater  ejos  Petros 
nepos  eorum.  De  concessione  autem  uxoris  Hugonis  et  filionim 
et  Gliarum  eorum  sunt  icsics  :  prefatus  abbas  Ingrannus,  et  preno- 
minati  monachi,  Gyrardus  et  Garinus  filii  Herluini,  Robertus  Slois- 
nens,  Odo  de  Courtemotit,  Hagano  camerariug  mens,  et  predicti 
servientes  de  Damery  et  de  Soily^  Goslenos  Ragiiiaudi. 


—  Wl  — 

Actnm  est  hoc  apud  Igniacum  anno  ab  incarnatione  Domini 
MoC^LoI*.  Radolphus  capellaDoa  meus  sigillavit,  Guillennua 
scripsit. 

(Bibl.  Imp.  Cart,  S,  Medardi  Sues*.;  d« 
Damery  XXXFIIl). 


cxu. 

Ckarte  «m  •«■««  mima*  V  9mm  la  fftéfciJt  4e  m 

1152. 


Ego  Henricus,  Treceo.  cornes  palatioua^notum  facio  presentibus 
et  posteris  quod  universam  Yinatîooem  quam  pater  meus.Theobal- 
dus  illustrîs  Blesensium  cornes  habebat  in  vineis  caDonicoram 
Sancte  Marie  Sanciique  Stephani  Meldensis  ecclesie  ob  remedium 
anime  patris  mei,  cujus  memoria  in  benedictione  est,  et  quinque 
solidos,  quos  famuli  mei  propter  colligendum  prefatam  vinationem 
de  senricio  habere  solebant,  prefate  ecclesie  et  canonicis  eidem 
senrientibus  libère  et  quiète  in  perpetuum  remitto  et  concedo. 
Omnem  etiam  vinationem  quamcnmque  habuero  in  Tineis,  que  eis 
deinceps  ex  elemosina  provenerit  eorum  qui  in  lecto  mortali  fue- 
rint,  similiter  quietam  clamo  prefatis  canonicis  hoc  tenore,  quod 
in  die  anniversarii  patris  mei,  prQpter  felicem  comitis  memoriam, 
panis  et  vini.etcarnisrefectionem  ex  prefata elemosina  annuaiim 
habebuntcanonici. 

Actum  publiée  Meldis  in  ecdesia  beati  Stephani  anno  ab  incar- 
natione Domini  MoCoL"®!!*,  regni  Lodovici  régis  XX^  astantibus 
Manasse  Meldensi  episcopo  secundo,  Lamberto  abbate  de  Sancto 
Farone,  Helia  abbate  de  Cagia,  Theobaudo  archidiacono,  Hugone 
'^ ^ecano,  Girardo  de  Cantumerula«  pluribusque  canonicis;  Ânsèllo 
et  Gamero  de  Triaçnely  Odone  de  Pogi,  Ansello  de  Dongione.  Ne 
autem  hujus  mee  elemosine  devotionem  aliquis  in  posterum  qnas- 
sare  présumât,  eandem  sigiUi  mei  auctoritate  confirmo  et  attestor. 

{Catalogue  no  3.) 


•k- 


ua 


CXIII. 


U58. 

Ego  Henricas,  Treceosiam  cornes  palatinos,  eodesie  SanctiAj^ 
gulfi  de  Pnivino  bona  aagere  desideraos,  canctis  ootom  fieri  ?ole, 
qaod  in  ipsa  ecdesîa  gisterium  nullum  habeo,  minagiom  anteai 
de  burgo  com  suis  juribus  quiète  possident  monachi  S.  Aigolpbi  el 
meosuram  bladi  ex  concessiooe  patris  mei.  Preterea  volo,  cpiod 
Dullua  de  cetero  a  riparia  Durtani  in  toto  bargo  absqoe  consenfi 
prions  predicte  ecclesie  habeat  mensoram  ad  meDsuraodum  bla- 
dom  vel  granum  vendendom.vel  emendom  sub  pena  confiscadoois 
ejusdem  mensure  et  sexaginta  solidonim  taronensinm  ipsi  ecde- 
aie  et  michi  vel  aaccessoribus  meis  applicandorum.  Et  quicquid 
iidem  monacbi  pacifice  possident,  concède  et  laudo  in  perpetoom 
libère  possidendum. 

Ut  autem  ista  rata  et  (irma  permaneant,  présentes  liueras  sigilli 
mei  appensione  roboravi.  Âctum  Pnivini  anno  Domini  millesimo 
cantesimo  quinqnagesimo  tertio.  Tradita  per  manum  Guillelmi  can- 
cellarii. 

{Catalogue  n»  10.) 


CXIV. 


Cterto  *i  coBite  Mtmri  V  pom*  rabkaye 

4» 


ilM. 


In  nomine  sancte  et  individae  Trinitatis.  Ego  Henricos,  Treceo- 
aium  cornes  palatinus,  presentibas  et  futuris  notum  fieri  volo,  inter 
me  et  abbatem  Sancti  Medardi  Suessionensis  ecclesie  Ingrannom 
nomine  discordiam  babaisse  propter  talliam  qnam  in  Tillis  sub- 
scriptis  feceram  videlicet  Dammerii,  Cergei,  SoUei,  Augnei, 
Rtmvrei,  Sauckerei,  Marisei,  cum  appendiliis  suis,  et  Trianges, 
Roséel,  Grisoleis,  Clynum,  Ottimehams,  et  Mongtu  qui  tamen  U- 


—  443  — 

ber  est  ab  omni  consnetudioe.  Sed  serrientes  mei,  qui  consuetu- 
dines  meas  recipere  consaeverunt,  de  prescriplis  villis  nullam  tal- 
liam  me  babere  recognovenini.  Qoapropter  tallîam  in  villîs  pre- 
nomÎDatis  relinquo,  atque  imperpetuum  dimitto.  Sed  tamea  io  yîI- 
lis  prescriptis  nec  ja&,  Dec  consuetudinem,  quam  pater  meas  tem- 
poribus  sois  habuit,  dimitCo.  In  aliis  vero  villis^  si  quas  io  potestaie 
mea  habuerint,  nec  talliam  née  consuetudinem  dimitto. 

Hujus  rei  testes  sunt  :  Girardus  de  Gantumenila,  Matheus  Lotha- 
ringias,  Ursio  prepositus  de  Castro  Theodorici,  Radulfus  Magnus, 
Onilfus  decaous,  Paganus  de  FUlenthors,  Ursio  pannetarius,  et 
Dodo  de  Ferzelei,  Odo  de  Sosmei,  Emmericus,  Renoldus  Perar- 
das  ;  de  monacbis  ipsius  ecclesie  :  Radulfus,  Andréas,  Robertus, 
Gervasius.  Actum  est  hoc  anno  incarnati  Verbi  MoG»  Lo  111°,  Lo- 
doYico  regc  Francorum  régnante,  Ansculpbo  Suessionis  poutiû- 
cante,  supradicto  Ingranno  présente.  Tradita  apud  Gastrum  Theo- 
dorici  per  manum  Guili^rmi,  cancellarii. 

{CaUUogue  ii«  16.) 


cxv. 


CiMurie  «a  eMnto  HenH  l«r  pour  V&Mmje  dei^Salnf-HaHlM 

de  Tvarm* 

1158. 

GhrisUane  professîonis  et  justicîe  ratio  postulat  ut  domini  vel 
principes  terrarum  sic  ecclesiarum  jura  conservent  ne  ab  eisin- 
justa  servicia  vel  indebitas  consuetudines  exigant,  et,  si  forte 
quorumdam  dilationibus  vel  humani  sensus  ignorantia  de  bonis  ea- 
rum  aliquid  tulerint,  cognita  veritate,  pia  sollicitudine  studeant 
emendare.  Hacigiturconsideratione  ego  Henricus,Trecensis  cornes 
palatinus,  ad  presentium  et  futurorum  notitiam  pervenire  volo, 
quod  homines  Sancti  Martini  de  Montibus  presentiam  meam  adie- 
runt,  dicentes  se  probaturos  quod  pastum  sive  procurationem, 
quam  pater  meus  cornes  Theobaldus  bonae  memoriae  diu  super  eos 
acceperat,  debebunt  michi  de  propriis  redditibusbeati  Martini.  Ego 
vero  meorum  circumstantium  persuasione  verbis  eorum  credens, 
precepi  ut  de  propriis  rébus  canonicorum  pastus  michi  solveretur. 
Quod  factum.audientes  thesaurarius  et  canonicî  reclamaverunt  ad- 
▼ersum  me,  asserentes  se  vel  ecclesiam  suam  nullam  consuetudi- 
nem pastus  michi  debere.  Insuper  et  preiatis  hominibus,  si  super 


'.^ 


M4-- 


Sialoia  dia,  fmâÔÊ  ijfiwiiihm  toper  pwfcrfoae 
deUlectolyOloogHio,  qnoë  iImmui  mIui  ^  cnwDid  wHi  pi»- 
tom  lîf e  pBKimcioiMm  ck  coiwfiCidiae  aiisài  débefant,  Mf» 
IMOri  niM  debocnol^  jmta  pbdlm  eonm  iwtitai  eii  qiioiîil 
obhoode  rabat  erritiie  cipi  fettf»,  MdMM  et  tmiiliâ—  « 
deinceps  ia  perpeiiuHi  pattat  ille  ab  eit  eaigaflM^  ?al  ea 
tiaae  reddiloa  eonB»etperaolaf  ant  faqMdiieHtnr.  Bl  ae  ia 
teraottaprad&cu  acoaptiaae  bajaaoMidi  Tdobllvioae  pratarilaïaB 
alîqaod  detdmeDtoai  sea  moitttitia  a  om  Td  saooataaiibaff  arit 
ecoletîa  tÎTectaonid  paUfeau»,  pratcntan  paglaaa  tigV  m| 
impnstioae  momum,  «eal  io  raeo  teaqmia  ioilafli  aat,  laïawrii 
coauneodare  carari. 

Hajot  rei.  tctiat  toot  :  Tbaobtldat  aoaiet  Bleaoaait,  WiHehaii 
cornet  NivemeosUt  Odo  ooattabolarioti  WiUftUnaa  de  Daaao  V^ 
tro,  Ansellus  de  Triagaello.  Ex  parle'  eodeiba  :  Wittabeat  Scaa» 
Deosis  arcbiditeoBott.  baodericiu  de  Traci,  Abtalon  canoaieB 
Sancii  Martini,  Johaooet  major  de  Chableia,  Raimbandos,  Milt^ 
tenrientet  Sancii  M aniai  de  Chableia.  Actom  est  boc  aano  îaca^ 
naiionis  dondaicelfoCoLoIIK  Eogenio  papa,  tudoTÎoo  Fruco- 
rom  rege. 

{Catalogue  n»  i7.) 


cxyii 

BtoBff*  W'pomf  le  ptlei'é  ée  areateiT. 

1154- 

Ego  Henricati  Tireeentimn  cornet  palatinus,  preteolibat  et  Ah 
tarianotun  fleri  volo,  qaod  Ogerias  prior  de Teotiliaco ethoni' 
net  iptîaa  fille  a  Hagone  oemite  RosdaceDsi,  qni  els  lajariam'ia- 
ferebaty  michi  clamorem  feeerant,  uode  ipsi  eomiii  diem  pladtaaA 
ia  curia  mea  Dominavi.  Ad  qoem  tandem  non  penrenit,  et  qaia  tl* 
lam  prediciam  et  borainet  ab  omni  exactione  iptius  et  consoeci* 
dîne  quam  ab  eit  exigebat  libcravi,  prior  prefatot  et  faomiaet  ip- 
siut  ville  sponle  sua  de  siagolit  domibut  ad  featam  t.  Reai^ 
unum  textariom  a?eiie  ratam  et  ad  octaba»  patcbe  onam  galtinaai 
et  VI  denarios  Prnvinemlt  monete  miebi  et  heredibut  meiasia* 
gulit  aaoit  in  perpetuum  reddendos  concesserant.  Eo  tameo  ta- 
nore  bec  coataelado  mkbi  et  beredlbot  meit,  qai  boariaiam  Bt^ 


-^  445  — 

ciacensis  comitis  habèbant,  concessa  est,  qiiod  nolli  dari  poteril 
nisl  eccleaie  S.  Martiai  Majoris  Monasterii.  Quapropter  homînct 
ab  omnibas  eos  inqnietantibus,  nisi  a  propriis  dominia  suis,  quo- 
rom  sunt  de  corporibus,  defbndam  et  manutenebo  ;  nec  licet  eis 
ipûus  TÎlle  priori  de  aliqua  iojuria  aibi  vel  bominibus  sais  illata, 
nisi  micbi  vel  senrieotibiis  meis  perdamationem  facere,  que,  si 
emendata  fueril,  terciam  partem  iode  habeb^  et  ministri  eccle- 
sie  alias  daas.  In  prefata  utique  villa  nnllas  alias  coDSuetudiDes 
habeo  prêter  gasteium  et  eaefcîtus  ia  expeditlonibos  mels.  Est 
aatem  bec  eadem  villa  de  elemosina  mea  et  aotecessoram  meonim 
in  qua  prier  babet  villicuin  et  jadicem  et  decanum  ob  emnl  eon- 
saetudine  libères.  Licet  eoim  priori  omnemjasticiaiii  in  preaerîpia 
villa  exercere  si  per  se  poteret. 

Et  De  boc  aliqua  tempomm  velustate  Bwtari  posaet,  sigllli  mei 
impressione  confimiari  precepi.  Hujus  rei  testes  sunt  :  Teobaldus 
de  NutriacOyCermundos  de  Marrollo,  Nivelo  de  Gathalauno,  Haîmo 
de  Marolio,  Girardus  de  Fimis,  Paganus  prepositas,  Herluinus  do 
Gastellione,  Lambertus  de  Castellioue.  Hoc  autem  factum  est  anuo 
ab  iocaroatione  Domini  Mo  O»  Lo  IIIIo.  Tradita  est  apud  Castel- 
lionem  per  manum  GaiUelmi  cancellarii.  Guillelmus  notarios 
scripsit. 

{Catalogue,  n»  ».) 


CXVII. 


€?haHc  un  Bi— le  Henri  i«r  poor  le  priewré  de  selej. 

ii55. 

Ego  Henricos,  Trecensium  cornes  palatinos,  presentibus  et  fu« 
turis  notum  fleri  volo  me  GuilleUno  Anglico,  predbus  Helisendis 
priorisse  et  sanetimoBialion  de  Fusiaco  conoessweai,  ul,  qvaadîu 
ipse  in  domo,  quam  sanctimouiales  predîcte  apud  Bamim  possi« 
dent,  manxerit,  a  preposito  meo,  neque  a  servientibus  meis  nulla- 
tenus  se  justificabit. 

El  ut  ïkoc  ratum  permaneat,  sigillo  meo  eonfirmavi.  Bujiit  rei 
testes  sunt:  Ansellus  deTriangulo,etGuamerius,  fraier  ejus;  Hugo 
de  Lisiaco;  magister  Herricus.  Hoc  autem  factum  est  anoo  iucai^ 
nati  Verbi  M»  C«  L»  Y«.  Tradita  est  apud  Trecas,  per  manam  Gnii- 
lelmi,  cancellarii.» 

{CauUêgm  n*  U,) 


—  446 


CXVIII. 


Ckarte  ém  «Mate  Meari  V  **ar  rabhaye  «e  H 
et  le  prtoanré  4e  ■>l»»lWBele«  (Aake)« 

Sézanne  1156. 

Ego  Henricus,  Trecensis  cornes  palatîauSy  presentibas  et  fotoris 
notum  fieri  volo  Petnim  abbatem  de  Cella  toiios  capitali  saî  assensu 
Drogoni  de  Pnivioo  et  heredibus  suis  in  presentia  mea  dédisse  in 
perpetunm  possidendum  et  concessisse,  quicqaid  inoDachi  de 
Sancto  Nicholao  Trecis  in  moleodino  de  Gislart  habebant,  pro 
quinqne  sextariis  annone  lalis,  qnalem  molendinom  lacratum  erit, 
siogulis  annis  reddendis,  conventione  siqoidein  tali,  quod  Drogo 
et  heredes  sui  rem  illam  nemini  vendere  vel  invadiare  poteriot, 
dum  prefata  ecclesia  predicto  Drogoni  ve!  heredibus  suis  tantoo 
dare  voluerit,  quantum  alii  sibi  ofTerrent. 

El  ne  hoc  aliqua  temporum  vetustate  mutari  possit,  sîgillo  meo 
coniirmavi.  Hujus  rei  testes  sunt  :  Petrus  Bristaudus,  Gaufridos  Es- 
veniatus,  Galterius  marescalius,  Josbertus  nepos  ejus,  Robertos 
Labord^.  Hoc  autem  factiim  est  anno  incarna ti  Verbi  millesimo 
centesimo  quinquagesimo  sexto,  Ludo?ico  Francomm  rege  ré- 
gnante. Tradita  est  apud  Sezannam  per  manum  Gallielmi  cancd- 
larii. 

{Catahgue  n»  S8.) 


CXIX. 

CAuu^  ûm  CMBte  Henri  po«r  le  prtearé  4e 

1157. 

In  nomine  Patris  et  Filii  et  Spiritus  sancti,  Âmen.  Quia  nraltim 
multorum  liabundavit  iniquitas  et  omnium  omni  (podo  pietas  re- 
frigit,  attentione  dignum  esse  judicavi,  ut,  quod  mihl  placuit  e^ 
clesie  Béate  Marie  Magdalene  de  Meso  juxta  Provinom  et  moni- 
chis  ibidem  Deo  servientibus  in  elempsinam  dare,  ego  HenricB, 
cornes  Trecensis,  Deo  auctore  sigillo  et  etiam  signe  debeam  coa* 


—  447  — 

firmare.  loprimis  ergo  notum  sit  unîTerse  postetiutî,  quod  pre- 
dictc  ecclesie  de  Meso  pro  sainte  patris  mei  et  anime  mee  reme- 
dio  et  antecessonim  meorum  dedi  atque  in  perpetuum  concessi, 
at  omnes  homines  ejas  qui  aubeni  vocantur,  si  causa  morandi 
apud  Mesum  juxta  Pruvinum  vel  in  tota  terra  B^ate  Marie  Magda- 
lene  de  Meso  veniant,  si  ipsi  homines  volunt  remanere,  poterunt, 
ad  jus  et  dominium  Béate  Marie  Magdalene  '^e  Meso  pertinentes. 
Preterea  concedo  predictis  monachis  de  Meso,  quicqnid  ipsi  pro 
Dei  amore  |dono|  vel  emptione  acqaisierunt  in  toto  feodo  meo.  Et 
in  terra  Béate  Marie  Magdalene  de  Meso  que  sita  est  juxta  aquam 
que  diciiur  Vousia  ?olo  et  concedo  ut  ipsi  libère  et  pacifiée  possi- 
deant  ex  utraque  parte  aque,  et  in  perpetuum  inde  altam  et  plena- 
riam  habeant  justitiam,  sicuti  latronem  et  sanguinem  et  falsam 
mensuram  et  omuia  alla  que  possunt  ad  justiciam  pertinere. 

Quod  ut  ratum  permaneat  litteris  annotavi  et  sigilli  mei  impres- 
sioneconGrmavi.  Âctum  publice  sub  multis  testibus,  Nicolao  capel- 
lano  meo,  Hugone  de  Planciaco,  Manasse,  Gaufrido,  Petro  Bur- 
saut,  Gervasio  marescallo,  Drogone  Bristardo,  Âimèrico  clerico, 
aono  ab  incarnatione  Domini  millesimo  centesimo  quinquagesimo 
septimo.  Tradita  Pruvinio  per  manum  Guillermi  cancellarii  meil 

{Catalogue  n«  45  bis.) 


cxx. 

Charte  ûm  iiiia  KenH  X«r  pour  l'aMlAye  de  Clalrri 

1157. 

Ego  Henricus  Trecensium  cornes  palatinus  existentium  memorîe 
et  futurorum  posteritati  notum  fieri  volo  me  ob  remçdium  anime 
mee  et  antecesorum  meorum  et  precibus  frairis  Galcherii  et  fra- 
tris  Rainaldi  quamdam  fabricam  apud  Waisseium  ad  faciendum 
ferrum  cum  usuario  eidem  fabrice  necessario  dominis  de  Clara- 
▼aile  liberam  in  elemosinam  perpetuo  possidendam  dédisse;  et  ne 
lioc  aliqua  temporum  vetustate  mutari  vel  infringi  possit,  scripto 
commendari  et  sigilli  mei  autoritate  confirmari  precepi. 

Hujus  rei  et  confirmationis  testes  sunt  :  Ansellns  de  Triangulo, 
JohannesHurupelluSyGaufridusi^roftors,  Âmilo  Flandrensis,Her- 
bertus  filius  Grimaldi,  Gaufridus  marescallus.  Actum  est  hoc  anno 
incamati  Verbi  M'^C^LoYII».  Ludovico  rege  Francorum  régnante, 
BtYSone  Cathalaunensium  episcopo  existente.  Tradita  est  apud 
Trecas  per  manum  Guillermi,  cancellarii. 

{Catalogue  n»  46.) 


us  — 


CXXI. 

duurie  ûm  eanto  Mevrl  X«  pmw  ra»f  c  de 

Troyes  1158. 

Ego  HenricQS,  Trecensium  cornes  palatinos,  noliuB  &cîo  pre- 
seniibus  et  faturi^,  quod  ego  Odieniam  et  Odeleidam  et  Bmceli- 
nam  sororem  eanim,  qae  de  terra  Waisseii  apud  Mooasteriiim  A^ 
remareose  veneront,  et  Glarieiam  axorem  Oberti  de  Parvo  Mais* 
nillo  juxta  Mooasteriam  Arremarense,  que  Clarida  Yenit  de  FaO' 
nai,  et  ConstaDcium  et  Adam  fratrem  ejas,  qui  de  terra  Vîtriid 
veneruat,  cum  flliis  et  filiabus  eorum  omnium^  intoitu  Dd  H 
ainore  dilectorom  fratrum  Arremarensium,  titolo  perpétue  elemo- 
aine  Sancto  Petro  ArremareDsi  donayi.  Qaod  ui  ralam  et  incon- 
cussum  maneal  sigilli  mei  impressioae  roboravi.  AffueroDt  aaicn 
hujus  rei  testes  dominus  Aosellos  de  Triangulo,  Garoems  frater 
ejus,  Hugo  de  Planceio,  Willelmus  marescallus,  Deimbertus  de 
TemantiSi  Artaudus,  camerarius.  Actum  Trecîs,  anno  mcamati 
Verbi  millesimo  centesimo  quinquagesimo  octavo. 

*  {Catalogue  o»  6ft.) 


CXXII. 


ClMurte  ûm  eomie  HenH  W  pour  raMIaye  d^I^my. 

1158. 

Ego  Henricus,  TreceDsium  comas  palatinns,  presentibus  et  fa- 
turis  notum  volo  fieri  quia  fratribus  ecclesie  béate  Marie  Yonia- 
censis  in  nemore  meo  secus  loca  monasterii  Delveosis  et  in  filla 
que  dicitur  Wausiacum  locum  unum  fabriferrariis  Decessariuffi 
terramque  fodiendam  ad  ferrum  faciendum  et  liogna  ex  eodem 
nemore  ad  operandum  sine  contradictione  habere  et  possidere  in 
perpetuum  concessi. 

Hoc  autera  ne  aliqua  temporum  vetustate  deleretar  sigilli  mei 
robore  confirmari  precepi.  Hujus  rei  testes  snnt  Petms  Bursaudos, 
Girardus  Esvenlatus,  Baudoinus  de  Aciaco,  Nicolaus  capellanus. 
Actum  est  hoc  anno  Verbi  incamati  MoCoLoVHIo. 

{Cataiogue  no  M.) 


—  U9 


CXXUI. 

Cluu^  4«  emato  Henri  !•'  pour  raMMij e  4e  l|fapjl-l.eap 

de  Treyea. 

i»  féTrier  1158. 

Id  nomme  saDCte  et  individne  TrinitaUs. 

Ego  Henricas,  Dei  gratia  Treceosium  cornes  palalious,  ootum 
facio  presentibus  et  fu taris,  quod  ecclesiae  Beati  Lupi  furnvm,  qui 
est  juxta  eandem  ecclesiam  iotuitu  pacis  et  quietis  pro  fructu 
animâe  meaB  predecessorumque  meoram  liberum  coDcessi,  sciiicet 
Btsex  (lospites  cam  familiis  suis,  in  habitantes  sex  mansiones  ejiis- 
dem  farni,  de  cetero  nullam  justiciam,  oullam  consuetudinem  ml- 
chi  Tel  meîs  persoWant,  nec  in  jus  nisi  per  submonitiones  vel  ab- 
bâtis  vel  canonicorum  veniant,  nec  alicui  super  aliquo  négocie 
respondeant.  Quod  si  quis  etiam  predictorum  sex  bospilum  meus 
sit,  non  licebit  ministris  meis  propter  eum  prêter  licentiam  abbatis 
vel  canonicorum  furnum  violare,  aut  infra  furnum  ipsi  vel  rébus 
ipsius  vim  facere.  Sciendum  tamen,  quod  exactiouem,  que  vulgo 
tallia  dicitur,  propter  libertatem  furni  de  homine  meo  non  per- 
dam,  et  quociens  extra  furnum  inventus  f uerii,  libère  de  eo  meam 
exercebo  justiciam.  Prêter  boc  ad  refectionem  fratrum  totam 
aquam,  que  interjacet,  a  molendino  de  Baira  usque  ad  locum  qui 
dicitur  Arziletus,  ecclesiae  predicte  donavi,  quatinus  in  ea  nemini 
liceat  prêter  abbatis  vel  canonicorum  jnssionem  qoocumque  modo 
vel  arte  piscari. 

Âctum  publice  Trecis  in  ecclesia  Beati  Stephani.  Quod  pie  fac- 
tum  causa  majoris  iirmitatis  scribi  precepi  ;  scriptum  vero  legiti- 
marum  personarum  testimonio  sigillique  mei  impressione  com- 
muniri.  Hujus  rei  testes  sunt  ex  parte  mea  :  Manasses,  decanus  ; 
Bonellus,  Girardfls,  Andréas,  Micbael,  sacerdoies;  Rainaudus, 
Uerbertus,  Rericus,  diaconi;  Rainerius,  Guirricus,  Galterus  ca- 
merarius,  Guiardus,  Teobaldus,  Petrus,  subdiaconi,  canonici  Sancti 
Stephani;  Odo,  conestabuins ;  Herfredus,  prepositus;  Petrus  Ble- 
seosis;  Lambertus,  ûlius  Everardi  ;  ex  parte  Beati  Lupi  :  Guiterus, 
abbas;  Teobaldus,  prier;  Herbertus,  subprior.  Data  Trecis  per 
Willelmi,  cancellarii,  manum,  kalendis  febroarii,  anno  M^CoLVlIf* 
abincamatione  Domini,  Ludovico  régnante,  Henrico  catbedre  Tre- 
censi  présidente. 

{Cataiogue  n»  60.) 


—  460 


C3CXIV. 

Charte  ém  esnite  Henri  i»  pevr  lei 

ii59. 

Ego  Hcnricus,  Trecensium  cornes  palatinus,  Um  presentibos 
quam  futuris  notum  facio,  quod  pater  meus  booe  memorie  comei 
Tbeobaldus  VII  marcas  argeotî  fratribus  de  Templo  in  elemodiUB 
dédit.  Ego  aalem  pro  salute  anime  ipsias  et  mee  111  marcai  ar- 
gent! eisdem  fratribus  in  elemosinam  dedi,  et  pro  istis  X  mardi 
argenti  XXIIII  libras  pruvinensis  monete  in  telonio  meo  Treca- 
rum,  in  nundinis  Sancti  Remigii  XII  libras,  in  nandinis  ^octi 
Jobannis  XII  libras,  eis  assignavi  et  perpetuo  posûdendas  ood- 
cessi. 

Et  ut  hoc  ratum  et  inviolabile  permaneat,  scripte  commen- 
dari  et  sigilli  mei  impressione  corroborari  precepi.  Hujas  rei  tes- 
tes sunt  :  Ifatbeus  Senonensis  ecclesie  precentor,  Renaldns  ecde* 
sie  beali  Quiriaci  Pruvinensis  tbesaurarius,  Ansellos  de  Triangnlo, 
Matbeus  Loiboringus,  Petrus  Bursaudns,  GuillelmoSy  marescallos, 
Drogo  de  Pruvino,  Simon  de  Ventelaio.  Acium  est  hoc  anno  inea^ 
nati  Verbi  M**C«  Lo  IX».  Traditum  apud  Pravinum  per  manumWii- 
lelmi  cancellarii. 

{Catalogue  vfi  66.) 


cxxv. 

Cluu^  ûm  ceMte  Heurt  l«r  peur  faMIeye  ém 

1159. 

In  nomine  sancte  Trinitatis. 

Ego  Henricus,  Dei  gratia  Trecensium  palatinus  cornes,  DOtom 
fieri  Tolo  presentibus  et  futuris,  quod  ecclesie  beati  Lupi  Uberta- 
tem  majoris  sui,  quem  babet  in  villa,  que  Lueriis  Tocatur,  in  ele- 
mosinam donaverim.  Concessi  igitur,  ut  predictus  major,  quisqois 
ipse  sit,  secundum  successionem  temporum  a  salvamento  et  a  pro- 
curatione  et  ab  omni  justicia  mea  de  cetero  liber  sit  et  émancipa- 
tus  et  Trecis  nullam  consuetudinem  michi  persolvat,  neqne  pr»- 


—  451  — 

posito  meo,  ueque  miDisterialibos  meis  in  aliquo  nisi  per  josticiam 
abbatis  et  in  cnria  Sancti  Lupi  respondeat.  Qui  tamen  si  gravioa 
aliquid,  quod  ante  memet  ipsum  judicem  debere[t]  corrigî,  forte 
peccaverit,  abbas,  inde  submooilus,  eum  meo  successoniniqne 
meorum  judicio  respoDsurum  presentabit. 

Hoc  autem  quo  ratum  maneat  et  îllibatum  sîgillo  meo  confir- 
mari  precepi.  Uujus  rei  testes  sunt  :  Peiras,  abbas  de  Cella  ;  Joce- 
linus,  prier  Sancti  Aygulfi,  et  Thomas,  mpoachi  ipsius;  VillermoSi^ 
canceilarius  ;  Rainerus  de  Brena  ;  Guirricus  Buceps  ;  Petrus  Bor- 
saudus;  Herfredus,  prepiositas;  Petrus,  filius  David. 

Acmm  Trecis  in  ecclesia  Beati  Lupi,  anno  ab  .incarna tione  Do- 
mini  M«  €•  quinquagesimo  nono. 

{Catalogue  d9  7S.) 


CXXVI. 

dÉarte  dn  e«mte  Henri  X«r  povr  l'afcfcayc  de  HeleMae. 

1160. 

Ego  Henricus,Trecen8ium  comes  palatinus,  notum  fieri  volo  me 
concessissel^iienco  venerabili  abbali  Molismensis  ecclesie  totique 
capilulo,  quod  nemo  hominum  meorum,  neque  miles,  neque  deri- 
CU8  nec  aliquis  de  servientibus  meis  ullo  modo  hospitaretur  neque 
comederet  ad  villam  que  Tocatur  Rumiliacus  et  ad  Waudam  et  ad 
Corgènes/m  usque  adMolismensem  ecclesiam  pertinentes  et  ad  po» 
testatem  Rumiliaci,  exceptis  illis  qui  mecum  in  istis  villis  ventent, 
et  qui  cum  els  qui  exercitus  meos  vel  expeditiones  meas  duxerint 
ambulaverint. 

Ck)ncessi  etiam  hominibus  earumdem  villarum  et  ad  potestatem 
illarum  pertinentibus  proprios  usus  nemorum  in  omnibus  suis  ne- 
cessariis  excepta  venditione. 

Hujus  rei  testes  sunt  Renierius  de  Brena,  Rericusde  Meldis  et 
multi  alii. 

Traditumapud  Trecasper  maimmGuillelmi,  cancellarii,  M«G*LX* 
annoVerbi  incamati. 

{Catalogue  n«  86;  cf.  ii«  109.) 


4Jtt  — 


cxxvn. 

CiMirte  ûm  eanto  Kcnrl  X«  povr  rabksye  de 

1101. 


In  nomine  sanctœ  eliodiviiiii»  Tnaitalis.  Ego  Heiiricia,Ti 
gîuin  cornes  palatious,  notum  fado  preseatibas  et  fmum  qood 
ecclesia  Sancii  Martini  de  Trecis,  medietatem  aqn»  a  oMileodiaii 
Sanctae  llaurae  usque  ad  vadum  Sancti  Benedicû  a  diebos  patris 
mei  lenebat,  et  qnia  de  feodo  meo  erat,  et  dengnatum  pro  ea  ser- 
vi tium  designatis  roichi  terminis  exhibebat.  Haoc  aqaam  pro  as!- 
mabus  patris  et  matris  meae  Jacobo,  abbati,  caeterisqne  canonids 
Sancti  Martini  in  perpetuum  habendam  concedo  et  confirmo,  et  il 
libertatis  plenitudinem  quicqiiid  jastttiae,  quicquid  serritîi  pro  feodo 
aquae  micbi  debebatur  eis  nunc  et  semper  condono.  Verom  p^^ 
dictus  abbas  et  soi,  ne  appareant  ingrat!,  ut  pote  non  reddeotes 
gratiam  pro  gratia,  concédant  ecclesiae  nostre  pro  priml  martiris 
honorificentia  et  gratia  roea  se  visitare  ecclesiam  oostram  qootao- 
nis,  et  in  augusto  festum  bonortie  diem  in  tali  qoali  processione 
sua.  Addunt  etiam  pro  sua  deyotione  liberali  alias  processiones 
magis,  vtaiunt,suaB  convenientes  tenuitati  :  bocest  in  exequiis ca- 
nonicorum  Beati  Stephani,  quoties  aliqiiif  eorum  ex  hac  vita  ni- 
graveriu 

Utautem  h»c  coneessio  et  confimatSo  scripto  tradlta  ad  hoa»- 
rem  et  utilitatem  partis  atriusque  rata  et  intemerata  coDBÎilat, 
consequenter  sigilli  mei  presens  coomunit  et  consignât  attotoritai 
Hujus  concessionis  et  conflrmatioms  testes  sunt  ;  Johaaaes,  aa- 
tor;  Haitius  de  Planceio,  Rainaldus  de  Pruvino,  canoiiîeî  Siocti 
Stephani;  Drogo  Brisiaudus;  Josbertus  de  ProTino»  tonc  picp^ 
situs  Trecensis;  Herfredus  de  Trecis;  Garious  Barbeta;  Thoiaas 
Pullus;  Petrus,  gêner  Otranni  divilis;  Engelmenua,  ÛUiis  Falcba* 
nis;  Gislebertus  de  Clauso;  Karolus  de  Qauso;  Aremberti»  dt 
Ungione  :  astante  tune  temporis  in  palatin  meo,  Ganfrido  Jofit 
ville,  dapifero  meo;  Odone  de  Pogeio,  constabulario ;  Anadlo  ds 
Trjangulo,  buticulario;  Guillelmo  Rege,  marescallo.  Âctum  est  hoe 
anno  ab  incarnatione  Domini  milleslmo  G*  sexagesimo  primo,  Lq- 
dovico  in  Fradcia  régnante,  Henrico  in  Trecassino  episcopante. 
Tradita  est  baec  carta  Trecis  per  manum  Gailleûni  cancellaiii. 

(Catalogue  oP  M.) 


ji 


M3 


cxxYin. 


Ego  Henricus,  Trecensium  palatinus  cornes,  oottiin  fieri  folo 
prfesentibns  er  fàturis,  ({uod  ego  dedi  Deo  et  monasterîo  Sancte 
Marie  de  Ripatorio,  ut  aqua  Basse  a  vado  Walevrie  usque  ad  prln- 
cipium  Forestelle,  que  est  ultra  Ripaiorinm,  que  et  monachorum 
est,  in  banno  mt,  ut  nemo  ibi  amplius  piscari.audeat  et  debeat  prê- 
ter monaobos,  et  cui  ipsi  preceperint. 

Ne  autemhoe  donum  vel mutaretur  vel  dëperiref,  lliteris meia 
et  sigillo  ineo  studiii  conOnnare.  Hnjas  rei  testes  sunt  :  episcopus 
Autissiodorensis;  Petrus^  abbas  Cellensis;  Magister  Nicbolaus, 
prier  Sanoti  Jobannis  ;  Guillelmus,  cancellarius,  per  cujus  manum 
tradlu  est^  amio  incamati  Verbi  Mo  G»  LX<>  I^ 

{CauUogue  n9  lOO.) 


CXXIX. 

duurte  dn  coatte  Hlnarl  IP*  eoBcenuuiS  la  fbrêi  ée  S^mj, 

1165. 

Ego  Hearicus,.  Trecensium  palatious  cernes,  omnibus  servienti- 
bus  meis  et  universis  qui  presens  scriptum  videriut  notum  facio 
quod  in  foresta  de  Joyaco  quercum,  fagum,  pomuro,  pirum,  es- 
culum,  alierium,  et  corberium  proprie  defensionis  mee  et  proprii 
juris  ita  habeo,  quod  nemo  nisi  illi  soli  quorum  nemora  fuerint  ad 
predicias  arbores  manum  apponat.  Illos  vero  ad  solum  berberga- 
gium  suum  eas  oportet  accipere.  Si  quis  vero  alîus  eas  attemptare 
presumpserit,  non  solum  pecunie  sed  et  menbrorum  reus  erit. 

Quod  ut  noium  pernianeat  et  îHibatum,  litteris  annotari  et  si- 
giili  mei  impressione  Grmari  precepi.  Datum  Pruvini  anno  incar^ 
nati  VerbiM*GoLXo  quinto,  per  manum  Gulllélmi  cancellarU. 

{Catalogue  n»  133.  La  charte  de  la  forêt  de  SonTdan 
n»  183,  est  aemblable  à  ceUe-ci.) 


454 


CXXX. 

Chmwim  &n  eowmim  Henri  W  paar  FaMbAje  dta 

1108. 

In  Domine  sancte  Trinitatis. 

Ego  Henricas,  Dei  grati9  Trecensium  cornes  [Mdatinos,  notom 
fleri  volo  presentibus  et  futuris^  quod  avenam,  quam  habiiatorei 
terre  beat!  Lupi,  que  conjacet  apud  Baîram,  pro  salvamento  michi 
debebant  pro  fructu  anime  mee  et  pro  remedio  anlmarum  patris 
mei  pie  memorie  Tbeobaldi  et  matris  mee  Mathildis,  necnonetce- 
terorum  predecessorum  meonim,  ob  redemptiooem  temporis,  quia 
dies  malî  sont,  fratribus  in  ecclesia  prefati  beat!  Lapi  Deo  servien- 
tibus  in  perpetuum  donavi.  Et  ut  omnis  occasio  nocendi  mallToUt 
exinde  toileretur  consuetudinem  galUnamm,  qaas  mei  serrientesa 
prediclis  hominibus  accipere  et  singulis  nummis  singulas  compa- 
rare  solebant,  eidem  ecciesie  similiter  in  elemosinam  concessi. 

Hoc  autero  ne  diutnrnitate  tempormn,  seu  malig;nitale  perrer- 
sorum  possit  in  postenim  depraTari,  ordinem  rei  geste  scribi  pr^> 
cepi,  scriptum  quoque  sigilli  mei  impressione,  testiomque  snb- 
scriptione  communirL  Testes  hujus  rei  sunt  Andréas  sacerdoi, 
Teobaldus  scriba,  canonici  beati  Stepbani;  Goillennus,  marescal- 
lus;  Petrus  Brisiaudus;  Herfredus,  prepositus. 

Actnm  publiée  anno  ab  incamatione  Domini  M»  G*  LX»  YIII%  re> 
gnante  Ludovico  rege  Francorum,  Henric^  episcopo  cathedre  Tre- 
censi  présidente.  Data  Trecis  per  manum  Guillermi  cancellarii. 

{Catalogue  d9  IM.) 


CXXXI. 

duurle  eu  coMte  Heurt  l«r  povr  l'aMlAye  4e 

1168. 

Ego  Henricus,  Trecensium  comes  palatinus,  universis  presenti- 
bus et  futuris  noturo  facio,  quod  Jacobam  filiam  Hugonis  de  Cnr- 
cellis  abbati  et  ecciesie  Sancti  Lupi  donavi  maritandam  fllio  Belini 


M 


—  «B  — 

de  Submuro,  propter  quam  îpse  abbas  michi  dedh  in  excambio 
filiam  predicti  Belini  maritandam  cnilibel  bomiDum  meorum. 

Quod  ut  ratum  permaneal,  sigilli  mei  impreasione  precepi  cod- 
finnari. 

Actnm  aoDO  iDcaraati  Verbi  Mo  G*  LX*  Yllfo. 

{Catalogue  n»  i6i.) 


CXXXII. 


dywte  ém  Mmte  Henri  l«r  pour  rabkaye  de  Satel-Hédard 


1109. 

• 

EgoHeDricuSyTreceDSîum  cornes  palatinuSyUDÎversis  presentibus 
et  foturis  notum  facio,  qiiod  ad  precea  lograoni  abbatis  S.  Me- 
dardi  Suessionensis  et  bominuin  de  Cer(|[yaco  foram  constitai  apud 
Cergiacum,  videlicet  die  sabbati.  Est  autem  inier  me  et  abbatem 
aoper  eodem  foro  talis  cooTentio,  quod  de  ibeloneo  et  de  aliis  red- 
ditibus  fori  alterain  medieiatem  habebo  ipsa  die  fori,  et  de  homi- 
nibus  qui  foris  venerint  medietatem  justicie.  Homines  vero  ejus* 
dem  ville,  quantum  ad  me  spectat,  liberi  remanebunt,  sicut  priua. 
Omnes  etiam,  qui  ad  forum  venerint,  eundo  et  redeundo  in  ipso 
foro  erunt  in  conductu  meo. 

Quod  ut  ratum  permaneal,  litteris  annotatum  sigilli  mei  im- 
pressione  firmavi.  Sunt  autem  bujus  rei  testes  ex  parte  abbatis  : 
Galterus  prepositus  Essomensis,  Gervasius  prepositus  de  Dame- 
ryaco,  Guido  capellanus  abbatis,  Hugo,  Pbilippus,  monachi  ;  ser- 
Tientes  :  Hugo  de  Cergiaco,  Hugo  de  Marisy^  Petras  de  Chivrei; 
ex  parte  mea  :  Manasses  prepositus  Beati  Stepbani  Trecensis,  Jo- 
hanncs  capicerius,  Âncellus  de  Triannello,  Hugo  de  Planceio,  Wil- 
lermus  Rex  marescallus,  Artaldus  camerarius,  Odo  prepositus  Cas- 
tri  Theodorici,  Paganus  de  Filentotis, 

Âctum  est  hoc  Castri  Theodorici  anno  incarna tiVerbi  MoC''LX*IXo. 
Data  per  manum  Willelmi  cancellarii. 

{Cataiogue  n»  162.) 


H^. 


J.Si.   «iM.' -.i^. -•_  J 


456 


cxxxni. 


Charte  ém  cMité  Heul  !•' 

1109. 

Optime  coosoetadiais  usas  apud  majores  nostros  inolefit,  ntié 
compescendas  malignaotium  calumpnias  ea  que  inter  ecdesiasti- 
cas  secularesf  e  personas  justo  fine  contraherentor  fidei  coIlUllitt^ 
rentur  litteraram.  Eapropter  ego  Henricas»  Treceosium  palatioef 
cornes,  uuiversis  tam  presenlibus  quam  futaris  presentî  acripto  do- 
tum  fieri  Tolo,  quod  Jacobua,  SaBCti  Martini  Trecensis  abbas,  ei 
totua  ejusdem  ecclesie  coDventuSy  laudamento  pariter  et  asieosa 
ommum  canoDÎcorum  suoruin  furoam  suum  qui  est  jaxta  portas, 
quae  Gomitia  appellatur,  Ârtaldo,  camerario  mec,  vendidenmL 
Hoc  autem  légitime  factam  ne  teroporum  vetiistate  Tel  succedeo- 
tinrn  personarum  novitate  posset  obliterari,  rogantibus  ipsoabbate 
el  capituloy  litteris  annotatum  sigilli  mei  coDsignatione  et  legiii- 
monim  testium  aubscriptione  confirmare  dignum  duxi. 

Sciendum  etiam  quod  obolos  paniQcom,  quos  scîlicel  obolos 
Ebrardua  falconarius  de  munere  meo  in  eodem  fumo  habebit, 
eidem  Ârtaido,  recepta  ab  eo  recompensatione,  asaensif  meo  resî- 
gnavit.  Et  ego  eoadem  obolos  ipsi  Ârtaido  laudavi  et  c«Dcessi  io- 
perpetoum. 

Âffuerunt  igitar  bujus  rei  testes  :  dominus  Ansellns  de  Trit- 
gnello,  Drogo  de  Pruvino,  Deymbertus  de  Ternantis»  Girardns 
Eventatus,  Herfredus,  Tbomas  Strabo  tune  temporis  preposîtai 
Trecensis,  Girardus  de  Pmvino,  Robertus  major  Insularom,  Pe- 
tms  Blesensis,  Odo  Figura,  Nicbolaus  de  Sezannia.  Actumestboe 
Trecis  anno  incarnati  Verbi  MoG^'LX*»  VIIH*.  Data  per  maoïui 
Willeimi,  cancellarii. 

{Catalogne  n«  109.) 


CXXXIV. 

Charte  du  comte  Benrl  i«r  pour  rahheye  de  nentténMMy. 

1409  an  pins  tard. 

Ego  Henricus,  Trecensium  palatinus  comes,  notnm  facio  et  pre- 
sentibus  et  futuris,  et  ex  utraque  parte  in  manum  accipio  pactio- 


—  457  — 

nem  «t  eonstitutionem  que  inter  Galternm,  Arremarensera  abba* 
iero,  laudante  capitulo  suo,  et  Odooem,  conestabulam  meum,  eo« 
dem  Odone  su^ier  hoc  fidem  suam  dante,  uxore  sua  Uelisabeth  et 
filiis  Kainaldo  et  Henrico  laudantibns,  de  villa  Manilli  Letranni  et 
de  Feloncort  et  de  hominibus  Arremarensi^  ecclesie  apnd  Aven- 
toni  commorantibus  proTenit.  Justiciam  et  talliam  honiioam  de 
MaiêfUl  Lêtran  et  de  Feloncort  et  horninum  ecclesie  apud  Arett- 
tiftii,  quoeumque  modo  proveni^t,  monachi  et  conestabiilus  com- 
miMaem  habebunt,  et  comrauni  consilio  atroruraque  partîum  fiec. 
Qiwd  dî  homiDeft  Sancti  PetrI  in  prefatis  locis  moranies  aliquid  fo- 
lisfecerint  in  tota  terra  Odonis  conestaboH,  similiier  cnm  mo- 
nachis  Arrenarensîs  ecclesie  justicia  parcietur.  Si  vero  quidpfam 
non  partitujii  conestabulus  fortoitu  acf eperit,  infra  quindecim  dies 
pofttqnam  abbas  Arreinarensis  illud  predicio  conestabuk)  notum 
fecerit,  medietatem  per  omnia  ecclesie  restitnet,  qoandin  ambo 
coDsensejrlnt.  Unus  major  eril  amborum,  qui  fidelitatem  faciet  et 
conestabulo  et  abbati.  Gum  vero  duos  habere  voloerint,  non  pre- 
cedet  unus  alterum  in  submonitionibus  et  justiciis  faciendis,  sed 
communi  consilio  facient,  et  per  médium  parcientur.  Ompes  reddi* 
tus  de  Maisnil  Letran  prêter  justiciam  et  talliam  Arremarensis  ec- 
clesie erunt.  Quicquid  autem  adquirere  poterunt  in  bac  pactione, 
per  médium  accipient  et  ement  per  médium.  Uterque  major  erit 
liber  quandiu  major  erit. 

Hoc  autem  ut  ratum  sit  et  inconcussum  teneatur  sigilli  mei  im- 
pressione  firmavi,  sed  et  Henricus,  venerabilis  Trecensis  episco- 
pus,  et  Galterius,  Arremarensis  abbas,  hoc  pactum  sigillorum  suo- 
rum  auctoritate  confirmaverunt.  Hujus  autem  rei  testes  sunt  :  Ma- 
nasses  archidiacoous  de  Villamauri,  Manasses  frater  ejusdem 
Odonis  oonestabuli,  Johannes  Uumpellus,  Witterius  ejusdem 
Johannis  frater,  Burdinus  et  Aymo  monachi  Arremarenses,  Hatto 
Trecensis,  Gislebertus  de  Maisnil  Idetran  et  Johannes  villici  mo- 
nachorum,  Jacobus  de  Sanctn  Martino,  Rainerius  de  Lantagio, 
Herbertus  de  Bussuis. 

{Catalogue  nfi  172  bis.) 

cxxxv. 

Clunrte  da  comte  Henri  l«r  pour  le  priearé  de  MUiit-tf  eoa- 

eii-€liâiel« 

1170. 

'Ego  Henricus,  Trecensium  palatinus  comes,  notum  fieri  volo  et 
presentibos  et  futuris  quia  ego  dedi  dilecto  meo  magistro  Nicbo- 

80 


—  458  — 

lao,  priori  Sancti  Jobannis  de  Gasiello  C  solidos  in  aoniiis  reddî- 
tibus  in  ecclesia  Beati  Stepbani,  L  solidos  in  nnndinis  Sancli  Jobaa- 
nis  et  L  in  nnndinis  Sancti  Remigii.  Dedi  etiam  post  mortem  ejn 
propter  amorem  ejus  prefatum  redditum  ecclesie  Beati  Johanob 
de  Gastello,  ut  illum  imper petaum  babeat  cum  omni  integriiate, 
ita  tamen  quod  mooacbi  Sancti  Johannis  in  obi  tu  canonlconun 
Sancti  Stepbani  ad  sepulturam  eonun  venient  et  pro  mortnis  ca- 
nonicis  ejnsdem  ecclesie  semel  in  anno  générale  anniversarium 
perpétue  facient.  Ne  autem  hoc  vel  temporum  vetustate  vel  alicu- 
jus  bominis  penrersitate  aut  mntaretur  aut  deperiret,  litteris  mets 
et  sigillé  meo  confinnavi.  Hujus  rei  testes  sunt  Manasses  de  Tille- 
mauro,  Trecensis  arcbidiaconus  et  decanns  Sancti  Stepbani,  Ma- 
nasses de  Pogeio,  prepositus  Sancti  Stepbani,  Haicios,  snbdeca- 
nus  ejnsdem  ecclesie  ;  de  laicis  irero  ;  Guillelmus  marescalcus, 
Altaldus  camerarius,  Daimbertus  de  Temant.  Âctum  est  hoc  anoo 
ab  incarnatione  Domini  M«  G"*  septuagesimo.  Data  Trecis  per  ma- 
num  Guillermi,  cancellarii. 

{dUaiogue  n»  183.) 


CXXXVI. 


Charte  du  comte  Henri  !•'  pour  le  prieuré  de  Wini-ji 

Mt-CIOMel. 

il70. 

Ego  Henricns,  Trecensium  palatinus  cornes,  notam  fieri  toIo 
presentibus  et  futuris,  quia  ego  dedi  Ârremarensi  ecclesie  ut  do- 
mus  Masceline  cum  auvento  quod  ante  est,  que  est  in  foro  Tre- 
ceosi,  et  que  propria  est  Sancti  Johannis  de  Gastello,  libéra  sitab 
omni  consuetudine  et  theloneo  et  justicia;  et  ecclesia  Sancti  Johan- 
nis, que  cella  est  monasterii  Arremarensis,  imperpetuum  babeat 
quicquid  ego  ibi  habebam  cum  omni  libertate  et  securitate,  eo 
autem  tenore,  ut  mercatores,  qui  ibi  fustanios,  pannos  et  alias 
merces  vendere  voluerint  nunquam  alibi  vendere  cogantur  prop- 
ter donum  quod  ego  alteri  faciam ,  si  ipsi  mercatores  noluerint. 
Homines  autem,  qui  in  eadem  domo  habitabnnt,  et  mercatores, 
quandiu  ibi  erunt,  liberi  erunt  ab  omni  justicia  et  non  responde- 
bunt  alicui  nisi  priori  Sancti  Johannis.  Hoc  autem  donum  proprie 
et  specialiter  feci  predicte  ecclesie  pro  amore  carissimi  mei  ma- 
gistri  Nicbolay,  prioris  Sancti  Johannis,  ut  ipse  in  vita  sua,  vel 


—  459  — 

quaodiu  volnerit,  ubicumqae  sit,  redditns  de  domo  illa  habeat, 
qaantum  ad  partem  meam  pertinebat,  cum  omni  integritate.  Et  ne 
hoc  donuDi  aliqua  temporum  velustate,  aut  alicujus  hominis  per- 
Tersitate  aut  mutaretur  aut  deperiret,  litleris  meis  ûrraavi  et  si- 
gillî  mei  impressione  signavi.  Hujus  rei  testes  sunt:  ManassesVil- 
lemauri  Trecensîs  arcbidiaconus  et  decanus  Sancti  Stepbani,  Ma- 
Dasses  de  Pogeio  prepositus  Sancti  Stephaoi,  Rainerus  de  Brena, 
Rainaldus  de  Pruvino  ;  de  militibus  :  Guillermus  de  Domni  Petro, 
C^illermus  Rex  marescallus,  Hugo  de  Planceio,  Drogo  Bristaudus. 
Data  Trecis  per  manum  Guillelmi  cancellarii  anno  ab  incarnatione 
DominiM^C-LXX*.^ 

{Catalogue  n»  184.) 


CXXXVII. 


Charte  da  comte  Henri  l«r  pour  l^abkaye  de  MUiit-Hédard 

de  SolMMiiui* 

1171. 

Ego  Henricus,  Trecensium  cornes  palatinus,  notnm  facio  pre- 
sentibus  et  futuris,  inter  ecclesiam  Sancti  Medardi  Suessionensiset 
Milonem  de  Vendolio  contentionem  fuisse,  quod  videlicet  idem 
Milo  asserebat  homines  de  Dameryaco  qui  sub  ipso  apud  Yendo- 
lium  vénérant  a  tallia  Sancti  Medardi  quietos  esse  cum  terras  ejns- 
dem  apud  Dameriacum  tenerent,  memorata  vero  ecclesia  reda- 
mabat  homines  qui  terras  Sancli  Medardi  apud  Dameryacum  tene- 
rent  taliiam  debere  quocumque  irent,  si  terras  vellent  retinere. 
Tandem  ventilata  fuit  bec  questio  in  curia  mea  et  a  legitimis  ho- 
minibus  recognitum,  sancitnm  et  per  jusjurandum  conûrmatum 
fuit,  quod  homines  quicumque  terras  dicte  ecclesie  apud  Dame- 
ryacum tenent,  talliam  debent  bis  in  anno,  utramque  taliiam  us- 
que  ad  quatuor  solides  nisi  inde  aliquid  remissum  fuerit. 

Hoc  autem  ut  notum  permaneat  et  inconvulsum  teneatur  litteris 
annotatum  sigilli  mei  impressione  flrmavi.  Âffuerunt  autem  hujus 
rei  testes  :  Ansellus  de  Triagnello,  Symon  de  Enchra,  Dembertus 
de  Ternentis,  Guillermus  mareschallus,  Gyrardus  de  Dammeryaco, 
Guarinus  frater  ejus,  Hugo  decanus,  Theobaldus  molendinarius. 
Actum  apud  Nogentum,  anno  incarnati  Verbi  M""  G»  septuagesimo 
primo.  Data  per  manum  Guyllermi,  cancellarii. 

{Catalogue  n»  188.) 


460 


H%% 


U7i. 


E|^  Bmîcos,  TrecQMnm  cmms  paistiaM,  wMvcnit  prcieatî- 
ktt  el  fotom  ootam  hâa^  qood  toUndecuuaUmrionmietde 
Bokadioif  de  Ckallooel  Deo  el  eedene  R.  IbrtiBi  Treeensit  el 
fratribos  ibidem  Deo  semeoUbvs  am  oouii  întegriute  posaideft- 
dam  io  perpétua  ekaonoa  donaTi,  rolenie  el  eoncedente  Andréa 
Cementario,  qui  in  eisdem  moleadinis  tertiam  partem  babdiat 
CoDcessi  elUm  prasfate  ecdeai»,  ot  fratrea  in  ea  Deo  serrienlesin 
predictis  molendinis  singnUs  bebdomadis  molere  possinc  libère 
el  sine  moltara  dimidinm  modinni  firamentî,  vel  cajosiibei  alterios 
annonae;  aqnam  etîam  el piscariam  eonnndem  moientGnorom,  si- 
cal  alTens  prolenditnr,  ab  iniroiln  de  Jallart  vsqie  in  aqnam  de 
Oriot^  liberam,  abaqne  cemni  et  omni  alia  consnetndine  nicbilo- 
minos  eis  donaTi,  annnente  ipso  Andréa,  qni  memoralam  aqnam 
de  me  snb  annno  censn  X  solidomm  pm^inensinm  lendMl,  et 
banc  censom  eis  omnino  remisi. 

Haec  anteci  ol  nota  permaneanl  et  inconenssa  leneantnr,  liiie- 
ris  annotata,  sigilli  nostri  impressione  fâma?i.  Affnemnl  aotem 
faajns  rei  lestes  Nicolans,  capellanus  ;  Hngo,  capellanns;  Roberios 
ChaureU;  Tbeobaldos  de  Flmiis;  Ansellos  de  Trianelk>;  VniUe^ 
mas,  constabnlsrins;  YuiUelmns,  marescalius  ;  Arlaldus,  camera- 
rins  ;  Manasses  de  Clanzo  ;  Micolaos  de  Sesannia.  Acinm  Treds, 
anno  incaroati  Yerbi  M»  0»  LXXo  !•.  Diu  per  mannm  VnUleimi 
eancdlarii,  nota  YniBelmi. 

iCatmlogme  no  isS.) 


CXXXK. 


i17S. 


Ego  HenricnSyTrecensiam  palatinus  cornes,  notnm  fim  ▼^  pr^ 
sentibos  et  futcris,  qnod  ego  emi  a  magistro  Petro,  ilio  Theodo- 
rici  Clamatii  canonico  Sancti  Lupi,  totam  terram  el  vineam  et  yiri- 
darlam  que  erant  jaxta  ecdesiam  béate  Marie  Deanrate  jaxta 


—  461  — 

ofBcinas  Sancti  Johannis  de  Gastello,  que  eum  jure  hereditario 
cootingebant.  Ego  autem  pro  remedio  anime  mee  et  patnim  meo- 
mm,  et  pro  axore  mea  et  liberis  meis,  ni  Deus  eos  in  bonitate  et 
felicitate  conserve!,  dedi  prefatam  terram  et  vineam  et  yfridariom 
beatîssime  Dei  genitrici  et  beato  Johanni  Baptiste»  precursori  Do- 
mipi,  per  manum  carissimi  mei  magistri  Nicbolay  prions  Sancti 
Johannis,  jure  perpétue  et  in  perpetuom  possidenda,  ita  tamen 
qaod  ecclesia  Béate  Marie  Deaurate  amplius  non  cadet  et  mona- 
chi  de  cetero  non  per  communem  plateam  ad  servicium  ecclesie 
ibunty  sed  infra  claasuram  soam  serricinm  ecdesie  tient  solebant 
et  melius  qoam  solebant  facient  Virgini  gloriose.  Ne  autem  hoc  vel 
temporis  vetustite  vel  alicajus  hôminis  perversitate  aut  mutaretur 
aut  deperiret  litteris  meis  et  sigillé  meo  studui  confirmare. 

Hujus  ret  testes  snni  :  Bocardus  Dunelmensis  arcbidiaconns, 
Herbertus  cantor  Sancti  Stephani,  Johannes  Havetot,  Symon  fie 
Ânchora,  Glarembaudus  deBrecis,  magisier  Philippus  de  Sezannia. 
De  laicis  vero  Guillelmus  Rex  marescalus,  Ertaudns  cameraridà, 
Blathetts  de  Jonvilla,  Deimbertus  de  Ternantis,  Jacobus  Barbetè, 
Théobaldus  Revelardus,  Lupus  Chautes,  Roberlus  Trecensis  pre- 
{>ositus,  Jacobus  Rucevele  major  de  Insulis.  Actum  est  hoc  Trecis 
vigilia  ascensionis  Domini,  anno  ab  incamationé  ejus  miliesimo 
céntesimo  septuagesiko  secundo.  DataTrecis  per  itiànum  GuUlermi 
cancénariî,  nota  Guîllenni. 

[ÇataiogiM  n<>  âo4.) 


(XL. 

Cluurle  du  comte  Hemi  !•'  pMir  Takteye  de  KOBltémBiey» 

1179. 

Ego  Uenricus,  Trecensium  cornes  palrtinus,  netum  facio  pre- 
sentibus  et  futuris»  quia  ego  ad  preces  dilecti  familiaris  mei  ma- 
gistri Nicholai  Deo  et  monasterio  Arremarensi  gistium  de  Frede- 
valle  quietum  clamavi  in  perpetuum  :  ita  quod  neque  ego  neque 
heredes  mei  gistium  in  eadem  villa  accipiemus,  vel  pro  gistio  vil- 
lam  illam  talliabimus. 

Ut  autem  hoc  ratum  et  illibatum  permaneat,  litteris  meis  et  ri- 
gillo  meo  confirmavi.  Hujus  rei  testes  sunt  ;  Johannes  Havetot,  et 
Symon  de  Anchora,  Glarembaudus  de  Brecis,  derici;  de  laicis 
vero  :  Guiilermus,  marescalcus;  Daîmbertus  de  Tenumtls  ;  Ertaa- 


ÉÉl». 


—  462  — 

dus,  camerarius.  Âclum  esl  hoc  Trecis  anno  ab  incaroatione  Do- 
mini  millésime  centesimo  septuagesimo  secundo.  Data  Trecis  per 
manum  Goillermi  caDcellarii,  nota  Guiliermi. 

{Catalogue  n^SOS.) 


C3CLI. 

Charte  da  comte  Henri  I«r  pour  raMbsye  de 

1172. 

Ego  Henricus,  Trecensium  palatinus  cornes,  universis  preseoii- 
bus  et  fiituris  noium  facio,  quod  Trecis,  in  inolendinis  de  juxta 
portam,  que  dicitur  episcopi,  dimidium  modium  frumenii  et  di- 
midium  modium  molturensis  annone  ecclesie  Beali  Lupi  Trecensis 
pro  fructu  anime  mec  in  perpetuum  donavi,  et  eidem  ecclesie  pro 
necessitatibus  suis  usuarium  nemorum  de  Insulis  ad  duas  bigas 
sine  quoeumque  pretio,  solo  tantum  respectu  Dei,  similiter  in  per- 
petuum concessi. 

Quod  pie  factum  ne  valeat  in  posterum  depravari  sigilli  mei  im- 
pressione  et  subscriptorum  testium  subnotatione  firmari  precepi. 
Âctum  Trecis  anno  incaruati  Verbî  M*  G*  LXXIIo. 

{Catalogue  n»  307.) 


CXLII. 

cnbarle  du  comte  Henri  l«r  pour  itm  Imbitonto  de  naraye- 

eiHOthe. 

1173. 

Ego  Henricus,  Trecensium  comes  palatinas,  universis  tam  pre- 
sentibus  quam  futuris  nolum  facio  me  cum  hominibus  apud  Ma- 
raiam  manentibus  banc  habere  conveneionem  quod  quicumque  in 
predicia  villa  manseril  et  terram  cum  animalibus  sive  cam  ani- 
mali  excoluerityXII  denarios  et  minam  unara  avene  per  annum  per- 
solvet.  Qui  vero  nuUum  animal  ad  terre  culturam  apposueril,  duo- 
decim  tantum  denarios  annuatim  reddet.  Hanc  etiam  prefatis  ho- 
minibus contuli  libertatem  quod  n  tallia  et  ab  omni  exactione  per- 
manebunt  immunes,  nec  theloneum  nec  pedaginm  qaod  mmimaît 


—  463  — 

in  terra  mea  donabuot.  Âd  hoc  foresfactum  de  LX  sol.  quinque 
solidis  terminabitur,  et  illud  de  quÎDque  solidis  XII  denariis  com- 
plebilur.  Clamor  quoque  quatuor  denariis  emandabitur  {sic).  Con- 
cessi  etiain  prefate  ville  hominibus  quod  si  quis  iode  abire  ?o- 
laerit,  venditis  domibus  et  pennis  ceterisque  rébus  propriis  quiète 
poterit  abire.  Haoc  iiaque  conveutionem  omnibus  qui  in  prefata 
villa  manserint  a  me  et  heredibus  meis  firmiier  et  perpetualiter 
observandam  depastus  {sic)  sum. 

Et,  ut  bec  nota  permaneant  et  inconvulsa  teneantur,  litterisan- 
notata  sigilli  mei  impressione  firmavi.  Affuenint  aotem  hojus  rei 
testes  :  donnus  Vilalis  abbas  B.  Martini  Trecensis,  dominus  Hay- 
thius  de  Planceio,  dominus  Ancellus  de  Triagnello,  Demberius  de 
Temantîs,  Girardus  Eventatus,  Gnillelmus  Marescallus,  Ertardus 
camerarius,  Hugo  de  Valencenis  tune  temporis  Maraîe  prepositus, 
Hato  de  Fillemor,  etWemaus.  Actum  Trecis,  anno  incarnat! 
Verbi  MoCoLXXIIIo.  Data  per  manum  Guillelmi  caucellarii. 

{Catalogue  n»  2i4  bis.) 


CXLIII. 

? 

€;iiarie  do  eomte  Henri  pour  rhdpltal  Salnt-lBeniard  de  Trayez. 

1174. 

Ego  Henricus  Trecensis  {sic)  cornes  palatinus,  notum  facio  tam 
futuris  quam  presentîbos,  quod  ad  preces  domini  Tarentasiensis 
archiepiscopi  fratribus  domus  Dei  Trecis  in  foro  ad  molas  site  in 
elemosiuam  perpetuam  concessi,  ut  singulis  ebdomadis  duos  sex- 
tarios  bladi  absque  omni  mollura  et  libère  possint  molere  ad  mo- 
léndinos  alterius  domos  Dei  que  est  ante  ecclesiam  Beati  Ste- 
phaqi,  qui  scilicet  molendini  siti  sunt,  qna  itar  ad  vivarium  Théo- 
baldi  scribe  Trecensis. 

Quod  ut  notum  permaueat  et  ratum  teneatur,  litteris  annotatum 
sigilli  mei  impressione  firmavi.  AfTuerunt  autem  hujus  rei  testes  : 
Ansellus  deTriagnello;  Guillelmus,  marescallus;  Ertaldas,  came- 
rarius; Matheus  Trecensis;  et  Manasses. 

Actum  Pruvini,  anno  incamati  Verbi  Mo  G»  LIXIIIP''*  DaU  per 
manum  Guillelmi,  cancellarii,  nota  Goillelmi,  scribe  pruviniensis. 

{Cataiogtu§a9  390). 


—  464  - 


CXLIV. 


Chwrto  du  CMito  Meari  l«r  peur  raMbaye  «c 

1174. 

Ego  Henricus  Treceusium  cornes  palatinus  notum  facio  presen- 
Ubus  et  fu taris,  quod  Marie,  dilectissime  sorori  mee  olim  ducisse 
Borgundie,  X^b.  îq  aonais  redditibus  assignavi  Trecîs  in  meosa 
cambitoria,  que  prima  si  ta  est  ia  ordine  roensaram  aliarom  ante 
doDiam  Theobaldi  de  Fore  versus  ecclesiam  Sanclî  Johannis.  Quod 
si  forte  contigerit,  quod  mcnsa  superdicta  remota  fuerit,  vel  ex- 
iode  X  jam  dicte  libre  sorori  mee  reddi  non  potueriut ,  in  aliis 
mensis  cambitoriis  eas  ex  integro  reddi  precipio.  Reddentur  au- 
tem  priori  de  Foiseio  vel  mandato  ipsius.  De  his  X  libris  G  solidos 
accipiei  in  nundinis  S.  Hemigii  et  G  solidos  in  nundinis  S.  Joban- 
nis,  et  bas  X  libras  annuatini  babebit  in  vita  sua.  Post  decessum 
autem  ejus  ecclesie  Fontis  Ebraldi...  remanebunt  propter  anniver- 
sarium  ipsius  sororis  mee  faciendum. 

£t  boc  ut  ratum  teneatur,  sigilli  mei  impressione  finnavi.  AI- 
fuerunt  autem  bujus  rei  testes  :  comitissa  axor  mea,  donodnus  An- 
sellus  de  Triagnello,  Robertus  de  Milliaco,  Willelmus  marescallus, 
Matbeus  frater  ejus,  Habrannus  de  Pmvinoi  Ertaudos  camerarius, 
et  Petrus  Ungonensis.  Âctum  Pinvini  anno  incarnati  Yerbi  M"*  G* 
LXXo  nixo.  Data  per  manum  Guillelmi  cancellarii,  nota  Goillehni 
pruvinensis. 

{Catalogue  n9  SS3.) 


C3CLV. 

Cluurte  du  comte  Henri  l«r  pour  rakteye  de  Meattéwder. 

1174. 

Ego  Henricus,  Trecensis  comes  pdalinus»  notum  facio  présent!* 
bus  et  futuris,  quod  Deo  et  ecciesie  beati  Pétri  Dervensi^t  monas- 
terii  medietatem  telonii  equorum  et  aliorum  aniinalium,  que  Barri 
in  tempore  nundiuarum  venduntur,  «x  integro  conceasi  perpemo 
possidendum,  ut,  Ji^i  eadem  ecclesia  per  Vil  primos  nnndi- 
narum  dies  teloneum  equorum  de  dono  comitis  âogonis  possidet. 


—  465  - 

privilégie  ipsias  confirmatum,  iia  prima  ebdomada  et  per  alios 
dies,  quamdiu  nundinae  duraveriat,  medietaiem  telonei  omnium 
aDÎmalium  habeat  ex  integro  et  ad  illud  recipiendum  servientem 
suum  ei  liceat  apponere.  Sciendum  aolem  me  prefate  ecclesie  pre- 
fatum  contnlisse  teloneum  in  recompensatione  prede  hominum 
quam  Odo  de  Vendopera  cepil  apud  Tilleolum,  qaam  eciam  Rei- 
—iialdus  ipsius  ecclesie  abbas  quitam  clamavit.  Et  ego  propter  hoc 
ab  ipso  Odone  duos  feodos  militum  habui. 

Hoc  autem  ut  notnm  pcrmaffeat  et  ratum  teneatur,  litteris  an- 
notari  et  sigilli  mai  impressione  firmari  precepi.  Âffuerunt  autem 
hujus  rei  testes  dominus  Garnerus  de  Triangnello  ;  Guillelmus,  ma- 
rescallus;  Ertaudus,  camerarius;  Minutus  de  Sancia  Margarita; 
Ainalrieus  de  Barro;  Petrus,  cocos  abbatis  ;  Mariinus  de  Pultariis. 
ActumPruvini  anno  ab  incarnatione  Domini  M?0*  sepluagesimo 
Ilir""-  Data  per  manum  Guillelmi,  cancellarii,  nota  Guilielmi  scribe 

pruvinensis. 

{Catalogue  n9  295.) 


CXLVI. 

Charte  du  comte  Henri  !•>'  poar  le  prieuré  de  la  (Jelle-MiwiH 

ChanteoÉerie. 

1176. 

Ego  Henricus,  Trecensium  cornes  palatinus,  nolum  facio  pre- 
sentibus  et  futuris  querelam  quondam  fuisse  inter  priorem  de 
Cella  Cantumeruie  et  Hugonem  militem,  filium  domini  SarracenI, 
de  juslicia  de  Massengi,  que  tali  modo^  ipso  Hugone  et  pâtre  ejus 
Sarraceno,  necnon  et  Gaoterio  priore  Cellensi  laodantibus,  pré- 
sente domino  Gcrardo  venerabiîi  abbate  Cellensi  et  iacobo  pre- 
posito,  pacificata  est  :  videlicet  quod  prier  medietatem  communis 
justicie  de  Massengy  per  omnia  in  perpetuum  possidebit  et  aliam 
medielaiem  similiter  dominus  Hugo  et  hères  ejus  in  perpetuum 
habebit;  homines  et  hospites  quos  habet  prior  in  eadem  villa  ad 
sommonitionem  prions  in  curiam  suam  ad  Gellam  venient,  et  pré- 
sente dicio  Hagone  vel  ejus  majore  de  legé  cujuscùnque  fortefoctl  in 
dispositione  prions  erit,  ita  plane  quod  pro  quolibet  forisfacto  non 
minus  quam  duodecim  denarios  acciplet  et  inde  per  omnia  me- 
dietatem habebit  dominus  Hugo,  nec  de  parte  Uugonis  nisi  cum 
laude  ejus  quicquam  prior  condonare  poterit.  Similiter  homines  et 
hospites  Hugonis  ad  aummonitiooem  cjut  ad  curiam  suani  ad 


—  466  — 

Massengi  vel  ad  Corcemain  ibont  nec  alibi  eos  sammonere  pote- 
rit,  et  présente  priore  vel  majore  suo  de  lege  forisfactomm  in  £s- 
positione  Hugoois  erit,  ita  tamen  quod  minus  quam  duodedm  d^ 
oarios  de  forisfacto  non  accipiet.  Et  inde  per  omnia  prioi*  medi^ 
latem  habebit,  nec  condonare  quicquam  hominibus  sais  de  parte 
prioris  nisi  cum  laude  ejus  poterit.  Proinde  Tillicus  prions  semper 
in  principio  villicationis  sue  fidelitatem  Hagoni  faciet;  et  TiUiets 
Hugonis  similiter  priori.  Statutum  est  etiam  qaod  in  villa  de  Ma^ 
sengy,  dictus  Hugo  domum  firmam  edificare  non  poterit,  nisi  tan- 
tummodo  planam  et  absque  muro  cum  fosseo  unius  jacture.  Farom 
bannalem  prior  cum  qulbusdam  partidpibus  suis  in  eadem  villa  ba- 
bet,  nec  alium  in  villa  dictas  Hugo  facere  poterit.  Hoc  domini» 
Sarracenus  pater  Hagonis  tenendum  flduciavit  et  ipse  Hugo  jora- 
vil.  Si  autem  aliquando  aliquis  borum,  prioris  TÎdelicet  vel  Hngo- 
nis,  bujus  concordie  violator  extiterit,  usquead  quintum  decimon 
diem  per  sapientcs  viros,  maxime  per  JacobuoA  prepositum  et  do- 
minum  iMilonem  de  Sancto  Quintino  se  concordare  poterunt.  Sio 
autem,  post  quintum  decimum  diem  nipti  federis  preseotis  scripti 
pactio  rupta  ûet,  et  quicquid  quisque  eorum  ante  concordiaffl 
possederat,  iterum  possidebit.  Hujus  rei  testes  sont  de  parte  Hu- 
gonis Sarracenus  pater  ejus,  Jobannes  de  Marcelli  gêner  ejns, 
Stephanus  Bichemers,  Frcdericus,  Gauterias  de  Moncel,  De  parte 
monacborum  :  Hugo  de  Flavini,  Petrus  Cellensis,  Arnulfus  la- 
crista,  dominas  Milo  de  Sancto  Quintino,  Hugo  de  Granges;  de 
famulis  :  Falco  villicus ,  Ingerbertus  Rapina»  Bonardos  famaiu 
prioris. 

Quod  etiam  ut  notum  permaneat  et  ratum  teneatur,  litteris  aa- 
notatum  sigilli  mei  impressione  firmavi.  Hujus  autem  mee  conûr- 
mationis  testes  affuerunt  :  Willelmus  marescallus,  Jobannes  He- 
rupellns,  Hugo  Raige,  Ertaudus  camerarius;  Milo  de  Pruvino.  Â^ 
tum  Pruvini  anno  incarnaii  Verbi  millesimo  centesimo  septaage 
simo  sexto.  Data  per  manum  Stepbani  cancellarii,  nota  WillelmL 

{Catalogua  no  354.) 


CXLVII. 

Charie  do  comte  Henri  l«r  pour  TaMbaye  de  — iat-liOf- 

Troyes,  1176. 

In  nomine  sancte  Trinitatis. 

Ego  Henricus,  Dei  graiia  Trecensium  comes,  notam  fieri  vo)o 
presentibus  et  futuris,  quod  ego  ad  precem  Guiteri,  abliaiis  Saadi 


—  467  — 

Liipi  Trecensis,  querelam,  quam  ad?ersus  Humbcrtum  de  Villa 
Harduini  pro  doino  sua  de  burgo  Sancti  Jacobi  habueram,  in  pace 
reroisi.  Concessi  eliam,  quod  ueque  prepositiis  meus,  neque  quili- 
bet  alius  serviens  cundem  H.  de  cetero  justificabit,  sive  vexabit; 
sed,  si  questio  mola  fueril  adversus  eum,  micbi  tantum  per  abba- 
lem  Sancti  Lupi,  sive  per  priorem  Sancti  Jacobi  in  cujus  burgo 
manet,  respondebit.  Ipse  vero  H.  micbi  per  singulos  annos  in  cena 
Domini  V  solidos  de  censa  pro  bac  iiberlate  donabit.  Hoc  ipsum 
eodem  tenore  filio  ipsius  Huraberti  Radulpho  post  ejus  decessum 
concessi. 

Petrum  quoque  de  Virduno,  et  quicquid  in  ipso  reclamaTeram, 
divini  limoris  et  amoris  inluitu  prefate  ecclesie  Beat!  Lupi  in  pacc 
dimisi. 

Concessi  nicliilomious,  ut  prcdicius  abbas  Sancti  Lupi  sex  ar- 
penta praii  faciat  et  habeat  ad  usus  domus  sue  in  pascua  sua, 
juxta  sedeni  molendiui,  qui  Pasturellus  vocabatur,  si  nemus  ad 
eadem  prata  facienda  incisum  non  fuerit. 

Hoc  autem  totum  ne  malignantium  perversitate  depravetur  vel 
immutetur  in  posterum,  scribi  precepi,  scriptumque  sigillo  meo 
subscripiorumque  testium  subnotatione  communivi. 

AfTuerunt  autem  hujus  rci  testes  :  dominus  Ânsellus  de  Tria- 
guello;  Hugo  de  Planciaco;  Guillermus,  marescallus;  Ertaldus, 
cainerarius;  Milo  de  Pruviito,  et  Johannes  frater  ejus. 

Data  Trecis  per  manus  Stepbani  cancellarii,  anoo  ab  incarna- 
tione  Domini  nostri  Jbesu  Xpisti  M'^C'LXX®  Vr,  nota  Guillelmi. 

{Catalogue  ja9  260.) 


CXLVIII. 

Charte  du  comte  Henri  !•'  poar  réalise  Retre-Daine  d'Oalchy. 

1177. 

Ego  Henricus,  Trecensium  cornes  palatinus,  notum  facio  pre- 
seutibus  el  futiiris  ecclesiam  béate  Marie  de  Ulcheio  (alem  ab  anti- 
qiio  optinere  libertatem,  quod  in  terra  ecclesie  illius,  ubicuroque 
sil,  sive  in  hospites  nemo  manum  mittere  debeat  absque  consensu 
et  licentia  prions  vel  canonicorum  vel  ministri  ejusdem  ecclesie. 
Quod  si  de  aliquo  hospite  ejusdem  ecclesie  pro  aliquo  forisfacto 
clamorem  fieri  contigerit,  ad  nullam  prepositi  vel  etiam  alicujus 
ex  parte  mea  summonitionem  venire  debebit  sed  in  curia  ecclesie 
jusiiciam  exequetur.  El  si  forisfacti  testis  non  pamerity  immunis 


-  4©8  — 

erit;  si  autem  testis  paruerit  et  ille  negiyerity  Uuic  solâ  se  mm 
purgabity  nisî  mercator  fuerit,  excepUs  illis  qui  in  Tillis  moranttr. 
Qui  si  terras  meas  coluot,  consuetudines  qaas  terre  iHe  débat 
eo8  reddere  oportebit.  Et  si  de  terrai  béate  Marie  abiciinHpie  «t, 
querela  emerserit,  unde  radia  duelli  dari  debeant^  Vadia  itta  it 
curiaecclesie  deducentur,  et  ad  quemcaiN|ue  finem  dereoeriBt,ii 
arbitrio  et  iu  potestate  emnt  ecclesie.  Si  aatem  mercator  fnérit 
bospes  ecclesie,  ad  summonitioDem  prepositi  Teniet,  et  io  cnia 
ipsius  placitabii  ;  et  si  super  boc,  quod  ei  objectum  faerit,  tcslei 
apparueriot,  si  ille  tamen  negaverit,  septima  se  mana  piirgalf|L 
Quod  si  mefcimoDio  renuDciaverit  et  ïn  foro  Ulcbeii  emere  et  t^^ 
Tendere  desierit,  sub  lege  reliqaorum  bosplton  erit.  Taoïen  qte-' 
cuDque  viclu  suo  et  familie  sue  necessaria  fuerint,  sicut  alii  bomi- 
nes  iu  foro  émet,  et  quecunque  siTe  de  agricultura  soa  sive  de 
nutrimentis,  sive  de  omnibus  que  propriis  maaibus  vel  somptibis 
adquisierit,  ita  tamen  quod  non  emat  ut  revendat,  secure  ei  Ten- 
dere  licebit.  Omnes  autem  homines  et  bospites  predicte  ecdesie 
Beaie  Marie  de  omnibus  quecunque  emerint  Tel  vendiderint  io  tota 
casiellaria  Ulcbeii  tbeloneum  nullum  solvent,  nullam  etiam  tallian 
debent,  exceptis  iUis  quos  prenotavi  et  ea  causa  qoa  predixL  Si 
vero  aliquis  cxtraneus  apud  Uicheium  devenerit,  et  ecclesie  beaie 
Marie  bomo  esse  roluerit,  infra  annum  advenios  ejns  ecclesie 
eum  in  bominem  recipere  licebit  ;  et,  quandiu  in  castellaria  Ulcbeii 
morabitur,  in  libertate  reliquorum  hominum  ecclesie  erit.  Sdea* 
dum  etiam  est,  quod  hospites  prefate  ecclesie  in  exercito  sbe  ni 
aliquam  expeditionemi  nisi  ad  ultimum  bannum,  ire  non  debeaL 
Cum  vero  eos  ire  contigerit,  per  summonitionem  ministri  ecdeâe 
cum  conductu  meo  ire  debent.  Sed  neque  captlvos  vel  incarceratos 
custodire,  vel  nuntium  alicubi  portare  cogi  debent.  Hospites  aa- 
tem, qui  in  terra  béate  Marie  apud  Bnnolium  et  apud  F^akn 
manent,  plus  quam  septem  solidos  et  dimidium  de  tallia  per  aa- 
num  unusquisque  eorum  solvere  non  débet.  Hospites  quoque  de 
Bunolio  plus  quam  bis  per  annum  in  vectura  mea  ire  non  debent. 
Hec  autem  predicta  omnia  in  castellaria  Ulcbeii  intelligenda  sont 
De  cetero  volo  non  ignorari,  quod  ex  stabilimento  coAltis  Le- 
Tolfi  et  Hildiardis,  cûmitisse,  in  anniversariis  ipsonim  annnaliB 
debentur  duo  pastus  canonicis  prefate  ecclesie  cum  omnibus  de- 
ricis»  quicunque  et  undecunque  advenerint  ad  officium  anniveni- 
riorum.  In  utroque  pastu  illo  ex  consuetudine  tria  fercula  detat 
apponi  plenarie.  In  primo  pastu  primum  fereulum  sit  ex  came 
porcina,  secundum  ex  anseribos,  tercium  ex  pollis  coin  ovis  et 
sagimine  paratis.  In  secundo  vero  primum  ferculam  sit  ex  canie 
viceiBay  cetera  vero  fercula  sicut  in  primo  pasto.  Sero  aotem  poit 


.■>- 


—  469  — 

Yigilia3  in  ôtr^oe  anniTersario  îllo  debetnr  canonicis  dimidius 
TÎni  sextarius.  Vinum  qaoque  quod  in  illis  pasUbus  bibitur  neque 
de  pejori  neque  de  meliori  esse  débet.  Et  omnis  expensa  pastuorn 
iUorQm  ex  theloneo  accîpitur. 

Hec  ilaque  ut  nota  permaneant  et  rata  teneantur  litteris  anno- 
lata  sigilli  xnei  impressione  firmavi.  Hujus  rei  tesiis  est  Willelmus 
Remensis  arcbiepiscopus  qui  et  bec  sigillo  suo  conftnnavit.  AfiFae- 
mnt  etiam  bujus  mee  conQrmatîonis  testes  :  Dominus  Ânsellus 
deTriaogulo;  Willelmus,  marescallus;  GirardosEvcntatds;  Delm- 
bertus  de  Terpantis;  Artaldus»  camerarius  ;  Petriis  Liogonensis; 
Mîlo  Braibannus. 

Aeiam  Pruvini,  aono  incarnati  Yerbi  M'^CP  UUi:«VII«.  DaUper 
■  iQ9jium  Stepli^i,  caiM^Uaiii»  notal^iUelmi. 

(Qii9iogqan»siaL) 


GXLIX. 

CiMMrle  do  CMMte  Henri  !•>'  pMu*  Pakteye  de  WÊuMérmmmf* 

Gognoscat  generatio  presens  et  populo  qui  nasoetnr  ignotescat, 
quoniam  ego  Henricus,  Trecensis  cornes  palatinus,  et  abbas  nm- 
nasterii  Arremaren^ls  assensu  totius  capituli  villam  novam  fecimus 
apnd  Cadusiam  et  apud  Mansuro  Roberti  sub  hiis  conditiosibus  : 
In  eisdem  villis  dictus  abbas  babebit  omnes  furnos  et  alias  décimas 
et  terram  ad  opns  unius  camice  liberam  ab  omni  solntîone  terra- 
gii.  Décimas  et  prala,  que  ibi  prius  abbas  et  monachi  habebant,  et 
terras  et  vineas  et  prata  que  in  posienim  adquirere  poterunt, 
libère  et  absque  solutione  terragii,  census,  décime  possidebunt  et 
pasnagium  porcorum  propriorum  extra  partem  meam.  Nec  aliquis 
poterit  habere  furnum  in  eisdem  viilis  nisi  monachK  Et  quoniam, 
quicquid  ego  apud  Cadusia^  et  apud  Mansum  Roberti  teneo,  ab 
abbate  et  monacbis  Arremarensibus  habeo,  concessi  ut  omnes  fumi 
eorum  e^  domus  proprie  quas  in  prefatis  tîIHs  babebqnt  libère  sini 
ab  omni  Justicia  et  violentia  prepositorum  Gadusie  ;  et  famuli  et 
ancille  in  eorum  domibus  commorantes,  sub  nullius  potestate  vel 
justicia  redigantur,  nisi  sub  potestate  abbatis  et  monachorum.  Si 
anlem  fur  vel  quipplam,  qui  aliquam  ii^uriam  fecerit,  in  domum 
eorum  confugerint,  non  ibi  capientur  ab  aliquo;  sed  abbas  et  mo- 
nacbi  de  eis  in  euria  sua  justiciam  fadent,  prout  debuerint.  Infra 
dausuras  Tero  domorum  eorum  nemo  aliquid  per  Tiolentiam  acci- 


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—  470  — 

pere  presomat.  In  aliis  autem  exîlibas  sive  redditibus  Gadosiect 
Mansi  Roberti  et  consuetudinibus  et  jasticiis,  ego  Dnam  medieta- 
tem  habebo  et  abbas  alteram.  Concessi  aatem,  quod  liane  meui 
partem  nulli  darc  potero  nisi  eeclesie  ÂrremareDSÎ.  Propterbaoc 
?ero  societatem  et  homines  de  Pargues  liberos  esse  concessi  a 
summoniiionibus  servientium  meonim,  sicut  sunl  illi  de  monas- 
terio  Ârremarensi.  Et  dicte  ecclcsie  groeriam  de  Pargîs  remis!.  Id 
prefatis  autem  villis  novis  nulli  de  bominibus  ipsius  abbatis  yd 
de  bominibus  Duranni  de  Insulis  retinebuntnr,  DÎsi  assensu  ipsios 
abbatis  sive  Duranni.  Preterea  statutum  est,  quod  prepositus  meos 
et  prepositus  abbatis  terras  simul  tradent  et  jasiicias  et  emeoda- 
tiones  simul  difBnicnt,  nec  aller  sine  allero  id  facere  poterit 
Sciendum  etiam,  quod,  si  quis  de  bominibus  militom  de  potesta- 
tibus  Trecarom.  Insularum,  Erriaci,  Sancii  Florentin!,  C^paron 
eiiam  eiVillemauri  apud  Cadusiam  mansuri  venerint,  simillier  do- 
mini  eorum,  si  tercia  manu  militum  et  per  qnatuor  alios  legitimos 
boraines  jurare  poterint  quod  sui  bomines  sint  de  corpore,  in  viBi 
deinceps  non  retinebuntur. 

Hec  autem  omnia  ut  nota  permaneant  et  rata  teneantur,  litteris 
annotata  sigilli  mei  impressione  firmavi.  Fuerunt  autem  hujos  rà 
testes  dominus  Ancellus  de  Triangnlo,  Garnerus  f rater  ejus,  Ho^o 
de  Flaneeio,  Willelmus  marescallus,  Dembertus  de  Temanlis,  et 
Artaiidus  camerarius.  Âctum  Trecis  anno  incamati  VerbiM'C'* 
LXXVIIo.  Data  per  manum  Stepbani,  cancellarii,  nota  Willelmi. 

{Catalogue  n9  374.) 


CL. 

€liM*te  eu  cMBte  Henri  l«r  pour  VtMtmje  de  HoK 

U77. 

Ego,  Henricu8,Trecensium  comes  palatinus,  notum  faciopreseo- 
tibus  et  futuris,  quod  ego  et  alii  domini  Meriacenses,  Goarinus  îi- 
delicet  Seoex,  Garinus  Furnerius,  Petrus  filius  Galcberi,  etl^ 
trus  de  Saron,  ecclesie  et  raonachis  béate  Marie  de  Meriaco  fo- 
rum unum  apud  Meriacum  dedimus  et  concessimus  siugulis  an- 
nis  habendum  die  assumptionis  béate  Marie,  cum  illud  eadiee^ 
contigerit.  Cum  vero  illud  ea  die  esse  non  contigerit,  primum  fo- 
rum quod  ante  diem  illam  erit  babebunt  cum  omni  integritate  red- 
dituum  ad  forum  pertinentium  excepta  justitia. 


—  471  — 

Qnod  ut  notum  permaneat  ei  ratum  tencatur,  lUteris  annotalum 
sigilli  niei  impressione  firinavi. 

Âdfuerunt  autem  hujus  rei  testes  :  Engerbertus,  abbas  Molis- 
mensis;  Haicius  de  Pianciaco,  et  mulli  alii. 

Actum  Trecis  anno  incarnali  Yerbi  M»  O  LXXo  VIP. 

{Catalogue  n»  277.j 


CLI. 


Charte  da  cMote  Hemi  l«r  pvuar  Tmhhmje  ém 

1178. 

Ego  HenricuSy  Trecensium  cornes  palatinus,  notuoi  fado  pre- 
seDtibus  et  futuris,  quod,  cum  domui  et  fratribus  de  Premonstrato 
terrain  Pétri  de  Curcellis  laudassem,  postea,  signo  dominice  crucis 
assumpto,  cum  eosdem  fratres  et  domum  eorum  visitaturus  illuc 
venissem,  eis  laudavi  quicquid  apud  Cis  et  in  poiestale  de  Cis  et 
apud  Domnum  Medardum  et  apud  Ru  et  apud  Praellam  dono  sive 
elemosina  sive  eiiam  emptione  possent  acquirere.  Eorum  etiam 
que  acquisieriut  consuetudioes,  si  quas  ibi  habuero,  tam  in  terra- 
giiSy  quam  in  censibus  et  vinagiis,  eis  concessi  ;  et  quicquid  ibi- 
dem de  feodo  meo  acquisierint,  unde  hominium  non  amittam, 
laudavi. 

Quod  ut  notum  permaneai  et  stabile  teneatur  in  perpetuum,  iit- 
teris  annotatum  sigilli  mei  impressione  firmavi.  AÏFuerunt  autem 
hujus  rei  testes  Henricus  comes  Grandis  Prati,  Gaufridus  fréter 
ejus,  Willelmus  marescallus,  Theobaldus  Révelarz^  Ertaudus  ca- 
merarins,  et  Milo  de  Pruvino.  Actum  anno  incarnati  Verbi  M»  O* 
LXX»  y\\\^.  Data  apud  Caslrum  Theodoricî,  |ier  manum  Stephani 
cancellarii,  nota  Guillermi. 

{Catalogue  n»  881.) 


CLIl. 

Charte  da  comte  Henri  I«r  poar  Tahliaye  de  SalB^niartin 

d^Épemay* 

1179. 

Ego  Henricus,  Trecensium  comes  palatinns,  notum  focio  presen- 
tibus  et  futuris,  quod  domum  Dei  hospitalem  de  Spamaco  cum  om- 


-  472  — 

iiihos  ttftis  sois,  pntis,  ^seis  et  aliis  reédltibiis  ad  eam  pertbMi- 
tîbos,  cum  iisetiam,  quae  Hago  Faber  ibidem  superedificarît,  fd 
acqoisivit,  caDonids  eeelesiae  Saneti  Martini  SpamaGensts  in  de- 
masinam  perpetao  obtinendam  tradirfi  adeo  liberani  de  bis  qnsad 
me  pertioeDty  ut  nollas  deinceps  aliqnam  eis  de  ea  molestiio  in* 
ferat  aut  giaTameii,  abbas  vero  Sparnacensis  de  coocilio  capitofi 
sui  uni  de  fratribus  suis  canonicis  vd  conrersis  magisterinm  et  pn- 
videntiam  ejusdeni  domus  eommittat,  qui  paupenim  hospitom  ci- 
ram  gerat,  et  de  coaunissa  donif  ebediens  respoodeat 

Bec  autem  ot  nota  permaneant  et  rata  teneaoUir,  litierit  anno- 
tata  ngiUo  née  emiflrmsvr,  teatMns  ?  Ancallo  de  Triangoto;  Gnil- 
lelmo,  marescallo;  Adamo  Trudena;  et  Jobanne  de  Gregnate  Uwe 
temporis  Sparnacensi  preposito.  Actum  Pmvlni  aimo  incanati 
Yerbi  millesînio  centesimo  septuagesimo  noao.  Data  per  nanuB 
Stepbani,  caocellarii. 


cuu. 


Ckarie  ém  la  f—tw  mmHm 

de  SateiHBtteBBie  4e  n»ye«. 

1186. 

Ego  Maria,  Trecen.  comitissa,  ei  Henricas  fiJios  mens  noiiB 
facimus  preseniibus  et  futuris,  quod,  cum  pie  recordatîoois  do- 
minus  nosier  Henricus  cornes  duobus  presbiteris  custodibos  (ht- 
sauri  beati  Stepbani  Trecensis  pro  custodia  ipsius  tbesauri  VI  mù- 
dios  vini  in  cellario  Trecensi  annuatim  reddendos  et  G  solidus  et 
LX  sextarios  avene  apud  Villeros  in  annuis  redditibus  assignafe- 
rit^  nos  redditus  istos  Odoni  clerico  nostro  et  Odoni  cognato  ip- 
sius dicti  thesauri  custodibus  eonimque  successoribus  custodibos 
ejusdem  thesauri  laudavimus  et  teneiidos  confirmavimus.  Goncesâ 
etiam  ego  Henricus,  quod,  quando  sigillum  habebo,  id  îpsum  é& 
carta  et  sigillo  meo  confirmabo. 

Teslibus  :  Ludovico  de  Arselia,  l(aoharia  de  Gathalauno,  Ferrico 
de  Vienna,  Gilone  de  Tomeello,  Artaldo  camerario,  et  Milone  de 
Pruvino.  Acium  anno  incarnati  ¥8ibi  MGLXXXVI.  Data  Trecis  per 
manum  Haicii  cancellarii,  nota  Willelmi. 

{Cataiogue  n»  SM.) 


—  478  — 


(XIV. 

duwte  ém  ema/kie  Henri  a  pour  les  hmwiea  de  Miwyèree* 

fi«7. 

Ego  HenricDS,  Trec.  oomes  palatinos,  D«4iun  fiido  presentîbus 
et  faturis,  qood,  cum  homines  4e  Lueriis  de  salyamento  et  gistio 
meo  se  nimis  gravari  conquererentiir,  voleDS  eos  retinere,  et  aile- 
Tiare,  ascenam  eis  salvamentum  meum  et  gistium  hoc  modo  : 

De  sahamento  reddent  michi  aDouaUm  de  unoquoque  equo 
trahenle  trea  miDaa  avene;  de  uaoquoqae  bove  trahente  sextarium 
avene,  et  de  unoqaoque  asioo  minam  avene.  Illi  aotem,  qui  hujua 
modi  animalia  noa  hiabent,  de  labore  manuum  suarum  viventes, 
singuli  quartarium  avene  michi  reddeni  annaatim.  De  gistio  aatem 
sex  libras  michi  annaatim  persolvent,  nec  plus  inde  reddere  tene- 
buntuTy  salvo  jure  scriptoris.  Et  si  forte  in  ipsa  villa  jacere  vo- 
luero,  eo  anno,  quo  ibi  jacebo,  quitli  erunt  ipsi  homines  a  sex  li- 
bris.  Ad  salvamentum  autem  talliandum  mittam  servientem  meum, 
quem  voluero,  in  cujus  presentia  et  cujus  testimonio  tallia  fiet.  Ad 
talliandum  autem  gistium  neminem  mittam,  set  ipsi  homines  pro 
voluntate  sua  illud  talliabunt,  et  sex  libras  micbi  reddent.  Ad  gis- 
tium autem  apponent  omnes  homines  ipsius  ville,  exceptas  illis, 
qui  inde  liberi  sunt  per  carias  patris  mei.  Nummos  autem  de  gis- 
tio reddent  singulis  annisin  octavis  sancii  Remigii. 

Hec  ut  nota  permaneant  et  rata  teneantur,  litteris  annotala  si- 
gillo  meo  confirmavi.  Actum  Trecis  anno  ab  incarnatione  Domini 
H^G^tXlX  septimo.  Data  per  manum  Guidonis,  cancellarii, 
nota  Willermi. 

{Catalogue  v9  ass.) 

CLV. 


ClMWle  dn  eonle  Henri  n  peur  le»  luriMtMite  de  Halre» 

Bainl-IiOap. 

1187. 

In  nomine  sancte  Trinitatis. 

E0O  Henricus,  Dei  gratia  Trecensiiim  cornes  palatiaus,  notum 
fieri  volo  presentiboa  et  foturiSy  quod  avenam,  quam  habitatores 
terre  Beati  Lupi,  que  conjacet  apud  Bairam,  pro  salvamento  mi- 
chi debebant,  pro  fructu  anime  née  et  pro  remédie  animamm  avi 

8i 


—  474  — 

mei  pie  memorie  Theobaldi  et  avie  mee  Mathîldis,  nec  dod  et  <^ 
terorum  predecessoram  meoram,  ob  redemptiODem  temporis,  qnb 
dies  mali  suni,  fratribas  in  ecclesia  Beati  Lupi  Deo  servientibos  io 
perpetuum  donavi.  Et  ut  omnis  occasio  Docendi  malîvolis  exinde 
tolleretur,  consuetudinem  gallinarum,  qnas  mei  senrieetes  a  pn- 
dictiâ  bominibus  accipere  et  siogulis  nummis  singulas  comparare 
solebaot,  eidem  ecclesie  similiter  la  elemosiDam  concessi.Concessi 
etiam  memoratîs  fratribus,  ut  possiot  Trecis  albanos  recipere,  et 
sicut  alios  homines  suos  in  eadem  villa  sine  contradictione  libère 
retinere. 

Hoc  igitur  ut  ratum  teneatur,  litteris  anuotatum  sigilli  mei  im- 
pressione  firmaTi  :  testibus  Ferrico  de  Yienna,  Gilone  de  Torneel- 
lo,  Milone  de  Pruvino.  Actum  Trecis  anno  ab  incaroatione  Domiiu 
M^^C^octogesimoseptimo,  nota  Willelmi. 

{Catalogue  n»  SSS.) 

CLVI. 

Cbarie  da  eMBl«  Henri  a  pour  les  sardle«s  ûm  twémmr 
de  Satet-Kllenne  de  Treyee. 

1188. 

Ego  Henricus,  Trecensis  comes  palatinus,  notum  facio  presenii- 
bus  et  futuris,  quod,  cum  piaB  memoriae  comes  Heoricus,  pater 
meus,  duobus  presbiteris,  ad  custodiam  thesauri  in  ecclesia  Beati 
Stepbani  Trecensis  deputatis,  in  annuis  redditibus  centnm  solides 
et  quinque  modios  aven»  ad  mensnram  trecensem  assignasset, 
postea  ego  redditus  istos  Odoni,  clerico  meo,  et  Odoni  de  Lueriis 
ejusdem  thesauri  custodibus  commutavi  et  concessi,  et  eosdeia 
redditus  eis  apud  Herbissiam  assignavi;  ita  sciiicetquod  deceosa, 
quam  in  eadem  villa  habeo,  sive  de  aliis  redditibus  ejusdem  ville, 
si  censa  tantum  non  valuerit,  centum  solidos  in  festo  sancti  Mar- 
tini récipient  per  manus  ejusdem  villas  majoris,  et  sex  modios  ave- 
nae  ad  mensuram  trecensem  in  festo  sancti  Remigii  similiter  ré- 
cipient, quam,  qui  debuerint,  Trecis  adducent,  sicut  Sezaonis  ad- 
ducere  solebant.  Praeterea  sex  modios  vini  in  cellario  meo  tr^ 
censi  eisconcessi  singulis  annis,  sicut  a  praedicto  piae  recordationis 
pâtre  meo  comité  Henrico  eis  collati  fuerant.  Hos  antem  redditas 
tenebunt,  donec  prœbendam  integram  in  praefata  ecclesia  unot- 
quisque  habeat,  et  inde  fructus  rcjcipiat.Concedo antem  eis  primam 
praebendam,  quae  michi  vacabit  in  eadem  ecclesia  post  illas,  qaas 
jam  aliis  dedi.  Et  carU  mea  confirmavi,  ut  uterque  iniegretur.  Et 
cum  illam  habuerint,  dicti  redditus  ad  me  revertenuir. 


—  475  — 

Quod  ut  ratum  teneatur,  litteris  aDDOlatum  sigillî  nostri  impres- 
sioDe  finnairi.  Âctum  Trecis  anno  ab  incaraatione  Domini  M^O 
LXXX**  octavo,  Dota  V^illermy. 

{Catalogue  n»  369.) 


CLVil. 

duirie  da  comte  Henri  U  pour  le  prieuré  de  aalwi^j 

eii-Clifttel. 

1189. 

Ego  HeDricus,  Trecen.  cornes  palatînas,  notam  facio  preseDtibus 
et  futuris,  quod  intuitu  Dei  et  iotervenieute  gralia  Theobaldi,  di- 
lecli  hospitis  mei,  prions  Sancti  JohannU  in  Castello,  dedi  eccle- 
sie  Sancti  Johannis  parteni  quendam  vioee  Girardi,  fratris  Milonis 
de  Braio,  que  erat  ad  capud  dicte  ecclesie,  de  assensu  et  volun- 
tate  dicti  Girardi,  iridelicet,  ocioginta  pedes  in  latitudine,  et  longi- 
tudiueni  vero  a  termino  mari  civîtatis  usque  ad  viam  que  de  Saucto 
Quiniino  ducit  in  civitatero. 

Quod  ut  notum  permaneat  et  ratum  teneatur,  litleris  annota- 
tum  sigillo  meo  confirmavi.  Âcium  Trecis  anno  Yerbi  incarnati 
M*  C* LXXX IX^*.  Data  per  manum  Haicii  cancellarii,  nota  Pétri. 

{Catalogue  n»  889.) 

•CLVIII. 

Charte  da  eemte  Henri  n  pear  le  prieuré  de  Voley* 

1189. 

Ego  Henricus,  Trecen.  comes  palatinus,  notum  facio  presenti- 
bus  et  futuris  me  Deo  et  ecclesie  de  Fuissiaco  pro  remedio  anime 
mee  in  perpetuam  elemosinam  dédisse  quinquaginta  solidos  an- 
nui  redditus,  in  nundinis  sancti  Johannis  reddendos  et  In  porta 
Sancti  Martini  assignatos  :  viginti  videlicet  solidos  pro  filio  V^iardi 
Morehierj  quam  domine  predicte  ecclesie  in  sororem  receperunt, 
et  viginti  solidos  in  escambio  cujusdam  platée  sue,  quam  domui 
Dei  ante  Sanctum  Stephanum  dedi  pro  atrio  benedicto  faciendo; 
residuos  Tero  decem  solidos  eis  dedi  pro  oleo  altaris  Sancti  Johan- 
nis de  Fuissiaco. 

Quod  ut  notum  et  ratum  permaneat ,  litteris  annotatum  sigillo 
meo  confirmayi.  Actum  Trecis  anno  Verbi  incarnati  M*G<*LXXX<^ 
Dono.  Data  per  manum  Haicii  cancellarii,  nota  Pétri. 

{Catalogue  no  890.) 


—  476 


CLIX. 


in  nemore  de  Arvico  prèp  d^Isle-Anm^Bt. 

U90. 

Ego  HenricuSy  cornes  Trecensis  |>alatinus,  notam  fado  Um  pre- 
sentibas  quam  faturis,  quod  bone  memorie  pater  meus  cornes 
Uenrlcua  dédit  Peo  et  béate  Ifarîe  et  boniç  bofpÎQibas  io  peaore 
dft  Arvico  habitaji^tibus,  Graoïdiuiionteasis  or^iais,  qaiaqiiafi^iUi 
niiPriîof  Tjpi  de  prima  gutt^  pede  pressa  In  p^rpetnaipi  elano- 
fifimf^  ÎD  dedma  de  BolUiaco.  Et,  $i  forte  predicti  h  ipipdu  tiiû 
in  p^redict^  décima  non  pe^sint  invepiri,  de  primo  YÎn^  davfi 
comîtis  supr^dicte  iriHc  predictis  bonis  bominibii$  animatiip  «i|^ 
plçbqntMT  tempore  vind^mi^mm.  Preterea  dédit  predîctis  ipr 
tribus  centum  ulnas  burelli,  ad  vestiendum  fratres  idoDei,  in  p^ 
dagio  poriarum  Trecensium  annuatim  a8$|gq¥(ta&,  elannis  ^îpgiMû 
i^  nandinis  çancti  Remigij  prçdjctis  fr^Jlribua  reddeadas.  Dedil 
etiam  prenomii^atis  fratribus  apiifd  In^nla^  i^  pyerpeliivi^  rienoÂ- 
nam  qujAque  §p]lid^$^  panis  singulis  duabns  dominiciSy  qaas  ma- 
jor de  Insulis  tenetur  reddere  de  redditibus  ejosdem  TÎile.  Dédit 
eliam  et  concessit  jamdictis  fralribas,  ut,  quotiescumque  ipsom 
coutigerit  apud  Trecas  venire  et  apnd  Insulas  morari  Tel  remanere 
per  unam  noctem,  toties  pretaxati  boni  bomines  semper  babe- 
bunt  tam  a  se  quam  ab  beredibus  suis  viginii  solidos  de  elemosina 
sua.  Donayit  yero  predictis  boi^^  bominibus  totam  aquam  que  to- 
catur  Foresta,  que  est  juxta  Sanctum  Theobaldum,  et  omne  jus 
ejusdem  aque,  ut  faciani  in  ea  et  de  ea,  qiiecumqae  facere  ▼olil^ 
rint. 

Ego  Tcro  attendons  devotionem  et  amorem  quen  karissiinai 
pater  meus  gerebat  erga  bonos  bomines  prenominatos,  dono  et 
concède  predictis  bominibus,  ut  semper  habeant  asum  saom  et 
eorumdem  fratrum  bomines  per  totum  nemus  meamdeEnriaot; 
et  omnes  supradictas  elemosinas  ob  remedium  anime  mee  et  ka- 
rissimi  patris  mei  et  antecessorum  meorun  prenominalis  fratribu 
imperpetuum  habere  concède  et  sigilli  mei  munimine  d  roboro  et 
confirme. 

Actnm  anno  MoCoXG*.  Data  per  manum  Haidi,  cancetlarii, 
nota  Pétri. 

{Cataiogue  no  404.) 


—  477  — 


CLX. 

Màrto  dN  ééiÊÊÊt  if  «MM  It  fènr  Ml  Ttmphtutu. 

UH. 

Ego  H.,  Trecensinm  comM  palatinus,  notum  faciô  omnibus  tam 
pfefiéDtibus,  qoam  foturîs,  quod  ego  pro  sainte  anime  mee  et  om- 
nium parentnm  et  antecessorum  meonim  domui  milicie  Templi  in 
omni  libertate  habenda  iu  perpetaam  concedo  et  sigilli  mei  muni- 
mine  conQrmo  omnia  que  bone  memorie  comes  Th.,  atus  meus, 
et  dominus  pàter  meus  Henricus  Trecensium  comes  palatinus  me^ 
morale  milicie  Templi  contulerunt.  Preterea  universa  que  in  omof 
potestale  mea  eadem  domus  milicie  Templi  possidet,  libère  possi- 
denda  concedo  et  in  protectione  mea  suscipio.  Indulgeo  etiam 
dicte  domui  banc  libertatem,  ut  qtlicqnid  elemoiina  vel  emptione 
yel  alterius  modi  aequisicione  acquiret,  libère  et  tranquille  possi-^ 
deai.  Excipimus  tamen,  quod  sibî  civitatis  ant  castri  dominium  in 
terra  mea  obtinere  non  possint. 

Hoc  autem  ut  noium  permaneat,  litteris  annotatum  sigillo  meo 
confirmo.  Actum  in  obsidione  Acconensî,  anno  11°  G»  nonagesimo 
primo  ab  incarnatione  Domini,  nota  Radulphi. 

[Catalogue  n»  417.) 


CLXI. 

Charte  de  la  remleiMie  marie  pour  Tabbaye  da  Paraelet. 

1194. 

Ego  Maria,  Trecensis  comitissa,  notum  facio  presentibus  et  fu- 
turis,  quod  ecclesie  Paracliti  contuli  in  elemosinam  plateam  quan- 
dam,  siiam  Pruyini  juxta  doMun^,  quam  eadem  ecclesia  in  mer- 
cato  Pruvini  dinoscilur  possidere,  ita  quod  in  platea  illa  aliquis 
non  faciet  aliquid,  nisi  de  assensu  et  voluntate  dicte  ecclesie,  et 
ecclesia  illa  plateam  illam  semper  in  plateam  retinebit,  pretèr- 
quam  stallos  currentes  ibidem  facere  poterit. 

Quod  ut  ratum  teneatur  sigillo  meo  confirma^i.  Actiim  anno 
Yerbi  incarnaii  M*^  C^  nonagesimo  quarto.  Data  per  manum  Galte- 
rîi  cancellarii,  nota  Theodorici. 

[Caealùgue  n»  4SS.) 


—  478  — 


CLXIl. 


Charte  de  la  eenlesse  marte  peur  l'ahkaje  «e  0alal»l«eap. 

1194. 

Ego  Maria,  TreceDsis  comîtissa,  notnm  facio  presentibos  et  futa- 
ris,  in  preseotia  mea  fuisse  recognitum  et  concessum,  qood  Gaite- 
ras,  abbas  Sancti  Lupi  Trecensis,  de  assensu  capituli  suî,  domum, 
que  fuit  Régine,  filie  Galleri,  granetarii,  et  puerorum  îpsius  Ré- 
gine, et  terram  ad  eaudem  domum  pertinentem,  Goidoni  de  Dam- 
petra  tenendam  sine  censu  et  quiète  concessit,  quandia  ipse  ïi- 
xerit,  et  in  habitu  permanserit  seculari  ;  et,  post  ejusdem  Goido- 
ois  decessum,  domus  illa  ad  ecclesiam  Sancti  Lupi  reTertetur. 
Ipse  autem  Guido,  collati  non  îngratus  beneûcii,  pro  remedio 
anime  sue,  quidquid  in  predicta  possessione  superedificaverit, 
predicle  ecclesie  contulit  in  eleroosinam,  et  post  decessum  saam 
sinealicujus  reclamatione,  sine  omoicalumpniaconcessit  perpetoo 
possidendum.  Canonici  vero  illius  ecclesie  anoiversarium  ejas  Id 
bujus  recom pensa lionem  elemosine  singulis  annis  celebrabunt. 

Si  autem  super  bac  elemosina  dictam  ecclesiam  vexare  vel  mo- 
lestare  aliquis  presnroeret,  ego  eandem  ipsi  garentirem  elemosi- 
nam,qaandiu  terram  karissimi  filii  mei  comitis  Henrici  tenerem. 

Quod  ut  ratum  teneatur,  sigillé  meo  confirmavi.  Actam  annoio- 
carnati  Yerbi  M<»  nonagesimo  quarto.  Data  per  mannm  Galterii 
canceilarii. 

{Cataiogue  no  429.) 


CLXIII. 

Charte  de  la  comtemie  Marte  poar  le  prieuré  de  ftatet-^ 

en-Chfttel. 

JniUat  1194. 

Ego  Maria,  Trecensium  comi  tissa,  nolum  facio  presentlbus  et  fo- 
turis,  quod,  cum  karissimus  filius  meus  comes  Henricus  partem 
quamdam  vineœ,  que  Girardi  fratris  Milonis  de  Braio  fuerat,  de 
assensu  ipsius  Girardi  ecclesie  Sancti  Jobannis  in  Castello  conlih 
lisset,  sitam  ad  caput  ejusdem  ecclesie,  babentem  in  latitudine  oc- 
toginta  pedes,  in  longitudine  vero  a  termine  mûri  civltatis  usque 
ad  viam  que  de  Sancto  Quintino  ducit  in  civitatem  :  yir  venerabi- 


—  479  — 

lis  Theobaldus,  Monasterii  Arremarensis  abbas,  parlem  iliain  vinee 
io  planam  terrain  redactam  et  aliaip  parti unculam  terre,  a  cameris 
privatis  usque  ad  Secanam  durantem,  a  pueris  predicti  Girardi, 
scilicet  Garnero,  Hugone,  Milone,  Emelina,  laudante  et  coDce- 
dente  maire  ipsorum,  postmodum  comparavit,  et  XXI  libras  de 
beoeficio  ecclesie  Saocii  Johanois  eisdem  pueris  inde  donavii.  Ven- 
dagium  autem  istud  dicii  pueri  laudaveront^  et  iterum  laudabaot 
quando  ad  annos  discretionis  pervenerint,  et  id  ipsum  ab  univer- 
sis  heredibus  suis  laudari  facient,  et  inde  constitueront  plegios 
Gaufridum  de  Afaissiaco,  Garneruro  de  Maissiaco,  et  Salonem  de 
Corgeseniis,  et  Garnernm  de  Villa  Memel. 

Quod,  lu  preseniia  mea  ordinalum,  ut  ratum  teneatur  et  notum 
permaneat,  litteris  annotatiim  sigilli  mei  testimonio  confirmayi. 
Actuni  anno  Yerbi  incarnati  yi9Qp  nooagesimo  quarto,  mense  ju- 
lio.  Data  per  manum  Galterii  cancellarii. 

{Catalogue  n»  43 1.) 


CLXIV. 

Charte  da  roule  Henri  H  pour  l^ahhaye  de  Chemlnon* 

Août  1195. 

Ego  Henricus,  Trec.  cornes  palalinus,  notum  facio  universis 
presenlibus  et  futuris  me,  anieqiiam  lerram  iherosolimitanam 
adiisem  (sic.),  abbatie  Cheroinuni  et  universis  monacbis  et  fratri- 
bus  ejus  loci  in  liberam  et  perpetuam  elemosinam  erogasse  quic- 
qu'rd  babebant  apud  Cheminum  Villam  post  decessum  meum  ha- 
bendura,  exInde  exceptis  corporibus  hominum  ejusdem  ville,  jus- 
ticia  quoque  et  banno.  Super  cujus  donatione  mea  ejus  loci  abba- 
tem  cum  fralribus  carta  mea  munivi.  Nunc  vero  idem,  quod  jam 
memoravi,  videlicet  quicquid  habebam  apud  predictam  villam,  ex- 
ceplis  biis  que  jam  excepi,  supradicti  loci  monacbis  et  fratribus 
pro  salutc  anime  mee  et  parentum  meorum,  tam  in  vita  mea, 
quam  post  decessum  meum  atque  in  perpetuum  concedo  et  trado 
libère  possidendum.  Quod  ut  raium  permaneat,  présentes  litteras 
sigilli  mei  munimine  ipsis  confirmo. 

Actum  Accone,  anno  Dominice  incaroationis  M^G^XC«V%  mense 
augiisto. 

{Caialague  no  4M.) 


—  480  — 


CLXV. 


Charte  dn  emnle  HenH  n  poor  mêtel-MMi  de  1 

ier  Oetobre  ii9ft. 

Notom  sit  omnibas  tam  presentibus  quam  fàtaris,  qood  ego 
Henricas,  TreceDsîs  cooies  palatinos,  dono  et  coocedo  pro  reme- 
dio  aoime  mee  et  predecessorum  meorum  domui  paapenini  Pro- 
Yînensîam  primam  prebendam  vacantem  in  capella  palatii  mei 
PruTinensis  in  eternum  habendam,  ita  quod  eam  deserrient. 

Datum  Accone,  anno  ab  incarDatione  Domiai  M<*G<*LZXXX<*?P, 
Kalendis  octobris. 

{Catalogue  m9  Ul.) 

CLXVI. 

Charte  de  la  cemteMie  Harle  fixant  les  evutmammm  #e  Vay» 

et  de  Chamoy. 

JanTler  1196. 

Ego  Maria,  Trecen.  comitissa,  ooium  façio  preseotibiis  et  foto- 
ris,  qaod  Petrus  de  Sancto  Fidolo,  filius  defaneti  MîIodîs  pie  re- 
cordationis  domini  Sancti  Fidoli,  La  presentia  mea  recogooyit  pa- 
trem  sunm,  dictum  Miionem,  ob  remediam  anime  sue  consneta- 
dines,  quas  predecessores  sui  et  ipse  postea  in  terra  ecdesie  Béate 
Marie  Trecensis  antiquitus  tenuerant  et  habueraat,  videlicet  ap«d 
Fay  et  apud  Chammay,  ad  peticionem  sancUmonialîwn  dicte 
ecdesie  l>ona  fide  recognovisse.  Recognovit  autem  easjamdictM 
Milo  sic  quemadmodum  subscripte  sunt  : 

I». 

§  i .  Ecclesia  Béate  Marie  Trecensîs  habet  omnem  jnsticiafli  in* 
fra  villam  que  dicitur  Fay  :  ita  tamen  quod,  si  homines  ejnsdeni 
irilie  domino  Sancti  Fidoli  aliquid  forefecerint,  idem  dominns  ab- 
batissc  dicte  ecclesie  vel  majori  suo  de  horoinibus  de  Fay  elamo- 
rem  faciet  ;  abbatissa  i^ero  vel  major  ejus  eos  pro  jure  exeqnendo 
ad  locum  qui  dicitur  Fosseavoir  addncet.  Si  vadia  dnelli  ad  Foê- 
seavoir  adducantur,  abbatissa  bominum  snorum  vadia  babeblt,  et 
dominus  Sancti  Fidoli  vadia  suorum  habebit;  habcblt  etiam  vîc- 
tum  dominus  Sancti  Fidoli.  Si  autem  major  domini  Sancti  Fidoli 
majori  Béate  Marie  damorem  fecerit,  major  Béate  Marie  vadia  ha- 
bebit. Preterea,  si  dominus  Sancti  Fidoli  homines  de  Fay  de  ali- 


—  481  — 

qoo  crhnhie  accosaverit,  nec  înde  eos  coDYincere  Yolaerit,  coram 
ipso  per  quintam  manam  homines  se  purgabnnt.  Extra  villam  de 
Fay  domhiBs  Saneti  Fidoli  totam  babet  jasticiaro. 

§  2.  BomiDes  de  Fay  In  nemoribas  de  Perehoi  et  de  Bayse  ha- 
bent  omne  asuarium  et  nemus  mortuum  ;  si  voluerint,  in  lignis 
Trecis  ad  irendendam  ducere  poteraDt.  Abbatissa  simîliter  in  ds- 
dem  nemoribus  osum  ^nm  habet  ad  ardendum.  Sciendnm  ta- 
men,  qnod  alicnî  bominum  de  Fay  scmdere  non  licebit  neqae  fa- 
gum  neque  qnercnm  majoris  grossitudinis,  quem  mana  claudere 
possit,  nis»  pro  roarremio  faciendo  aut  ad  edificationen  domuum 
suarum  avt  ad  reficiendiun.  Née  boc  etiam  ipsis  licebit,  nisi  boc 
prius  majori  yel  forestario  domini  Saneti  Fidoli  dixerint.  Si  bomo 
de  Fay  in  dictis  nemoribns  besanas  apinm  inveneril,  ecdesie 
Béate  Marie  erant.  Porci  de  Fay  in  Perehoi  et  in  Bayse  pasna- 
gioro  non  debent. 

§  3.  Si  latro  apad  Fay  captns  fuerit,  abbatissa  eum,  si  yoluerit 
pro  forisfacto  sno,  si  forisfacttim  tanlam  sit,  damnare  poterit  ;  sin 
autem,  domino  Saneti  Fidoli  reddetor. 

ir. 

Consuetudines  de  ChammcU  he  sunt  : 

§  4.  Sicut  bomines  de  Fay  pro  justicia  exequenda  ad  Fosse- 
avoir  per  abbalissam,  vel  per  majorera  snnm  adducantur,  eodem 
modo  homines  de  Chammai  et  eodem  jure  ad  Pissend  ire  teoen- 
tur.  Dominns  Saneti  Fidoli,  vel  aliqnis  ex  parte  sua  infra  moncel- 
lum  de  Chammai  in  aliquem  manom  non  apponet,  nisi  précepte 
abbatisse  vel  majoris  soi,  nisi  in  présent!  forifacto  seditionis,  îd  est 
mesleie  inventas  fnerit.  Si  major  domini  Saneti  Fidoli  clamorem 
fecerit  majori  abbatisse  de  Chammai  de  bominibas  de  Chammai 
vel  de  Fayy  major  diem  dabit  in  cnria  sua,  et,  si  duellnro  penre- 
nerit,  major  abbatisse  vadia  duelli  babebit. 

§  5.  Mensura  blad!  et  vini  in  predicto  moncello  de  Chammai 
esse  non  poterit,  nisi  per  manam  utriusque  majoris.  Si  mensura 
falsa  inventa  fuerit,  forisfactnm  domini  Saneti  Fidoli  erit. 

§  6.  Si  furtum  in  villa  de  Chammai  l^ctum  fuerit  in  terra  Béate 
Marie,  major  Béate  Marie,  et  major  domini  Saneti  Fidoli  sîmul 
villam  exquirant.  Si  latro  infra  Chammai  vel  moncellum  de  Cham- 
mai capiatur,  domino  Saneti  Fidoli  reddetur,  et  sous  erit,  et  pro 
iatrone  reddet  abbatisse  vel  majori  suo  XX^  denarios  et  spolia  la- 
Ironis. 

§  7.  Homines  de  Chammai  usuarium  suum  habent  in  neinore 
fVevre  exceptis  quercu,  piro,  pomario,  et  fago. 


—  482  — . 

§  8.  Si  domioas  Sancli  Fidoli  bannam  posuerit  apud  Chammai, 
horoines  Beaie  Marie  el  hospîtes  terre  ejiis  libère  veodcre  pol^ 
mot.  Si  auiem  aliquis  extra  liberiatem  de  Chammai,  dam  bao- 
nom  eititerit,  Yinom  detolerii,  forisfactum  domini  Sancti  Fidoli 
erit. 

§  9.  Abbatissa  liabet  apud  Chammai  ires  homines  libères  sob 
sua  jnsticia  tanlummodo,  excepte  quod,  si  domious  Sancti  Fidoli 
de  eis  abbatisse  clamorem  fecerit,  abbatissa  de  eis  apud  Pisenci 
justiciam  exbibebit. 

Uec  autem  ut  nota  permaneaut  et  rata  teneaotur,  sigillé  meo 
conOmiavi.  Actum  mense  januario,  anno  iocarnati  Verbi  millesi- 
roo  ceutesimo  uonagesimo  sexto.  Data  per  manum  Galteri,  cao- 
cellarii,  nota  Thedorici. 

{Cataiogue  no  443.) 

CLXVIi. 

Charte  de  to  comtoMie  Marie  poar  Im  foiMlAtieM  du  C^hapltre 
de  Moire-Daiiie  da  irai  de 


1197  an  plus  tard. 

Maria,  Trecensis  comitissa,  omnibus  clericis  pruvinensibus  do- 
▼as  prebendas  fundaiuris  salutem  et  dilectionem. 

De  consilio  Willeimi,  fratrls  mei,  domini  Remensis  Arcbiepis- 
copi,  et  fideiium  meorum,  née  non  ad  petitionem  domini  Seno- 
nensis  arcbiepiscopi,  in  prôposito,  quod  de  ecclesia  vestra  cod- 
struenda  et  de  fundandis  prebendis  in  ea  geritis,  nieum  vobis  fa- 
Yorem  presto  liberaliter  et  assensum,  salvo  tamen  jure  meo  a  Tobis 
mihi  in  eadem  promisse  ecclesia,  scilicet  quod  raedietatem  pre- 
bendarum  et  personatuum  donabo,  excepte  solo  decanatu,  qai 
per  communem  capituli  eleciionem  solet  et  débet  in  ceteris  ec- 
clesiis  assignari.  Sciatis  itaque,  quod  tos  et  universas  res  ecdesie 
vestre  cum  ipsa  ecclesia  in  mea  suscipio  proiectione  et  tutela  cl 
meum  de  cetero  vobis  impendo  efficaciter  concilium  et  juTameo. 
Universis  etiam  qui  ecclesie  vestre  bénéficia  contulerint  grata  te 
nebor  et  admodum  obnoxia,  ita  quod  quidquid  beneficii  eidem  ec- 
clesie coUatum  fuerit  michi  factum  specialiter  reputabo. 

{Catalogue  n»  445.) 


CORRECTIONS  ET  ADDITIONS. 


TOME  II. 

Page  6,  ligne  6,  au  lien  de  a  été  faire,  lisez  :  a  été  défaire. 

Page  75,  ligne  46,  an  lien  environ  deux  francs,  llsex  :  environ  à  deux  francs. 

Page  105,  lignes  2  et  s,  an  lien  &efaut-ii  que  d'ordinaire,  lisez  :  faut-il  d'ordi- 
naire. 

Page  408,  ligne  41,  an  lien  de  Mous,  lisez  :  Mons. 

Page  423  note,  ligne  8,  au  lieu  de  Montrouge,  lisez  :  Montrampon. 

Page  cxxi,  note  8,  au  lieu  de  Puiseux,  etc.,  lisez  :  Poix,  Ardennes,  arrondissement 
de  Mèzières,  canton  d'Omont. 

TOME  m. 

Page  9.  De  ce  que  nous  disons  an  sujet  de  la  naissance  d'Henri  le  Libéral,  on  peut 
rapprocher  une  charte  de  Thibaut  n,  datée  de  la  même  année  4427  et  du  mois  de 
décembre  k  Vitry,  où  Thibaut  «  pour  la  naissance  du  fils  que  lui  a  donné  Mathilde, 
i>  son  épouse,  »  affranchit  uu  serf,  sa  femme  et  ses  enfants.  —  E.  de  Barthélémy, 
Diocèse  ancien  de  Chdlons-sitr-Iéame,  II,  578. 

Page  26,  lignes  4 ,  2.  Nous  disons  qu'Henri  jouit  probablement  de  la  seigneurie  de 
Vitry  du  tivant  de  son  père.  Cette  probabilité  est  changée  en  certitude  par  une 
charte  de  l'année  4449,  où  Henri  prend  le  titre  de  comte  de\itry.  —  E.  de  Barthé- 
lémy, Diocèse  ancien  de  Chdlons-sur- Marne,  I,  377. 

Page  26,  lignes  5, 6.  Nous  disons  qu'Henri,  du  vivant  de  son  père,  ne  prit  jamais  le 
titre  de  comte.  Nous  venons  de  citer  un  exemple  on  il  se  qualifie  de  comte  de  Vitry. 

Page  82,  note  4,  ligne  2,  au  lieu  de  244,  lisez  258. 

Page  444,  ligne  7,  au  lieu  de  du  progrès,  lisez  :  de  progrès. 

Page  4  49,  ligne  6,  an  lieu  de  des  dieux,  des,  lisez  :  des  dieux  des. 

Page  156,  notes,  avant-dernière  ligne,  au  lieu  de  1475,  n®  245,  lisez  ;  4464,  no  424. 

Page  453,  ligne  4,  au  lien  Ae  péages,  lisez  :  péagers. 

Page  460,  ligne  9,  an  lieu  de  dépositions,  lisez  :  dispositions. 

Page  479,  ligne  6,  enlever  :  4457,  n»  50. 

Page  484,  ligne  4,  au  lieu  de  soumis,  lisez  :  soumise. 

Page  193,  note,  nous  avons  traduit  aureos  par  monnaies  romaines  ou  mérovingiennes. 
On  nous  a  fait  observer  avec  juste  raison  que  ce  terme  pouvait  désigner  des  besans. 

Page  200,  ligne  23,  après  le  mot  ami,  placer  un  point  et  virgule. 

Page  210,  notes  2  et  8,  suppléer  Feoda  Campanie. 

Page  224,  note  4,  ligne  5,  après  1187,  ajouter  :  et  1193. 

Page  267,  lignes  15  et  14.  Nous  traduisons  par  graisse  le  mot  sagina  cité  en  note. 

Notre  savant  confrère  M.  L.  Delisle  nous  a  fait  observer  qu'au  lieu  de  sagina,  on 

devrait  sans  doute  lire  sagena,  seine,  sorte  de  filet. 


—  484  — 

Page  170,  dernière  ligne,  page  274,  ligne  première.  Sur  le  sens  ï  attribuer  k  cette 
expression  «  l'aToine  des  bois  dlsle,  »  on  nous  a  proposé  deux  explications: 
|o  cette  a?oine  pouvait  être  une  redevance  payée  par  lès  coBccs&ionnaires  d*iiB 
droit  de  'pâturé  ;  ^  dans  certains  pays  rasage  existe  embtê  d'ensemencer  ee 
avoine  chaque  coupe  après  Tenlèvement  du  bois. 

Page  284,  note  2.  L'expression  census  nundinarum  peut  désigner  d*ane  manière 
générale  les  revenus  des  foires. 

Page  802.  Nous  laissons  entendre,  sans  le  dire  formellement,  qu'an  moyen-âge  on  o'a 
pas  connu  le  genre  de  documents  désigné  aujourd'hui  en  France  par  le  mot  budget. 
Depuis  que  ces  lignes  sont  imprimées,  nous  avons  appris  que  notre  confrère 
M.  Boutaric  prépare  la  publication  d*nn  document  qui  présente  les  principaux  ca- 
ractère d'un  budget,  et  qui  remonte  au  temps  de  Philippe  le  Bel. 

Page  526,  ajouter  : 

2  hit,  —  Châlon»-sur-Marne,  49  mars  4453  {Cathalauni,  Itl  idtu  martu, 
1163,  ep,  XI f,  coneurr.  If).  —  Henri  constate  une  donation  de  dîmes  faite 
à  l'abbaye  de  Toussaints-en-llsle  de  Châlons-snr-Marne. 
Ed.  E.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chdlons,  n,  409. 
6  bis.  —  Epernay,  du  50  mars  4452  an  48  avril  4453  (4452,  Spanuui).  - 
Henri  approuve  une  transaction  entre  les  Templiers  et  Goermond  de  Mareail, 
au  sujet  de  la  seigneurie  de  Neuville-an-Temple. 
Ed.  E.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chdlons,  I,  400. 
Page  528,  art.  44,  ajouter  :  Ed.  E.  de  Barthélémy,  Diocèse  ancien  de  Chàlons, 
II,  407-408. 

Page  549,  ligne  i,  au  lieu  de  p.  75  ;  Bourquelot,  lisez  :  p.  75.  —  Ed.  Bourquelot. 
Page  54M),  art.  494,  ajouter  :  Ed.  Bourquelot,  BibL  de  Vie.  des  G*«rr«r»  4«  séné, 
t.  IV,  p.  487-488. 

Page  425,  Pièce  justificative  XCIII,  ligne  5,  au  lieu  de  Nogento;  et  Odo  Pilons 
Canem,  lisez  :  Nogento  ;  quam  venditionem  MUo  de  Nogtnto  et  Odo  Pi- 
iam  Canem. 

Page  484,  Pièee  justificative  CXXY1,  ligne  6,  an  lieu  de  laçue,  lises  :  iiê  qme;  eu 
an  lien  ée  pertinentes,  lisez  :  pertinent. 


tMAMAMA' 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


-^r 


Piget. 

PRÉFACE    5 

LIVRE  VI.  --  HisTOiM  p'Q^NRi  l**»  DIT  LE  Libéral, 

DEPUIS     SA     NA|«^NCE     JUSQUE     SON 
AVÈNEMENT  AU  COMTÉ  DE  CHAMPAGNE.  9 

Chapitre  I^.  —  Les  premièrçi^  années  d'Henri  ;  sa 

première  croisade  ;  1127-1152  .        9 

Chapitre  H.  —  Observations  sur  les  diplômes  d'Henri 

le  Libéral,  antérieurs  à  son  avé- 
nemtfot  au  comté  de  Champagne.      26 

LIVRE  VU.  —  Histoire  politique  d'Henri  le  Libéral, 

DEPUIS  SON  AVENEMENT  AU  OOMTÉ  DE 

Champaqnç  jusûu>  ^  MonT    ...      29 

Chapitre  I*'.  —  Premières  guerre^  de  l^ouis  VU, 

roi  de  France,  et  d'Henri  U,  roi 
d'Angleterre;  Mariage  d'Etienne 
de  Sancerre;  Affaire  do  la  com- 
mune de  Véïelay;  Assemblée  de 
SoissoDs;  1152-1161.     ...      29 

Chapitre  U.  —  Schisme,  et  lutte  du  p^pt  Alexan- 
dre UI  contre  rempereqr  Frédéric 
Barberousse;  Rôle  d'Henri  le  Libé- 
ral dans  cette  grande  aflaire,  1159- 
im 47 

Chapitre  III.  —  Luttes  d'Henri  le  Libéral  avec  l'épis- 

copat  champenois,  1 1 62-1 1 7}    .      72 


—  486  — 

Chapitre  IV.  —  Mariage  d'Henri  le  Libéral  ;  Seconde 

affaire  de  Vézelay;  Nouvelles  guer- 
res entre  le  roi  de  France  et  le  roi 
d'Angleterre;  Partqu'y  prend  Henri 
le  Libéral,  1164-1175.     ...      82 

Chapitre   V.  —  Légende  d'Anne  Manier;  Seconde 

croisade  et  mort  d'Henri;  1175- 
1181 100 

LIVRE  VIH.  —  Administration  de  la  Champagne  socs 

Henri  le  Libéral 113 

Chapitre  I*'.  —  Considérations  générales  sur  l'his- 
toire administrative  de  la  Cham- 
pagne     113 

Chapitre  II.  — Administration  générale;  Personnel 

administratif. 122 

Chapitre  UL  —  Justice 135 

—  IV.  —Culte 170 

—  V.    —  Lettres,  instruction  publique.     .     .184 

—  VL  —  Guerre 209 

—  Vn.  —  Servage,  institutions  communales    .  215 

—  VHL—  Foires  et  Marchés 226 

—  IX.  —Industrie 240 

—  X.    —  Etablissements  hospitaliers    ...  242 

—  XI.  — Monnaie 245 

—  XII.  —  Troyes  et  Provins,  capitales;  travaux 

dans  ces  deux  villes 249 

—  XIII. —  Domaine  corporel  du  comte  ...    263 

—  XIV.—  Domaine  incorporel 281 

—  XV.  —  Recettes  et  Dépenses 302 

—  XVI. —  Observations  diverses  sur  les  diplô- 

mes d'Henri  le  Libéral.     ...    307 

APPENDICE.  —  Histoire  posthume  d'Henri  le  Libéral.     .    311 


—  487  — 

CAtuxmob  Dif  kcruM  D'Hmi  u  LnteAL,  dk  Mabii,  sa  vimn» 

R  I>*HbIIBI  Ily  SOH  VIM. 

l'*Parlie.  —  Catalogue  des  actes  d'Henri  le  Libé- 
ral, 1152-1181    ......    325 

2*  Partie.  —  Catalogue  des  actes  de  la  comtesse 

Marie,  pendant  sa  première  r^nce, 
1181-1186 383 

3*  Partie.  —  Catalogne  des  actes  d*Henri  II,  jusqu'à 

la  seconde  régence  de  la  comtesse 
Marie,  1187-1190 388 

4<  Partie.  —  Catalogue  des  actes  d'Henri  U  et  de  la 

comtesse  Marie,  pendant  la  seconde 
régence  de  Marie,  1190-1197    .    .    397 

PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  (Suite,  1097-1197)  ...    406 
Corrections  et  additions.         483 


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LinBE  OB  V»«Œ  iUiiiuK  «rin  ia  coNSTnur.Tiw»  m 
»S»iht-Piwbk-su;r-Divk.  par  L.  IMwIu.  Ilmliuf 

Etora  BR  J.  Et.  Mawie  PoitTAUf .  par  L.  LaUeropjil. 
la  Oiur  igipiriile  tic  Natiuy.    Brocïiure  In^-. 

C«mii^«  w.  u'ïocwK.  par  JUax.  Quanlin.  3  vol.  Itn 

DicTTiCMAïKE  atwiiut'tiiituE  D«  LA  AlEimTnii  i>'ir  I) 
i  vol.  ii.-8*  '     ' j